UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales

Démarchage téléphonique. Des professionnels du ping call sanctionnés

Démarchage téléphonique. Des professionnels du ping call sanctionnés

Deux sociétés qui pratiquaient le « ping call », un type de démarchage téléphonique visant à inciter les destinataires à rappeler un numéro surtaxé en leur laissant des appels en absence, viennent d’être condamnées.

Des professionnels du ping call sanctionnés

123soleil.com et holding123mediacorp, deux sociétés qui pratiquaient un démarchage téléphonique trompeur et agressif, ont été respectivement condamnées le 13 juillet 2016 à 300 000 € et 500 000 € d’amende par le tribunal correctionnel d’Agen. Et leur gérant à 250 000 € et 2 ans de prison avec sursis. Ce jugement (susceptible d’appel) fait suite à une enquête lancée en 2013 par la Répression des fraudes. Ces sociétés généraient chaque mois des appels en absence (autrement appelé ping call) auprès de millions de numéros de téléphones, dans le but d’inciter les destinataires à rappeler le numéro, sans avoir conscience qu’il était surtaxé. La société encaissait alors une partie des frais liés à la communication. Ces appels étaient émis à partir de numéros surtaxés attribués par différents opérateurs de téléphonie, notamment les numéros 3247, 3287, 3684, 3687 et 3261. Les faits ont duré de 2013 à 2015.

Jean-Paul Geai

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31 août 2016

Dépakine. Un fonds d’indemnisation en préparation

Dépakine. Un fonds d’indemnisation en préparation

L’Agence de sécurité du médicament vient de révéler qu’entre 2007 et 2014, 14 322 femmes épileptiques ou bipolaires ont pris, pendant leur grossesse, du valproate de sodium (Dépakine). 8 701 enfants effectivement nés ont donc été exposés à ses effets délétères. Un dispositif d’indemnisation est prévu.

Un fonds d’indemnisation en préparation

En 2006, la notice des médicaments comprenant du valproate de sodium (Dépakine, Dépakote, Micropakine, Dépamide et génériques) change, et déconseille explicitement le traitement si une grossesse est envisagée, en raison des risques importants de malformations ou d’autisme pour l’enfant à naître. Pourtant, dans les années qui suivent, entre 2007 et 2014, 14 322 femmes enceintes prennent malgré tout cette molécule, soit pour une épilepsie, soit pour des troubles bipolaires. C’est ce que montre une étude menée par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et l’assurance maladie, publiée mercredi. Même si les prescriptions ont diminué d’un peu plus de 40 % pendant la période, il reste que sur huit ans, 8 701 enfants effectivement nés ont été exposés aux effets délétères de cette molécule. Le valproate de sodium étant prescrit depuis les années 60, le nombre de victimes s’élève sans doute à plusieurs dizaines de milliers. Une seconde étude, en cours, précisera ce chiffre.

Étant donné l’ampleur des dommages, le ministère de la Santé a annoncé son intention d’installer un fonds d’indemnisation pour les enfants et les familles touchées. La loi établira les modalités de son fonctionnement. S’il est calqué sur le fonds Mediator, alors ce sera à Sanofi, le fabricant, de mettre la main à la poche. Mais nul doute que le laboratoire se défendra, car la notice mentionnait le risque et, contrairement au Mediator, la Dépakine a une réelle efficacité.

Ensuite, pour limiter encore l’exposition des enfants in utero, un message explicite figurera sur les boîtes de médicaments et les logiciels de prescription et de délivrance génèreront un signal d’alerte. Ces mesures complètent un dispositif déjà en place qui, depuis l’an dernier, vise à freiner au maximum la prescription de valproate de sodium chez les filles et les femmes. Comme l’efficacité indiscutable de cette molécule interdit de la retirer du marché, l’objectif est de tenter d’abord d’autres molécules de manière à n’avoir pas à gérer un changement difficile au moment où un bébé est envisagé. L’effort d’information en direction des médecins est donc essentiel. Or il semble que la profession ait du mal à modifier ses habitudes. Si le valproate s’avère au final incontournable, la prescription initiale doit normalement être faite par un spécialiste, supposé mieux informer sur les risques liés au médicament. La patiente est également tenue de présenter un accord de soins en pharmacie pour obtenir son médicament.

Anne-Sophie Stamane

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31 août 2016

Cancer de la thyroïde. Surdiagnostic massif

Cancer de la thyroïde. Surdiagnostic massif

Une étude parue en août dans le New England Journal of Medicine évalue à plusieurs dizaines de milliers les cas de surdiagnostics de cancer de la thyroïde en France ces vingt dernières années.

 Surdiagnostic massif

Le surdiagnostic dans le cancer de la thyroïde, essentiellement chez les femmes, est un phénomène reconnu : il s’agit du diagnostic de tumeurs indétectables à la palpation, qui n’auraient pas évolué vers la maladie ou le décès, mais qui, dépistées très petites grâce à des examens poussés, occasionnent des traitements lourds. En l’occurrence, l’ablation totale de la thyroïde et la prise à vie d’une hormone, la levothyroxine. L’étude que vient de publier le New England Journal of Medicine (NEJM) a ceci d’intéressant que, pour la première fois, elle quantifie le surdiagnostic du cancer de la thyroïde dans une dizaine de pays développés. Et il se révèle d’une ampleur insoupçonnée. En France, entre 1988 et 2007, il y aurait eu chez les femmes 46 000 surdiagnostics. Sur une période plus restreinte allant de 2003 à 2007, les auteurs estiment de 70 à 80 % le taux de surdiagnostics ! C’est considérable et cela explique l’épidémie de cancers de la thyroïde qui s’est déclarée dans les années 90.

Le développement des techniques d’investigation, par échographie, IRM ou scanner, et l’incitation au dépistage par les médecins sont à l’origine de cette vague de surdiagnostics. Pour les limiter, les auteurs de l’article préconisent d’éviter le dépistage systématique. Et surtout, de privilégier, en présence d’une tumeur, la surveillance plutôt que la chirurgie systématique. Aux États-Unis, les nouvelles recommandations publiées en 2015 vont dans ce sens. En France, on attend encore que la Haute Autorité de santé (HAS) mette à jour sa position. Pour le cancer de la thyroïde, elle affiche encore la chirurgie comme intervention de référence. L’UFC-Que Choisir l’avait interpellée en 2013 sur ce sujet. Évidemment, ce sont avant tout les pratiques des médecins qui doivent changer, mais les patients ont aussi un rôle à jouer : si votre médecin vous conseille un examen parce qu’il trouve votre thyroïde « un peu grosse », rien ne vous empêche d’émettre des doutes sur cette initiative, chiffres à l’appui !

Anne-Sophie Stamane

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31 août 2016

Substances toxiques dans les fournitures scolaires. Une réglementation très insuffisante

Substances toxiques dans les fournitures scolaires. Une réglementation très insuffisante

Comme le prouve notre test sur 52 fournitures scolaires, plus de la moitié contiennent trop de substances toxiques. En cause principalement, l’absence d’une réglementation spécifique sur ces produits pourtant utilisés quotidiennement par les enfants.

Une réglementation très insuffisante

Des phtalates classés perturbateurs endocriniens, des impuretés cancérogènes probables, du formaldéhyde cancérogène par inhalation et puissant irritant, en prime un conservateur si allergisant qu’il est l’ennemi numéro un des dermatologues et allergologues?: voilà à quoi nous risquons d’exposer les enfants en leur achetant des fournitures scolaires. Les plus optimistes retiendront peut-être que sur les 52 produits testés, 19 ne contiennent aucun composé nocif pour la santé ou seulement à dose infinitésimale. Mais, en magasin, c’est la roulette russe. Rien ne distingue, par exemple, un crayon à papier ou des crayons de couleur que l’enfant mâchouillera sans risques de ceux avec lesquels il ingurgitera des phtalates. Même chose avec les cartouches d’encre. Alors que les élèves se mettent souvent de l’encre sur les doigts, elles contiennent de la MIT, un puissant allergène par contact. On pourrait continuer avec d’autres produits sélectionnés, tels les stylos-billes, colles à paillettes ou encore feutres et marqueurs parfumés, des articles qui font un tabac auprès des enfants. Certaines références sont acceptables, d’autres trop nocives pour leur santé, sans qu’on puisse repérer les unes et les autres.

PAS DE RÉGLEMENTATION PRÉCISE

Car l’énorme problème, c’est que les fournitures scolaires ne relèvent d’aucune réglementation précise, pas plus d’une directive européenne que d’un texte national. Contrairement à une multitude de produits, ces objets conçus pour les enfants n’ont même pas l’obligation de porter le marquage CE. Et alors que les cosmétiques, les détergents et bien d’autres catégories sont régis par une réglementation spécifique, les fournitures scolaires en sont dispensées. Elles sont juste tenues de répondre à « l’obligation générale de sécurité », le degré minimal de la réglementation. Pour des articles destinés à la vie quotidienne de la population la plus vulnérable, c’est aberrant.

L’absence de contraintes conduit d’ailleurs à des situations ubuesques. Notre sélection compte ainsi des colles à paillettes, très prisées des plus jeunes. Certaines portent le sigle CE, d’autres pas. Pourtant, aucune n’est en infraction. Mais les fabricants qui arborent le sigle CE ont choisi de faire répertorier ces produits en tant que jouets, ce qui leur impose de répondre à une réglementation stricte quand les autres se contentent de l’obligation générale de sécurité, bien moins contraignante. Bizarrement, en effet, quand il n’existe pas de directive sectorielle, les industriels choisissent sur quelle réglementation ils veulent se baser ! Dans notre sélection, alors que toutes les colles à paillettes analysées contiennent des conservateurs hautement allergisants, une seule a choisi de préciser qu’elle « peut entraîner une réaction allergique ».

Autre exemple de cacophonie réglementaire, la présence ou non de symboles de danger sur les emballages d’articles comparables. Certains sont étiquetés de logos inquiétants assortis d’avertissements qui le sont tout autant, comme « susceptible de provoquer le cancer ». De quoi hésiter avant de les acheter… surtout quand des concurrents dépourvus de symbole de danger inspirent confiance. Des parents vont se tourner vers eux, à tort !

LES INDUSTRIELS FONT CE QU’ILS VEULENT

Là encore les industriels ont toute liberté. Ils peuvent afficher les risques dans un souci de transparence en suivant la réglementation CLP (1), qui impose un étiquetage aux mélanges dangereux, ou préférer les cacher en se référant uniquement à la réglementation Reach (2). « Les stylos et marqueurs peuvent contenir des mélanges de substances chimiques classés dangereux par le règlement CLP, souligne la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Des fabricants considèrent que les instruments d’écriture répondent à la définition de combinaison d’un article et d’un mélange, alors que d’autres estiment qu’ils répondent à la définition d’un article au sens du règlement Reach. » À composition identique on étiquette les dangers dans la première situation, et dans la seconde, on en est dispensé !

Bref, en matière de réglementation, c’est le grand bazar dans les fournitures scolaires et bien peu de protection pour les enfants. Une réglementation unifiée s’impose, les écoliers et leurs parents ont le droit d’être informés des risques que présentent des produits utilisés tout au long de l’année.

NOTES

(1) Réglementation concernant la classification, l’étiquetage et l’emballage des substances et des mélanges.
(2) Réglementation relative à l’évaluation, l’autorisation et les restrictions d’usages des substances chimiques dans les articles et les mélanges.

Élisabeth Chesnais

echesnais@quechoisir.org

Mélanie Marchais

Rédactrice technique

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31 août 2016

Assistants auditifs. Feu vert pour la vente en pharmacie

Assistants auditifs. Feu vert pour la vente en pharmacie

Présents depuis 2011 dans les officines, clairement autorisés depuis 2014, les assistants auditifs viennent d’être confortés par le Conseil d’État.

Feu vert pour la vente en pharmacie

Depuis 2014, la vente en pharmacie d’assistants auditifs est explicitement autorisée par le ministère de la Santé. Ces appareils sont aux prothèses auditives ce que sont les lunettes loupes aux lunettes de vue vendues chez l’opticien. Pas d’accord avec leur arrivée sur le marché, les audioprothésistes avaient saisi la justice pour faire cesser ce qu’ils considèrent comme de la concurrence déloyale et une attaque contre leur monopole. Ils viennent de se heurter au Conseil d’État, qui a rejeté leur requête au motif que, ces dispositifs ne nécessitant pas d’adaptation personnalisée, leur prescription n’est pas du seul ressort des audioprothésistes diplômés. S’ils ne sont sans doute pas la panacée, les assistants auditifs peuvent être un premier pas pour les personnes qui auraient besoin d’un appareillage, mais qui n’ont pas les moyens de s’offrir une prothèse, dont le prix moyen se situe autour de 1 500 €.

Anne-Sophie Stamane

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31 août 2016

Android. Des mises à jour aléatoires

Android. Des mises à jour aléatoires

Google met régulièrement à jour son système d’exploitation mobile Android. Mais les fabricants réservent ces versions améliorées aux nouveaux appareils et aux modèles haut de gamme, délaissant la plupart des smartphones déjà vendus.

 Des mises à jour aléatoires

Entre la diagonale de l’écran, la capacité de stockage et le modèle de processeur, un critère passe souvent inaperçu dans la fiche technique d’un smartphone?: la version du logiciel Android (4.4.4, 5.1.1, 6.0.1, etc.). Autre information importante, dont le consommateur n’a cette fois pas connaissance?: le logiciel du smartphone sera-t-il mis à jour régulièrement à mesure que son éditeur, Google, sortira des correctifs ou de nouvelles versions?? Non. La majorité des smartphones sous Android stagne dans la version initialement installée. Or, un logiciel obsolète impacte, tôt ou tard, les performances du téléphone. Nous avons passé en revue plus de 200 smartphones parmi ceux testés en laboratoire. Bons élèves, certains constructeurs mettent à jour la plupart de leurs modèles. Google (qui vend des smartphones sous sa propre marque, Nexus), Motorola et, dans une moindre mesure, Sony s’illustrent par leur constance. Au contraire, n’attendez pratiquement aucune mise à jour avec Acer, Alcatel, Asus, Huawei, Wiko ou ZTE (voir encadré). Entre les deux, plusieurs constructeurs délaissent manifestement leurs modèles d’entrée et de moyenne gamme pour concentrer les mises à jour sur le haut de gamme. Parmi eux, le géant Samsung, premier vendeur français et européen.

CHÈRES ADAPTATIONS

Pourtant, les constructeurs ne déboursent pas un centime pour intégrer Android, car il s’agit d’un logiciel libre. Mais la plupart d’entre eux (98 % !) le modifient pour se distinguer les uns des autres. Ils personnalisent l’interface (forme des icônes, structure des menus, etc.), intègrent des fonctions qui leur sont propres et installent des applications par défaut (les leurs et celles de leurs partenaires). Qu’elle s’appelle UX chez LG, Touchwizz chez Samsung ou Sense chez HTC, cette surcouche logicielle exige des développements spécifiques à chaque version d’Android, pour chaque modèle de smartphone et ce dans chaque pays où il est commercialisé. Si l’appareil est vendu en pack, il faut aussi décliner le logiciel pour chaque opérateur mobile local. « Le constructeur doit procéder à quelques paramétrages pour intégrer les applications propres à chaque opérateur, comme l’espace client, et pour optimiser les interactions avec le réseau », explique Christophe Gauthier, l’un des vice-présidents de Bouygues Telecom. Pour les constructeurs, ces déclinaisons exponentielles finissent par chiffrer, car elles nécessitent des équipes dédiées et d’importants développements informatiques. Et comme rien ne les engage contractuellement à faire évoluer le logiciel de leurs smartphones, ils décident seuls si un appareil mérite de migrer vers une version plus récente. La « puissance » des smartphones ne joue pas vraiment, les versions successives d’Android ayant tendance à s’alléger. « C’est une question d’arbitrage stratégique », confie Alain Serrand, responsable marketing de la division Mobile de LG (l’un des rares constructeurs à avoir accepté de répondre à nos questions). « La décision tient aussi au produit (entrée, moyen ou haut de gamme) et à sa cible. Impossible, par exemple, de ne pas mettre constamment à jour notre smartphone vedette, le G5, destiné aux technophiles. Le choix dépend aussi, bien sûr, des volumes de ventes », admet-il.

QUELQUES APPLICATIONS INCOMPATIBLES

Résultat, aujourd’hui, de multiples versions du système circulent simultanément. Seuls 10 % des smartphones tournent avec la version la plus récente, Android 6.0 Marshmallow. La plus répandue est Lollipop (5.0 et 5.1 ; 35 %), suivie de Kitkat (4.4 ; 31,6 %) et de Jelly Bean (4.1, 4.2, 4.3 ; 19 %). Google lutte contre cet éclatement du marché. Aux constructeurs, il fait signer un accord « antifragmentation » (entre autres, voir aussi encadré «?accords?») qui les contraint à garder les versions personnalisées d’Android compatibles avec le cœur du système. « Nous tentons ainsi de contenir les problèmes de développements que pourraient rencontrer les développeurs d’applications », explique Benoît Tabaka, responsable des relations institutionnelles chez Google. Hélas, cela ne suffit pas toujours. Il se peut en effet qu’un utilisateur ne parvienne pas à télécharger une application dans le Google Playstore parce qu’elle n’est pas compatible avec la version d’Android de son smartphone. L’application myCanal, par exemple, n’est compatible qu’à partir d’Android 4, et le jeu 2048 avec Android 2.3 et supérieurs. Si votre smartphone a plus de quatre ou cinq ans, vous êtes potentiellement concerné.

SÉCURITÉ ET VIE PRIVÉE COMPROMISES

Il y a plus grave. Les smartphones obsolètes sont exposés à des problèmes de sécurité. Depuis août 2015 et suite à la découverte d’une importante faille (la réception d’un MMS vérolé permettait au pirate d’accéder au téléphone), Google publie chaque mois des « patchs » de sécurité. Rien qu’au mois de juin, ce correctif a résolu 21 problèmes, dont 6 jugés critiques et 11 hautement prioritaires. « Augmenter la sécurité des utilisateurs Android implique des mises à jour du logiciel de l’appareil », confirme Benoît Tabaka. Si votre smartphone n’est jamais mis à jour, vous êtes vulnérable aux attaques, aux applications frauduleuses, ou encore aux sites de phishing (hameçonnage) ou hébergeant des fichiers malveillants. Pas rassurant. Les autres mises à jour d’Android sont plus ou moins importantes. Google apporte régulièrement des améliorations fonctionnelles dont un utilisateur « normal » peut très bien se passer. C’est lorsqu’il change de génération, chaque année (d’Android 4 à Android 5, par exemple), que les modifications sont majeures. Elles intègrent, par exemple, la gestion des évolutions technologiques des smartphones, comme le déverrouillage par empreinte digitale ou le paiement mobile sans contact. Lors du passage d’Android 5 (Lollipop) à Android 6 (Marshmallow), en octobre 2015, Google a, en outre, amélioré la protection de la vie privée. Sur les versions précédentes, l’utilisateur n’a d’autre choix que d’accepter toutes les exigences d’une application pour pouvoir l’installer (accès aux contacts, à la localisation, etc.). Désormais, il peut gérer finement, appli par appli, les données qu’il l’autorise à exploiter. Android 7 Nougat améliorera la lutte contre les « ransomwares », ces virus qui bloquent un smartphone jusqu’à obtention d’une rançon. Des avancées qui vont dans l’intérêt des consommateurs mais que beaucoup ne connaîtront pas, à moins d’investir dans un nouveau smartphone. Et encore : pour espérer bénéficier des mises à jour, il faudra y mettre le prix.

MISES À JOUR

Bons et mauvais élèves

Désormais, nous précisons la dernière version d’Android disponible pour chaque smartphone testé. L’analyse des mises à jour (constructeur par constructeur) de 216 modèles a permis de distinguer les « bons élèves » des moyens et des cancres (identifiés en vert, en orange et en rouge dans le tableau). Ci-dessous les principaux résultats.

Bons et mauvais élèves

 

ACCORDS AVEC LES FABRICANTS

Google impose sa loi

Android est un logiciel libre que tous les fabricants peuvent installer sur leurs smartphones sans autorisation de Google. Mais pour intégrer les services de ce dernier (boutique d’applis, Gmail, Youtube, etc.), les smartphones doivent être « certifiés Google », autrement dit répondre à ses exigences. Dans ses accords confidentiels avec les industriels (Mada : Mobile Application Distribution Agreement), Google impose ses règles.
Les constructeurs doivent notamment préinstaller toutes ses applications et leur disposition dans les menus est contractuelle (pas plus loin que la deuxième page d’accueil). Google leur impose aussi de privilégier le moteur Google Search. Ainsi assure-t-il la pérennité de son modèle économique : promouvoir ses propres services au détriment de ceux des concurrents pour capter de gigantesques revenus publicitaires.

 

NOS CONSEILS D’ACHAT

Préférez une marque connue. Sur quelque 1 200 fabricants de mobiles Android, à peine 400 sont certifiés par Google (voir encadré «?accords?»). À moins d’être un expert, évitez les marques « no name » ou de distributeurs. Leurs tarifs sont très bas mais elles ne vous donneront pas forcément satisfaction (pas d’accès à la boutique d’applications, pas de mise à jour, vulnérabilité accrue). Certaines marques connues jouent la transparence. Apple met ses iPhone à jour ­pendant cinq ans. Google s’engage à suivre ses Nexus trois ans après leur lancement. L’UFC-Que Choisir milite d’ailleurs pour que tous les constructeurs affichent sur leur site les mises à jour prévues pour chaque modèle.
Ne vous ruez pas sur les premiers prix. Tout le monde n’a pas besoin ou envie de se ruiner pour un smartphone. Mais les premiers prix ne sont pas la meilleure solution, les composants sensibles d’un smartphone étant de qualité variable. Le milieu de gamme (de 300 à 400 €) offre de bons modèles, mis à jour régulièrement. À considérer pour un achat à long terme.

Camille Gruhier

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31 août 2016

Labels alimentaires (infographie). Vous et les labels alimentaires

Labels alimentaires (infographie). Vous et les labels alimentaires

Appellations d’origine (AOC/AOP), Label rouge, Agriculture biologique (AB), Élu produit de l’année, Viandes de France, IGP (Indication géographique protégée), Max Havelaar… Quelles sont les mentions les plus connues ? Quelles garanties offrent-elles ? Quel degré de confiance leur accordent les consommateurs ? Quels labels alimentaires incitent à l’achat ? 3 608 abonnés à notre newsletter ont répondu à ces questions. Un score exceptionnel qui montre un grand intérêt pour le sujet. Décryptage des résultats.

infographie vous et les labels alimentaires

VOUS LES REPÉREZ BIEN…

Nos lecteurs sont des consommateurs avisés. Globalement, ils connaissent, au moins de visu,  les logos des 13 labels alimentaires retenus pour cette enquête. Seules la Spécialité traditionnelle garantie (STG) et la marque privée Bleu-Blanc-Cœur pâtissent d’une très faible notoriété. Il est vrai que la STG est quasiment inconnue du grand public. Ce label protège les dénominations de produits typiques et à caractère traditionnel mais qui ne présentent pas (ou plus) de lien avec leur origine géographique. À l’étranger, plusieurs produits en bénéficient, tels que la mozzarella, le jambon serrano, ou certaines bières belges. En France, la STG ne concerne pour l’instant que les moules de bouchot. Bleu-Blanc-Cœur s’affiche plus fréquemment dans les linéaires. Son objectif ? Améliorer la teneur en oméga 3 de notre alimentation, l’enrichissement se faisant par le biais de l’alimentation animale et le retour à des cultures végétales réputées vertueuses pour l’environnement, telles que l’herbe, le lin, la luzerne ou la féverolle.

… MAIS VOUS N’EN CONNAISSEZ PAS TOUJOURS LE SENS

Si la plupart des sigles sont familiers à nos lecteurs, cela ne signifie pas pour autant qu’ils en connaissent la signification. À la question « connaissez-vous la signification de ces labels ? », le Label rouge et le label AB arrivent très nettement en tête, avec respectivement 85 % et 77 % de réponses positives. Un cran en dessous, l’Appellation d’origine contrôlée (AOC) n’obtient que 58 % des suffrages. Curieusement, l’Appellation d’origine protégée (AOP) est encore plus mystérieuse pour nos lecteurs (41 % de réponses positives) alors qu’elle est la version européenne de l’AOC française, les règles d’élaboration inscrites dans le cahier des charges de toute AOC devant dorénavant être validées par Bruxelles.

LES PROMESSES DE L’AOC SONT LES PLUS MAL COMPRISES

À la question « selon vous, quels labels garantissent une production respectueuse de l’environnement (sans usage de pesticides, ni d’OGM) ? », 87 % des répondants à notre questionnaire placent en tête le label AB. Et à la question « selon vous, quels labels garantissent un produit de qualité supérieure ? », 79 % de nos lecteurs privilégient le Label rouge. En revanche, seulement un répondant sur deux voit dans l’AOC/AOP le gage d’un produit issu d’une zone géographique précise et d’un savoir-faire reconnu.

VOUS FAITES SURTOUT CONFIANCE AU BIO ET AU LABEL ROUGE…

Le degré de confiance accordé aux labels est en relation directe avec leur caractère officiel ou supposé tel. Ainsi, le Label rouge et AB, et, à un moindre de degré, Viandes de France ainsi que l’AOC,  sont jugés les plus fiables. À l’inverse, nos lecteurs ne sont pas dupes des labels purement commerciaux du type Élu produit de l’année ou Saveurs de l’année. Les appellations européennes, AOP et IGP, occupent une position médiane sur cette échelle de confiance, sans doute parce que bon nombre de répondants à notre questionnaire pensent, à tort, que ce ne sont pas des labels officiels.

… ET ILS VOUS INCITENT DAVANTAGE À L’ACHAT

Plus on fait confiance à un label, plus on met facilement la main au porte-monnaie. Pas étonnant, dans ces conditions, que l’Appellation d’origine (AOC/AOP) incite beaucoup moins à l’achat que le bio et le Label rouge, ou même l’estampille « Viandes de France ». Sans surprise, les labels privés (Élu produit de l’année, Saveurs de l’année) se retrouvent en queue de peloton.

DÉCRYPTAGE DES LOGOS ALIMENTAIRES

Si les labels alimentaires sont nombreux, tous ne se valent pas. Notre décryptage.

Florence Humbert

Sandrine Girollet

Observatoire de la consommation

sgirollet@quechoisir.org

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31 août 2016

Factures de gaz et d’électricité. La loi limite enfin les abus

Factures de gaz et d’électricité. La loi limite enfin les abus

C’est une bonne nouvelle pour les usagers du gaz et de l’électricité. À compter de ce 18 août 2016, les fournisseurs d’énergie ne peuvent plus facturer de montants exorbitants portant sur plusieurs années de consommation. La loi limite enfin les abus

 Voilà une mesure de la loi sur la transition énergétique favorable aux consommateurs. Depuis ce 18 août, les fournisseurs de gaz et d’électricité n’ont plus le droit d’envoyer des factures couvrant plusieurs années de consommation. « Aucune consommation d’électricité ou de gaz naturel antérieure de plus de 14 mois au dernier relevé ou autorelevé ne peut être facturée », dispose à présent l’article 224-11 du code de la consommation.

C’est une bonne nouvelle pour les usagers, elle va mettre fin aux factures scandaleuses de plusieurs milliers d’euros qui ont plongé de multiples foyers dans l’endettement ou la précarité. En 2015, près de la moitié des litiges traités par le médiateur national de l’énergie concernaient ces contestations de factures aux montants effarants, en moyenne 3 600 € pour une durée moyenne de 25 mois !

Mais en réalité, cette nouvelle mesure protectrice des usagers ne fait que conforter la loi existante. Car bien qu’ils ne la respectent pas, les fournisseurs d’énergie ont depuis longtemps l’obligation légale de facturer au moins une fois par an sur la base de la consommation réelle.

Attention, pour que cette limite de 14 mois s’applique, l’usager doit impérativement être de bonne foi, autrement dit avoir laissé l’accès à son compteur le jour du relevé ou avoir transmis ses autorelevés de consommation. S’il ne l’a pas fait, il suffit néanmoins qu’il obtempère après la réception du courrier officiel recommandé avec accusé de réception du fournisseur lui demandant de transmettre son index de consommation. C’est seulement à l’issue de cette procédure, si elle reste infructueuse, que le fournisseur de gaz ou d’électricité est autorisé à facturer au-delà des 14 mois réglementaires.

En assainissant les pratiques d’EDF, d’Engie et de leurs concurrents, cette mesure devrait préserver le pouvoir d’achat de nombreux usagers.

Élisabeth Chesnais

echesnais@quechoisir.org

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31 août 2016