UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales

L’actu en liste, le numéro 12 de 2016

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Fermeture pour congés d’été

Nous vous informons que nous serons fermés du 1er au 31 août. Nous ré ouvrirons            …Lire la suite

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Arnaques sur les vins de Bordeaux. Roger Geens condamné à payer 470 000 euros

C’est la suite d’un feuilleton judiciaire qui dure depuis 14 ans : le 29 juin dernier, l’homme d’affaires belge Roger Geens, jugé à Bordeaux              …Lire la suite

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Toutes les vidéos d’UFC-Que Choisir

UFC-Que Choisir publie sans cesse des vidéos sur des thèmes de consommations.          …Lire la suite


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Médecin généraliste. La consultation à 25 euros en 2017

25 euros la consultation chez un généraliste d’ici un an : c’est la principale mesure issue des discussions entre l’assurance maladie et les médecins,

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Téléviseurs UHD. La déception des téléspectateurs

Téléviseurs UHD. La déception des téléspectateurs

Il n’y en a plus que pour l’UHD, l’ultra haute définition. Ce standard devient la norme sur les téléviseurs. Mais par rapport à la HD,          …Lire la suite

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Pokémon Go. Potentiellement cher, dangereux et trop curieux (voir article de l’indépendant (Céret) en fin de page).

Quelques jours après avoir renversé l’Australie, les États-Unis et la Nouvelle-Zélande, le tsunami Pokémon Go            …Lire la suite


Maladie de Lyme. Attention aux tiques

Maladie de Lyme. Attention aux tiques

L’été est enfin arrivé, la saison est propice aux balades en forêt. Mais hors des sentiers, gare aux tiques, vectrices d’une maladie mal connue et pourtant grave de conséquences     …Lire la suite

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Médicaments génériques. 9 médicaments retirés du marché

En raison d’irrégularités dans la conduite des tests d’équivalence dans un centre en Inde, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a retiré du marché neuf spécialités génériques.           …Lire la suite

Forfaits SFR. Encore une augmentation des tarifs

Forfaits SFR. Encore une augmentation des tarifs

À partir du 13 août, tous les clients SFR paieront la location de leur box en plus de leur forfait. Pour les anciens clients, cela équivaut à une hausse de 3 €          …Lire la suite

Tarifs de l’électricitéUne baisse en trompe-l’œil

Tarifs de l’électricité. Une baisse en trompe-l’œil

La ministre de l’environnement vient d’annoncer une baisse de 0,5 % du tarif réglementé de l’électricité le 1er août. Dix ans que ça ne s’était pas produit !           …Lire la suite 

BrandAlley.fr

Données personnelles. 30 000 € d’amende pour BrandAlley.fr

Installation de mouchards sur l’ordinateur de ses clients sans accord préalable, échange de données personnelles non sécurisé, non-respect   …Lire la suite


Position dominante de Google. L’Europe ne lâche rien

Position dominante de Google. L’Europe ne lâche rien

La Commission européenne semble décidée à sanctionner Google pour ses pratiques anticoncurrentielles.        …Lire la suite 

Carte PlayStationCdiscount se prend les pieds dans la promo

Carte PlayStation. Cdiscount se prend les pieds dans la promo

27 € de ristourne sur une carte prépayée PlayStation Network, l’affaire semble belle sur Cdiscount    …Lire la suite

Smartphone (infographie)Vous et votre smartphone

Smartphone (infographie). Vous et votre smartphone

Tout le monde ou presque a désormais un smartphone dans la poche. Mais personne ne le perçoit      …Lire la suite

Test crèmes solaires pour enfant

Test crèmes solaires pour enfant. Réponse aux polémiques

Il y a quelques jours, l’UFC-Que Choisir dressait un constat inquiétant après avoir testé des crèmes solaires pour enfants :
29 juillet 2016

Fermeture pour congés d’été

Nous vous informons que nous serons fermés du 1er au 31 août. Nous ré ouvrirons dès le jeudi 1er septembre à 9h00.

D’ici là bonnes vacance à tous… !

L’équipe des bénévoles d’UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales.

 

 

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29 juillet 2016

Arnaques sur les vins de Bordeaux. Roger Geens condamné à payer 470 000 euros

Arnaques sur les vins de Bordeaux. Roger Geens condamné à payer 470 000 euros

C’est la suite d’un feuilleton judiciaire qui dure depuis 14 ans : le 29 juin dernier, l’homme d’affaires belge Roger Geens, jugé à Bordeaux pour avoir revendu des millions de bouteilles de vins frelatés sous de fausses appellations, a été relaxé dans le volet pénal de l’affaire, uniquement en raison de son état de santé. En revanche, il a été condamné à verser des dommages et intérêts aux parties civiles, notamment à l’UFC-Que Choisir.

Roger Geens condamné à payer 470 000 euros

Tromperie sur l’origine, la composition, l’identité de la marchandise, faux et usages de faux, falsification de boissons, infractions douanières et fiscales… C’est le plus vaste trafic de vins jamais mis au jour dans le bordelais. Pendant plusieurs décennies, le réseau, mis en place par l’homme d’affaires belge, Roger Geens, a inondé  toute l’Europe du Nord de millions de bouteilles portant de fausses appellations. Richissime propriétaire d’un millier d’hectares et de dizaines de châteaux dans le Sud-Ouest, il avait organisé un système de vases communicants entre ses différents domaines, visant à utiliser les excédents de production de ses appellations mineures, interdits à la commercialisation, pour alimenter les plus prestigieuses. Sans aucun respect pour les AOC, les millésimes, ou la qualité du vin, il n’hésitait pas à orner ces bouteilles de distinctions et autres médailles factices. Plus grave, son entreprise avait recours à toute la panoplie des traitements chimiques disponibles pour maquiller les cuvées et tromper les consommateurs. Au cours de l’instruction, Monsieur Munoz, maître de chai du château La Salagre, a ainsi reconnu des essais de dosage de glycérine (autrement dit de l’antigel !) pour qu’un Entre-Deux-Mers du château Bourdicotte devienne un Bergerac moelleux. Il a ajouté avoir utilisé des produits illicites, c’est-à-dire des boisés liquides ou en poudre et des arômes liquides pour le Sauvignon, sur instruction du directeur technique du groupe.

C’est une ancienne salariée de Roger Geens qui, en 2002, a fini par vendre la mèche et dénoncer les pratiques de son employeur. Mais il aura fallu 14 ans d’une procédure interminable avant d’aboutir à cette condamnation. Entre-temps, le prévenu a été victime d’un accident vasculaire cérébral. Aujourd’hui âgé de 78 ans, il vit dans une clinique à Monaco et n’est plus en capacité de comparaître.

Le procureur de la République s’était néanmoins prononcé contre le renvoi du procès et avait requis« la peine maximale » prévue au titre de l’infraction au code de la consommation, soit deux ans de prison avec sursis. Le 29 juin dernier, le tribunal correctionnel de Bordeaux ne l’a pas suivi sur le volet pénal. En revanche, il a condamné le prévenu à verser des dommages et intérêts aux parties civiles  à hauteur de 470 000 euros : 200 000 euros à la Fédération des grands vins de Bordeaux (FGVB), la plus touchée par cette affaire, selon la présidente de l’audience, 150 000 euros à l’UFC-Que Choisir et 120 000 euros à l’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité). Un dédommagement qui semble bien modeste, par rapport au préjudice subi : selon les attendus du jugement, de 1999 à 2002, le groupe Geens a commercialisé plus de 36 millions d’hectolitres de vins frelatés ou coupés, pour une valeur moyenne de 20 millions d’euros !

On peut aussi s’interroger sur les lenteurs inexplicables des justices françaises et belges. Pourquoi l’expertise médicale de Roger Geens n’est-elle intervenue qu’en 2015, dix ans après son AVC ?  Comment expliquer que les mesures conservatoires demandées au juge d’instruction par la Fédération des vins de Bordeaux, afin d’éviter la vente des châteaux du prévenu, n’aient pas été retenues ? « Où sont passés les dizaines de millions d’euros correspondant à ces sommes ? », demandait Yann Le Goaster, directeur de la FGVB au micro de France Bleu Gironde. Autant de questions qui n’auront sans doute jamais de réponses mais qui ne sont pas sans rappeler les affaires liées au groupe Héraclès (gestionnaire des sites de vente en ligne 1855, ChâteauOnline et Cave Privée) qui ont également fait de nombreuses victimes parmi les amateurs de grands bordeaux… et contre lequel l’UFC-Que Choisir a déposé une plainte en 2013.

La défense de Roger Geens a interjeté appel de la décision du tribunal correctionnel de Bordeaux.

Florence H

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29 juillet 2016

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29 juillet 2016

Médecin généraliste. La consultation à 25 euros en 2017

Médecin généraliste. La consultation à 25 euros en 2017

25 euros la consultation chez un généraliste d’ici un an : c’est la principale mesure issue des discussions entre l’assurance maladie et les médecins, qui viennent de se terminer. Le texte n’est pas encore formellement signé, mais deux syndicats ont annoncé leur accord.

La consultation à 25 euros en 2017

L’annonce ne sera définitive que lorsque, le 26 août prochain, les syndicats de médecins auront signé le texte avec l’assurance maladie. Mais deux d’entre eux ayant déjà donné leur accord de principe, il est probable que rien ne bougera d’ici là. La consultation chez un généraliste devrait donc passer à 25 euros en mai 2017, soit une hausse de deux euros. Pour les enfants de moins de 6 ans, un tarif unique de 30 euros sera appliqué. Actuellement, c’est 28 euros jusqu’aux deux ans de l’enfant, et 26 euros entre deux et six ans.

D’autres tarifs vont changer, notamment dans la liaison entre généraliste et spécialistes. Un avis ponctuel sollicité par le médecin traitant sera facturé 50 euros, au lieu de 46. Un patient adressé à un spécialiste pour une pathologie particulière (maladie cardiaque, par exemple) paiera 30 euros à chaque consultation. Nouveauté, des actes dits « complexes » et qui demandent un peu de temps font leur apparition, et donnent lieu à une tarification spécifique. Exemple, une première consultation pour contraception ou pour dépistage de cancer de la peau vaudra 46 euros. Pour des actes très complexes, comme une consultation pour mettre en place un traitement contre le cancer, il faudra débourser 60 euros.

Comme souvent, ces discussions entre l’assurance maladie et les syndicats de médecins, qui ont lieu tous les cinq ans, se sont focalisées sur les tarifs de consultation. La question de l’accès aux soins n’a été abordée que sous l’angle géographique, avec une aide de 50 000 euros pour les médecins s’installant dans les zones sous dotées, à condition qu’ils y restent trois ans et exercent en groupe. Or la désertification qui s’aggrave, comme l’a récemment dénoncée l’UFC-Que Choisir, n’est pas la seule entrave pour les patients. Les dépassements d’honoraires ont également leur part dans les difficultés d’accès aux soins. Sur ce chapitre, malheureusement, rien de nouveau. Le modèle instauré il y a quelques années par le contrat d’accès aux soins, avec droit aux dépassements encadré, est reconduit, alors même qu’il a surtout autorisé plus de médecins à facturer des dépassements !

Anne-Sophie Stamane

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29 juillet 2016

Téléviseurs UHD. La déception des téléspectateurs

Téléviseurs UHD. La déception des téléspectateurs

Il n’y en a plus que pour l’UHD, l’ultra haute définition. Ce standard devient la norme sur les téléviseurs. Mais par rapport à la HD, la haute définition, le consommateur perçoit-il de grosses différences côté qualité d’image ? Réponses avec notre test.

La déception des téléspectateurs

Si vous devez acheter un nouveau téléviseur et que vous faites le tour des linéaires des grandes enseignes, il ne vous échappera pas que la haute définition (la HD, soit une résolution de 1080 x 1920) est déjà dépassée ! Dans les rayons, du milieu jusqu’au haut de gamme, on ne parle plus que de l’ultra haute définition, l’UHD, parfois appelée 4K. Avec elle, l’affichage est de 2160 x 3840 pixels (soit 4 fois plus de pixels qu’un écran HD). Évidemment, les vendeurs vous exposeront tous les bienfaits de l’UHD et l’intérêt que vous pourrez en tirer. Mais qu’en est-il en réalité ? Présente-t-elle une réelle avancée pour le consommateur ?

Nous avons mesuré l’apport réel de l’UHD en convoquant un panel de 26 téléspectateurs (voir notre protocole de test). Ils ont pris place devant deux téléviseurs Samsung de 48 pouces. L’un était UHD (sur lequel on envoyait des images tournées dans ce mode), l’autre Full HD. Les participants à notre étude devaient indiquer si les images diffusées par l’un des téléviseurs étaient plus contrastées, plus lumineuses, plus détaillées, plus colorées ou plus fluides.

À l’arrivée, seulement 40 % des panélistes attribuent de façon systématique une meilleure définition au téléviseur UHD. Et si pour le rendu des détails, le critère essentiel, 45 % ne voient aucune différence entre les deux images, ils sont tout de même 13 % à distinguer… le Full HD !

L’offre de contenus UHD reste pour l’instant encore très limitée. Dans l’écrasante majorité des situations, un téléviseur UHD diffuse en réalité une image Full HD « upscalée » (1). Même en se plaçant dans les conditions les plus favorables (la vision d’images tournées en UHD, donc), la majorité des participants à notre test ne fait pas de grande différence entre écran Full HD et écran UHD.

Si les passages successifs au numérique puis à la HD ont été de véritables avancées, il n’en va visiblement pas de même pour l’UHD. Elle s’impose sur le marché du téléviseur sans pour autant être une vraie révolution.

NOTRE PROTOCOLE DE TEST

Nous avons utilisé deux téléviseurs de 48 pouces aux caractéristiques très similaires. Pour l’UHD, le Samsung UE48JU6400. Pour le Full HD, le Samsung UE48J6200.

Le test a été réalisé par un panel de 26 téléspectateurs. Les deux téléviseurs ont été réglés pour offrir des qualités d’image aussi proches que possibles. Un lecteur Blu-Ray et un lecteur Blu-Ray 4K HDR sont utilisés pour adresser des images aux téléviseurs via une des entrées HDMI.
Pour le téléviseur UHD, les images utilisées sont en UHD. Une situation pas si courante puisque, dans les faits, les contenus UHD sont encore extrêmement peu nombreux.
Durant le test, les téléviseurs ont régulièrement été changés de position et de numéros. Deux films assez courts, d’environ une minute chacun, ont été réalisés, disponibles l’un et l’autre en UHD et en Full HD.
Les panélistes devaient indiquer si l’un des deux appareils présentait :

  • plus de contraste ?
  • une image plus lumineuse ?
  • une meilleure restitution des couleurs ?
  • plus de détails ?
  • une meilleure fluidité de l’image ?

Quatre de ces questions ne sont en fait pas pertinentes. Elles ont uniquement été posées pour cacher la question centrale de notre étude : l’un des deux téléviseurs présente-t-il plus de détails ?

Le test a été répété pour chacun des deux films à une distance de 1,5 mètre puis à la distance jugée optimale. Au total, chaque membre du panel devait, durant une même session, répondre quatre fois aux cinq questions posées.

Pour chaque panéliste, la session décrite dans ce protocole a été reproduite à trois reprises sur trois jours.

Visionnage téléviseurs UHD et full HD

Séance de visionnage comparé entre un téléviseur UHD et un modèle Full HD.

(1) À partir de l’image en HD de 1080 x 1920, le téléviseur va créer par interpolation des points intermédiaires afin de pouvoir adresser une information à l’ensemble des 2160 x 3840 pixels de la dalle UHD.

Arnaud De Blauwe

adeblauwe@quechoisir.org

François Palemon

Rédacteur technique

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29 juillet 2016

Pokémon Go. Potentiellement cher, dangereux et trop curieux (voir article de l’indépendant (Céret) en fin de page).

Pokémon Go. Potentiellement cher, dangereux et trop curieux

 Quelques jours après avoir renversé l’Australie, les États-Unis et la Nouvelle-Zélande, le tsunami Pokémon Go gagne la France. Le jeu de capture de petits monstres (les Pokémon, donc) est en effet disponible en téléchargement dans les boutiques App Store (iPhone) et Playstore (Android) depuis le dimanche 24 juillet. Innovant, Pokémon Go l’est sans conteste : il mêle astucieusement jeu vidéo et réalité augmentée. Mais le jeu est aussi très curieux en matière de données personnelles, potentiellement coûteux et même parfois dangereux. Explications.

Potentiellement cher, dangereux et trop curieuxLa folie Pokémon se décline désormais sur smartphone. 20 ans après la sortie du premier jeu vidéo sur la mythique console Game Boy, qui actait la naissance d’une saga planétaire (25 jeux vendus à des dizaines de millions d’exemplaires et source de nombreux produits dérivés), Nintendo et l’éditeur Niantic ont su coller à son époque. Désormais, les joueurs chassent ces petits monstres en réalité augmentée, grâce à l’appareil photo de leur smartphone (iOS ou Android).  Ils sont géolocalisés en temps réel, connectés à Internet, et jouent principalement en extérieur, où Bulbizarre, Rattata et les autres Pokémon peuvent surgir à chaque coin de rue. Il suffit de les viser avec le capteur photo et de les viser avec des Pokéball pour les attraper.

Pokemon Go - Réalité augmentée

Le jeu Pokémon Go passe en mode réalité augmentée quand un Pokémon surgit.

JUSQU’À 100 € POUR DES POKÉPIÈCES

Le concept est décapant, le jeu amusant, et le succès au rendez-vous. Surtout pour Nintendo et Niantic. Le jeu, téléchargeable gratuitement, propose en effet des achats depuis l’application (ce sont les achats « in-app » ou « intégrés »). Le joueur peut ainsi acheter des Poképièces pour progresser. Comptez 0,99 € pour un lot de 100, 4,99 € pour un lot de 550, 9,99 € pour un sac de 1 200 et jusqu’à 99,99 € pour un trésor de 14 500 (notez qu’en bons commerçants, Nintendo et Niantic pratiquent des tarifs dégressifs…). Méfiez-vous si vous avez configuré des achats partagés au sein de la famille dans le Google Playstore ou dans l’App Store : vous êtes responsable des dépenses de tous les membres du groupe ! L’histoire a déjà montré que les enfants ne sont pas toujours conscients des dépenses engagées dans les boutiques en ligne.

Pokemon Go - Achats intégrés

Les achats intégrés à l’application peuvent atteindre une centaine d’euros !

ACCIDENTS EN CASCADE

Pour engranger des Poképièces et d’autres objets, les chasseurs trouveront également facilement autour d’eux (du moins dans les agglomérations) des Pokéstop. Ces points de ravitaillement sont localisés sur la carte représentée sur leur écran. Du coup, la plupart marchent tête baissée, les yeux rivés sur leur smartphone. Idem pour aller chercher un Pokémon une fois qu’il s’est annoncé sur la carte ou pour organiser des combats dans une arène. Complètement captivés, les joueurs provoquent des accidents et les attroupements se multiplient. Collisions entre piétons, rassemblements soudains quand un Pokémon rare surgit (comme il y a quelques jours à  New-York et à Seattle)… On déplore même des accidents de voiture. À Baltimore, aux États-Unis, un véhicule a percuté une voiture de police (sans faire de victimes), à cause d’un conducteur absorbé par son jeu. En France, la gendarmerie nationale s’est fendue d’un tweet de prévention « Conducteurs, ne jouez pas à #PokemonGo » ! Dans certains pays, la situation peut s’avérer plus préoccupante. En Bosnie, par exemple, où 2,3 % du territoire est encore miné, une ONG a alerté les joueurs à l’approche de zones à risque (il existe des moyens détournés de télécharger Pokémon Go même lorsqu’il n’a pas été officiellement lancé localement).

Pokemon Go - Mises en garde

La gendarmerie nationale (sur Twitter) et Nintendo mettent en garde les joueurs.

COUP DE CHAUD SUR LE SMARTPHONE

Parce qu’ils se promènent smartphone en main et le lèvent régulièrement pour capturer un monstre, les joueurs attisent forcément l’œil des voleurs. Mieux vaut tenir fermement l’appareil. Sachez aussi qu’une connexion Internet est indispensable. Les joueurs consomment donc de la data. Aux États-Unis, où les forfaits mobiles sont moins généreux et beaucoup plus chers qu’en Europe, la question préoccupe les parlementaires. Dans un courrier adressé au PDG de Niantic (la société qui a développé Pokémon Go), ils s’inquiètent notamment de l’information du joueur. En réalité, les volumes de données nécessaires ne sont pas gigantesques (les estimations évoquent 250 Mo par mois pour les plus mordus). Sans un forfait adapté, attention quand même à la facture. Mais l’application est nettement plus gourmande en énergie : écran allumé, puce GPS activée, connexion Internet permanente… La batterie du smartphone est fortement sollicitée ! La meilleure arme du chasseur ? Une batterie externe, et de grande capacité s’il-vous-plaît !

COLLECTE DE POKÉMON POUR LE JOUEUR, COLLECTE DE DONNÉES POUR L’ÉDITEUR

Au sein du jeu, Nintendo et Niantic collectent de nombreuses données sur les joueurs. Avant de se lancer à la chasse aux Pokémon, il est nécessaire de créer un compte ou bien de se connecter avec son compte Facebook ou Google. Dans tous les cas, Nintendo et Niantic accèdent à vos noms et prénoms, à votre e-mail, à votre numéro de téléphone, à l’adresse IP et au numéro d’identification de votre smartphone. Si vous partagez une image de votre partie sur les réseaux sociaux, le géant japonais pourra la réutiliser à sa guise, comme il l’annonce dans sa politique de confidentialité. Il s’accorde également le droit de collecter votre âge, sexe, pays de résidence, date de naissance, ainsi que vos loisirs, jouets et jeux préférés. Nintendo et Niantic enregistrent aussi votre localisation, et précise que « des publicités et certains contenus pourraient s’afficher en fonction de ces données. » Traduisez que si Nintendo et Niantic ne gagnent pas assez en vous vendant des Poképièces, ils afficheront de la pub pendant que vous chasserez. Enfin, reconnaissons au groupe une certaine volonté de transparence lorsqu’il annonce que toutes les informations des joueurs sont stockées aux États-Unis dans le respect de l’accord Safe Harbor (qui encadre le transfert des données personnelles des consommateurs européens). Un gros bémol toutefois : il est désuet, puisqu’invalidé en octobre 2015 par la Cour de justice de l’Union européenne. Le Privacy Shield a, depuis, pris la relève. L’UFC-Que Choisir émet d’ailleurs des réserves sur ce nouvel accord, qu’elle n’exclut pas de remettre en cause en cas de garanties insuffisantes pour le consommateur.

LE MARKETING AU COIN DE LA RUE

Les commerçants se délectent déjà de l’engouement autour de Pokémon Go et de l’important potentiel marketing que recouvre le jeu. But a dégainé le premier en organisant une opération baptisée #ButAttrapezLesTous, qui promettait 200 € de bons d’achat aux deux premiers joueurs capturant des Pokémon dans l’un des 200 magasins participants (21-23 juillet). Dans son magasin de Saint-Michel (Paris V), Monoprix offre un sac contenant de la crème solaire, une boisson et une barre de céréales pour requinquer les chasseurs après leurs heures de marche. Et d’autres enseignes préparent leur coup.

Camille Gruhier

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29 juillet 2016

Maladie de Lyme. Attention aux tiques

Maladie de Lyme. Attention aux tiques

L’été est enfin arrivé, la saison est propice aux balades en forêt. Mais hors des sentiers, gare aux tiques, vectrices d’une maladie mal connue et pourtant grave de conséquences quand elle n’est pas traitée à temps : la borréliose de Lyme. Décryptage et conseils.

Attention aux tiques

QU’EST-CE QUE LA BORRÉLIOSE DE LYME ?

Plus connue sous le nom de maladie de Lyme, la borréliose de Lyme est une maladie infectieuse, non contagieuse, due aux bactéries du genre Borrelia. Elle est transmise par les morsures d’une espèce de tique, Ixodes ricinus, dont la période d’activité court d’avril à novembre. La tique est en réalité un hôte intermédiaire de Borrelia qu’elle contracte en se nourrissant du sang des mammifères sauvages infectés : cerfs, sangliers mais aussi serpents ou écureuils.

QUELS EN SONT LES SYMPTÔMES ?

Erythème migrant - Maladie de Lyme

Il s’agit d’une maladie très polymorphe dont la prise en charge tardive peut avoir des conséquences graves, entraînant des troubles douloureux et invalidants, notamment neurologiques, articulaires et musculaires.
Trois à trente jours après l’attaque, se forme généralement unérythème migrant, caractérisé par une marque indolore faite d’anneaux rouges. À ce stade, un traitement antibiotique de quelques semaines peut suffire à guérir le patient. Faute de détection précoce, une phase secondaire, dite disséminée, peut survenir dans les mois voire les années qui suivent l’infection. Elle peut se traduire par des symptômes graves mais non spécifiques qui rendent le diagnostic et le traitement difficile.

COMBIEN Y A-T-IL DE CAS EN FRANCE ?

En 2015, les sources officielles reconnaissaient 27 000 nouveaux cas en France. Toutefois, il n’y a pas de déclaration obligatoire de la maladie et donc les sources sont basées sur un réseau sentinelle (0,5 à 2 % de médecins français) limitant la portée de ces estimations. Son incidence est plus fréquente dans les régions boisées, en particulier dans le Nord-Est (Alsace, Meuse…) et le Centre de la France (Limousin, Auvergne…). Mais on observe aujourd’hui des cas dans des régions jusqu’ici préservées, comme les bords de la Méditerranée ou la haute montagne. Au niveau européen, elle est principalement observée en Europe centrale.

POURQUOI OBSERVE-T-ON UNE AUGMENTATION DU NOMBRE DE CAS ?

Le nombre de cas officiellement recensés a quasiment triplé en 12 ans, passant de 10 000 à 27 000 nouveaux cas annuels de 2003 à 2015. Cette forte hausse est-elle à mettre sur le compte de l’augmentation du nombre d’infection ou à un meilleur dépistage ? « Difficile de trancher », estime le Docteur Raouf Ghozzi, président de la fédération française contre les maladies vectorielles à tiques.« Il est vrai que l’on constate un meilleur diagnostic de Lyme grâce à la sensibilisation de certains médecins. Mais pour ma part, j’estime que l’incidence des tiques a aussi clairement augmenté, notamment en raison d’activités de loisirs à risque plus fréquentes, de la disparition de leurs prédateurs naturels (oiseaux, guêpes…), de la déforestation, ou encore de l’introduction d’animaux porteurs comme l’écureuil Tamia, ce petit rongeur portant deux bandes claires sur le dos venu d’Amérique du Nord. Enfin, il faut noter deux autres éléments : l’arrivée de tiques contaminantes (Ixodes ricinus) dans des zones réputées vierges de la maladie comme les bords de la Méditerranée, mais aussi les co-infections (autres agents infectieux contenus dans la tique) qui peuvent générer certains symptômes proches de ceux du Lyme. Tout ceci concourt à majorer le nombre de patients. »

POURQUOI LE DIAGNOSTIC EST-IL DIFFICILE ?

D’une part, seule une personne sur deux se souvient avoir eu affaire à une tique. En effet, celle-ci est contagieuse à tous les stades de son développement, les nymphes étant responsables de la plupart des transmissions. Or ces dernières peuvent mesurer à peine 2 mm. De plus, une tique peut très bien mordre dans le cuir chevelu ou les plis cutanés puis tomber. Ajoutons à cela que sa morsure est indolore, l’insecte injectant un anesthésiant au moment de la morsure. D’autre part, le signe clinique le plus caractéristique de la maladie, l’érythème migrant, n’est présent que dans un cas sur deux. Enfin, un rapport du Haut Conseil de la santé publique (HCSP)(1) sur l’état des connaissances concernant la Borréliose de Lyme paru en 2014 estime qu’une partie des tests sérologiques actuellement disponibles ne permettent pas un diagnostic probant, faute de sensibilité (détecter les antigènes) et de spécificité (distinguer les antigènes) suffisantes.

COMMENT SE PRÉMUNIR ?

Si vous allez dans la nature, même dans les parcs boisés des villes, restez de préférence sur les chemins bien tracés sans végétation dense et sans hautes herbes. En zone à risque, portez des vêtements couvrants au niveau des jambes (chaussettes sur pantalon), des bras et du cou. Pensez aussi à vous coiffer d’une casquette car les tiques peuvent tomber des arbres. Les vêtements clairs permettent de mieux repérer les tiques.

APRÈS UNE BALADE DANS UNE ZONE À RISQUE (FORÊT, SOUS-BOIS), COMMENT S’INSPECTER ?

Minutieusement, et sur l’ensemble du corps ! Il faut porter une attention particulière aux zones à peau fine et peu visibles : derrière les genoux, les aisselles, les zones génitales, le nombril mais aussi le cuir chevelu, le cou et l’arrière des oreilles. Sans oublier de faire vérifier son dos par un tiers. Il est également conseillé de faire une seconde inspection le lendemain : la tique repue de sang sera plus visible.

QUE FAIRE EN CAS DE MORSURE ?

Tire-tique

Il faut extraire la tique le plus rapidement possible en la prenant au plus près de la peau grâce à une pince adaptée : un tire-tique (disponible en pharmacie) et jamais avec les doigts ou une pince classique. Cela risquerait de faire régurgiter la tique qui délivrerait encore plus de salive, où se trouvent les potentiels agents pathogènes. Pour les mêmes raisons, il ne faut pas endormir la tique avec du désinfectant ou de l’éther.

DES MÉDECINS APPELLENT À  UNE MEILLEURE PRISE EN CHARGE

« Madame la ministre il y a urgence ». Le 14 juillet dernier, plus de 100 médecins et plusieurs associations interpelaient dans les pages de l’Obs la ministre de la Santé Marisol Touraine, exigeant une meilleure prise en charge de la maladie de Lyme. Un appel qui fait suite à une première rencontre des associations, en juin dernier, avec le ministère des Affaires sociales et de la Santé qui avait annoncé dans la foulée la présentation d’un plan d’action national en septembre 2016. Un premier pas qualifié de « timide » par les signataires qui exigent notamment des financements publics pour améliorer les tests biologiques, jugés peu fiables. « Les tests sérologiques actuellement disponibles en France ne sont pas adaptés aux souches européennes de Borrelia [la bactérie agent pathogène de la maladie]. Il n’en détecte généralement que 3 alors que l’on connaît aujourd’hui une vingtaine d’espèces différentes, sans compter les autres agents infectieux contenus dans la tique (bactéries, virus) », déplore le professeur Christian Perronne, chef de service en infectiologie à l’hôpital Raymond Poincaré (Garches). « Or si ce test est négatif, les médecins n’ont pas le droit de poursuivre leur exploration, même si le patient présente des signes cliniques », dénonce-t-il.

D’où une autre revendication : l’arrêt des poursuites contre les médecins qui ne suivent pas les recommandations officielles (consensus de 2006) pour soigner les patients. « Ce texte, calqué sur des recommandations américaines qui ont elles-mêmes changé depuis 2014, est totalement dépassé », estime le Dr Thierry Medynski, infectiologue membre de la fédération française contre les maladies vectorielles à tiques, qui dénonce notamment des protocoles médicamenteux souvent trop courts (limités à trois semaines) et l’absence de reconnaissance et de prise en charge des formes chroniques, aujourd’hui reconnues au Canada et aux États-Unis.

Les signataires réclament donc l’accès au statut de l’affection longue durée (ALD) ouvrant au remboursement à 100 % de leur traitement pour les malades chroniques, dont « certains sont obligés de dépenser des fortunes pour se faire soigner à l’étranger, [lorsque] d’autres choisissent le suicide », précise le manifeste. Les pétitionnaires, qui devraient rencontrer Marisol Touraine une nouvelle fois en septembre, rappellent en conclusion de leur manifeste que la lutte contre Lyme ne pourra pas se faire sans la participation des associations de malades.

(1)  http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=464

Marie-Noëlle Delaby

mndelaby@quecho

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29 juillet 2016

Médicaments génériques. 9 médicaments retirés du marché

Médicaments génériques. 9 médicaments retirés du marché

En raison d’irrégularités dans la conduite des tests d’équivalence dans un centre en Inde, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a retiré du marché neuf spécialités génériques. Quatre sont des génériques de la Malarone, prescrits dans la prévention du paludisme, cinq sont des produits utilisés dans le traitement des allergies, notamment les rhinites.

9 médicaments retirés du marché

Dans le sillage de l’Agence européenne des médicaments (EMA), l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) vient de prendre des mesures sévères contre 9 médicaments génériques. Ils ont été tout simplement suspendus, sans doute provisoirement, en raison d’irrégularités dans les essais de bioéquivalence réalisés dans un centre privé de Bangalore (Inde). Les produits concernés sont, d’une part, les quatre génériques suivants de la Malarone, utilisée dans la prévention du paludisme :

  • atovaquone/proguanil Sandoz 250 mg/100 mg, comprimés ;
  • atovaquone/proguanil Sandoz 62,5 mg/25 mg enfants, comprimés ;
  • atovaquone/proguanil Teva 250 mg/100 mg, comprimés ;
  • atovaquone/proguanil Teva 62,5 mg/25 mg enfants, comprimés.

Les cinq autres sont des antiallergiques :

  • ebastine Biogaran 10 mg, comprimés orodispersibles ;
  • ebastine Biogaran 10 mg, comprimés ;
  • ebastine Mylan 10 mg, comprimés ;
  • ebastine Zentiva 10 mg comprimés ;
  • ebastine Zentiva 10 mg comprimés orodispersibles.

Les usagers de ces médicaments n’ont pas à les ramener en pharmacie, ni à stopper le traitement, car aucun défaut dans la qualité ou dans l’efficacité de ces médicaments n’a été détecté. Les manquements, constatés lors d’inspections par la Food and Drug Administration (FDA) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), concernent la conduite des essais de bioéquivalence, utilisés pour prouver que les génériques ont bien la même diffusion dans l’organisme que le médicament de marque. Lors de ces tests, des échantillons biologiques auraient été intervertis, ce qui est contraire aux bonnes pratiques cliniques règlementaires.

Lors d’une vague de suspension similaire, pour les mêmes raisons, en décembre 2014, les fabricants de génériques avaient rapidement réagi. Quelques mois après, la plupart des médicaments en cause étaient de nouveau autorisés, les procédures d’évaluation de la bioéquivalence ayant été rectifiées.

Anne-Sophie Stamane

asstamane

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29 juillet 2016

Forfaits SFR. Encore une augmentation des tarifs

Forfaits SFR. Encore une augmentation des tarifs

À partir du 13 août, tous les clients SFR paieront la location de leur box en plus de leur forfait. Pour les anciens clients, cela équivaut à une hausse de 3 € de leur facture mensuelle. Cette augmentation, la dernière d’une longue série qui a débuté en janvier 2015, intervient alors que de nombreux clients se plaignent de la qualité des services de l’opérateur.

Encore une augmentation des tarifs

La mauvaise surprise est tombée mercredi dernier 13 juillet au soir. L’e-mail qu’ont reçu une bonne partie des abonnés fixes de SFR commençait pourtant bien. L’opérateur, qui indiquait avoir« changé », annonçait fièrement qu’il enrichissait ses offres « de nouveaux contenus » : SFR Presse, SFR Sport, SFR Play et SFR News. Sauf que pour continuer à « offrir le meilleur », SFR n’avait d’autre choix que de « faire évoluer [son] offre » et de facturer désormais 3 € par mois la location de la box qui était offerte jusque-là. Ce changement de tarification interviendrait un mois plus tard, soit le 13 août. Selon le service de presse de SFR, que nous avons contacté, cette nouvelle tarification concerne toutes les offres FTTH (fibre) et ADSL qui n’intégraient pas jusqu’ici les frais de location de la box. Seule consolation : les clients pourront recevoir la nouvelle box lancée cet été sans avoir à payer les frais d’équipement de 49 €.

Cette hausse de tarif est la dernière d’une impressionnante série débutée en janvier 2015 par la facturation systématique d’un service de télé sur smartphone ou tablette à 1 € par mois. Quelques mois plus tard, l’opérateur avait aussi profité du lancement de sa nouvelle box Zive pour revoir à la hausse les tarifs de ses forfaits. C’est à cette occasion que des frais de location ont commencé à être facturés (+3 € par mois dans un premier temps avant de passer à 5 € par mois pour certaines offres), mais à l’époque, seuls les nouveaux clients étaient concernés. 2016 a aussi été marquée par plusieurs hausses successives : +3 € par mois pour certains abonnés à partir du 1er mars, +2 € à partir du 1er mai puis +3 € à venir (à partir du 13 août) pour les anciens clients.

Pour beaucoup d’abonnés, cette dernière hausse est celle de trop. En l’espace de quelques jours, les messages se sont multipliés auprès de l’UFC-Que Choisir pour dénoncer cette augmentation intervenue en plein cœur de l’été. Cette décision est d’autant plus malvenue que de nombreux clients ne sont pas satisfaits des services offerts par SFR : entre les problèmes techniques, les box qui se font attendre et le service client inefficace, les litiges sont nettement plus nombreux qu’ailleurs.

Si rien n’interdit à un opérateur de modifier les conditions contractuelles de ses abonnés, le nouvel article L. 224-33 du code de la consommation (ex-L. 121-84) l’oblige toutefois à en avertir les clients concernés entre 1 mois et 4 mois avant l’entrée en vigueur de la modification, ce qui semble être le cas. Le client dispose ensuite de 4 mois à partir de la date de l’augmentation (soit jusqu’au 13 décembre dans le cas de cette dernière hausse) pour résilier son offre sans frais. Si vous êtes concerné et que vous souhaitez en profiter pour changer d’opérateur, vous n’aurez donc à payer ni les 49 € de frais de résiliation ni les éventuels frais de résiliation anticipée appliqués en cas d’engagement. Idem si vous êtes sous le coup d’une période d’engagement de 12 ou 24 mois : vous pouvez mettre fin au contrat sans avoir à payer les frais de résiliation anticipée.
« Pour nous, la valeur d’un opérateur se mesure désormais à ce qu’il transporte : des émotions », s’enflammait SFR dans son mail. Ce flot d’émotions commence à coûter très cher.

FRAIS DE LOCATION : SEUL FREE S’EN PASSE

« La facturation des frais de location est pratiquée depuis bien longtemps par les acteurs du marché », a tenu aussi à nous préciser SFR. Il est vrai que si Orange a adopté cette pratique depuis longtemps, ce n’est plus le seul FAI à facturer des frais de location de la box. Depuis quelque temps, Bouygues Télécom aussi facture à ses clients 3 € au titre de la mise à disposition de ses box. Et chez Coriolis, la location de la box est offerte ou coûte 2 € selon l’offre souscrite. Néanmoins, contrairement à SFR, Bouygues Télécom et Coriolis n’appliquent pour l’instant ces frais qu’à leurs nouveaux clients. Pour l’heure, Free est le seul à avoir résisté à cette tentation qui permet d’augmenter la facture moyenne sans modifier le prix facial de l’offre. Le FAI facture toutefois aux clients souscrivant à son offre Freebox mini 4K 19 € des frais de conditionnement et d’envoi de l’équipement.
Vous pouvez consulter notre comparateur de fournisseurs d’accès à Internet pour trouver l’offre qui correspond à vos besoins et à vos moyens.

Cyril Brosset

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29 juillet 2016

Tarifs de l’électricité. Une baisse en trompe-l’œil

Tarifs de l’électricité. Une baisse en trompe-l’œil

La ministre de l’environnement vient d’annoncer une baisse de 0,5 % du tarif réglementé de l’électricité le 1er août. Dix ans que ça ne s’était pas produit ! On devrait s’en réjouir… mais les usagers ne vont pas s’en rendre compte.

Une baisse en trompe-l’œil

Après 10 ans de hausse continue, le prix du tarif réglementé de l’électricité baisse enfin. Certes de façon très modérée, -0,5 %, mais face aux +5 % régulièrement réclamés par EDF et à l’augmentation de +27 % du tarif bleu depuis 2011, la pause paraît salutaire pour les usagers.

Elle s’explique par la réforme des tarifs réglementés de l’électricité intervenue en 2014. La formule de calcul du tarif bleu a évolué pour tenir compte du prix du marché de gros de l’électricité à hauteur de 30 %, en lieu et place des coûts comptables d’EDF. La chute de ces prix du marché de gros au cours des derniers mois se solde au final par une baisse du tarif réglementé de 0,5 %.

Mais les usagers n’en verront strictement rien, c’est en effet bien peu face aux +2,5 % qu’on est en train de leur facturer à titre rétroactif ! D’autant que ce surcoût à payer porte sur toutes les consommations d’électricité comprises entre le 1er août 2014 et le 31 juillet 2015. En dépit de cette mini-baisse de 0,5 %, l’addition est salée. De plus, cette baisse ne peut être que temporaire, le tarif réglementé ne prenant pas actuellement en compte les coûts d’investissement planifiés d’EDF sur ses centrales nucléaires. C’est ce qui s’appelle reculer pour mieux sauter.

Néanmoins, cette évolution du tarif réglementé due aux prix de gros baissiers présente un avantage. Elle met en lumière les très belles marges que les fournisseurs alternatifs d’électricitéréalisent sur leurs offres tarifaires grand public. Ils ont en effet totalement cessé de s’approvisionner auprès d’EDF au tarif Arenh de 42 € le MWh pour se fournir sur le marché de gros européen à des prix très inférieurs, sans pour autant avoir répercuté cette diminution de leurs coûts sur le prix de leurs offres commerciales.

Avec sa nouvelle campagne « Energie moins chère ensemble », l’UFC-Que Choisir entend faire bénéficier un maximum d’usagers de ces baisses de prix sur les marchés de gros, tant pour l’électricité que le gaz. Le site www.choisirensemble.fr compte déjà plus de 160 000 participants, il est encore temps de s’inscrire pour obtenir les tarifs les plus bas du marché. Plus il y aura de candidats, plus les offres des enchères qui se dérouleront le 22 septembre prochain seront compétitives.

Élisabeth Chesnais

echesnais@quechoisir.org

26 juillet 2016

Données personnelles. 30 000 € d’amende pour BrandAlley.fr

Données personnelles. 30 000 € d’amende pour BrandAlley.fr

Installation de mouchards sur l’ordinateur de ses clients sans accord préalable, échange de données personnelles non sécurisé, non-respect des règles de transfert de ces données hors de l’Union européenne… La société BrandAlley.fr prend ses aises avec la loi Informatique et libertés de 1978. Faute d’avoir corrigé de nombreux  manquements manifestes, la société vient d’écoper d’une amende de 30 000 € de la part de la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés).

30 000 € d’amende pour BrandAlley.fr

BrandAlley.fr investit trop d’énergie dans la recherche de bons plans pour ses clients, et pas assez dans la gestion de leurs données personnelles. Le site de vente de produits mode et d’articles de maison dégriffés, qui promet jusqu’à 70 % de réduction sur les prix d’origine, vient de se faire tacler par la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) pour de nombreux manquements à la loi. « Les faits [sont] d’une particulière gravité au regard du volume de personnes concernées », estime la Commission, qui a choisi de marquer les esprits en infligeant à la société une amende de 30 000 €. Difficile de connaître précisément le nombre de clients concernés, mais nul doute qu’ils sont plusieurs millions : BrandAlley.fr revendique la 15e place dans le classement des sites marchands français.

TROP GOURMAND EN COOKIES… ET EN DONNÉES BANCAIRES

Avant de sanctionner l’entreprise, la Cnil l’avait pourtant mise en garde. En janvier 2015, un contrôle dans les locaux avait révélé une gestion laconique des comptes clients. Quelques mois plus tard, BrandAlley recevait une mise en demeure de se conformer à la loi dans les 3 mois. La liste des points à rectifier était longue comme le bras : déposer une demande d’autorisation auprès de la Cnil pour encadrer le traitement relatif à la prévention des fraudes, mettre en œuvre une durée de conservation des données des clients, recueillir leur consentement à la conservation de leurs données bancaires, informer et obtenir l’accord préalable des clients au dépôt de cookies sur leur ordinateur, assurer la sécurité et la confidentialité des données collectées, cesser de transmettre des données à caractère personnel vers le Maroc et la Tunisie (ces États n’assurant pas un niveau suffisant de protection de la vie privée, une notion qui demeure fondamentale dans laréglementation européenne)… Le cahier des charges était si étoffé que BrandAlley a obtenu un délai supplémentaire de 3 mois pour le remplir.

En janvier 2016, la société indiquait qu’elle était rentrée dans les clous. Mais son courrier, trop lacunaire aux yeux de la Cnil, a donné lieu à de nouveaux contrôles, qui ont montré que… Rien n’avait vraiment changé. BrandAlley a 2 mois pour contester la sanction devant le Conseil d’État.

Mise à jour du 20 juillet 2016

Bien que contactée avant la publication de notre article, BrandAlley.fr a réagi après en avoir pris connaissance. Ce matin, elle précise par la voix de son avocate qu’elle ne déposera pas de recours devant le Conseil d’État, comme la procédure l’y autorise. « Les faits sont têtus », explique Me Nathalie Boyer-Haouzi, qui concède que lors du second contrôle de la Cnil en février 2016 « il restait quelques cookies et certains bugs, et c’est pourquoi nous avons été sanctionnés. Mais en six mois, entre la refonte du site Internet et la rédaction des nouvelles conditions générales de vente, nous avons abattu un travail titanesque pour nous conformer à la loi. » BrandAlley.fr assure qu’aujourd’hui, la totalité des manquements constatés par la Cnil ont été corrigés.

Camille Gruhier

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26 juillet 2016

Position dominante de Google. L’Europe ne lâche rien

Position dominante de Google. L’Europe ne lâche rien

La Commission européenne semble décidée à sanctionner Google pour ses pratiques anticoncurrentielles. Elle maintient ses accusations selon lesquelles le géant du Web favorise systématiquement son comparateur de prix dans les pages de résultats de son moteur de recherche. Elle tacle parallèlement ses pratiques en ce qui concerne la publicité en ligne : selon elle, Google étouffe purement et simplement la concurrence. Explications. 
 L’Europe ne lâche rien

La Commission européenne poursuit ses enquêtes sur les pratiques de Google et, quel que soit le sujet, tend vers la même conclusion : le géant du Web abuse de sa position dominante. Après lesrésultats affichés dans son moteur de recherche et la place qu’il s’octroie dans les smartphones Android, l’Europe vient de prendre de nouvelles mesures concernant son comparateur de prix. Selon Margrethe Vestager, la commissaire chargée de la politique de concurrence, Google a abusé de sa position dominante en favorisant systématiquement son propre service de comparaison de prix dans ses pages de résultats de recherche générale. Cette accusation n’est pas nouvelle, la Commission européenne l’avait déjà formulée en avril 2015 ; Google l’avait balayée quelques mois plus tard en jugeant ces « préoccupations infondées ». « Un large éventail d’éléments probants et de données supplémentaires renforcent la conclusion préliminaire », explique la Commission, qui maintient donc ses accusations. Google dispose de 8 mois pour répondre.

Autre point de discorde : la publicité contextuelle en ligne, c’est-à-dire les annonces qui s’affichent sur les sites Internet en fonction des pages consultées par l’internaute. Google en affiche lui-même dans son moteur de recherche, mais joue aussi les intermédiaires avec de nombreux sites tiers. Ainsi, lorsque vous consultez un site d’infos ou celui d’un e-commerçant, Google place des publicités en rapport avec votre historique de navigation. C’est dans ce rôle de régie publicitaire que Google occupe une position dominante (il s’est taillé, depuis 10 ans, une part de marché de 80 % !). La Commission a épluché les contrats qui lient le géant à ses différents partenaires, et a relevé des conditions bien trop restrictives pour que les régies concurrentes puissent survivre. Ils doivent par exemple accepter un nombre minimum de publicités contextuelles de Google et leur réserver les meilleures places sur leurs pages de résultats de recherche. Cette fois, Google a 10 semaines pour répondre à ces accusations.

Si l’enquête de la Commission européenne conclut bel et bien à l’entrave à la concurrence, Google s’expose théoriquement à une amende de 10 % de son chiffre d’affaires, soit approximativement sept milliards d’euros.

Camille Gruhier

cgruhier

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26 juillet 2016

Carte PlayStation. Cdiscount se prend les pieds dans la promo

Carte PlayStation. Cdiscount se prend les pieds dans la promo

 27 € de ristourne sur une carte prépayée PlayStation Network, l’affaire semble belle sur Cdiscount. Sauf qu’au final, le prix est le même qu’ailleurs. Un exemple qui montre une fois de plus qu’il ne faut pas se fier aveuglément aux promotions avancées par certains sites Internet.

Cdiscount se prend les pieds dans la promo

Promotions, ventes flash, soldes… les prix barrés, c’est un peu la marque de fabrique de Cdiscount. Tout au long de l’année, le vendeur en ligne multiplie les réductions de prix de 10, 20, 30 % ou plus dans tous ses rayons. Depuis quelques jours, le roi de la promo a encore frappé. Cette fois, c’est la carte prépayée PlayStation Store qui en a bénéficié. La semaine dernière, Cdiscount.com proposait en effet une ristourne de 27 € sur cette carte qui permet de bénéficier d’un crédit de 50 € sur PlayStation Network, la plateforme de jeu en ligne de Sony. Elle était vendue 50 € au lieu de 77,13 € (prix barré).

Si le prix final est logique, celui de départ, lui, a de quoi interpeller, surtout quand on sait que le prix d’une telle carte est généralement calqué sur le montant du crédit. Sur les sites de Micromania ou de la Fnac, par exemple, la carte 50 € est habituellement vendue 50 € et la carte 20 € est au prix de 20 €. Sur Amazon, elle était affichée au prix de 49,99 € sans ristourne et sur PlayStation Network, le fait de payer 50 € ajoute automatiquement 50 € de crédit sur le porte-monnaie virtuel. Si certains sites dérogent à cette règle, c’est souvent pour la vendre un peu moins cher. Il arrive que le prix soit plus élevé, mais rarement à de tels niveaux.

Pour comprendre où Cdiscount a déniché un tel prix de référence, il faut suivre l’astérisque. Selon le marchand, le prix de 77 € correspondrait au « prix moyen pratiqué par les vendeurs de la marketplace de Cdiscount ». De fait, il suffit de se promener sur la plate-forme de marché pour constater que certains marchands appliquent des prix très élevés pour ce genre d’article, parfois au-delà de 80 €. « Nos prix de vente sont calculés à partir de nos prix d’achat, auxquels nous ajoutons notre marge, les frais de port et les frais prélevés par la marketplace », se justifie l’un d’eux.

 

reduction carte playstation cdiscount

Après promotion sur Cdiscount, la carte PlayStation à 50 € est vendue 50 €, et la carte à 20 € est au prix imbattable de 20 € (capture d’écran).

PLUSIEURS MODES DE CALCUL

D’ailleurs, ce mode de calcul n’est pas le seul utilisé par Cdiscount pour définir ses prix de référence. Selon les cas, le marchand peut aussi s’appuyer sur le prix conseillé par le fabricant, sur un « prix moyen constaté sur un panel de 89 sites concurrents » ou bien sur un « prix moyen constaté sur une sélection de 4 sites Internet spécialisés ». « Ces informations figurent sur la fiche produit et à l’article 2 de nos conditions générales de vente. Nous sommes l’un des rares sites d’e-commerce à afficher un tel niveau d’information sur ce point particulier », se félicite d’ailleurs un responsable de Cdiscount.

Derrière ces précautions de la filiale du groupe Casino, un constat simple : Cdiscount peut afficher un prix de référence qu’il n’a jamais réellement appliqué afin d’enjoliver une promotion qui n’en est pas une.

Que des marchands cherchent à gonfler artificiellement leurs prix barrés pour afficher des réductions plus importantes n’est pas une nouveauté. L’UFC-Que Choisir dénonce régulièrement cette pratique. Dans une étude parue en décembre dernier, elle en avait même montré l’ampleur. Après avoir analysé 966 promotions sur 10 sites marchands, elle avait constaté que dans 41 % des cas, le prix d’origine n’était pas justifié. Mais l’entourloupe aura rarement été aussi visible qu’avec cette carte PlayStation. Le problème, c’est que depuis l’abrogation de la réglementation encadrant les rabais promotionnels en mars 2015, ce genre de pratique n’est plus forcément interdit et certains marchands n’hésitent pas à profiter pleinement des largesses que leur offrent les nouvelles dispositions. Dans ces conditions, il revient au client d’être plus vigilant que jamais sur les prix pratiqués et de ne pas se fier aux réductions affichées. Pour les aider dans leurs démarches, l’UFC-Que Choisir demande aux autorités françaises d’obliger les marchands à justifier de manière claire et lisible le calcul de leurs prix de référence.

26 juillet 2016

Smartphone (infographie). Vous et votre smartphone

Smartphone (infographie). Vous et votre smartphone

Tout le monde ou presque a désormais un smartphone dans la poche. Mais personne ne le perçoit tout à fait de la même manière. Alors que certains ne lui accordent qu’un intérêt et un budget très limités, d’autres le voient comme un assistant indispensable du quotidien. L’âge est bien sûr un facteur déterminant : les jeunes utilisent beaucoup plus leur smartphone que leurs aînés. En tout cas, les répondants à notre questionnaire en ligne (3 148 personnes) s’accordent sur plusieurs points : Apple et Samsung ont la cote, le budget dépasse rarement 400 € et, globalement, la satisfaction des utilisateurs est assez moyenne.

 

Infographie - Vous et votre smartphone

VENTES EN FRANCE

Le smartphone a franchi en 2015 la barre des 20 millions d’unités vendues en France (GfK). C’est presque autant que les téléphones mobiles classiques (24,6 millions). Mais, depuis quelques années, la croissance s’essouffle : le marché semble proche de la maturité.

L’Autorité de régulation des télécoms (Arcep) estime de son côté que 71,8 millions de cartes SIM sont en circulation, soit un taux de pénétration de 108 %. Par ailleurs, depuis son maximum de près de 36 € atteint en 2005, la facture moyenne ne cesse de baisser. Elle s’établit désormais à 19,30 €. Les clients au forfait payent 21,80 € en moyenne, nettement plus que ceux qui utilisent des cartes prépayées (7,40 €).

EQUIPEMENT

Samsung et Apple, leaders incontestés

Les smartphones de Samsung sont les plus populaires auprès de nos lecteurs. Le fabricant coréen a su gagner la confiance des consommateurs grâce à une large gamme d’appareils constituée de modèles plus ou moins chers, plus ou moins puissants, plus ou moins grands. Ses smartphones trustent le haut du classement de nos tests en laboratoire. Il s’agit pour la plupart de modèles haut de gamme, comme le Galaxy S6, le Galaxy S7 ou le Galaxy S7 Edge. Même s’ils sont un peu anciens, les smartphones de Samsung restent intéressants car leurs prix chutent rapidement. Le Galaxy S5 par exemple coûte 250 €, un prix que beaucoup sont prêts à investir. Notre sondage révèle en effet que 32 % d’entre vous ont payé leur appareil entre 200 et 400 €. Seuls 11 % déboursent plus de 600 € pour s’offrir un appareil ultra haut de gamme. Ces estimations ne tiennent pas compte des smartphones achetés dans le cadre d’une offre opérateur, avec un abonnement mobile, qui représente encore 1 cas sur 3.

Apple, qui ne vend que des iPhone, est bon deuxième (22 %) et s’inscrit comme l’unique rival sérieux de Samsung.

Les autres marques arrivent en effet loin derrière. Certaines n’ont pourtant pas à rougir des performances de leurs appareils, notamment Sony, LG ou HTC. Preuve que les moyens marketing investis par les fabricants sont bigrement efficaces ! Même Wiko, marque peu convaincante mais très agressive en publicité, a réussi à séduire 5 % d’entre vous. Une fois, mais pas deux ! Les clients Wiko ne sont que 10 % à affirmer qu’ils rachèteront un appareil de la marque. Ils sont 50 % chez Samsung et 70 % chez Apple. Ce désamour s’explique, en partie au moins, par des performances insuffisantes (stockage saturé, pas de 4G, etc.). Peut-être avez-vous aussi eu affaire au service après-vente déplorable de la marque.

USAGES

On coupe le son en public !

Téléphoner, envoyer des messages, des courriels, consulter Internet et les réseaux sociaux, prendre des photos… Tous ces usages sont désormais adoptés par tous, même si l’âge nuance les proportions (les 18-39 ans consultent plus Twitter, Facebook et Instagram que leurs aînés, mais… ce n’est pas vraiment une surprise). Concernant les fonctions annexes, 64 % des 18-39 ans se réveillent avec leur smartphone (contre 26 % en moyenne) mais, tous âges confondus, l’agenda est utilisé par près de la moitié d’entre vous. Au final, en moyenne, vous utilisez votre smartphone pendant 1 h 08 chaque jour. Les plus jeunes sont, là aussi, plus gourmands (2 h/jour). Et moins à cheval sur les principes : ils sont sous-représentés parmi les sondés qui estiment qu’il faut couper le son dans les lieux publics fermés (74 %) ou qu’il est impoli de relever ses courriels en compagnie d’amis (58 %).

Les boutiques en ligne App Store (iPhone) et Play Store (smartphones Android) proposent des milliers d’applications mobiles à télécharger. Mais la majorité d’entre vous n’en ont pas besoin d’autant, loin s’en faut. 38 % des sondés n’en téléchargent jamais, 43 % à peine 1 par mois. Seuls 7 % des utilisateurs téléchargent 3 applications ou plus par mois.

SATISFACTION

Enthousiasme modéré

Une note de satisfaction de 7,5/10 n’est pas une bonne nouvelle pour les fabricants de smartphones. Concrètement, nos lecteurs ne sont pas « emballés ». Pour 15 % d’entre eux, c’est même la douche froide, puisqu’ils attribuent une très mauvaise note (entre 1 et 5). Le détail des résultats révèle que les « gros » utilisateurs (plus de 45 minutes par jour) sont plus satisfaits (7,8/10) que les « petits » (7,1/10). Vous êtes nombreux (60 %) à déplorer le manque d’autonomie de la batterie et le manque de stockage disponible (25 %). Mais l’ergonomie générale des menus et la qualité de l’écran tactile (réactivité, luminosité, lisibilité) sont les premiers motifs d’insatisfaction. Notez que les clients d’Apple s’avèrent nettement plus satisfaits que la moyenne (8,1/10) : la qualité de fabrication des iPhone, leurs performances générales et la simplicité de leur interface iOS semble donc justifier leur prix élevé… À l’autre bout de l’échelle, Microsoft ne parvient pas à séduire avec son système Windows Phone. Quant à Wiko, bon dernier, il paie la piètre qualité de ses modèles bon marché.

Camille Gruhier

cgruhier

Grégory Caret

Observatoire de la consommation

gcaret@quechoisir.org

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26 juillet 2016

Test crèmes solaires pour enfant. Réponse aux polémiques

Test crèmes solaires pour enfant. Réponse aux polémiques

Il y a quelques jours, l’UFC-Que Choisir dressait un constat inquiétant après avoir testé des crèmes solaires pour enfants : un tiers des produits analysés assurait une protection aux UVA significativement inférieure aux recommandations européennes. Rapidement, certains fabricants et autres syndicats professionnels du secteur cosmétique ont mis en doute la fiabilité de nos tests afin de discréditer nos résultats. Nous maintenons bien entendu nos conclusions  et nous répondons aux critiques, à peine sincères, en ce qui concerne la méthode de notre test et d’éventuelles erreurs d’interprétation.

Réponse aux polémiques

 

MÉTHODE IN VITRO CONTRE MÉTHODE IN VIVO POUR LA DÉTERMINATION DE LA PROTECTION UVA

Pour les UVA, nos tests de crèmes solaires pour enfants ont été réalisés selon une méthode in vitro. Comme déjà expliqué à maintes reprises, la méthode in vitro pour la détermination des UVA est la méthode recommandée au niveau européen. Le grand syndicat européen des fabricants de produits cosmétiques, Cosmetics Europe, le précise très clairement sur son site Internet : la méthode in vitro « is now considered as the reference method within the EU. Cosmetics Europe therefore recommends cosmetic manufacturers to use this standard to determine the UVA Protection Factor” (1). Traduction : la méthode in vitro est maintenant considérée comme la méthode de référence au sein de l’UE. Cosmetics Europe recommande donc aux fabricants de produits cosmétiques d’utiliser cette norme pour déterminer le facteur de protection UVA.

Au niveau français, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) recommande également cette même méthode. L’Agence l’a déclaré la semaine dernière à l’AFP : « Le test in vitro est développé et utilisé par les laboratoires de l’ANSM ».

La méthode in vitro est celle que Que Choisir utilise depuis des années. Dans nos précédents tests, ni les fabricants ni leur fédération (la FEBEA) n’ont contesté notre recours à cette méthode.

Mais par le passé, Que Choisir n’avait pas engagé d’action en justice pour les produits non conformes (1 en 2013 et 3 en 2011) comme c’est le cas cette année. Peut-être peut-on y voir un lien de cause à effet…

Cosmetics Europe rappelle aussi que la méthode in vitro donne des résultats équivalents à la méthode in vivo : “For UVA protection testing, preference is given to the standardised in vitro test method which avoids the need for in vivo testing while delivering equivalent results.” Traduction : pour les tests de protection UVA, la préférence est donnée à la méthode standardisée de test in vitro qui évite le recours à des essais in vivo, tout en délivrant des résultats équivalents.

La FEBEA, la puissante fédération des entreprises de beauté, n’a-t-elle pas connaissance des prises de position de Cosmetics Europe et de l’ANSM ?

Quant à la Société française de dermatologie (SFD) qui a publié le 6 juillet une « mise au point », elle ne semble pas convaincue de sa propre position quand elle affirme à grand renfort de conditionnel :« En l’absence de référence officielle, il nous semble cependant pertinent de penser que les techniques de mesure de protection en UVA in vivo, c’est-à-dire en conditions réelles d’usage seraient plus pertinentes ».

ERREUR D’INTERPRÉTATION DE QUE CHOISIR. VRAIMENT ?

Plusieurs fabricants ainsi que la FEBEA ont accusé Que Choisir de s’être trompé. C’est faux. Sans rentrer dans des considérations techniques, ils n’ont pas su lire les résultats qui leur ont été communiqués, supposant que le ratio (FPS affiché sur l’étiquette divisé par la valeur de l’UVA) n’avait pas été correctement calculé. La FEBEA a cru sur parole ses adhérents et n’a pas procédé à la moindre vérification. Elle a accusé sans preuve Que Choisir d’avoir fait « une petite erreur de méthodologie ». Une réaction étonnante quand on sait que depuis des années, nous transmettons à l’identique les résultats de nos analyses aux fabricants. Si quelques-uns les ont étrangement mal interprétés cette année, d’autres mis en cause les ont tout de suite compris.

Un petit rappel historique nous semble nécessaire. La recommandation européenne sur l’efficacité des produits cosmétiques date de 2006 (2). Depuis 10 ans maintenant, les produits de protection solaire doivent garantir une protection UVA minimale, au minimum d’un tiers du facteur de protection solaire (FPS). Quoi qu’en disent les fabricants, Que Choisir a largement eu le temps de maîtriser ce calcul simplissime de ratio FPS/UVA.

Si les résultats de nos tests mettent en exergue la faible protection aux UVA de quelques crèmes solaires pour enfants, ce n’est peut-être pas en raison de notre méthode d’analyse. La qualité intrinsèque de certains produits est sûrement à revoir. Fabricants et fédérations professionnelles feraient mieux d’améliorer ces crèmes solaires plutôt que de tenter de discréditer nos analyses, fruits d’un travail indépendant et impartial.

(1) https://www.cosmeticseurope.eu/publications-cosmetics-europe-association/guidelines.html?view=item&id=33
(2) Recommandation de la Commission européenne du 22 septembre 2006 relative aux produits de protection solaire et aux allégations des fabricants quant à leur efficacité.

Gaëlle Landry

Rédactrice technique

Franck Attia

franckattia

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26 juillet 2016

L’actu en liste, le numéro 11 de 2016

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16 juillet 2016

Ondes électromagnétiques. Les enfants trop exposés

Ondes électromagnétiques. Les enfants trop exposés

Entre smartphones, tablettes tactiles, jouets connectés, babyphones… les enfants sont exposés à de multiples sources de radiofréquences. Le rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) pointe des effets sanitaires possibles.

Les enfants trop exposés

« Les enfants ne sont pas des adultes en miniature », a rappelé l’Anses en présentant son rapport sur l’exposition des enfants aux radiofréquences et ses effets potentiels sur leur santé. Et en matière d’exposition aux champs électromagnétiques des appareils sans fil, ça change tout. « En raison de leur petite taille, de leurs spécificités morphologiques et anatomiques et des caractéristiques de certains de leurs tissus, les enfants sont plus exposés que les adultes », démontrent les experts de l’Agence nationale de sécurité sanitaire. Certaines zones de leur cerveau sont plus sensibles aux ondes que chez l’adulte.

Impossible de se prononcer sur des effets éventuels sur le développement, le système reproducteur ou immunitaire ni sur des effets cancérogènes ou tératogènes : « les données actuelles issues de la littérature scientifique internationale ne permettent pas de conclure à leur existence ou non », soulignent les experts. Ils concluent en revanche à « des effets possibles sur les fonctions cognitives de l’enfant », à savoir la mémoire, l’attention, le langage ou les capacités psychomotrices, ainsi qu’à « des effets sur le bien-être » qui peuvent, entre autres, se manifester par des troubles du sommeil, du stress, des maux de tête. Mais ces derniers pourraient être davantage liés à un usage intensif des téléphones mobiles plutôt qu’aux radiofréquences qu’ils émettent, selon l’Anses.

RÉGLEMENTATION INADAPTÉE AUX ENFANTS

L’Agence préconise une évolution de la réglementation et des normes. Elles sont actuellement inadaptées à cette population particulièrement sensible que constituent les enfants, d’autant qu’« à la différence des générations précédentes, ils sont aujourd’hui exposés à de multiples sources de radiofréquences dès leur plus jeune âge ». L’Anses recommande donc d’étendre les obligations réglementaires des téléphones mobiles en matière de contrôle des niveaux d’exposition et d’information du public à toutes les technologies sans fil destinées aux enfants, ce qui n’est pas le cas actuellement ; de revoir les valeurs limites d’exposition en fonction « des conditions raisonnablement prévisibles d’utilisation », c’est-à-dire avec des émetteurs placés contre le corps ; de réévaluer la pertinence du DAS (débit d’absorption spécifique), cet indicateur qui mesure l’exposition des utilisateurs de téléphones portables, et de créer un indicateur représentatif de leur exposition réelle tenant compte des conditions d’utilisation ; de réviser les niveaux de référence visant à limiter l’exposition environnementale aux champs électromagnétiques des radiofréquences afin de protéger la santé des enfants.

Autant de recommandations qui s’imposent au vu des effets sanitaires déjà reconnus. Sans oublier la nécessité du kit mains libres et d’un usage modéré du portable par les enfants, le téléphone mobile restant la source la plus intense d’exposition aux radiofréquences.

Élisabeth Chesnais

echesnais@quechoisir.o

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13 juillet 2016

Dossier médical partagé

Dossier médical partagé

12 ans après l’annonce de son lancement, 11 ans après la date prévue de sa généralisation, le dossier médical partagé (DMP), anciennement dossier médical personnel, a enfin son décret d’application. Publié le 5 juillet, il précise notamment les droits du titulaire du dossier, ainsi que l’impossibilité d’en supprimer des données.

Enfin un décret d’application

 En 2011, nous avons titré au sujet du dossier médical personnel « Enfin sur les rails ! » En 2012, c’était « Enfin du concret ». En 2016, c’est donc « Enfin un décret d’application ». C’est peu de dire que le DMP est un projet long, très long à accoucher. Soumis à de nombreuses vicissitudes techniques, financières et organisationnelles, victime d’atermoiements politiques, le DMP n’a jamais décollé, avec quelque 584 467 dossiers ouverts au mercredi 6 juillet. La loi réformant l’assurance maladie du 13 août 2004 prévoyait d’en doter l’ensemble des assurés dès 2007.

Le décret relatif à ce DMP a finalement été publié le 5 juillet. Il a été pris en application de la loi santé du 26 janvier 2016, qui relance ce serpent de mer et en confie le déploiement à la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts).

Le décret définit le DMP comme un « dossier médical numérique destiné à favoriser la prévention, la qualité, la continuité et la prise en charge coordonnée des soins des patients ». Il peut être créé par le bénéficiaire ou un professionnel de santé et contient son état-civil, les vaccinations, les synthèses médicales, les lettres de liaison, les comptes-rendus d’examens, les traitements prescrits, les actes thérapeutiques réalisés…

Auparavant appelé « Dossier médical personnel », le DMP a été rebaptisé « Dossier médical partagé ». Un changement de nom loin d’être anodin, puisque le titulaire du dossier n’aura pas complètement la main sur son contenu.

Le dossier peut être créé par le bénéficiaire lui-même ou par un professionnel de santé, sous réserve d’un consentement « exprès » et « éclairé » du patient. Les informations médicales pourront être versées « le jour de la consultation, de l’examen ou de son résultat, à l’origine de leur production et au plus tard le jour de la sortie du patient après une hospitalisation ».

L’accès au dossier est possible, après « autorisation préalable » du titulaire, pour « tout professionnel de santé » participant à sa prise en charge. En cas d’urgence, et sauf opposition du bénéficiaire, les professionnels de santé pourront accéder au dossier. Le titulaire et son médecin traitant seront informés de cet accès a posteriori.

Le bénéficiaire du dossier pourra masquer certaines informations, mais ce droit de masquage ne s’appliquera pas au médecin traitant, qui bénéficie d’une dérogation, ni à l’auteur des informations concernées. Le bénéficiaire peut toutefois établir une liste des professionnels à qui il souhaite interdire l’accès à son dossier.

Il est par ailleurs impossible pour le titulaire du DMP de supprimer lui-même des données inscrites par un professionnel de santé. Il peut uniquement « en demander la suppression, s’il existe un motif légitime, auprès du professionnel de santé ou de l’établissement de santé qui en était l’auteur ».

Si le titulaire décide de clore son dossier, ses données seront archivées pendant 10 ans, avant suppression.

13 juillet 2016

Traçabilité des viandes. Le projet d’étiquetage des produits transformés validé par l’Europe

Traçabilité des viandes. Le projet d’étiquetage des produits transformés validé par l’Europe

Trois ans après le scandale des lasagnes à la viande de cheval qui avait alerté consommateurs et pouvoirs publics sur la nécessité d’une meilleure traçabilité des viandes dans les produits transformés, Bruxelles autorise la France à lancer une expérimentation d’étiquetage à compter du 1er janvier 2017.

Le projet d’étiquetage des produits transformés validé par l’Europe

 Ce fut sans conteste la fraude alimentaire la plus marquante de ces dernières années. En 2013, la découverte de viande de cheval dans des lasagnes supposées être au bœuf relançait le débat autour de la traçabilité de l’origine des produits animaux dans les plats transformés.

Or si la réglementation européenne oblige les professionnels à indiquer le pays d’origine des viandes fraîches, cette mesure pourrait enfin être élargie aux charcuteries (saucisses, jambon…),  viandes cuites et plats préparés. Une obligation qui pourrait prendre effet début 2017 selon une déclaration faite par le ministre de l’Agriculture et porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll ce mardi 4 juillet.

COMPLEXITÉ DES CHAÎNES D’APPROVISIONNEMENT

Car c’est bien la traçabilité des produits transformés qui pose aujourd’hui question compte tenu de la complexité des chaînes d’approvisionnement de l’agroalimentaire en Europe. Un parcours qui, soumis aux cours mondiaux de la viande, peut conduire à consommer des plats contenant la viande d’animaux nés, engraissés, abattus et transformés dans différents pays avant d’être commercialisés en France par un industriel qui aura bien du mal à connaître la fiabilité et même l’identité du fournisseur initial.

La nécessité de clarifier cette situation parfois labyrinthique avait conduit la France mais aussi l’Italie, la Grande-Bretagne et l’Autriche à réclamer une plus grande transparence quant au pays d’origine des viandes de ces produits. La loi française relative à la consommation avait ainsi introduit en 2014 une disposition légale visant à rendre obligatoire cette mention. Mais la Commission européenne avait alors considérablement limité la portée de cette initiative en réclamant un engagement volontaire des industriels et des distributeurs.

UN ÉTIQUETAGE VOLONTAIRE PEU EFFICACE

Afin de prendre la mesure de cet étiquetage volontaire, l’UFC-Que Choisir a lancé une étude parue en février 2016 portant sur 245 aliments transformés à base de viande de bœuf, de porc et de poulets produits par des grandes marques et des grandes et moyennes surfaces. Résultat, bien que certains industriels jouent le jeu afin de rassurer des consommateurs soucieux de cette traçabilité, moins de la moitié des produits étudiés font bel et bien mention du pays d’origine de la viande utilisée.

Face aux résultats en demi-teinte du volontariat,  à la demande appuyée de plusieurs États membres et du Parlement européen, et à la mobilisation de l’UFC-Que Choisir et des syndicats agricoles en février dernier, la Commission européenne a finalement consenti à ce que l’étiquetage devienne obligatoire.

AVAL DE LA COMMISSION EUROPÉENNE

Ainsi, Stéphane Le Foll annonçait le 4 juillet que la Commission européenne, au terme d’un délai de réflexion de trois mois, avait décidé de valider un projet d’expérimentation proposé par la France le 11 mars dernier.

Ce projet prévoit l’étiquetage de l’origine de la viande mais aussi des produits laitiers dans les plats préparés, ainsi que du lait.
L’approbation de Bruxelles obtenue, le ministre de l’Agriculture a immédiatement saisi le Conseil d’État du projet de décret. Celui-ci dispose de deux mois pour rendre son avis.
En cas d’approbation, le dispositif pourrait entrer en vigueur au 1er janvier 2017 pour une période de 2 ans.

Dans un communiqué de presse, le ministre indique que les modalités précises de mise en œuvre de ces règles d’étiquetage feront l’objet dans le courant de l’été d’une concertation avec l’ensemble de la filière et les associations de défense des consommateurs.

Marie-Noëlle Delaby

mndelaby@quechoisir.org

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13 juillet 2016

Filtre à particules. Les moteurs essence aussi

Filtre à particules. Les moteurs essence aussi

 Après le diesel, ce sont bientôt les moteurs à essence qui recevront un filtre à particules. En cause, le nouveau système d’injection qu’ils utilisent et les normes de plus en plus sévères.

Les moteurs essence aussi

Le diesel n’a plus le vent en poupe et les ventes de véhicules à moteur à essence ne cessent de progresser. Elles représentent aujourd’hui 43,3 % des ventes (1) de voitures neuves contre 35 % en 2014. Un revirement qui peut s’expliquer par la prise de conscience que le diesel n’est pas forcément adapté à la ville ; par le fait que les constructeurs automobiles se sont enfin décidés à produire des mécaniques modernes et performantes ; mais aussi par le durcissement des normes antipollution. En effet, alors que la norme Euro 6.b est applicable à tous les véhicules vendus depuis le 1er septembre 2015, on parle déjà de la suivante, l’Euro 6.c qui devrait entrer en vigueur dès septembre 2017 pour les nouveaux moteurs, puis septembre 2018 pour tous les véhicules.

Nouveauté, les moteurs à essence seront soumis aux mêmes exigences que les moteurs Diesel. Car l’actuelle norme Euro 6.b autorise les moteurs à essence à injection directe à émettre dix fois plus de particules que les moteurs Diesel. Anticipant d’ores et déjà ce nouveau seuil, certains constructeurs ont décidé d’équiper leurs mécaniques de filtres à particules. Volkswagen l’a annoncé, PSA devrait faire de même prochainement et Mercedes l’utilise déjà sur l’un de ses modèles (S500). Donc, après le diesel dans les années 2000, c’est au tour des blocs à essence de recevoir le fameux FAP (filtre à particules), rebaptisé pour l’occasion GPF, pour Gasoline Particulate Filter (filtre à particules pour moteur à essence). Et, si le moteur à essence doit désormais être ainsi traité, c’est qu’il utilise un nouveau système d’injection : l’injection directe… comme celle que l’on trouve sur les diesel. Mais, cette solution, qui permet d’optimiser le fonctionnement des moteurs, a un effet pervers. Stéphane Raux, chef de projet connaissance et traitement des polluants à l’IFPEN (Institut français du pétrole énergies nouvelles), précise en effet que « si toute combustion entraîne la formation de particules, l’injection directe en engendre beaucoup plus qu’un moteur classique à injection indirecte ».

PLUS SIMPLE POUR LES ESSENCE

L’équipementier Faurecia, spécialiste des systèmes de traitement des gaz d’échappement, a été le premier à présenter en 2015 ce type de filtre pour moteurs à essence capable d’éliminer jusqu’à 90 % des particules. La mise en place de ce filtre n’aurait par ailleurs aucune incidence sur les émissions des autres polluants. Emmanuel Jean, maître-expert dépollution chez l’équipementier, précise toutefois que « le traitement des particules émises par un moteur à essence est beaucoup plus simple que dans le cas d’un moteur Diesel. La température des gaz d’échappement est plus élevée avec un moteur à essence ce qui facilite l’élimination des particules, la phase dite de régénération ». Plusieurs avantages à cela. Déjà, le GPF peut être fabriqué à partir d’une céramique synthétique meilleure marché (la cordiérite) et n’impose pas l’utilisation d’un additif comme c’est parfois le cas avec un moteur Diesel. Ensuite, la régénération est induite naturellement, lorsque le filtre est suffisamment chaud, simplement quand le conducteur relâche l’accélérateur ou en phase de pleine charge. Cette élimination quasi continue des particules limite la quantité à supprimer à chaque fois, ce qui n’engendre alors pas de surconsommation de carburant, comme cela peut être le cas avec un diesel.

 

filtre a particules

Exemple d’un filtre à particules

Au final, le fonctionnement du GPF est totalement transparent pour l’utilisateur. Côté impact financier, le coût d’un GPF est environ cinq fois moins élevé que celui d’un FAP de moteur Diesel, ce qui ne devrait pas avoir d’incidence significative sur le prix d’achat d’une voiture. Côté entretien, Faurecia rassure en indiquant que son GPF est étudié pour résister à la durée de vie du véhicule. Aucune intervention d’entretien n’est donc à prévoir.

(1) Données sur les 5 premiers mois de l’année, source CCFA (Comité des constructeurs français d’automobiles).

13 juillet 2016

Assurance vie. Les fonds structurés dans le collimateur de la justice

Assurance vie. Les fonds structurés dans le collimateur de la justice

La cour d’appel de Paris vient de condamner Generali à rembourser à un client les pertes subies sur une assurance vie, partiellement investie en fonds structurés. Motif : ces fonds qui ne garantissent pas le remboursement du capital initial ne peuvent pas être souscrits dans le cadre de l’assurance vie.
Les fonds structurés dans le collimateur de la justice

La décision de la cour d’appel de Paris (1) est une première qui pourrait concerner des centaines de milliers de particuliers. Les juges viennent de condamner une pratique de plus en plus répandue : faire souscrire aux particuliers, dans le cadre de leur assurance vie, des fonds risqués et totalement incompréhensibles… Non seulement les assurés n’ont aucune certitude de retrouver l’argent placé au départ, mais en plus et surtout, ils n’ont aucune idée de la probabilité que cette perte survienne !

En l’espèce, fin 2006, M. G. a placé, dans le cadre d’une assurance vie souscrite auprès de la société Generali, 941 114 euros sur le fonds Optimiz Presto 2. Or à l’échéance, le particulier a enregistré une perte de 416 238,03 euros sur son contrat. C’est à hauteur de cette somme (de plus de 416 000 euros) que Generali vient d’être condamné par la cour d’appel de Paris à indemniser son client. La cour estime en effet que l’assureur a commis une faute en faisant investir son client dans « un produit sur lequel il ne pouvait légalement investir au titre de son assurance vie ». Cette dernière estime notamment que les fonds structurés ne peuvent être assimilés ni à des obligations en raison de l’absence de garantie du capital à échéance, ni à des actions (car elles ne sont pas négociables sur des marchés) autorisées, elles, dans le cadre de l’assurance vie.

Si la décision est si importante, c’est comme le note MHélène Féron-Poloni du cabinet Lecoq-Vallon et Féron-Poloni, l’avocate de M. G., en raison du déséquilibre patent entre l’information dont disposent les particuliers sur ce type de fonds et celle que possèdent les assureurs. « Les clients sont certes parfois avertis qu’il existe un possible risque de perte en capital. Mais ils n’ont aucune possibilité d’en mesurer le niveau. Or, toute l’information (notamment les courbes prospectives) délivrée au client est très rassurante. Il ne possède notamment aucun élément pour évaluer les probabilités de gains et les probabilités de pertes, contrairement au professionnel qui structure le fonds », détaille Me Féron-Poloni.

Rappelons d’ailleurs que l’Autorité des marchés financiers (AMF) a plusieurs fois (notamment en 2008 et 2010) rappelé qu’un fonds structuré n’est pas une obligation et mis en garde les épargnants contre les risques de ces produits. Sans effet auprès des assureurs. Car si les fonds structurés se révèlent généralement perdants pour les clients, ce n’est pas le cas pour les assureurs et banquiers qui engrangent de copieuses commissions sur la commercialisation de ces produits !

En tout cas, la décision de la cour d’appel est loin d’être passée inaperçue auprès des compagnies d’assurance. L’assureur Axa aurait notamment, selon plusieurs sources internes, déjà demandé à son réseau de courtiers de suspendre la commercialisation des contrats intégrant des fonds structurés ! Lorsque l’on sait qu’environ la moitié des unités de comptes souscrites dans le cadre de l’assurance vie sont des produits structurés, on comprend le séisme soulevé par la décision. Generali n’a pas encore fait savoir si elle souhaitait se pourvoir en cassation.

(1) Arrêt de la cour d’appel de Paris du 21 juin 2016 (n°2016/230).

Élisa Oudin

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13 juillet 2016

Appareil photo (infographie). Vous et votre appareil photo

Appareil photo (infographie). Vous et votre appareil photo

 Il est le complice de toujours, celui qui capte les moments importants de la vie et engrange les souvenirs. Depuis maintenant plusieurs dizaines d’années, l’appareil photo est dans tous les foyers. Mais depuis son invention en 1824 par Nicéphore Niépce, il a bien changé. Aujourd’hui, il est ultra-équipé, connecté et accessible à tous. Nous avons voulu, par le biais d’un questionnaire en ligne (près de 3 500 réponses), savoir ce que vous faisiez avec votre appareil photo et si vous étiez satisfaits de ses performances. Voici les principaux enseignements de notre étude.

 

infographie vous et votre apn

DES VENTES EN CHUTE LIBRE

Année après année, le marché des appareils photo s’enfonce un peu plus dans le marasme. En 2015, seuls 2,1 millions d’appareils ont été vendus en France, très loin des 5,5 millions de 2010. 2016 devrait rester sur la même tendance. Sur les trois premiers mois de l’année, les ventes ont encore reculé de 18,9 % par rapport à la même période l’année dernière. Cette chute irréversible, les fabricants la doivent en partie à l’avènement des smartphones dont les performances en matière de photo n’ont cessé de s’améliorer. Cette concurrence se retrouve dans notre étude. 82 % des personnes ayant répondu à notre questionnaire disent prendre aussi des photos avec leur smartphone. Pour autant, rares sont celles qui seraient prêtes à se passer de leur appareil photo. Elles sont seulement 3 % à penser qu’elles ne rachèteraient pas d’appareil photo si le leur venait à rendre l’âme. Compacts et reflex souffrent aussi du succès grandissant des hybrides haut de gamme. Ces appareils compacts à objectifs interchangeables et aux performances très proches de celles des reflex sont les seuls à voir leurs ventes progresser, malgré un prix de vente moyen élevé de 639 € (source Gfk). Les fabricants tentent bien de freiner la chute des ventes grâce à des compacts experts intégrant des réglages manuels plus évolués et des zooms plus puissants ou encore avec des modèles tout-terrain capables de prendre des photos sous l’eau. Certains comptent aussi sur des reflex très haut de gamme et sur la généralisation des fonctionnalités sans fil pour limiter les pertes. Mais pour l’instant, aucune de ces initiatives ne semble à même de compenser la chute inexorable du marché.

UNE PASSION QUI COÛTE CHER

La chute des ventes n’entraîne pas celle des prix. Si on trouve encore des modèles d’entrée de gamme à moins de 100 €, nos tests montrent qu’il ne faut rien en attendre d’exceptionnel. Pour bénéficier d’une qualité correcte, mieux vaut tabler sur un budget d’au moins 300 ou 400 €. D’ailleurs, plus de la moitié de notre échantillon (53 %) a dépensé plus de 400 € pour acheter son appareil et près d’un quart (22 %) plus de 800 €. Assez logique dans la mesure où pour 91 % d’entre eux, la qualité d’image constituait le critère le plus important. En plus, la plupart des répondants ont préféré acheter leur appareil dans un magasin, quitte à se passer des prix parfois intéressants disponibles sur Internet. Ce choix, ils l’ont fait plus pour le service après-vente et pour la disponibilité des produits que pour les conseils. En effet, seuls 17 % ont demandé de l’aide à un vendeur.

UNE UTILISATION AU QUOTIDIEN

Un appareil photo, c’est fait pour s’en servir. La plupart des sondés disent recourir à leur appareil tout au long de l’année et pas seulement pour les grandes occasions. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ils ne se contentent pas du mode automatique. Près des trois-quarts utilisent les réglages manuels de leur appareil (luminosité, vitesse d’ouverture, etc.) et 7 sur 10 les modes scènes (crépuscule, paysage, portrait, etc.), espérant ainsi améliorer le résultat final. Les filtres, en revanche, connaissent un engouement nettement plus mitigé. S’ils font la joie des utilisateurs de smartphones, ces réglages qui permettent de créer facilement des effets (noir et blanc, sepia, vintage, etc.) rencontrent moins de succès sur les appareils photo. Seuls 26 % disent les utiliser. Wi-Fi, Bluetooth, NFC… les fonctionnalités sans fil non plus ne rencontrent pas une grande adhésion de la part des utilisateurs. Sur les 27 % de répondants possédant un appareil photo « connecté », 43 % les utilisent parfois et 29 % souvent. Et dans la majorité des cas, ils se contentent de lancer le visionnage des photos sur le téléviseur ou de déclencher la prise de vue à distance. Ils sont en revanche nettement moins nombreux à y avoir recours pour partager leurs photos sur les réseaux sociaux, transférer les fichiers sur un autre support ou lancer des impressions. La connectivité des appareils était pourtant considérée par les fabricants comme l’un des principaux arguments commerciaux susceptibles d’inciter les utilisateurs à renouveler leur équipement. Visiblement, la mayonnaise a du mal à prendre.

DES PERFORMANCES À LA HAUTEUR

Globalement, les utilisateurs se disent plutôt satisfaits de leur appareil. Il faut dire que depuis quelques années, les fabricants ont fait beaucoup de progrès aussi bien en matière d’ergonomie et d’autonomie que du côté de la qualité des photos. En tout cas lorsque les conditions de luminosité sont satisfaisantes. Quand la lumière baisse, l’insatisfaction des utilisateurs augmente. Une personne sur 5 en moyenne n’est pas satisfaite de la qualité des photos prises en intérieur avec le flash ou lorsque le sujet est en mouvement, malgré les efforts des fabricants pour atténuer ces défauts tout en préservant un maximum de détails sur l’image. Clichés trop sombres, apparition de parasites (bruit), couleurs aléatoires, sujet flou… la photographie demeure une subtile question d’équilibre.

DES BONS RÉFLEXES

Les photographes tiennent à leurs photos et ça se voit puisque 60 % d’entre eux ont le bon réflexe de les sauvegarder sur au moins deux supports (dans 93 % des cas, sur un disque dur externe ou une clé USB). Ils sont par ailleurs 79 % à retoucher leurs clichés et autant à les imprimer. Ce dernier chiffre reste toutefois à relativiser puisque seuls 9 % éditent la majorité de leurs photos, 70 % n’en imprimant qu’une petite sélection. L’imprimante domestique reste le moyen le plus utilisé (71 %), devant les sites Internet spécialisés (31 %) et les magasins (22 %). Il faut dire que les fabricants d’imprimantes jet d’encre ont fait de gros progrès ces dernières années, aussi bien au niveau de la qualité de l’impression photo que de la durabilité des clichés. Les bornes automatiques, elles, ne sont utilisées que par 10 % des gens qui impriment.

Romain Grégoire

Observatoire de la consommation

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13 juillet 2016

Investissements en hôtellerie. Incertitudes autour de la situation de Maranatha Finotel

Investissements en hôtellerie. Incertitudes autour de la situation de Maranatha Finotel

Le groupe Maranatha Finotel, qui propose aux particuliers d’investir dans l’hôtellerie, a confirmé la nomination d’un administrateur judiciaire sur une partie de ses activités courant juin. Il est par ailleurs au centre d’une enquête préliminaire pour des faits présumés d’escroquerie.

Incertitudes autour de la situation de Maranatha Finotel

L’enquête en question a été confiée en 2012 à la brigade financière du Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Marseille. De nombreuses enquêtes préliminaires ne débouchant sur rien de concret, il n’y aurait pas forcément lieu de s’en préoccuper outre mesure, si la brigade financière de Marseille n’avait pas diffusé en juillet 2015 un appel à témoignage. Il visait à savoir comment les produits Maranatha Finotel avaient été présentés aux particuliers, quand ils ont été démarchés. Par ailleurs, interrogé par Que Choisir, le groupe a nié l’existence de cette enquête. Or, la brigade financière la confirme, en renvoyant au parquet de Marseille pour tout commentaire.

Début juin 2016, le groupe Maranatha a levé quelque 300 000 euros par l’intermédiaire de la plateforme de financement participatif franco-belge Look & Fin. « Nous n’avons pas été informés de cette enquête préliminaire, alors que c’est bien sûr un élément susceptible d’intéresser les souscripteurs », déplore Frédéric Levy-Morelle, dirigeant de Look & Fin.

Il y a également une zone de flou autour de la nomination d’un administrateur judiciaire. Selon Maranatha, sa mission concerne un litige circonscrit à un seul hôtel, mais le groupe refuse de dire le nom de l’administrateur. Il s’agirait du cabinet Douhaire, à Marseille. Le 13 juin, le groupe a repoussé la date de tenue de l’assemblée générale qui doit approuver les comptes.

Que Choisir avait déjà relevé que la présentation des placements Maranatha Finotel par certains conseils en gestion de patrimoine indépendants péchait par excès d’optimisme. Compte tenu de ces nouveaux éléments, ils sont à examiner avec une attention redoublée.

Erwan Seznec

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13 juillet 2016

Perturbateurs endocriniens. Les approximations dangereuses de la marque Avril

Perturbateurs endocriniens. Les approximations dangereuses de la marque Avril

Suite à notre test de vernis à ongles où elle a été classée dernière avec la référence Rouge Vermillon n°33, la marque Avril a réagi sur sa page Facebook et auprès de ses clientes.  Avec des arguments que nous sommes obligés de démentir, surtout concernant les perturbateurs endocriniens.

Les approximations dangereuses de la marque Avril

Pour rassurer ses clientes sur la qualité et l’innocuité de ses vernis, Avril commence par préciser sur Facebook que « la benzophenone-1 est utilisée dans les vernis dans le but de préserver le produit de la lumière, sinon la couleur risque de se dégrader. Il ne peut pas être retiré à cause de cette fonction bien spécifique et indispensable. »

Une réponse qui impose une question simple : si ce perturbateur endocrinien est tellement indispensable, pourquoi la moitié des autres vernis à ongles de notre test (soit 8 sur 16) n’en contiennent-ils pas ?

Même raisonnement concernant les composés présents de façon non volontaire en tant que contaminants. Selon Avril, « des impuretés techniquement inévitables sont parfois présentes à l’état de traces dans un produit. » Sauf que  les autres marques  testées maîtrisent suffisamment bien leur process de fabrication pour ne pas contenir ces impuretés.

Autre point avancé par Avril et qui interroge quant au sérieux de ses analyses : « le résultat n’est pas le même pour les utilisatrices selon que le composant est présent en quantité importante et nocive, ou en quantité infinitésimale à l’état de traces donc sans aucun danger, ce qui est le cas ici. » Cette réponse d’Avril sur les perturbateurs endocriniens que sont la benzophénone, les phtalates et le styrène n’est absolument pas recevable car la particularité toxicologique des perturbateurs endocriniens est double :

  • ils peuvent être toxiques à des doses infinitésimales ;
  • ils peuvent être plus toxiques à doses très faibles qu’à doses plus élevées.

On le répète régulièrement, les perturbateurs endocriniens sont des composés au comportement totalement imprévisible. Ils doivent donc être tout simplement proscrits de la composition des produits cosmétiques, sans aucune sorte de tolérance.

Afin que notre réponse soit tout à fait complète concernant le vernis à ongles Rouge Vermilllon n°33 de la marque Avril, nous reproduisons ci-dessous le texte qui accompagne les résultats de notre test en laboratoire car ce que nous affirmons concernant ce produit est le fruit d’analyses scientifiques :

Côté composition, Avril fait très fort. Annoncé sans phtalates, c’est le seul vernis de la sélection dans lequel nous en avons trouvé ! Certes, la quantité est faible (20 ppm de DEHP), mais cet ingrédient est interdit et, s’agissant d’un perturbateur endocrinien (PE), un effet hormonal est possible même à très faible dose. Le DEHP est en outre classé reprotoxique de catégorie 1B.
La teneur en DEHP mesurée dans ce produit ne signe pas un ajout intentionnel. À ce niveau de concentration, le rôle technique de plastifiant n’est pas possible. Il s’agit donc plus probablement d’une contamination résultat d’une moins bonne maîtrise du processus de fabrication. Tous les autres concurrents testés parviennent à éviter ou éliminer les traces de phtalates, pas Avril.
À l’analyse, nous avons aussi retrouvé un autre PE, le styrène.
Et enfin, la liste d’ingrédients mentionne aussi la présence de benzophénone-1, un PE supplémentaire. Son annonce « sans formaldéhyde » laisse également perplexe puisqu’il en renferme aussi un peu plus que les autres. Ça commence à faire beaucoup pour un produit à l’image écolo, composé de « 74 % d’ingrédients d’origine naturelle ».
Côté efficacité, ce vernis n’a pas fait preuve de qualités techniques particulières : il n’est ni spécialement couvrant, ni bien résistant (mauvaise tenue aux liquides et sensible à la rayure), et il met longtemps à sécher. En revanche, il est très brillant (obtenant 3 étoiles sur ce critère), c’est peut-être son seul atout.

Fabienne Maleysson

fmaleysson@quechoisir.org

Franck Attia

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13 juillet 2016

Windows 10. Microsoft cesse enfin la mise à jour forcée

Windows 10.   cesse enfin la mise à jour forcée

Depuis plusieurs semaines, l’UFC-Que Choisir reçoit des dizaines de témoignages de consommateurs outrés par la mise à jour forcée de leur PC vers Windows 10. Notre association n’est pas la seule : le « bad buzz » autour de cette pratique a fait le tour du Web. Microsoft ne s’en est jamais ému, trop concentré sans doute sur son objectif d’installer le système dans 1 milliard d’appareils à l’horizon 2018. À un mois du 29 juillet, date à laquelle Windows 10 deviendra payant et donc (encore) moins attractif, l’éditeur change le processus. C’est un peu tard.
 Microsoft cesse enfin la mise à jour forcée

Et non, finalement, tard ne vaut pas toujours mieux que jamais. Onze mois après le lancement de Windows 10, Microsoft se décide enfin à modifier le processus de mise à jour des PC sous Windows 7 et Windows 8.1. Jusqu’à présent, les utilisateurs voyaient une fenêtre s’afficher sur leur écran les informant d’une mise à jour imminente de leur système. Les plus attentifs avaient remarqué qu’ils pouvaient la retarder en choisissant eux-mêmes une date et une heure précise. Mais la plupart fermaient cette intempestive fenêtre sans prêter attention au message, cliquant par réflexe sur la croix rouge située en haut à droite. Sans le savoir, ils acceptaient, de fait, la mise à jour. Estimant, à juste titre, qu’on leur avait forcé la main, des dizaines d’utilisateurs ont manifesté leur mécontentement en sollicitant l’UFC-Que Choisir, en multipliant les témoignages sur Internet et auprès de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés). « Nous avons peut-être été un peu maladroits dans la mise en page », admet du bout des lèvres Agnès Van de Walle, directrice de la division Windows et Devices chez Microsoft France. C’est le moins que l’on puisse dire !

 

windows 10 maj

Les utilisateurs pourront décliner la mise à jour vers Windows 10 alors que la dernière version de la fenêtre (à droite) exigeait beaucoup d’attention pour annuler la mise à jour.

Désormais, les utilisateurs vont pouvoir décliner l’offre. Microsoft change en effet la fenêtre de mise à jour, qui contiendra désormais un bouton explicite de refus. « La croix rouge va reprendre son rôle de fermeture de fenêtre », précise la dirigeante. Faut-il se réjouir de cette soudaine volte-face alors que les consommateurs se plaignent depuis des semaines ? Pas forcément. Microsoft donne plutôt l’impression de se donner bonne conscience. Car dans un mois, le 29 juillet exactement, Windows 10 deviendra payant (lire encadré) alors qu’il était gratuit pour les utilisateurs de PC sous Windows 7 et Windows 8.1 depuis son lancement en juillet 2015. Cette échéance clôt la période « bénie » pendant laquelle Microsoft pouvait nicher facilement son nouveau système, contribuant significativement à son objectif affiché : installer Windows 10 dans 1 milliard d’appareils d’ici à 2018. Une fois le système payant, le rythme des installations ralentira forcément. Mais Microsoft l’aura déjà soutenu, un peu artificiellement, pendant onze mois… sur douze.

WINDOWS 10, GRATUIT OU PAYANT ?

Depuis le lancement de Windows 10, en juillet 2015, Microsoft propose aux utilisateurs de PC sous Windows 7 et Windows 8.1 de migrer gratuitement vers le nouveau système. Si vous avez déjà procédé à la mise à jour, il est définitivement installé sur votre ordinateur (il ne s’agissait pas d’une version d’essai ou incomplète), vous n’avez rien à payer. Si ce n’est pas encore le cas, dépêchez-vous : à partir du 29 juillet 2016, Windows 10 deviendra payant pour tous. Windows 10 Famille coûtera 135 €,  Windows 10 Pro 279 €. Si votre ordinateur est ancien ou qu’il fonctionne sous Windows XP ou Vista, assurez-vous que sa configuration permet d’accueillir Windows 10. Ce n’est probablement pas le cas…
Configuration minimale requise pour Windows 10 :

  • Processeur 1 GHz ou plus rapide ou SOC
  • RAM : 1 Go pour système 32 bits ou 2 Go pour système 64 bits
  • Espace sur le disque dur : 16 Go pour système 32 bits ou 20 Go pour système 64 bits
  • Carte graphique : DirectX 9 ou version ultérieure avec pilote WDDM 1.0
  • Écran : 800 x 600

Camille Gruhier

cgruhier

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13 juillet 2016

TGV Pop. Une offre de dernière minute un brin complexe

TGV Pop. Une offre de dernière minute un brin complexe

La SNCF a annoncé le retour de TGV Pop, son offre de départs à prix réduits en dernière minute. Testée l’été dernier et désormais pérennisée, elle fonctionne sur le principe des « achats groupés ». Si l’initiative permet de bonnes affaires, elle rajoute encore de la complexité à une grille tarifaire déjà peu claire.

Une offre de dernière minute un brin complexe

Des billets moins chers pour prendre le TGV à la dernière minute : l’initiative est louable. La SNCF a annoncé lundi le retour, et l’élargissement, de son offre TGV Pop. Son but : répondre « aux attentes des jeunes voyageurs, toujours plus connectés, à l’affût des bons plans et des achats malins ».

Le principe de cette offre rejoint celui des achats groupés sur Internet. À partir du 1er juillet, certains TGV circulant hors heure de pointe disposeront d’un quota de places Pop à tarif réduit. Mais pour qu’elles soient mises en vente, il faut que suffisamment de personnes se déclarent intéressées par le voyage, en votant sur le site www.tgvpop.com. Le vote est possible entre 15 et 3 jours avant le départ. Si le quota de vote est atteint, les internautes intéressés reçoivent un e-mail avec un code Pop leur permettant de réserver les places. La réservation se fait obligatoirement dans les trois jours avant le départ du train.

Le dispositif avait été testé à l’été 2015 sur une trentaine de destinations. Les sièges de 200 TGV dédiés étaient proposés à des tarifs allant de 25 à 35 €. Désormais, le service est pérennisé et la SNCF annonce proposer plus de 500 000 billets rien que sur l’été, entre le 1er juillet et le 30 septembre.

Les tarifs annoncés promettent de belles économies à ceux qui s’y prennent à la dernière minute. Pour un voyage le 1er juillet, plusieurs Paris-Rennes seront proposés à 30 € (contre 65 à 85 € en tarif normal), à condition que 25 à 50 personnes se déclarent intéressées, en fonction des trains. Lundi soir, il ne manquait plus que 4 votes pour ouvrir des places Pop à 50 € pour un Perpignan-Paris, contre 77 € en tarif normal.

 

tgv pop trajet

Un Paris-Rennes en attente de votes sur Tgvpop.com

PEU DE CLARTÉ SUR LES PROMOS

Cette offre de la SNCF, dont le but est de rendre le train plus abordable pour les jeunes, s’accommode mal de la promesse formulée chaque année de simplification de sa grille tarifaire. Malgré une grosse campagne de publicité de la SNCF, certains voyageurs risquent de passer leur chemin, faute d’envie de se prendre au jeu du vote, ou par manque d’information : les places Pop sont visibles sur un site dédié, mais pas sur voyages-sncf.com.

Dans son rapport annuel 2015 publié le 31 mai dernier, le médiateur SNCF Mobilité, Bernard Cieutat, invite d’ailleurs l’entreprise publique à améliorer l’information des voyageurs sur les promotions, en en faisant la communication plus en amont. Il observe en effet que « tous les ans, la SNCF mène des campagnes promotionnelles » mais que « la  communication  sur  ces  tarifs  promotionnels ponctuels est assez tardive ». Cela « génère de l’insatisfaction auprès de clients réguliers qui souhaitent anticiper leur voyage » et qui finissent « par acquérir des billets à un tarif bien supérieur à celui dont ils auraient pu finalement bénéficier quelques jours plus tard ».

Dans ce rapport, le médiateur préconise aussi la dématérialisation des bons voyages remis aux personnes victimes de retard, afin qu’ils puissent être utilisés en ligne. Les bons actuels, envoyés par courrier au format papier, ne sont utilisables qu’en boutique et dans les gares.

13 juillet 2016

Roundup. Le glyphosate sauvé par Bruxelles

Roundup. Le glyphosate sauvé par Bruxelles

Les États membres avaient refusé de se prononcer clairement sur l’interdiction ou la réautorisation du glyphosate. La Commission européenne vient donc de trancher pour eux, c’est oui au Roundup et à ses concurrents.

Le glyphosate sauvé par Bruxelles

C’est l’épilogue d’un feuilleton qui ne grandit pas les dirigeants politiques. Appelés à se prononcer sur le renouvellement de l’autorisation du glyphosate, la matière active du célèbre Roundup (Monsanto) et des désherbants concurrents, ils avaient créé la surprise en mars dernier en refusant de voter sa réautorisation pour 15 ans comme le leur proposait la Commission européenne. Depuis, la Commission de Bruxelles était revenue plusieurs fois à la charge, en réduisant à chaque fois la durée d’autorisation initialement prévue. Elle avait d’abord ramené le renouvellement de 15 à 9 ans, sans succès.

Si bien qu’au 4e vote qui a eu lieu le 24 juin dernier, sa proposition n’était plus que de 18 mois. Les États membres ont à nouveau refusé de la valider, la Commission n’a pas obtenu la majorité qualifiée nécessaire au renouvellement.

En bonne logique démocratique, après ces 4 échecs de l’exécutif européen face aux États, le glyphosate aurait dû être interdit dans l’Union européenne dès ce 1er juillet.

Sauf que dans ce drôle de feuilleton, les États membres qui ont adopté une posture antiglyphosate n’ont fait que jouer au poker menteur. Les opposants se sont bien gardés de voter formellement contre le renouvellement, ils ont seulement refusé de voter pour, en s’abstenant. En droit européen ça change tout, ça revient à laisser la décision finale à la Commission de Bruxelles. Fidèle à sa proposition, l’exécutif européen vient donc de prolonger l’autorisation du glyphosate pour 18 mois, deux jours avant l’échéance couperet qui aurait mis fin à la commercialisation et à l’utilisation de ce désherbant dans toute l’Union européenne.

Avec une belle hypocrisie, les gouvernements qui n’ont pas soutenu la réautorisation de ce pesticide classé « cancérogène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) vont ainsi pouvoir se défausser de leur responsabilité sur la Commission européenne tout en permettant au monde agricole de continuer à désherber tant et plus à coups de glyphosate !

Élisabeth Chesnais

echesnais@quechoisir.org

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13 juillet 2016

Soldes été 2016 (infographie). Des économies bien ternes

Soldes été 2016 (infographie). Des économies bien ternes

Des économies bien ternes

Alors que les soldes ont commencé il y a une semaine (22 juin), Que Choisir a relevé des milliers de prix sur 5 catégories de produits (téléviseurs, lave-linge mais aussi appareils photo, tablettes, smartphones) afin d’évaluer la réalité des réductions proposées aux consommateurs. Le bilan est plus que modeste.

 

infographie analyse prix soldes

Comme chaque année avant les grandes vacances, les soldes sont très attendus des particuliers, que ce soit pour remplir les valises d’habits pour l’été ou pour l’achat d’équipements plus conséquents : téléviseurs, lave-linge mais aussi appareils photo, tablettes, smartphones…
Sur Internet ou en magasin, les règles sont exactement les mêmes, les soldes ne peuvent porter que sur des articles déjà proposés à la vente par le commerçant depuis au moins 30 jours. C’est pourquoi nos relevés de prix ont eu lieu quelques jours après le début des soldes (27 juin) et 30 jours avant cette date (27 mai).

Comme lors du Black Friday en novembre dernier, le bilan des économies est, en moyenne, plus que limité sur les centaines de produits que nous avons suivis. Les rabais vont de -3,4 % sur les téléviseurs (soit 40,70 €) à -0,5 % sur les appareils photo numériques (soit 2,59 €). Les iPad, les tablettes tactiles d’Apple, ont même augmenté de 0,4 % (3,32 €) sur la période !

Ces chiffres sont une moyenne des prix pratiqués par les 21 principaux sites marchands, il peut donc y avoir sur certains produits et dans certains magasins des réductions tout à fait intéressantes.

LE PROTOCOLE DE NOTRE ENQUÊTE

Les prix ont été relevés les 27 mai et 27 juin 2016 sur 21 sites marchands (Amazon, Boulanger, Cdiscount, Darty, Fnac, Leclerc…).
Les prix observés un jour de solde sont comparés aux prix pratiqués 30 jours plus tôt.
Notre enquête a visé cinq catégories de produits : appareils photo numériques, tablettes tactiles,téléviseurs, smartphones, lave-linge. Pour chacun d’eux, les prix ont été relevés sur des milliers de références.

Franck Attia

franckattia

Grégory Caret

Observatoire de la consommation

gcaret@quechoisir.org

gregorycaret

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13 juillet 2016

Herbicide. Des résidus de glyphosate dans les bières allemandes et suisses

Herbicide. Des résidus de glyphosate dans les bières allemandes et suisses

Une étude de nos confrères suisses de FRC Mieux Choisir parue en juin épingle la présence de glyphosate dans des bières artisanales brassées en Suisse. En février, une ONG allemande dénonçait déjà la présence dans les principales bières consommées en Allemagne de cet herbicide jugé probablement cancérogène par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) et dont la reconduite de l’autorisation de mise sur le marché, imminente, fait actuellement l’objet d’un vif débat à Bruxelles.

Des résidus de glyphosate dans les bières allemandes et suisses

À défaut d’une météo clémente, l’Euro fait les beaux jours des brasseurs qui profitent des festivités footballistiques pour écouler des stocks parfois impressionnants de bière. Mais si en France la bière coule à flot, en Suisse et en Allemagne des affaires de contamination aux résidus d’un pesticide, le glyphosate, éclaboussent les « mousses » nationales. Cet herbicide chimique, le plus vendu au monde notamment sous la marque Roundup, a en effet été classé « cancérogène probable pour l’homme » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), en mars 2015.

DES BIÈRES ARTISANALES LARGEMENT CONTAMINÉES

Or nos collègues suisses de FRC Mieux Choisir ont publié en juin les résultats de tests effectués sur des bières artisanales. Les analyses ont révélé que quasiment toutes les bières analysées étaient contaminées par du glyphosate ou de l’acide aminoéthylphosphonique (AMPA). « Le glyphosate n’étant pas un produit chimique très stable dans l’environnement, il est utile de rechercher  également l’AMPA qui est un produit de sa dégradation. Outre le fait qu’il est un indicateur fiable de la présence de glyphosates sur les échantillons, il est soupçonné des mêmes effets délétères pour la santé que le glyphosate », précise Lionel Cretegny qui a réalisé l’enquête pour Mieux Choisir. Selon l’auteur, cette contamination est probablement liée à l’épandage de glyphosate sur les champs d’orge et de houblon servant à la fabrication du malt, qui sont principalement exportés d’Allemagne, la Suisse en cultivant peu. Mais aussi, dans une moindre mesure, du fait de la contamination de l’eau utilisée pour le brassage.

UN PRÉCÉDENT ALLEMAND QUI A FAIT GRAND BRUIT

Mais l’affaire ne concerne pas que la Suisse puisqu’en février dernier, une ONG environnementale allemande avait déjà signalé la présence de résidus d’herbicide dans les principales bières allemandes. L’étude, menée par l’Institut de l’environnement de Munich sur quatorze marques de bières allemandes, avait également montré que tous les échantillons testés étaient contaminés par des résidus de glyphosates. Certaines bières, à l’instar de la Pils de Hasseröder, en contenaient même près de 30 µg/l, soit plus de 300 fois la dose de glyphosate autorisée en Allemagne dans l’eau potable, qui est de 0,1 µg/l.

Afin de désamorcer la polémique, le BFR (Bureau d’évaluation des risques en santé allemand) a publié un avis sur la question. Tout en reconnaissant que « la présence de résidus de glyphosate dans les bières est plausible dans la mesure où l’usage de produits phytosanitaires contenant du glyphosate est autorisé dans les champs de céréales », l’institut précise qu’« en Allemagne, l’étiquetage des produits contenant du glyphosate mentionne l’interdiction de leur usage sur les céréales destinées au brassage ». Le BFR se veut toutefois rassurant, précisant que les quantités retrouvées par l’institut munichois dans les échantillons de bières testées étaient trop infimes pour être considérées comme dangereuses. « Pour absorber une quantité de glyphosate représentant un risque pour la santé, un adulte devrait boire environ 1 000 litres de bière en une journée ».

POLÉMIQUE ET AGENDA POLITIQUE

Une telle polémique autour de la bière peut prêter à sourire, l’abus d’alcool s’avérant dangereux à des quantités bien moindres. Mais ces études allemandes et suisses soulèvent le problème de l’omniprésence des contaminations au glyphosate, présent dans quasi tous les échantillons analysés. « Preuve que cette molécule est partout, même du côté des paysans brasseurs qui veulent bien faire », commente Lionel Cretegny dans son article.

Ces résultats ont de plus eu un énorme retentissement en Allemagne, où ils ont été rendus publics le jeudi 25 février. Soit le jour même où le Bundestag devait se prononcer sur une proposition des Verts allemands visant à voter contre le renouvellement européen du glyphosate, et finalement rejetée à 446 voix contre 117.

À l’heure actuelle, Bruxelles légifère en effet sur la reconduite de l’autorisation de mise sur le marché européen du glyphosate qui expire au 30 juin 2016. Une décision qui suscite un vif débat entre les écologistes d’une part et les lobbys agro-industriels de l’autre. Et bien que l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), à la demande des États membres, ait rendu (quelques mois après l’avis négatif du CIRC) un rapport concluant « qu’il est improbable que le glyphosate présente un danger cancérogène pour l’homme », le doute semble persister puisque la France et d’autres pays membres ont décidé de voter contre sa réautorisation ou de s’abstenir.

BRUXELLES PEINE À LÉGIFÉRER

Après trois reports de décision, l’exécutif européen a soumis une nouvelle fois, le vendredi 24 juin, la question à un nouveau vote requérant une majorité qualifiée. Mais la Commission européenne a échoué une fois de plus à obtenir la réautorisation du glyphosate, sept pays, dont l’Allemagne, s’étant abstenus de voter. La France a quant à elle voté contre. Faute d’avancée, le glyphosate pourrait donc être interdit à compter du 29 juin.

Du côté de la Suisse, si la décision de l’Union n’a pas d’influence directe sur l’usage du glyphosate en Suisse où l’herbicide est actuellement autorisé, « une interdiction au sein de l’UE serait néanmoins un signe fort envoyé en direction du Parlement suisse qui pourrait également suivre cette voie », estime Lionel Cretegny.

LE GLYPHOSATE PLUS DANGEREUX EN ASSOCIATION ?

Le 20 juin 2016, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) annonçait son intention de procéder au retrait de 132 produits phytosanitaires associant le glyphosate à un coformulant : le POE-Tallowamine. L’Agence précisait avoir identifié un « point de préoccupation » concernant la présence de cette molécule censée amplifier l’activité des herbicides dans les préparations à base de glyphosate. L’agence, qui précise que « des risques inacceptables, notamment pour la santé humaine, ne pouvant être exclus pour ces produits », a donc informé courant avril les entreprises commercialisant ces herbicides de son intention de procéder à leur retrait du marché. Ces derniers devraient probablement avoir disparu des rayons d’ici 3 mois et ne pourront plus être utilisés par les particuliers à compter du 31 décembre 2016.

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13 juillet 2016

Trottinette, monoroue, gyroskate (vidéo). Les principales différences

Trottinette, monoroue, gyroskate (vidéo). Les principales différences

 Les nouveaux engins de mobilité électrique facilitent les petits trajets quotidiens. Ludiques et faciles à ranger, ils offrent une alternative intéressante aux vélos électriques et aux transports en commun. Leur budget est conséquent, entre 600 et 2000 € selon les modèles. Tandis que la trottinette électrique se généralise, la monoroue, ou gyropode, intrigue encore. Quant au gyroskate, il n’inspire pas vraiment confiance. Nous avons pris en main chacun de ces engins pour pointer leurs différences.

 

 Les principales différences

TOUT SUR LES ENGINS DE DÉPLACEMENT PERSONNEL

Camille Gruhier

cgruhier

5 juillet 2016

Vernis à ongles. Du naturel en trompe l’œil

Vernis à ongles. Du naturel en trompe l’œil

Face aux composés toxiques susceptibles de se retrouver dans un vernis à ongles, des marques cosmétiques commercialisent des vernis « naturels ». Malheureusement, les analyses que nous avons menées sur deux d’entre eux confirment que, hors certification bio, les mentions faisant référence au naturel relèvent du pur marketing.

Du naturel en trompe l’œil

Solvants, plastifiants, résines, agent filmogène, parfums, colorants : difficile de trouver au rayon cosmétique pire concentré de chimie qu’un vernis à ongles. Proposer des alternatives bio est complexe, elles sont d’ailleurs relativement rares. Du coup, certains fabricants ont investi le créneau du « naturel », terme qui a l’avantage de ne pas signifier grand-chose et de n’être contrôlé par personne.

Dans ces conditions, les résultats des deux vernis surfant sur le naturel que nous avons analysés n’étonnent qu’à moitié. Kure Bazaar (Rouge flore) et Avril (Rouge vermillon no 33) sont parmi les trois produits de notre sélection les moins recommandables côté composition. Ils contiennent du styrène, perturbateur endocrinien de catégorie 1 (effets constatés in vivo) ; de la benzophénone qui montre des effets hormonaux chez le rat ; des métaux lourds, les sels de baryum, potentiellement toxiques pour le système cardiovasculaire et du formaldéhyde même si c’est en faible quantité. Pire, Avril est le seul de la sélection à contenir des phtalates, plus précisément du DEHP, perturbateur endocrinien avéré et toxique pour la reproduction, interdit dans ces produits depuis un règlement de 2009 entré en vigueur en 2013. La marque se vante pourtant d’être, entre autres, sans phtalates et sans formaldéhyde. Fraude ? Plus probablement une mauvaise maîtrise du process de fabrication, vu les niveaux de concentration. Mais pour les consommatrices, le résultat est le même.

Kure Bazaar aussi est supposé sans formaldéhyde alors qu’il en contient. La marque cultive son image « écolo de luxe » mais ce produit ne mérite nullement son prix (16 € le flacon de 10 ml). Beaucoup plus discrets dans leur marketing vert, Revlon (« sans formaldéhyde, toluène ni DBP [un phtalate, ndlr] », Yves Rocher (« couleur végétale ») et Kiko (« sans toluène, camphre, DBP et formaldéhyde ») ne sont pas non plus des modèles en matière de composition dans notre test de 16 vernis.

Un autre reproche peut être adressé à Avril : le titre très contestable donné à son site. Lorsqu’on tape le nom de cette marque sur un moteur de recherche, on tombe sur l’adresse url surmontée du titre : « Maquillage et produits cosmétiques bio à partir de 3 € ». Un tel slogan trompe l’internaute en laissant penser que tous les produits de la marque sont certifiés bio.

Présentation de la marque Avril dans le moteur de recherche Google

actu vernis a ongles encadre

Fabienne Maleysson

fmaleysson@quechoisir.org

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5 juillet 2016

Smartphones. La bataille Samsung – Apple selon nos lecteurs

Smartphones. La bataille Samsung – Apple selon nos lecteurs

En matière de smartphone, Samsung écrase la concurrence et Apple bénéficie avec ses iPhone d’une clientèle fidèle et d’une très forte notoriété. Entre les deux marques, les consommateurs choisissent leur camp. Que Choisir a sondé ses lecteurs pour comprendre ce qui oppose ces deux univers. Résultat ? Apple plaît pour sa simplicité, Samsung pour la variété de sa gamme de téléphones.

La bataille Samsung - Apple selon nos lecteurs

Si un blanc dans une conversation vous embarrasse, ne paniquez pas. Voici une astuce pour la relancer à coup sûr. Il suffit, l’air de rien, de poser une simple question : « Et vous alors, vous êtes plutôt iPhone ou Samsung ? » Tirs croisés garantis. Car le débat qui oppose depuis 20 ans les adeptes du Mac aux partisans du PC a trouvé son relais avec les smartphones. Les uns jugent les iPhone d’Apple beaucoup trop chers et raillent la soumission consentie à une marque qui enferme l’utilisateur. On évoque même parfois l’emprise d’une secte, rien de moins… Les autres estiment que leur cerveau n’est tout bonnement pas façonné de manière à comprendre le système Android. Pas clair, trop compliqué… et moche, surtout chez Samsung (qui, comme de nombreux fabricants, personnalise l’interface graphique de ses smartphones avec une surcouche logicielle).

SAMSUNG SÉDUIT 45 % DES LECTEURS

Nous avons sondé (1) nos lecteurs pour comprendre ce qui oppose ces deux irréconciliables clans. Premier enseignement : nos lecteurs ne déjouent pas les statistiques nationales (européennes, même) puisqu’ils sont majoritairement équipés de smartphones Samsung (45 %). Les propriétaires d’iPhone arrivent en deuxième position (22 %), loin devant tous les autres constructeurs (qui se partagent les miettes, 2 à 5 % chacun).

Il faut dire que 70 % des sondés ont limité à 400 € le budget alloué à leur smartphone, et qu’à ce tarif, il est difficile de s’offrir un iPhone récent (à moins peut-être d’opter pour un modèle d’occasion). Apple campe sur le haut de gamme, si bien qu’actuellement, le moins cher des modèles, l’iPhone SE 16 Go, coûte 489 €. À l’inverse, Samsung propose une vaste gamme de smartphones, à tous les prix : le Galaxy Trend 2 Lite coûte par exemple 70 €, le Galaxy J3 2016150 €, le Galaxy S5 Neo 300 € et à l’autre bout de l’échelle, le prix de l’emblématique Galaxy S7 edge atteint 700 €. La notoriété de la marque assoit le choix des consommateurs qui, pour la plupart, éliminent ainsi les autres fabricants. Quand on leur demande s’ils resteront fidèles à la marque pour leur prochain smartphone, le taux est exceptionnellement haut chez Apple (70 %), moins chez Samsung (50 %).

LA SATISFACTION CROÎT AVEC LE PRIX

Toutes marques confondues, les lecteurs sont assez moyennement satisfaits de leur smartphone. La note moyenne s’établit à 7,5/10, ce qui dénote un manque d’enthousiasme. Mais cette moyenne s’envole à 8,1/10 chez les utilisateurs d’iPhone, et passe à 7,4/10 pour les adeptes de Samsung ! En cause, la « complexité d’utilisation » et les écrans, lorsqu’ils manquent de réactivité ou deviennent illisibles en extérieur. Nos tests de smartphones en laboratoire montrent que ces désagréments surviennent plus fréquemment sur des appareils d’entrée et de moyenne gamme, dont la dalle tactile est de moins bonne qualité. Le manque de mémoire interne est aussi souvent source de déception. Les iPhone, dont l’espace de stockage est non extensible (pas de port de carte mémoire, contrairement aux smartphones de Samsung), auraient pu en pâtir. Mais bien que déçus, les utilisateurs restent satisfaits. Enfin, les clients Samsung qui ont craqué pour un modèle haut de gamme ne connaissent pas ces problèmes : la satisfaction augmente globalement avec le prix du smartphone. Très positive pour ceux qui ont investi plus de 600 €, elle s’effondre à 6,9/10 pour un budget inférieur à 200 €. Apple-maniac et Samsung-addict s’entendent au moins sur un point : quand on paye le prix, on est content. Ou tout du moins prétend-on l’être !

 

(1) Sondage réalisé entre le 26 mai et le 1er juin 2016 auprès de 3 148 abonnés à la newsletter de QueChoisir.org.

Camille Gruhier

cgruhier

Grégory Caret

Observatoire de la consommation

gcaret@quechoisir.org

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5 juillet 2016

Justfab.fr. Un prélèvement automatique qui passe mal

Justfab.fr. Un prélèvement automatique qui passe mal

Si le site Justfab.fr met en avant son grand choix de modèles de chaussures, ses tarifs attractifs et sa livraison gratuite, il s’appesantit nettement moins sur le fait que la première commande déclenche un prélèvement automatique incitant les clientes à acheter une paire de chaussures chaque mois. Bon nombre d’entre elles estiment s’être fait léser.

Un prélèvement automatique qui passe mal

Lorsqu’elle a commandé sur le site Justfab.fr, Nathalie pensait n’avoir acheté qu’une paire de chaussures. Elle ne s’est pas rendu compte qu’elle avait de facto accepté que lui soit prélevée chaque mois la somme de 39,95 €. La jeune femme a découvert le pot aux roses quelque temps plus tard en consultant ses relevés bancaires. Nathalie a eu comme l’impression de s’être fait abuser et elle n’est pas la seule. Sur les forums, dont celui de Que Choisir, et sur les réseaux sociaux, les plaintes s’accumulent contre le site installé à Barcelone, en Espagne. Une pétition dénonçant les agissements de Justfab a même été lancée sur le site Change.org.

Contrairement à ce qui se passe chez Spartoo, Zalando ou Sarenza, une cliente qui commande une paire de chaussures chez Justfab peut choisir de payer le prix « basic » ou un tarif moins élevé baptisé « VIP ». Dans ce cas, elle devient automatiquement « membre VIP » et le site déclenche un prélèvement mensuel de 39,95 € sans que la cliente n’ait à faire quoi que ce soit de plus. Chaque mois, cette somme sera créditée sur son « compte VIP » et la cliente pourra s’en servir pour acheter une nouvelle paire de chaussures sur le site. Si, un mois, elle ne souhaite rien acheter, c’est possible, mais pour éviter que les 39,95 € ne soient prélevés, elle doit le signaler depuis son compte client avant le 5 du mois (procédure « Passer un mois »).

DES RECOURS EXISTENT

L’ennui, c’est que de nombreuses clientes qui ont opté pour le prix « VIP » assurent n’avoir pas eu conscience qu’elles s’engageaient à verser 39,95 € par mois sur leur compte client. Il faut dire que si Justfab insiste lourdement sur les avantages de son service VIP (prix avantageux, offres exclusives, sélection d’articles personnalisée, offre « 1 acheté, 1 offert » à la première commande, etc.), le site est en revanche nettement plus discret sur les prélèvements mensuels et sur la manière de les suspendre. Il faut, pour cela, lire les petites lignes ou les conditions générales de vente. Quant à la possibilité de « Passer un mois », beaucoup de clientes la trouvent trop contraignante et mal expliquée.

Si vous avez déjà commandé sur le site Justfab.fr, vérifiez sur vos relevés bancaires si vous faites l’objet d’un prélèvement mensuel. Si tel est le cas, la première des choses à faire est de résilier l’abonnement. Si l’on en croit l’article 4.3 des conditions générales de vente de Justfab, un simple appel au 09 70 73 02 37 (appel non surtaxé) suffit. Néanmoins, sans confirmation écrite de leur part, nous vous conseillons de leur faire parvenir un courrier en recommandé avec accusé de réception à l’adresse suivante : Justfab S.L.U., Avenida Diagonal 611, 08028 Barcelona. N’hésitez pas non plus à contester les prélèvements déjà effectués auprès de votre banque. L’article L. 133-6 du code monétaire et financier stipule en effet qu’une « série d’opérations de paiement » n’est autorisée que« si le payeur a donné son consentement ». Demandez donc à votre banque de vérifier que le bénéficiaire (en l’occurrence la banque de Justfab) dispose bien d’une autorisation de prélèvement au format SEPA. Dans le cas contraire, elle est tenue de procéder au remboursement des sommes versées.

FABLETICS, LA PETITE SŒUR QUI MONTE

Depuis quelque temps, la société Justfab a lancé un autre site. Dédié à la vente de tenues de sport, Fabletics.fr s’appuie sur le même modèle économique que Justfab.fr. Lui aussi met plus en avant les réductions et les exclusivités réservées aux membres VIP que le déclenchement d’un prélèvement automatique. Une différence toutefois avec Justfab : le montant prélevé. Sur Fabletics, il est de 49,95 €.

5 juillet 2016

Taxes alimentaires. Haro sur le soda mais pas sur le gras

Taxes alimentaires. Haro sur le soda mais pas sur le gras

Un rapport de la commission des finances propose de simplifier la taxation des produits alimentaires en concentrant la pression fiscale sur les produits sucrés. Une proposition qui précède de quelques heures l’annonce de l’abandon de la taxe sur l’huile de palme.

Haro sur le soda mais pas sur le gras

« Simplifier le maquis de taxes qui régit aujourd’hui les produits alimentaires ». C’est en ces termes que la députée Les Républicains Véronique Louwagie a présenté, le 22 juin, la mission de la commission parlementaire sur la simplification des taxes alimentaires.

Un projet basé sur le principe des vases communicants qui renforcerait les taxes sur les produits sucrés tout en abaissant le poids qui pèse sur d’autres produits alimentaires de grande consommation.

8 TAXES POURRAIENT ÊTRE SUPPRIMÉES

« Alors qu’une vingtaine de taxes pèsent directement sur les produits agroalimentaires, dans près de la moitié des cas ce sont des « micro-taxes », parfois complexes et lourdes à gérer », précise le rapport qui propose donc de supprimer 8 taxes jugées obsolètes ou inopérantes. Parmi elles, la taxe sur les produits de la mer, celle sur les boissons non alcooliques ou encore celles sur les céréales et les farines « qui affaiblissent la compétitivité à l’international des filières agricoles et des entreprises meunières françaises », estime Véronique Louwagie. Autre proposition, la baisse de la TVA de 20 à 5,5 % sur certains produits de consommation courante comme les margarines ou le chocolat. Mais aussi la suppression de la taxe sur les boissons contenant une dose minimale de caféine.

COUP DE BAMBOU POUR LA TAXE SUR LES BOISSONS ÉNERGISANTES

« Censée initialement frapper les boissons énergisantes, cette taxe pèse inutilement sur d’autres produits et en particulier les cafés à emporter », estime le député socialiste Razzy Hammadi, rapporteur de la commission. Un point de vue que ne partage pas l’UFC-Que Choisir qui regrette cet abandon, véritable porte ouverte à une augmentation préjudiciable à la santé des taux de caféine dans ces boissons énergisantes.

HUILES VÉGÉTALES : ÉQUILIBRER SANS SURTAXE DE L’HUILE DE PALME

Enfin, se trouve également dans le viseur des parlementaires la taxe sur les huiles végétales qui occasionne des distorsions injustifiées entre les différentes huiles, « les différents taux [appliqués aux huiles] n’étant fondés sur aucune considération environnementale ou de santé publique »,précise le rapport. En effet, l’huile d’olive – pauvre en acides gras saturés – est taxée à hauteur de 18,8 € par centaine de kilo quand l’huile de palme ne l’est qu’à hauteur de 10,37 €. Par ailleurs, la commission s’était montrée défavorable à une surtaxe spécifique de l’huile de palme (voir encadré), jugée « délicate à adopter, juridiquement incertaine, et source de complexité importante ».

LE SUCRE DANS LE VISEUR POUR COMBLER LE MANQUE À GAGNER

Sur les 4,7 milliards d’euros que rapportent annuellement les taxes alimentaires à l’État, la suppression de ces micro-taxes représenterait tout de même un manque à gagner de 590 millions d’euros. Dans un souci d’équilibre budgétaire, la commission propose donc de renforcer la pression exercée sur le sucre ajouté à travers deux scénarios possibles.

Dans le premier, la commission propose une hausse de la contribution sur les boissons sucrées. Autrement dit, il s’agirait de revoir à la hausse la taxe soda mise en place en 2012 sous Nicolas Sarkozy. La taxe passerait alors de 2,51 centimes par canette de 33 cl à 4,6 centimes.

Autre scénario envisagé : la création d’une taxe sur les sucres entrant dans l’ensemble des produits alimentaires, boissons comprises. Une seconde option qui taxerait moins fortement les produits à l’unité, mais dont l’impact serait plus large. Pour rappel, en France, nous consommons chaque année 260 000 tonnes de sucre via les boissons sucrées contre 3 millions de tonnes tout produit confondu.

Ces différentes propositions parlementaires seront débattues à l’occasion du projet de loi de finances 2017 qui sera discuté à l’automne. Et pourraient dès lors être appliquées début 2017.

LA TAXE NUTELLA SUPPRIMÉE

La montagne accouche d’une souris. La taxe additionnelle sur l’huile de palme, rebaptisée par les médias « taxe Nutella », a finalement été enterrée par les députés dans la nuit du 22 au 23 juin. Cette taxe qui devait initialement atteindre 900 euros par tonne en 2020 avait déjà subi un sérieux dégraissage de la part des parlementaires en mars, ces derniers l’ayant alors abaissée à 90 euros. Soit tout juste de quoi aligner le taux de taxation de l’huile de palme sur celui actuellement appliqué à l’huile d’olive.

Censée porter sur les huiles végétales dites « concrètes » – des graisses végétales solides à température ambiante du fait de leur richesse en acides gras saturés comme les huiles de palme, de palmiste ou de coprah – la mesure avait été sévèrement critiquée par les pays producteurs, Malaisie et Indonésie en tête. En France, la consommation d’huile de palme s’élèverait à 2,8 g par jour et par personne selon une étude du Credoc (1). Soit environ 5 % des apports en acides gras saturés des Français.

(1) Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie

Marie-Noëlle Delaby

mndelaby@quechoisir.org

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5 juillet 2016

Évasion fiscale. Les députés ratent le coche !

Évasion fiscale. Les députés ratent le coche !

Le 9 juin 2016, les députés français ont adopté une version remaniée de l’article 45 du projet de loi Sapin 2 vidant de tout sens le dispositif de transparence fiscale prévu… Encore une occasion manquée pour lutter efficacement contre l’évasion fiscale.

 Les députés ratent le coche !

Deux mois après les révélations par les médias des « Panama Papers », l’émotion manifestée par la classe politique semble avoir déjà marqué le pas ! En l’espèce, le projet de loi Sapin 2 introduisait une obligation de reporting financier pays par pays. Cette mesure, réclamée depuis longtemps par les organisations internationales de lutte contre l’évasion fiscale, notamment le Comité catholique contre la faim (CCFD) et Oxfam (confédération d’organisations luttant contre la pauvreté), impose aux grandes entreprises multinationales de publier les résultats financiers et les impôts payés chaque année par toutes leurs filiales. Las, la version finalement adoptée par les députés a été totalement édulcorée par les rapporteurs du texte à l’Assemblée nationale. Le texte doit maintenant être examiné par les sénateurs le 4 juillet prochain, avant de repasser devant l’Assemblée le 18 juillet. Une dernière chance pour les députés de revoir la copie.

LE REPORTING PAYS PAR PAYS, UNE MESURE EFFICACE

Aujourd’hui, le reporting financier reste l’un des seuls moyens pour les citoyens et consommateurs de connaître la part d’impôt réellement payée par les très grandes entreprises. Il suffit en effet pour une société de transférer artificiellement une partie de son activité dans une filiale installée dans un paradis fiscal pour échapper partiellement à l’impôt. Avec le reporting pays par pays, cette opération pourrait être détectée.

Les renseignements délivrés dans le cadre du reporting sont les suivants : chiffre d’affaires, bénéfices, nombre d’employés et impôts payés.

Prenons un exemple : une entreprise réalise 10 millions d’euros de chiffre d’affaires dans un pays A, mais déclare seulement 1 million d’euros dans ce pays. Sa filiale déclare, elle, 9 millions dans un pays B. Pas de problème si l’activité de la filiale dans le pays B est réelle et représente l’essentiel du chiffre d’affaires de l’entreprise. Mais si le reporting révèle que la filiale possède juste deux salariés dans le pays B (contre un millier dans le pays A) ; et qu’elle paye des impôts très faibles en raison de la politique très clémente du pays B, on peut légitimement s’interroger !

LE REPORTING TORPILLÉ PAR L’ASSEMBLÉE NATIONALE

Les rapporteurs de l’Assemblée nationale ont introduit deux grandes modifications à l’article 45. Le reporting complet ne sera imposé que dans une liste de paradis fiscaux qu’il resterait à définir (vue la réticence actuelle des États à qualifier les pays de paradis fiscaux, difficile de penser qu’une liste réaliste pourrait rapidement voir le jour).

Pour les autres pays européens, l’obligation de reporting ne serait obligatoire que si plus d’une filiale est implantée dans le pays. Et, pour les pays en dehors de l’Europe, le reporting ne s’impose que si les sociétés possèdent plus d’un certain nombre de filiales dans ces pays. Ainsi, de nombreuses sociétés pourraient rester totalement en-dehors du champ des radars du reporting ! Comme le note notamment le CCFD : « il suffit d’une filiale pour faire de l’évasion fiscale ; par exemple c’est grâce à une seule filiale luxembourgeoise que Mc Donald’s a pu éviter de payer près d’un milliard d’euros d’impôt entre 2009 et 2013 » !

Élisa Oudin

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5 juillet 2016

Les indicateurs économiques

Les indicateurs économiques

Taux, indices, plafonds : retrouvez les derniers chiffres suivis chaque mois par Que Choisir en ligne.

 

SOMMAIRE

CRÉDIT

 

Taux moyen(1) Seuil de l’usure(2)
Crédit immobilier
Prêt à taux fixe 3,04 % 4,05 %
Prêt à taux variable 2,66 % 3,55 %
Prêt relais 3,19 % 4,25 %
Autres prêts
< 3000 € 15,04 % 20,05 %
> 3000 € et < 6000 € 9,90 % 13,20 %
> 6000 € 5,72 % 7,63 %
(1) Taux effectif pratiqué au 1er trimestre 2016.
(2) Applicable à compter du 1er/4/16 (JO du 24/03/16).

IRL (INDICE DE RÉFÉRENCE DES LOYERS)

1er trimestre 2015 : + 0,06 %

INDICE DU COÛT DE LA CONSTRUCTION

Variation annuelle moyenne
4e trimestre 2015 : + 0,2 %

SMIC (AU 1ER/1/2016)

Brut horaire : 9,67 €

Brut mensuel : 1 466,62 €

SICAV (AU 31/5/2016) (1)

Performances sur les 52 dernières semaines

Sicav monétaires euro : + 0,86 %

Sicav obligations euro long terme : – 0,10 %

Sicav actions France : – 7,44 %

(1) Source : Morningstar, Inc – www.morningstar.fr

PRIX À LA CONSOMMATION (INDICE INSEE)

Avril 2016 : + 0,1 %

Sur 12 mois (4/15-4/16) : – 0,2 %

Mai 2016 : + 0,4 %

Sur 12 mois (5/15-5/16) : 0 %

PLAFOND DE LA SÉCURITÉ SOCIALE

3 218 € par mois (au 1er/1/2016)

TAUX D’INTÉRÊT LÉGAL (1ER SEMESTRE 2016)

JO du 01/07/2015

  • si créancier particulier : 4,54 %
  • si créancier professionnel : 1,01 %

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5 juillet 2016

Tarifs de l’électricité. L’offre Happ’e d’Engie plus concurrentielle

Tarifs de l’électricité. L’offre Happ’e d’Engie plus concurrentielle

L’offre Happ’e d’Engie plus concurrentielle

-10 % sur le prix du kWh électrique au lieu de -8 % jusqu’à présent, Engie (anciennement GDF Suez) entre dans le jeu de la concurrence avec sa nouvelle offre Happ’e.

Avec -8 % sur le prix du kWh, l’offre Happ’e réservée aux internautes était loin de faire partie des meilleures offres sur l’électricité. Son passage à -10 % la rend plus compétitive, sans toutefois qu’elle puisse prétendre au rang d’offre la moins chère du marché.

Elle a beau être remontée dans le classement tarifaire de notre comparateur électricité pour passer devant l’offre Online de Direct Énergie, elle ne truste pas les meilleures places.

De plus, l’offre Happ’e est en prix indexé sur le tarif réglementé d’EDF. Ce ne serait pas gênant s’il s’agissait de gaz, mais quand on parle d’électricité, indexation rime forcément avec augmentation. Car contrairement au tarif réglementé du gaz qui évolue à la baisse comme à la hausse, le tarif réglementé de l’électricité ne connaît qu’une tendance, la hausse.

À l’inverse d’Online et de Happ’e, les meilleures offres d’électricité de notre comparateur sont proposées en prix fixe, ce qui met à l’abri de la prochaine augmentation.

Mais plutôt que changer de fournisseur dès maintenant, mieux vaut participer à la nouvelle campagne « Énergie moins chère ensemble » que vient de lancer l’UFC-Que Choisir. Il s’agit d’obtenir le meilleur tarif possible à prix fixe, tant sur le gaz que sur l’électricité. Plus il y aura de candidats, plus les offres seront intéressantes. Les inscriptions se font gratuitement et sans engagement sur www.choisirensemble.fr.

Élisabeth Chesnais

echesnais@quechoisir.org

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5 juillet 2016