UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales

Télésurveillance. Une obligation de résultat

Télésurveillance. Une obligation de résultat

La Cour de cassation a précisé le niveau de responsabilité des sociétés de télésurveillance lorsqu’un cambriolage se produit chez un de leurs abonnés.

Une obligation de résultat

Avec la télésurveillance, un système d’alarme est posé au domicile du client (capteurs, sirène, centrale). En parallèle, ce dernier souscrit un abonnement. L’installation est reliée à une station depuis laquelle des opérateurs traiteront les alarmes qui se déclenchent (vérification de leur bien-fondé, envoi d’un agent de sécurité ou des forces de l’ordre…).

Les responsables de sociétés de télésurveillance le reconnaissent eux-mêmes : leur système n’est pas une garantie absolue contre les intrusions. D’ailleurs, notre enquête de satisfaction sur le sujet publiée au printemps révélait que 10 % des particuliers équipés avaient été victimes d’un cambriolage ou d’une tentative. Mais lorsque cela se produit, les professionnels de la télésurveillance indiquent que seule une obligation de moyens pèse sur eux. En clair, à les entendre, leur responsabilité ne peut être retenue en aucune manière si un malfaiteur a visité (ou tenté de visiter) le logement.

La Cour de cassation vient cependant d’atténuer et de préciser cette position (arrêt de la 1re chambre civile du 6/7/2016, V.15-21-767). Elle rappelle que tout abonné à la télésurveillance est en droit d’attendre de l’installateur d’un système de télésurveillance qu’il fonctionne parfaitement. La haute juridiction considère ainsi que la société est soumise à une obligation de résultat pour la détection des intrusions, le déclenchement de l’alerte et la gestion de celle-ci (intervention d’un agent privé ou de la police). De fait, à la suite d’un vol ou d’une tentative, sa responsabilité pourra être engagée sans que le client ait à prouver une panne du système.

Pour se dédouaner, l’entreprise de télésurveillance devra donc apporter la preuve que le système a bien fonctionné ou que sa défaillance est due à une cause étrangère (faute de la victime, force majeure). Dans son arrêt, la Cour de cassation rappelle cependant que le système de télésurveillance n’est pas tenu d’éviter toute intrusion.

Si sa responsabilité est retenue, la société de télésurveillance n’a pas à indemniser le particulier du vol (il ne s’agit pas d’une assurance). L’indemnisation couvre la perte d’une chance d’avoir vu le vol empêché (ou limité), de même que le préjudice moral et le remplacement de l’alarme si elle n’a pas fonctionné.

L’enquête menée par « Que Choisir » auprès d’abonnés à la télésurveillance révélait que 94,7 % d’entre eux s’estimaient satisfaits du service rendu. Ce taux baissait néanmoins (entre 62 et 90 % selon la société) lorsque le foyer avait été victime d’un cambriolage.

Arnaud De Blauwe

adeblauwe@quechoisir.or

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27 septembre 2016

Electromust et Electrosigma. La chute d’un pionnier de l’e-commerce

Electromust et Electrosigma. La chute d’un pionnier de l’e-commerce

Les sites marchands Electromust.com et Electrosigma.com sont en liquidation judiciaire depuis le 14 septembre dernier. Les commandes en cours ne seront donc pas honorées. Une fois de plus, ce sont les clients qui paient les pots cassés. Car si des recours existent, les chances de récupérer son argent sont faibles.

La chute d’un pionnier de l’e-commerce Après 1855.com et Terranuova.fr, un autre site marchand vient de mettre la clé sous la porte. Et pas n’importe lequel : Electromust.com était l’un des plus anciens e-commerçants français. Lancé en 2001, ce spécialiste de l’électroménager avait rencontré un gros succès avant de connaître une certaine désillusion. En juillet 2014, la société qui l’éditait avait été placée en redressement judiciaire. Un repreneur, Pemiblanc Merchandising, avait alors permis de poursuivre l’activité. Il avait même créé un second site, baptisé Electrosigma.com. Sans succès. Le 14 septembre dernier, le tribunal de commerce de Paris a prononcé la liquidation judiciaire de la société et donc la fermeture des deux sites (d’après nos constatations, les sites étaient toujours accessibles le jeudi 22 septembre, mais il était impossible d’y commander) et des magasins.

Si Electromust.com n’a jamais été reconnu pour la qualité de ses services, cet été, la situation s’est subitement dégradée. Sur le forum de « Que Choisir » et ailleurs, de nombreux clients se plaignent de ne pas avoir reçu le four ou le lave-vaisselle qu’ils ont commandé. Beaucoup déplorent aussi l’impossibilité de joindre le service client ou d’obtenir le remboursement des sommes versées. Et la liquidation judiciaire ne va pas forcément arranger leurs affaires. Les clients n’ayant reçu ni leur commande ni leur remboursement n’ont désormais d’autre choix que de déclarer leur créance auprès du liquidateur judiciaire (SCP Brouard-Daudé, 34 rue Sainte-Anne, 75001 Paris) dans les 2 mois. Il suffit pour cela d’envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception (AR) accompagnée des documents prouvant l’existence d’une créance : copie du bon de commande, relevé bancaire attestant du débit, courriels échangés, etc. Pour autant, les chances de récupérer son argent sont minimes, le liquidateur étant contraint d’éponger les dettes du fisc, de l’Urssaf et des fournisseurs avant celles des clients.

Ceux qui ont payé par carte bancaire peuvent en parallèle tenter de se retourner vers leur banque afin de faire jouer l’article L.133-17 du code monétaire et financier. Celui-ci stipule en effet que le client est en droit de faire opposition à un paiement par carte bancaire « en cas de procédure de redressement ou de liquidation judiciaire du bénéficiaire ». L’établissement bancaire est en principe tenu de procéder au remboursement des sommes versées. Toutefois, dans la pratique, cet article de loi est rarement appliqué. Alors n’hésitez pas à insister et à vous rapprocher de l’association locale UFC-Que Choisir la plus proche de chez vous : elle vous aidera dans vos démarches.

CONSEILS ET LETTRE TYPE

En cas de faillite d’un commerçant, vous pouvez consulter nos conseils et notre lettre type.

27 septembre 2016

Investissement dans le vin. Enquête en cours sur Patriwine

Investissement dans le vin. Enquête en cours sur Patriwine

La Direction départementale de la protection des populations de Gironde examine plusieurs plaintes de consommateurs ayant investi dans le vin par l’intermédiaire de la société Patriwine. Le dirigeant, Franck Noguès, admet que la situation est difficile.

Enquête en cours sur PatriwineAprès quelques années d’euphorie, l’investissement dans le vin connaît un lendemain de fête douloureux. Le groupe Héraclès (Chateauonline et 1855.com) a été récemment liquidé. Le fonds luxembourgeois Elite-Advisers Nobles Crus a vu ses activités suspendues en 2013 par la Commission de surveillance du secteur financier du Grand-Duché. Patrimoine Grands Crus/investir-dans-le-vin.com ne donne plus de signe d’activité depuis fin 2015.

C’est maintenant au tour de Patriwine de susciter l’inquiétude. La DDPP33 (l’administration départementale des fraudes de Gironde) est en train de centraliser des plaintes de consommateurs mécontents. Les perspectives de rendement avancées par Patriwine ne sont pas du tout au rendez-vous.

« J’ai confié 26 000 € à Patriwine en 2012, raconte Pascal B. Au bout de quelques mois, la société m’a annoncé que mes grands crus étaient descendus à 23 000 €. Un placement ne gagne pas à tous les coups. Je leur ai demandé de revendre. Pas de retour. Non sans mal, j’ai récupéré mes bouteilles, que j’ai fait expertiser. Il y en a pour 10 000 €, tout au plus ! Patriwine m’a vendu à 1 300 € des bouteilles de Château Lafite Rothschild qui valent 550 €, ainsi que des Clos Fourtet 2008 à 70 €, facilement disponibles à 45 €. »

À la date du 22 septembre, le site Patriwine parle encore de perspectives de rendement à long terme très intéressantes. Il mentionne que le Liv-ex, ou London International Vintners Exchange, est « passé de 100 à 258 sur 9 ans, soit une progression supérieure à 11 % par an, bien supérieure à celle des indices boursiers ». Il y en a fait cinq indices : Liv-ex 50, Liv-ex 100, Liv-ex Bordeaux 500, Liv-ex 1 000 et Liv-ex Investables. Ils ont tous progressé fortement entre 2006 et 2011, avant d’entamer une phase de stagnation ou de baisse. Fin août 2016, sur 5 ans, le Liv-ex 50 recule de 23 % et le Liv-ex 100 de 19 %.

Censé représenter un portefeuille d’investissement type sur 200 grands crus, le Liv-ex Investables, auquel fait référence Patriwine, perd 13 %(1).

Selon l’expert en vin Claude Maratier, « 11 % par an de rentabilité, ce n’est pas la tendance à long terme. Les grands crus de Bordeaux prennent 4 % en moyenne par an, ce qui en fait déjà un très bon placement. À condition d’acheter au bon prix, évidemment ».

« NOUS N’AVONS PAS LA CONTREPARTIE EN CAISSE »

Interrogé, Franck Noguès, dirigeant de Patriwine, admet que la société est en difficulté. « Notre site n’est pas à jour. La progression de 11 % par an ne tient plus. Le marché est à la baisse. Nous en avons discuté avec la DDPP33. Depuis sa création, Patriwine a acheté pour 20 millions d’euros de vin environ, répartis entre quelque 2 000 clients. Nous n’avons pas la contrepartie en caisse. Nous ne sommes pas en mesure, actuellement, de reprendre leurs vins aux investisseurs à leur valeur initiale. » Patriwine se refuse à chiffrer la moins-value latente. La société s’efforce de revendre ses propres stocks, issus de rachats aux clients. La société n’a pas publié ses comptes 2015, mais son dirigeant admet des pertes importantes. Franck Noguès, en revanche, dément formellement des prix d’entrée surévalués et toute spéculation illicite. Sur les forums, des internautes accusent Patriwine d’encaisser l’argent des investisseurs au moment de la signature, et d’attendre les demandes de sortie pour acheter effectivement les bouteilles. « C’est de la calomnie, nous sommes prêts à montrer nos stocks. »

NOTES

(1) L’indice est calculé en livres sterling, mais le taux de change livre/euro, qui varie beaucoup, était identique en 2011 et en 2016, à 1 % près.

Erwan Seznec

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27 septembre 2016

Abattoirs. Le Parlement présente ses propositions

Abattoirs. Le Parlement présente ses propositions

La commission d’enquête parlementaire sur les conditions d’abattage, créée en avril à la suite des vidéos de maltraitance diffusées par l’association L214, a présenté 65 propositions pour améliorer les pratiques, renforcer la formation, moderniser les équipements et surtout assurer plus de transparence autour de ces lieux que les élus décrivent comme de véritables « boîtes noires ».

Le Parlement présente ses propositions

Créés au XIXe siècle pour soustraire au regard des citoyens la mise à mort des animaux d’élevage, les abattoirs sont des lieux qui nous échappent et nous choquent les rares fois où nous les observons par la lorgnette de vidéos d’associations de défense des animaux.

Pour mieux connaître ces établissements, il aura fallu aux parlementaires pas moins de 6 mois et 38 séances pour auditionner une centaine d’acteurs gravitant dans ou autour des abattoirs (éleveurs, ouvriers et vétérinaires en abattoirs, représentants des cultes…). Le tout agrémenté de plusieurs visites inopinées dans des établissements qualifiés de véritables « bunkers » ou « boîtes noires » où « la police nous a parfois fait barrage pour tenter d’empêcher notre venue », précise Olivier Falorni, président de la commission, avant de dévoiler les grandes lignes du rapport.

LE CONTRÔLE VIDÉO PLÉBISCITÉ PAR LES PARLEMENTAIRES

Premier constat des parlementaires : « le manque criant d’investissement dans certains établissements qui entraîne forcément des dysfonctionnements », détaille Jean-Yves Caullet, député rapporteur de la commission. Pour rappel, l’inspection générale menée par le ministère de l’Agriculture en avril 2016 avait montré qu’un tiers des 563 abattoirs français (hors volaille) étaient en non-conformité.

Afin de faciliter une mise aux normes, les parlementaires proposent d’abaisser à 100 000 € (contre 1 million actuellement) le seuil de dépense éligible à l’appel à projet « reconquête de la compétitivité des outils d’abattage » dans le cadre du programme d’investissements d’avenir. Autres propositions : l’augmentation du nombre de vétérinaires dans les abattoirs, et l’obligation pour les établissements de plus de 50 salariés qu’un agent vétérinaire soit présent en permanence au poste d’abattage. Enfin, la commission souhaite la promulgation d’une loi rendant obligatoire l’installation de caméras dans toutes les zones des abattoirs où des animaux vivants sont manipulés. « Afin de faciliter le contrôle du bien-être et non le flicage du personnel », selon Jean-Yves Caullet, qui précise toutefois que ces images seraient visibles par les services d’État, par la justice si nécessaire, mais aussi par les responsables d’établissement. Reste donc à définir comment limiter leur usage à la seule prévention des maltraitances, sans dérive productiviste (surveillance des cadences, etc.), tout en veillant au respect de la protection des données personnelles. Une question soulevée dès la sortie du rapport par l’eurodéputé PS Éric Andrieu qui, dans une lettre ouverte à la presse, rappelle que dans le cadre de la nouvelle législation européenne sur la protection des données personnelles, « seules les personnes habilitées dans le cadre de leurs fonctions peuvent visionner les images enregistrées, et la conservation de ces images ne saurait excéder 1 mois ».

« L’ABATTAGE RITUEL EST INHÉRENT AU LIBRE EXERCICE DU CULTE »

Autre point sensible évoqué par le rapport, l’abattage rituel qui, en France, bénéficie d’une dérogation à l’obligation d’étourdissement (article R.214-74 du code rural). Autrement dit, les animaux tués selon les rites casher ou hallal sont saignés sans être insensibilisés auparavant. « Une situation qui ne nous satisfait pas », commente Olivier Falorni, qui rappelle toutefois que cette dérogation ne peut être abolie en raison de la liberté constitutionnelle de pratiquer sa religion. Et de rappeler l’exemple de la Pologne qui, après avoir interdit l’abattage rituel en 2013, a dû lever cette interdiction en 2014, la Cour de justice européenne ayant jugé cette mesure inconstitutionnelle. Afin de contourner le problème, les parlementaires proposent de préciser dans le code rural que deux autres méthodes sont possibles en cas d’abattage rituel : l’étourdissement post-jugulation (quelques secondes après la saignée, qui peut durer plusieurs minutes), et l’étourdissement réversible. Des méthodes acceptées dans d’autres pays, à l’instar de la Nouvelle-Zélande, où l’abattage rituel doit impliquer un étourdissement réversible. L’inscription de ce choix devrait donner la possibilité aux cultes d’évoluer face à des consommateurs pratiquants eux aussi de plus en plus sensibles au bien-être animal, estime la commission, qui espère voir ces mesures « applicables » et « opérationnelles » rapidement adoptées par le ministère de l’Agriculture.

L’EXPÉRIMENTATION DES ABATTOIRS MOBILES ENCOURAGÉE

Enfin, les parlementaires se disent prêts, à travers la proposition 26, à « soutenir à titre expérimental la mise en service de quelques abattoirs mobiles ». La commission avait notamment auditionné en juillet Franck Ribière, producteur et scénariste du documentaire « Steak (R)évolution », qui souhaite importer en France le concept de l’entreprise suédoise Hälsingestintan. En 2015, sa désormais très médiatisée fondatrice Britt-Marie Stegs lançait le premier abattoir mobile de bovins en Europe. L’objectif de l’accord est une implantation du concept en France au cours de l’année 2017.

Marie-Noëlle Delaby

mndelaby@quechoisir.org

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27 septembre 2016

Pesticides dans les fruits (vidéo). Un cocktail de résidus !

Pesticides dans les fruits (vidéo). Un cocktail de résidus !

Un cocktail de résidus !

Des milliers de tonnes de pesticides sont répandues dans les champs chaque année. Qu’en reste-t-il dans nos aliments ? Nous avons confié à un laboratoire la recherche de résidus de plus de 500 pesticides sur 150 échantillons de pommes, poires, fraises et raisins, issus de l’agriculture conventionnelle ou biologique. Résultat : sauf en bio, de nombreux fruits cumulent plusieurs molécules. Des cocktails aux effets potentiellement nocifs pour notre santé.

 

Lavage et épluchage : un effet minime

Laver les fruits et légumes, éplucher ceux pour qui l’opération est possible, cela suffit-il pour éliminer en tout ou partie les pesticides?? Étonnamment, ni le Centre technique des fruits et légumes, ni les autorités sanitaires françaises ni leurs homologues ­européennes n’ont de données précises sur la question?(1). Nous avons voulu nous faire une idée de la réponse en pratiquant un «?mini-test?» sur huit lots de pommes. Chacun a été divisé en trois groupes. Le premier a été analysé à l’état brut, le deuxième après avoir été lavé et le troisième après avoir été épluché. Précisons que pour le lavage, nous avons frotté les pommes sous un filet d’eau pendant environ 10 secondes.

Résultats

Ils sont décevants?: échantillons bruts?: 9 molécules en moyenne sont détectées (5 sont quantifiées). échantillons lavés?: le chiffre ne tombe qu’à 8 molécules et la quantité globale diminue peu (12?%). Pommes épluchées?: elles contiennent en moyenne 6 molécules (3 quantifiées) et la quantité diminue de moitié.

Interprétation

Il semble que deux obstacles s’opposent à l’élimination des pesticides par ces méthodes. Certains sont des produits dits «?systémiques?». Appliqués notamment en enrobage des semences ou dans le sol et conçus pour pénétrer à l’intérieur de la plante, ils restent ensuite dans le fruit. D’autres, parmi les pesticides de contact présents sur l’extérieur du fruit, sont difficilement solubles dans l’eau.

(1) L’effet de la cuisson n’est pas mieux documenté.

Fabienne MaleyssonPesticides dans les fruits (vidéo). Un cocktail de résidus !

fmaleysson@quechoisir.org

Claire Garnier

Rédactrice technique

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27 septembre 2016

Ampoules LED. Un nouveau protocole de test exclusif « Que Choisir »

Ampoules LED. Un nouveau protocole de test exclusif « Que Choisir »

Jugeant les tests de laboratoire existants trop peu contraignants pour les ampoules LED, « Que Choisir » a travaillé à un nouveau protocole spécifique aux LED. Au vu de nos résultats, il tient toutes ses promesses.

Un nouveau protocole de test exclusif « Que Choisir »

En 2014, le test comparatif de « Que Choisir » sur les ampoules concernait à la fois des fluocompactes et des LED. Nous leur avions alors appliqué un protocole de test commun, avec des essais de vieillissement accéléré effectués à des températures de –10 °C, 5 °C et 20 °C. Or, si ce protocole de laboratoire était parfait pour les fluocompactes, ce type d’ampoule supportant mal les basses températures, il nous est apparu trop peu discriminant pour les LED qui supportent très bien le froid mais qui sont en revanche réputées sensibles à la chaleur.

Depuis, nous avons travaillé à la mise au point d’un nouveau protocole de test spécifique aux LED avec un laboratoire intéressé par notre projet. Au final, les essais de vieillissement accéléré à–10 °C et 5 °C ont été abandonnés : nous les avons remplacés par un test de vieillissement accéléré à 45 °C, une température qui sollicite beaucoup plus les composants électroniques des LED et qui permet d’évaluer leur endurance.

Pour répondre aux probables critiques des industriels ayant des modèles mal notés dans ce nouveau test comparatif d’ampoules LED, précisons que cette température de 45 °C n’a rien d’irréaliste, puisqu’elle est atteinte dans « la vraie vie » dans les luminaires fermés, notamment les globes.

Plus de la moitié des LED sélectionnées ont d’ailleurs réussi ce test de vieillissement, preuve s’il en était besoin qu’il est adapté à cette catégorie d’ampoules. Il l’est d’autant plus qu’il a permis de faire le tri entre les ampoules LED performantes qui vont durer et celles qui vont lâcher trop tôt.

Élisabeth Chesnais

echesnais@quechoisir.org

Aissam Haddad

Rédacteur technique

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27 septembre 2016

Consommation des voitures. L’initiative de PSA

Consommation des voitures. L’initiative de PSA

Les consommations officielles annoncées par les fabricants sont loin de la réalité, on le sait d’autant mieux depuis l’affaire Volkswagen de l’automne 2015. Pour jouer la transparence, le groupe PSA a décidé de réaliser des mesures en conditions réelles sur ses véhicules. Et nous a conviés à participer à un essai.

L’initiative de PSAEffet papillon de l’affaire du logiciel truqué de Volkswagen, l’écart entre consommations annoncées et consommations réelles est plus que jamais stigmatisé ; la confiance du grand public envers les constructeurs automobiles en a pris un coup. « Que Choisir » dénonçait depuis longtemps cet état de fait et relevait même, dans une enquête sur les consommations et les émissions polluantes de 2015, des différences pouvant avoisiner les 30 %. Pour tenter de redorer son blason auprès des automobilistes, le groupe PSA (Citroën, DS et Peugeot) mène une grande campagne de mesure de consommation de ses véhicules en conditions réelles. Il en affiche même – discrètement, certes – les résultats sur les sites Internet des marques.

UN EXEMPLE À SUIVRE

C’est désormais de notoriété publique : les consommations officielles sont trop loin de la réalité et ne correspondent pas à celles que l’on observe dans la « vraie vie ». La faute à un protocole dépassé qui ne correspond ni aux usages des automobilistes, ni au niveau technologique actuel des voitures. L’UFC-Que Choisir, avec France Nature Environnement (FNE) et le Réseau Action Climat (RAC), a d’ailleurs appelé la Commission européenne à réformer le système d’homologation actuel des véhicules fin 2015. Une action qui a poussé la Commission à introduire un nouveau cycle de mesures en conditions réelles (RDE pour Driving Emissions : émissions en conditions réelles) dès 2017.

En attendant, le groupe PSA planche sur le sujet et réalise ce type de mesures afin de communiquer à ses clients les valeurs réelles de consommation de ses véhicules. En s’associant avec les ONG (organisations non gouvernementales) FNE et T&E (Transport et Environnement) et avec le bureau Veritas (en charge de fournir des véhicules et de contrôler la procédure de mesure), le constructeur a établi un parcours de test et équipe les véhicules d’un dispositif de mesure embarqué PEMS (Portable Emissions Measurement System : système portable de mesure des émissions). Une solution qui permet de ne pas avoir à intervenir sur les véhicules pour y brancher un moyen de mesure et s’assurer que le constructeur n’intervient pas sur le moteur. Les voitures livrées par le cabinet Veritas sont d’ailleurs scellées en plusieurs endroits (écrou de roue, valve de pression, capot moteur, prise OBD…) afin d’empêcher toute intrusion.

Étalonnage du système de mesure des émissions (PEMS)

UNE CONDUITE NORMALE

Une fois équipé, le véhicule peut partir sur le parcours qui comporte des portions de ville, de route et d’autoroute. Nous avons eu l’occasion de réaliser une mesure de consommation et d’émission avec une Peugeot 308 Blue HDI 100 ch BVM5. Une fois installé au volant, aucune consigne particulière, contrairement à la mesure faite en laboratoire pour l’homologation, où le conducteur doit respecter les accélérations et les passages de vitesses. Chaque conducteur doit conduire comme il en a l’habitude : mettre en route ou non la climatisation, la radio, etc. Toutefois, PSA rejette les conducteurs trop lents ou ayant une conduite trop nerveuse afin de disposer de valeurs moyennes. Des conditions parfaitement remplies lors de notre parcours, et qui ont permis de le valider. Pourtant, celui-ci ne sera pas retenu pour les statistiques car– manque de chance – une régénération du FAP a été diligentée pendant notre roulage. Cette phase, qui n’intervient que très rarement à l’usage, engendre en effet une surconsommation « anormale » que le constructeur ne souhaite pas prendre en compte. Au final, la mesure s’est établie à une moyenne de 5,7 l/100 km, une valeur quasi identique aux 5,4 l/100 km affichés par l’ordinateur de bord. La légère différence est à mettre sur le compte de la régénération et des précisions de mesure de l’ordinateur de bord.Une valeur à comparer avec la consommation annoncée : 3,6 l/100 km, soit plus de 2 litres d’écart !

SUR LA BONNE VOIE

Si nous ne pouvons qu’approuver l’initiative de PSA, nous aurions toutefois apprécié que les valeurs déjà relevées soient un peu mieux mises en avant sur les sites des marques. Il faut en effet chercher pour obtenir le tableau (voir capture d’écran ci-dessous). De même, les vendeurs ne semblent pas vraiment informés de cette initiative et continuent de communiquer sur les valeurs « officielles », les seules qui permettent aujourd’hui de comparer les véhicules entre eux.

Le constructeur souhaite toutefois aller encore un peu plus loin et utiliser toutes les mesures réalisées pour créer un logiciel capable d’estimer la consommation en fonction des habitudes de conduite de chacun (type de trajet, nombre de personnes à bord, type de conduite…). Ainsi, après avoir rempli un questionnaire en ligne, les propriétaires d’une voiture du groupe PSA pourront disposer d’une estimation personnalisée de la consommation réelle de leur voiture. Un service qui devrait être proposé d’ici la fin de l’année.

Sur Peugeot.fr, le tableau des consommations réelles est difficile à dénicher.

27 septembre 2016

Frais cachés de Natixis. La liste des 42 fonds particulièrement concernés

Frais cachés de Natixis. La liste des 42 fonds particulièrement concernés

Voici la liste des fonds à formule commercialisés dans les réseaux des Banques populaires et des Caisses d’épargne, encore en cours en 2015, dont les rendements ont été le plus impactés par les marges cachées.

La liste des 42 fonds particulièrement concernésNous publions ci-dessus les noms d’une quarantaine de fonds à formule gérés par Natixis Asset Management (NAM), pour le compte des Banques populaires et des Caisses d’épargne. Ces fonds, souscrits dans le cadre d’une assurance vie, d’un PEA ou d’un compte-titre, ont fait l’objet de frais de gestion supplémentaires par NAM, sans que les clients en aient été avertis. En pratique, le nom des fonds (ou unité de compte dans les assurances vie) se retrouve sur les bulletins de souscription ou les relevés annuels d’épargne sous le titre « Libellé du support ». La marge prélevée dans le dos des clients tourne en moyenne autour de 0,20 %, avec des pointes à 0,57 %. Une marge qui représente, par exemple, plus de 3,1 millions d’euros pour le fonds Izéis Vie Décembre 2017.

Tous les fonds de cette liste ont été souscrits à partir de 2008 et étaient encore en cours en 2015. Mais plusieurs fonds antérieurs (souscrits après 2005, comme des fonds Odeis et Al Dente) sont aussi concernés, comme nous le montrons dans notre enquête. En collaboration avec le site d’information Mediapart, qui publie un nouvel article sur le sujet, « Que Choisir » poursuit ses investigations afin de définir quel pourrait être le montant des préjudices pour les consommateurs.

Élisa Oudin

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27 septembre 2016

Téléphonie. La location de smartphones selon SFR

Téléphonie. La location de smartphones selon SFR

SFR se lance à son tour dans la location de smartphones. Les Samsung Galaxy S7 et S7 Edge sont proposés respectivement 30 et 35 € par mois, sans assurance. À ce loyer s’ajoute le prix du forfait (Power 20 Go, Power+ 20 Go ou Premium 20 Go), dont la souscription est obligatoire. Intéressante pour s’équiper à moindre frais, cette offre sous-entend la restitution du smartphone en bon état au bout de 24 mois. Décryptage.

La location de smartphones selon SFREn 2013, Free se démarquait des autres opérateurs mobiles en lançant une offre de location de smartphones. Bien qu’elle repose sur un contrat dont certaines clauses ouvrent la porte aux litiges, cette solution originale permet de profiter d’un smartphone haut de gamme sans se ruiner tout de suite. SFR lance à son tour son offre de location, baptisée « Smartphone Forever ». Pour l’instant, l’opérateur ne propose que les Samsung Galaxy S7 et Galaxy S7 Edge. L’iPhone 7 est toutefois annoncé.

Concrètement, pour louer un smartphone, les consommateurs doivent obligatoirement souscrire un forfait avec engagement sur 12 mois. Ils ont le choix entre trois abonnements : le Power 20 Go à 35,99 €/mois, le Power+ 20 Go à 42,99 €/mois, et le Premium 20 Go à 69,99 €/mois. SFR consent à une remise commerciale de 5 €/mois la première année, à laquelle s’ajoute une autre réduction de 5 €/mois (sur 12 mois également) si vous faites porter votre numéro (autrement dit si vous venez d’un autre opérateur, la réduction ne s’applique pas à une ouverture de ligne). Vous n’aurez rien à débourser immédiatement pour le téléphone, mais l’opérateur exige un dépôt de garantie de 200 €, qui doit normalement être remboursé sur votre facture après 3 mois sans impayé. Vous paierez ensuite un loyer mensuel de 30 € (Galaxy S7) ou 35 € (Galaxy S7 Edge) sur une période d’engagement de 2 ans. Si vous souhaitez assurer le smartphone contre la casse, le vol et l’oxydation, vous devrez ajouter 14,99 €/mois. Mais attention, cette assurance ne couvre ni la perte, ni la panne, ni les dommages cosmétiques, et les exclusions de garantie sont nombreuses. Son intérêt est donc limité.

À la fin du contrat, vous vous engagez à restituer le mobile en bon état. SFR se réserve le droit d’appliquer des pénalités s’il juge que le smartphone est abîmé (par exemple, 150 € pour un Galaxy S7). En cas de casse ou d’oxydation, SFR facturera 220 € (S7) ou 250 € (S7 Edge). Enfin, en cas de non-restitution, la pénalité grimpera à 250 ou 300 €.

Bien qu’elle vous engage sur 24 mois, l’offre de SFR permet de changer de téléphone au bout de 12 mois (en réengageant le client sur 24 mois). L’opérateur explique que le client peut ainsi accéder au smartphone le plus récent chaque année. L’argument séduira les technophiles, mais SFR y trouve évidemment son compte : le système est conçu pour garder ses clients le plus longtemps possible.

Notre avis : Pour le consommateur, la location constitue un moyen intéressant de s’équiper sans débourser une somme importante au départ. Mais au final, vous paierez plus que le prix du téléphone (voir tableau ci-dessous), d’autant que sa valeur baissera en 2 ans. La location revient donc à un budget équivalent à celui d’un achat… sauf que vous ne posséderez jamais rien. De surcroît, elle peut être source de nombreux litiges (restitution du dépôt de garantie, état du téléphone lors de la restitution, exclusions de garantie).

PRIX TOTAL DE LA LOCATION CHEZ SFR

tableau location smartphones sfr

PRINCIPALES DIFFÉRENCES ENTRE LES OFFRES DE SFR ET DE FREE

– Au départ, Free demande un premier versement (109 € pour un Galaxy S7, 129 € pour un S7 Edge), pas SFR. Mais le loyer mensuel est inférieur (19 € et 22 €/mois). SFR exige, lui, un dépôt de garantie de 200 € restitué après 3 mois sans impayé.

– Chez les deux opérateurs, l’engagement est de 24 mois. Rien ne vous oblige à conserver votre forfait sur la même durée. Mais chez Free, le loyer sera alors majoré de 5 € par mois.

– SFR permet de changer de smartphone au bout de 12 mois. Ce n’est pas le cas chez Free.

– En cas de non-restitution du smartphone, les pénalités sont moins élevées chez Free (120 € pour un S7 et un S7 Edge) que chez SFR (250 € et 300 € respectivement).

D’AUTRES OFFRES DE LOCATION DE SMARTPHONES

Outre SFR et Free, Samsung a proposé avec Up2You une offre de location du Galaxy S7 et la Fnac avec le Galaxy S6.

Camille Gruhier

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27 septembre 2016

Banque en ligne Soon. Décryptage de l’offre bancaire mobile d’Axa

Banque en ligne Soon. Décryptage de l’offre bancaire mobile d’Axa

Axa Bank a lancé Soon, une offre bancaire en ligne accessible uniquement via une application mobile. Le service se concentre sur des basiques : compte courant, carte bancaire gratuite et livret. Décryptage.

Décryptage de l’offre bancaire mobile d’AxaCréée en 2014, Soon est l’offre M-banque (mobile-banque) d’Axa Banque, accessible via une application mobile sur smartphone (iOS et Android). Ouvrir un compte Soon est possible à condition d’avoir 18 ans. Cette M-banque fonctionne sans réseau d’agences. Le client gère sa relation bancaire seul avec son application et peut joindre des conseillers uniquement par chat. Au 1er septembre 2016, cette offre avait séduit 22 000 personnes.

UNE OFFRE ALLÉGÉE AVEC DES SERVICES DE BANQUE AU QUOTIDIEN

L’offre Soon permet d’ouvrir un compte courant classique avec gratuité de toutes les opérations quotidiennes. Pour devenir client, il faut avoir téléchargé l’application Soon sur son téléphone mobile, puis indiquer son état civil et son adresse et prendre en photo les pièces justificatives (pièce d’identité, justificatif de domicile…). L’application utilise la signature électronique, il suffit ensuite de verser 40 € sur son compte pour en finaliser l’ouverture.

Les clients peuvent seulement obtenir une carte bancaire Visa classique à débit immédiat. Elle est gratuite et accordée sans conditions de revenus minimum. Les retraits d’espèces aux distributeurs ne sont pas facturés.

La banque édite des chéquiers aux clients qui en font la demande, l’envoi par lettre recommandée est facturé 7,50 €.

Le client reçoit tous les mois un e-relevé bancaire disponible sur l’application. Il peut rapatrier des e-factures et stocker des documents (garanties des achats de matériel, factures, photos…) sur son interface personnelle.

Il est possible de rattacher un compte PayPal à son compte Soon, et de profiter de l’émission et de la réception gratuites des virements via PayPal.

En cas de problème, des conseillers sont disponibles par chat, via l’application, 24 heures sur 24 et 6 jours sur 7.

DES PLUS ET DES MOINS POUR LES CLIENTS

Soon est assorti d’un service gratuit d’aide au suivi de budget. Le client est automatiquement prévenu dès que le montant, qu’il a fixé par poste de dépenses, est dépassé.

L’application propose une « timeline » (un récapitulatif sur écran) qui liste les dépenses réalisées les jours précédents et intègre les dépenses futures récurrentes (loyer, impôts, épargne…) et anticipées (vacances, participation à un cadeau…). Le client Soon peut ainsi, en temps réel, savoir combien il lui reste à dépenser sur son compte dans les 30 jours à venir.

L’application intègre un onglet « projet », qui calcule automatiquement les montants mis de côté pour une dépense future (voiture, vacances…). Elle permet d’envoyer automatiquement des courriels, avec le Rib en pièce jointe, pour se faire rembourser une dépense.

L’offre d’épargne est maigre et compte seulement un livret d’épargne bancaire fiscalisé. Il offre un taux promotionnel les 2 mois suivant son ouverture. Ensuite, l’épargne est rémunérée à un taux de base nettement plus faible, dans la moyenne du marché.

Impossible de souscrire un crédit (consommation comme immobilier) à cette banque et il n’y a pas d’autres produits d’épargne (épargne logement, investissement en Bourse, assurance vie…) proposés.

La plupart des services bancaires sont gratuits ou facturés dans la moyenne du marché (par exemple 10 € pour rééditer une carte bancaire avant la date d’expiration, 7 € pour faire rééditer le code confidentiel de la carte). Attention : en cas de capture de votre carte pour code erroné, la banque facture 50 €. Autre point noir : Soon ne propose pas de découvert autorisé.

FICHE TECHNIQUE DE SOON

Nature :

M-banque d’Axa banque, Soon est une banque en ligne accessible uniquement via une application (sur téléphone et tablette)

Produits phares :

  • Carte bancaire Visa Classic à débit immédiat (seule carte bancaire proposée) gratuite, délivrée sans condition de revenus
  • Opérations bancaires de base gratuites
  • Livret bancaire fiscalisé rémunéré à 2 %/an brut (1,69 % après prélèvements sociaux) les 2 mois qui suivent l’ouverture, dans la limite de 30 000 €. Taux hors promotion : 0,30 %/ an brut (soit 0,25 % après prélèvements sociaux

Cible :

  • Les jeunes majeurs technophiles qui se servent de leur téléphone portable pour gérer leurs finances
  • Les autoentrepreneurs, pour le suivi facile et rapide de leurs dépenses
  • Ceux qui cherchent une offre bancaire simple, accessible, gratuite, sans aucun produit annexe et sans conseiller

COMPARATEUR DE TARIFS BANCAIRES DE « QUE CHOISIR »

« Que Choisir » propose à ses abonnés un comparateur de tarifs bancaires afin de trouver la banque la moins chère adaptée à leurs besoins. Un outil simple à utiliser pour sélectionner les meilleurs tarifs bancaires dans un secteur géographique précis.

Marie Pellefigue

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27 septembre 2016

Demain de nuit à torreilles le 23 septembre 2016

Nous avons participés à cette manifestation ce vendredi 23 septembre 2016.

Le programme.

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stand

20 septembre 2016

L’actu en liste, le numéro 14 de 2016

 

Trouvez le supermarché le moins cher près de chez vous

Carte interactive des supermarchés. Trouvez le supermarché le moins cher près de chez vous (classement des PO en fin d’article)

Comment trouver le supermarché le moins cher près de chez moi ! Avec la carte interactive des .            …Lire la suite

Compteur Linky. Quand l’Ademe idéalise Linky

Compteur Linky. Quand l’Ademe idéalise Linky

Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), le compteur Linky serait             …Lire la suite

Nouvelle offre Avantage gaz d’EDF. Une publicité engageante

Nouvelle offre Avantage gaz d’EDF. Une publicité engageante

Le prix du kilowattheure de gaz naturel n’augmente pas pendant 4 ans, il peut même baisser. EDF a trouvé             …Lire la suite

Étiquetage nutritionnel. Le test sur les logos nutritionnels va enfin débuter

Étiquetage nutritionnel. Le test sur les logos nutritionnels va enfin débuter

À 10 jours du démarrage de l’expérimentation en magasin des logos simplifiés, Marisol Touraine en              …Lire la suite

 

Moteur Volkswagen. Et maintenant la surconsommation d’huile

Moteur Volkswagen. Et maintenant la surconsommation d’huile

Après les révélations concernant la tricherie sur la pollution de ses moteurs Diesel, Volkswagen doit affronter une crise de fiabilité sur des moteurs essence bien trop           …Lire la suite


Go Voyages. Une erreur de nom qui coûte très cher

Go Voyages. Une erreur de nom qui coûte très cher

Une cliente du site Go Voyages s’est vu réclamer 170 € de frais suite à l’inversion de son nom et de son prénom sur ses billets d’avion. Une erreur          …Lire la suite


Téléviseurs Samsung. Le SAV exaspère !

Téléviseurs Samsung. Le SAV exaspère !

De nombreux consommateurs qui ont des soucis avec un téléviseur Samsung tout juste acheté se heurtent à l’intransigeance          …Lire la suite

afer

Assurance vie. L’action en restitution de l’Afer touche à sa fin

Seize ans après l’éclatement du scandale de l’Afer, plus de 50 000 adhérents ont enfin obtenu gain de cause dans l’action en restitution d’une partie des fonds détournés           …Lire la suite


generali

Assurance santé. Generali va récompenser les « bons » comportements

Generali France va proposer aux entreprises, à partir du 1er janvier prochain, une complémentaire santé récompensant une bonne hygiène de vie par des cadeaux.     …Lire la suite

pièces-détachées-électroménager

Disponibilité des pièces détachées. De la bonne volonté mais encore un manque d’information

Un an et demi après sa mise en place, l’affichage de la durée de disponibilité des pièces détachées n’est toujours pas entré dans les habitudes des distributeurs.           …Lire la suite

Fournitures scolaires. Des bâtons (de colle) dans les roues

Fournitures scolaires. Des bâtons (de colle) dans les roues

À la suite de nos analyses sur la toxicité des fournitures scolaires, le fabricant de colles pour enfants Cléopâtre nous a transmis ses échanges avec l’administration         …Lire la suite

iPhone 6 et 6 Plus. Des écrans ne répondent plus

iPhone 6 et 6 Plus. Des écrans ne répondent plus

Fin août, le réparateur américain iFixit révélait l’existence d’un défaut de conception majeur            …Lire la suite 

fils-telephoniques-elagage

Fils téléphoniques. Le retour de la servitude d’élagage

Un projet de loi va bientôt donner à Orange la possibilité de nettoyer les abords des lignes téléphoniques sur des terrains privés   …Lire la suite


burgerking

Burger King. Une cuisson à la flamme qui pose question

Pour la première fois depuis son retour en France en 2013, le géant du fast-food Burger King s’expose dans        …Lire la suite 

Épargne. L’assurance vie s’ouvre au capital investissement

Épargne. L’assurance vie s’ouvre au capital investissement

Soucieux de réorienter une fraction de l’épargne des Français vers les entreprises, le gouvernement    …Lire la suite

sagemcom

Décodeur TNT Sagemcom. Des bugs dans l’offre promotionnelle

Sagemcom promettait de rembourser 15 € sur l’achat d’un adaptateur TNT HD vendu près de 40 €. Mais des milliers de clients attendent toujours leur virement.     …Lire la suite

Compte Nickel. La rançon du succès pour le compte bancaire low cost

Compte Nickel. La rançon du succès pour le compte bancaire low cost

Le compte bancaire sans banque lancé début 2014 a séduit plus de 300 000 utilisateurs. Alors que des concurrents se profilent, la formule fait aussi des déçus.        …Lire la suite
17 septembre 2016

Nouvelle offre Avantage gaz d’EDF. Une publicité engageante

Nouvelle offre Avantage gaz d’EDF. Une publicité engageante

Le prix du kilowattheure de gaz naturel n’augmente pas pendant 4 ans, il peut même baisser. EDF a trouvé les bons arguments pour séduire, mais l’offre Avantage gaz porte-t-elle bien son nom ? « Que Choisir » a sorti la calculette.

Une publicité engageante

Un prix du gaz qui ne peut que baisser sur 4 ans, vous en avez rêvé, EDF vous le propose avec sa nouvelle offre commerciale « Avantage gaz d’EDF », lancée par une campagne de publicité aux arguments qui portent. « Avec Avantage gaz, toute baisse est définitivement acquise », garantit la pub, en promettant « 4 ans de sérénité ».

Alors faut-il souscrire à cette nouvelle offre a priori intéressante ? Pour le savoir, « Que Choisir » a fait ses calculs.

Pour l’abonnement, les prix explosent avec l’offre Avantage gaz d’EDF quand les usagers consomment au maximum 6 000 kWh par an. Alors qu’ils le paient 81 ou 95 € par an selon leur niveau de consommation avec le tarif réglementé, l’offre Avantage gaz d’EDF le surfacture respectivement de 38 et de 24 €, soit + 47 % dans le premier cas, + 25 % dans le second. Et on ne peut pas compter sur les 4 ans de contrat pour réduire l’écart, puisque l’abonnement évolue chaque année en fonction de l’évolution des tarifs de distribution décidée par les pouvoirs publics. Seuls les ménages qui se chauffent au gaz et qui consomment plus de 6 000 kWh par an ne sont pas surfacturés, ou seulement de quelques euros.

Quant au kilowattheure, il est lui aussi facturé au prix fort, et cette fois pour tous les usagers à l’exception de ceux, peu nombreux, qui n’utilisent le gaz de ville que pour la cuisine et consomment moins de 1 000 kWh par an. Entre l’offre Avantage gaz d’EDF et les meilleures offres gaz actuellement disponibles en prix fixe sur 3 ans, le surcoût d’Avantage gaz est par exemple de 15 % à Caen sur le prix du kilowattheure pour un ménage chauffé au gaz, et de 12,5 % à Toulouse pour une consommation comprise entre 1 000 et 6 000 kWh.

Conclusion, Avantage gaz représente pour l’instant un surcoût. Quant à son intérêt au terme des 4 ans du contrat, il demeure très hypothétique : la tendance du prix du gaz est à la baisse depuis plus de 3 ans, il faudrait vraiment une forte hausse pour être gagnant sur toute la durée du contrat. À l’inverse, une forte baisse n’arrangerait rien, l’offre d’EDF la limitant à 7 %.

CHOISIRENSEMBLE.FR

Il reste tout juste quelques jours pour participer à la nouvelle opération « Énergie moins chère ensemble » qu’organise l’UFC-Que Choisir et qui porte sur le gaz et l’électricité. Les deux énergies au meilleur prix et avec un contrat protecteur pour l’usager, c’est l’objectif de cette nouvelle campagne. La mobilisation est déjà très forte, avec près de 250 000 inscrits, il est encore temps de les rejoindre gratuitement sur le site Choisirensemble.fr, jusqu’au 21 septembre. Les enchères inversées se dérouleront le lendemain pour chacune des deux énergies entre les fournisseurs d’énergie participants. Le moins-disant sur chaque énergie l’emportera et les consommateurs qui se seront inscrits auront ensuite la possibilité de souscrire aux deux offres préférentielles ou à une seule énergie.

LA PUBLICITÉ DE L’OFFRE AVANTAGE GAZ D’EDF

Élisabeth Chesnais

echesnais@quechoisir.

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17 septembre 2016

Compteur Linky. Quand l’Ademe idéalise Linky

Compteur Linky. Quand l’Ademe idéalise Linky

Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), le compteur Linky serait utile au consommateur. Une prise de position étonnante tant ce nouveau compteur électrique présente dans la réalité un intérêt limité.

 Quand l’Ademe idéalise Linky

À croire que l’UFC-Que Choisir et l’Ademe ne parlent plus du même compteur ! Les propos du directeur adjoint Productions et Énergies de l’Ademe rapportés dans la dernière lettre du Médiateur national de l’énergie au sujet du compteur Linky nous plongent en effet dans un océan de perplexité. « Linky va permettre aux consommateurs de mesurer, comprendre, pour économiser », assure l’Ademe. Or justement, c’est un des reproches majeurs que l’UFC-Que Choisir fait au compteur Linky. Contrairement aux promesses du projet initial, il ne permet absolument pas de suivre sa consommation électrique en temps réel. Pour cela, il fallait installer un afficheur déporté dans le logement, mais à l’exception des usagers en situation de précarité énergétique, les ménages n’y ont pas droit, à moins d’y mettre le prix. Suivre sa consommation d’électricité au plus près de ses usages reste donc impossible.

Certes, comme l’affirme l’Ademe, « le consommateur pourra activer gratuitement sur le site web d’Enedis la relève horaire de sa consommation pour aller plus loin que la visualisation par mois ou par jour ». Mais c’est oublier que nombre d’usagers ne sont pas des accros d’Internet, et que beaucoup ont bien autre chose à faire de leurs journées que consulter le site d’Enedis. Et dire qu’à l’origine, dans les groupes de travail, l’Ademe défendait l’afficheur déporté pour tous avec presque autant d’ardeur que l’UFC-Que Choisir !

OPTION PAYANTE

« Le consommateur pourra également, s’il le souhaite, installer des équipements complémentaires connectés à Linky », ajoute l’Ademe, en citant notamment les afficheurs de consommation, et « souscrire à de nouvelles offres tarifaires reflétant davantage la réalité du système électrique, avec plusieurs niveaux de prix les incitant à éviter de consommer pendant les périodes de tension, mais avec des tarifs moindres le reste du temps ». Autant d’éléments que l’Ademe présente comme des « bénéfices » pour les consommateurs, mais qui sont en réalité autant d’inconvénients majeurs du point de vue de leur pouvoir d’achat.

Les équipements complémentaires ? Payants, bien entendu, alors que l’afficheur déporté aurait dû être livré d’office avec Linky pour favoriser les économies d’électricité.

Les différents niveaux de prix ? Assurément utiles pour le système électrique, mais les usagers risquent d’avoir bien du mal à se retrouver dans les multiples offres à venir des différents fournisseurs d’électricité, pas forcément adaptées à leurs usages, et à s’orienter dans cette jungle tarifaire… comme ce fut trop longtemps le cas dans la téléphonie mobile, par exemple.

Élisabeth Chesnais

echesnais@quech

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17 septembre 2016

Étiquetage nutritionnel. Le test sur les logos nutritionnels va enfin débuter

Étiquetage nutritionnel. Le test sur les logos nutritionnels va enfin débuter

À 10 jours du démarrage de l’expérimentation en magasin des logos simplifiés, Marisol Touraine en dévoile les détails. Un test grandeur nature de 4 semaines qui devrait contribuer à déterminer le meilleur candidat parmi 4 systèmes visuels en lice, dont l’objectif est de permettre aux consommateurs de choisir les produits alimentaires les plus favorables à leur santé.

Le test sur les logos nutritionnels va enfin débuter

Bien qu’il soit qualifié d’étiquetage « simplifié », le choix du futur logo nutritionnel n’a rien d’une sinécure ! Quatre systèmes sont actuellement en concurrence pour savoir comment les consommateurs pourront repérer les produits alimentaires les plus favorables à la santé.

Le plus connu est, sans conteste, le logo Nutri-score. Proposé par Serge Hercberg, président du Programme national nutrition santé (PNNS), cet étiquetage repose sur un système de 5 notes en couleur allant de A (meilleure note en vert) à E (moins bonne note en rouge), associées à des couleurs afin de comparer simplement leur qualité nutritionnelle. L’UFC-Que Choisir a développé un outil qui applique ce code à 5 couleurs, permettant de connaître en quelques clics la qualité nutritionnelle des produits.

Son principal rival, le logo Repère Alimentaire SENS, inventé par le leader de la grande distribution, Carrefour et adopté par toutes les enseignes de la Fédération du commerce et de la distribution (Auchan, Casino, Monoprix, Lidl…), désigne la fréquence de consommation souhaitable, à travers des triangles de couleur allant du vert au violet indiquant des fréquences de consommation, de « très souvent », à « occasionnellement ».

Enfin, les deux derniers étiquetages, Nutri-Repère (uniformément bleu ciel), soutenu par l’Ania (Association nationale des industries alimentaires), et Nutricouleur (avec code couleur), inspiré du modèle anglo-saxon. À l’inverse des logos qui, pour un produit donnent une seule information synthétique, ces deux solutions détaillent pour chaque aliment les apports par rapport aux besoins en matières grasses, énergie et sel, à la fois en pourcentage et en valeur. Soit pas moins d’une quinzaine de chiffres parfois à la virgule près ! Un sens du détail qui perd en « simplicité ».

Le ministère de la Santé lance une évaluation grandeur nature des logos prétendants. À partir du 26 septembre, 60 supermarchés situés dans 4 régions (Hauts-de-France, Normandie, Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes) vont donc participer durant 10 semaines à une évaluation comparative. Soit 10 magasins par type de logo ainsi que 20 magasins témoins (exempts de logo) qui permettront d’écarter d’éventuels biais d’analyse (influence des promotions, par exemple). Pour l’expérience, 4 gammes de produits seront étiquetées : le rayon traiteur frais (plats cuisinés, pizzas, etc.), les plats cuisinés appertisés (conserves), les viennoiseries et enfin le rayon panification sèche (pains de mie, pains spéciaux).

Objectif de l’opération : mesurer quel logo incite le plus les consommateurs à aller vers des produits plus sains afin de construire le modèle officiel français. En supposant que 3 mois suffisent à modifier des habitudes parfois ancrées depuis des années.

Marie-Noëlle Delaby

mndelaby@quechoisir.org

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17 septembre 2016

Moteur Volkswagen. Et maintenant la surconsommation d’huile

Moteur Volkswagen. Et maintenant la surconsommation d’huile

Après les révélations concernant la tricherie sur la pollution de ses moteurs Diesel, Volkswagen doit affronter une crise de fiabilité sur des moteurs essence bien trop gourmands en huile.

Et maintenant la surconsommation d’huile

David P. aime les belles autos. Fin 2012, il s’est fait plaisir en faisant l’acquisition d’une Audi TT 1.8 TFSI (essence) de 160 chevaux. Ce coupé a tout pour plaire, à l’exception de son voyant rouge de niveau d’huile qui s’allume souvent?! Ce signal d’alarme exige une action immédiate, faute de quoi le moteur risque de graves dommages. Consciencieux, David complète donc son niveau d’huile. Pourtant, à peine quelques centaines de kilomètres plus tard, le voyant se rallume à nouveau, ce qui oblige à embarquer en permanence un bidon de lubrifiant. Une habitude que les automobilistes modernes ont perdue. La belle TT n’affiche que 65?000?km au compteur et a toujours fait l’objet d’un suivi technique scrupuleux dans le réseau officiel Audi. À 15?000, 30?000, 45?000?et 60?000 km, son carnet d’entretien est exemplaire. David finit par demander un diagnostic à un garage Volkswagen (du même groupe qu’Audi) parisien. Le devis de remise en état se chiffre en milliers d’euros?! L’opération annoncée requiert l’entier démontage du moteur pour en remplacer le cœur?: les pistons, leurs segments et les chemises. Stupéfait, notre consommateur mène l’enquête sur Internet et découvre que l’anomalie qui touche son auto est loin d’être un cas isolé.

DE NOMBREUX CAS SIGNALÉS

Beaucoup de forums pointent la surconsommation d’huile de ces moteurs Volkswagen à essence. En France, plusieurs sites spécialisés dans l’auto s’en font l’écho. Aux Pays-Bas, des usagers se sont regroupés pour négocier en position de force avec le groupe Volkswagen (VW). Aux États-Unis, une «?class action?» (action de groupe de droit américain) a été diligentée en 2012 au sujet de l’appétit anormal en lubrifiant de certains modèles Audi à essence. Volkswagen a reconnu ce défaut majeur. La maison mère a proposé une compensation financière aux particuliers concernés et pris en charge les coûts de réparation, y compris rétroactivement lorsque les propriétaires des véhicules avaient déjà payé la réfection du moteur. Pour finir de rassurer l’opinion consumériste nord-américaine, le constructeur a étendu la garantie de ces Audi à huit ans?! En Europe, les véhicules concernés sont potentiellement très nombreux (voir encadré), à tel point que le constructeur a émis une note technique (Technical product information, TPI en jargon VW) confidentielle relative à ce défaut. Elle est destinée aux garagistes mais Que Choisir y a eu accès. Et l’affaire pourrait se révéler très ennuyeuse pour le groupe automobile. Car outre Audi et Volkswagen, Seat et Skoda sont aussi concernées. Quatre marques «?sœurs?» qui partagent l’essentiel de leurs composants, à commencer par les châssis et les motorisations, bien entendu.

LES EXPERTISES SONT ACCABLANTES

Décidé à ne pas assumer seul la réparation de son moteur 1.8 TFSI, David s’est rapproché du syndicat des experts automobiles indépendants, le SEI (www.experts-auto-independants.com). Bernard Tourrette, président de l’instance et consultant régulier de l’UFC-Que Choisir, a procédé lui-même à l’examen de la TT. Son rapport d’expertise est éloquent?: «?Nous avons procédé à un test de consommation d’huile selon la méthodologie du constructeur. Le bilan est sans appel?: une consommation de 1,18?l de lubrifiant aux 1?000 kilomètres?!?» Bien sûr, l’expert précise que l’inspection approfondie du véhicule ne révèle aucune fuite externe (joints ou rondelle de bouchon de vidange défaillants, fissure de carter, etc.) qui pourrait justifier une telle voracité. Après un examen du turbo, l’expertise s’est poursuivie à l’intérieur des cylindres à l’aide d’un endoscope. Sans surprise. «?Mes constatations, écrit l’homme de l’art, mettent en évidence la présence d’huile dans deux cylindres, ce qui signale un défaut d’étanchéité des segments.?» Petite explication pour les profanes?: les segments sont de gros ressorts qui entourent chacun des pistons et assurent l’étanchéité entre le bas moteur (qui barbote dans l’huile) et la chambre de combustion où le mélange air-carburant explose. Lorsqu’ils sont très usés, ou défectueux, les segments laissent «?monter?» le lubrifiant, qui est alors brûlé avec plusieurs conséquences néfastes?: l’huile encrasse la culasse (soupapes, chambre de combustion), ainsi que les dispositifs antipollution (vannes EGR, catalyseur) et cette combustion émet des fumées bleues à l’odeur reconnaissable, notamment lors des phases de décélération. Les voitures ainsi endommagées peuvent se voir recalées aux tests de pollution du contrôle technique. Seconde conséquence, si le conducteur n’y prête pas attention, le niveau d’huile baisse insidieusement jusqu’à passer sous le seuil du minimum vital au fonctionnement du moteur. La mécanique s’use à grande vitesse et finit par casser. La facture peut alors atteindre 15?000?€?! «?Dans l’automobile, il était communément admis qu’un moteur puisse consommer jusqu’à 1 litre d’huile aux 1?000 kilomètres, précise le président du SEI. Mais de telles consommations, supérieures à un demi-litre d’huile aux 1?000, sont désormais rarissimes, et en général disparaissent après la période de rodage. Sur des mécaniques aussi réputées que les gammes essence du groupe Volkswagen, c’est évidemment anormal et une preuve incontestable d’un défaut.?»

DES PRISES EN CHARGE TRÈS INÉGALES

Au sein du seul réseau des experts indépendants (qui n’interviennent pas pour le compte des assureurs mais sur demande des particuliers), bien d’autres cas similaires sont en cours d’expertise. Et l’analyse de ces dossiers, auxquels nous avons eu accès, montre un traitement très discriminatoire de la part de VW France. Ainsi, pour l’Audi TT de David, un premier devis de réparation s’élevait à 3?241?€. Pourtant estimé par un garage de la marque, il a été refusé par le médiateur VW au profit d’un second chiffré à 4?865?€?! Montant sur lequel VW France a consenti 70?% de prise en charge, laissant à notre conducteur 1?460?€ de sa poche. Sur une autre Audi, une A3 équipée du même moteur 1.8 TFSI et affichant plus de kilomètres, Volkswagen a accepté une prise en charge de 90?% (avec 2?300?€ à payer par la propriétaire). Sur une VW Golf 1.4 TSI de 80?000?km, celle-ci tombe à 50?%. Mais, sur une Audi A5 2.0 TFSI Ambition Luxe achetée plus de 45?000?€, le constructeur refuse toute participation à la remise en état, obligeant l’automobiliste et son expert à prendre un avocat pour lancer une procédure. Le moteur ayant rendu l’âme par manque d’huile (il en engloutissait 1,4?l/1?000?km) à 73?000?km, la réparation reviendrait à 14?500?€?! Cela explique sans doute la non-participation de la marque mais ne la justifie nullement. Ces traitements disparates ne sont pas acceptables puisqu’il s’agit d’un préjudice identique subi par un grand nombre de consommateurs. À tel point que ce dossier contentieux pourrait, en théorie, donner lieu à une action de groupe en justice.

MOTEURS DÉFECTUEUX : PEUT-ÊTRE DES MILLIERS D’AUTOS CONCERNÉES

Selon notre enquête, la gamme de moteurs essence sujette à une surconsommation d’huile se décline en trois cylindrées, 1.4, 1.8 et 2.0 litres, en versions TSI ou TFSI (les cylindrées 1.0 et 1.2 semblent épargnées). D’après nos décomptes, quelque 80 modèles peuvent être concernés?: 25 chez Volkswagen (Beetle, Cc, Golf, Eos, Jetta, Passat, Polo Scirocco, Sharan, Tiguan et Touran), 25 chez Audi (A1, A3, A4, A5, A6, A7, A8, Q3, Q5 et TT), 15 chez Skoda (Fabia, Octavia, Rapid, Superb et Yeti) et 15 chez Seat (Alhambra, Altea, Ibiza et Leon). Les millésimes les plus touchés vont de 2008 à 2012. Compte tenu du succès commercial de ces modèles, plusieurs dizaines de milliers de véhicules sont potentiellement équipés d’un moteur défectueux. Impossible, donc, d’accepter un traitement des litiges au cas par cas.

L’AFFAIRE VOLKSWAGEN

Il y a 1 an débutait le scandale du logiciel espion qui sous-évaluait les émissions de gaz polluant sur certaines voitures diesel du groupe Volkswagen. Vous pouvez retrouver nos questions-réponses sur cette affaire.

Michel Ebran

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17 septembre 2016

Go Voyages. Une erreur de nom qui coûte très cher

Go Voyages. Une erreur de nom qui coûte très cher

Une cliente du site Go Voyages s’est vu réclamer 170 € de frais suite à l’inversion de son nom et de son prénom sur ses billets d’avion. Une erreur fréquente qu’elle ne se souvient pas avoir faite, et qui illustre les nombreuses difficultés rencontrées par les clients des comparateurs de vols.

Une erreur de nom qui coûte très cher« Je suis littéralement en larmes à cause de Go Voyages » : le 6 septembre, Sophie, étudiante parisienne de 22 ans, partage une mésaventure sur le réseau social Twitter. Elle raconte que, quelques semaines après avoir réservé deux billets d’avion sur le site de comparateurs de vol du groupe eDreams Odigeo (Go Voyages, eDreams, Opodo, Lilligo, Travellink), elle est « tombée sur un forum où des tas de gens disent que Go Voyages a confondu le nom/prénom sur leur dossier » et a réalisé que c’était le cas sur ses propres billets. Après plusieurs appels au service client du site, elle apprend le montant de la facture pour effectuer une modification : 60 € par billet payés à la compagnie, plus 50 € de frais facturés par Go Voyages. Soit 170 € au total – plus de la moitié du coût total du voyage.

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La confirmation de voyage, où apparaît l’inversion.

Le problème, c’est que Sophie ne se souvient absolument pas avoir effectué cette erreur. « Je suis quelqu’un d’hyperangoissé, je fais attention à chaque détail », nous a-t-elle confié. Et les billets réservés au même moment pour son ami ne comportent pas cette inversion. Sur Internet, les témoignages similaires sont nombreux. Alors que son histoire est partagée près de 2 000 fois sur Twitter, d’autres utilisateurs du réseau social assurent être « dans la même situation ».

Volonté délibérée du voyagiste de facturer des frais ? Un employé de Go Voyages interrogé par « Que Choisir » n’y croit pas, même s’il note que « cette simple modification ne mérite pas d’être facturée 50 € » et qu’ils « pourraient faire un geste ». Il explique que la procédure de réservation ne prévoit pas d’intervention humaine entre la validation de la commande par le client et l’émission du courriel de confirmation. En revanche, il signale un nombre « bizarrement » élevé de cas d’inversions nom/prénom ces derniers temps.

Alerté par « Que Choisir » sur la potentielle présence d’un problème sur sa plateforme de réservation, eDreams Odigeo nous a dans un premier temps indiqué « avoir eu vent » de la situation, avant de nous confirmer à deux reprises qu’« il n’existe aucun problème technique lié à l’enregistrement des noms sur notre plateforme ». « Notre politique est d’enquêter de manière systématique sur les difficultés qui nous sont remontées. Plus généralement, nous n’avons pas constaté de hausse des cas d’erreur de saisie ou d’inversion », nous a écrit la société le vendredi 9 septembre. Le groupe assure avoir « mené de nombreuses actions afin d’améliorer la lisibilité du site et d’accompagner au mieux les clients pour minimiser les erreurs de saisie […]. Ces actions se sont traduites par une baisse significative des erreurs de ce type et nous allons continuer en ce sens ».

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Le message d’avertissement affiché sur le site Go Voyages.

LA PRUDENCE RESTE DE MISE

Finalement, la mobilisation de Sophie et de ses abonnés sur Twitter a payé. Dans un message privé envoyé à la jeune femme le 7 septembre, la société lui a annoncé que « Go Voyages, à titre commercial, [allait] prendre les frais de modification en charge ». Elle a depuis reçu ses billets corrigés. Mais quid des autres voyageurs à qui cette mésaventure pourrait arriver ?

« Notre rôle d’intermédiaire et de partenaire privilégié des compagnies nous permet d’obtenir parfois des gestes commerciaux de leur part », indique Go Voyages. Encore faut-il réussir à se faire entendre… Le voyagiste est en effet unanimement décrié pour la mauvaise qualité de son service client.

Rappelons qu’en 2015, la Direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF) avait annoncé avoir envoyé 9 procès-verbaux à différents comparateurs de vols (dont Go Voyages, Opodo et eDreams) pour des « infractions graves », en particulier des surcoûts de dernière minute. Le meilleur moyen d’éviter les déconvenues est évidemment d’être vigilant – par exemple en effectuant des captures d’écran au moment de la réservation – et de lire attentivement les conditions générales de vente affichées sur le site. Pour prévenir plutôt que guérir, nous vous conseillons aussi de tester l’accessibilité de la hotline avant de régler la facture, ainsi que de prendre connaissance de l’appréciation sur le voyagiste que les autres internautes postent, par exemple sur le forum de « Que Choisir », ou les sites Tripadvisor.fr ou Routard.com (filiale du « Guide du routard »).

Face aux nombreuses difficultés rencontrées par les internautes sur ces comparateurs de vols, la solution est aussi de passer directement par les sites des compagnies aériennes en évitant les intermédiaires… Et ce, qu’il s’agisse de réserver ou de modifier un billet !

17 septembre 2016

Téléviseurs Samsung. Le SAV exaspère !

Téléviseurs Samsung. Le SAV exaspère !

De nombreux consommateurs qui ont des soucis avec un téléviseur Samsung tout juste acheté se heurtent à l’intransigeance du service après-vente (SAV) de la marque : pas de prise en charge au titre de la garantie car l’appareil aurait subi un choc ! Les clients concernés manifestent leur ras-le-bol !

Le SAV exaspère !Dans nos publications, le SAV (service après-vente) de Samsung est régulièrement mis en cause. En cause : la gestion de certaines pannes sur des téléviseurs tout juste achetés.

Très présente en magasin, dans toutes les tailles d’écran, la marque Samsung truste souvent les premières places de nos tests comparatifs de téléviseurs. Mais la médaille a un revers, bien moins clinquant. Un consommateur se plaint d’avoir des traces noires sur son tout nouvel écran, ce qui rend l’image illisible ? La réponse du SAV est invariable : « Envoyez-nous une photo pour que nous puissions établir un diagnostic. » Peu après, le verdict tombe : Samsung refuse de prendre le problème en charge. Motif : le téléviseur a subi un choc après l’achat, et dans ce cas, la garantie ne peut pas s’appliquer. Le consommateur en est alors quitte pour acquérir un nouvel appareil, la réparation (généralement un changement de dalle) qu’il doit assumer étant hors de prix.

Diagnostic sur photos, excuse du choc servie sans preuve, dialogue vite rompu avec Samsung : nous n’avons eu de cesse de dénoncer ces agissements dans divers articles et de solliciter avec insistance la marque, sans aucune réaction ni réponse de celle-ci. En mars dernier, des représentants de Samsung ont rendu visite à « Que Choisir » pour présenter les nouvelles gammes de téléviseurs. Belle occasion de réitérer nos demandes d’explications. On nous avait alors promis un contact rapide avec des responsables du SAV. Nous attendons toujours leur appel.

Par conséquent, pour que l’on tire l’affaire au clair, pour que le consommateur ne soit plus éconduit aussi légèrement quand il se retrouve avec un écran défectueux, faudra-t-il que l’UFC-Que Choisir passe à la vitesse supérieure, en portant l’affaire en justice ? Vu le ras-le-bol des clients et l’attitude de Samsung, on s’en approche…

Arnaud De Blauwe

adeblauwe@quechoisir.

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17 septembre 2016

Assurance vie. L’action en restitution de l’Afer touche à sa fin

Assurance vie. L’action en restitution de l’Afer touche à sa fin

Seize ans après l’éclatement du scandale de l’Afer, plus de 50 000 adhérents ont enfin obtenu gain de cause dans l’action en restitution d’une partie des fonds détournés par les fondateurs de la célèbre Association française d’épargne et de retraite. Retour sur un combat collectif de longue haleine.

L’action en restitution de l’Afer touche à sa finLa décision de la cour d’appel de Versailles ordonnant, le 6 juillet dernier, la restitution à plusieurs dizaines de milliers d’adhérents de l’Afer une partie des sommes détournées à leur insu et confisquées par l’État a été saluée comme une « victoire historique » par Gérard Bekerman, président de l’emblématique association d’épargnants (plus de 50 milliards d’euros d’encours d’assurance vie). Non sans raison. Elle clôt de longues années de procédure. Et devrait tourner la page de l’un des plus gros scandales de l’épargne française.

SPOLIATION

Pour rappel, l’Afer, cofondée en 1976 par Gérard Athias (récemment décédé), a incontestablement contribué à la modernisation du marché de l’assurance vie. À cette époque, passer par un contrat associatif était le seul moyen de profiter d’une certaine liberté de tarifs tout en échappant à la taxe prélevée à l’époque sur les contrats individuels. Plus lisible et moins coûteux, le contrat de l’Afer souscrit par l’association auprès de la compagnie La Paix (fondue ensuite dans L’Abeille puis Aviva) a rapidement connu le succès. Aujourd’hui encore, il se situe parmi les plus performants du marché (3,05 % servi en 2015 sur son fonds en euros).

Gérard Athias devient alors l’un des porte-parole vedettes de la défense des assurés. Mais en décembre 2000, la révélation par le courtier François Nocaudie d’une obscure affaire de rétrocommissions sur frais change la donne. On apprend ainsi que fin 1986, Gérard Athias et un autre fondateur, André Le Saux, avaient décidé, en accord avec l’assureur mais sans en informer les adhérents, de créer une société de courtage, la SNC Sinafer. Détenue à 90 % par les deux dirigeants, cette structure leur a permis d’engranger au fil des ans près de 129 millions d’euros au titre des commissions perçues sur les contrats (montant estimé par la justice sur la base des primes versées par les adhérents entre décembre 1986 et fin juillet1997). Mis en examen, les deux hommes sont renvoyés devant le tribunal correctionnel à l’issue d’une instruction qui a fait couler beaucoup d’encre. Le scandale a durablement déstabilisé l’Afer. Entre 2001 et 2005, pas moins de cinq présidents se sont succédé à sa tête au gré d’alliances qui se nouaient un jour pour mieux se défaire le lendemain. En 2007, la reprise en mains de l’association par Gérard Bekerman siffle la fin de partie.

PARCOURS DU COMBATTANT

Le 2 décembre 2009, la Cour de cassation confirme le jugement de Gérard Athias et d’André Le Saux pour abus de confiance : 92 millions d’euros sont exigés au titre des sommes détournées, mais moins d’un tiers de cette somme est effectivement saisi. Une première tentative de médiation engagée par l’association en 2010 afin que les adhérents lésés puissent récupérer leur dû échoue. L’Afer opte alors pour le dépôt, devant la cour d’appel de Paris, d’une requête en restitution au nom de plus de 55 000 adhérents lui ayant donné mandat. Cette demande, jugée irrecevable car apparentée à une « class action » (la loi Hamon de mars 2014 introduisant l’action de groupe n’est pas encore votée), est d’abord rejetée. Mais l’Afer ne lâche pas prise. Elle se pourvoit en cassation et, dans un arrêt rendu le 20 mai 2015, la haute juridiction lui donne raison en reconnaissant le bien-fondé de ce mandat. Définitivement entérinée par la cour d’appel de Versailles le 6 juillet 2016, la restitution porte sur 17,3 millions d’euros. Selon les calculs des avocats de l’association, ce montant, intérêts compris, dépasserait 27 millions d’euros, et les adhérents concernés (un peu plus de 50 000 du fait des décès intervenus entre-temps) devraient, après établissement du préjudice subi par chacun, récupérer à titre individuel des sommes très variables (moins de 15 € pour certains et jusqu’à plusieurs milliers d’euros pour d’autres).

ACTION DE FORCE ?

La technique du mandat s’est révélée « très efficace pour exercer une action collective sans passer par les arcanes compliquées et restrictives imposées par la loi de 2014 », remarque Me Olivier Pardo, avocat de l’association, dans une interview donnée au journal « Les Échos ». Quoique non envisageable au moment où la requête en restitution a été enclenchée, une action de groupe à la française aurait cependant le mérite aujourd’hui d’élargir le champ de l’indemnisation à tous les adhérents concernés par le détournement de fonds de l’Afer (et pas seulement aux mandants). Les avocats associés Nicolas Lecoq-Vallon et Hélène Féron-Poloni, qui accompagnent l’UFC-Que Choisir dans l’action de groupe engagée à l’encontre de BNP Paribas dans le cadre de la vente de son produit BNP Garantie Jet 3, déplorent d’ailleurs que l’Afer n’ait pas davantage poussé ses adhérents à « se retourner contre l’assureur qui, au nom du principe de solidarité qui ressort des articles L.141-6 et L.511-1 du code des assurances, aurait dû provisionner la somme correspondant au préjudice subi ». Cette remarque pose en creux la délicate question de l’indépendance réelle des associations d’assurés vis-à-vis de leurs partenaires assureurs. Celle-ci a récemment fait l’objet d’un amendement dans le cadre de la loi Sapin 2 en cours d’examen, qui, s’il est avalisé, pourrait donner davantage de poids aux adhérents.

Laurence Delain-Da

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17 septembre 2016

Assurance santé. Generali va récompenser les « bons » comportements

Assurance santé. Generali va récompenser les « bons » comportements

Generali France va proposer aux entreprises, à partir du 1er janvier prochain, une complémentaire santé récompensant une bonne hygiène de vie par des cadeaux. Encore faut-il pouvoir la définir et la mesurer.

Generali va récompenser les « bons » comportements

C’est une première en France : à partir du 1er janvier prochain, l’assureur Generali France va commercialiser une complémentaire santé qui encouragera les bons comportements. Comme la loi lui interdit de réduire la prime des assurés vertueux, la récompense prendra la forme de réductions auprès de partenaires, comme le Club Med. Ce dispositif, baptisé « Vitality », ne sera accessible que dans le cadre des contrats collectifs et sera facultatif : chaque entreprise décidera si elle le propose à ses salariés, libre à eux ensuite d’y adhérer ou pas. Ceux qui choisiront d’activer l’option seront d’abord soumis à un questionnaire en ligne plutôt indiscret : poids, taille, qualité de sommeil, activité physique, alimentation, consommation de cigarettes, etc. devront être précisés. À l’issue de l’interrogatoire, le candidat se verra attribuer un score et des conseils pour l’améliorer, au besoin en s’adressant à des prestataires comme Weight Watchers s’il a besoin d’un régime ou Tabac Infos Service s’il lui faut stopper la cigarette. Dans l’hypothèse où il atteindrait ses objectifs, il obtiendrait des cadeaux.

Cette initiative a priori pleine de bon sens pose en réalité la difficile question du « bon » mode de vie : il est loin de faire consensus. Même si l’activité physique et l’alimentation en sont des composantes importantes, il y a débat sur les éléments précis qui, dans ces deux domaines, ont le plus d’impact sur notre santé. D’autre part, à supposer qu’on puisse définir l’hygiène de vie, nous n’avons pas tous la même marge de manœuvre pour l’adopter : un travail de nuit en usine affecte la santé, celui qui l’occupe est-il pour autant libre de le quitter ? Sans compter que des circonstances personnelles peuvent conduire à abandonner, momentanément ou pas, les bonnes habitudes.

Quant aux indicateurs adoptés pour « mesurer » le mode de vie, ils peuvent aussi être sujets à caution : en Allemagne, où Generali a déjà lancé une offre d’assurance similaire, la fréquentation des magasins bio entre en ligne de compte, alors que, comme ailleurs, il s’y vend une foule d’aliments gras, sucrés et salés. Enfin, l’exploitation des données personnelles échangées dans le cadre de ce type de contrat n’est pas le moindre des risques.

Anne-Sophie Stamane

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17 septembre 2016

Carte interactive des supermarchés. Trouvez le supermarché le moins cher près de chez vous (classement des PO en fin d’article)

L’article de l’indépendant du 14 septembre 2016 (pages 1 et 3)

Carte interactive des supermarchés. Trouvez le supermarché le moins cher près de chez vous

Trouvez le supermarché le moins cher près de chez vous

Comment trouver le supermarché le moins cher près de chez moi ! Avec la carte interactive des supermarchés, visualisez les prix des magasins situés à côté de chez vous. Vous retrouverez en outre les prix rayon par rayon (épicerie, fruits et légumes, produits laitiers, boucherie, boisson, hygiène et beauté…). Pour bâtir ces indices, Que Choisir relève régulièrement les prix sur plusieurs centaines de produits de grandes marques ou de marques distributeurs (MDD) dans 3 500 supermarchés, hypermarchés et drives. Les relevés sont effectués à la fois par des enquêteurs mystère et sur Internet.
Cliquez sur l’image suivante pour accéder à la carte interactive :
carte-interactive

MÉTHODOLOGIE DE NOTRE COMPARATEUR SUPERMARCHÉS

Entre le 23 janvier et le 6 février 2016, l’UFC-Que Choisir a enquêté 4 306 magasins et relevé 340 000 prix dans les principaux réseaux de distribution alimentaire, hors hard-discount.

Un panier de 81 produits de marques nationales et de marques de distributeurs (MDD) achetés régulièrement par les consommateurs (épicerie, boissons, viandes, etc.), et représentatifs de la consommation française, a été constitué. Les prix ont été relevés en magasin par nos enquêteurs ou par Internet, sur les services drives (1).

La valeur du panier moyen de référence s’élève à 352€, mais comporte de fortes disparités d’un magasin à l’autre. Sur cette carte vous trouverez, pour chaque magasin enquêté, le prix du panier moyen mais aussi l’indice des prix de chaque rayon.

(1) Service de commande par Internet et de retrait des courses en magasin.

Le classement des Pyrénées-Orientales :

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12 septembre 2016

Disponibilité des pièces détachées. De la bonne volonté mais encore un manque d’information

Disponibilité des pièces détachées. De la bonne volonté mais encore un manque d’information

Un an et demi après sa mise en place, l’affichage de la durée de disponibilité des pièces détachées n’est toujours pas entré dans les habitudes des distributeurs. Une enquête de la DGCCRF montre que les vendeurs ignorent souvent les obligations légales dans ce domaine. Pour aiguiller les consommateurs, les fabricants ont créé deux tableaux récapitulant la durée de disponibilités des pièces de certaines marques.

 De la bonne volonté mais encore un manque d’information

C’était une mesure phare de la loi consommation, qui devait tordre le cou aux rumeurs « d’obsolescence programmée » et inciter à la réparation des produits en panne. Depuis le 1er mars 2015, le consommateur doit avoir l’information, au moment de l’achat d’un produit, de la durée pendant laquelle les pièces détachées sont disponibles.

La secrétaire d’État chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Économie sociale et solidaire, Martine Pinville, a profité de la visite, le jeudi 8 septembre, de l’atelier de réparation de la société DOM, à Fontenay-le-Fleury (Yvelines), pour faire le point sur la mise en œuvre de cette mesure.

Elle a présenté les résultats d’une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) qui, entre fin 2015 et début 2016 – soit plus de neuf mois après l’entrée en vigueur de la loi –, a contrôlé 397 établissements (magasins spécialisés, grandes surfaces, sites Internet, etc.). Près d’un tiers (126 établissements) présentaient des anomalies relatives à l’information sur la disponibilité des pièces détachées.

Comme l’UFC-Que choisir l’avait relevé en février, « les vendeurs ignorent souvent les obligations légales dans ce domaine et l’information est alors manquante », écrivent les inspecteurs de la DGCCRF. « Lorsque l’information est donnée, généralement pour une partie seulement des produits, celle-ci n’est pas toujours conforme », ajoutent-ils.

Les actions de contrôle ont débouché au total, pour l’ensemble des anomalies, sur 154 avertissements réglementaires. Des mesures correctives ont aussi été prises avec 93 injonctions envoyées aux établissements visés, ainsi que des mesures répressives (6 procès-verbaux d’infraction et 16 procès-verbaux d’amendes administratives).

« Une deuxième enquête sera menée dans les mois qui viennent » pour vérifier si l’information s’améliore, a indiqué Martine Pinville. Cette enquête « était un premier pas, il a encore beaucoup à faire » pour améliorer l’information du consommateur, a-t-elle dit.

Alors que l’UFC-Que Choisir demande depuis plusieurs mois la modification du décret en élargissant l’obligation d’information à l’ensemble des fabricants, y compris ceux qui ne proposent pas de pièces détachées, la ministre a confirmé que cet « affichage négatif » n’était « pas prévu » car « le but est d’informer et de sensibiliser le consommateur » sur la disponibilité des pièces, nous a-t-elle répondu lors de ce point presse.

L’enquête de l’UFC-Que choisir menée en février montrait que 80 % des distributeurs affichant l’information sur la durée de disponibilité des pièces détachées l’ont noyée au milieu des caractéristiques du produit, ce qui diminue sa visibilité. La ministre a indiqué qu’une standardisation de l’affichage, par exemple avec un logo facilement reconnaissable, n’était « pas prévue en tant que telle » actuellement, mais que des adaptations du dispositif pourraient intervenir.

UN TABLEAU POUR MIEUX SE REPÉRER

Dans l’optique d’améliorer l’information aux consommateurs, le Groupement interprofessionnel des fabricants d’appareils d’équipement ménager (Gifam) a dévoilé jeudi deux tableaux (voir ci-dessous) présentant la durée de disponibilité des pièces détachées de la plupart des marques du groupement. « Si un consommateur ne trouvait pas l’information en magasin ou sur Internet, ces documents sont à sa disposition sur notre site », explique Alexander Lohnherr, président du Gifam.

Ne voulant pas entrer dans un « ping-pong » entre distributeurs et fabricants pour savoir si l’information existe – l’enquête de la DGCCRF montre que certains distributeurs fautifs se défaussent sur les fabricants – il a estimé qu’avec ce tableau, il n’y avait « plus d’excuse » pour ne pas afficher la durée de disponibilité en magasin.

Reste que si ce tableau permet de repérer en un clin d’œil les bons élèves en la matière (certains affichent 10 ans de disponibilité quand d’autres plafonnent à 3 ans), il n’a pas valeur contractuelle. « Ces éléments sont donnés à titre informatif et doivent être vérifiés produit par produit », est-il précisé en bas de tableau. Ainsi, si LG affiche une durée de disponibilité de 5 ans, une simple recherche sur le site Internet de Darty montre que certains produits (le micro-ondes LG MS5382NW ou le lave-linge LG F1496AD1) n’ont une durée de disponibilité que de 2 ans. « La valeur indiquée sur le tableau est celle la plus couramment pratiquée par le fabricant », indique-t-on au Gifam.

Outre les marques de distributeurs (MDD) totalement absentes, certains membres du Gifam n’apparaissent pas sur le tableau, parmi lesquels des marques connues (Haier, De’ Longhi, Kenwood, Panasonic, Babyliss, Braun, Dirt Devil, Vax, KitchenAid en PEM, Vorwerk, La Germania…). Le groupement n’a pas obligé ses membres à adhérer à la démarche, « mais nous espérons que la communication autour de ces tableaux incitera les absents à s’engager », indique Alexander Lohnherr.

GARANTIES LÉGALES : UN FLOU PERSISTANT

Lors de son enquête, la DGCCRF a également contrôlé le respect de l’information précontractuelle donnée dans les magasins physiques et sur les sites de vente en ligne sur l’existence et les modalités des garanties légales et des garanties contractuelles. Le manque d’information dans ce domaine peut en effet inciter le consommateur à souscrire des extensions de garantie peu opportunes.

Des anomalies ont été constatées dans 140 établissements (35 % de l’échantillon). « L’information était soit absente, soit insuffisante. Les vendeurs des différents magasins visités ne sont généralement pas en mesure de renseigner les consommateurs, notent les enquêteurs. Le plus souvent, la seule information que reçoit le consommateur porte sur les garanties commerciales. »Des observations qui rejoignent les constats publiés par l’UFC-Que Choisir en mai dernier.

L’information sur l’extension de la durée de la présomption d’antériorité du défaut de conformité, passée le 18 mars 2016 de 6 mois à 2 ans, n’a pas été contrôlée, puisqu’elle est entrée en vigueur après l’enquête de la DGCCRF.

LES TABLEAUX DE DISPONIBILITÉ DES PIÈCES DÉTACHÉES DU GIFAM

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11 septembre 2016

Fournitures scolaires. Des bâtons (de colle) dans les roues

Fournitures scolaires. Des bâtons (de colle) dans les roues

À la suite de nos analyses sur la toxicité des fournitures scolaires, le fabricant de colles pour enfants Cléopâtre nous a transmis ses échanges avec l’administration. Des échanges qui confirment les aberrations réglementaires que nous avons dénoncées à propos des fournitures scolaires.

Des bâtons (de colle) dans les roues

C’est une drôle d’aventure qui est arrivée au fabricant de colles pour enfants Cléopâtre. « Puisque aucune législation ne s’applique aux colles, nous explique-t-il, nous avions décidé d’utiliser la norme Jouet comme référence pour informer les consommateurs et s’assurer nous-mêmes de l’innocuité de nos produits. Comme les phrases et les logos de la réglementation sur les jouets sont reconnus aisément par les consommateurs et les professeurs des écoles, c’était rassurant pour tout le monde. »

Au vu des composés toxiques et allergisants que contiennent la majorité des 52 fournitures scolaires de notre test, « Que Choisir » ne peut que confirmer l’intérêt de la démarche ! Pourtant, fin 2015, le fabricant Cléopâtre reçoit un courrier comminatoire de la Direction départementale de protection des populations (DDPP) d’Indre et Loire, un service de la DGCCRF, le sommant de retirer le marquage CE, les indications d’âge et les phrases d’alerte figurant sur ses colles. Motif invoqué : la colle ne peut pas être considérée comme un jouet, elle entre dans la catégorie des articles de papeterie et par conséquent « ne peut pas porter le marquage CE ou tout autre marquage spécifique à la réglementation jouets ».

Le fabricant n’en est pas revenu. Mais le pire, c’est que ce courrier juridique de la DDPP est tout à fait justifié. Il révèle juste le vide réglementaire sidéral qui entoure les fournitures scolaires bien qu’elles s’adressent aux enfants.

Élisabeth Chesnais

echesnais@quechoisir.org

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11 septembre 2016

iPhone 6 et 6 Plus. Des écrans ne répondent plus

iPhone 6 et 6 Plus. Des écrans ne répondent plus

Fin août, le réparateur américain iFixit révélait l’existence d’un défaut de conception majeur sur des iPhone 6 et 6 Plus. À l’usure, deux composants se déconnectent de la carte mère, l’écran tactile devient inutilisable et une barre grise scintillante apparaît sur sa partie supérieure. Cette maladie, baptisée « Touch disease », ne se cantonne pas aux États-Unis : les clients français sont eux aussi touchés, les dizaines de témoignages envoyés à l’UFC-Que Choisir le prouvent. Nos conseils si vous êtes concerné.

Des écrans ne répondent plus

De Paris, Strasbourg, La Baule, Marseille, Bordeaux, Annemasse, Toulouse, Dijon, Nantes, Lyon, Dunkerque ou Besançon, le message est toujours le même : un iPhone 6 ou 6 Plus qui, après un délai variable d’utilisation, voit sa fonction tactile inopérante et, souvent, une barre grisâtre scintillante entacher le haut de l’écran. Le dysfonctionnement va et vient de manière complètement erratique. Redémarrer ou réinitialiser l’appareil ne le fera, au mieux, que disparaître temporairement.« Cela arrive plusieurs fois par jour, à la longue c’est très énervant », s’indigne Éric. Changer l’écran ne réglera pas non plus le problème, puisque la dalle tactile fonctionne en fait parfaitement. L’origine de la panne est plus profonde, nichée dans les composants du téléphone. À l’usure, les deux puces soudées sur la carte mère (le cerveau du smartphone) dont la fonction est d’interpréter les mouvements des doigts de l’utilisateur sur l’écran, se déconnectent. « L’intervention sur une carte mère relève d’une opération très délicate de micro-soudure, qui ne peut être réalisée qu’en laboratoire ; plutôt que de réparer, un constructeur préfère généralement changer toute la carte mère », témoigne un réparateur indépendant, qui préfère pour sa part ne pas toucher aux appareils concernés. Baladés entre Apple et leur opérateur mobile (quand leur iPhone a été acheté dans le cadre d’une offre subventionnée), pris de doute concernant la garantie de leur appareil, les victimes de la panne s’interrogent sur les responsabilités de chacun.

300 À 400 € POUR UN ÉCHANGE STANDARD

Aux États-Unis, le tollé provoqué par iFixit, le site américain de réparation d’appareils high-tech qui a découvert ce problème de conception, a poussé Apple à réagir. D’après le site spécialisé AppleInsider, le constructeur a adressé des directives aux techniciens de ses boutiques Apple Store, qui échangent désormais systématiquement les iPhone touchés contre des modèles identiques neufs. L’échange est gratuit pour les appareils sous garantie, et coûte 85 à 249 $ sinon. Rien n’indique que les boutiques françaises aient reçu les mêmes directives. Certains vendeurs avouent à demi-mot être au courant du problème quand d’autres le nient purement et simplement.« La panne est difficile à prouver puisqu’elle est aléatoire ! J’avais bien essayé de faire une capture d’écran, mais la ligne grise n’y apparaissait pas », raconte José, qui a finalement pu échanger son appareil. Comme lui, plusieurs consommateurs ont effectivement bénéficié d’un échange à neuf de leur iPhone sous garantie acheté dans une boutique Apple. À d’autres, les « Genius » (les techniciens des Apple Store) ont proposé un échange standard. Mais les prix sont incomparables à ceux pratiqués outre-Atlantique, puisqu’ils varient, selon les témoignages, de 200 à 400 € ! Et cette solution n’est pas forcément satisfaisante. « On me demande de repayer 350 € pour un iPhone que j’ai déjà payé 900 € il y a moins de 2 ans ! » s’exclame Michel. Qui plus est, les iPhone neufs remis aux clients ne sont pas à l’abri d’être à leur tour touchés, un jour ou l’autre, par le « touch disease »…

GARANTIE NON GARANTIE

Pour les clients qui se sont offert un iPhone 6 ou 6 Plus dans le cadre d’une offre opérateur, la situation se complique. « Apple me dit de me tourner vers SFR puisque j’ai acheté l’iPhone il y a plus d’un an, SFR refuse de faire jouer la garantie sans papier d’Apple reconnaissant par écrit qu’il y a un vice caché… Apple veut bien me le « réparer » moyennant plus de 200 €, à charge pour moi de me faire rembourser par SFR ensuite… » Le cas de Tristan est loin d’être isolé. À un client strasbourgeois, un genius a expliqué que son iPhone n’était plus couvert par la garantie européenne chez Apple car acheté chez Free. Bref, Apple et les opérateurs mobiles jouent à se renvoyer la balle, noyant le consommateur dans les méandres des différentes garanties. La loi est pourtant claire concernant les différentes garanties applicables.

VOS DROITS

Un petit conseil en guise de préambule : pensez à sauvegarder le contenu de votre iPhone avant de vous présenter dans un Apple Store ou de l’envoyer en réparation. Vous pourrez ainsi réinstaller vos photos, vos messages, vos applications et tout le reste dans votre iPhone neuf ou réparé, via le logiciel iTunes.

– La garantie légale de conformité vous autorise à réclamer au vendeur (Apple ou opérateur mobile) la réparation ou le remplacement gratuit de votre iPhone défectueux jusqu’à 2 ans après la date d’achat.
Pour les iPhone achetés avant le 18 mars 2016 : si le problème survient dans les 6 premiers mois après l’achat, vous n’aurez rien à prouver, s’il survient après ces 6 mois et dans les limites de 2 ans après achat, vous devrez prouver (par une expertise notamment) que le défaut affectant la carte mère et à l’origine du « touch disease » était antérieur à l’achat de votre iPhone.

Les iPhone achetés après le 18 mars 2016 sont couverts par la garantie de 2 ans, sans que vous n’ayez à apporter la preuve de l’antériorité du défaut affectant la carte mère : cette antériorité est désormais présumée pendant  toute la durée de la garantie ! Le vendeur ne peut pas se défausser sur le fabricant. Autrement dit, dans le cadre d’un achat chez un opérateur, ce dernier est responsable.

– La garantie légale des vices cachés peut également s’appliquer dans les 2 ans suivant la découverte du vice (soit l’apparition sur votre iPhone du « touch disease ») dans les limites de 5 ans après l’achat de celui-ci, mais elle est plus contraignante dans la mesure où c’est à l’acheteur de prouver l’existence du défaut (en présentant les différentes attestations ou devis de réparation ou en faisant procéder à une expertise).

– L’iPhone 6 et l’iPhone 6 Plus ont été commercialisés en septembre 2014, il y a tout juste 2 ans. Vérifiez vite la date de votre achat pour pouvoir faire jouer la garantie.

– Si vous avez acheté votre iPhone 6 ou 6 Plus chez Apple et qu’il refuse de faire jouer la garantie sous prétexte que votre iPhone a été ouvert ou réparé par un réparateur non agréé (quel que soit le motif de l’intervention), il est en tort : cette clause contenue dans sa garantie contractuelle n’annule pas la garantie légale des vices cachés, ni la garantie légale de conformité.

L’UFC-Que Choisir entend faire réagir Apple pour qu’il mette en place une procédure claire pour les clients victimes d’iPhone 6 et 6 Plus défectueux, et ne manquera pas, en cas de garanties insuffisantes, d’engager toute action propre à faire respecter les droits des consommateurs.

Camille Gruhier

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11 septembre 2016

Fils téléphoniques. Le retour de la servitude d’élagage

Fils téléphoniques. Le retour de la servitude d’élagage

Un projet de loi va bientôt donner à Orange la possibilité de nettoyer les abords des lignes téléphoniques sur des terrains privés aux frais des particuliers, s’ils refusent de le faire eux-mêmes.

Le retour de la servitude d'élagage

C’est une disposition passée inaperçue du projet de loi pour une République numérique, qui reviendra devant le Sénat le 27 septembre. Elle autorise Orange (seul nom officiel de France Télécom depuis juillet 2013) à procéder à des travaux tels que « le débroussaillage, la coupe d’herbe, l’élagage et l’abattage », quand la végétation menace les lignes téléphoniques, sur des terrains privés, et cela aux frais des propriétaires !

Jusqu’en 1996, France Télécom bénéficiait de cette servitude d’élagage. Elle avait été abrogée dans le cadre de la libéralisation des télécommunications. Par la suite, les particuliers n’ont jamais cessé d’être responsables de leurs terrains, arbres compris. En théorie, ils devaient tailler et couper, de sorte que le lierre n’envahisse pas les poteaux et que les fils ne se perdent pas dans les branches. Il suffit de se promener en zones rurales ou semi-rurales pour constater que le travail n’a pas toujours été fait, loin de là. À beaucoup d’endroits, la « boucle locale cuivre » est noyée dans la végétation. Orange s’en est désintéressée, préférant investir dans la fibre optique et les zones urbaines.

Les maires auraient pu forcer les propriétaires à agir. Le code général des collectivités territoriales, le code de la voirie routière et le code des postes et des communications électroniques leur donnaient plusieurs moyens de pression, sous forme de mise en demeure, avec amende à la clé pour les récalcitrants. Des procédés parfois délicats à mettre en œuvre. Quel élu a envie d’affronter la colère de ses administrés, pour l’entretien d’un réseau qui appartient à Orange ? Sans parler des cas, pas si rares dans les communes rurales, où il est impossible de retrouver le propriétaire du terrain.

L’article 39 du projet de loi pour une République numérique contourne la difficulté en instituant un système assez compliqué. En cas d’élagage insuffisant, quand « l’entretien des abords des équipements du réseau n’est pas assuré dans des conditions permettant de prévenir leur endommagement ou les risques d’interruption du service, le maire peut transmettre, au nom de l’État, une mise en demeure au propriétaire ». Si ce dernier ne répond pas sous quinze jours, le maire informe Orange « aux fins qu’il procède lui-même aux travaux », mais aux frais des particuliers.

DE QUELQUES DIZAINES À QUELQUES MILLIERS D’EUROS

Plusieurs parlementaires avaient demandé que l’exploitant assume entièrement la charge du nettoyage des abords des lignes. Leurs propositions n’ont pas été retenues.

Tronçonner quelques branches à la campagne n’est pas très coûteux. Une entreprise spécialisée s’en charge pour une centaine d’euros. S’il s’agit de tailler une rangée d’arbres d’une douzaine de mètres de hauteur, en zone résidentielle, à proximité de lignes électriques, le devis peut se chiffrer en milliers d’euros. Le projet de loi prévoit que l’exploitant paiera, lorsque les coûts « sont particulièrement élevés » ou lorsque le chantier présente « des difficultés techniques ou pratiques de nature à porter atteinte à la sécurité ou à l’intégrité des réseaux », mais sans plus de précision. Contacté, Orange se refuse à dire ce que pourraient être ces coûts « particulièrement élevés ».

En cas de litige (la juridiction compétente étant le tribunal d’instance), pourrait se poser la question des « conventions de servitude », autrement dit, des documents qui autorisaient France Télécom à poser des poteaux sur une propriété privée, ou même à survoler cette dernière à quatre mètres, hauteur réglementaire des lignes téléphoniques.

Dans leur grande majorité, les 15 millions de poteaux du réseau français sont sur le domaine public, mais on en trouve néanmoins des dizaines de milliers sur des terrains privés. Ils ont été posés il y a des décennies. Les propriétés ont changé de mains, les actes de vente sont souvent muets sur l’existence d’une convention. Le législateur, toujours dans l’article 39, appelle d’ailleurs Orange à y remédier, en proposant « l’établissement d’une convention » aux propriétaires. Les discussions pourraient être parfois épineuses. Si Orange ne peut produire une convention de servitude, comment imposer un élagage coûteux à un particulier ?

Erwan Seznec

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11 septembre 2016

Burger King. Une cuisson à la flamme qui pose question

Burger King. Une cuisson à la flamme qui pose question

Pour la première fois depuis son retour en France en 2013, le géant du fast-food Burger King s’expose dans un spot publicitaire télévisuel, relayé par une vaste campagne d’affichage. Son but : rappeler que Burger King est la seule grande chaîne de fast-food à proposer des burgers grillés à la flamme. Une cuisson supposée être à l’origine de son «  goût unique » mais qui s’avère aussi génératrice de composés nocifs pour la santé !

Une cuisson à la flamme qui pose question

Tout feu tout flamme. Affichée en 4 par 3 dans les rues ou à la télévision sous forme d’un spot humoristique façon guerre du feu ; difficile d’échapper en cette rentrée à la campagne promotionnelle lancée par Burger King depuis le 22 août dernier. Le message est clair : ce qui rend les burgers de la chaîne « uniques », c’est leur mode de cuisson à la flamme. Un argument illustré par un steak haché trônant au milieu d’un grand feu (voir capture d’écran ci-dessous). Une illustration évocatrice de grillades bucoliques que l’on imagine difficilement reproduite au milieu d’un fast-food. Alors en quoi consiste concrètement cette cuisson « à la flamme » ?

Contactée par nos soins, la firme américaine qui possède aujourd’hui une cinquantaine de restaurants dans l’Hexagone cultive le mystère, expliquant que « depuis sa création, Burger King a développé un process de cuisson de la viande qui lui est propre et reste une exclusivité Burger King ». Mais précise toutefois que « les viandes de [ses] burgers passent sur un convoyeur au-dessus de vraies flammes générées par des résistances électriques ».

De vraies flammes donc, produites par un système de « broilers », des grils industriels notamment utilisés par la restauration rapide et dont l’un des leaders, la marque américaine Nieco, est le fournisseur officiel de Burger King aux États-Unis.

PAS DE FEU SANS FUMÉE

Si chaque modèle de « broiler » a ses spécificités, tous ont en commun d’être composés d’une grille roulante où sont déposées les viandes qui passent au-dessus d’une source de chaleur (au gaz ou électrique selon les modèles). À la cuisson, les graisses exsudées par la viande vont tomber sur la source de chaleur, provoquant le dégagement d’une flamme et de fumées qui vont lécher la viande.

Une cuisson qui conduit certes à la production d’arômes grillés appréciés de certains consommateurs, mais aussi à celle de composés néoformés dangereux pour la santé.

En effet, les graisses animales sont des composés relativement sensibles aux fortes chaleurs.« Soumis à une source de plus de 220 °C, elles subissent une dégradation appelée pyrolyse qui donne naissance à des composés – les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) – connus pour être des facteurs de risques des cancers », explique Frédéric Tessier, professeur de chimie à la faculté de médecine de Lille, qui rappelle également que la chaleur d’une flamme dépasse aisément les 500 °C, provoquant des points de chauffe importants pour la viande, même quand celle-ci ne reste que brièvement au contact des flammes comme dans ce type de machines à griller.

Pour les inconditionnels des grillades, il serait donc préférable de privilégier des cuissons au gril plus « intelligentes », comme le conseille l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) qui précise « qu’afin d’éviter la formation massive d’HAP et de dérivés pyrolytiques des acides aminés, les aliments doivent être cuits à la chaleur des braises et non pas au contact direct des flammes ». L’Anses souligne également l’intérêt des modèles de barbecue à cuisson verticale qui évitent le contact entre les graisses et la source de chaleur ou encore l’importance de retirer le gras apparent des viandes afin de diminuer sensiblement le risque de formation de composés nocifs.

EXTRAIT DE LA PUBLICITÉ DE BURGER KING

Marie-Noëlle Delaby

mndelaby@quechoisir.org

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11 septembre 2016

Épargne. L’assurance vie s’ouvre au capital investissement

Épargne. L’assurance vie s’ouvre au capital investissement

Soucieux de réorienter une fraction de l’épargne des Français vers les entreprises, le gouvernement a profité de la loi Macron du 6 août 2015 pour faciliter l’accès au private equity (sociétés non cotées) dans le cadre de l’assurance vie. Une première offre promue par Axa est sortie début juillet. Une autre, conçue par CNP Assurance, est attendue le 12 septembre. Décryptage.

 L’assurance vie s’ouvre au capital investissement

Lancé le 5 juillet, le premier contrat d’assurance vie résolument orienté vers le soutien aux entreprises a fait grand bruit dans le monde de la finance. Inaugurée par Axa France et portée sur les fonts baptismaux par le désormais ex-ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, cette nouvelle offre, baptisée Nextstage Croissance, témoigne une nouvelle fois de la volonté conjuguée du gouvernement et des assureurs de pousser les épargnants vers davantage de prise de risque en finançant les petites et moyennes entreprises (PME) ainsi que les entreprises de taille intermédiaire (ETI).

DIVERSIFICATION

Pour rappel, l’assurance vie pèse aujourd’hui quelque 1 615 milliards d’euros. Or plus des trois quarts de ces encours sont placés en fonds en euros sécurisés (le capital est garanti à tout moment). Majoritairement investis en obligations d’État et d’entreprises, ces supports, qui ont encore rapporté l’an passé 2,3 % en moyenne (avant frais sur versement et prélèvement sociaux), sont fortement impactés par le plongeon inédit des taux (fin août, l’indice de référence du secteur, l’OAT 10 ans, a enfoncé le seuil des 0,2 % !). Non seulement leur rentabilité financière pâtit de ce repli drastique de la rémunération obligataire (cette année, le rendement moyen des fonds en euros devrait passer sous la barre des 2 %), mais cette configuration hypothèque l’avenir de la garantie permanente en capital dont ils bénéficient. Celle-ci coûte en effet de plus en plus cher en fonds propres aux assureurs qui n’ont de cesse ces derniers temps de pousser leurs clients vers les unités de comptes (UC), des supports  placés en valeurs mobilières dont la performance potentielle provoque en contrepartie une prise de risque accrue (voir notre enquête de juillet 2016). Certains réseaux incitent également à regarder du côté des nouveau fonds euro-croissance. Mais la mécanique complexe de ce produit associée à un report de garantie à terme (huit ans minimum) peine à convaincre.

LA VOIE ÉTROITE DU NON-COTÉ

L’initiative en faveur du private equity s’inscrit dans cette même logique de diversification. En soi, elle n’est d’ailleurs pas nouvelle. Cela fait déjà plusieurs années que les pouvoirs publics encouragent, par des allègements fiscaux dédiés, les assurés à soutenir les entreprises non cotées, au travers de contrats spécifiques (offres « DSK », refondues en « NSK » et plus récemment « Vie génération », qui profitent d’un abattement successoral majoré de 20 % en contrepartie d’un investissement en capital risque et/ou solidaire). Mais l’article 137 de la loi Macron ajoute une pierre à l’édifice. Jusqu’à présent, si un assuré misait sur du non-coté dans le cadre de son assurance vie (dans la limite des 10 % autorisés), il était, en cas de rachat anticipé ou de transmission, confronté à un problème de liquidité pour la quote-part de son contrat investie en private equity. La loi Macron lève ce frein en permettant au bénéficiaire du contrat (souscripteur en vie, ou héritier désigné) de recevoir dans ce cas non plus du cash, mais des titres, correspondant généralement à la valeur des parts du FCPR (fonds communs de placement à risque) par lequel aura transité l’investissement dans les entreprises non cotées.

DIFFICILE CONTREPARTIE

Attention toutefois, comme le souligne Olivier Mariée, directeur des activités épargne et Wealth Management d’Axa France, en aucun cas ce type d’investissement ne s’adresse au grand public.« Cette solution de diversification est réservée à une clientèle patrimoniale avertie qui, dans le cadre de son assurance vie, souhaite accéder à cette classe spécifique d’actifs de long terme dont l’usage exige maintes précautions ». Liquider à bon escient les titres correspondant à son capital investissement demande en effet un minimum d’expertise. Fort de ce constat, CNP Assurances, qui lancera dans quelques jours dans le cadre de ses gammes CNP Patrimoine, sa nouvelle offre deprivate equity, assurera elle-même le rachat de ces titres.

FICHE TECHNIQUE DE L’OFFRE D’AXA FRANCE

Nom de l’UC : NextStage croissance

Société de gestion : NextStage AM

Objectif : Investissement dans NextStage SCA, elle-même investie majoritairement dans des PME et ETI françaises ou européennes.

Frais de gestion du fonds : 1,1 %/an (+ frais propres au contrat).

Montant minimum d’accès : 100 000 € (une quote-part maximum 10 % de chaque versement peut être investie sur le support. Les arbitrages et les actes de gestion automatiques ne sont pas autorisés).

Laurence Delain-David

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11 septembre 2016

Décodeur TNT Sagemcom. Des bugs dans l’offre promotionnelle

Décodeur TNT Sagemcom. Des bugs dans l’offre promotionnelle

Sagemcom promettait de rembourser 15 € sur l’achat d’un adaptateur TNT HD vendu près de 40 €. Mais des milliers de clients attendent toujours leur virement.

Des bugs dans l’offre promotionnelle

En avril dernier, la France a basculé vers le tout TNT HD. À cette occasion plus de trois millions de décodeurs, à brancher sur les téléviseurs non compatibles, ont été vendus, le plus souvent autour de 30 €. Dans ce marché de masse, et pour se distinguer de marques concurrentes, des fabricants ont organisé des opérations promotionnelles. Sans que les engagements ne soient toujours tenus !

Ce fut ainsi le cas pour un produit Sagemcom. Du 1er juillet 2015 au 15 mai 2016, pour l’achat d’un décodeur de la marque référencé DT84 (prix : de 35 à 39,90 €), le client pouvait se faire rembourser 15 €. Pour bénéficier de cette ODR (offre de remboursement), plusieurs conditions étaient requises. Ainsi, le consommateur devait renvoyer la photocopie du ticket de caisse de même que le code-barres « découpé de l’emballage ». La somme promise devant ensuite être effectuée par virement bancaire « dans les 8 semaines après la réception de la demande ».

Seulement, comme en attestent des plaintes adressées à Que Choisir, notamment sur notre forum, des acheteurs attendent toujours leur remboursement.

La gestion de l’opération a été sous-traitée à Custom promo, entreprise spécialisée dans l’animation commerciale installée à Rousset (13). « Pour cette promotion Sagemcom, nous avons reçu pas loin de 64 000 demandes, indique la société. Et visiblement l’opération s’est « emballée ». Il y a eu beaucoup plus de participants que prévu et, très vite, nous avons manqué de fonds pour honorer les remboursements. » Résultat, les plaintes ont afflué chez Custom promo. « Et certains clients sont tenaces : ils appellent toutes les semaines pour savoir quand ils recevront leur virement », précise encore l’entreprise.

Mais dans ce dossier rien n’est simple ! Le réel organisateur de cette opération n’est pas Sagemcom mais X-Gem SAS. « Jusqu’à juillet 2015, soit au début de l’opération, nous avions un lien juridique avec cette société, explique une porte-parole de Sagemcom. Depuis, nous nous sommes séparés. Mais c’est X-Gem qui fabrique, sous licence, les décodeurs à notre marque. » Dans ce contexte, Custom promo a naturellement demandé à X-Gem de débloquer les fonds nécessaires pour honorer tous ses engagements.

La situation est cependant bloquée. Si elle devrait perdurer, alors l’organisateur de cette offre promotionnelle s’expose à des poursuites pour publicité de nature à induire en erreur. « Tant qu’il y avait des stocks d’adaptateurs en magasin, et dans la limite de la période fixée, les acheteurs qui se manifestaient devaient être remboursés », rappelle Custom promo. « Notre image est en cause : nous avons mis en demeure X-Gem de nous fournir des explications, de remédier à la situation mais pour l’instant elle est restée sans réponse. On ne peut pas faire plus ! », affirme de son côté Sagemcom.

Quoi qu’il en soit, voilà un exemple de plus d’une opération promotionnelle qui peine à satisfaire tous ceux qui y ont participé. Il y a quelques mois, il s’agissait d’une offre comprenant un smartphone lancée à l’occasion d’une campagne de Carrefour.

 

L’OFFRE DU DÉCODEUR SAGEMCOM TELLE QU’ELLE A ÉTÉ COMMERCIALISÉE

Arnaud De Blauwe

adeblauwe@quechoisir.org

François Palemon

Rédacteur technique

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11 septembre 2016

Compte Nickel. La rançon du succès pour le compte bancaire low cost

Compte Nickel. La rançon du succès pour le compte bancaire low cost

Le compte bancaire sans banque lancé début 2014 a séduit plus de 300 000 utilisateurs. Alors que des concurrents se profilent, la formule fait aussi des déçus.

La rançon du succès pour le compte bancaire low cost

La Financière des paiements, société à l’origine du compte Nickel, dit avoir recruté au premier semestre 2016 quelque 20 000 nouveaux clients chaque mois. Son offre permet à n’importe qui d’ouvrir un compte bancaire dans un bar-tabac, moyennant des formalités allégées au maximum (disposer d’une copie de sa pièce d’identité et d’un numéro de téléphone). Contre 20 €, le client reçoit une MasterCard à autorisation systématique, sans découvert possible, et un relevé d’identité bancaire (RIB) autorisant les virements et les prélèvements.
Remarquablement souple, la formule a aussi quelques inconvénients. Principal problème constaté, les virements n’apparaissent pas toujours instantanément. Les titulaires du compte reçoivent un SMS annonçant que l’argent a été crédité. En pratique, il peut s’écouler plusieurs heures avant qu’il ne le soit réellement. Dans de rares cas (une dizaine de clients par mois, selon la société), des paiements sont débités deux fois par erreur. Les clients sont recrédités, mais parfois avec plusieurs jours de retard. Sachant que le compte Nickel cible une clientèle généralement peu fortunée, les conséquences peuvent être embarrassantes.

La société est par ailleurs revenue sur un engagement initial, l’absence de frais de rejet. Depuis mai, le troisième prélèvement rejeté est facturé 5 €. La Financière des paiements s’autorise en outre à fermer les comptes systématiquement non alimentés, sur lesquels sont domiciliés des prélèvements, afin de décourager la fraude.

Autre souci, relevé aux bornes de carburant automatique et aux péages : les cartes Nickel sont rejetées pour des paiements de 20 ou 50 €, alors que le compte est crédité de 80 € ou 90 €. Le problème vient de ce que la somme est inférieure à la caution (non débitée) de 100 € ou 130 € exigée par ces systèmes électroniques. Dans ce cas, pas d’autre solution que le retrait en liquide.

Dernière subtilité désagréable : si vous tapez un faux code avec une CB classique, celle-ci n’en tient pas compte, dès lors que le bon code PIN est entré. Pour que la carte se bloque, il faut taper trois fois de suite un mauvais code. La CB du compte Nickel ne remet pas les compteurs à zéro. Elle se bloque au bout du troisième code erroné, même si les deux autres ont été tapés à plusieurs semaines d’intervalle.

Le compte Nickel a également connu des pannes informatiques. La plus sérieuse a paralysé le service pendant quelques heures les 27 et 28 juillet 2015. En la matière, toutefois, aucune banque n’est totalement à l’abri.

Ces inconvénients ne suffisent pas à condamner le service, pratique et bon marché. Mais alors que la société envisage de proposer des micro-paiements de particuliers à particuliers, entre titulaires de comptes Nickel, ils rappellent la difficulté du métier. Un système de paiement tolère mal les à-peu-près. Il fonctionne, ou pas.

UNE CONCURRENCE ENCORE TIMIDE

Arrivé sur le marché français début 2016, l’allemand Number26, qui propose une carte bancaire entièrement gratuite, a suspendu ses ventes en France dès avril. Alors que le groupe compte déjà plus de 200 000 clients, principalement en Allemagne et en Autriche, il serait confronté à quelques soucis techniques pour gérer l’afflux de nouveaux comptes.

En octobre 2016, la société toulousaine Morning (qui s’appelait Payname jusqu’en juin) devrait lancer des cartes et des comptes en ligne. Elle était jusqu’à présent spécialisée dans les solutions de paiement entre particuliers. Les conditions générales de vente de l’offre Morning ne sont pas encore connues, mais la CB pourrait être gratuite. Tout se fera en ligne, Morning n’ayant pas de réseau. La petite société s’est alliée à la Maif dans ce dossier.

L’assureur Axa a également créé une banque intégralement en ligne. Baptisée Soon, elle est quasiment gratuite : pas de frais de tenue de compte, CB à débit immédiat offerte, pas de commission sur les retraits en France et zone euro, etc.

Il existe aussi un service appelé Anytime. Facturé 27 € l’année, il s’agit d’une carte de paiement prépayée, sans autorisation de découvert, délivrée sans condition de ressource. Techniquement, Anytime est adossé au réseau international Visa, ce qui est une garantie de fiabilité. Elle n’est pas complètement gratuite, les retraits en liquide, en particulier, sont facturés 2 €. Par ailleurs, la carte Anytime est quasiment introuvable. Elle est distribuée par quelques centaines de bureaux de tabac seulement, sur toute la France.

Dernier arrivé, mais non des moindres, Orange annonce le lancement d’Orange banque en 2017. L’opérateur a racheté 65 % de Groupama Banque et vise deux millions de clients en France à terme, avec des services entièrement en ligne. Il n’est pas question de gratuité, mais on voit mal comment Orange pourrait se faire une place sur le marché sans tarifs attractifs. Le mécontentement vis-à-vis des banques traditionnelles étant largement lié aux coûts de leurs services, et non à un défaut de qualité.

Erwan Seznec

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11 septembre 2016

L’actu en liste, le numéro 13 de 2016

 

 

 UFCQue Choisir des Pyrénées-Orientales

Téléphonie mobile. Les forfaits pas chers de la rentrée

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2 septembre 2016

Téléphonie mobile. Les forfaits pas chers de la rentrée

Téléphonie mobile. Les forfaits pas chers de la rentrée

À l’occasion de la rentrée scolaire, Que Choisir fait le tour des forfaits téléphoniques à très bas prix, prisés des collégiens, lycéens et surtout de leurs parents. Voici une sélection des offres du moment, bloquées ou pas, avec pour chacune d’entre elles ses avantages et ses points faibles.

Les forfaits pas chers de la rentrée

Pour de nombreux collégiens, la rentrée scolaire est l’occasion de recevoir son premier téléphone portable. Mais quel forfait choisir pour l’accompagner ? Pour vous aider à vous y retrouver, nous vous proposons une sélection des forfaits à petit prix du moment. Nous avons pris soin de choisir des offres utilisant des réseaux différents. En effet, outre le prix, l’un des éléments essentiels à prendre en compte pour ce type de forfait est la couverture, de manière à ce que l’enfant puisse être joignable là où il a l’habitude de se rendre : au collège, au gymnase, sur le chemin de l’école, autour de la maison… Vous pouvez vérifier quel réseau convient le mieux en consultant les cartes de couverture mises à disposition par chaque opérateur sur son site Internet. Attention toutefois car celles-ci sont loin d’être fiables. N’hésitez pas non plus à demander autour de vous quels sont les meilleurs réseaux qui couvrent le mieux localement. Vous pouvez également vous faire une idée de la puissance du signal dans votre ville grâce à notre carte interactive.

LES FORFAITS LES MOINS CHERS

Le forfait Free mobile à 2 € (réseau Free + Orange)

Avec 2 heures d’appel par mois, les SMS et MMS illimités, c’est le forfait à bas prix le plus riche. En plus, il peut revenir à 0 € si vous êtes client Free pour Internet (Freebox). Il comprend en outre 50 Mo de données par mois. Pratique pour se connecter de temps en temps aux réseaux sociaux ou à sa messagerie électronique, mais dangereux car ce petit quota oblige à désactiver les données mobiles quand on ne s’en sert pas, sous peine de dépassements. Autre inconvénient : il n’est pas blocable. Néanmoins, le prix du hors forfait est raisonnable.

 

Forfait Coriolis Télécom (réseau SFR)

En ce moment, le forfait 2 heures d’appels + SMS/MMS illimités + 50 Mo d’Internet est à 2,50 € pendant 6 mois au lieu de 3,50 €/mois.

 

Forfait à 3,99 € de La Poste Mobile (réseau SFR)
Un prix qui reste raisonnable pour 2 heures de communication + SMS/MMS illimités.

 

Forfait Mini+ de Réglomobile (réseau SFR)

Ici, pas de forfait : chaque communication est payée, à raison de 9 centimes par minute d’appel et 5 centimes par SMS, avec un minimum de facturation de 1,50 € chaque mois. Il convient aux enfants responsables qui ont avant tout besoin d’être joints.

 

Forfait Sosh à 4,99 € (réseau Orange)
Avec 2 heures de communication, SMS/MMS illimités et 50 Mo de données, cette offre est un peu plus chère, mais elle a le double avantage d’utiliser le réseau Orange (qui offre la meilleure couverture) et de pouvoir être bloquée sans surcoût (idéal pour empêcher tout dépassement).

 

Forfait B&You à 4,99 € (réseau Bouygues Télécom)
2 heures, SMS/MMS illimités, 20 Mo de données. Lui aussi peut être bloqué à la demande, sans surcoût.

 

LES FORFAITS PLUS FOURNIS

En cette rentrée, plusieurs opérateurs proposent des offres intéressantes sur les forfaits incluant appels, SMS/MMS en illimité et accès à Internet. Il serait dommage de s’en priver, à condition toutefois d’en connaître les limites.

 

Forfait Red de SFR
Appels/SMS/MMS illimités + 5 Go d’Internet à 10 €/mois au lieu de 19,99 €, sans limite de temps (offre valable jusqu’au 22 septembre 2016).

 

Forfait B&You (réseau Bouygues Télécom)

Appels/SMS/MMS illimités + 20 Go d’Internet à 9,99 €/mois pendant 12 mois puis 24,99 € (offre disponible uniquement en ligne).

Forfait NRJ Mobile (réseau SFR)
Appels/SMS/MMS illimités + 5 Go d’Internet à 6,99 €/mois pendant 6 mois puis 15,99 € (offre valable jusqu’au 5 septembre 2016).

VOTRE PORTABLE EST-IL DÉSIMLOCKÉ ?

Votre enfant va récupérer votre ancien portable retrouvé au fond d’un tiroir ? Pour fonctionner, encore faut-il que celui-ci soit désimlocké, c’est-à-dire déverrouillé de manière à pouvoir capter tous les réseaux. En général, un simple appel au service client de l’opérateur qui vous a vendu le téléphone suffit à obtenir le code de déverrouillage. Pour les iPhone, il faut attendre plusieurs jours qu’Apple procède au désimlockage puis synchroniser son téléphone sur iTunes. Cette procédure est gratuite.

D’autres conseils dans notre questions-réponses sur les forfaits de téléphonie mobile.

2 septembre 2016

E-commerce. Numeristock.fr ne répond plus

E-commerce. Numeristock.fr ne répond plus

Attention au site de e-commerce Numeristock.fr basé à Hong-Kong. De nombreux clients se plaignent de n’avoir jamais reçu le produit high-tech commandé durant l’été.

Numeristock.fr ne répond plusLorsqu’elle a cherché à acquérir un nouveau téléphone, Julie a jeté son dévolu sur le site Numeristock.fr. Logique. Ce marchand qui se présente comme le « Numéro 1 de l’électronique »propose des prix particulièrement attrayants, promet dans la plupart des cas une expédition dans les 3 jours ouvrables et offre systématiquement les frais de livraison. Julie a passé commande et son compte a été débité, mais quelques jours plus tard, elle découvre que sa commande a été mise en attente. Et au bout d’une semaine, son téléphone n’avait toujours pas été expédié. Une simple recherche sur Internet lui a permis de découvrir qu’elle n’était pas la seule dans ce cas. Sur le site Trustptilot.com, qui évalue la plupart des cybermarchands, tous les avis laissés depuis la mi-juillet sur cette société sont négatifs et presque systématiquement accompagnés d’une seule étoile sur 5 possibles. De nombreux internautes racontent n’avoir toujours pas reçu l’article qu’ils ont commandé ni obtenu le moindre remboursement, malgré leurs relances et les promesses du service client. Au final, Numeri Stock écope de 1,9 sur 10, soit l’une des pires notes attribuées par Trustpilot.

Comme Julie, la plupart des clients avaient été attirés par les prix bas et les publicités sur Google. Ils avaient aussi été rassurés par les conditions d’utilisation complètes, la foire aux questions détaillée et, pour certains, les réponses rapides du service client. Mais une fois leur commande passée, rares sont ceux qui ont finalement reçu l’article acheté. L’ennui, c’est que face à une telle situation, les recours sont minces. Ceux qui ont payé par carte bancaire peuvent tenter de faire opposition au paiement auprès de leur établissement bancaire. Le résultat n’est toutefois pas garanti, les banques n’étant pas tenues de procéder au remboursement en cas de non livraison d’un produit commandé sur Internet. L’autre solution consiste à envoyer à la société un courrier la mettant en demeure de livrer l’article ou de procéder au remboursement dans les plus brefs délais puis, le cas échéant, de porter plainte, mais le site étant basé à Hong-Kong, les chances d’aboutir sont limitées.

Si vous avez l’intention d’acheter en ligne un appareil photo ou un smartphone, évitez Numeristock.fr. Plus généralement, méfiez-vous des sites Internet peu connus et prenez le temps de jeter un œil sur les avis laissés par les utilisateurs. S’ils sont peu nombreux, méfiance, surtout si le site n’a pas de locaux en France. En cas de litige, vous pouvez consulter nos conseils.

2 septembre 2016

Réparation automobile. Des assureurs continuent d’imposer leur garagiste

Réparation automobile. Des assureurs continuent d’imposer leur garagiste

Certaines compagnies d’assurance bafouent encore la liberté de choix du garagiste, pourtant inscrite dans la loi Hamon sur la consommation. Que Choisir a pu se procurer quelques courriers édifiants.

Des assureurs continuent d’imposer leur garagiste

Dès qu’un automobiliste entre en contact avec son assureur à la suite d’un sinistre, ce dernier doit obligatoirement lui signifier la possibilité de choisir le garage où il souhaite déposer son auto accidentée. C’est du moins ce qu’un arrêté (1), paru au Journal officiel no 0146 du 24 juin 2016, impose aux assureurs. Mais ce texte de la loi Hamon ne semble pas vraiment appliqué. Car, si les compagnies semblent jouer le jeu lors de la prise de contact par téléphone, par la suite, elles usent de stratagèmes pour imposer leurs réparateurs agréés aux automobilistes, comme en témoignent les différents courriers que nous nous sommes procurés.

Ainsi dans l’un de ces courriers (exemple 1), on peut constater que c’est directement l’expert, du réseau Libexauto, qui donne les directives à l’assurée en lui indiquant que « pour mener à bien et dans les meilleurs délais, notre mission, nous vous remercions de vous rendre chez votre réparateur, la carrosserie XXX ». Un établissement nullement choisi par l’assurée mais par l’expert. Cette missive témoigne aussi de la dépendance des experts vis-à-vis des compagnies d’assurance, comme nous l’avons constaté il y a quelque temps.

De son côté, la GMF redirige même une voiture, pourtant déjà dans une carrosserie où elle a été expertisée, vers un centre de débosselage qu’elle a elle-même choisi. Certainement que les tarifs de réparation ont été âprement négociés et que l’assureur y trouve plus son compte.

Enfin, d’autres préfèrent l’incitation financière. C’est ainsi qu’une assurée s’est vu recevoir une étrange proposition de la part de son assureur Allianz (exemple 2) qui lui écrit : « je vous confirme que vous pouvez bénéficier d’un abattement de 125 euros si vous passez par l’un de nos garages agréés ». Une façon pas vraiment déguisée d’imposer le réparateur à ses clients.

EXEMPLE 1 AVEC LIBEXAUTO

EXEMPLE 2 AVEC ALLIANZ

NOTES

(1) L’arrêté du 17 juin 2016 vise à rendre applicable les dispositions de l’article 63 de la loi no 2014-344 du 17 mars 2014 qui prévoit que tout contrat d’assurance souscrit au titre de la responsabilité civile automobile mentionne la faculté pour l’assuré, en cas de dommage garanti par le contrat, de choisir le réparateur professionnel auquel il souhaite recourir.
2 septembre 2016

Pratique sportive. L’obligation de certificat médical assouplie

Pratique sportive. L’obligation de certificat médical assouplie

Le certificat médical pour la pratique d’un sport, que ce soit en milieu scolaire ou pas, faisait partie des corvées de la rentrée. À partir de cette année, il ne sera plus systématiquement exigé.

L’obligation de certificat médical assouplie

Voilà qui devrait contribuer à désengorger – un peu – les cabinets médicaux en ces temps de rentrée : la pratique du sport ne nécessitera plus systématiquement de passer par la case médecin pour obtenir le fameux certificat de non contre-indication.

C’est en particulier le cas pour les activités facultatives organisées dans les collèges et lycées(association sportive, UNSS, etc.) : le feu vert du médecin n’est plus du tout demandé si l’enfant suit déjà normalement les cours de sport inclus dans son emploi du temps scolaire. Cette mesure relève du bon sens, elle fera gagner du temps et de l’argent aux familles, et facilitera l’adhésion des enfants et des adolescents aux différents programmes proposés dans leurs établissements.

Concernant les licences à payer pour faire partie d’un club sportif affilié à une fédération nationale (football, tennis, judo, athlétisme, etc.), le certificat médical reste un passage obligé pour les enfants comme pour les adultes. Mais il pourra être rédigé pour plusieurs disciplines – au lieu d’un certificat par discipline jusqu’alors. Et surtout, il ne sera plus exigé chaque année, lors de la réinscription : le certificat médical sera valable trois ans. Concrètement, il faudra donc à cette rentrée 2016 encore produire un certificat, mais le renouvellement l’année prochaine pourra se faire sans ce sésame. Le licencié sera simplement tenu de remplir un questionnaire de santé dans l’intervalle des trois ans.

Certains sports se pratiquant dans un environnement spécial ou pouvant occasionner des pertes de conscience font toutefois exception à cette nouvelle règle : pour faire, entre autres, de l’alpinisme, de la plongée, de la spéléologie, de la boxe, du karaté ou du rugby, la présentation d’un certificat de moins d’un an restera la règle. Autre cadre où il restera la référence : la compétition « du dimanche » pour les personnes non licenciées. Si vous voulez vous aligner sur une course ou un triathlon sans être licencié d’un club, il vous faudra montrer un certificat récent.

Enfin, sachez que la pratique d’un sport hors club affilié n’est pas concernée par ces assouplissements. Si vous en faites dans le cadre d’une association ou d’un centre d’animation par exemple, il est possible que le responsable vous demande toujours un certificat médical chaque année.

Anne-Sophie Stamane

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2 septembre 2016

Assurance « trajet perturbé » de la SNCF. Un wagon d’exclusions

Assurance « trajet perturbé » de la SNCF. Un wagon d’exclusions

Le site de réservation en ligne Voyages-sncf.com propose depuis cet été une nouvelle garantie « Trajet perturbé ». Pour quelques euros, elle promet une prise en charge en cas de retard ou suppression du train, ou encore le remboursement des frais liés à la modification des billets. À condition de rester sur les rails des conditions générales, gavées d’exclusions.

Un wagon d’exclusions

L’annonce a suscité de l’ironie chez certains consommateurs, qui y ont vu un « aveu de faiblesse »de la SNCF : depuis cet été, l’assurance « Assistance voyage » proposée par le site Voyages-sncf.com a été remplacée par une nouvelle option intitulée « Garantie Trajet perturbé », valable uniquement pour les trajets en TGV. Ce contrat d’assurance proposé par la société Allianz Global Assistance ne remplace pas la garantie « ponctualité » du transporteur, mais se positionne comme un complément à cette dernière. Le voyageur continue donc à bénéficier gratuitement de son droit à un remboursement partiel ou total en cas de retard ou de suppression de son train.

En souscrivant à cette option (lors de nos simulations, il en coûtait 2,70 € pour un Marseille-Nice à 23 € ; 2,99 € pour un Paris-Strasbourg à 47 € ; 4,98 € pour un aller-retour Paris-Brest à 66 € et 5,40 € pour un aller-retour Marseille-Lille à 308 €), le voyageur se voit promettre une « prise en charge jusqu’à 100 € par personne si [son] train est retardé », un « remboursement des frais liés à la modification de [son] billet » et un « remboursement jusqu’à 50 € si [son] train est supprimé ». Une lecture attentive des conditions générales du service montre néanmoins qu’il n’est pas simple d’en profiter.

Première surprise : les billets Prem’s voient la garantie « retard » (qui prévoit le versement d’une indemnité forfaitaire de 20 € en cas de retard au départ, ou le remboursement des frais d’attente engagés à hauteur de 50 €, ainsi que la prise en charge des frais de taxi à l’arrivée) passer à la trappe. L’assurance ne coûte pourtant pas moins cher pour ce type de billets.

Cette garantie « retard » prévoit la prise en charge d’un taxi (à hauteur de 100 €) en cas de retard supérieur à 2 h à l’arrivée. Mais attention, elle ne fonctionne que sous réserve qu’aucun moyen de transport en commun ne soit disponible à l’heure effective d’arrivée. Seuls les cas dans lesquels le train arrive après 21 h sont « systématiquement » pris en charge. Sont exclus les voyages en TER, y compris lorsqu’il s’agit d’un voyage TGV+TER. Les retards consécutifs à « des transports annulés/supprimés » ne sont pas non plus pris en charge.

La garantie « transport supprimé » permet le remboursement des frais de trajet « domicile-gare », si l’assuré se trouve déjà à la gare lorsqu’il prend connaissance de la suppression du train. Mais elle ne fonctionne que dans le cas d’évènements non imputables à la SNCF ! Les transports supprimés suite à une grève du personnel ne sont, par exemple, pas couverts si un préavis a été déposé au moins 48 h avant l’heure du départ.

Le voyageur qui rate son train se penchera sur la garantie « transport manqué au départ » et découvrira qu’il peut se faire rembourser des frais de transport engagés pour se rendre à destination s’il a été victime d’une panne (sauf panne de carburant), d’un incident ou d’une « grève soudaine n’ayant pas fait l’objet d’un préavis ». Mais pour en bénéficier, il faut acheter un billet « sur le premier transport suivant disponible pour rejoindre la destination prévue ».

Sans surprise, la garantie « annulation » qui permet de se faire rembourser ses frais d’annulation (qui correspondent à l’intégralité du prix du billet dans le cas de billets non remboursables) ne fonctionne que si le voyageur a une bonne raison de ne pouvoir se déplacer. Et chacune comporte son lot d’exclusions : maladie (sauf si elle a été constatée dans les 30 jours précédant le voyage), accident, décès, obtention d’un emploi (à condition d’être inscrit en tant que demandeur d’emploi ou de voir un CDD requalifié en CDI), modification ou suppression des congés payés par l’employeur (sauf pour les salariés qui n’ont pas besoin de la validation d’un supérieur hiérarchique pour poser leurs vacances), vol des papiers d’identités (dans les 5 jours précédant le départ), mutation professionnelle (obligeant à déménager dans les 5 jours précédant le voyage), etc.

Toutes ces circonstances peuvent aussi conduire le voyageur à modifier son billet. Dans ce cas, l’assureur rembourse les frais de modification retenus par la SNCF (5 € entre 30 et 2 jours avant le départ, 15 € la veille ou le jour du départ). Pour rappel, jusqu’au 1er mai, cette opération était gratuite jusqu’à la veille du départ.

2 septembre 2016

Rénovation énergétique. Un deuxième écoprêt pour les ménages motivés

Rénovation énergétique. Un deuxième écoprêt pour les ménages motivés

Et de deux ! Les particuliers qui ont financé leurs travaux d’économie d’énergie par un écoprêt à taux zéro de moins de 30 000 € peuvent désormais en obtenir un second pour améliorer encore la rénovation énergétique de leur logement.

Un deuxième écoprêt pour les ménages motivés

Inscrit dans la loi de finances 2016, l’écoprêt complémentaire à taux zéro destiné à booster la rénovation énergétique des logements est entré en vigueur en plein cœur de l’été. Le décret est paru le 5 août dernier et il acte une application rétroactive de cette mesure à compter du 1er juillet 2016.

Dorénavant, si le montant maximum du prêt à taux zéro reste de 30 000 €, les ménages qui ont emprunté moins peuvent souscrire un deuxième écoprêt complémentaire jusqu’à atteindre ce plafond de 30 000 €. Soit un montant possible de 10 000 € si l’écoprêt initial était de 20 000 €, par exemple. Ce peut être une opportunité pour engager des travaux d’économie d’énergie supplémentaires et améliorer encore la performance énergétique de son logement.

Pour bénéficier de ce prêt à taux zéro complémentaire, il faut juste avoir souscrit son premier écoprêt dans les 3 ans précédant cette nouvelle demande. Les travaux, quant à eux, doivent être effectués par un artisan ou une entreprise RGE et ils doivent porter sur un autre poste que le bouquet de travaux initial, par exemple sur le chauffage si le premier bouquet de travaux concernait l’isolation.

Élisabeth Chesnais

echesnais@quechois

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2 septembre 2016