UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales

Molécules toxiques dans les cosmétiques (avec le communiqué de presse national)

(En fin d’article : le communiqué de presse national avec sa carte repère)

Le top 7 des produits douteux

En parcourant les rayons hygiène et cosmétique, on trouve fréquemment des emballages affichant des ingrédients indésirables. Y compris pour des produits a priori au-dessus de tout soupçon.

Molécules toxiques dans les cosmétiques

La chasse aux substances indésirables dans les cosmétiques est ouverte. Avec la publication de nos fiches sur les ingrédients les plus problématiques, de notre carte pour vous aider à les repérer quand vous faites vos courses et de notre base de données sur les produits en contenant, nous entamons un travail de longue haleine consacré à la sécurité des cosmétiques. Parmi les près de 200 déjà présents dans notre base de données, un petit florilège des plus choquants permet de tirer trois enseignements.

Ne pas se fier aux mentions rassurantes

Corine de Farme, lait Mots d'enfants Leclerc, gel Physelia

Champion toutes catégories : Corine de Farme et sa crème pour le change destinée aux « peaux sensibles ». « Testée dermatologiquement, hypoallergénique et sans parabens », elle contient de la methylisothiazolinone, l’ingrédient qui rend fous les dermatologues, élu « allergène de l’année » en 2013 par une association de médecins spécialistes américains. Appliquée en couche épaisse sur des fesses irritées et enfermée dans la couche, elle aura toutes les chances de faire des dégâts. Le même ingrédient est présent dans le lait de toilette sans rinçage Mots d’enfants de Leclerc, pourtant supposé être un produit « hypoallergénique », à la « tolérance testée sous contrôle dermatologique et pédiatrique » et convenant aux « peaux délicates ». Mais également dans le gel pour la toilette intime Physeliaprétendument « protecteur », « testé sous contrôle gynécologique » et on en passe.

Se méfier des produits ambigus

Fess'nett et Poupina

Les lingettes de papier toilette humidifié sont en général destinées aux enfants qui commencent à être propres. Ce n’est pourtant pas le cas de Fess’nett : malgré le nom et le principe même du produit qui sonnent plus école maternelle que lycée, il est supposé être utilisé à partir de… 15 ans. Est-ce un moyen pour le fabricant de se dédouaner ? Le phenoxyethanol, conservateur présent dans ces lingettes, est a priori inoffensif passé la tendre enfance. Mais chez les petits, il est toxique pour le foie et le sang. Attention aussi aux lingettes Poupina qui contiennent du propylparaben. Ce perturbateur endocrinien est à bannir chez les tout-petits, à tel point qu’il est désormais interdit dans les produits sans rinçage destinés à la zone du siège… comme les lingettes. Ici, le positionnement « visage et mains » permet d’échapper à cette réglementation.

Oublier les images de marques

Rogé Cavaillès, Caudalie

Marque plutôt bien vue des professionnels de santé, Rogé Cavaillès ne trouve rien de mieux à faire que d’introduire du triclosan, perturbateur endocrinien multi-effet (il agirait sur les hormones œstrogènes mais aussi sur la fonction thyroïdienne) dans des produits destinés à la zone intime (soin toilette intime et lingettes spécial sécheresse). Quant à Caudalie, qui surfe sur une image de marque « naturelle », son fluide antirides a beau laisser entendre qu’il ne contient aucun ingrédient douteux, on y retrouve de l’ethylhexyl methoxycinnamate, perturbateur œstrogénique et thyroïdien également.

Complétez notre base de données

Quand vous trouvez en magasin une référence qui contient un des composés à risque, faites-nous en part en nous indiquant sur ingredient.cosmetique@quechoisir.org ou sur notre forum dédié « Cosmétiques » le nom aussi détaillé que possible de ce produit. Après vérification, nous l’ajouterons à la liste des produits cosmétiques dans lesquels nous avons repéré un ou plusieurs ingrédients indésirables.

Fabienne Maleysson
Rédactrice technique : Gaëlle Landry

 Cliquez sur l’image ci-dessous (trombone) pour ouvrir le communiqué de presse national.

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23 février 2016

l’actu en liste, le numéro 3 de 2016

 Généralisation de la Médiation de la consommation : l’heure doit être à la bonne information

Généralisation de la Médiation de la consommation : l’heure doit être à la bonne information

(En fin d’article : la version imprimable et les questions réponses en 10 points clés)

Dans le cadre de la généralisation de la médiation et alors que la Commission européenne ouvre aujourd’hui sa plateforme de règlement des litiges en ligne, l’UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales          …Lire la suite

Voiture. Pourquoi les réservoirs rétrécissent

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Alors que les constructeurs automobiles mettent tout en œuvre pour diminuer la consommation en carburant de leurs voitures (moteurs plus sobres, réduction de poids, travail sur l’aérodynamisme), ils proposent de plus          …Lire la suite

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Tri et recyclage des déchets. La Cour des comptes enfonce le clou

Dans son rapport annuel 2016 qui vient d’être publié, la Cour des comptes s’intéresse aux éco-organismes chargés de la gestion des déchets recyclables         …Lire la suite

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Il reste quatre mois avant que l’Euro 2016 de football organisé en France ne débute. Dans les 10 villes qui accueilleront          …Lire la suite

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Les remèdes farfelus contre l’arthrose, cette atteinte douloureuse des articulations, ne manquent pas. Prenons par exemple le FlexForte, un produit à l’extrait d’escargot         …Lire la suite

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Complémentaire santé d’entreprise. Quelle contrepartie pour certains salariés ?

Les salariés précaires ne sont pas obligés d’adhérer au nouveau contrat collectif de leur entreprise dans le cadre de l’accord national interprofessionnel (ANI). En contrepartie         …Lire la suite

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Droit à l’oubli. Google change les règles

Dans quelques semaines, les résultats d’une recherche dans Google ne seront plus exactement les mêmes pour les internautes européens et

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facebo

Données personnelles Cnil et DGCCRF convoquent Facebook

Enfin ! Deux ans après que l’UFC-Que Choisir a attaqué Facebook en justice devant le tribunal de grande instance de Paris, deux autorités de contrôle rejoignent l’association dans sa lutte. .     …Lire la suite

sfr

SFR. Les clients voient de plus en plus rouge

Que ce soit au niveau de la conflictualité, de la satisfaction client ou de la recommandation, que les plaintes aient été reçues à la fédération parisienne ou dans les associations locales de l’UFC-Que Choisir,

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péage

Hausse des péages autoroutiers. Les dessous des moyennes

C’est une constante, les réseaux autoroutiers revoient leurs tarifs en février. L’augmentation s’élève à 1,12 % en moyenne cette année.

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21 février 2016

Smartphones Wiko

SAV low cost

Avec ses smartphones sous Android vendus à prix serré, Wiko s’est rapidement fait un nom en France. Mais mieux vaut ne pas rencontrer de problème avec l’un des smartphones de la marque. De nombreux consommateurs se plaignent en effet de son service après-vente. Délais de réponse interminables, téléphones retournés aux clients sans aucune intervention, traces d’oxydation imaginaires, disparition mystérieuse des dossiers… Les témoignages sont accablants. Wiko se défend en jouant la surprise, sans vraiment convaincre.

En quelques années, les smartphones Wiko ont trouvé leur place sur le marché, entre ceux d’Apple, de Samsung et des autres fabricants. Depuis son lancement en 2012, la marque a multiplié les modèles pour séduire tous les profils d’utilisateurs, de l’hyper low cost, comme le Sunset 2 à 59 € (lancé en juillet 2015), au assez haut de gamme, comme leHighway Star 4G à 349 € (à sa sortie en avril 2015). Suivant le rythme effréné des sorties, nous avons testé une trentaine de modèles en laboratoire, avec des résultats cohérents avec les prix pratiqués.

Oxydation : la garantie dérouille

Seulement voilà, mieux vaut ne pas rencontrer de problème avec l’un des smartphones de la marque. Chez Que Choisir, nous recevons régulièrement des témoignages de clients très mécontents du service après-vente. Le flot de plaintes a commencé il y a longtemps sur notre forum. Interrogé sur ces défaillances au printemps dernier, Wiko nous affirmait avoir été pris de court par son succès et s’organisait justement pour mieux gérer les pannes de ses clients. Huit mois plus tard, rien n’a changé pour eux : les plaintes nous parviennent encore par dizaines. Une page Facebook (1) a même été créée par des clients mécontents, qui s’expriment d’ailleurs aussi sur Twitter. Outre les délais à rallonge, très largement supérieurs à ceux annoncés lors de la prise en charge, plusieurs motifs de plaintes sont récurrents : difficulté de communication avec le SAV, dossier mystérieusement égaré, retour du smartphone à l’expéditeur sans aucune intervention, ou alors avec une nouvelle panne… De nombreux clients se sont vu refuser la réparation de leur smartphone au motif qu’il présentait des traces d’oxydation. Révélée par une pastille qui change de couleur au contact de l’eau, l’oxydation constitue en effet, chez tous les constructeurs, un motif d’exclusion de garantie (comme toute trace de choc, même minime). Le problème est que de nombreux clients affirment que leur mobile n’a jamais pris l’eau ; plusieurs ont même pu le faire constater. « Même le SAV d’Auchan n’a pas compris, le témoin d’oxydation était nickel ! », explique Sabrina. « Un réparateur indépendant (…) me garantit qu’il n’est pas du tout oxydé », confirme Karine.« La fameuse excuse de l’oxydation imaginaire chez Wiko… », analyse Christophe. Yann Bélieut, le responsable du SAV de Wiko, se dit surpris de ces retours. « L’oxydation touche la carte-mère, elle est donc susceptible de toucher différents composants du téléphone, comme le micro ou le haut-parleur. Le smartphone entre souvent au SAV pour un autre motif, qui cache en fait une oxydation », se défend-il. Tout en promettant tout de même de se renseigner auprès de l’entreprise qui gère le SAV de la marque.

« Des process très stricts »

Car depuis deux ans, Wiko ne gère plus les réparations elle-même. Elle a délégué cette partie de son activité à Sofi Groupe, ex-Fibrosud, une petite entreprise de maintenance électronique basée à Saint-Mathieu-de-Tréviers, près de Montpellier. « Nous avons défini avec eux des process très stricts,explique Yann Bélieut, qui ne laissent aucune place aux dérapages évoqués ». Ce cahier des charges prévoit par exemple que les smartphones doivent systématiquement être ouverts, sauf dans certains cas particuliers (si la panne déclarée n’est pas constatée lors des tests, par exemple). Il fixe également un taux de rebond maximal (nombre de smartphones qui reviennent au SAV après une première réparation), sous peine de pénalités. Sofi Groupe serait donc responsable ? Mais pourquoi cette PME régionale, qui a plusieurs fois lutté pour sa survie (2), s’amuserait-elle à saboter le SAV d’un client qu’on devine important ? Du bout des lèvres, Yann Bélieut admet que « Sofi Groupe  est sans doute sous-dimensionnée par rapport aux besoins de Wiko. Nous envisageons de désengorger l’activité et rééquilibrer les flux avec notre second réparateur agréé, Cordon Electronics, qui ne gère pour l’instant que le SAV professionnel ».

Pièces détachées de mauvaise qualité

En attendant une amélioration de la prise en charge, une nouvelle fois promise, Wiko laisse des dizaines de clients le bec dans l’eau. Car nombreux sont ceux qui ont renoncé à faire réparer leur téléphone à travers le SAV, bien qu’il soit toujours sous garantie. Les plus motivés tentent leur chance auprès d’un réparateur indépendant, quitte à payer la réparation de leur poche. Mais le risque est grand d’être encore déçu. « Tous les réparateurs tiennent le même discours : fabrication chinoise bon marché, pas de pièces détachées : poubelle ! », témoigne Alain. « Il est pratiquement impossible de trouver de la pièce d’origine, uniquement du compatible de mauvaise qualité », confirme le responsable de la Clinique du Smartphone, une enseigne de réparation basée à Paris et à Lyon. Là aussi, Wiko assure pourtant s’être organisée en déléguant l’importation de pièces détachées à un logisticien, Mobiletron, qui se charge de s’approvisionner auprès de l’usine chinoise qui fabrique tous les smartphones Wiko, Tinno Mobile Technology (3). « 80 % des pièces détachées des mobiles commercialisés en 2015 sont disponibles », assure Yann Bélieut. Certes, mais les clients n’achètent pas toujours un smartphone à sa sortie : 68 % des témoignages reçus ces deux derniers mois chez Que Choisir concernent des smartphones de 2014, 2013 ou 2012. Wiko va devoir faire mieux. Depuis mars 2015, la loi Hamon contraint en effet les fabricants à fournir aux vendeurs et aux réparateurs, agréés ou non, les pièces détachées d’un produit, et ce dans un délai de 2 mois (4). Wiko a tout intérêt à s’y conformer, car sur le marché des smartphones à prix serrés, il n’est plus seul. « De nouvelles marques comme Huawei proposent des produits avec d’excellents rapports qualité/prix avec une organisation de leur SAV irréprochable », assure Martine Bocquillon, fondatrice du réseau de réparateurs Point Services Mobile. Nous vous conseillons de vous y intéresser : nos tests des smartphones Huawei, mais aussi Xiaomi ou ZTE, leur sont plutôt favorables.

 

(1) Page Facebook « Les oubliés du SAV de Wiko ».

(2) Créée en 1986, Fibrosud a été rachetée par le groupe Anovo en 2000 avant que ce dernier ne soit placé en liquidation judiciaire en 2011. Six salariés arrachent alors au repreneur (le fonds de pension Butler Capital Partners) un accord qui leur permet de racheter l’outil de travail et de relancer leur activité. En 2014, Sofi Groupe rachète l’entreprise.

(3) Tinno Mobile Technology est l’actionnaire majoritaire de Wiko.

(4) Décret n2014-1482 du 9 décembre 2014 sur les modalités et conditions d’application de l’article L. 111-3 du code de la consommation.

 Camille Gruhier
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21 février 2016

TNT Mpeg4 (vidéo)

Questions-réponses sur le passage à la TNT HD

Le passage de la télévision numérique terrestre (TNT) à un nouveau mode de diffusion (Mpeg4) le 5 avril 2016 soulève des inquiétudes et des questions. Pourquoi cette évolution ? Qui est concerné ? Que doit faire le consommateur ? Un décodeur Mpeg4 est-il nécessaire ? Nos réponses pour que certains, lorsqu’ils allumeront leur téléviseur au matin du 5 avril, ne se retrouvent pas devant un écran noir !

Quelles raisons justifient ce passage à un nouveau mode de compression ?

Les motifs qui régissent ce changement sont tout à la fois techniques, politiques et économiques. Conformément à des directives européennes, la France a l’obligation de libérer des fréquences. Afin de réduire l’espace occupé par les chaînes de télévision, elle a adopté le format Mpeg4 qui permet de compresser davantage les signaux de diffusion. Ainsi, sur une bande moins large, on arrive à faire passer autant, voire plus d’informations qu’avec le mode de compression Mpeg2. Et ces fréquences « libérées » valent de l’or. L’État les a prévendues aux opérateurs de téléphonie mobile pour qu’ils déploient notamment leur réseau 5G, encore plus rapide que la 4G. Une couverture du territoire qui se fera progressivement, en commençant par Paris.

Quels foyers sont affectés par cette évolution ?

La fin de la coexistence du Mpeg2 et du Mpeg4 intéresse les particuliers qui reçoivent sur au moins l’un de leurs téléviseurs les chaînes de la TNT par l’antenne râteau, c’est-à-dire par voie hertzienne. « Cela concerne près de 16 % des foyers, estime Nicolas Curien, qui suit ce dossier au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Parmi eux, 5,6 % (soit 1,6 million de foyers) dépendent exclusivement de l’antenne râteau et ne sont pas prêts pour le Mpeg4. S’ils ne font rien, ils n’auront plus la télévision.  »

Que doivent-ils faire ?

Ces foyers doivent s’assurer que leurs écrans – le principal et les autres – sont compatibles avec le Mpeg4. Qu’ils sont bien HD ou full HD (attention : les HD Ready ne sont pas tous compatibles). Les modèles mis en vente depuis la fin 2012 ont adopté ce profil (décembre 2009 pour les écrans de plus de 66 cm). Une astuce simple (voir notre vidéo ci-dessus) permet de vérifier que le téléviseur est prêt. Il faut se positionner sur Arte, donc la chaîne n° 7 ou n° 57 : si le logo HD apparaît sur l’une ou l’autre, c’est bon ! Des propriétaires de modèles trop anciens, incompatibles avec le Mpeg4 (appareils fonctionnant avec un adaptateur Mpeg2 ou TNT Mpeg2), vont certainement profiter du passage imposé au seul Mpeg4 pour en changer. Ceux qui garderont leur « vieux » poste devront le relier à un adaptateur TNT HD Mpeg4, qu’ils trouveront dans le commerce à partir d’une vingtaine d’euros.
Tous les foyers qui utilisent l’antenne râteau pour recevoir la TNT – y compris ceux équipés d’une télé Mpeg4 – devront, le 5 avril, en rallumant leur téléviseur, rechercher et mémoriser les chaînes. Une opération rendue nécessaire par la ré­organisation des multiplex, les « paquets »?: les chaînes, qui transitent par les centaines d’antennes-relais terrestres implantées sur le territoire, sont regroupées par « paquets ». C’est cette répartition qui va être revue dans toutes les régions.

Bon à savoir. La diffusion exclusive en Mpeg4 ne nécessitera pas, en principe, de changer d’antenne de toit ou de procéder à des réglages particuliers. Une adaptation pourra cependant être nécessaire dans les immeubles collectifs. Attention, dès lors, à ne pas se laisser embobiner par des démarcheurs indélicats qui voudraient vendre à prix prohibitif une nouvelle antenne n’apportant rien de plus que l’ancienne !

Et si l’on reçoit les chaînes via une box (ADSL ou fibre) ou le satellite ?

Pour ceux qui accèdent aux chaînes grâce à la box d’un fournisseur d’accès Internet (Orange, Free…), que ce soit par l’ADSL ou la fibre, il n’y a rien à faire ! La situation est différente si la télé arrive au domicile par câble ou par satellite (sans abonnement). Dans la première configuration, il faut s’assurer auprès du câblo-opérateur que le décodeur est bien HD. Même chose pour ceux qui captent la TNT via une parabole, parce que non (ou mal) desservis par la diffusion hertzienne. Fransat (Eutelsat) et TNT Sat (Canal?+) sont les deux opérateurs qui proposent ce service. Pour rendre conforme leur installation (dans le cas du satellite, le « tout-Mpeg4 » sera effectif le 25 avril), des adaptateurs « spécial satellite » Mpeg4 à brancher sur le téléviseur sont disponibles en magasin (de 90 à 160 € environ). Fransat a par ailleurs mis au point un petit module, vendu à partir de 70 €, pour les personnes possédant un téléviseur avec tuner satellite.

Existe-t-il des aides financières pour adapter son installation ?

L’ANFR (Agence nationale des fréquences) indique qu’une participation de 25 € à l’achat d’un adaptateur (elle ne s’applique pas, pour l’instant, à ceux qui passent par le satellite) est accessible aux personnes exonérées du paiement de la redevance audiovisuelle. Et dans les cas assez rares où le passage au « tout-Mpeg4 » nécessiterait de réorienter l’antenne ou d’opter pour une réception par satellite (si l’on se retrouve dans une « zone blanche », à savoir pas ou mal couverte), une aide maximale de 250 € pourra être accordée. Le consommateur avancera les frais et sera remboursé sur facture, mais l’aide ne couvrira pas toujours le montant de la dépense engagée. Certains auront des difficultés à opérer les branchements et réglages nécessaires : grâce à un partenariat avec La Poste, des facteurs pourront s’en occuper. « Ce service est offert – sur rendez-vous?(1) – aux foyers recevant uniquement la télé par l’antenne râteau et à condition qu’ils soient composés de personnes ayant toutes plus de 70 ans ou ayant un handicap supérieur à 80 % », précise l’ANFR.

Les programmes seront-ils tous diffusés en haute définition, la HD ?

La quasi-totalité du territoire a déjà accès à la HD via l’antenne râteau. TF1, France 2, Canal +, Arte et M6 ont été les premières chaînes à diffuser des programmes en HD. Les nouvelles chaînes de la TNT les ont suivies en 2012. Dès le 5 avril, toutes les chaînes auront basculé dans ce mode. Mais cela ne signifie pas que la totalité des images reçues sur le téléviseur seront en « haute définition d’origine » (« HD native »), ce qui entraîne une amélioration réelle de leur qualité. Pour cela, il faut que le programme diffusé soit tourné (ou converti pour les films anciens) en HD. Or, ce n’est pas systématique. Quant à ceux qui devront brancher un adaptateur sur leur « vieux » poste, l’image envoyée en HD sera toujours restituée en qualité standard. Le passage en Mpeg4 ne changera rien pour eux !

 (1) Pour tout renseignement ou pour obtenir une aide : 0 970 818 818 (du lundi au vendredi, de 8 h à 19 h, prix d’un appel local) ; www.recevoirlatnt.fr
Arnaud de Blauwe

Rédacteur technique : François Palemon

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18 février 2016

Généralisation de la Médiation de la consommation : l’heure doit être à la bonne information

(En fin d’article : la version imprimable et les questions réponses en 10 points clés)

Dans le cadre de la généralisation de la médiation et alors que la Commission européenne ouvre aujourd’hui sa plateforme de règlement des litiges en ligne, l’UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales, soucieuse de permettre aux consommateurs des pyrénaliens de se prononcer de manière éclairée sur le recours ou non à cette forme facultative de règlement amiable des litiges, publie 10 points clés sur les contours de la médiation. Elle entend par ailleurs souligner le rôle d’assistance et d’accompagnement que peuvent jouer les associations de consommateurs à l’occasion de cette voie de recours.

Une couverture de l’ensemble des secteurs qui se heurte à la réalité du paysage français de la médiation

Forme de procédure amiable de résolution des litiges entre un consommateur et un professionnel, la généralisation de la médiation doit permettre à tout consommateur de saisir un médiateur de la consommation dans n’importe quel secteur. Il doit proposer une solution aux parties dans les 90 jours suivant la saisine. La directive européenne n’a cependant pas mis fin à la myriade d’acteurs : médiateur public, sectoriel, interne à une entreprise, conventionnel … Difficile pour le consommateur de s’y retrouver ! Le ménage que l’UFC-Que Choisir appelait de ses vœux pour une médiation rationnalisée et efficiente n’a pas été fait.

Une commission de contrôle et d’évaluation chargée de notifier les médiateurs à Bruxelles

Nommé pour une durée minimale de trois ans, le médiateur doit apporter les preuves de son indépendance. Cas particulier des médiateurs internes, salariés de l’entreprise partie au litige, ces derniers devront désormais être désignés par un collège paritaire composé à parts égales de représentants des consommateurs et des professionnels et justifier d’un budget dédié pour mener à bien leur mission. Pierre angulaire de la médiation de la consommation, la commission de contrôle et d’évaluation dans laquelle siège l’UFC-Que Choisir doit notifier les médiateurs à la Commission européenne et évaluer leur activité dans le temps. A l’heure qu’il est, à peine une petite dizaine de médiateurs ont été inscrits, autant dire que le travail est encore long. En tout état de cause, l’urgence est à la bonne information sur les contours exacts de la généralisation de la médiation, afin de lutter contre certaines idées reçues qui ont la vie dure.

Systématisation de la médiation : gare aux idées reçues

Si l’argument de la gratuité est régulièrement mis en avant, encore faut-il que les consommateurs soient pleinement conscients de la nature de la mission de médiation. Pas obligatoire, elle n’est en aucun cas un préalable ou un substitut à l’action judiciaire mais une simple alternative. Alors, médiateur ou juge ? Si la décision judiciaire s’impose aux parties, ces dernières sont libres d’accepter ou pas la proposition du médiateur. La médiation est soumise à l’obligation de confidentialité quand la justice étatique est publique. Le principe du contradictoire s’impose au juge, pas complètement au médiateur, le consommateur devant s’en remettre à la loyauté de ce dernier. Il propose une solution en équité et n’a pas nécessairement à appliquer le droit, ni même à rappeler ses droits au consommateur. Avant d’accepter, mieux vaut donc que ce dernier connaisse les siens, et tout particulièrement la possibilité de se faire assister, voire accompagner par une association de consommateurs à tous les stades de la procédure de médiation.

En vue d’une médiation transparente, indépendante et réellement efficiente, l’UFC-Que Choisir entend maintenir la plus grande vigilance au sein de la commission d’évaluation et de contrôle. Par ailleurs, L’UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales invite fortement les consommateurs à :

  • Consulter les 10 informations clés sur cette généralisation pour balayer les idées reçues ;
  • Se rapprocher de l’association locale de l’UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales pour, le cas échéant, se faire accompagner dans la médiation.

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pj

les 10 points clés

16 février 2016

SFR. Les clients voient de plus en plus rouge

Que ce soit au niveau de la conflictualité, de la satisfaction client ou de la recommandation, que les plaintes aient été reçues à la fédération parisienne ou dans les associations locales de l’UFC-Que Choisir, tous les voyants liés à SFR sont au rouge depuis quelques mois. L’opérateur semble avoir du mal à digérer son rachat par Altice, le groupe qui détient Numericable.

sfr

Que se passe-t-il chez SFR ? Alors qu’il vient de lancer une grande offensive commerciale avec sa nouvelle box Zive, le deuxième opérateur de France doit faire face à des niveaux de mécontentement sans précédent. C’est en tout cas ce que laissent entendre les différents indices statistiques tenus à jour par Que Choisir.

SFR est ainsi l’opérateur qui génère le plus d’appels téléphoniques au Service d’information juridique (SIJ) chargé de répondre aux questions juridiques des abonnés de Que Choisir et de les aider dans leurs démarches. Entre octobre et décembre 2015, pas moins de 153 dossiers ouverts concernaient SFR et 22 Numericable, soit un total de 175 pour le groupe Altice. Sur la même période, Orange générait 124 dossiers alors que l’opérateur compte un plus grand nombre d’abonnés. Free et Bouygues Télécom, quant à eux, en totalisaient respectivement 45 et 42. Accès Internet interrompu, problèmes de résiliation, de facturation… les faits reprochés à SFR sont très variés. Parmi les victimes, il y a par exemple cet ancien abonné qui, après avoir résilié son abonnement, a continué à être facturé et a même reçu des courriers menaçants émanant d’une société de recouvrement. Il a bien tenté d’expliquer sa situation à l’opérateur, mais son courrier est resté sans réponse. Un autre client, lui, s’est plaint de ne plus avoir d’accès à Internet depuis 40 jours après avoir demandé à changer d’offre. Un abonné nous a appelé après avoir découvert que SFR avait modifié son forfait de téléphonie mobile alors qu’il n’avait rien demandé et un autre a dénoncé le fait que SFR l’ait contacté pour lui dire que l’offre qu’il avait souscrite deux ans auparavant n’était plus commercialisée et qu’il devait en choisir une autre. Chez un autre encore, la connexion à la fibre qu’on lui a fait souscrire n’a jamais fonctionné malgré l’intervention à trois reprises d’un technicien à son domicile. Sans compter les nouveaux abonnés qui ont attendu plusieurs semaines que leur box leur soit livrée. SFR a d’ailleurs reconnu « quelques couacs » dans la livraison « à cause de volumes de commandes plus importants que prévu ».

Les juristes du SIJ ne sont pas les seuls à constater une recrudescence des litiges liés à SFR. Alors qu’ils représentent à eux deux environ 20 % du marché, SFR et Numericable ont généré pas moins de 44 % des litiges liés à la téléphonie mobile reçus à l’UFC-Que Choisir en 2015, que ce soit au niveau de nos associations locales ou à la fédération parisienne.

Une satisfaction en berne

Logiquement, la hausse du nombre de litiges se retrouve dans d’autres études. C’est le cas par exemple dans la dernière enquête satisfaction menée par notre Observatoire de la consommation. Celle-ci montre en effet qu’en 2015, seuls 77 % des clients mobiles de SFR se disaient satisfaits des services de leur opérateur, soit une baisse de 10 points sur les 2 années précédentes et le plus faible taux tous opérateurs confondus, bien loin derrière Free Mobile et ses 96 % de clients satisfaits. Dans la même enquête, seuls 45 % des clients SFR mobile disaient avoir envie de recommander cet opérateur à leurs proches, soit, là aussi, le plus mauvais score de tous. Conséquence de cette tendance, SFR et Red, sa marque mobile low cost, perdent chacune 2 places dans notre comparateur des opérateurs de téléphonie mobile.

Depuis son rachat par Altice, le groupe propriétaire de Numericable, SFR est en complète restructuration, que ce soit au niveau des équipes, des réseaux et des offres. Aussi considérable soit-il, ce chantier ne doit pas faire oublier à l’opérateur la satisfaction de ses abonnés.

Cyril Brosset, avec le Service d’information juridique et l’Observatoire de la consommation de l’UFC-Que Choisir
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15 février 2016

Euro 2016 de football. Nouveau coup de chaud sur les tarifs des hôtels

Il reste quatre mois avant que l’Euro 2016 de football organisé en France ne débute. Dans les 10 villes qui accueilleront les 51 matchs de la compétition (Paris/Saint-Denis, Marseille, Lyon, Lille, Lens…), les tarifs des hôtels continuent d’augmenter. Dans certains cas, les prix atteignent même des sommets comme l’indique la troisième série de relevés effectuée mi-janvier par Que Choisir auprès de 440 établissements.

Tarifs

L’Euro de football approche à grands pas ! À partir du 10 juin et jusqu’au 10 juillet, la France va accueillir 24 équipes. Au total, 51 matchs sont programmés dans 10 villes (Paris/Saint-Denis, Marseille, Lyon, Lille, Lens…). De leur côté, dans l’attente de l’ouverture de la compétition, les hôteliers affinent les tarifs de leurs chambres en continuant de les faire valser à la hausse.

La troisième série de relevés effectués par Que Choisir sur Internet (440 établissements, essentiellement des deux et trois étoiles) révèle que dans les villes hôtes le prix de la nuitée augmente, en moyenne, de 80 %entre le jour du premier match et le même jour, la semaine précédente. La chambre pour deux adultes passe ainsi de 93 € à 167 € (voir tableau ci-dessus). Et plus l’Euro se profile, plus les tarifs montent en température alors que, dans le même temps, les disponibilités baissent. Mi-janvier, seuls 32 % des hôtels visés par notre enquête annonçaient disposer encore de chambres.

En novembre, lors de notre premier relevé, les tarifs avaient déjà progressé de 45 % entre « la période Euro » et « hors Euro » (de 97 à 141 € la nuit, en moyenne). Mi-décembre, soit après le tirage au sort des matchs, la progression était de 67 % (150 € contre 90 €). Connaissant les équipes qui viendront jouer dans leur ville, les hôteliers ont pu adapter leurs tarifs en fonction de la fréquentation attendue. L’Angleterre ou l’Allemagne, par exemple, drainent davantage de supporters dans leur sillage que l’Islande ou la Hongrie, autres pays qualifiés !

Comme les deux précédents, les relevés de janvier révèlent des taux de hausse variables selon les lieux. C’est cette fois-ci Marseille qui vire en tête des villes qui augmentent le plus : + 316 % ! La faute, en partie, à un hôtel qui n’y a pas été avec le dos de la cuillère. Le jour du premier match, le 11 juin au stade vélodrome (Angleterre-Russie), le prix de la chambre du Best Western aéroport (un hôtel 3 étoiles) culmine à 1 000 €, contre 80,75 € la semaine précédente ! Une augmentation de 1 138 %, qui dit mieux ? Ce tarif est cependant revenu, depuis, à un niveau « plus raisonnable » (250 €) !

Certes, d’autres établissements n’y vont également pas de main morte. Comme l’Ibis Saint-Denis stade Ouest (+ 936 % avec une chambre à 408 € le jour du match d’ouverture France-Roumanie, contre 39 € la semaine précédente) ou encore l’hôtel F1 de Bordeaux Nord-Lormont (+ 307 %).

Saint-Étienne et Bordeaux restent, de leur côté, parmi les villes les plus chères (respectivement + 182 % et + 165 %, mais, en valeur absolue, le prix de la chambre demeure « acceptable ») tandis que Lens et Paris/Saint-Denis (+ 53 % et + 56 %) sont les plus raisonnables. Et sans surprise eu égard au nombre d’hôtels qui y sont ouverts, c’est dans la capitale – l’une des premières destinations touristiques au monde – que le nombre de chambres encore disponibles pendant l’Euro est le plus élevé (plus d’un hôtel sur deux).

Le protocole de notre enquête

  • Le 25 janvier, nous avons relevé sur Internet les tarifs des chambres d’hôtels de chaînes (sur les sites des enseignes) ou d’hôtels indépendants (sur Booking.com). Nos recherches ont été orientées vers une majorité d’établissements trois étoiles. Au total, nous avons ciblé 440 hôtels.
  • Notre enquête s’est concentrée sur les hôtels situés dans ou, selon les cas, à proximité des dix villes qui accueilleront les matchs de l’Euro, entre le 10 juin et le 10 juillet 2016 : Paris et Saint-Denis (regroupées en un même site pour notre étude), Lyon, Marseille, Toulouse, Nice, Bordeaux, Lille, Saint-Étienne et Lens.
  • Les prix relevés correspondent à une nuit pour deux adultes le soir du premier match organisé dans chacune des villes hôtes. Nous les avons comparés à ceux affichés pour le même jour, la semaine précédente. De la sorte, nous avons pu mesurer l’évolution des tarifs entre la « période hors Euro » et la « période de l’Euro ».
  • Au moment de nos recherches, certains hôtels n’affichaient déjà plus de disponibilités pour le soir du premier match dans leur ville. Nos calculs se sont alors limités aux prix récoltés dans les établissements qui proposaient encore des chambres à la date souhaitée.
 Arnaud de Blauwe avec Isabelle Bourcier
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15 février 2016

Tri et recyclage des déchets. La Cour des comptes enfonce le clou


Dans son rapport annuel 2016 qui vient d’être publié, la Cour des comptes s’intéresse aux éco-organismes chargés de la gestion des déchets recyclables. Un bilan qui fait écho au constat sévère dressé par l’UFC-Que Choisir au printemps dernier.

 Plus de 1 milliard d’euros versés chaque année par les consommateurs aux éco-organismes qui gèrent les filières des déchets recyclables, mais une efficacité qui n’est pas au rendez-vous. Des objectifs de tri et de recyclage pas atteints, des dépenses de communication pharaoniques mais sans effet, des sanctions inexistantes malgré les dérives, des consignes et des logos de tri disparates, tel était le sévère constat dressé par l’UFC-Que Choisir au printemps dernier.

Cette analyse est désormais confortée par le rapport annuel de la Cour des comptes qui vient d’être publié. Des moyens importants pour un bilan contrasté, tacle la haute juridiction. « Les objectifs fixés par la réglementation française ne sont, la plupart du temps, pas atteints, sans que l’État ait jamais prononcé de sanction », a observé le président de la Cour, Didier Migaud, en présentant le rapport.

Entre des résultats qui tendent à plafonner, des campagnes de publicité centrées sur l’autopromotion et non sur le geste de tri, des messages multiples présents sur les produits, l’absence d’une consigne de tri claire pour les consommateurs et l’absence de sanctions lorsqu’un éco-organisme n’atteint pas ses objectifs, les critiques sont nombreuses. Elles portent aussi sur la transparence des coûts qui doit être accrue, des charges de personnel élevées et qui augmentent rapidement, les provisions pour charges futures et une trésorerie parfois excessives, sans oublier les carences de l’État qui doit renforcer son rôle de régulateur.

Le gouvernement et le Parlement seront-ils plus sensibles aux arguments de la Cour des comptes qu’aux critiques fondées de l’UFC-Que Choisir ? C’est hautement souhaitable pour les consommateurs, car ce sont eux qui financent bien malgré eux ce curieux système où des sociétés privées utilisent leur argent sans avoir à vraiment rendre de comptes.

 Élisabeth Chesnais
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15 février 2016

Assurance emprunteur. Résiliation et substitution s’imposent

La banque CIC et la compagnie d’assurances ACM Vie s’opposaient à la résiliation des contrats d’assurance emprunteur de leurs clients dans le cadre d’un emprunt immobilier. L’occasion pour la cour d’appel de Douai de réaffirmer le droit des emprunteurs à résilier chaque année leur contrat d’assurance emprunteur et le droit de substituer le contrat groupe par un autre contrat. Le même principe a été réaffirmé par le tribunal de grande instance de Valence dans un litige opposant cette fois un particulier au Crédit foncier et à Axa Vie.

Plusieurs lois se sont succédé pour ouvrir peu à peu le marché de l’assurance emprunteur à la concurrence. Malgré tout, en pratique, de nombreux banquiers continuent toujours de contester le droit de résiliation et de substitution reconnu à l’emprunteur. Une position que viennent à nouveau de sanctionner la cour d’appel de Douai, le 21 janvier 2016, et le tribunal de grande instance de Valence, le 9 février 2016.

Dans une affaire opposant un couple d’emprunteurs au Crédit industriel et commercial (CIC) et à la compagnie d’assurances du Crédit mutuel Vie (ACM Vie), la cour d’appel de Douai a confirmé, dans un attendu très clair, le droit pour les emprunteurs de résilier chaque année le contrat d’assurance emprunteur. Ce principe qui avait déjà été posé l’année dernière par la cour d’appel de Douai, vient aussi d’être affirmé dans le jugement du tribunal de grande instance de Valence.
En l’espèce, le CIC Nord-Ouest contestait aux emprunteurs, qui avaient souscrit leur prêt en 2006, l’application du droit de résiliation annuel, à date anniversaire, garanti par l’article  L. 113-12 du code des assurances. La banque arguait en effet que la loi Hamon de juillet 2014 a depuis posé le principe qu’une assurance emprunteur peut être résiliée dans les douze mois suivant la souscription. Pour la cour, le principe posé par la loi Hamon ne doit pas être interprété de façon restrictive et ne signifie absolument pas que le droit général (et antérieur) de résiliation annuelle de l’article L. 113-12 ne s’applique pas. En outre, la cour de Douai, ainsi que le TGI de Valence, confirment le caractère mixte (à la fois assurance vie et assurance dommage) de l’assurance emprunteur, ce qui lui permet bien de relever de l’article L. 113-12 du code des assurances.

Autre précision importante : une fois le droit de résiliation annuel reconnu, comment s’applique le droit de substitution du contrat groupe par un autre contrat ? Les tribunaux estiment que pour l’exercice du droit de substitution, il faut consulter les clauses du contrat (par exemple à quelles garanties l’octroi du prêt est-il conditionné). Mais la cour d’appel de Douai précise clairement que le CIC ne pouvait s’opposer à la substitution sur le simple argument « que l’identité de l’assureur serait une condition déterminante du consentement du prêteur » ! La cour rappelle en outre que si une disposition du contrat subordonne la faculté de substitution à l’accord de la banque, cette disposition contrevient aux dispositions d’ordre public de l’article L. 113-12 du code des assurances. Jugement après jugement, le droit des emprunteurs de choisir leur assurance emprunteur se met lentement en place.

Élisa Oudin
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15 février 2016

Données personnelles Cnil et DGCCRF convoquent Facebook

Enfin ! Deux ans après que l’UFC-Que Choisir a attaqué Facebook en justice devant le tribunal de grande instance de Paris, deux autorités de contrôle rejoignent l’association dans sa lutte. La Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) vient de mettre en demeure le réseau social de corriger certaines pratiques en matière de collecte et de traitement des données personnelles. La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), quant à elle, l’enjoint de corriger plusieurs clauses contractuelles jugées abusives.

facebook

Facebook prend un peu trop ses aises avec nos données personnelles. Ce n’est pas nouveau : il y a deux ans déjà, l’UFC-Que Choisir attaquait le réseau social en justice devant le TGI (tribunal de grande instance) de Paris pour clauses abusives ou illicites. Cette procédure, toujours en première instance, suit son cours. Mais l’actualité récente tend à lui donner du poids.

De multiples manquements à la loi Informatique et libertés

Il y a deux jours, la Cnil annonçait en effet qu’elle avait adressé à Facebook une mise en demeure de corriger certaines pratiques en matière de données personnelles. Selon elle, le réseau social ne respecte pas la législation (loi Informatique et libertés du 6 janvier 1978), et ce à plusieurs égards. D’abord, la Cnil déplore qu’à aucun moment, lors de l’inscription au site, les utilisateurs ne soient informés du traitement qui sera fait de leurs données personnelles. Elle reproche ensuite à Facebook de ne pas demander le consentement exprès des utilisateurs lorsqu’il leur propose de compléter leur profil avec leurs opinions politiques, religieuses ou encore leur orientation sexuelle. En outre, la Cnil estime que Facebook n’assure pas la sécurité des données de ses abonnés car ils peuvent choisir un simple mot de passe à 6 caractères, insuffisant. Les enquêteurs, qui se sont rendus dans les locaux parisiens de Facebook en avril 2015 avant de procéder à des tests en ligne en décembre, ont constaté plusieurs autres manquements. Le réseau social piste les internautes même lorsqu’ils n’ont pas de compte Facebook : un clic sur un bouton « j’aime », comme on en voit de plus en plus souvent sur Internet (e-commerçants, blogs, articles de presse, etc.), suffit. Il s’agit en fait d’un cookie déguisé. Pour celui-ci comme pour tous ceux qu’il dépose dans les PC et les smartphones de ses utilisateurs, Facebook est d’ailleurs tenu d’obtenir l’accord préalable des internautes, ce qu’il ne fait pas non plus. Il conserve par ailleurs les adresses IP des internautes pendant plus de 6 mois, ce que la Cnil juge disproportionné. Citons enfin, parmi les griefs, le fait que Facebook transfère les données personnelles de ses abonnés hors de l’Union européenne, et ce malgré l’invalidation récente de l’accord qui le lui permettait, le Safe Harbor. S’il ne modifie pas tous ces points litigieux dans un délai de 3 mois, Facebook risque une amende pouvant atteindre 150 000 €. Un montant qui ne devrait pas effrayer le groupe californien qui a réalisé au dernier trimestre 2015 un chiffre d’affaires de 3,54 milliards de dollars !

 

Des clauses contractuelles jugées abusives

La DGCCRF est moins diserte sur les reproches qu’elle a adressés à Facebook le lendemain de la Cnil. Après avoir examiné les conditions d’utilisation du site, elle a constaté qu’elles contenaient des clauses abusives, interdites par la loi. « Dans la Déclaration des droits et responsabilités figurent plusieurs clauses qui créent un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties, au détriment des utilisateurs », explique la Répression des fraudes. En fait, celle-ci reproche à Facebook de pouvoir supprimer, sans avertir personne, des contenus publiés par les abonnés. Elle tique également sur le droit que Facebook s’octroie de modifier unilatéralement ses conditions d’utilisation et son service de paiement. Cette fois, le réseau social a 2 mois pour mettre à jour ses conditions d’utilisation. Mais il pourrait contester cette obligation devant le juge administratif, ce qui éloignerait considérablement la perspective d’une issue tant les procédures judiciaires sont longues.

 

Données personnelles : comment paramétrer son compte Facebook

Même si Facebook se plie aux exigences de la Cnil et de la DGCCRF, l’utilisateur devra toujours intervenir sur les paramètres de son compte pour protéger au mieux ses données personnelles. Notre vidéo (réalisée en 2013) vous indique, pas à pas, la marche à suivre.

Retrouvez aussi nos tutoriels pour paramétrer vos comptes Twitter (2013) et Google + (2014).

 Camille Gruhier
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15 février 2016

Placements BNP Paribas Jet 3. Condamnation attendue

Si les juges du tribunal de grande instance de Paris suivent les réquisitions du procureur, BNP Paribas devrait être condamnée pour pratique commerciale trompeuse dans le cadre de la vente d’un produit financier, BNP Garantie Jet 3.

 bnp-parisbas
100 000 euros d’amende, c’est le montant requis, le 8 février 2016, par le procureur devant la 31chambre correctionnelle du TGI de Paris. Celui-ci entend ainsi faire condamner les « pratiques commerciales trompeuses » de la BNP, lors de la commercialisation des fonds à capital garanti Jet 3 en 2001. Les discours des commerciaux promettaient à l’échéance de dix ans un triplement du capital. Dans les faits, non seulement aucun bénéfice n’a été enregistré, mais en plus, le capital des clients s’est retrouvé amputé d’environ 10 %, correspondants aux frais de gestion. Les brochures commerciales de la banque notaient pourtant sans ambiguïté, comme l’a relevé le procureur, que « le consommateur aurait la certitude de récupérer à l’échéance des dix ans son investissement » et ce, « sans expliciter comment les frais de gestion seraient soustraits du capital versé ».

Sanction dissuasive !

Les avocats de consommateurs qui se sont portés partie civile, Me Hélène Féron-Poloni et Me Charles Constantin-Vallet, réclament une réparation intégrale du préjudice. C’est-à-dire non seulement le remboursement des frais de gestion qui grèvent le capital, mais aussi le versement du gain promis par les conseillers bancaires (triplement du capital). Il est vrai que ce serait un moyen efficace pour dissuader enfin les établissements bancaires de faire miroiter des rendements mirifiques, sans trop se soucier de la réalité des marchés, ni des frais colossaux prélevés sur ces fonds. Car la BNP n’est ni la seule, ni la première. Avant elle, la Banque postale (avec Bénéfic) et les Caisses d’épargne (avec Doubl’Ô Monde) ont déjà été épinglées pour leurs fonds à formule. Ces produits d’épargne, issus des laboratoires de la finance des années 2000, promettent à la fois la garantie (totale ou partielle) du capital et une participation aux gains réalisés sur les marchés financiers. En gros, le beurre et l’argent du beurre. On trouve ces produits nichés dans un nombre important d’assurances vie et PEA, sans que les particuliers en aient d’ailleurs toujours bien conscience. Problème : leur complexité en rend le fonctionnement bien incompréhensible pour le particulier… Alors même que les frais de gestion rendent souvent ces placements moins rentables qu’une simple assurance vie en euros !

Le délibéré dans l’affaire du placement Jet 3 de BNP Paribas est attendu pour le 11 avril.

Élisa Oudin
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15 février 2016

Samsung Galaxy A5 (2016). Premières impressions

Début 2015, Samsung dévoilait le Galaxy A5, un smartphone moyenne gamme un peu fade, sans défauts ni atouts majeurs. Le fabricant lance une nouvelle version de l’appareil, autrement plus prometteuse. Le Galaxy A5 (2016), vendu 400 €, adopte un look haut de gamme aux finitions impeccables. À l’intérieur, des composants en phase avec son prix, avec notamment un processeur maison SoC Exynos 7580 à 1,6 GHz, un appareil photo 13 Mpx, et un bel écran tactile Amoled économe en énergie. Premières impressions avant notre test en laboratoire.

Malgré sa place de numéro un mondial des smartphones, Samsung reste sur ses gardes. La menace ne vient pas tant d’Apple, solidement ancré à la deuxième place, que des fabricants chinois qui s’installent tranquillement en Europe depuis plusieurs mois. Avec leurs smartphones à bon rapport qualité-prix,Huawei, Xiaomi et les autres poussent les géants à réagir. Le Galaxy A5 édition 2016 illustre bien le phénomène. L’an dernier, Samsung lançait le Galaxy A5, un smartphone moyenne gamme assez basique inspiré de ses modèles premier prix. Pour la version 2016, changement de cap : le smartphone s’inspire des modèles haut de gamme de Samsung, notamment du Galaxy S6. Certes, les caractéristiques techniques les distinguent encore (voir notre comparatif ci-dessous). Mais au niveau esthétique, le Galaxy A5 (2016) n’a rien à lui envier.

C’est notre premier constat : désormais Samsung ne fait plus d’impasse sur le design de ses smartphones, fussent-ils de moyenne gamme. Comme le S6, l’A5 (2016) est constitué de verre et d’aluminium. Sa face avant est même incurvée sur les bords, un détail qui rappelle les iPhone 6 et 6Sd’Apple. Aucun sacrifice non plus côté logiciel, puisque ce nouveau smartphone fonctionne avec la dernière version du système d’exploitation de Google Android Lollipop (5.1.1). Comme d’habitude, Samsung en a modifié l’interface avec sa surcouche logicielle Touchwizz, dont le graphisme gagnerait à être dépoussiéré. Malgré ses couleurs (trop) éclatantes, il pâlit en effet à mesure que les concurrents se modernisent, qu’il s’agisse de l’interface de Windows Phone, d’Apple ou bien des surcouches d’autres fabricants intégrant Android, comme HTC ou Sony.

Bon rapport qualité-prix

Un brin ringarde, cette interface (que l’on retrouve sur tous les smartphones Samsung), n’en est pas moins fluide. Nos tests en laboratoire permettront de juger précisément de la puissance du nouveau Galaxy A5, de la qualité de l’appareil photo, des haut-parleurs ou encore de l’autonomie de la batterie (non amovible). En attendant, nous avons passé quelques jours sans encombres avec le smartphone dans le cadre d’un usage habituel combinant messages, e-mails, photos, quelques jeux (Need for Speed, Cooking Fever), réseaux sociaux (Facebook et Twitter), recherche d’itinéraires avec Google Maps. L’écran de 5,2 pouces (13,2 cm) s’avère lumineux et l’appareil est assez léger (155 grammes). Samsung a choisi de limiter la mémoire interne à 16 Go, mais le smartphone dispose heureusement d’un port de carte mémoire micro-SD pour étendre le stockage. Photos, vidéos et applications prennent de la place, surtout que le capteur 13 Mpx permet de capturer des vidéos en Full HD. Reste à voir la qualité des images, en vidéo comme en photo d’ailleurs. Sur le papier, le Galaxy A5 (2016) s’avère prometteur et d’un bon rapport qualité-prix. Mais avant de craquer, comparez-le au Galaxy S6, et surtout attendez quelques jours : Samsung s’apprête à présenter son nouveau fleuron, le Galaxy S7, dont l’arrivée provoquera une baisse des prix des autres modèles du constructeur.

Galaxy S6 vs Galaxy A5

Le Samsung Galaxy A5 est vendu aux alentours de 400 €. Mais le prix du Galaxy S6 a fondu depuis son lancement en avril 2015, passant de 700 à… 450 €. Ainsi réduit, l’écart de prix permet d’hésiter entre les deux modèles. Gros plan sur les principales caractéristiques qui les distinguent.

tableau comparatif samsung galaxy S6 et A5
 Camille Gruhier
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15 février 2016

Pack Yezz 100 % remboursé. Carrefour prend le relais

L’offre Pack Yezz Andy 5EI2, comprenant un smartphone et divers accessoires, lancée à l’occasion de la campagne anniversaire de l’enseigne Carrefour, a été durement compromise. Elle promettait le remboursement du pack à hauteur de 100 %, mais la mise en redressement judiciaire de la société organisatrice, Avenir Télécom, a eu pour conséquence de bloquer l’offre de remboursement. Carrefour a néanmoins décidé de répondre au désarroi de ses clients.

L’offre proposée dans les magasins Carrefour entre le 27 octobre et le 17 novembre derniers avait de quoi séduire. Elle promettait leremboursement total d’un pack d’une valeur de 129,90 € contenant un smartphone Yezz Andy 5EI2, un casque Bluetooth de marque Beewi et un câble Energizer. Pour en bénéficier, il suffisait d’acheter le pack en magasin puis de retourner les documents demandés (facture, codes-barres, RIB…) dans les 48 heures à la société gestionnaire de l’offre. Le remboursement devait intervenir quelques semaines plus tard.

Si l’offre était disponible en exclusivité dans les magasins Carrefour à l’occasion de leur campagne d’anniversaire, elle avait été conçue par la société Avenir Télécom qui devait en assurer la gestion. Mais le 4 janvier dernier, le distributeur exclusif des produits Yezz en France et propriétaire des magasins Internity a été placé en redressement judiciaire. Un administrateur a été nommé, la fermeture de tous les magasins Internity a été annoncée et toutes les offres de remboursement ont été bloquées.

Les clients en attente de leur remboursement ont fait part de leur désarroi surle forum de Que Choisir et dans nos associations locales. Beaucoup aussi se sont retournés vers leur magasin Carrefour, jugeant l’enseigne coresponsable de la situation dans laquelle ils se trouvaient. Ils ont fini par être entendus. Sur les réseaux sociaux et dans un communiqué, Carrefour a« présenté ses excuses pour ce désagrément totalement indépendant de sa volonté » et annoncé son intention, « à titre exceptionnel et commercial », d’offrir aux clients lésés une carte cadeau Carrefour d’une valeur de 129,90 €. Une seule condition pour cela : que leur dossier ait été renvoyé dans les temps et qu’il ait été déclaré conforme. « Cela a pris un peu de temps car nous devions au préalable obtenir l’accord de l’administrateur judiciaire pour reprendre la créance et récupérer les e-mails des clients concernés », précise le service de presse du distributeur. Les clients dont les dossiers sont conformes ont dû recevoir un mail vendredi 5 février leur expliquant la procédure pour recevoir la carte cadeau. Quant à ceux dont le dossier n’est pas conforme, ils devraient recevoir un courrier d’explication dans les jours qui viennent. 75 000 personnes sont potentiellement concernées.

 

Smartphones pas chers

À l’image de la marque bon marché Yezz, les fabricants proposent de plus en plus de smartphones à des prix abordables (moins de 150 €). Lors de nos tests, nous sélectionnons de nombreux smartphones pas chers qui permettent de disposer d’Internet et de profiter des principales fonctions multimédias (vidéo, baladeur MP3, etc.) sans se ruiner.

 Cyril Brosset
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15 février 2016

Perte d’audition. Une application pour les malentendants

Améliorer son audition pour la modique somme de 20 € en installant simplement une application sur son smartphone ? Difficile à imaginer ! C’est pourtant la promesse de PureSound, disponible sur iPhone. Le prix des appareils auditifs (jusqu’à 4 000 €) et la difficulté rencontrée par les utilisateurs pour trouver un réglage optimal (il faut parfois des années !) permettent de douter de ce genre de solution bon marché. Nicolas, hôtelier vosgien de 38 ans qui souffre de problèmes d’audition corrigés par un appareil, a accepté de l’utiliser quelques jours et livre ses premières impressions.

Nicolas est comme les deux tiers des personnes équipées d’appareils auditifs : insatisfait de sa prothèse. En tout cas pas totalement conquis par l’appareil, malgré les progrès technologiques importants qu’a connu le secteur ces dernières années. Les plaintes se concentrent notamment sur les importantes difficultés de réglage et d’adaptation, qui peuvent perdurer bien au-delà des premiers jours d’équipement. Et ceci est d’autant plus dur à accepter que pour s’équiper, les utilisateurs doivent mettre la main à la poche. Les mutuelles proposent des prises en charge de 300 à 499 €, qui viennent s’ajouter aux 120 € remboursés par l’assurance maladie, alors que les appareils peuvent valoir entre 750 et 2 000 €… par oreille. Autant dire que quand nous avons proposé à Nicolas d’essayer pendant quelques jours une simple application mobile pour améliorer son confort d’écoute, un silence chargé de scepticisme s’est installé. Avant de laisser la place à une certaine curiosité. Notre cobaye a donc accepté de se prêter au jeu.

La promesse de PureSound

« PureSound permet aux malentendants légers ou moyens de retrouver une audition de grande qualité en offrant une correction personnalisée. » Voilà comment son concepteur, Raoul Parienti, décrit son application dans l’App Store. Il suffirait de télécharger l’application, vendue 20 €, sur son iPhone, puis de brancher ses écouteurs à son smartphone et de faire un test afin d’identifier son déficit auditif pour « retrouver une audition claire et confortable ». « Nous voulions proposer une alternative aux amplificateurs, qui amplifient de manière linéaire et identiques pour les deux oreilles toutes les fréquences de son indistinctement », explique Raoul Parienti. En outre, cette solution se passe de piles, que les utilisateurs d’appareils auditifs changent chaque semaine pour la majorité d’entre eux (67 % exactement). « Bluffant », « Surprenant », « Excellente application »… Dans l’App Store, les avis des utilisateurs sont enthousiastes, à supposer qu’ils soient réels.

Un bilan étonnant

Nicolas fut le premier surpris : l’application PureSound est, selon lui, intéressante. Certes, elle ne remplacera pas ses appareils auditifs. Mais l’utiliser à l’avenir comme complément dans certaines situations, pourquoi pas. Notre testeur souffre pourtant d’un déficit auditif important, alors que l’application est prévue pour corriger des déficits légers ou moyens (jusqu’à 25 dB). Lors de la première utilisation, un test d’audition sur plusieurs fréquences permet d’évaluer le seuil d’audition pour chaque oreille. « Il est très bien fait, et recrée l’expérience vécue chez l’audioprothésiste avec un casque sur les oreilles. Le résultat obtenu avec PureSound est assez comparable avec mon audiogramme médical ». Une fois calibrée, l’application propose deux modes d’utilisation, « standard » pour corriger tous les sons environnants et « conversation » pour discuter à plusieurs dans un environnement calme. Le microphone du kit mains libres capte les sons puis les retransmet, amplifiés et corrigés à l’aide d’algorithmes, dans les écouteurs. « Le mode standard permet de palper l’ambiance d’un bar, d’entendre les conversations autour. Il ne s’agit pas de curiosité, mais entendre, sans écouter, permet de sentir l’atmosphère propre au lieu. C’est une sensation retrouvée. Mais il ne faut surtout pas parler, parce que le micro capte la voix de l’utilisateur, qui est aussi amplifiée dans les écouteurs à un volume très élevé ! » En fait de kit mains libres, dont le micro se positionne juste devant la bouche, mieux vaut utiliser de simples écouteurs. C’est alors le micro du smartphone qui capte les sons. Nicolas pointe également deux autres défauts. D’abord, l’application ne peut pas tourner en tâche de fond. Autrement dit, impossible d’ouvrir une autre application lorsque PureSound est active. Vous recevez un SMS ? PureSound se coupe. « Une mise à jour viendra prochainement corriger ce problème, annonce Raoul Parienti. Mais notre application a besoin de la puissance du processeur pour fonctionner. Il sera donc possible de téléphoner ou d’envoyer un message en même temps, mais pas de jouer. » Ensuite, l’écran reste allumé en permanence pendant l’utilisation, ce qui a une incidence sur l’autonomie de la batterie.

audiogramme-puresound

Lors de la première utilisation, un test d’audition sur plusieurs fréquences permet d’évaluer le seuil d’audition pour chaque oreille. Un audiogramme relativement fiable, d’après notre testeur.

 

De plus en plus d’applications pour aider sourds et malvoyants

Après les oreilles, les yeux. Quelques mois après PureSound, son éditeur a lancé SmartEyes, qui permet cette fois aux malvoyants et aux non-voyants de lire vocalement un texte imprimé. L’application, vendue 16,99 €, est proposée sous iOS (iPhone) et sous Android (Samsung, HTC, etc.). D’autres applications dédiées aux handicaps visuels et auditifs apparaissent dans les boutiques en ligne, parfois même sans le savoir. Au printemps 2015, lorsque Mateusz Mach, un jeune fan de hip-hop, lance son appli Five, il n’imagine pas qu’il va toucher les personnes malentendantes. À la base, son application permet d’envoyer à ses amis non pas des messages écrits, mais des signes de la main, pour reproduire la gestuelle des rappeurs. Rapidement, les fondateurs reçoivent  flot de messages de sourds depuis les États-Unis et la Pologne (d’où sont originaires les fondateurs). Quelques mois de réflexion et un investisseur plus tard, la jeune pousse entreprend la création d’une application ad hoc, qui devrait être finalisée pour cet été. Elle intégrera d’abord l’ASL (American Sign Language) puis, dans les 6 mois suivants, sera enrichie de 4 à 5 déclinaisons européennes de la langue des signes.

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Prévue pour s’échanger des messages sous forme de signes de la main, l’application Five sera bientôt déclinée en langue des signes.

Camille Gruhierlogo-ufc-articles

15 février 2016

Mediator. Les dossiers rejetés seront revus

Depuis 2011, les experts ont examiné les demandes d’indemnisation des victimes du Mediator alors que le rôle du médicament dans les troubles cardiaques était sous-évalué. Les connaissances ayant évolué, des centaines de dossiers rejetés vont être revus.

La mesure avait été censurée il y a un an par le Conseil constitutionnel, mais cette fois, grâce à la loi Santé, c’est fait : les victimes du Mediator (benfluorex) dont la demande de dédommagement à l’amiable devant l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (Oniam) a été rejetée une première fois pourront voir leur dossier réexaminé.

Un communiqué de l’Oniam le confirme, justifiant cette possibilité de révision par une évolution des connaissances scientifiques. En effet, depuis la mise en place du dispositif en juillet 2011, de l’eau a coulé sous les ponts. La toxicité du benfluorex sur le cœur a été revue à la hausse, suite à des publications médicales montrant que des troubles cardiaques mis sur le compte de rhumatismes articulaires lui sont en réalité attribuables.

Conséquence, des centaines de dossiers ont sans doute été rejetés à tort. Et, de fait, sur les 8 963 demandes déposées à l’Oniam depuis 2011, 2 031 seulement ont bénéficié d’un avis positif, 3 889 ayant été rejetées. Parmi celles-ci, 3 486 l’ont été pour des pathologies considérées alors comme non imputables au benfluorex. Celles qui ont le plus de chances d’être révisées concernent les atteintes cardiaques, c’est-à-dire les valvulopathies.

Concrètement, les patients ayant saisi l’Oniam une première fois n’ont pas de démarches particulières à engager, sauf s’ils détiennent de nouveaux éléments. Leur dossier devrait être réexaminé automatiquement dans les mois qui viennent. Erik Rance, directeur de l’Oniam, estime que les décisions devraient tomber au cours de l’année 2016. Les victimes qui le souhaitent peuvent toutefois se rapprocher de l’Oniam.

Attention aux manœuvres de Servier !

Une fois que les victimes du Mediator (benfluorex) ont reçu un avis favorable de l’Oniam, les laboratoires Servier sont tenus de leur faire une proposition d’indemnisation. L’Oniam appelle à la vigilance, car l’industriel a tendance à profiter de la méconnaissance des victimes pour tirer les chiffres vers le bas. « Il faut vérifier précisément que tous les postes d’indemnisation sont bien pris en compte dans la proposition de Servier, en particulier celui de la tierce personne, qui est le plus lourd », souligne Erik Rance, directeur de l’Oniam. La difficulté pour les victimes vient de ce que le collège d’experts de l’Oniam estime les dommages sous forme d’incapacité (déficit fonctionnel, etc.), sans chiffrer leur valeur. C’est à Servier de « monétiser » et de proposer une somme en dédommagement du préjudice. En cas de doute sur le montant soumis par Servier, les victimes peuvent solliciter l’Oniam pour vérifier que tout est en ordre. S’il s’avère que la proposition est insuffisante, l’Oniam peut être amenée à se substituer au laboratoire.

 Anne-Sophie Stamane
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15 février 2016

Hausse des péages autoroutiers. Les dessous des moyennes

C’est une constante, les réseaux autoroutiers revoient leurs tarifs en février. L’augmentation s’élève à 1,12 % en moyenne cette année. Nous avons étudié de plus près les tarifs de l’un d’eux, le réseau Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR), pour en dégager quelques particularités.

Bien que l’inflation générale soit scotchée à 0,2 %, les tarifs des péages d’autoroutes ont progressé en moyenne de 1,12 %, le 1er février, sur l’ensemble du réseau. Une hausse prévisible eu égard à la nature des accords signés l’an dernier, après des mois de polémique, entre les concessionnaires et l’État. Mais cette moyenne cache de belles disparités et curiosités. Que Choisir a étudié l’évolution des tarifs du réseau APRR (Autoroutes Paris-Rhin-Rhône) composé notamment de l’A6 (Paris/Lyon), de l’A31 (Dijon/Lyon) ou encore de l’A39 (Bourg-en-Bresse/Dijon). En moyenne, cette société du groupe Eiffage annonce avoir augmenté ses tarifs de 1,23 % pour 2016. Mais l’analyse de toutes les liaisons possibles sur ce réseau de 2 215 km, soit 10 434 combinaisons dans un sens et dans l’autre et autant de tarifs, donne un autre éclairage sur ce taux. 96 % des tarifs ont ainsi été revus à la hausse. Près du tiers ont progressé dans une proportion inférieure à 1,20 % mais plus de la moitié ont augmenté entre 1,30 et 1,99 %. Quelques liaisons, facturées moins de 2,10 €, ont bondi de plus de 5 %.

Autre donnée surprenante. Si chacune des liaisons possibles (20 868 donc) était empruntée par ne serait-ce qu’une seule voiture, une hypothèse d’école minimale, ce seraient 678 968 euros qui entreraient quotidiennement dans les caisses d’APRR. Or, chaque jour, environ 25 000 véhicules de toutes catégories (légers, poids lourds…) circulent sur ce réseau.

 Arnaud de Blauwe avec Isabelle Bourcier
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15 février 2016

Zika Les femmes enceintes doivent se protéger

Il n’est pas encore certain que le virus Zika soit à l’origine des cas de microcéphalies chez des nouveau-nés sud-américains. Par précaution, les femmes enceintes doivent, soit éviter les territoires touchés, soit se protéger en évitant les piqûres de moustique.

L’épidémie liée au virus Zika, essentiellement transmis par piqûre de moustique, continue de s’étendre en Amérique du Sud (surtout au Brésil), en Amérique Centrale et dans les Caraïbes. Parmi les territoires français d’Amérique, la Guyane, la Martinique, la Guadeloupe et Saint-Martin sont touchés. La maladie passe la plupart du temps inaperçue, et elle n’est pas grave chez l’être humain. Sauf, peut-être, pour l’enfant à naître. Des données laissent en effet penser que les femmes ayant transmis la maladie in utero accouchent plus souvent de bébés atteints de microcéphalie.

Même si le lien de cause à effet n’est pas encore formellement établi, des mesures de protection particulières s’imposent pour limiter la contamination des femmes enceintes, surtout lors du premier trimestre de grossesse. Celles qui avaient prévu de se rendre dans les zones touchées doivent reporter leur voyage. Celles habitant sur place ont pour consigne de se préserver jour et nuit des piqûres de moustique. Les mesures habituelles de prévention contre la présence des moustiques sont plus que jamais valables : supprimer tous les points d’eau stagnante (coupelle sous les pots de fleurs, récupérateur d’eau, eau de pluie croupissant dans une bassine, etc.) limite la multiplication des larves.

Des solutions existent

Pour éviter les piqûres, le mieux est d’utiliser une moustiquaire imprégnée la nuit et de se couvrir au maximum. L’application de répulsifs sur les vêtements et sur les parties de la peau qui restent à nu est recommandée. Le site du Centre de référence sur les agents tératogènes (CRAT) répertorie les répulsifs utilisables sans trop de risques pendant la grossesse (1). La transmission par voie sexuelle étant possible, le préservatif est conseillé si le partenaire est contaminé.

Si malgré ces précautions, les symptômes de la maladie – fièvre, douleurs articulaires et musculaires – se manifestent chez une femme enceinte, l’infection doit être immédiatement vérifiée par analyses urinaire et sanguine. En cas de confirmation, une surveillance échographique mensuelle par un centre de diagnostic anténatal est nécessaire, complétée au besoin par une amniocentèse et un examen par IRM quelques semaines avant l’accouchement. Une microcéphalie avérée est un motif d’interruption médicale de grossesse.

La conduite à tenir peut sembler simple. Il y a toutefois une difficulté avec le virus Zika : les symptômes sont souvent discrets, et la présence du virus dans le sang et les urines est brève. Il est tout à fait possible d’être atteint sans s’en rendre compte… Au-delà des recommandations officielles, toutes les femmes enceintes résidant dans les zones touchées ont peut-être intérêt à discuter avec leur médecin d’une échographie mensuelle.

 Anne-Sophie Stamane
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15 février 2016

Droit à l’oubli. Google change les règles

Dans quelques semaines, les résultats d’une recherche dans Google ne seront plus exactement les mêmes pour les internautes européens et pour les autres. Le moteur de recherche va en effet bloquer sur Google.com les liens déréférencés au nom du « droit à l’oubli » lorsque l’internaute est basé en Europe. Il espère ainsi satisfaire le G29, groupe de travail européen sur la protection des données personnelles. Parmi ses membres, seule la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) pourrait tiquer encore, mais ses moyens d’action sont limités. Explications.

Vous avez participé, mineur(e), à un jeu-concours dont la presse locale s’était fait l’écho sur Internet ? Votre nom est cité dans un article en ligne traitant d’une sombre affaire à laquelle vous n’êtes pas directement lié(e) ? Vous pouvez demander à Google de supprimer les liens vers ces contenus qui sortent quand on saisit votre nom dans le moteur de recherche. En effet, depuis le printemps 2014 et une décision historique de la Cour de justice de l’Union européenne, le « droit à l’oubli » oblige le moteur de recherche à examiner votre demande (sans obligation toutefois d’y accéder).

Mais Google et le G29 (qui regroupe les Cnil européennes) ont uneinterprétation différente de la mise en application de cette mesure. Google accepte de déréférencer les liens, mais uniquement sur les déclinaisons européennes de son moteur de recherche (Google.fr, Google.es, Google.it, etc.) et pas sur Google.com. Explication de Google : il est impossible d’imposer à tous les internautes de la planète des décisions qui découlent du seul droit européen. Autrement dit, en se connectant sur Google.com, un internaute, où qu’il soit, tombe sur les liens supprimés au nom du droit à l’oubli européen. En France, la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) n’a jamais été d’accord avec cette interprétation, rejetée officiellement en septembre 2015.

Géolocaliser l’internaute grâce à son adresse IP

Dans les faits, ce point de blocage concerne assez peu d’internautes puisque nous sommes 98 % à nous connecter à la version locale de Google (Google.fr depuis la France, par exemple). Google va toutefois infléchir sa position. Dans quelques semaines, le moteur examinera l’adresse IP (numéro d’identification d’un appareil connecté à Internet) de l’internaute avant d’afficher la page de résultats de Google.com. Cette adresse IP lui permettra de géolocaliser l’internaute. S’il se trouve en Europe, les liens déréférencés n’apparaîtront pas. Mais s’il est ailleurs dans le monde, si. Google espère ainsi satisfaire le G29, et pourquoi pas… la Cnil. Celle-ci refuse pour le moment de commenter cette initiative. Mais elle n’aura pas vraiment d’autre choix que de s’en tenir à ce compromis. Plusieurs homologues européens se sont déjà dits satisfaits. C’est notamment le cas de  l’ICO (1) britannique, mais aussi de l’AEPD (2) espagnole, celle-là même qui avait saisi la Cour de justice européenne et induit, ce faisant, l’introduction du droit à l’oubli.

 (1) Information Commissioner’s Office

(2) Agencia Española de Protección de Datos

Camille Gruhier
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15 février 2016

Pixmania. Le e-commerçant entraîne ses clients dans la tourmente

En obtenant son placement en redressement judiciaire, Pixmania.com espérait pouvoir relancer son activité. Seulement, les témoignages de clients mécontents ne font que se multiplier depuis plusieurs semaines. Le marchand est loin d’être tiré d’affaire et pendant ce temps, les clients trinquent.

Mais à quoi joue Pixmania ? Jamais les plaintes visant ce pionnier du e-commerce en France n’avaient été aussi nombreuses qu’aujourd’hui. Que ce soit sur les réseaux sociaux ou sur les forums en ligne, dont celui de Que Choisir, les clients mécontents sont nombreux à dénoncer les commandes payées mais jamais livrées, les promesses de remboursement non tenues ou les problèmes de service après-vente. Certains marchands semblent aussi avoir déserté la place de marché (market place) mise en place par Pixmania. « Après avoir commandé et payé mon smartphone LG, j’ai reçu un mail du marchand Elite GSM qui m’indiquait qu’il ne passait plus par Pixmania et que je devais effectuer ma commande par le biais d’un autre site marchand, raconte l’une des victimes sur le forum de Que ChoisirDe son côté, Pixmania m’a assuré que le remboursement avait été effectué, mais je n’ai rien reçu et on me demande d’en fournir la preuve ! Je sens que cette histoire va être longue. Pour moi, Pixmania, c’est terminé », conclut-elle, un brin défaitiste.

Baisse des ventes, fermeture de ses magasins, changements de propriétaire…

Cet épisode est le dernier d’une longue série. Depuis quelques années, en effet, le marchand connaît une succession de revers : baisse des ventes, fermeture de ses magasins, changements de propriétaire, etc. Alors que le e-commerce ne cesse de croître en France, Pixmania ne parvient pas à sortir de cette zone de turbulences. Résultat : après avoir fait l’objet d’une procédure de sauvegarde, la société a été placée en redressement judiciaire le 14 janvier 2016, une procédure censée lui redonner un peu d’air pour tenter de relancer son activité. Mais ce n’est certainement pas en arrêtant de livrer les clients et en ne donnant pas suite à leurs demandes de remboursement que le marchand retrouvera leur confiance. En attendant d’y voir plus clair, le mieux est d’éviter de commander sur ce site.

Cyril Brosset
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15 février 2016

Complémentaire santé d’entreprise. Quelle contrepartie pour certains salariés ?

Les salariés précaires ne sont pas obligés d’adhérer au nouveau contrat collectif de leur entreprise dans le cadre de l’accord national interprofessionnel (ANI). En contrepartie, et sous certaines conditions, ils peuvent bénéficier de la somme que leur employeur aurait normalement dû verser. Explications.

Dernière étape de la généralisation de la mutuelle santé en vigueur depuis le 1er janvier 2016 dans toutes les PME ou TPE : la monétisation de la participation obligatoire de chaque employeur pour les salariés considérés comme précaires. Pour bien comprendre de quoi il s’agit, il faut rappeler que les employeurs du secteur privé sont désormais obligés de prendre en charge au moins 50 % de la cotisation acquittée par le salarié pour leur  complémentaire santé d’entreprise obligatoire et de respecter un panier de soins minimum (prise en charge de l’intégralité du ticket modérateur pour les consultations, prise en charge sans limitation de durée du forfait journalier hospitalier…). Parallèlement, tous les salariés sont obligés d’adhérer à cette complémentaire santé d’entreprise, mais il existe des exceptions. Parmi les plus courantes, il y a les salariés qui justifient déjà d’une adhésion individuelle (l’exonération est donc temporaire) ou ceux qui justifient d’une adhésion de groupe, par l’intermédiaire du contrat collectif d’entreprise de leur conjoint par exemple. Autre exonération également prévue par la réglementation : celle qui concerne les salariés considérés comme précaires, à savoir ceux qui n’ont décroché qu’un CDD (contrat à durée déterminée) dont la durée est inférieure ou égale à 3 mois ou ceux qui ont certes un CDI (contrat à durée indéterminée), mais dont le temps de travail hebdomadaire est inférieur ou égal à 15 heures par semaine. Pour ces salariés précaires, une disposition spécifique a été prévue par la loi : ils doivent bénéficier d’une sorte de « chèque santé » qui n’est autre que la monétisation de la participation obligatoire de leur employeur.

Un versement anecdotique…

Cette monétisation dont les modalités de calcul viennent d’être précisées (1) doit correspondre, pour chaque mois travaillé, à 125 % de la cotisation mensuelle de l’employeur pour les salariés en CDD, et à 105 % de cette même cotisation, proratisés selon les heures travaillées dans le mois (ou la semaine) pour les salariés en CDI. Si l’on suppose qu’une personne travaille 12 heures par semaine et si son employeur verse 20 € par mois pour la complémentaire santé des autres salariés (en l’absence de montant applicable dans l’entreprise, le décret fixe à 15 € le montant servant de référence de calcul), il doit donc percevoir 7,20 € par mois ((20 € x 105 %) x 12/35 heures).
Ce versement ne se matérialise pas par un chèque à proprement parler, mais par un ajout au salaire. Il n’est octroyé au salarié précaire que s’il peut prouver qu’il finance, de lui-même, une complémentaire santé individuelle. Il n’est pas octroyé aux salariés précaires dont les faibles ressources ouvrent droit à la CMU-C (couverture maladie universelle complémentaire) ou aux complémentaires santé sélectionnées dans le cadre de l’ACS (Aide à l’acquisition d’une complémentaire santé).

L’autre Chèque santé, une initiative privée

Si le terme de « chèque santé » peut être employé pour qualifier cette mesure gouvernementale, le décret instaurant cette aide de l’employeur aux salariés précaires n’emploie jamais cette expression. Et pour cause, Chèque santé est une marque déposée par Care Labs, une start-up montpelliéraine. Il s’agit de titres prépayés de prestations de santé, dédiés à la prévention et au bien-être. Le dispositif fonctionne comme les chèques cadeaux ou les chèques restaurants : l’entreprise ou la collectivité définit librement sa participation au Chèque santé et ses salariés reçoivent le crédit sur leur mobile ou sur une carte prépayée. Libre à eux de dépenser ce pécule chez l’un des 21 000 praticiens partenaires, pour des prestations non remboursées par la Sécurité sociale ou par les mutuelles.

(1) Décret 2015-1883 du 30 décembre 2015.
Roselyne Poznanski
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12 février 2016

Accessibilité des commerces. Démarchage sauvage

Les commerces, hôtels, restaurants, cabinets libéraux, doivent s’engager dans une démarche de mise en conformité afin d’être accessibles aux personnes handicapées. Certaines sociétés pratiquent un démarchage agressif et laissent planer la menace d’une forte amende pour vendre des prestations présentées à tort comme obligatoires.

Les alertes se suivent et se ressemblent. Mi-janvier, une fleuriste de Saint-Denis (93) alertait la chargée de mission handicap de sa ville après avoir été démarchée par une société prétextant une circulaire (inexistante) du 6 janvier 2016 sur l’accessibilité des établissements recevant du public (ERP) pour l’accompagner dans ses diagnostics et travaux, sous peine de sanctions.

Le 18 janvier, c’est l’Ordre des dentistes qui mettait en garde les praticiens contre « certaines sociétés commerciales se présentant aux praticiens comme étant un passage obligé pour l’évaluation de l’accessibilité ». Puis c’était au tour de la chambre des métiers et de l’artisanat de la Vienne, à la fin du mois, de mettre en garde contre ce démarchage « qui aboutit au paiement d’une prestation de plusieurs centaines d’euros ».

« Ce sujet est remonté à la délégation ministérielle à l’accessibilité (DMA) », confirme Alain Tricon, directeur de la division accessibilité du bureau d’études et de conseil A2CH (groupe Acceo). Le cabinet, qui accompagne notamment le groupe Casino dans sa démarche de mise en conformité, a eu vent « de plusieurs petits commerçants et de grands magasins » ayant reçu des messages commerciaux « assez agressifs » leur enjoignant de « se mettre en conformité » pour éviter une forte amende. « C’est du marketing de la terreur », dénonce ce professionnel.

Pour rappel, la loi handicap du 11 février 2005 avait donné 10 ans aux établissements recevant du public (ERP) pour se rendre accessibles aux personnes handicapées. Face à des délais jugés « intenables », le gouvernement avait annoncé en février 2014 la mise en place d’agendas d’accessibilité programmée (Ad’AP) pour que les acteurs non encore en conformité programment des travaux. Ces agendas, qui permettaient d’obtenir un délai pour la mise en conformité (de 3 à 9 ans, en fonction du type d’ERP), devaient être déposés en préfecture avant le 27 septembre 2015.

Malgré ce délai, un très grand nombre d’ERP ne sont toujours pas engagés dans la démarche. Face à ce retard important, les préfectures ont reçu pour consigne de continuer à instruire tous les dossiers qui leur sont déposés. Un décret prévu pour la fin du premier trimestre 2016 définira les modalités de sanctions infligées à ceux qui n’auront toujours pas déposé leur Ad’AP.

Une seule obligation : l’Ad’AP

Contrairement à ce que laissent  entendre certains démarcheurs peu scrupuleux, il n’y a pas d’obligation pour les ERP de faire réaliser un diagnostic d’accessibilité par une société spécialisée. Seul le dépôt d’un Ad’AP est obligatoire, et celui-ci peut tout à fait être réalisé par le commerçant ou le professionnel libéral. Pour les aider, « le ministère a mis en place un outil d’autodiagnostic très bien fait, très pédagogique », souligne Alain Tricon (1).

Il précise que produire un Ad’Ap tout seul « peut devenir compliqué », surtout pour les professionnels (commerçants ou artisans) peu habitués à ce type de démarche, qui s’apparente à une autorisation de travaux. Pour autant, c’est possible. Et la phase de diagnostic peut se faire « sans passer par un professionnel, encore moins un professionnel qui fait du rentre-dedans », insiste Alain Tricon.

Parmi ces démarcheurs, la société Diagnostic Accessibilité (voir encadré ci-dessous) a attiré l’attention du Perifem, l’Association technique du commerce et de la distribution. Elle a mis en garde ses adhérents contre une démarche commerciale pouvant « mettre dans le doute certains magasins ».

Elle adresse notamment des fax surtitrés « Déclaration obligatoire d’accessibilité » et ayant pour objet « Obligation réglementaire relative à votre établissement ». La société y écrit, avec un ton officiel : « Votre établissement n’apparaît pas dans la liste des ERP entrés dans la démarche d’Ad’AP ou ayant fourni une attestation auprès de votre préfecture. (…) Nous vous invitons dès à présent à vous mettre en conformité. » S’en suit les coordonnées de l’entreprise.

Outre les petits commerçants, « ils envoient ce message à n’importe qui », relève le responsable accessibilité d’un grand groupe de distribution. Ses magasins ont ainsi été sollicités à titre individuel bien que l’enseigne se soit engagée dans la démarche Ad’AP au niveau national.

En cas de doute ou d’interrogation, Alain Tricon recommande aux exploitants d’ERP de se tourner vers leur syndicat professionnel, leur chambre des métiers ou leur chambre de commerce. Beaucoup ont mis en place un accompagnement à la mise en conformité sur l’accessibilité ou ont négocié des tarifs préférentiels avec des sociétés de conseil, indique-t-il.

Exemple de fax envoyé par la société Diagnostic Accessibilité

Exemple de fax envoyé par la société Diagnostic Accessibilité

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Morgan Bourven

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11 février 2016

De l’escargot contre l’arthrose (vidéo) ?

Les arguments fallacieux de la publicité

 Les remèdes farfelus contre l’arthrose, cette atteinte douloureuse des articulations, ne manquent pas. Prenons par exemple le FlexForte, un produit à l’extrait d’escargot. Il n’est ni meilleur ni pire que d’autres mais fournit une bonne illustration de l’argumentaire stéréotypé pour ce genre de produits. Décryptons en vidéo trois des arguments mis en avant dans sa publicité : le pouvoir de la nature, l’autorité de la science et les témoignages dithyrambiques.

Perrine Vennetier

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11 février 2016

Voiture. Pourquoi les réservoirs rétrécissent

Alors que les constructeurs automobiles mettent tout en œuvre pour diminuer la consommation en carburant de leurs voitures (moteurs plus sobres, réduction de poids, travail sur l’aérodynamisme), ils proposent de plus en plus souvent des modèles avec des réservoirs de taille réduite. Au détriment de l’autonomie du véhicule. Explications.

 Une Renault Talisman avec un réservoir de 47 litres alors que la Laguna qu’elle remplace pouvait embarquer 66 litres de carburant. Une Ford Mondeo Hybrid qui possède un réservoir de 51 litres contre 63 litres pour les autres motorisations essence ou diesel. Une Audi A4 dont le réservoir peut contenir 54 litres de carburant alors que la génération précédente était dotée d’un réservoir de 63 litres, sans parler de la version 2.0 TDI qui ne dispose que d’un petit réservoir de 40 litres. Telle est la tendance actuelle des constructeurs automobiles quant à la taille des réservoirs de leurs modèles. À noter toutefois qu’Audi propose une option gratuite (référence OM1) pour augmenter la capacité sur les versions à deux roues motrices.

La chasse au volume et au surpoids

La conséquence directe de la réduction de la taille des réservoirs est une diminution de l’autonomie. Dommage pour des voitures qui ont vocation à rouler sur des longs trajets. Pourtant, les constructeurs automobiles estiment ne pas avoir le choix et cherchent tous continuellement à gagner du poids et de la place sur leurs modèles. Audi a ainsi gagné près de 110 kg sur sa nouvelle A4 par rapport à l’ancienne génération. Un gain qui participe à la réduction de la consommation mais qui ne compense pas la perte d’autonomie. S’ils cherchent aussi à récupérer de la place, c’est pour caser tous les nouveaux équipements technologiques : installation d’un réservoir d’AdBlue (l’additif nécessaire au fonctionnement des pièges à NOx sur les nouveaux moteurs Diesel), mise en place de batteries pour les versions hybrides…

Ainsi, après avoir supprimé la roue de secours, les constructeurs cherchent d’autres solutions pour trouver du volume disponible. Et, à l’arrière d’une voiture, si on veut conserver un coffre digne de ce nom, il ne reste qu’une solution : réduire la taille du réservoir.

 Yves Martin
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11 février 2016