UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales

Roundup

Roundup

Le glyphosate en suspens

La décision européenne de renouveler ou non l’autorisation du glyphosate, la matière active du célèbre désherbant Roundup, devait tomber hier 19 mai. Mais faute de majorité, la Commission européenne a une nouvelle fois reporté sa décision. La guerre des lobbies fait rage.

glyphosate roundup

En bonne logique économique et industrielle, la réautorisation du glyphosate aurait dû relever de la simple formalité au niveau européen. Mais c’était sans compter l’avis du Circ, le Centre international de recherche sur le cancer, paru en mars 2015. En classant le glyphosate dans la catégorie« cancérogène probable pour l’homme », il a fait l’effet d’une bombe. On savait déjà le glyphosate « dangereux pour l’environnement » et « toxique pour les organismes aquatiques », mais son passage en « cancérogène probable pour l’homme » sans passer par la case « cancérogène possible » moins alarmiste, ce fut vraiment la douche froide.

Depuis, au nom de l’Union européenne, l’Autorité européenne de sécurité des aliments, l’Efsa, a néanmoins pris la défense du désherbant. Au terme de son évaluation, elle juge « improbable que le glyphosate présente un danger cancérogène pour l’homme ». Fort à propos, le JMPR (Joint Meeting on Pesticide Residues), un organisme qui dépend de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au même titre que le Circ, vient d’arriver à une conclusion tout à fait similaire, jugeant « peu probable » que le glyphosate soit cancérogène.

Il n’y a en réalité rien d’étonnant à ces conclusions contradictoires. Le Circ n’évalue que les études publiées, tandis que l’Efsa comme le JMPR basent leur évaluation sur les études menées par les industriels du glyphosate, la fameuse « Glyphosate Task Force », et évidemment non publiées !

Du coup, les débats ont fait rage à Bruxelles. La France et d’autres pays membres (Allemagne, Italie, Suède, Autriche, Portugal) ont décidé de voter contre la réautorisation du glyphosate ou de s’abstenir. La Commission a préféré retirer sa proposition plutôt qu’essuyer un vote négatif.

Mais l’heure de vérité approche. Faute de réautorisation d’ici là, le Roundup et tous ses concurrents herbicides à base de glyphosate seront interdits de commercialisation en Europe à compter du 30 juin prochain. Nous saurons donc très bientôt si l’Europe s’intéresse plus à la santé de ses concitoyens qu’aux intérêts de l’agro-industrie.

Élisabeth Chesnais

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20 mai 2016

Abattoirs

Abattoirs

Un tiers des établissements en non-conformité

Face au scandale suscité par les vidéos de l’association L214 prises dans les abattoirs d’Alès, du Vigan et de Mauléon-Licharre en octobre 2015 et février et mars 2016, l’Assemblée nationale réagissait, en mars, en montant une commission d’enquête sur les conditions d’abattage. Dirigée par le député Olivier Falorni, elle recevait le 18 mai 2016 le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, venu présenter les résultats d’une grande enquête diligentée dans le cadre du plan d’action sur le bien-être animal 2016-2020.

abattoirs controles

Dès la fin mars, suite à la troisième vidéo de l’association de protection animale L214 montrant des images insoutenables de maltraitance animale en abattoirs, Stéphane Le Foll ordonnait aux préfets d’engager une inspection de l’ensemble des abattoirs du pays. Tout au long du mois d’avril, des inspecteurs d’État ont donc contrôlé de manière inopinée l’ensemble des abattoirs de boucherie français hexagonaux et des départements d’outre-mer. Soit 259 établissements et 460 chaînes d’abattage.

 

Un tiers des établissements en infraction

« Dans deux tiers des établissements contrôlés, aucune infraction n’a été constatée par les inspecteurs », déclarait Stéphane Le Foll devant la commission. Pour le tiers restant, on dénombre notamment des défauts de conformité mineurs comme l’absence de mise à jour d’appareils électriques. Plus graves, des défauts d’étourdissement des bêtes ont été constatés sur 39 chaînes donnant lieu à des mesures correctives immédiates. Enfin, des manquements graves ont été constatés sur 19 chaînes (5 %) donnant lieu à l’établissement de procès-verbaux contre 8 établissements et même à la suspension et au retrait de l’agrément de 2 établissements. « Il reste encore des progrès à faire », analyse le ministre qui juge insuffisant le seul contrôle vétérinaire. En 2014 déjà, la Cour des comptes jugeait sévèrement les contrôles sanitaires des aliments, les estimant bien trop rares et cléments.

 

Pénalisation de la maltraitance en abattoirs

Stéphane Le Foll a profité de son audition pour rappeler les grandes lignes de son plan d’action pour les abattoirs. Celui-ci prévoit notamment la généralisation du responsable « bien-être des animaux » à tous les abattoirs qui jusqu’à présent n’est imposé qu’aux abattoirs traitant plus de 1 000 unités de gros bétails par an ou 150 000 oiseaux ou lapins par le règlement européen du 24 septembre 2009. Autre mesure, dans le cadre de l’extension de la loi Sapin II, les personnes qui signaleraient des problèmes de maltraitance animale dans les abattoirs devraient bénéficier d’un statut protecteur.

Enfin, le ministre annonçait une future disposition législative visant à condamner pénalement les responsables d’abattoir mais aussi les transporteurs en cas de mauvais traitements animaux qui seront requalifiés en délits.

 

Non aux abattoirs mobiles, pas d’opposition à la vidéosurveillance

Interrogé par les députés sur la pertinence éventuelle de la réouverture de petits abattoirs de proximité ou d’abattoirs mobiles afin de limiter les transports des animaux, facteur de stress, le ministre s’est dit fermement opposé à cette option qu’il juge « incompatible avec une gestion efficace des contrôles sanitaires ».

En revanche, concernant l’utilisation de la vidéosurveillance pour contrôler les chaînes d’abattage, le ministre a déclaré ne pas être opposé à cette option tout en appelant à un débat pour définir l’encadrement de cet outil afin de « ne pas mettre toute la pression sur les épaules des salariés ».

Marie-Noëlle Delaby

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20 mai 2016

Fournisseur d’accès à Internet

Fournisseur d’accès à Internet

Que vaut la nouvelle Livebox d’Orange ?

Commercialisée à partir de ce 19 mai, la nouvelle Livebox d’Orange est le nouveau fer de lance du premier opérateur de France. Même si elle inclut des nouveautés intéressantes, pas sûr que ce nouveau boîtier transcende les foules, notamment à cause de son prix.

Présentée en grandes pompes en mars dernier, la nouvelle Livebox d’Orange est commercialisée à partir d’aujourd’hui. Mais que vaut-elle vraiment ?

orange livebox

Le boîtier

Côté esthétique, rien de bien folichon. Si elle fait dans la sobriété, la nouvelle Livebox est assez imposante (pas très épaisse, mais très longue lorsque la box et le décodeur sont associés). Dans le cas où la prise Internet est éloignée de la télé, les deux boîtiers pourront communiquer en Wi-Fi (même si l’Ethernet reste préférable). Par ailleurs, vous recevrez cette Livebox que vous soyez relié à la fibre ou par l’ADSL. L’interface télé, elle, reste la même.

 

Les services proposés

La grande nouveauté de cette Livebox, c’est sa capacité à prendre en charge l’ultra haute définition (4K). Même si les contenus disponibles en 4K sont encore limités, ils devraient avoir tendance à se répandre. En plus,Orange propose une offre 4K plutôt intéressante, notamment dans son catalogue VOD. Pour en bénéficier, il faut toutefois être couvert par la fibre et disposer d’un téléviseur UHD ou 4K. La Livebox gère également le son Dolby Atmos, encore plus enrobant et plus réaliste que le 5.1. Mais là encore, la fibre et un équipement sonore compatible sont nécessaires. À réserver aux passionnés.

L’autre point fort de la nouvelle Livebox, c’est son Wi-Fi « boosté ». Cette technologie qui permet de faire face à la multiplication des terminaux connectés (smartphones, tablettes, ordis…) en combinant du Wi-Fi n (2,4 GHz) et du Wi-Fi ac (5 GHz) est déjà présente dans d’autres box. Enfin, autre bon point : le Bluetooth, utile pour connecter un casque, une enceinte ou une manette de jeu, par exemple.

 

La facilité d’utilisation

La nouvelle Livebox intègre quelques outils censés faciliter la vie des utilisateurs, comme la présentation des instructions sur l’écran OLED en façade pour simplifier l’installation ou encore un outil permettant d’optimiser la couverture Wi-Fi dans la maison. D’ailleurs, ce dernier s’active d’un simple clic en façade et un autre bouton permet de simplifier la connexion des appareils. Pratique sans être transcendant.

 

Les offres

La nouvelle Livebox est proposée avec deux offres au choix :

Livebox Play

 42,99 € par mois (39,99 € + 3 €/mois pour la location de la box) puis 47,99 €/mois au bout d’un an pour les clients Fibre.

  • Accès à Internet (minimum 200 Mbits/s en débit descendant en fibre)
  • Appels vers les fixes en France, vers les DOM et vers 110 destinations, et vers les mobiles en France, DOM, USA et Canada
  • Accès à la TV d’Orange, soit 160 chaînes dont 40 en HD
  • Enregistreur numérique 160 Go

 

Livebox Jet

50,99 € (47,99 € + 3 €/mois pour la location de la box) puis 55,99 €/mois au bout d’un an pour les clients Fibre.

Mêmes services que l’offre Play avec :

  • un débit fibre supérieur (minimum 500 Mbits/s en débit descendant) ;
  • un enregistreur TV de plus grande capacité (450 Go) ;
  • appels vers les mobiles en Europe ;
  • plusieurs options offertes sur demande, comme l’Airbox Confort, un boîtier 4G permettant de se connecter hors de la maison ou avant de recevoir la box (attention toutefois car, avec 2 Go inclus chaque mois, le plafond peut être vite atteint) et Stockage Livebox qui permet d’accéder de partout à ses fichiers stockés sur la Livebox (disque dur de 1 To dédié).

 

Offres Open

 Ces offres sont aussi commercialisées en version quadruple play (avec un forfait mobile 24/24) :

  • Open Play 5 Go : 62,99 €/mois
  • Open Play 10 Go : 69,99  €/mois
  • Open Jet 15 Go : 82,99 €/mois
  • Open Jet 20 Go : 102,99 €/mois

 

 

Notre avis

Si Orange avait besoin d’une nouvelle box pour rester dans la course, cette Livebox 4 est loin de « révolutionner l’univers connecté », comme le promet Orange. Certes, certains clients pourront être intéressés par la 4K, le Wi-Fi boosté ou l’accès aux données à distance. Mais pas sûr que le prix en vaille la chandelle. Car en augmentant ses tarifs, Orange retrouve sa place de« FAI le plus cher de France ». Chez SFR, par exemple, il faut dépenser 51,99 €/mois pour recevoir la box 4K (48,99 € + 3 € de location avec une remise de 14 €/mois la première année), avec un plus grand nombre de chaînes de télé et l’accès à l’offre de VOD illimitée Zive. Chez Free, on a le choix entre la Freebox Revolution à 37,97 €/mois et la mini 4K à 29,99 €/mois. Quant à Bouygues, il propose sa Bbox Miami à 29,99 €/mois (26,99 € +  3 € de location, auxquels peuvent s’ajouter 8 €/mois en zone étendue).

Cyril Brosset

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20 mai 2016

Hublot de lave-linge

Hublot de lave-linge

Explosions en série

En fonctionnement ou à l’arrêt, il arrive que le hublot d’un lave-linge explose. La revue britannique de défense des consommateurs Which a répertorié près de 300 incidents depuis 2010. La marque Beko représente plus d’un tiers des cas.

explosion hublot lave-linge

Les explosions de hublots de lave-linge sont rares, heureusement. Mais ce genre d’incident arrive, en fonctionnement comme à l’arrêt. Et quand c’est le cas, des bris de verre se répandent partout. Si une personne se trouve à proximité de l’appareil au mauvais moment, elle peut être sérieusement blessée par les projections. Quant au linge dans le tambour, il est bien entendu irrécupérable…

Nos confrères du magazine Which, l’équivalent britannique de Que Choisir,se sont intéressés au sujet suite à des témoignages. Après enquête, ils ont comptabilisé près de 300 explosions depuis 2010. Toutes les marques étaient concernées, mais l’une d’elle, Beko, représentait à elle seule plus d’un tiers des cas, avec 115 explosions.

Pour quelle raison un hublot de lave-linge peut-il exploser ? Which liste plusieurs causes possibles, susceptibles de se cumuler : la surcharge ou la sous-charge de la machine à laver, les boutons de jeans ou les pièces de monnaie qui viennent heurter le hublot au fil des cycles et qui fragilisent le verre, la mauvaise qualité du verre utilisé, la vitesse élevée d’essorage. La responsabilité n’est pas exclusivement du côté des fabricants, l’utilisation peut être en cause. Mais Which suggère que, face aux risques encourus, les fabricants équipent systématiquement les hublots de leurs appareils d’un couvercle en plastique qui, en cas d’accident, éviterait au moins que les morceaux de verre ne blessent quelqu’un. Ces protections équipent d’ailleurs déjà certains lave-linge, mais pas pour les mêmes motifs : elles protègent à l’origine des risques de brûlures lors des cycles à températures élevées.

En France, il n’y a pas de statistiques sur les explosions de hublot de lave-linge. Si vous avez fait face à ce type d’incident, n’hésitez pas à nous rapporter votre témoignage, en nous détaillant la marque et le modèle de lave-linge, les circonstances ainsi que les conséquences de l’explosion.

Anne-Sophie Stamane

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20 mai 2016

Dispositifs anti-ondes

Dispositifs anti-ondes

La Répression des fraudes sanctionne

Argumentaire « ésotérique » basé sur des études « non reconnues officiellement », vocabulaire pseudo-scientifique « fantaisiste ou entièrement inventé »… La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) confirme ce que Que Choisir dénonçait en 2013 : les patchs, étuis ou vêtements censés protéger contre les ondes des portables « sont le plus souvent vendus sur des bases farfelues ».

dispositifs anti-ondes

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a mené son enquête en 2015. Elle s’est intéressée principalement aux sites Internet qui exploitent « l’anxiété des consommateurs » vis-à-vis des ondes des portables ou du Wi-Fi, pour vendre des dispositifs de protection censés être bénéfiques pour la santé. Les produits sont souvent chers. Comptez 59 € pour un étrange caleçon Belly Armor, 99 € pour un « galet anti-ondes » Abel Franklin ou 95 € pour un bandeau de protection du ventre destiné aux femmes enceintes.

La DGCCRF pointe « l’absence de reconnaissance scientifique des effets des équipements sur la santé ». Faute d’impact sanitaire avéré des ondes (même à très long terme, voir encadré), difficile de mesurer l’efficacité finale des protections. Les enquêteurs se sont bornés à vérifier les allégations des marchands sur un point intermédiaire : y a-t-il ou non réduction de l’exposition aux ondes ?

Une minorité de professionnels présentent des mesures de débit d’absorption spécifique (DAS) accrédités par des mesures en laboratoire, mais avec un paradoxe : « les tests portant sur le DAS ne rendent généralement pas compte de l’effet réel des dispositifs anti-ondes », qui peuvent dans certains cas augmenter « l’exposition aux radiofréquences au cours de l’utilisation des téléphones mobiles ». Comme le signal se dégrade, l’appareil augmente son niveau d’émission !

Quand les sites invoquent un effet mesurable des dispositifs sur un marqueur biologique quelconque, c’est sur la base d’études « non reconnues officiellement », « anciennes, et non actualisées », épicées d’un« vocabulaire fantaisiste ou entièrement inventé ». En un mot, du charlatanisme (1).

La DGCCRF a dressé trois procès-verbaux pour pratiques commerciales trompeuses, engagé une procédure d’injonction pour faire modifier la présentation d’un produit, et envoyé plusieurs avertissements à des sites. Elle a relevé par ailleurs « d’autres pratiques susceptibles de tromper les consommateurs sur leurs droits : non-respect des règles sur la vente à distance (droit de rétractation), clause abusive visant à réduire le droit à réparation du consommateur » et prévient qu’elle « continuera d’exercer sa vigilance » sur les marchands de dispositifs anti-ondes.

35 000 personnes suivies sur 30 ans, et pas de lien entre téléphone portable et tumeurs au cerveau

 

Un des ressorts les plus puissants de l’anxiété vis-à-vis des portables et du Wi-Fi est l’impact à long terme. Nous sommes tous exposés à leurs ondes depuis une décennie, sans effet apparent. Mais dans trente ans ? Une étude australienne publiée début mai 2016 apporte des éléments de réponse très rassurants. Elle porte sur les tumeurs au cerveau. Celles-ci sont considérées comme un indicateur clé, car c’est lors d’un appel que l’exposition aux ondes est maximale, très loin devant les antennes relais ou les box Wi-Fi.

 

L’équipe menée par le professeur Simon Chapman, de l’université de Sydney, a suivi 19 858 hommes et 14 222 femmes sur la période allant de 1982 à 2012, en croisant les questionnaires et les dossiers médicaux avec les données relatives à l’usage du portable en Australie, de 1987 à 2012. En 25 ans, le taux d’équipement est passé de 9 % à 90 % chez les plus de 20 ans. La fréquence des tumeurs au cerveau, quant à elle, a légèrement augmenté, mais la hausse démarre dès 1982 et elle concerne surtout les plus de 70 ans. L’introduction des portables n’a aucun effet sur la courbe des tumeurs au cerveau, qui est en fait sensible au vieillissement de la population et aux progrès du dépistage, relèvent les chercheurs. « Notre étude suit celles publiées aux États-Unis, en Angleterre, dans les pays scandinaves et en Nouvelle-Zélande, qui n’ont pas davantage validé l’hypothèse que le téléphone portable est une cause de tumeur au cerveau », conclut Simon Chapman.

(1) Il ne vient pas toujours d’entrepreneurs farfelus. Le groupe cosmétique Clarins avait lancé en 2007 Expertise 3P, un pseudo spray anti-ondes ! Il l’a retiré du marché sous le feu des critiques.

Erwan Seznec

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20 mai 2016

Insomnie (infographie)

Insomnie (infographie)

Une bonne nuit de sommeil se prépare toute la journée

Notre questionnaire sur votre sommeil montre que les problèmes de sommeil ont un gros impact sur la vie éveillée. Mais la réciproque est vraie : la qualité de vos nuits se prépare aussi en journée ! Voici les conseils sur 24 heures pour mieux dormir. Ils sont bien sûr valables pour tous, mais essentiels pour ceux qui souffrent d’insomnie qui doivent les respecter scrupuleusement.

infographie insomnie

À noter : Évidemment, les heures sont données à titre indicatif !

? Retrouvez les résultats de notre questionnaire sur le sommeil

? Retrouvez des astuces de lecteurs dans Que Choisir Santé de mai 2016 (no 105)

Perrine Vennetier avec Isabelle Bourcier

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20 mai 2016

Nouvelle adresse d’UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales

Dorénavant, si vous souhaitez nous rencontrer, nous faire part d’un litige…

Vous nous trouverez au 45 avenue Marcelin ALBERT à Perpignan (rond-point des baléares), (le point rouge sur le plan ci-dessous). Et également, bimensuellement, à Céret : Cliquez sur ce lien pour + d’information

Venez avec toutes les pièces justificatives relatives au litige que vous voulez nous soumettre, le lundi de 14h00 à 17h00 et du mardi au vendredi, de 9h00 à 12h00 et de 14h00 à 17h00.

indicateur-heures-ouverture

 

Pour information, l’étude de votre dossier ne pourra se faire que si vous êtes adhérent à l’association « UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales ».

19 mai 2016

Nous changeons d’adresse

Dorénavant, si vous souhaitez nous rencontrer, nous faire part d’un litige…

Vous nous trouverez au 45 avenue Marcelin ALBERT à Perpignan (rond-point des baléares), (le point rouge sur le plan ci-dessous). Et également, bimensuellement, à Céret : Cliquez sur ce lien pour + d’information

Venez avec toutes les pièces justificatives relatives au litige que vous voulez nous soumettre, le lundi de 14h00 à 17h00 et du mardi au vendredi, de 9h00 à 12h00 et de 14h00 à 17h00.

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Pour information, l’étude de votre dossier ne pourra se faire que si vous êtes adhérent à l’association « UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales ».

 

19 mai 2016

TNT HD et lecteurs-enregistreurs

Les solutions pour que ça marche !

Au regard du nombre important de courriers reçus par Que Choisir et des réponses pour le moins approximatives fournies par les distributeurs ou les fabricants, il paraît nécessaire de faire le point sur cette question : comment pouvoir continuer d’utiliser son lecteur-enregistreur sur un téléviseur équipé d’un adaptateur TNT HD ?

tnt-enregistreurs

Peut-on, oui ou non, continuer d’utiliser son  ?

Tout d’abord, pour clarifier la situation, et contrairement à ce qui a pu être dit à certains consommateurs, il est possible de continuer de se servir de son enregistreur DVD en l’équipant d’un décodeur TNT Mpeg4 (souvent appelé TNT HD dans le commerce). Cela passe cependant par le respect de certaines conditions.

  • Vous serez obligé d’utiliser une entrée analogique de votre enregistreur (1), en général l’entrée péritélévision et plus rarement l’entrée vidéo composite. En d’autres termes, cela signifie que vous allez perdre la qualité apportée par le numérique. Surtout, l’image enregistrée sera en définition standard (SD) et non en haute définition (HD).
  • La programmation des enregistrements devient un peu compliquée : il faut allumer à la fois le décodeur, l’enregistreur et le téléviseur. Sur ce dernier on choisira l’entrée correspondant à la connexion de l’enregistreur DVD (par exemple, HDMI1). Ensuite, il convient de programmer l’enregistrement des informations provenant de l’entrée péritélévision.

 

L’adaptateur TNT HD peut-il faire office de lecteur-enregistreur ?

Les décodeurs TNT permettent presque tous d’enregistrer les programmes sur une clé USB ou un disque dur externe. Il s’agit là d’une solution bien plus satisfaisante que d’équiper son enregistreur d’un décodeur TNT Mpeg4 (voir plus bas). En suivant cette voie, on enregistre en numérique et en HD. De plus, même si l’ergonomie de ces boîtiers n’est pas toujours parfaite, elle est souvent bien plus simple que celle offerte par des enregistreurs déjà anciens. C’est cette solution qui doit être privilégiée… même si elle vous oblige à mettre au rebut votre enregistreur DVD dont vous étiez, jusque-là, satisfait. Mais cet appareil pourra toujours vous servir à lire vos DVD.

 

Que dois-je faire pour pouvoir utiliser mon ancien enregistreur ?

Si malgré la complexité, vous souhaitez continuer d’utiliser votre ancien enregistreur, certains points doivent être précisés.

  • Vous devez placer en amont de votre enregistreur DVD un décodeur TNT Mpeg4. Ce dernier sera alimenté par le câble d’antenne et devra être relié à votre enregistreur DVD via un cordon péritel.
  • Si votre téléviseur doit aussi être équipé d’un décodeur TNT Mpeg4 et que vous souhaitiez pouvoir enregistrer d’autres programmes que ceux que vous regardez, il vous faudra impérativement choisir un décodeurTNT Mpeg4 double tuner.

 

Quelles vérifications s’imposent lorsque l’enregistrement reste impossible ?

Vous avez fait l’acquisition d’un décodeur TNT HD, vous l’avez relié à votre enregistreur DVD et celui-ci à votre téléviseur ? Tout semble avoir été effectué selon les règles. Pourtant, il est impossible de réaliser un enregistrement : seule la partie son est enregistrée ou encore l’image obtenue est en noir et blanc. Quelques vérifications s’imposent alors.

  • Il faut avoir choisi la bonne entrée péritélévision. Certains enregistreurs sont équipés de deux prises péritélévision, l’une étant une sortie, et l’autre une entrée. De fait, il convient de bien relier le décodeur à l’entrée et le téléviseur à la sortie.
  • La péritélévision doit être correctement configurée. Elle peut supporter deux signaux analogiques : le RVB (celui présentant la meilleure qualité) ou le signal vidéo composite. Il est impératif, pour que le décodeur puisse adresser son signal vidéo à l’enregistreur, que les deux prises péritélévision (celle du décodeur et celle de l’enregistreur) soient configurées de façon identique, les deux en RVB ou les deux en vidéo composite. Vérifiez dans les manuels respectifs des deux appareils comment vous en assurer, ce qui vous contraindra peut-être à modifier la configuration de ces prises péritel.

(1) Pour les enregistreurs qui en sont équipés, la connectique HDMI ne fonctionne qu’en sortie, par exemple pour alimenter un téléviseur, mais ne permet pas de recevoir des signaux extérieurs. Elle ne permet donc pas d’enregistrer une source extérieure.

Arnaud de Blauwe
Rédacteur technique : François Palemon

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17 mai 2016

Perturbateurs endocriniens

Des phtalates dans le matériel médical !

Des analyses conduites par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) sur du matériel médical de perfusion, de dialyse et d’alimentation par sonde ont montré la présence de DEHP là où il n’y aurait pas dû y en avoir. Le DEHP est un perturbateur endocrinien, utilisé pour assouplir le plastique.

materiel-medical-phtalates

Dans un contexte de chasse aux perturbateurs endocriniens, que ce soit dans les produits cosmétiques, les produits pour bébés ou dans tout autre domaine,  il est crucial que le matériel médical couramment utilisé dans les hôpitaux (poches de sang, tubulures, cathéters) soit au-dessus de tout soupçon. C’est pourquoi de nombreux fabricants se sont engagés à évincer de leurs plastiques le DEHP, un phtalate classé cancérigène, mutagène et reprotoxique. Leurs efforts sont manifestement insuffisants : des analyses commandées par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) montrent que du matériel de dialyse, d’alimentation par sonde gastrique ou de perfusion, indemnes de DEHP selon les dires de leurs fabricants, en contiennent en réalité une certaine quantité. Les 2/3 des dispositifs contrôlés étaient concernés, dont certains alléguaient même une composition « sans phtalate » ! 18 (sur 60) seulement étaient réellement dépourvus de phtalates.

Dans l’immédiat, l’ANSM n’a pas sanctionné les fabricants. Elle ne les a pas non plus  contraints à signaler explicitement la présence de DEHP, comme l’exige pourtant la règlementation européenne en vigueur depuis 2010. Seuls ceux qui affichaient la mention « sans phtalate » ou « phtalate free » ont dû l’enlever. Les taux détectés étant le plus souvent minimes, il est exclu que le DEHP ait été ajouté sciemment. La discussion a donc été privilégiée, pour repérer l’origine du DEHP retrouvé. Il semble que la contamination puisse provenir du processus de fabrication, ou des matériaux livrés par les fournisseurs.

L’enjeu n’est cependant pas minime, car le DEHP, utilisé pour assouplir le PVC, n’est pas solidaire du plastique. Il peut être relargué dans les substances avec lesquelles il est mis en contact. En l’occurrence le sang, les médicaments perfusés ou les liquides de nutrition.

Bon à savoir. La règlementation européenne impose depuis 2010 de signaler par un symbole la présence de phtalates dans les dispositifs médicaux. Si le matériel est destiné aux femmes enceintes et aux enfants, l’utilisation de phtalates doit être motivée et les risques pour les patients spécifiés. En France, depuis le 1er juillet 2015, les tubulures utilisées dans les services de néonatologie, de pédiatrie et maternité ne peuvent plus contenir de DEHP.

Anne-Sophie Stamane

17 mai 2016

Perturbateurs endocriniens

Des chercheurs dénoncent l’inertie

Alors qu’elle devait définir avant décembre 2013 les critères permettant d’identifier les perturbateurs endocriniens, première étape vers une réglementation plus protectrice des consommateurs, la Commission européenne freine des quatre fers sous l’influence de lobbies. Des chercheurs montrent que cette inertie n’est inspirée par aucune considération scientifique.

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La présence de perturbateurs endocriniens dans les produits que nous utilisons au quotidien, comme les produits cosmétiques, est un des défis majeurs concernant la santé publique. On aurait pu croire que l’Union européenne s’en était saisie notamment à travers la publication de deux règlements sur les pesticides et les biocides en 2009 et 2012. Pour appliquer les articles de ces lois concernant les perturbateurs endocriniens, la Commission devait définir avant décembre 2013 les critères permettant de les identifier. Au lieu de quoi, elle tergiverse à l’envi sous l’influence de divers lobbies, ce qui lui a même valu une condamnation en décembre 2015. Évocation de quatre options pour établir cette définition, annonce d’une étude d’impact qui permettrait de choisir entre les quatre… De quoi enterrer la question pour un moment.

Fait inhabituel, des chercheurs issus de divers pays européens et des États-Unis tapent du poing sur la table dans un article publié dans la revue scientifiqueEnvironmental Health Perspectives. En substance, ils expliquent que la façon dont l’Europe gère les substances cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction pourrait parfaitement être utilisée pour les perturbateurs endocriniens et qu’il n’y a aucune justification scientifique à différer encore les décisions alors que les critères pertinents ont été établis depuis longtemps par l’OMS (Organisation mondiale de la santé). En particulier, introduire un critère de « puissance », moyen habile de diminuer le nombre de substances considérées comme des perturbateurs endocriniens, n’est pas pertinent puisqu’il s’agit de composés pour lesquels le vieux précepte « c’est la dose qui fait le poison » n’est plus de mise. Surtout, les chercheurs estiment qu’une étude d’impact n’a rien à voir avec la définition de critères scientifiques : à leurs yeux comme aux yeux de nombreux observateurs, elle n’est qu’un prétexte pour soumettre la science à des considérations politiques et économiques et différer l’application des directives sur les pesticides et les biocides. Ce retard est d’autant plus inquiétant que définir les perturbateurs endocriniens n’est que la première étape vers l’établissement d’une liste et la protection de la santé publique, concluent-ils.

Définition

Les perturbateurs endocriniens ont été définis par l’Organisation mondiale de la santé en 2002 comme des substances exogènes (ou des mélanges de substances) qui altèrent le système endocrinien (hormonal) et, en conséquence, induisent des effets délétères sur l’organisme d’un individu ou sa descendance ou sur des groupes de population. Les perturbateurs endocriniens ont ceci de particulier qu’on n’observe pas de relation dose-réponse : une faible dose peut avoir davantage d’effets qu’une plus élevée. Il est donc impossible de fixer un seuil en deçà duquel une  substance serait inoffensive.

Des médecins lancent une campagne de prévention

 L’association Alerte des médecins sur les pesticides (AMLP) vient de lancer une campagne intitulée « Perturbateurs endocriniens : protégeons les femmes enceintes et leurs bébés ». L’idée est de sensibiliser les (futurs) parents de jeunes enfants à la présence des perturbateurs endocriniens au quotidien, que ce soit dans les récipients en plastique, les cosmétiques, les produits d’entretien, les meubles ou la peinture. Une brochure donne des conseils pour les éviter. A-S. S.

 Fabienne Maleysson
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17 mai 2016

Imagerie médicale

De fortes inégalités géographiques

L’imagerie médicale (IRM, scanners) se situe au cœur du diagnostic et du suivi thérapeutique, mais tous les Français n’en profitent pas de manière égalitaire, pointe la Cour des comptes dans un rapport rendu public le 11 mai. En 2015, le délai moyen d’obtention d’un rendez-vous d’IRM était ainsi de 19,7 jours en Île-de-France, contre 61,2 jours en Alsace.

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L’imagerie médicale est une discipline structurante du système de soins : sa bonne organisation conditionne pour partie la qualité de prise en charge des patients, en ville comme en établissements de santé. Or, selon la Cour des comptes, l’offre française est aujourd’hui particulièrement « mal organisée ».

Cela entraîne « de fortes inégalités » dans la répartition de l’offre, note la Cour dans ce rapport demandé par la commission des affaires sociales du Sénat. Elle remarque ainsi que le taux d’équipement varie d’un département à l’autre « sans lien explicite avec des besoins de santé, au demeurant mal cernés ». Les délais d’attente pour l’accès à ces équipements, dont la mesure n’est pas systématiquement effectuée par les agences régionales de santé, « restent variables suivant les régions, sans qu’ils soient systématiquement corrélés au niveau d’équipement ».

Citant l’étude annuelle réalisée pour l’association Imagerie santé avenir (ISA) par le cabinet CemkaEval, la Cour note que sur la période 2004-2015, le délai moyen d’obtention d’un rendez-vous d’IRM s’est réduit de près de 6 jours (-16 %), passant de 36 jours à 30,3 jours. Mais cette tendance baissière s’est infléchie ces dernières années, le délai augmentant de plus de 8,6 jours entre 2012 et 2014.

Ce délai moyen est par ailleurs fortement variable d’une région à l’autre : une vingtaine de jours en Île-de-France, Haute-Normandie, Limousin et Nord-Pas-de-Calais, contre une soixantaine en Bretagne, en Pays-de-la-Loire et dans la région Centre. Le plus long délai moyen en 2015 est de 61,2 jours en Alsace.

Alors que la France était très en retard en matière d’équipements lourds par rapport aux autres pays de l’OCDE, un « effort récent de rattrapage » a été entrepris, mais il reste « en deçà des objectifs fixés ». En tout état de cause, « il n’existe pas de corrélation automatique entre délai d’attente et taux d’équipement », rappelle la cour, qui pointe surtout des problèmes de ressources humaines.

Les « lourdeurs de fonctionnement » de l’hôpital et le différentiel de rémunération entre le public et le privé incitent en effet les radiologues à s’installer en libéral. Un quart seulement des 8 500 radiologues français travaillent à l’hôpital. De plus,« leur répartition géographique est très inégale, les médecins radiologues libéraux étant proportionnellement plus nombreux dans les régions méridionales et à Paris, et les praticiens hospitaliers relativement concentrés en CHU/CHR ».

Autre problème relevé par la Cour : les équipements de radiographie conventionnelle et d’échographie « ne font l’objet d’aucun recensement ».

 

Plusieurs leviers à activer

Après ce constat sévère, la Cour des comptes fait une série de recommandations pour « adapter les besoins aux moyens ». Elle propose de « favoriser l’innovation en dégageant des marges sur l’efficience des actes », de « réorganiser l’offre autour de mutualisations renforcées » et de « revaloriser l’exercice de l’imagerie hospitalière ».

La définition de bonnes pratiques, la mutualisation des équipements et la mise en place de plateformes d’échanges des images médicales doivent permettre d’éviter les actes inutiles ou répétés de façon injustifiée. Une réflexion sur les honoraires est également souhaitée, ainsi que des baisses des forfaits techniques afin de« prendre en compte et stimuler les gains de productivité ». La Cour des comptes appelle aussi à une revalorisation de l’exercice de la radiologie à l’hôpital, notamment le développement « dans des conditions encadrées » de l’exercice mixte libéral et hospitalier.

Morgan Bourven

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17 mai 2016

Assurance emprunteur

Les juges en plein désaccord !

Un point pour les banques, un pour les consommateurs. La Cour de cassation et la cour d’appel de Douai viennent de rendre deux décisions contraires concernant la liberté de choisir ou non son assurance en cas de souscription d’un prêt immobilier. Malgré plusieurs lois, c’est toujours le flou qui règne.

assurance emprunteur

La messe est loin d’être dite… Alors que les banquiers renâclent toujours à ouvrir le marché de l’assurance emprunteur à la concurrence, ils ont reçu un appui juridique de taille avec le dernier arrêt de la première chambre civile de la Cour de cassation du 9 mars 2016. Mais à l’inverse, les consommateurs viennent de voir le droit de choisir librement leur assureur consacré par un troisième arrêt de la cour d’appel de Douai du 4 mai 2016, postérieur à celui de la Cour de cassation.

L’enjeu est de taille : il s’agit de savoir si les emprunteurs peuvent souscrire une assurance emprunteur différente de celle proposée par la banque, à un taux plus avantageux bien sûr. Pour ces derniers, l’économie est conséquente, elle est estimée, dans sa globalité, à plusieurs milliards d’euros.

Face à ce constat, le législateur a par deux fois pris l’initiative. D’abord avec la loi Lagarde de 2010 qui a donné la possibilité aux emprunteurs de substituer le contrat d’un autre assureur présentant des garanties équivalentes. Un décret a même détaillé ce qu’il fallait entendre par « garanties équivalentes » afin que les banques ne puissent retoquer le contrat proposé parce qu’il ne serait pas aussi protecteur que le premier. Et ensuite avec la loi Hamon (2014) qui permet aux emprunteurs immobiliers de bénéficier d’un délai d’un an à compter de la signature de l’offre de prêt pour résilier l’assurance qu’ils ont souscrite auprès de la banque.

Or malgré tout cet arsenal juridique, la Cour de cassation vient, contre l’avis même de son avocat général, de se positionner du côté des banques. La Cour estime que le droit de résiliation posé par le code des assurances n’est pas expressément prévu dans le code de la consommation. Et donc, ne s’applique pas aux consommateurs ! Étrange raisonnement, comme l’ont relevé plusieurs professeurs de droit, que d’utiliser des règles plus protectrices pour réduire les droits de celui qui doit être défendu.

Mais l’affaire n’est pas close. Quelques semaines plus tard, la cour d’appel de Douai s’affranchit de la décision de la haute Cour pour, au contraire, réaffirmer le droit de résiliation de l’assurance emprunteur initiale et de substitution par un autre contrat de son choix. En l’espèce, elle reconnaît le droit à des emprunteurs (d’une banque rachetée depuis par le CIC Nord-Ouest) qui ont souscrit auprès d’ACM Vie une assurance emprunteur en mars 2007 de résilier le contrat d’assurance-groupe et de le remplacer par une assurance auprès de la Macif. Reste maintenant à savoir comment vont réagir les cours d’appel et tous les tribunaux de première instance saisis de litiges de même nature. Plusieurs d’entre eux (notamment la cour d’appel de Bordeaux et le TGI de Valence), avaient déjà tranché en faveur du consommateur. La balle est dans leur camp.

Élisa Oudin

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12 mai 2016

Étiquetage nutritionnel

Un test grandeur nature

Pour permettre aux consommateurs de choisir les produits alimentaires les plus favorables à la santé, une représentation graphique simple de leur qualité nutritionnelle devrait faire son apparition sur les emballages. Mais plusieurs systèmes sont en concurrence. Avant de donner son aval à l’un d’entre eux, le ministère de la Santé s’apprête à lancer une évaluation en conditions réelles dans les magasins.

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Choisir les produits alimentaires les plus favorables à notre santé n’a jamais été aussi complexe. Offre pléthorique, promesses publicitaires à cent lieues de la réalité, références  a priori semblables qui cachent des différences de taille : le casse-tête est permanent comme nous l’avons démontré à plusieurs reprises.

Pour permettre aux consommateurs un choix rapide et éclairé, la loi de santé publique votée en janvier dernier a prévu la mise en place d’un système d’étiquetage nutritionnel simplifié, « une présentation complémentaire au moyen de graphiques ou de symboles », dit le texte. Ce système sera facultatif (la réglementation européenne ne permet pas de le rendre obligatoire) mais unifié : pas question de voir cohabiter différents types de logos au risque d’ajouter à la confusion.

Or plusieurs systèmes concurrents sont en lice. Celui proposé par Serge Hercberg, président du Programme national nutrition santé (PNNS), a les faveurs de nombreux scientifiques. Notre calculateur, qui vous permet de connaître en un clin d’œil la qualité nutritionnelle des produits que vous achetez, applique ce code à cinq couleurs. Un autre système, proposé par la Fédération du commerce et de la distribution, qui regroupe la plupart des grandes enseignes, est également basé sur un code couleur, mais accompagné d’indications de fréquences. Le ministère de la Santé a annoncé hier vouloir tester en conditions réelles ces deux propositions (« Nutri-Score » et « Sens » – voir les visuels ci-dessous), ainsi que deux solutions plus descriptives (Nutri-Repère » et « Traffic Lights – feux tricolores »).

Dès septembre, cinq groupes de dix magasins participeront à l’évaluation : dans quatre d’entre eux, plusieurs rayons verront l’intégralité de leurs produits ornés des visuels de l’un des quatre systèmes concurrents, le cinquième groupe de magasins servant de témoin. Il s’agira de mesurer si l’une des propositions permet d’influer sur les actes d’achat dans le sens d’une meilleure qualité nutritionnelle. Les résultats sont attendus en décembre et le ministère décidera début 2017 du système qu’il agrée.

À l’évidence, les tableaux de chiffres (systèmes « Nutri-Repère » et « Traffic Lights »), d’ailleurs déjà présents sur de nombreux emballages, ne permettent pas au consommateur de faire son  choix de façon simple et rapide. Tout se jouera donc entre les propositions « Nutri-Score » et « Sens ». La durée d’expérimentation de trois mois semble cependant très courte pour observer des modifications dans des habitudes de consommation parfois ancrées depuis des années. Espérons que les sondages opérés en magasins permettent d’affiner l’évaluation et d’aboutir enfin à une décision.

etiquetage nutritionnel

Fabienne Maleysson avec Olivier Andrault

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11 mai 2016

Jardiner sans pesticides

Le purin d’ortie sauvé

Le décret tant attendu sur les préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP), dont fait partie le purin d’ortie, est paru. Mais nombre d’alternatives aux pesticides attendent encore leur tour d’être reconnues comme des biostimulants.
purin ortie

Le décret qui considère les préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP)comme des biostimulants et non plus comme des produits phytosanitaires soumis à une lourde procédure d’homologation est enfin paru. Il était temps. C’est l’épilogue d’un long combat qui a opposé les industriels de l’agrochimie aux partisans de l’agriculture bio et du jardinage sans pesticides. Il y a 10 ans, les substances naturelles avaient pourtant remporté une première manche. La loi sur l’eau de 2006 les avait exclues de la catégorie des pesticides, elles pouvaient être utilisées sans présenter de dossier d’autorisation de mise sur le marché.

Mais aussitôt, les lobbies industriels se sont mobilisés. En 2010, le ministre de l’Agriculture d’alors leur donne satisfaction. Un décret réintègre les PNPP aux pesticides et les soumet aux mêmes procédures d’homologation qu’eux. Du vinaigre blanc à l’huile de neem en passant par les décoctions de gousses d’ail, l’argile, les purins de plantes et tant d’autres, des remèdes connus et utilisés depuis longtemps deviennent subitement hors la loi.

Heureusement, la loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt portée par Stéphane Le Foll et adoptée en octobre 2014 rectifie le tir. Elle retire les préparations naturelles peu préoccupantes de la liste des produits phytosanitaires. Son article 50 les classe dans les biostimulants. Et le décret d’application qui vient de paraître précise que pour être autorisées, ces substances naturelles à usage biostimulant doivent être inscrites sur une liste publiée par arrêté du ministre de l’Agriculture.

« Ce décret est parfait, on n’a rien à redire, commente Jean-François Lyphout, le président de l’association pour la promotion des préparations naturelles peu préoccupantes. Tout le problème, c’est la liste de son arrêté. On avait proposé 800 plantes, l’arrêté n’en retient qu’une centaine. Certes l’ortie et l’ail y figurent, mais il y manque des traitements aussi connus que les fougères, les purins de prêle et de consoude, et bien d’autres. Seule une minorité d’alternatives non toxiques aux pesticides est autorisée, c’est très insuffisant. »

Il faut dire que pour compléter la liste, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) doit évaluer l’absence d’effet nocif sur la santé et l’environnement de chaque substance. Ce qui peut prendre du temps, y compris pour des remèdes ancestraux !

Élisabeth Chesnais

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10 mai 2016

Assurance vie non réclamée

Encore des efforts à faire

Après s’être préoccupée depuis plusieurs années des contrats d’assurance vie en déshérence, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a adressé un satisfecit au secteur, dans un rapport remis au Parlement le 29 avril. Mais les efforts doivent se poursuivre : si 1,9 milliard d’euros de capitaux en déshérence ont été réglés en 2015, il reste encore au moins 5,4 milliards d’euros à verser aux bénéficiaires.

assurance vie

« La situation apparaît désormais encourageante chez beaucoup d’assureurs ». Ce diagnostic dressé par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) dans son rapport remis le 29 avril sur la situation des contrats d’assurance vie en déshérence montre les progrès accomplis depuis trois ans. Le 17 octobre 2013, ce même organisme dénonçait en effet « des situations honteuses et scandaleuses ».
Depuis sa création en 2010, l’ACPR n’a eu de cesse de tenter de mettre au pas les compagnies d’assurance vie. Depuis 2011, elle a contrôlé 28 organismes représentant 90 % de parts de marché. Quatre sanctions ont été prononcées en 2014 et 2015, pour un montant cumulé de 103 millions d’euros : une sanction de 10 millions d’euros a été prononcée à l’encontre de Cardif Assurance Vie en avril 2014, puis une de 40 millions d’euros à l’encontre de CNP Assurances en octobre de la même année, 50 millions à l’encontre d’Allianz Vie en décembre et 3 millions à l’encontre de Groupama Gan Vie en juin 2015. Les décisions prononcées à l’encontre de CNP Assurances et d’Allianz Vie correspondent à ce jour « aux deux plus lourdes sanctions prononcées en France par une autorité administrative indépendante de contrôle du secteur financier », souligne l’ACPR.

Ces quatre sanctions, dont aucune n’a fait l’objet de recours de la part des assureurs, « ont eu une valeur dissuasive » pour le marché, se félicite l’autorité.

Les assureurs ont considérablement renforcé leurs moyens matériels et humains dédiés à l’identification des stocks des contrats en déshérence et à leur règlement rapide aux bénéficiaires. Le nombre d’ETP (emplois équivalent temps plein) affectés à ces objectifs est passé de 200 en 2008 à 700 en 2014… et 2 100 en 2015 ! Une société, dont le nom n’est pas cité, a ainsi recruté à elle seule 600 ETP pour traiter les dossiers en déshérence.

Conséquence : en 2015, 1,9 milliard d’euros ont été reversés par les assureurs aux bénéficiaires de ces contrats. « C’est autant de pouvoir d’achat qui a été rendu aux Français », se sont félicités le ministre des Finances et des Comptes publics Michel Sapin et le secrétaire d’État chargé du Budget Christian Eckert, le 2 mai dans un communiqué.

Les efforts consentis par les organismes pour mieux identifier les contrats en déshérence ont aussi conduit à une importante réévaluation de leur valeur : alors que le recensement des capitaux n’est pas encore achevé, il est déjà possible d’estimer à environ 5,4 milliards d’euros, au 31 décembre 2015, les capitaux décès et termes qui restent encore à régler par les 28 assureurs vie suivis par l’ACPR.

S’y ajoute une estimation des capitaux constitutifs de droits non exercés au titre des contrats de retraite supplémentaire souscrits dans le cadre de l’entreprise, qui atteindrait de 3 à 7 milliards d’euros, selon que l’on prend comme hypothèse d’âge de départ à la retraite 65 ans ou 62 ans.

La situation est donc encore loin d’être totalement régularisée. L’ACPR a plusieurs années de veille en perspective, afin de s’assurer de la pérennisation des dispositifs de traitement des contrats et du règlement effectif des contrats dénoués aux bénéficiaires.

Morgan Bourven

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10 mai 2016

L’actu en liste, le numéro 8 de 2016

Notre dernier communiqué de presse sur la garantie légale de conformité

garantie

Passage effectif à 2 ans de garantie légale de conformité (l’étude en pièce jointe)

Information en panne chez les distributeurs

Entrée en vigueur le 18 mars 2016, l’extension à 2 ans (au lieu de 6 mois) de la durée de présomption de             …Lire la suite

L’actu en liste, le numéro 8

étiquetage-nutritionnel

Étiquetage nutritionnel. Un test grandeur nature

Pour permettre aux consommateurs de choisir les produits alimentaires les plus favorables à la santé, une représentation graphique simple de leur qualité           …Lire la suite

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Jardiner sans pesticides. Le purin d’ortie sauvé

Le décret tant attendu sur les préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP)           …Lire la suite

 assurances-vie-non-reclammees

Assurance vie non réclamée. Encore des efforts à faire

Après s’être préoccupée depuis plusieurs années des contrats d’assurance vie en déshérence,          …Lire la suite

 HDR-UHD Premium-Dolby Vision

Téléviseurs. À quoi servent le HDR, l’UHD Premium et le Dolby Vision ? 

L’Euro de foot organisé en France est une aubaine pour l’industrie du téléviseur. Un tel événement engendre généralement une augmentation des ventes.          …Lire la suite

 fibre-optique

Fibre optique. Vraie fibre VS fausse fibre

L’utilisation du mot « fibre » dans les publicités des fournisseurs d’accès à Internet est désormais encadrée. De quoi rendre plus transparente            …Lire la suite

eta

État des routes (infographie). Vous et les routes françaises

Notre enquête sur le réseau routier français auprès de 3 182 lecteurs apporte des résultats très mitigés. Si les autoroutes sont plébiscitées pour leur sécurité (état, qualité et entretien de la chaussée),
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gaz-abonnement

Facture de gaz. Vérifiez votre abonnement

Des usagers du gaz découvrent qu’ils paient un abonnement B1 de 233 € au lieu du B0 à 89 € par an qui convient à leur niveau de consommation. À la clé, un surcoût systématique sur la facture de gaz.

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Faillite des centres dentaires Dentexia. Des patients sur les dents

La liquidation judiciaire des centres dentaires Dentexia, implantés dans les agglomérations de Chalon, Lyon, Paris et Marseille, a plongé dans le désarroi des milliers de patients ayant avancé jusqu’à 20 000 euros           …Lire la suite

nouveaux-anticancereux

Nouveaux anticancéreux. Les prix donnent la nausée

Après les médecins hospitaliers, c’est au tour de la Ligue contre le cancer de s’élever contre la flambée des prix des médicaments anticancéreux les plus récents. Une pétition a été lancée.

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passage-tnt-hd

Passage à la TNT HD. Quelques problèmes signalés

Depuis le 5 avril dernier, la diffusion par voie hertzienne (antenne râteau) des chaînes de la TNT (télévision numérique terrestre) n’obéit plus qu’à un seul mode de compression

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medicaments-en-ligne

Médicaments en ligne. La règlementation française toujours en chantier

Après l’annulation en 2015 par le Conseil d’État de l’arrêté de « bonnes pratiques » précisant les règles du commerce de médicaments en ligne,   …Lire la suite

dormir

Sommeil (infographie). Vous, vos problèmes de sommeil et vos solutions

Comment dormez-vous ? Vous avez été nombreux, 3 884 lecteurs, à répondre à notre question naire.  Seulement 21 % des répondants ont indiqué n’avoir pas        …Lire la suite 

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Tablettes hybrides. Galaxy TabPro S vs Surface Pro 4

Samsung ne vend plus de PC portables en Europe, mais il croit manifestement au potentiel des tablettes hybrides pour les remplacer.     …Lire la suite

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Campagne « 100 % remboursés » de Conforama. Une offre 100 % compliquée

Pour mieux attirer les clients, Conforama lance une grande campagne « 100 % remboursés » sur certains de ses produits.

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emballages

Huiles minérales toxiques. Les lentilles corail d’Auchan pointées du doigt

L’ONG Foodwatch a saisi la préfecture du Nord, où se situe le siège social du Groupe Auchan, afin de demander le rappel de lentilles corail       …Lire la suite

10 mai 2016

Téléviseurs

À quoi servent le HDR, l’UHD Premium et le Dolby Vision ?

L’Euro de foot organisé en France est une aubaine pour l’industrie du téléviseur. Un tel événement engendre généralement une augmentation des ventes. L’occasion pour les fabricants et distributeurs de mettre en avant les dernières innovations technologiques, installées sur les appareils les plus récents et les plus haut de gamme. Décryptage du HDR, de l’UHD Premium et du Dolby Vision.

tv hdr uhd dolby

En rayon, c’est vers eux que convergent les yeux des consommateurs. Les téléviseurs haut de gamme astucieusement exposés et qui donnent envie. Parés des dernières innovations technologiques, ils se remarquent par la taille de leur écran (plus de 1,20 mètre). Mais au regard de leurs prix qui, c’est fort probable, baisseront sensiblement d’ici à quelques mois, ces produits restent inaccessibles pour une majorité de clients.

Ces appareils sont toutefois porteurs des technologies qui ne manqueront pas, à plus ou moins long terme, de s’appliquer à une majorité d’écrans. Ce fut le cas du Full HD, de la télé connectée ou encore de l’UHD (ultra haute définition) : réservées au départ à l’élite des téléviseurs, ces caractéristiques sont désormais devenues très communes.

De fait, les appellations qui fleurissent actuellement sur les écrans les plus récents, de taille XXL et encore chers (en général, au-dessus de 1 500 € et jusqu’à 3 000 €), méritent d’être décryptés. D’autant que les fabricants et les vendeurs vont profiter de l’Euro de foot, événement propice aux ventes de téléviseurs, pour les mettre en avant.

 

HDR

Le principe du HDR (High Dynamic Range) ? Il consiste à coder les informations de luminosité et de couleur sur un nombre plus élevé de niveaux de quantification (bits) pour offrir une plus grande dynamique. À l’arrivée, une image très détaillée dans les fortes comme dans les faibles luminosités, pouvant même donner l’impression qu’elle est parfois « irréelle ». Quelques films commencent à être tournés en HDR et les premiers lecteurs UHD (de 500 à 800 €) mis en rayons sont capables de les lire. Mais pour bénéficier à plein du HDR, il faut que toute la chaîne le soit, du contenu (encore très rare !) jusqu’au téléviseur.

 

UHD Premium

Les grandes marques du secteur (LG, Sony, Samsung, Philips, Panasonic…) se sont entendues autour d’un cahier des charges définissant la certification « UHD Premium ». Le téléviseur :

  • affiche une résolution de 3 840 x 2 160 pixels ;
  • adopte une palette de couleurs répondant à certaines exigences (BT 2020 de l’Union européenne de radiotélévision ou 90 % de la palette P3 de Digital Cinéma) ;
  • combine des pics de luminosité et de niveaux de noir correspondant à un ratio défini (au choix, de plus de 1 000/0,05 ou de plus de 540/0,0005) ;
  • offre un contraste HDR à diverses normes (SMPTE ST2084 EOTF).

 

Dolby Vision

La marque Dolby s’est surtout fait connaître pour ses « prestations » liées au son. Elle s’attaque désormais à l’image avec Dolby Vision. Peu ou prou, cette certification reprend les conditions de… l’UHD Premium (voir ci-dessus). On retrouve déjà cette appellation sur les modèles OLED de LG.

 

Appellations : les fabricants entretiennent le flou

 

Pour présenter l’une des grandes tendances du moment – une image encore plus haute définition que l’UHD (ultra haute définition) pourtant récente ! – nous avons tourné une vidéo qui met en scène le Sony KD 55 XD 93, l’un des récents modèles haut de gamme de la marque (55″, soit 140 cm). Notre choix, subjectif, s’est porté sur cette référence Sony, vendue autour de 2 500 € avec la mention « 4K HDR ».

Pour illustrer ce qu’une telle mention sous-entend, nous aurions pu nous tourner vers d’autres fabricants. Adoptée par plusieurs d’entre eux, la combinaison de l’UHD, du HDR et des diodes Quantum dot (nano-structures qui assurent le rétroéclairage à la place des LED) permet d’obtenir une qualité d’image qui peut, c’est vrai, être exceptionnelle… à condition que les contenus adressés au téléviseur soient adaptés. Problème : les images tournées en UHD restent très rares. Certes, des films vendus avec cette mention sont disponibles. Mais il s’agit, le plus fréquemment, de séquences tournées en Full HD qui ont été « upscallées » (converties/adaptées) en UHD. Un flou que les fabricants se plaisent d’ailleurs à entretenir ! Outre la « 4K HDR » de Sony, il faut également compter avec le « Super UHD » de LG et le « SUHD » de Samsung, sans que l’on sache d’ailleurs si le « S » s’entend comme « super » ou comme étant la première lettre de la marque. Bref, chacun y va de son sigle qui couvre, à quelques nuances près, les mêmes caractéristiques d’image. De quoi perdre un peu plus encore le consommateur, déjà un peu noyé par des considérations trop pointues et parfois survendues des industriels du téléviseur.

Arnaud de Blauwe
Rédacteur technique : François Palemon

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8 mai 2016

Fibre optique

Vraie fibre VS fausse fibre

L’utilisation du mot « fibre » dans les publicités des fournisseurs d’accès à Internet est désormais encadrée. De quoi rendre plus transparente l’information délivrée aux consommateurs.

fibre optique

Fini la confusion entre fibre et câble ! Le gouvernement a tranché (JO du 25/3/16). À compter du 1er juin, les publicités des opérateurs devront faire clairement le distinguo entre la « vraie » fibre et la « fausse ». L’utilisation du mot « fibre » (qui désigne le très haut débit dans le langage commun) doit désormais répondre à des exigences précises, notamment un raccordement en fibre optique de bout en bout, jusqu’à l’intérieur du logement. Seul le FITH (« fiber to the home », ou « fibre jusqu’au logement »), déployé par Orange et Free, a donc droit à l’appellation « fibre » et pas le FTTB (« fiber to the building », ou « fibre jusqu’à l’immeuble »), développé par SFR et Numericable, qui permet de tirer la fibre optique jusqu’au bas de l’immeuble, le raccordement étant ensuite réalisé dans les étages avec un câble coaxial.

L’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) a montré qu’il y avait une vraie différence en termes de vitesse de téléchargement et d’envoi de fichiers selon la technologie employée. Les opérateurs ont jusqu’au 1er janvier 2017 pour modifier en conséquence leurs documents commerciaux.

Numericable-SFR, grand perdant dans cette affaire, a fait savoir qu’il entendait exercer un recours contre cet arrêté.

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7 mai 2016

Passage effectif à 2 ans de garantie légale de conformité (l’étude en pièce jointe)

Information en panne chez les distributeurs

Entrée en vigueur le 18 mars 2016, l’extension à 2 ans (au lieu de 6 mois) de la durée de présomption de conformité1 , conformément à la Loi consommation de 2014, constitue un véritable progrès consumériste et environnemental. L’UFC – Que Choisir a mené l’enquête, en magasin et en ligne, pour vérifier la bonne information des consommateurs sur cette avancée. La déconvenue est de mise tant les résultats sont affligeants : trop de distributeurs taisent cette nouvelle protection pour promouvoir à la place leurs garanties commerciales souvent payantes2.

 

Des garanties commerciales promues par les enseignes au détriment de la garantie légale

Lors d’une vente, le professionnel a l’obligation d’informer le consommateur de l’existence et des modalités d’application de la garantie légale. Or, notre enquête menée dans 163 magasins par les bénévoles du réseau environnement de l’UFC-Que Choisir et l’analyse de 13 sites de vente en ligne3 révèlent que les garanties contractuelles sont bien davantage promues par les vendeurs (64% pour les garanties commerciales et 68% pour les extensions de garantie) que la garantie légale gratuite (57%). Comment s’en étonner, alors que les extensions de garantie payantes sont particulièrement lucratives pour les distributeurs ?

Et quand les vendeurs évoquent la garantie légale, l’information donnée laisse souvent à désirer. En effet, s’agissant des modalités d’application de la garantie légale, comme par exemple l’interlocuteur privilégié en cas de panne, les informations du vendeur sont erronées dans 12% des cas, quand ce dernier ne les omet tout simplement pas (27%).

La situation est comparable sur les sites de vente en ligne qui font quasi-exclusivement la promotion de la garantie commerciale (9 sites sur 134) et de l’extension de garantie (7 sites sur 13) plutôt que de la garantie légale qui se retrouve simplement mentionnée dans les conditions générales de vente du site, loin des regards des acheteurs.

 

L’explosion des prix annoncée par les Cassandre n’a pas eu lieu

Au moment des débats parlementaires sur la loi Hamon, le principal argument avancé par les opposants était l’effet inflationniste sur les prix finaux qui découlerait d’une augmentation du délai de présomption. Or, notre analyse de l’évolution indicielle des prix, sur 8 mois et sur 3 gammes de produits5 (plus de 3200 produits étudiés) souligne que suite à l’entrée en vigueur de la réforme (le 18 mars 2016) les prix sont restés stables.

L’association a par ailleurs estimé les conséquences pour le consommateur d’une perspective d’augmentation de la durée de garantie à 5 ans. Nos travaux montrent que le coût d’une telle mesure resterait modéré (augmentation entre 1% et 3% du prix de vente pour l’électroménager) au regard du tarif des extensions de garantie proposées par les distributeurs (qui peuvent atteindre 30% du prix du bien) et des bénéfices que le consommateur et l’environnement en retireraient (diminution du coût de renouvellement, de la quantité des déchets).

Dans la continuité de ses combats sur le renforcement de la garantie légale, et face aux carences des conseils d’une distribution qui ne joue pas le jeu, l’UFC-Que-Choisir :

 

  • Appelle la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) de renforcer ses contrôles et, sur la base de ces constats, demande au Ministère chargé de la Consommation de réviser le décret d’application afin d’expliciter les modalités d’information précontractuelle des consommateurs.
  • Appelle les pouvoirs publics à lancer rapidement une étude coût-bénéfice sur les possibilités d’une évolution de la garantie, permettant de concilier les objectifs de durabilité des produits et le maintien du pouvoir d’achat des ménages.

 

Retrouver notre Question-Réponse ainsi que les lettres type sur la garantie légale de conformité : http://www.quechoisir.org/equipement-de-la-maison/electromenager/decryptage-garantie-legale-deconformite-vos-questions-nos-reponses

 

1 Le défaut est présumé exister au moment de la délivrance, sauf preuve contraire apporté par le vendeur.

2 Sur les garanties commerciales seules les extensions de garantie sont payantes

3 Relevés effectués dans les magasins Darty, Boulanger, Cdiscount, Auchan, Rue du commerce, Ubaldi, Mistergooddeal, Conforama, But, Amazon, Leroy Merlin, Fnac et Castorama le vendredi 22 avril 2016

4 Dans les 4 sites restant l’information est absente de la page de présentation du produit

5 Analyse des prix (réfrigérateur, lave-linge, machine expresso), entre le 4 septembre 2015 et le 15 avril 2016 de 3248 références sur les sites de vente en ligne (hors place de marché)

 

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7 mai 2016

État des routes (infographie)

Vous et les routes françaises

Notre enquête sur le réseau routier français auprès de 3 182 lecteurs apporte des résultats très mitigés. Si les autoroutes sont plébiscitées pour leur sécurité (état, qualité et entretien de la chaussée), les routes communales et départementales sont beaucoup plus décriées par les automobilistes.

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L’état des routes

Notre enquête a mis en évidence un fort sentiment de dégradation du réseau routier français : 65 % des automobilistes estiment que l’état des routes s’est détérioré ces dernières années et 25 % ne se sentent pas en sécurité sur les routes. Les automobilistes considèrent que le réseau secondaire est celui qui a le plus souffert au cours de ces dernières années (1 841 citations). Ce sont ensuite les autres routes (départementales, communales…) qui sont citées avec 1 349 réponses. Les routes urbaines ou extra-urbaines ne sont pas en reste, avec 1 028 citations. 954 conducteurs jugent même que le réseau principal s’est dégradé depuis quelques années. A contrario, les rocades ou boulevards périphériques ainsi que le réseau autoroutier sont nettement moins pointés du doigt avec respectivement 387 et 218 citations.

 

Des axes d’amélioration populaires…

Selon les réponses recueillies, les axes d’amélioration de la sécurité routière passent en premier lieu par l’amélioration du réseau lui-même et des conditions de circulation. Ainsi, les automobilistes pensent respectivement à 95 % et à 94 % qu’améliorer l’entretien de la chaussée et la visibilité du marquage au sol aurait un impact positif sur la sécurité routière. De même, 89 % souhaitent une amélioration de la lisibilité des panneaux. Ensuite, seuls 77 % pensent que le fait de suivre des séances de révision du code de la route serait bénéfique pour la sécurité routière. Ils ne sont que 73 % à le penser pour l’instauration de visites médicales obligatoires au-delà d’un certain âge.

 

… et moins populaires

D’autre part, à peine un peu plus d’un conducteur sur deux (56 %) se dit favorable à la diminution du taux d’alcoolémie autorisé au volant (passage de 0,5 g à 0,2 g) et seulement 44 % des personnes interrogées pensent qu’un système automatique de limitation de la vitesse améliorerait la sécurité routière. Ils sont par contre 83 % à être opposés à la diminution de la vitesse autorisée sur le réseau principal (de 90 km/h à 80 km/h) et 87 % à être contre une réduction de 130 km/h à 110 km/h sur les autoroutes.

 

Un comportement contradictoire sur la route

Les deux attitudes avec lesquelles les conducteurs de notre étude sont le plus en phase sont la prudence et l’entretien régulier du véhicule. Ils représentent respectivement 98 % et 97 % des réponses. Pourtant, les réponses sur le premier item apportent leur lot de contradictions. En effet, si la quasi-totalité des automobilistes ayant répondu s’estiment prudents sur la route, ils sont également 97 % à rencontrer des comportements imprudents chez les autres conducteurs ! 82 % regrettent même de subir des attitudes agressives de la part d’autres usagers. Mais, si les conducteurs se disent prudents, ils s’autorisent quelques entorses au code de la route et sont 52 % à reconnaître dépasser la vitesse sur route et 36 % à le faire sur autoroute. Ce comportement dépend toutefois du type de véhicule et 57 % des conducteurs de SUV ou 4X4 admettent avoir tendance à accélérer lorsque le trafic est faible contre « seulement » 48 % des conducteurs de citadines. Enfin, pour toutes catégories de véhicules confondues, 82,5 % des personnes interrogées dans cette enquête prennent du plaisir à conduire.

 

Notre enquête

Sur les 3 182 retours retenus en réponse à notre questionnaire mis en ligne en novembre 2015, 75 % proviennent d’hommes et 25 % de femmes, pour une moyenne d’âge de 61 ans. Leur véhicule est dans 60 % des cas âgé de moins de 6 ans (acheté après 2010), dont 56 % a été acheté entre 2013 et 2015. Le plus souvent, pour 65 % des cas, le véhicule est équipé d’un moteur Diesel. L’essence ne représente que 32 % des cas, le reste étant des véhicules hybrides (80 voitures) ou électriques (5 modèles). Ils ne sont pourtant que 19 % à parcourir plus de 20 000 km par an, le seuil minimal généralement constaté de rentabilité d’un moteur Diesel. La majorité des répondants, 52 %, n’effectue que de 5 000 à 15 000 km dans l’année.

Yves Martin avec Isabelle Bourcier

3 mai 2016

Facture de gaz

Vérifiez votre abonnement

Des usagers du gaz découvrent qu’ils paient un abonnement B1 de 233 € au lieu du B0 à 89 € par an qui convient à leur niveau de consommation. À la clé, un surcoût systématique sur la facture de gaz.

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« Bien que je consomme environ 4 300 kWh de gaz par an, Engie me facturait un abonnement de 233 €/an qui correspond à une consommation supérieure à 6 000 kWh, nous alerte Annie. C’est en contactant l’agence locale de l’énergie de Lorient à propos de ma consommation d’énergie que j’ai étudié mes factures de près et que j’ai découvert le pot aux roses ! » Depuis sa réclamation, Annie ne paie plus qu’un abonnement de 89 € par an, celui qui correspond à sa consommation réelle. « Il appartient au client de s’assurer de l’adéquation de son tarif en fonction de ses besoins », s’est contenté de lui répondre son fournisseur, ses conditions générales de vente ne prévoyant pas de devoir de conseil en la matière. C’est d’ailleurs la même chose chez EDF (qui est également un fournisseur de gaz) et les concurrents. Le cas d’Annie est loin d’être isolé. Rien qu’en faisant le tour de ses voisins, elle a découvert plusieurs situations similaires. « J’ai même une nouvelle voisine qui a reçu une estimation de consommation de 5 300 kWh de gaz pour l’année, mais EDF lui facture l’abonnement 233 € », s’indigne notre consommatrice devenue experte en factures d’énergie.

À moins d’être certain de consommer plus de 6 000 kWh par an, Que Choisir recommande donc de vérifier sa consommation annuelle pour s’assurer de ne pas être en situation de sur-abonnement. Le prix du kWh a beau être plus élevé avec un abonnement à 89 €, on est toujours gagnant quand on consomme moins de 6 000 kWh par an, compte tenu de l’écart tarifaire de 144 € sur le montant de l’abonnement.

Qui est concerné ?

L’abonnement à 89 € correspond aux consommations comprises entre 1 000 et 6 000 kWh, l’abonnement à 233 € aux consommations supérieures à 6 000 kWh. Les logements d’au moins 80 m2 chauffés au gaz consomment au-delà de 6 000 kWh, sauf exception.

Le comparateur énergie de Que Choisir 

Avec notre comparateur pour l’électricité et le gaz vous pouvez comparer le montant de votre facture au tarif réglementé avec toutes les offres commercialisées à prix libre par les fournisseurs d’électricité ou les fournisseurs de gaz qui sont en concurrence sur le marché des particuliers. Notre expertise des offres et notre analyse des contrats d’électricité et de gaz vous permettent de choisir en toute connaissance de cause.

Élisabeth Chesnais
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3 mai 2016

Faillite des centres dentaires Dentexia

Des patients sur les dents

La liquidation judiciaire des centres dentaires Dentexia, implantés dans les agglomérations de Chalon, Lyon, Paris et Marseille, a plongé dans le désarroi des milliers de patients ayant avancé jusqu’à 20 000 euros de frais pour des soins inachevés, bâclés ou jamais effectués. Aujourd’hui, les patients lésés s’organisent pour obtenir réparation.

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Ils sont plus de 2 203 ex-patients de Dentexia à être victimes d’une faillite qui les laisse sans dents et sans argent. Vantant à grand renfort de publicité des tarifs jusqu’à deux fois plus bas que le circuit traditionnel, ce réseau de cliniques à bas coût avait pour usage de demander à ses clients l’avance d’une partie voire de la totalité des frais dentaires pour des soins qui pouvaient tout de même atteindre 20 000 euros. Beaucoup de patients ont donc contracté des crédits sur proposition de ces centres, déclarés loi de 1901, mais adossés à des sociétés commerciales détenues par un seul et même gérant. Mise en liquidation judiciaire le 4 mars dernier, Dentexia présente une dette estimée entre 22 et 37 millions d’euros. Et cumule 4 à 5 millions d’euros de soins payés par les patients mais non exécutés.

 

Des patients financièrement pieds et poings liés

« Une fois les patients liés par le versement anticipé d’une partie voire de la totalité des frais, Dentexia était sûr qu’ils n’iraient pas voir ailleurs », explique Abdel Aouacheria, fondateur du « Collectif contre Dentexia » qui fédère les différents collectifs créés à Chalon, Marseille, Lyon et Paris et recense aujourd’hui 2 203 victimes. Lui-même ancien patient, il a vu ses rendez-vous s’espacer étrangement après l’encaissement de son chèque de 13 400 euros et attend depuis 3 ans la pose de prothèses sur ses piliers implantaires.

« Ces pratiques sont totalement déliées des règles déontologiques de la profession », commente Marie Vicelli, avocate de l’Ordre national des chirurgiens-dentistes (ONCD) qui a reçu à ce jour plus de 1 600 plaintes de patients de Dentexia et du centre dentaire King de Marseille (affilié à Dentexia) dont le dirigeant, Harold King, a d’ores et déjà été radié tandis qu’une de ses salariés dentistes, auditionnée fin avril, attend la décision de l’Ordre.

 

Dédommagement : plusieurs pistes étudiées

Pour les patients lésés qui souhaitent obtenir réparation afin de poursuivre leur parcours de soins, plusieurs pistes s’ouvrent du côté des assurances, des organismes de crédit et de l’État.

Le collectif contre Dentexia a ainsi entamé une procédure à l’amiable auprès d’Axa, assureur de Dentexia, afin d’obtenir le dédommagement des patients victimes de malfaçons, devant refaire les soins ou devant finaliser des soins entamés. Mais « cette démarche implique une expertise par un dentiste expert auprès des tribunaux dont le coût, autour de 1 000 euros, est difficilement soutenable par des personnes souvent en grande difficulté financière ».

Du côté des patients ayant contracté un emprunt, la situation semble légèrement plus favorable, puisque les deux principaux organismes impliqués (Franfinances et Cofidis) ont accepté de recalculer les emprunts sur la base des travaux dentaires réellement effectués. Mais là non plus, tout ne semble pas réglé. D’après le collectif contre Dentexia, une enquête de la Direction départementale de la protection des populations du Rhône, saisie de multiples plaintes de patients, viserait actuellement Franfinance. Motif de ces plaintes : les patients ayant souscrit un crédit auprès de l’organisme par l’intermédiaire de Dentexia ont commencé à rembourser des traites alors que les soins n’étaient pas terminés. Or les conditions de ces crédits dits « affectés » impliquent de ne rembourser l’emprunt qu’une fois les soins effectués.

 

Urgence sanitaire et fonds d’exception

« Ces démarches prennent du temps, or nous sommes face à une urgence sanitaire », prévient Abdel Aouacheria, qui réclame au nom du collectif le déblocage par l’État d’un fonds d’urgence exceptionnel pour indemniser les plaignants. Une demande qui a peu de chance d’aboutir selon Christian Couzinou, président de l’Ordre national des chirurgiens-dentistes, qui estime peu probable de voir l’État s’engager à couvrir un dommage financier causé par des acteurs privés, au risque de créer une jurisprudence. Dans l’attente d’une solution concrète, la liste des patients lésés s’allonge chaque semaine.

 

Où sont passés les dossiers médicaux ?

Les ex-patients de Dentexia attendent toujours la restitution de leurs dossiers médicaux.

Ils ont été récupérés sur décision judiciaire par l’Ordre national des chirurgiens-dentistes mais leur traitement demande du temps et de l’argent. Conséquence, les patients sont priés de patienter. Ce qui complique encore leur parcours de soins. Ils ont toutefois la possibilité de faire établir un certificat de situation bucco-dentaire afin de faire un état des lésions en vue de la reprise des soins. L’examen nécessaire à ce certificat est intégralement pris en charge par l’assurance maladie.

Marie-Noëlle Delaby

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3 mai 2016

Nouveaux anticancéreux

Les prix donnent la nausée

Après les médecins hospitaliers, c’est au tour de la Ligue contre le cancer de s’élever contre la flambée des prix des médicaments anticancéreux les plus récents. Une pétition a été lancée.

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Les nouveaux anticancéreux sont trop chers. Les médecins l’ont dit, à travers un appel lancé en février. La Ligue contre le cancer a renchéri, en réclamant une régulation immédiate des tarifs puis par une pétition demandant « la fin des prix exorbitants des médicaments anticancéreux » (1). La tendance, sensible depuis quelque temps en oncologie, touche aussi les malades de l’hépatite C. Les nouvelles molécules, des antiviraux d’action directe apparus en 2014, sont hors de prix. À plus de 40 000 euros les trois mois de traitement, quelle que soit la molécule, les autorités les réservent aux personnes les plus atteintes, et mettent en attente les malades à un stade moins évolué de la maladie. Heureusement pour les patients, la prise en charge est intégrale. La grande efficacité de ces médicaments justifie-t-elle une telle saignée des comptes de l’assurance maladie ? Sans doute pas.

Dans le cancer, les nouveaux médicaments n’apportent en général qu’unsupplément de vie de quelques semaines, pas la guérison. Et parfois au prix d’effets indésirables lourds. Mais l’amélioration, même minime, de la durée de survie, donne assez d’aplomb aux laboratoires pour demander des prix astronomiques. Même quand les médicaments n’ont pas nécessité d’investissement important en recherche et développement.

En France, contrairement aux États-Unis, le prix des médicaments remboursables n’est pas libre. Il est normalement contrôlé et déterminé par le Comité économique des produits de santé (CEPS). Depuis peu, la Haute Autorité de santé (HAS) essaie de peser sur la fixation du prix en se prononçant sur l’efficience. Cette notion définit, pour chaque médicament innovant et cher, le coût supplémentaire par année de vie en bonne santé. Reste que la discussion au sein du CEPS est complètement opaque. Le mystère est total autour des décisions qui s’y prennent. Force est de constater que les laboratoires parviennent à y faire entendre leurs arguments et obtiennent des prix qui leur sont très favorables.

Impuissantes, les autorités utilisent d’autres leviers. Elles renvoient la balle dans le camp des hôpitaux, en jouant sur les règles de prise en charge des médicaments. Habituellement, les médicaments très coûteux prescrits à l’hôpital sont remboursés à 100 %, directement aux établissements par l’assurance maladie. Cette prise en charge suppose qu’ils soient inscrits sur la « liste en sus ». Si, en raison de leur faible efficacité, ils sont exclus de cette liste, c’est alors aux établissements de les financer en totalité. Les médecins peuvent toujours les prescrire, mais leur coût plombe fortement le budget des hôpitaux, déjà mal en point. Cette année, certains médicaments ayant effectivement toutes les chances d’être rayés de la liste, des services de cancérologie risquent de prendre le parti de ne plus les proposer à leurs patients.

Quatre questions à Marc-André Gagnon, professeur et chercheur à l’Université de Carleton, Ottawa (Canada, Ontario)

 

Que Choisir : Médecins et associations de patients s’élèvent contre les prix des nouveaux , en particulier les anticancéreux. Quelle est la réalité de ce phénomène ?

Marc-André Gagnon : Il y a une véritable tendance de fond. Le modèle d’affaires des laboratoires pharmaceutiques a changé. Pendant longtemps, leur objectif a été le « blockbuster », c’est-à-dire un médicament vendu à une vaste population de patients, en maximisant le profit par le volume. D’où la commercialisation de médicaments très semblables – les « me-too » – sans avancées thérapeutiques réelles mais avec à chaque fois un surcoût. Ce modèle existe encore mais il est en crise, car les États ont mis en place des systèmes d’évaluation des produits de santé, en opérant une discrimination au niveau du remboursement.

 

QC : Aujourd’hui, un nouveau modèle s’impose. Lequel ?

M-A. G. : Celui des « nichebusters », à savoir des médicaments qui visent une petite population, pour lesquelles il y a peu de solutions thérapeutiques. Avec les progrès de la pharmacogénomique, les compagnies sont en capacité de développer des molécules à destination de malades porteurs de gènes spécifiques, ce qui leur permet d’obtenir le statut de médicament orphelin. Ce cadre règlementaire leur est très favorable car il donne droit à des crédits d’impôt, les essais cliniques sont moins exigeants et la procédure d’autorisation accélérée.

 

QC : Vous parlez aussi de « saucissonnage » des autorisations de mise sur le marché (AMM)…

M-A. G. : Oui, car une fois un médicament autorisé dans une indication restreinte, les compagnies s’emploient souvent à étendre la « niche », soit en les faisant approuver pour d’autres petites populations, soit en incitant les médecins à la prescription hors AMM. Et comme il n’y a pas d’alternative thérapeutique, les fabricants sont en position de demander des prix élevés, qui n’ont rien à voir avec la réalité des coûts de recherche ou de fabrication. Cette dynamique aboutit à un modèle basé sur des médicaments beaucoup plus chers, mais pour lesquels l’évaluation des risques a été menée de façon plus expéditive.

 

QC : Le poids de ces médicaments dans les budgets des États est tel que même les pays riches sont pris à la gorge. Quelles sont les pistes pour endiguer ce phénomène ?

M-A. G. : Il y a un choix de société à faire. Les prix atteints sont insoutenables. Certains pays arrivent à réduire le coût en négociant avec les laboratoires. Mais il peut être intéressant d’envisager d’autres façons de payer ces médicaments. Par exemple en ne les payant dans un premier temps qu’à leur coût de production, puis en accordant un supplément en fonction du bénéfice thérapeutique constaté.

Quelques médicaments anticancéreux au coût exorbitant (2)

 

Glivec (imatinib, Novartis). Ce médicament a révolutionné le traitement de cancers rares du sang et de la moelle osseuse. Il s’agit d’un traitement à vie, qui coûte entre 2 270 et 3 400 euros par mois selon le dosage, soit jusqu’à 40 000 euros par an. Depuis sa première commercialisation comme médicament « orphelin » en 2001, ses indications se sont étendues, notamment dans certaines tumeurs digestives. Le Glivec est un cas d’école : malgré sa rentabilité croissante grâce à une utilisation toujours plus large, son prix n’a pas fléchi. Aux États-Unis, il est même passé de 30 000 dollars en 2001 à 92 000 dollars en 2012.

 

Kadcyla (trastuzumab emtansine, Roche). Utilisé dans un cancer du sein spécifique (HER2 positif) en cas d’échec d’un premier traitement, son bénéfice thérapeutique a été reconnu par la Haute Autorité de santé (HAS). Par rapport au traitement jusqu’alors privilégié, ce médicament améliore la durée de survie de 6 mois. Son coût : 4 361 euros par cure (toutes les trois semaines), soit plus de 6 000 euros par mois.

 

Revlimid (lénalidomide, Celgène). Il est utilisé dans le myélome et le syndrome  myélodysplasique, pour un coût mensuel de 3 900 à 5 000 euros. Or c’est une déclinaison du thalidomide, une molécule très ancienne, connue pour avoir causé dans les années 60 de graves malformations chez des nouveau-nés. Le Revlimid n’est donc pas franchement nouveau, n’a pas nécessité d’investissement lourd, et pourtant, il est cher ! Du point de vue thérapeutique, c’est une option parmi d’autres, mais qui n’a pas montré d’avantage décisif.

 

Tarceva (erlotinib, Roche). Dans le cancer du poumon « non à petites cellules », ce médicament n’améliore pas la survie globale en traitement de 1re intention. En 2intention, il n’a pas été comparé au traitement de référence, et ce n’est qu’en 3intention qu’il représente un léger intérêt. Il coûte 2 195 euros par mois.

 

Keytruda (pembrolizumab, Merck). Ce tout nouveau médicament est indiqué dans le traitement du mélanome non opérable ou métastasé. La HAS a estimé que l’amélioration du service médical rendu (ASMR) qu’il apportait n’était que mineure par rapport aux traitements existants. Administré par cure toutes les trois semaines, ce traitement coûte pourtant près de 6 000 euros par mois, soit 72 000 euros par an.

 

Avastin (bevacizumab, Roche). Autorisé en France dans les cancers métastasés du sein, de l’ovaire, du colon et du rein, et dans le cancer du poumon, l’Avastin est controversé. Pour la revue médicale indépendante Prescrire, les effets indésirables sont trop lourds pour quelques semaines de survie. Étant donné son prix, le système de sécurité sociale anglais l’a exclu du remboursement. En France, son coût varie entre 1 633 et 3 270 euros par mois.

Bon à savoir.L’Avastin est également utilisé en injection oculaire dans la forme humide de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Dans cette configuration, les doses nécessaires étant limitées, son coût devient intéressant, notamment par rapport au traitement de référence, le Lucentis.

Les nouveaux anticancéreux

 

Les médicaments contre le cancer les plus récents attaquent les tumeurs de façon plus spécifique que la chimiothérapie classique, d’où le nom de « thérapies ciblées ». Ils se répartissent en deux familles principales, les anticorps monoclonaux, qui se reconnaissent à la terminaison en -mab du nom de la molécule, et les inhibiteurs de tyrosine kinase, qui portent le suffixe -tinib. Leur mode d’action est différent, mais l’objectif est le même : bloquer les signaux de multiplication de la cellule cancéreuse. Dans certains cas, il s’agit d’« affamer » la tumeur en stoppant le développement du réseau de vaisseaux sanguins qui l’alimentent. Les nouveaux anticancéreux ne sont pas dénués d’effets indésirables, les récepteurs cellulaires visés par la thérapie pouvant être présents dans d’autres organes.

(1) change.org/cancers-chers-medicaments

(2) Les prix nous ont été donnés par l’Institut Curie.

Anne-Sophie Stamane

https://pyreneesorientales.ufcquechoisir.fr/

 

 

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3 mai 2016

Étiquetage pour l’entretien des textiles

Les pictogrammes des étiquettes d’entretien

 

L’étiquetage pour l’entretien des textiles est composé d’étiquettes, fréquemment cousues sur le vêtement. Il comporte des indications d’entretien ou de lavage en clair ou symbolisée.

Les 5 grands domaines répertoriés sont : le lavage, le blanchiment, le repassage, le nettoyage professionnel et le sèche linge.

Vous accédez aux 5 fiches pratiques en cliquant sur le symbole ou sur le titre :

 

Etiquette lavage cuve

Le lavage

Etiquette blanchiment

Le blanchiment

Etiquette repassage

Le repassage

Etiquette nettoyage professionnel

Le nettoyage professionnel

Etiquette séchage tambour

Le sèche-linge

1 mai 2016