UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales

1er janvier 2017. Tout ce qui change

1er janvier 2017. Tout ce qui change

Prix du diesel, du gaz, des timbres, pièces détachées d’occasion, étiquetage des produits transformés, soutien familial, pesticides, divorce… Tour d’horizon des principaux sujets qui évoluent au 1er janvier 2017.

Tout ce qui change

SOMMAIRE
  • 1. Gaz / électricité / eau
  • 2. Essence / voiture / pollution
  • 3. Alimentation
  • 4. Santé
  • 5. Environnement
  • 6. Administration / fiscalité / justice
  • 7. Divers

GAZ / ÉLECTRICITÉ / EAU

La hausse du prix du gaz pourrait atteindre jusqu’à + 5 %. Elle sera comprise entre + 0,8 % et + 2,4 % sur le seul prix du kilowattheure pour les ménages qui sont au tarif réglementé d’Engie et ceux qui sont en prix de marché indexé sur le tarif réglementé. Et elle sera de + 1,54 € tous les 1 000 kWh consommés pour tous les usagers du gaz, qu’ils soient en tarif réglementé, en prix de marché indexé ou en prix de marché fixe, au titre de la taxe carbone (encore appelée « contribution climat énergie » [TICGN] sur les factures de gaz), qui augmente de 35 %. Vous pouvez comparer les différentes offres de gaz et d’électricité avec notre comparateur gratuit.

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Diagnostics gaz et électricité : obligatoires pour louer
Déjà obligatoires en cas de vente d’un logement en copropriété, ces diagnostics le seront aussi désormais en cas de location. À compter du 1er janvier, tout propriétaire mettant en location un logement situé dans un immeuble en copropriété construit avant 1975 devra joindre au contrat de bail un dossier de diagnostic technique sur les installations intérieures de gaz et d’électricité si elles datent de plus de 15 ans. Cette obligation s’applique aux logements vides ou meublés.

Le crédit d’impôt transition énergétique (CITE) pour réaliser des travaux de rénovation énergétique est reconduit, et il devient cumulable avec l’éco-prêt à taux zéro.

Les fournisseurs d’eau doivent mentionner le prix au litre (hors abonnement) sur les factures.

 

ESSENCE / VOITURE / POLLUTION

Une hausse de la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers) de 1 centime par litre de gazole et une baisse de 1 centime par litre d’essence sont prévues. Une évolution guère visible à la pompe dans un contexte de hausse générale des prix des produits pétroliers…

L’accès à Paris intramuros est désormais réservé aux véhicules munis de leur vignette Crit’Air, qui identifie les véhicules en fonction de leur niveau de pollution.

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Les garagistes doivent proposer aux automobilistes de réparer leur voiture avec des pièces détachées d’occasion à la place d’une pièce neuve afin de faire diminuer la facture et de favoriser le recyclage.

Les vitres surteintées sur les véhicules sont interdites (vitre latérales et pare-brise), à quelques exceptions près (voitures blindées, maladie de la peau du conducteur).

Les employeurs doivent désormais communiquer aux services de police l’identité des salariés ayant commis une infraction au code la route avec un véhicule de l’entreprise.

L’aide de 10 000 € pour le remplacement d’un véhicule diesel de plus de 10 ans par une voiture électrique et la prime de 1 000 € pour l’achat d’un scooter électrique de deux ou trois roues sont maintenues.

 

ALIMENTATION

L’étiquetage de l’origine du lait et des viandes dans les produits transformés devient obligatoire en France. Une mesure qui concernera les produits laitiers contenant plus de 50 % de lait, et les plats préparés avec plus de 8 % de viande. Les distributeurs auront jusqu’au 31 mars 2017 pour écouler les stocks de produits ne mentionnant pas l’origine des viandes et du lait qu’ils contiennent.

Pour rappel, depuis le 13 décembre 2016, le règlement européen n1169/2011 concernant l’information du consommateur sur les denrées alimentaires (INCO) rend obligatoire dans tous les États membres la « déclaration nutritionnelle ». La majorité des denrées pré-emballées (hors pain, boissons alcoolisés ou emballage d’une surface inférieure à deux timbres postes) devront indiquer leurs apports en énergie et en certains nutriments (matières grasses, acides gras saturés, glucides, sucres, protéines et sel). L’étiquetage dit « simplifié », c’est-à-dire le fameux logo nutritionnel actuellement en cours d’élaboration par le gouvernement, restera en revanche volontaire et donc soumis au bon vouloir des industriels.

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SANTÉ

Honoraires médicaux
L’OPTAM remplace le CAS. À partir du 1er janvier, les médecins qui consentent à modérer leurs dépassements d’honoraires signeront non plus un contrat d’accès aux soins (CAS) avec l’Assurance maladie, mais une option pratique tarifaire maîtrisée (OPTAM). Les complémentaires santé couvrant de moins en moins souvent les dépassements des praticiens n’acceptant aucune limite, les usagers ont intérêt à privilégier les médecins OPTAM.

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Soutien familial : congé proche aidant
À compter du 1er janvier, les salariés qui aident un proche malade, âgé ou handicapé peuvent bénéficier du « congé proche aidant », une mesure de la loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement (« Journal officiel » du 18/11/2016). Ce songé sans solde de 3 mois, renouvelable une fois, peut aussi être transformé en période d’activité à temps partiel. Il remplace le « congé de soutien familial », mais ses conditions d’accès sont plus souples. Les aidants sans lien de parenté avec la personne qu’ils aident et les aidants de personnes accueillies en établissement pourront en bénéficier.
En cas de fractionnement du congé, la durée minimale de chaque période de congé est d’une journée. Dans cette hypothèse, le salarié doit avertir son employeur au moins 48 heures avant la date à laquelle il entend prendre chaque période de congé.

 

ENVIRONNEMENT

Il est désormais interdit d’utiliser des pesticides dans les espaces verts et sur la voirie des communes, ainsi que de vendre des produits phytosanitaires en libre-service.

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Si l’interdiction de distribuer des sacs en plastique de caisse à usage unique est entrée en vigueur le 1er janvier 2016, les sacs en plastique des rayons fruits et légumes sont quant à eux interdits dès le 1er janvier 2017.

 

ADMINISTRATION / FISCALITÉ / JUSTICE

Courrier : Prix du timbre en hausse
Le prix du timbre prioritaire de couleur rouge (acheminement garanti à j + 1) passe de 0,80 € à 0,85 €, soit une hausse de 6,3 %. Celui de la lettre verte passe de 0,70 à 0,73 € (+ 4,3 %). L’Ecopli augmente de 4,4 % (de 0,68 à 0,71 €) et la lettre recommandée simple de 4,7 % (de 3,77 à 3,95 €). Les tarifs des Colissimo pour les envois des particuliers jusqu’à 2 kg restent stables.

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Le salaire minimum horaire brut passe de 9,67 à 9,76 €, soit une hausse totale de 11 € net par mois en plus pour un temps plein.

Le plafond de la Sécurité sociale est revalorisé de 1,6 % par rapport au plafond 2016.

Il ne sera plus nécessaire de passer devant un juge pour un divorce par consentement mutuel. La procédure simplifiée devra être contresignée par les avocats et enregistrée chez un notaire. Notre numéro spécial consacré aux séparations revient sur les différents cas de figure et sur l’ensemble des démarches à accomplir.

Retour de l’autorisation de sortie de territoire (AST)
Supprimée en 2013, l’autorisation de sortie du territoire (AST) fait son grand retour. À partir du 15 janvier, tout mineur désirant se rendre à l’étranger – quelle que soit sa nationalité – devra se munir de sa pièce d’identité (carte nationale d’identité ou passeport), d’une l’autorisation de sortie du territoire signée par un titulaire de l’autorité parentale et d’une la photocopie du titre d’identité du responsable légal l’ayant signée. Le retour de l’AST fait partie des mesures mises en œuvre pour lutter contre les départs de mineurs vers les zones de conflit comme la Syrie et l’Irak. Le formulaire est téléchargeable ici : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/R46121

 

DIVERS

La taxe prélevée sur chaque contrat d’assurance (auto, habitation…) pour indemniser les victimes du terrorisme passe de 4,30 à 5,90 €.

L’employeur peut envoyer les bulletins de paie sous forme électronique, sauf opposition du salarié. Ils seront consultables sur le site Internet du Compte personnel d’activité.

Le statut des lanceurs d’alerte et les modalités de protection de ces derniers ont été définis par la loi Sapin 2 (texte définitif publié au « Journal officiel » le 9 décembre). La loi protègera notamment du licenciement abusif les membres du personnel d’abattoir dénonçant des actes de maltraitance envers les animaux.

Aucune personne ne peut être écartée d’une procédure de recrutement ou de l’accès à un stage ou à une période de formation professionnelle pour avoir signalé une alerte. De même, aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, notamment en matière de rémunération pour les mêmes motifs. En revanche, la proposition initiale qui donnait au Défenseur des droits la compétence d’apporter lui-même une aide financière éventuellement nécessaire au lanceur d’alerte (par exemple pour ses frais de justice) a été retoquée par le Conseil constitutionnel.

Franck Attia

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31 décembre 2016

Ampoules gratuites et isolation à 1 €. Arnaque ou bonne affaire ?

Ampoules gratuites et isolation à 1 €. Arnaque ou bonne affaire??

Peut-on se fier aux promesses d’ampoules LED gratuites et de combles isolés pour 1 € ? En consommateurs très avertis des arnaques possibles, vous êtes nombreux à nous interroger.

Arnaque ou bonne affaire??

Des ampoules gratuites ou l’isolation des combles pour 1 €, ça paraît trop beau pour être vrai et beaucoup d’entre vous flairent l’arnaque. Une fois n’est pas coutume, Que Choisir ne met pas en garde contre ces offres-là. Elles existent bien et n’ont rien de malhonnête. En dépit des apparences, il ne s’agit nullement d’un cadeau. Ce qui n’est pas payé à cette occasion l’est autrement, à chaque fois que vous faites le plein de la voiture, que vous réglez vos factures d’énergie, que vous remplissez la cuve de fioul ou de propane. Cette gratuité-là repose en effet sur le mécanisme des certificats d’économie d’énergie. Pour faire simple, l’État impose de fortes pénalités à tous les fournisseurs d’énergie et de carburants, les « obligés » en jargon administratif, s’ils ne contribuent pas à la réduction des consommations d’énergie des ménages. Depuis plusieurs années, ils échappent aux sanctions en versant des « primes énergie » aux particuliers qui se lancent dans des travaux d’économie d’énergie, sous forme de chèque ou de bons d’achat selon les cas. Chaque prime leur permet de récupérer des certificats d’économie d’énergie, le sésame pour échapper aux pénalités une fois le quota fixé par les pouvoirs publics atteint.

 

LES MÉNAGES MODESTES CONCERNÉS

Mais la donne a changé avec la loi sur la transition énergétique. L’article 30 leur impose un contingent supplémentaire de certificats d’économie d’énergie qui doivent être exclusivement consacrés aux ménages en situation de précarité énergétique et les aider à faire des économies d’énergie. Faute de remplir les objectifs qui leur sont assignés d’ici à la fin de 2017, les obligés paieront de très lourdes pénalités. Cela explique les opérations ampoules gratuites et isolation des combles à 1 €, et les campagnes de publicité qui les entourent. À chaque fois qu’un consommateur aux revenus modestes se porte volontaire, les obligés engrangent des certificats d’économie d’énergie. Plus ils en récupèrent, plus le risque de sanctions financières s’éloigne.

Fournir gratuitement des ampoules LED, qui consomment très peu, en remplacement d’ampoules halogènes énergivores et isoler les combles pour 1 € symbolique, afin de réduire la facture de chauffage, est donc un impératif pour les fournisseurs d’énergie et de carburants. Il n’y a pas de piège, même si les propositions viennent de sites Web étrangers aux secteurs pétrolier, gazier ou électrique. Des opérateurs comme Certynergy, avec son programme Pacte Énergie Solidarité, Geo PLC, avec Mes ampoules gratuites, Objectif Eco Énergie, avec Reduc-light et Reduc-isol, se sont en effet créés pour servir d’intermédiaire entre les obligés et les ménages. Ils s’occupent de tout et se rémunèrent en revendant les certificats d’économie d’énergie aux obligés.

 

QUI PEUT EN BÉNÉFICIER ?

Pour les ampoules LED gratuites ou pour l’isolation des combles à 1 €, il faut un revenu fiscal de référence qui entre dans les plafonds de l’Anah (Agence nationale d’amélioration de l’habitat) pour les aides aux ménages aux ressources très modestes (1) ou modestes (2). La plupart des structures réservent la gratuité aux premiers et proposent des tarifs très réduits aux seconds. Pour bénéficier de ces dispositifs, il faut communiquer ses revenus, son numéro d’avis fiscal ou son avis d’imposition, et la composition de son foyer. Le pack de LED gratuites est limité à cinq ampoules par ménage. L’isolation à 1 € ne concerne que les combles perdus, elle est effectuée sans limitation de surface.

(1) Soit, pour un couple, un revenu fiscal de référence maxi de 29 066 € en Île-de-France et de 20 925 € ailleurs.
(2) Soit, pour un couple, un revenu fiscal de référence maxi de 35 382 € en Île-de-France et de 26 826 € ailleurs.
(Barème 2016.)

Élisabeth Chesnais

echesnais@quechoisir.or

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31 décembre 2016

Achats sur Internet. Vos recours en cas de litige

Le colis commandé n’est pas arrivé, l’article que vous avez reçu ne fonctionne pas, le marchand refuse de vous rembourser ? Pas de panique. Suivez nos conseils.

Vos recours en cas de litige

SOMMAIRE
  • 1. Finalement, l’article n’est pas disponible
  • 2. Le délai de livraison est dépassé
  • 3. Le vendeur a été placé en liquidation judiciaire
  • 4. Le vendeur assure avoir livré le colis
  • 5. Le produit livré n’est pas le bon
  • 6. Le produit ne fonctionne pas
  • 7. Le marchand refuse de vous rembourser
  • 8. Utilisez nos lettres types !

FINALEMENT, L’ARTICLE N’EST PAS DISPONIBLE

Même une fois l’article commandé et payé, le commerçant peut annuler la vente ou retarder la livraison si l’article n’est pas disponible. Le client doit être prévenu dès que possible. Il a alors le choix d’attendre la livraison ou d’annuler la commande. Dans ce cas, le marchand doit rembourser les sommes versées dans les 14 jours. Le client peut lui demander une indemnité pour le préjudice matériel et moral subi (art. L. 214-1 du code de la consommation). Attention : certains professionnels s’octroient, dans leurs conditions générales de vente (CGV), le droit de faire parvenir au client un bien « équivalent » que vous êtes libre d’accepter ou non.

 

LE DÉLAI DE LIVRAISON EST DÉPASSÉ

Vérifiez l’état d’avancement de la livraison par le biais de l’espace client en ligne ou en appelant le service après-vente (un numéro non surtaxé doit être mis à votre disposition). Si le colis continue à se faire attendre, écrivez au marchand pour le mettre en demeure de vous le faire parvenir dans un délai raisonnable (indiquez une date).

Ce nouveau délai n’est pas respecté?? Vous pouvez annuler la commande par courrier recommandé ou mail (voir encadré ci-dessous). Le professionnel devra vous rembourser de toutes les sommes prélevées dans un délai de 14 jours.

 

LE VENDEUR A ÉTÉ PLACÉ EN LIQUIDATION JUDICIAIRE

Dans ce cas, vous devez déclarer votre créance auprès du liquidateur judiciaire dans les 2 mois suivant la parution de l’information au Bodacc (voir Bodacc.fr). Mais les chances de récupérer votre argent sont faibles. Si vous avez payé par carte bancaire, vous pouvez tenter de faire opposition au paiement auprès de votre banque sur la base de l’article L. 133-17 du code monétaire et financier. Mais cette disposition est rarement appliquée.

 

LE VENDEUR ASSURE AVOIR LIVRÉ LE COLIS

Il lui revient d’apporter la preuve que l’article vous a bien été remis. S’il n’en est pas capable, il devra soit vous en expédier un autre, soit vous rembourser. C’est à lui de se rapprocher du transporteur si la faute incombe à ce dernier.

 

LE PRODUIT LIVRÉ N’EST PAS LE BON

Prenez contact avec le service client et renvoyez-le selon la procédure indiquée. Les frais de retour sont à la charge du vendeur. Vous pouvez aussi demander à ce que le produit de remplacement vous soit envoyé en express. S’il refuse, le vendeur prend le risque de devoir vous indemniser pour le retard subi et il s’expose à une résiliation du contrat de votre part (art. L. 216-2 du code de la consommation).

 

LE PRODUIT NE FONCTIONNE PAS

Chaque produit vendu dans l’Union européenne bénéficie d’une garantie légale de conformité de 2 ans à compter de la livraison. S’il tombe en panne pendant cette période, vous pouvez soit le faire réparer soit demander son remplacement. Si cela se révèle impossible, le vendeur doit vous rembourser. Dans ce cas, le marchand prend à sa charge les frais de retour. Si vous découvrez un défaut non apparent et antérieur à la date d’achat, vous pouvez mettre en œuvre la garantie des vices cachés.

 

LE MARCHAND REFUSE DE VOUS REMBOURSER

En cas d’annulation de la vente, le marchand doit vous rembourser sous 14 jours. S’il tarde, adressez-lui une mise en demeure. Vous pouvez également demander à l’association locale de l’UFC-Que Choisir la plus proche de votre domicile de vous aider dans vos démarches.

31 décembre 2016

Décodeur TNT Sagemcom. Promesses de remboursement non tenues

Les consommateurs qui avaient acheté un décodeur TNT-HD Sagemcom pouvaient se faire rembourser 15 €. Mais l’opération d’ODR (offre de remboursement) a tourné au fiasco.

Promesses de remboursement non tenues

Pour inciter les consommateurs à acheter leurs produits, les marques sortent l’arme de l’ODR, l’offre de remboursement. Tout ou partie du prix est restitué au client, en cash ou sous forme de bons d’achat, à condition de respecter certaines conditions (envoi du code-barres et/ou du ticket de caisse, respect du délai de validité de l’offre…).

Mais l’opération peut tourner au fiasco. L’ODR organisée par la société X-Gem autour de décodeurs TNT-HD fabriqués sous licence de marque Sagemcom (référence DT84) en est une illustration… assez unique. Du 1er juillet 2015 au 15 mai 2016, le consommateur qui s’équipait pouvait se faire rembourser 15 € sur le prix d’achat qui variait de 30 à 39,90 € selon les magasins. La gestion de l’opération (réception des dossiers, virement bancaire dans les « 8 semaines après réception de la demande »…) était confiée à Custompromo, société spécialisée dans l’animation commerciale. L’opération a été un vrai succès.

 

LES PLAINTES AFFLUENT

À tel point que, très vite, Custompromo n’a plus pu payer, le budget alloué par X-Gem étant trop juste. Des centaines de plaintes de participants à l’offre sont envoyées un peu partout : organisateur de l’ODR et ses partenaires, DDPP (directions départementales de la protection des populations), UFC-Que Choisir ou encore notre forum.

Comment en est-on arrivé là ? X-Gem, distributeur de produits électroniques (décodeurs, téléphones-fax ou filaires…) dont le siège est à Biarritz (64), connaissait des difficultés financières. Et ce qui devait arriver arriva : le 4 novembre dernier, le tribunal de commerce de Bordeaux (33) a placé la société en redressement judiciaire. Elle poursuit son activité, sous la surveillance d’administrateurs judiciaires. Et comme le veut la loi, un mandataire judiciaire est également désigné : c’est auprès de lui que les consommateurs non payés doivent se manifester. « En tant que  mandataire, la loi m’oblige à informer personnellement tous les créanciers pour leur signifier notamment que leur demande a bien été enregistrée, indique Maître Jean-Pierre Abadie, en charge de ce dossier. Cette ODR est hors normes : nous avons une liste impressionnante de créanciers – 117 500 – qui revendiquent chacun une somme modeste – 15 € ! Tous les prévenir par courrier a forcément un coût pour l’entreprise X-Gem déjà fragile. Nous avons pu récupérer 40 000 adresses mails. Il reste donc 77 500 lettres à envoyer. Un accord a été négocié à un prix intéressant avec Custompromo pour qu’ils s’en chargent ».

Et que les consommateurs ne perdent pas tout à fait espoir ! La mise en liquidation judiciaire de X-Gem ne semble pas à l’ordre du jour. Un plan d’apurement du passif et de redressement est en cours d’élaboration. « S’il est adopté dans les mois à venir par le tribunal, la loi oblige la société qui poursuit son activité à rembourser sans délai les créances inférieures à 500 €, poursuit Me Abadie. Dans ce cas, tous les dossiers de l’ODR devront être soldés, soit un coût de 1,5 million d’euros environ pour X-Gem ! » On en est pas encore là…

 

PAS DE CARACTÈRE INTENTIONNEL

Pour autant, ne pourrait-on pas reprocher à cette société d’avoir cherché à tromper le consommateur ? Ne savait-elle pas, dès le départ, que les engagements ne pourraient pas être tenus ? Si tel était le cas, des poursuites pour publicité de nature à induire en erreur pourrait être envisagées, avec, à la clé, une éventuelle lourde amende. La DDDP 64 a enquêté. « Nous n’avons pas pu relever de caractère intentionnel, il n’y a par conséquent pas d’infraction : nous sommes simplement face à une entreprise en difficulté financière, répond l’une de ses représentantes. Pour nous, l’affaire est close. Nous renvoyons les plaignants vers le mandataire. »

Autre question, les décodeurs portant la marque Sagemcom, cette dernière ne pouvait-elle pas prendre le relais de X-Gem défaillant, comme Carrefour l’avait fait dans une situation comparable (voir encadré) ? Après tout, pendant les premières semaines de l’opération, X-Gem et Sagemcom étaient encore juridiquement liés – même adresse de siège social à Rueil-Malmaison (92). « Ces ratés nuisent à notre image de marque. Nous avons mis en demeure à plusieurs reprises X-Gem de respecter ses obligations, sans résultat. C’est tout ce que nous pouvions faire », assure Sylvaine Couleur, de Sagemcom. Pas sûr que cette position convainque tout le monde.

CARREFOUR S’EST SUBSTITUÉ

À l’occasion de son anniversaire, fin 2015, Carrefour promettait le remboursement total en bons d’achat d’un pack d’une valeur de 129,90 € contenant un smartphone Yezz Andy, un casque Bluetooth Beewi et un câble Energizer. L’offre avait été conçue par Avenir Télécom. Placée en redressement judiciaire, la société a stoppé les remboursements. Carrefour a alors pris le relais en remettant aux clients lésés une carte cadeau créditée d’un montant de 129,90 €.

Arnaud De Blauwe

adeblauwe@quechoisir.org

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31 décembre 2016

Étiquetage nutritionnel simplifié (infographie). L’expérimentation du gouvernement sous le feu des critiques

Étiquetage nutritionnel simplifié (infographie). L’expérimentation du gouvernement sous le feu des critiques

L’expérimentation du gouvernement sous le feu des critiques

Lancée en septembre, l’évaluation grandeur nature des logos nutritionnels simplifiés, dont les conclusions devraient être connues fin janvier, a mobilisé 40 magasins durant 10 semaines pour un budget évalué à 2 millions d’euros. Que Choisir s’est rendu en magasins afin d’évaluer cette expérimentation controversée dont l’objectif est de permettre aux consommateurs de choisir les produits alimentaires les plus favorables à leur santé.

AU RAYON DES CONSERVES

C’est au rayon des plats en conserve que le peu d’engagement des marques nationales dans ce test est le plus flagrant. Ainsi, seules 16 % des conserves de marque nationale étaient étiquetées. Nulle trace en effet d’un étiquetage simplifié sur les leaders du marché que sont Wiliam Saurin ou Buitoni. À l’inverse, 75 % des conserves des marques de distributeurs (MDD) affichaient un logo simplifié. Un constat d’autant plus regrettable que les marques nationales représentent plus de 60 % du chiffre d’affaires du rayon !

AU RAYON TRAITEUR FRAIS

Au rayon traiteur frais (plats cuisinés, pizzas, pâtes à tarte…), seuls 5 produits sur 10 affichent un logo simplifié. Soit 69 % des produits de marques de distributeurs et 42 % des produits de grandes marques. À l’instar du rayon des plats en conserve, la faible participation des marques nationales à l’expérimentation est d’autant plus dommageable qu’elles représentent en réalité plus de la moitié du chiffre d’affaires de ce rayon.

AU RAYON DES PÂTISSERIES INDUSTRIELLES

C’est au rayon des viennoiseries industrielles (pains au lait, madeleines, etc.) et de la panification sèche (pains de mie, pains spéciaux) que l’on trouve le plus de produits étiquetés avec en moyenne 7 produits sur 10 portant un logo simplifié en face avant. Dans le détail, les trois quarts des produits de marques de distributeurs et 4 produits de marques nationales sur 6 jouent le jeu de l’expérimentation, dont certains grands groupes du secteur tels que Harrys ou Jacquet.

PEU DE PRODUITS « DÉSÉQUILIBRÉS » AFFICHENT UN LOGO

Au cours de leurs visites, nos enquêteurs ont relevé un très faible taux d’étiquetage de produits « déséquilibrés » signalés par un E rouge sur le logo Nutri-Score et un triangle à la pointe violette sur logo Sens. Ainsi, dans le rayon des viennoiseries industrielles des magasins expérimentant ces systèmes, moins d’un produit sur 7 était étiqueté d’un E rouge et moins d’un produit sur 5 possède un triangle violet. Difficile d’évaluer si les consommateurs se détournent de ces produits au profit d’autres si l’expérimentation peine à les inclure.

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Le E rouge du logo Nutri-Score et le triangle violet du logo Sens

À PROPOS DE L’ÉTIQUETAGE NUTRITIONNEL

Marie-Noëlle Delaby

mndelaby@quechoisir.org

Grégory Caret

Observatoire de la consommation

gcaret@quechoisir.org

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31 décembre 2016

L’actu en liste, le numéro 20 de 2016

Chaises hautes pour enfant. La sécurité mise à mal sur certains modèles

Nos homologues hollandais, danois et tchèques ont passé au crible 36 chaises hautes pour enfant et ont…

 
Compte Nickel. Les opérateurs de téléphonie freinent des quatre fers

Entre les opérateurs télécoms et les titulaires d’un compte bancaire Nickel, ce n’est pas le grand amour…

Plombages. Le mercure interdit mais pas pour tous

Les autorités européennes ont mis le holà à l’utilisation des amalgames, communément appelés plombages…

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Données personnelles. L'UFC-Que Choisir s'attaque au Privacy Shield

Alors que la protection des données personnelles est une préoccupation majeure des consommateurs, l’UFC-Que Choisir…

 
Pour Noël : trions mieux, recyclons plus, achetons Triman !

Comme chaque année en cette période de fête, les Français vont offrir plusieurs millions de cadeaux à leurs proches !…

Abattoirs. Le contrôle vidéo mis à mort ?

La proposition d’un contrôle vidéo sur les chaînes d’abattage, évoqué dans le cadre de la loi sur le…

linky

L’expertise de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) sur les effets sanitaires potentiels…

audioprotheses

Le coût prohibitif des prothèses auditives est la première raison, mais pas la seule…

Assurance vie en euros. Les réserves sont bien garnies

Les fonds en euros sont-ils risqués ? La question taraude des millions d’assurés, inquiets…

Rénovation énergétique. Qualibat défend mal son business

À lire l’interview du président de Qualibat sur le site Batiactu en réaction à notre enquête sur la rénovation énergétique…

justice-conciliation-mediation

La loi dite « justice du 21e siècle » renforce le rôle de la conciliation dans le règlement des litiges…

Grippe aviaire. Rebelote pour les canards

Alors que les éleveurs de foie gras du Sud-Ouest se remettent à peine de l’épisode de grippe aviaire survenu…

Achats sur Internet pour Noël. Nos conseils pour commander en toute sérénité

Entre des e-commerçants débordés et la date butoir du 24 décembre pour recevoir ses colis, la fin de l’année est… 

Déchets ménagers. Le recyclage patine au prix fort

En charge de la filière des déchets d’emballages, Éco-Emballages reste loin des objectifs fixés. Un taux de recyclage qui…

pollution

La pollution chronique a un impact sur la santé, c’est reconnu. Mais en période de pic, comme en ce moment… 

certificat-volkswagen

Volkswagen a débuté la remise en conformité de ses moteurs Diesel touchés par le scandale du logiciel truqué…

Caviar Lidl. Un produit de luxe qui manque de lustre

Caviar Lidl. Un produit de luxe qui manque de lustre

voeux-2017

22 décembre 2016

Chaises hautes pour enfant. La sécurité mise à mal sur certains modèles

Chaises hautes pour enfant. La sécurité mise à mal sur certains modèles

Nos homologues hollandais, danois et tchèques ont passé au crible 36 chaises hautes pour enfant et ont relevé de nombreuses non-conformités. En plus de quelques défauts de marquages, de graves manquements de sécurité ont été constatés. Quatre de ces chaises hautes défaillantes sont présentes sur le marché français : la Nuna Zaaz, la Peg Perego Prima Pappa Zero 3, la Flexa et la Childwood Evolu 2.

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De gauche à droite les chaises Childwood Evolu 2, Peg Perego Prima Pappa Zero 3, Flexa et Nuna Zaaz.

En 2015, dans le cadre d’une enquête des autorités de surveillance du marché européen, la Répression des fraudes (DGCCRF) s’était penchée sur la sécurité des chaises hautes. Elle en avait conclu que les principaux manquements à la réglementation portaient sur des défauts d’information délivrée aux consommateurs, notamment via la notice. À l’époque, 4 des 14 chaises hautes analysées avaient été déclarées non conformes et dangereuses en raison de risques d’étouffement liés à des petits éléments détachables ou de coupures possibles sur des arêtes vives. Ces produits avaient fait l’objet de mesures correctrices par les professionnels, telles que l’arrêt de la vente, le retrait, le rappel ou la destruction.

Cette année, en plus d’un test pratique auprès d’un panel d’utilisateurs (composé d’enfants et d’adultes), le laboratoire sélectionné par nos partenaires européens a vérifié la conformité à la norme EN14988 de 36 chaises hautes, vendues de 16,99 € (Ikea Antilop avec la tablette) à plus de 280 € (Stokke Tripp Trapp avec la tablette et le kit baby set). Si la grande majorité des modèles a passé les tests de sécurité sans accrocs, 4 chaises vendues en France se sont révélées défaillantes.

Tout d’abord, la Nuna Zaaz et la Peg Perego Prima Pappa Zero 3. Elles présentent des interstices où les doigts des enfants peuvent se coincer. Les fabricants de ces 2 modèles réfutent ces accusations auprès de nos confrères hollandais, arguant un débat d’experts. Selon eux et leur laboratoire de certification, leurs produits répondraient à la norme européenne.

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Les doigts peuvent se coincer dans la Nuna Zaaz (à gauche) ou se pincer dans la Peg Perego Prima Pappa Zero 3 (à droite).

Les deux autres chaises concernées, la Childwood Evolu 2 et la Flexa, ont la particularité d’être des modèles polyvalents avec plusieurs hauteurs d’assise. L’Evolu 2 de Childwood peut s’utiliser en position haute pour manger à table avec les adultes ou bien en position basse au niveau d’une table enfant. Si vous disposez d’un îlot ou d’un bar, vous pouvez même adapter des pieds supplémentaires pour la surélever davantage. La notice n’indiquant pas de restrictions particulières, le laboratoire a testé la position haute et la position basse selon la norme européenne des chaises hautes. C’est dans la configuration basse que cette chaise évolutive a montré des faiblesses de stabilité : le contrepoids fait chuter la chaise vers l’arrière ou sur le côté selon les tests. Malgré ce constat, Childwood conteste les résultats auprès de nos collègues car la norme des chaises hautes ne couvre pas tous les usages de cette chaise haute multifonction. Selon le fabricant, la position basse ne peut donc pas être testée selon cette norme très exigeante. À la décharge de Childwood, la chaise en position basse est considérée comme stable selon une autre norme moins exigeante. En conséquence, Childwood s’est au moins engagé à améliorer sa notice pour indiquer les précautions d’usage à respecter pour éviter les chutes.

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La Childwood Evolu 2 en position basse et haute.

Quant à la chaise haute de Flexa, il suffit de régler le niveau d’assise en installant ou enlevant des petits supports fixés à chaque pied. Comme pour l’Evolu 2 de Childwood, la position la plus basse ne répond pas aux exigences de stabilité de la norme des chaises hautes. Mais Flexa s’en explique facilement en mentionnant dans sa notice que cette position est réservée aux enfants de plus de 3 ans. La chaise dans cette configuration doit donc répondre à une autre norme plus « indulgente ». Cependant, la Flexa présente également un manque de stabilité latérale dans sa configuration haute sans la tablette. Dans ce cas, pas d’excuse ou d’interprétation possible : le fabricant danois doit agir. L’équivalent de la DGCCRF au Danemark a été prévenu de ce danger.

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La chaise haute de Flexa.

Gabrielle Théry

Rédactrice technique

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22 décembre 2016

Compte Nickel. Les opérateurs de téléphonie freinent des quatre fers

Compte Nickel. Les opérateurs de téléphonie freinent des quatre fers

Entre les opérateurs télécoms et les titulaires d’un compte bancaire Nickel, ce n’est pas le grand amour. À tel point que plusieurs d’entre eux se sont vu refuser la souscription d’un forfait. Ils paient ainsi pour les agissements de quelques escrocs qui ont vu dans ce compte sans banque, disponible dans les bureaux de tabac, un moyen pour récupérer des téléphones à bon prix.

Les opérateurs de téléphonie freinent des quatre fers

On savait déjà qu’ils pouvaient rencontrer des problèmes pour payer aux bornes automatiques de carburant ou aux péages. Mais les titulaires d’un compte Nickel peuvent aussi éprouver des difficultés au moment de souscrire un forfait de téléphonie mobile ou un abonnement d’accès à Internet. C’est une de nos lectrices qui nous a alertés. Alors qu’elle souhaitait souscrire à la toute nouvelle offre CDiscount Mobile, elle a eu la surprise de constater que son numéro IBAN lié à son compte Nickel n’était pas accepté par l’opérateur.

Chez EI Télécom, qui gère les abonnements mobiles de CDiscount, mais aussi de NRJ Mobile, Auchan Télécom, CIC Mobile, Crédit mutuel Mobile et Cofidis Mobile, on assure que le fait d’être titulaire d’un compte Nickel n’est pas en soi un motif de refus. On reconnaît toutefois que certaines demandes de souscription peuvent être refusées lorsque « les conditions de sécurité et d’identification ne sont pas réunies ». « Cela est indépendant de l’établissement bancaire d’origine », assure l’opérateur. Difficile néanmoins de croire à une coïncidence dans la mesure où il a suffi à notre lectrice de fournir l’IBAN d’un compte bancaire classique pour voir son inscription acceptée.

Les clients d’EI Télécom ne seraient pas les seuls concernés. Sur les forums, certains assurent avoir rencontré des problèmes similaires avec SFR et Bouygues Télécom. Le premier nous certifie pourtant que « les clients sont acceptés » dans la mesure où « la carte associée au compte Nickel est une MasterCard ». Quant à Bouygues Télécom, il reconnaît avoir suspendu les souscriptions des titulaires de compte Nickel après avoir constaté un nombre d’impayés largement supérieur à la moyenne (plus de 25 % à en croire l’opérateur). « Il est apparu rapidement que le compte Nickel était détourné de son usage par des personnes malintentionnées pour organiser des fraudes, notamment dans le cadre de souscriptions de forfaits de téléphonie ». En clair, l’opérateur soupçonne des escrocs d’avoir profité d’une faille dans le système pour récupérer des téléphones subventionnés sans payer, pendant les 24 mois suivants, le forfait allant avec. Bouygues pourrait néanmoins revenir prochainement sur sa décision. L’opérateur reconnaît en effet que les outils de contrôle mis en place par la Financière des paiements, qui gère le compte Nickel, ont permis de baisser de façon très significative les taux d’impayés de ses clients.

 

SEUL FREE ET ORANGE L’ACCEPTENT

À l’heure actuelle, seuls Free et Orange acceptent les titulaires de compte Nickel. Mais alors que Free assure l’accepter dans les mêmes conditions que n’importe quel autre client, Orange conditionne la souscription au paiement d’un dépôt de garantie de 265 €, à verser dans les 48 heures suivant la souscription du contrat. Cette somme est restituée au bout de 12 mois d’abonnement si aucun incident de paiement n’a été constaté.

Avec plus de 440 000 clients à la fin 2016, le compte Nickel connaît un franc succès. Distribué dans les bars-tabacs, il permet à tout un chacun de bénéficier d’une carte  bancaire et d’un relevé d’identité bancaire pour effectuer des prélèvements et des virements, sans disposer de compte bancaire. S’il est ouvert à tous, il s’adresse surtout aux jeunes et aux personnes faisant l’objet d’un interdit bancaire.

22 décembre 2016

Plombages. Le mercure interdit mais pas pour tous

Plombages. Le mercure interdit mais pas pour tous

Les autorités européennes ont mis le holà à l’utilisation des amalgames, communément appelés plombages, pour soigner les caries des enfants et des femmes enceintes, compte tenu de leur composition toxique. Sans aller jusqu’à l’interdiction totale.

Le mercure interdit mais pas pour tous

C’est enfin décidé. La Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil européen se sont mis d’accord, le 7 décembre dernier, pour bannir les amalgames dentaires, en raison de la toxicité du mercure, qui entre pour 50 % dans leur composition. L’interdiction sera cependant limitée aux enfants de moins de 15 ans, aux femmes enceintes et à celles qui allaitent leur enfant. Elle s’appliquera à partir du 1er juillet 2018.

Il était temps de statuer sur les amalgames, qu’on connaît sous le nom impropre de plombages. Le mercure fait partie des métaux lourds, très mauvais aussi bien pour l’environnement que pour la santé humaine. Il aurait des effets sur le développement neurologique, le système immunitaire, l’appareil reproducteur et le système cardiovasculaire. Utilisé pour combler les caries, il peut être assimilé par l’organisme aussi bien sous forme de vapeurs au moment de la pose, que par relargage progressif dans la bouche, à cause de la salive et du frottement des dents les unes contre les autres. Le mercure passe dans les poumons et le sang, avant d’être stocké dans les organes.

L’interdiction est d’autant plus logique qu’il existe depuis longtemps des solutions pour remplacer les amalgames : « Les dentistes peuvent recourir soit aux composites, qui sont faits de résine, soit aux ciments verres ionomères (CVI) », souligne Marie Grosman, vice-présidente de l’Alliance mondiale pour une dentisterie sans mercure. Mais ces solutions prennent plus de temps, ou coûtent plus cher, d’où les réticences des dentistes. Cependant, eux-mêmes s’exposent au mercure en manipulant et en posant les amalgames, c’est pourquoi ils sont de plus en plus nombreux à ne plus les utiliser.

Même si l’Europe a choisi de restreindre sa décision aux enfants et aux femmes enceintes ou allaitantes, rien n’empêche la France de l’étendre à tous. Les signaux sont plutôt encourageants, puisque l’Agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM) n’y est pas opposée, et que la France a soutenu au niveau européen une interdiction plus large.

FAUT-IL FAIRE ENLEVER SES VIEUX PLOMBAGES ?

Étant donné le risque lié au mercure qui compose les plombages, on pourrait être tenté de les faire enlever au plus vite, pour les remplacer par un matériau plus sûr. Attention cependant, la dépose est un moment délicat : l’opération a toutes les chances d’entraîner l’inhalation de vapeurs de mercure, ce qui favoriserait l’intoxication. En l’absence de symptômes, il est raisonnable de conserver ses plombages tels quels. Les personnes qui décideraient tout de même de franchir le pas doivent choisir avec soin le ou la dentiste qui enlèvera le ou les amalgames. Pour limiter les risques, des précautions très particulières s’imposent : digue dentaire, aspirateur chirurgical, combinaison, protection des yeux et du nez, etc.

Anne-Sophie Stamane

asstamane

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22 décembre 2016

Données personnelles. L’UFC-Que Choisir s’attaque au Privacy Shield

Données personnelles. L’UFC-Que Choisir s’attaque au Privacy Shield

Alors que la protection des données personnelles est une préoccupation majeure des consommateurs, l’UFC-Que Choisir, compte tenu des risques que fait peser l’accord transatlantique sur la protection des données personnelles (Privacy Shield), intervient en soutien de deux recours en annulation contre cet accord.

L'UFC-Que Choisir s'attaque au Privacy Shield

Après l’invalidation en 2015 par la Cour de justice de l’Union européenne de l’accord encadrant le transfert de données entre les Etats-Unis et l’Europe, le « Safe Harbour », compte tenu du niveau de protection insuffisant des consommateurs européens, l’Union européenne a négocié un nouvel accord avec les Etats-Unis, le Privacy Shield. Cet accord a été adopté le 8 juillet 2016, malgré les inquiétudes formulées par le Parlement européen, plusieurs gouvernements, les CNIL et les associations de consommateurs européennes.

Loin de renforcer significativement le cadre juridique du transfert des données personnelles aux Etats-Unis et d’offrir un niveau de protection « adéquate », comme exigé par les textes communautaires, le nouvel accord n’offre qu’une protection lacunaire aux ressortissants européens :

  • L’admission d’une collecte massive et indifférenciée des données personnelles par les services de renseignements américains 

Les lois américaines autorisent encore aujourd’hui, malgré les critiques formulées dans le cadre de l’invalidation du Safe Harbour, la collecte massive d’information par la NSA et les services de renseignement américains auprès des entreprises détentrices de données personnelles,  incluant des données de consommateurs français qui ont été transférées aux Etats unis.

Bien que le gouvernement américain se soit moralement engagé à réduire cette collecte autant que possible, aucune mesure concrète n’a encore été mise en place pour limiter ces traitements de données personnelles.

Cette situation est d’autant plus inquiétante que les autorités américaines sont aussi autorisées, sur la seule base de vos données personnelles, à rendre des décisions susceptibles de produire des effets juridiques préjudiciables à votre égard. Ainsi, suite à l’envoi d’un message privé sur Facebook, exprimant une opinion politique ou critiquant la collecte à tous crins des données par les multinationales américaines, vous pourriez vous voir interdire l’entrée aux Etats Unis par les autorités américaines !

  • Un ersatz de droit au recours pour les consommateurs européens

Alors que le droit européen exige un droit au recours effectif et un accès à un tribunal impartial, le dispositif  de réclamation prévu par le Privacy Shield est stratifié et complexe… Le principal  recours en cas de décision préjudiciable rendue par les autorités américaines à l’encontre d’un ressortissant européen, est un médiateur… nommé par le Secrétaire d’état américain.

Enfin, le droit de s’opposer à un traitement est prévu uniquement en cas de «modification substantielle de la finalité du traitement », alors même que le droit européen offre le droit de s’opposer à un traitement de ses données personnelles à tout moment, aussi bien lors de la collecte, qu’en cours de traitement de données personnelles.

Dans le contexte de mondialisation des échanges et de transfert des données vers des Etats avec des niveaux moindres de protection que le niveau européen, ces risques sont loin d’être théoriques comme l’a souligné récemment l’association s’agissant de la collecte de données via des jouets connectés ou des applications mobiles et leur transfert vers les Etats-Unis.

Au vu de ces éléments inquiétants, deux recours en annulation ont été déposés en septembre 2016 devant le Tribunal de l’Union européenne : l’un par le ‘Digital Right Ireland’, groupe lobbyiste Irlandais de défense de la vie privée sur Internet, l’autre par les ‘Exégètes amateurs’, groupe de travail regroupant trois associations françaises.

Dans la mesure où le Privacy Shield n’apporte aucune garantie réelle quant au respect de leurs  libertés individuelles et de leurs droits fondamentaux des consommateurs français et européens, l’UFC-Que Choisir a donc décidé de soutenir ces demandes d’annulation du Privacy Shield devant le Tribunal de l’Union européenne.

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17 décembre 2016

Pour Noël : trions mieux, recyclons plus, achetons Triman !

Pour Noël : trions mieux, recyclons plus, achetons Triman !

Comme chaque année en cette période de fête, les Français vont offrir plusieurs millions de cadeaux à leurs proches ! Malheureusement, de nombreux produits offerts à Noël (jouets, équipements de sport, produits cosmétiques, vaisselle, …) ne se recyclent pas. Une fois leur vie achevée, une partie de ces cadeaux finira donc en décharge ou en incinération. Vous voulez savoir si le cadeau que vous allez acheter aura une seconde vie ? Vérifiez s’il est porteur du logo Triman ! Contrairement à la multitude de logos parfois difficiles à interpréter que l’on retrouve sur les produits et leurs emballages, ce logo est obligatoire pour tous les produits qui bénéficient d’une filière de recyclage et doivent être triés. Il permet donc de les identifier facilement. AMORCE, l’UFC-Que Choisir et  France Nature Environnement (FNE) vous invitent donc à acheter Triman pour Noël ! Vos cadeaux en fin de vie pourront ainsi être recyclés ou réutilisés.

Pour Noël : trions mieux, recyclons plus, achetons Triman !Depuis 1er janvier 2015, le logo officiel Triman doit être obligatoirement affiché sur tous les produits de grande consommation qui doivent être triés (dans le bac de collecte sélective, en point d’apport volontaire, en déchèterie ou en magasin). Il renseigne donc  le consommateur au moment de l’achat et du geste de tri. Il doit être apposé sur le produit lui-même ou à défaut sur son emballage, la notice ou sur tout autre support y compris dématérialisé.

Pour que ce logo soit mieux connu et identifié, AMORCE, l’UFC Que-Choisir et FNE, en cohérence avec les actions de sensibilisation menées par l’ADEME, lancent un kit de communication pour les acteurs locaux (collectivités, associations, commerçants…). Constitué de supports de communication téléchargeables et prêts à l’emploi, ce kit permettra d’alimenter des campagnes dans les médias, dans les magasins, dans les lieux publics…
Il est disponible sur la page suivante : http://www.amorce.asso.fr/triman

Ces campagnes viseront à sensibiliser les consommateurs sur le logo Triman pour les inciter à acheter en priorité des produits recyclables identifiés par ce logo, et à les trier en appliquant l’un des quatre gestes de tri. L’adoption du réflexe d’achat TRIMAN est indispensable pour atteindre l’objectif de recyclage de 65% des déchets produits en France chaque année.

Pour Noël et aussi toute l’année, trions mieux, recyclons plus, achetons Triman !

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17 décembre 2016

Abattoirs. Le contrôle vidéo mis à mort ?

Abattoirs. Le contrôle vidéo mis à mort ?

La proposition d’un contrôle vidéo sur les chaînes d’abattage, évoqué dans le cadre de la loi sur le respect des animaux en abattoir, a été supprimée par la commission des affaires économiques qui examinait le futur texte de loi le 14 décembre 2016. Une décision vivement contestée par les députés à l’initiative de la loi qu’ils jugent dénaturée par ce retrait.

Le contrôle vidéo mis à mort ?

Le grand projet de loi sur l’abattage des animaux de boucherie a accouché d’une souris. C’est le constat amer que tire le député Olivier Falorni, responsable de la commission d’enquête sur les conditions d’abattage créée en avril à la suite de plusieurs vidéos de maltraitance diffusées par l’association L214 qui avait réveillé les consciences face aux conditions parfois insoutenables dans lesquelles les animaux de boucherie vivaient leurs derniers instants. Un groupe de réflexion qui aura siégé 6 mois, effectué 4 visites inopinées dans des abattoirs et auditionné une centaine d’acteurs gravitant dans ou autour des abattoirs (éleveurs, ouvriers et vétérinaires en abattoirs, représentants des cultes…).

Ce travail de longue haleine avait abouti en septembre sur 65 propositions pour améliorer les pratiques et assurer plus de transparence autour de ces lieux décrits comme de véritables boîtes noires. Certaines propositions relevaient de la pratique ou du pouvoir réglementaire (augmenter le recrutement de vétérinaires, soumettre les fabricants de matériel d’étourdissement à un agrément…). D’autres supposaient une modification législative. Parmi elles, une proposition phare rendant obligatoire l’installation de caméras dans toutes les zones des abattoirs où des animaux vivants sont manipulés. Une mesure qui avait suscité la polémique, ses opposants invoquant un possible détournement de son usage à des fins productivistes ou de « flicage » des salariés.

Au grand dam des défenseurs de la loi, la proposition de contrôle vidéo a finalement été supprimée du texte retenu par la commission des affaires économiques le 14 décembre. Dans un communiqué, Olivier Falorni, rapporteur de la loi, « regrette vivement cette position extrêmement conservatrice de la commission alors même que la proposition de loi initiale avait été signée par des représentants de tous les groupes politiques composant l’Assemblée nationale ». Au point de voter contre le texte sous sa forme actuelle. Le contrôle vidéo sera quant à lui proposé en séance publique et soumis au vote du Parlement le 12 janvier. « Chacun devra, alors, assumer sa position », conclut le parlementaire.

Marie-Noëlle Delaby

mndelaby@quechoisir.org

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17 décembre 2016

Compteur Linky. « Des risques sanitaires peu probables »

L’expertise de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) sur les effets sanitaires potentiels des compteurs communicants Linky était très attendue. Elle vient de sortir et devrait rassurer les inquiets.

« Des risques sanitaires peu probables »

Face aux inquiétudes que suscite le compteur électrique Linky, la direction générale de la Santé avait chargé l’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, d’une expertise visant à évaluer l’exposition de la population aux champs électromagnétiques émis par les compteurs communicants et les effets sanitaires potentiels associés.

Cette expertise était très attendue, tant par les élus locaux soumis à la forte pression des militants anti-Linky que par les usagers légitimement inquiets face à ces nouveaux compteurs.

Les consommateurs peuvent être rassurés par l’expertise publiée jeudi 15 décembre. Elle conclut en effet « à une faible probabilité que l’exposition aux champs électromagnétiques émis par les compteurs communicants, dans la configuration de déploiement actuelle, engendre des effets sanitaires à court ou long terme ».

Que ce soit en champ électrique ou magnétique, précise l’Anses, « les compteurs Linky sont à l’origine d’une exposition comparable à celle d’autres équipements électriques déjà utilisés dans les foyers depuis de nombreuses années ». Autrement dit, les compteurs Linky ne présentent pas plus de risques pour la santé que les téléviseurs, les chargeurs d’ordinateur portable ou les tables de cuisson à induction.

 

RAPPORT À VENIR DE L’AGENCE SUR L’ÉLECTROSENSIBILITÉ

L’Anses note cependant que les objets connectés se multipliant, la question de l’exposition de la population aux champs électromagnétiques doit être anticipée et systématisée avec de nouvelles normes techniques et une information claire et compréhensible fournie aux usagers. Une avancée qui serait précieuse pour les personnes électrosensibles, le rapport à venir de l’Agence sur l’électrosensibilité est également très attendu.

Concernant Linky, on devrait prochainement confirmer avec précision les niveaux d’exposition, déjà reconnus faibles. À la demande de l’Anses, le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) est en train de mener une campagne de mesures en situation réelle. Elle porte à la fois sur l’exposition des usagers aux compteurs électromagnétiques classiques et aux nouveaux compteurs Linky.

Mais quels que soient ses résultats, il y a fort à parier que les militants anti-Linky radicaux ne désarmeront pas, eux qui usent et abusent de la désinformation en accusant même l’UFC-Que Choisir d’être pro-Linky ! Toutes les prises de position de l’association et tous les articles consacrés au sujet dénoncent pourtant sans relâche l’absence d’intérêt de Linky pour les consommateurs, son coût et le risque vis-à-vis de la protection des données personnelles. Sans pour autant inventer des risques pour la santé ou mettre les usagers face à un risque ultérieur de coupure de courant ou de facturation de relevé.

Élisabeth Chesnais

echesnais@quechoisir.

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17 décembre 2016

Audioprothèses. Les propositions de l’Autorité de la concurrence

Audioprothèses. Les propositions de l’Autorité de la concurrence

Le coût prohibitif des prothèses auditives est la première raison, mais pas la seule, du sous-équipement des Français. L’Autorité de la concurrence vient de formuler des propositions pour faire baisser le prix à l’achat.

Les propositions de l’Autorité de la concurrence

Ce n’est pas un secret, pour s’offrir des audioprothèses, mieux vaut avoir les moyens. Comme l’a montré une étude de l’UFC-Que Choisir en 2015, s’équiper d’audioprothèses coûte cher : 3 000 € en moyenne pour les deux oreilles, avec un reste à charge considérable de 2 000 € pour l’utilisateur, l’assurance maladie et les complémentaires santé couvrant mal la dépense. Conséquence, les personnes qui devraient s’équiper traînent avant de le faire, ou ne le font carrément pas : sur les trois millions dont l’audition pourrait être améliorée par un appareillage, seulement deux millions ont franchi le pas.

L’Autorité de la concurrence a formulé hier des propositions pour lever les freins à l’équipement. Dans son avis, elle recommande d’abord de dissocier la phase d’acquisition de la prothèse des prestations de suivi de l’audioprothésiste. Actuellement, en effet, la somme acquittée comprend non seulement l’appareil et les ajustements dans les semaines qui suivent l’achat, mais aussi les réglages qui peuvent intervenir tout au long de la vie de l’appareil. Ce couplage rend l’appareillage d’emblée très coûteux, sans compter que l’utilisateur se retrouve captif : s’il n’est pas satisfait du travail de son audioprothésiste, il ne peut pas en changer. Ce qui explique peut-être pourquoi tant d’audioprothèses finissent au fond d’un tiroir au bout de quelques mois seulement, malgré la dépense engagée. La dissociation de l’offre aurait l’avantage de faire baisser le coût d’achat, et d’animer la concurrence dans un secteur peu enclin au changement.

Autre piste suggérée par l’Autorité de la concurrence et partagée par l’UFC-Que Choisir : favoriser l’augmentation du nombre d’audioprothésistes en exercice. Elle verrait d’un œil bienveillant la suppression du numerus clausus, qui aurait l’avantage d’augmenter le nombre de professionnels disponibles et de favoriser ainsi l’ouverture de magasins spécialisés, notamment ceux qui, actuellement, tentent de faire baisser les prix. Les restrictions actuelles limitent trop la concurrence et le choix des utilisateurs : à part dans les grandes villes, il est rare d’avoir la possibilité de faire jouer la concurrence.

La balle est désormais dans le camp du ministère de la Santé, qui a la main sur les deux variables : aussi bien la tarification des prestations de santé que le numerus clausus dans la formation des futurs audioprothésistes.

Anne-Sophie Stamane

asstamane

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17 décembre 2016

Assurance vie en euros. Les réserves sont bien garnies

Assurance vie en euros. Les réserves sont bien garnies

Les fonds en euros sont-ils risqués ? La question taraude des millions d’assurés, inquiets du discours alarmant que diffusent depuis des mois les pouvoirs publics et les assureurs sur la solidité de ces supports en cas de forte remontée des taux obligataires. L’étude que vient de publier le site Good value for money (GVFM), une structure d’analyse indépendante du marché de l’assurance vie, devrait les rassurer : les provisions des compagnies sont au plus haut !

Les réserves sont bien garnies

En donnant au Haut conseil de stabilité financière (HCSF) la possibilité de suspendre temporairement une opération de retrait en cas de risques pesant sur la stabilité du système financier, la loi Sapin 2 qui vient d’être promulguée a semé un vent de panique et poussé nombre de détenteurs de fonds en euros à céder au discours commercial des bancassureurs qui les incitent depuis des mois à injecter davantage d’unités de compte (UC) dans leur contrat. Pourtant, rappelons-le, si les supports en UC, investis en actions ou en immobilier, offrent un potentiel de rendement plus important que les fonds en euros, c’est au prix d’une prise de risque totale : contrairement à ce qui prévaut pour les fonds en euros, les assureurs ne garantissent pas les sommes placées sur ces UC. Elles suivent à la hausse comme à la baisse leurs marchés de référence.

 

LE PRIX DE LA GARANTIE

Majoritairement investis en obligations d’État, les fonds en euros relèvent, eux, d’un fonctionnement bien différent. Le montant de leurs garanties, exprimées en euros (d’où leur nom), est la contrepartie des primes versées par l’assuré. Ces sommes constituent une dette pour l’assureur. Il est dans l’obligation légale de pouvoir faire face à cet engagement à tout moment, en versant à l’assuré, lorsqu’il le demande, (d’où le terme de « rachat »), son capital majoré d’un rendement annuel définitivement acquis (effet cliquet).

Cette contrainte pousse les assureurs à constituer diverses provisions. L’étude de Good value for money porte sur quatre d’entre elles, les plus significatives : la provision pour participation aux bénéfices (PPB) ; la réserve de capitalisation ; les plus-values latentes immobilières et les plus-values latentes actions (voir encadré ci-dessous).

« Nous avons évalué la situation financière des compagnies à fin 2015 en passant au crible  les fonds en euros de 53 assureurs pesant 1 598 milliards d’euros d’encours soit 99 % du marché », précise Cyrille Chartier-Kastler, fondateur de Good value for money. Et force est de constater qu’au regard de ces chiffres qui retracent l’évolution de ces diverses réserves sur quatre ans, il n’y a apparemment pas péril en la demeure !

 

RÉSERVES AU TOP

Les dotations les plus significatives concernent les PPB (provisions pour participation aux bénéfices). Alimentées par les surplus de bénéfices financiers engrangés lorsque les marchés sont bien orientés et redistribuées aux assurés dans les huit années qui suivent leur constitution, les provisions pour participation aux bénéfices représentaient fin 2015 l’équivalent de 2,62 % de rendement mis en réserve. Soit, en d’autres termes, 2,62 % des encours sous gestion. À titre de comparaison, ce taux était de 1,43 % en 2012. « Cette forte hausse est notamment due aux importants provisionnements réalisés l’an passé par Prédica (compagnie du Crédit agricole), CNP Assurances et BNP Paribas Cardif. À eux seuls, ces trois poids lourds ont mis en réserve 4,43 milliards d’euros, soit plus de la moitié des dotations de l’ensemble du marché qui ont atteint 8,8 milliards d’euros fin 2015 », indique Cyrille Chartier-Kastler. L’expert table pour 2016 sur une PBB stabilisée aux alentours de 2,8 % à 2,9 %.

La  progression est nettement moins spectaculaire pour la réserve de capitalisation : 1,23 % de réserve de rendement fin 2015, contre 1,17 % quatre ans plus tôt. Elle est en revanche bien marquée pour les plus-values latentes immobilières (15,4 milliards d’euros enregistrés fin 2015, soit une réserve de rendement de 1,17 % en hausse de 19 % par rapport à 2012) et les plus-values latentes actions (27,7 milliards d’euros, soit un taux de 2,10 % contre… 0,30 % en 2012). « Si l’on cumule ces quatre postes, on constate  que depuis 2012,  les provisions  globales des assureurs ont pratiquement doublé, passant de 3,87 % à 7,1 % de réserve de rendement », conclut Cyrille Chartier-Kastler. De quoi mettre du baume au cœur des assurés. Et les pousser à réfléchir à deux fois avant de se précipiter sur les UC !

LES MOTS POUR COMPRENDRE

La provision pour participation aux bénéfices (PPB)

Toute compagnie doit reverser à ses assurés au moins 90 % des bénéfices techniques et 85 % des bénéfices financiers générés par la gestion des fonds en euros. Cette participation au bénéfice (PB) peut être distribuée chaque année ou mise en réserve dans une provision pour participation aux bénéfices (PPB) que les assureurs doivent restituer aux assurés dans un délai maximum de 8 ans.

La réserve de capitalisation

Alimentée par les plus-values réalisées lors de la cession d’obligations, cette provision technique a pour objet d’absorber d’éventuels chocs obligataires. Comme la PPB, elle appartient aux assurés, mais elle ne contribue pas directement au rendement du fonds en euros.

Les plus-values latentes immobilières et actions

Il s’agit des plus-values potentielles des différents actifs immobiliers et actions présents dans les portefeuilles que les assureurs gèrent au titre de leurs fonds en euros.

À noter, en cas de crise financière, une provision pour dépréciation durable (PDD) sera constituée si la valeur de marché d’un actif du fonds en euros est durablement inférieure à sa valeur au bilan (baisse de plus de 20 % – ou 30 % en période de forte volatilité des marchés – pendant au moins 6 mois). Et si, après calcul de la PDD, la valeur de réalisation de l’ensemble des actifs non obligataires du portefeuille se retrouve en moins-value, une provision pour risque d’exigibilité (PRE) doit être enclenchée.

Laurence Delain-David

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17 décembre 2016

Rénovation énergétique. Qualibat défend mal son business

Rénovation énergétique. Qualibat défend mal son business

À lire l’interview du président de Qualibat sur le site Batiactu en réaction à notre enquête sur la rénovation énergétique, l’UFC-Que Choisir aurait tout faux. Mais ses arguments peuvent tous se retourner contre le dispositif RGE. Démonstration.

Qualibat défend mal son business

Rien d’étonnant à ce que le président de Qualibat, l’organisme en charge  de la qualification RGE (Reconnu garant de l’environnement), soit très remonté contre les résultats accablants de notre enquête sur la rénovation énergétique. Il est en revanche plus surprenant qu’il la conteste à coups d’arguments aussi infondés les uns que les autres.

 

1. « L’enquête est biaisée car elle concerne la prescription et pas la réalisation des travaux ».  

Notre enquête porte effectivement sur les devis, autrement dit sur l’étape cruciale qui définit les travaux à venir. Le président de Qualibat nous reproche de ne pas avoir constaté la qualité de leur réalisation.

Drôle d’approche pour un spécialiste, car des travaux peu efficaces ou incohérents comme beaucoup l’auraient été au vu des devis, c’est à coup sûr de l’argent gaspillé par les ménages. Et en prime un risque majeur de dégradation du bâti avec l’apparition de moisissures quand on remplace les fenêtres sans installer de VMC.

 

2. « L’enquête concerne moins de 20 % du parc de maisons individuelles car les gens font des travaux de confort ou de dépannage en cas de fuite dans la toiture ou de panne de chaudière. »

Le président de Qualibat semble ignorer le travail de l’Agence de l’environnement (Ademe), c’est dommage. La campagne 2015 de son observatoire permanent de l’amélioration énergétique du logement conclut en effet que sur plus de 3,5 millions de rénovations de logements achevées fin 2014, seulement 288 000 étaient performantes ou très performantes. Il est regrettable que Qualibat se contente de 11 % de rénovations efficaces !

 

3. Il existe des possibilités de recours pour les clients mécontents mais « nous ne sommes saisis que 100 fois par an environ », insiste le président de Qualibat.

On veut bien croire au petit nombre de recours. Qui connaît Qualibat en dehors des professionnels qui ont besoin d’une certification ? Et d’ailleurs de quoi pourrait se plaindre un consommateur quand on lui remplace ses fenêtres ou son système de chauffage ? Seuls les spécialistes en efficacité énergétique peuvent évaluer la pertinence ou non des solutions proposées, et c’est ainsi que l’UFC-Que Choisir a procédé.

Que Qualibat l’admette ou non, notre enquête prouve que la montée en compétence tant attendue du dispositif RGE n’a pas eu lieu. Défendre l’indéfendable ne va pas améliorer le marché de la rénovation énergétique.

Élisabeth Chesnais

echesnais@quechoisir.org

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17 décembre 2016

Justice. Toujours plus de conciliation

Justice. Toujours plus de conciliation

La loi dite « justice du 21e siècle » renforce le rôle de la conciliation dans le règlement des litiges. Tout en restreignant l’accès direct au juge pour les petits litiges.

Toujours plus de conciliationJustice débordée, justice trop lente, justice qui manque de moyens… les maux sont connus. Mais plutôt que de lui administrer un traitement de choc afin de la rendre plus efficace, les gouvernements successifs la soignent à coup de médicaments dont l’efficacité est loin d’être prouvée.

La dernière « prescription » date du 18 novembre 2016 avec la promulgation de « la loi de modernisation de la justice du 21e siècle ». Son article 4 restreint un peu plus encore l’accès direct au juge pour le règlement des petits litiges.

Il autorise en effet le juge à conditionner la saisine par déclaration au greffe du tribunal d’instance, la juridiction civile compétente pour les affaires de moins de 10 000 € (1), à une conciliation préalable, « à peine d’irrecevabilité ». En d’autres termes, si les parties n’ont pas tenté de régler leur conflit à l’amiable en passant par un conciliateur de justice (il est rattaché au tribunal d’instance, ndlr) le juge pourra ne pas donner suite à leur action.

Cet article 4 de la loi prévoit toutefois quelques exceptions. La saisine directe du juge d’instance pourra être possible lorsque l’une des deux parties sollicite auprès de lui « l’homologation d’un accord ». Elle est également envisageable « si l’une des parties justifie d’autres diligences (autre que le passage devant un conciliateur, ndlr) en vue de parvenir à une résolution amiable de leur litige ». Enfin, « l’absence de recours à la conciliation » peut être justifiée par « un motif légitime ».

La règle renforce encore le rôle de la médiation et de la conciliation dans notre paysage judiciaire. Une évolution somme toute prévisible. L’article 56 du code de procédure civile, réécrit par un décret du 11 mars 2015, avait posé les premiers jalons en imposant aux parties d’indiquer dans leur assignation à peine de nullité « les diligences entreprises en vue de parvenir à une résolution amiable du litige », sauf justification d’un « motif légitime ». Le texte ne précise cependant pas la forme que doivent prendre lesdites « diligences ».

L’objectif de ces mesures est clairement de désengorger les tribunaux, en privilégiant le règlement extra-contentieux de divers litiges, en particulier ceux de la vie courante. Elles viennent se greffer à d’autres qui vont dans le même sens.

Ainsi, en application d’une directive européenne du 21 mai 2013, les consommateurs confrontés à un problème lié à un produit ou un service peuvent recourir à la médiation afin de chercher une solution amiable avec le professionnel. Ce dernier étant tenu d’indiquer à leurs clients le nom du médiateur qu’il a désigné pour cette mission. Cette médiation consommateurs/entreprises est censée fonctionner depuis le 1er janvier 2016. En pratique, le système peine à trouver son public.

Plus récemment, ce sont les huissiers qui ont vu leurs prérogatives élargies. La loi du 6 août 2015 complétée par un décret du 9 mars 2016 institue une « procédure simplifiée de recouvrement des petites créances ». Depuis le 1er juin 2016, un huissier peut récupérer à la demande d’un créancier (ce dernier en assume les frais) une somme inférieure à 4 000 € en dehors de toute procédure ou décision judiciaire à la condition que le débiteur ait donné son accord.

Si sur le papier, toutes ces dispositions ambitionnent d’éloigner encore un peu plus le justiciable du juge, leur pertinence reste néanmoins à démontrer.

NOTES

Les juridictions de proximité qui traitent des litiges jusqu’à 4 000 € auront vécues seulement quelques années. Leur suppression est programmée au 01/07/2017. Ce sont alors les tribunaux d’instance qui récupéreront les affaires qui relèvent de leur champ d’action.

Arnaud De Blauwe

adeblauwe@quechoisir.org

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17 décembre 2016

Grippe aviaire. Rebelote pour les canards

Grippe aviaire. Rebelote pour les canards

Alors que les éleveurs de foie gras du Sud-Ouest se remettent à peine de l’épisode de grippe aviaire survenu l’hiver dernier, l’épidémie fait son retour. L’offre de foie gras de Noël devrait cependant être relativement épargnée.

Rebelote pour les canardsNouveau coup dur pour les producteurs de canards du Sud-Ouest. Malgré les mesures biosanitaires instaurées pour limiter la survenue de nouvelles épidémies, voilà le virus de la grippe aviaire de retour dans les élevages à quelques jours seulement de la date où la France aurait dû retrouver son statut de pays indemne. Après que les premiers cas ont été détectés fin novembre sur des canards sauvages dans le Pas-de-Calais, le virus s’est rapidement transmis à des élevages, notamment dans le Tarn. Début décembre, l’ensemble du territoire était donc placé en risque « élevé » par le ministère de l’Agriculture, déclenchant la mise en place de mesures de protection renforcée : confinement des bêtes, mise en place de filets.

En 2016, la production de foie gras du Sud-Ouest avait baissé de 25 % en raison de l’épisode de grippe aviaire de l’hiver 2015-2016. Les mesures sanitaires mises en place – dont un vide sanitaire de 4 mois dans les élevages – avaient entraîné une forte baisse du nombre de canards mis en production au cours de l’été : soit 9 millions de palmipèdes en moins.

Une crise sanitaire qui aura finalement eu peu d’impact sur l’offre au moment des fêtes, les foies gras vendus à la fin de l’année étant majoritairement issus de canards mis en élevage à la fin de l’été. Il faut en effet compter environ 105 jours (trois mois et demi) entre l’éclosion des œufs et l’abattage des canards gavés.

 

PAS D’INCIDENCE SUR LA SANTÉ HUMAINE

Selon le Cifog (Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras) l’offre en cette fin d’année ne devrait pas être réduite de plus de 10 % grâce à plusieurs leviers de compensation. D’une part, la baisse de l’offre a été principalement répercutée cet été. D’autre part, les producteurs ont à disposition les foies gras destinés à l’export qui ne partiront pas en raison de l’embargo sanitaire décrété par de nombreux pays, dont le Japon et Singapour, gros consommateurs de foie gras. Rappelons que cette épidémie de grippe, dont le canard est le plus souvent un porteur sain, n’a pas d’incidence sur la santé humaine mais constitue un danger pour certaines espèces de volailles qui y sont particulièrement sensibles, comme le poulet ou la dinde.

La situation reste difficile pour les éleveurs et transformateurs du Sud-Ouest qui représentent plus de 70 % de la production nationale. La filière espère toutefois que les nouvelles règles d’hygiène mises en place au printemps 2016 (vide sanitaire dans les élevages, contrôle des transports…) permettront de limiter les conséquences de cette nouvelle épidémie.

Marie-Noëlle Delaby

mndelaby@quechoisir.org

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17 décembre 2016

Achats sur Internet pour Noël. Nos conseils pour commander en toute sérénité

Achats sur Internet pour Noël. Nos conseils pour commander en toute sérénité

Entre des e-commerçants débordés et la date butoir du 24 décembre pour recevoir ses colis, la fin de l’année est une période délicate pour faire ses achats en ligne. Voici nos conseils pour ne pas se retrouver les mains vides à Noël.

Nos conseils pour commander en toute sérénité

SOMMAIRE
  • 1. Ne pas attendre la dernière minute
  • 2. Comparer les prix… et le reste
  • 3. Lire attentivement le descriptif
  • 4. Préférer un marchand basé en France
  • 5. Se faire une idée de la réputation du vendeur
  • 6. Vérifier le panier
  • 7. S’assurer que le paiement est sécurisé

NE PAS ATTENDRE LA DERNIÈRE MINUTE

Si de nombreux cybermarchands vont chercher à engranger les commandes jusqu’au dernier moment, mieux vaut se garder une marge de sécurité et passer ses commandes le plus tôt possible. Méfiez-vous aussi des promesses de livraison sous 24 ou 48 heures, qui ont peu de chances d’être tenues en cette période de l’année.

 

COMPARER LES PRIX… ET LE RESTE

Ne vous laissez pas aveugler par les rabais trop alléchants et les offres promotionnelles trompeuses. Prenez le temps de comparer en tenant compte non seulement du prix mais aussi de la disponibilité du produit, du délai de livraison, de l’accessibilité du service client, des conditions de la garantie, etc.

 

LIRE ATTENTIVEMENT LE DESCRIPTIF

Ne vous contentez pas de regarder les photos. Lisez le descriptif afin de vous assurer qu’il s’agit du bon produit, qu’il est vendu neuf (certains vendeurs proposent des articles d’occasion ou reconditionnés) avec tous les accessoires. Méfiez-vous des prix abusivement bas, qui peuvent être synonymes de contrefaçon ou indiquer que le produit était initialement destiné à un autre pays (dans ce cas, il pourrait ne pas fonctionner correctement).

 

PRÉFÉRER UN MARCHAND BASÉ EN FRANCE

Même si le site sur lequel vous êtes a son siège social en France, il se peut que le vendeur, lui, soit basé à l’étranger. C’est le cas notamment sur les places de marché (market places). Préférez les commerçants domiciliés en France et les produits stockés dans l’Union européenne. Dans le cas contraire, vous pourriez avoir des droits de douane et de la TVA à payer à la livraison. Surtout, en cas de litige, vos recours auront plus de chance d’aboutir.

 

SE FAIRE UNE IDÉE DE LA RÉPUTATION DU VENDEUR

La législation oblige chaque marchand à indiquer au moins une adresse postale, un mail et un numéro de téléphone. N’hésitez pas, avant de commander, à taper le nom du vendeur sur les moteurs de recherche, dans les forums de discussion dont ceux de Que Choisir consacrés aux marques et sur les sites d’avis de consommateurs.

 

VÉRIFIER LE PANIER

Avant de procéder au paiement, relisez bien le détail de la commande. En effet, des marchands n’hésitent pas à y ajouter des frais « de préparation » ou facturent en plus l’éco-participation ou la taxe sur la copie privée, alors que celles-ci doivent être incluses dans le prix affiché. Enfin, sachez que la loi interdit aux commerçants en ligne d’insérer d’office dans le panier un accessoire ou une extension de garantie.

 

S’ASSURER QUE LE PAIEMENT EST SÉCURISÉ

Au moment de payer, vérifiez qu’un cadenas fermé apparaît en bas de l’écran et que l’adresse URL débute par « https » et non « http ». Un marchand est en droit de vous demander, après le paiement, des justificatifs complémentaires tels que la photocopie de votre carte d’identité, un relevé d’identité bancaire ou une quittance d’électricité. En revanche, refusez toute transmission d’une copie de votre carte bancaire. Surtout, n’utilisez jamais de système de transfert de fonds, tel Western Union, pour réaliser vos paiements en ligne. La plupart des banques proposent des systèmes de « carte virtuelle » qui permettent de payer sur Internet sans avoir à transmettre son numéro de carte bancaire. Ces solutions peuvent être utiles si vous avez des craintes sur le sérieux du site.

17 décembre 2016

Déchets ménagers. Le recyclage patine au prix fort

Déchets ménagers. Le recyclage patine au prix fort

En charge de la filière des déchets d’emballages, Éco-Emballages reste loin des objectifs fixés. Un taux de recyclage qui stagne à 68 % au lieu de 75 %, une prise en charge des coûts très inférieure aux 80 % prévus. Le nouveau cahier des charges qui vient d’être adopté lui est pourtant très favorable.

Le recyclage patine au prix fortDire que la loi Grenelle avait fixé pour 2012 un objectif de recyclage des emballages ménagers de 75 %… Pratiquement cinq ans plus tard, il stagne toujours à moins de 70 %. Sur le plan financier, le compte n’y est pas non plus. Alors qu’Éco-Emballages est censé prendre 80 % des coûts en charge, on était encore à moins de 50 % en 2015. La gestion de ces déchets d’emballages a en effet coûté 1,4 milliard au total, en étant financée à hauteur de 800 millions par les collectivités locales et donc par les impôts locaux des ménages, très loin du principe de la REP, la responsabilité élargie des producteurs. Un constat d’échec de la politique de tri constaté par l’UFC-Que Choisir dès 2015.

Amorce et le Cercle national du recyclage, les associations d’élus spécialistes des déchets, comptaient donc sur le nouveau cahier des charges de la filière, autrement dit à ce jour d’Éco-Emballages, pour redresser la barre. Ils pouvaient d’ailleurs espérer, la Commission consultative réunie en septembre dernier par le ministère ayant rejeté le projet de nouveau cahier des charges à une très large majorité. Les protestataires dénonçaient un mode de financement qui conduirait à une hausse des impôts locaux plutôt qu’à une meilleure prise en charge par les producteurs et leur éco-organisme.

Mais depuis la publication du cahier des charges début décembre, c’est la grande désillusion et la colère, le ministère de l’environnement et l’éco-organisme se sont entendus dans leur dos pour réduire fortement le soutien financier à la tonne triée au lieu de l’augmenter. « Éco-Emballages financerait actuellement à hauteur de 916 millions si le taux de recyclage était de 75 %, mais avec le nouveau cahier des charges sa part tombera à 712 millions maximum, dénonce Bertrand Bohain, le délégué général du Cercle national du recyclage. Le ministère a décidé de favoriser les metteurs en marché, on restera très loin de la prise en charge à 80 % des coûts. Atteindre ces 80 % n’est même pas une obligation pour l’éco-organisme, c’est juste un objectif sans aucune sanction financière. »

Quant à l’objectif de 75 % de recyclage qu’Éco-Emballages aurait dû atteindre en 2012, il est reporté à 2022 et pas du tout de façon contraignante non plus. Là encore, aucune sanction n’est prévue. Les ménages devront trier plus avec l’extension prévue des consignes de tri à tous les plastiques ou presque, mais ce sera en payant plus pour le recyclage de ces emballages en tant que contribuables locaux. Un comble !

Élisabeth Chesnais

echesnais@quechoisir.org

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13 décembre 2016

Pic de pollution. Les conseils pour se protéger

Pic de pollution. Les conseils pour se protéger

La pollution chronique a un impact sur la santé, c’est reconnu. Mais en période de pic, comme en ce moment en région parisienne et dans la vallée du Rhône, des précautions particulières s’imposent.

Les conseils pour se protéger

Le pic de pollution aux particules fines en hiver, c’est comme les pollens au printemps : difficile de les éviter. Face à l’épisode actuel qui dure, et s’est étendu ces derniers jours aux agglomérations du Nord, de la vallée du Rhône et du Sud, voici quelques conseils pratiques pour se préserver, dans la mesure du possible.

 

CE QU’IL FAUT ÉVITER DE FAIRE

Paradoxalement, l’idéal est de stopper les activités physiques qui, en temps normal, contribuent à la bonne santé : marcher d’un bon pas dans la rue, faire un footing, jouer dans les squares, etc. Bref, tout ce qui oblige les poumons à ventiler davantage est à éviter. Même le sport en salle est concerné, la pollution n’épargnant pas les espaces intérieurs. Les entraînements sportifs et les compétitions doivent être reportés.

Pour se déplacer, le vélo est peut-être une excellente alternative à la voiture car il contribue à ne pas aggraver la pollution, mais comme il accélère la respiration, il accroît aussi l’inhalation de particules fines par l’organisme. Pour conjuguer civisme et santé, mieux vaut donc privilégier les transports en commun, gratuits, que prendre un vélo en libre-service… Un comble !

 

LES PERSONNES FRAGILES

Les précautions s’adressent particulièrement aux personnes fragiles. C’est-à-dire les bébés et les enfants, dont les poumons ne sont pas encore matures ; les personnes atteintes de maladies cardiovasculaires ; les allergiques, asthmatiques et insuffisants respiratoires. Une consultation médicale s’impose si les symptômes cardiaques ou respiratoires s’aggravent.

 

LES CONSÉQUENCES POSSIBLES

Le pic de pollution est susceptible d’entraîner toux, maux de gorge, congestion nasale, démangeaison des yeux. Sans fièvre, ces symptômes ne nécessitent pas d’avis médical, des lavages au sérum physiologique suffisent le plus souvent. L’irritation peut cependant faciliter l’action des virus respiratoires hivernaux. Pour les personnes malades, la pollution peut entraîner une crise d’asthme ou l’accélération du rythme cardiaque. Si le traitement habituel ne suffit pas, il faut voir un médecin. L’impact des pics de pollution sur les consultations aux urgences et sur la mortalité est mal connu.

 

FAUT-IL ARRÊTER D’AÉRER ?

Officiellement non. Il est recommandé de continuer à ouvrir ses fenêtres quelques minutes par jour pour aérer et évacuer les polluants intérieurs. Ceux qui vivent près des grands axes routiers ont intérêt à le faire quand la circulation est moins dense.

Anne-Sophie Stamane

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13 décembre 2016

Scandale Volkswagen. Un certificat de remise en conformité suffit

Volkswagen a débuté la remise en conformité de ses moteurs Diesel touchés par le scandale du logiciel truqué. Une opération menée par un garage de la marque qui donne lieu à la remise d’un simple certificat.

Un certificat de remise en conformité suffitPour remettre ses moteurs en conformité, Volkswagen vient de diligenter l’opération de rappel baptisée EA189 et qui concerne les moteurs éponymes d’une cylindrée de 1,6 et 2,0 litres. Après l’intervention, l’automobiliste se voit remettre un certificat de remise en conformité. Une opération qui ne demande aucune signature de la part de l’automobiliste. Il faut le savoir car certains réparateurs distraits ou mal informés ont soumis à leurs clients une décharge (voir ci-dessous) qui ne leur était pas destinée, comme c’est arrivé à Michel, un habitant de la Moselle (57). En effet, la décharge en question ne doit être présentée que lorsque le moteur a subi une modification technique. Par exemple, si le propriétaire de la voiture a fait monter une « puce électronique » pour augmenter la puissance de son moteur ou qu’il a retiré le filtre à particules, comme cela se pratique parfois.

Le constructeur confirme d’ailleurs qu’une « préparation électronique sera rendue inopérante par la mise à jour du logiciel du calculateur moteur résultant de l’action de service EA189. C’est pourquoi dans le cas d’une modification, ni autorisée par le constructeur, ni homologuée, il est demandé au client de signer une décharge de responsabilité ». Baptisée EA189 n2, cette dernière ne doit donc pas être signée par un automobiliste n’ayant pas apporté de modifications à son moteur. Pour preuve, Michel, qui n’avait pas voulu signer cette décharge et a repoussé l’intervention sur son véhicule, a repris contact avec son concessionnaire qui lui a avoué qu’il semblerait « effectivement que les consignes ne soient pas correctement passées ». Il faudra donc être vigilant et se faire remettre le bon document, un simple certificat de remise en conformité.

LA LETTRE DE DÉCHARGE DE RESPONSABILITÉ DE VOLKSWAGEN

Lettre de décharge de responsabilité de Volkswagen
13 décembre 2016

Caviar Lidl. Un produit de luxe qui manque de lustre

Caviar Lidl. Un produit de luxe qui manque de lustre

Haro sur le caviar ! L’enseigne Lidl qui revendique « une démarche de démocratisation des produits de luxe », met en vente du caviar à moins de 10 € la boîte de 15 grammes. Goûté par Que Choisir, ce mets de luxe mis à la portée de tous ne tient hélas pas ses promesses.

Un produit de luxe qui manque de lustre

Après le foie gras et les grands crus, l’enseigne allemande qui cherche à se démarquer de son image de discounter s’attaque à l’or noir : le caviar. Mercredi 7 décembre, Lidl a lancé dans ses 1 500 magasins français une opération largement relayée par les médias en vendant des œufs d’esturgeon au prix imbattable de 9,99 € la boîte de 15 grammes. Soit environ 660 € le kilo pour un produit dont le prix de vente ne descend habituellement pas en dessous des 1 000 € le kilo et peut même avoisiner les 10 000 € pour les mythiques œufs de beluga, l’esturgeon originaire de la mer caspienne dont la pêche est interdite depuis 2008 mais dont l’élevage perdure en Bulgarie.

Si l’évocation du caviar invite au voyage, de manière plus pragmatique, la production est aujourd’hui issue quasi exclusivement de l’élevage, la réserve sauvage d’esturgeons ayant été mise en péril par la surpêche. À l’inverse, l’essor du caviar d’élevage est spectaculaire : sa production a bondi d’environ 500 kg au début des années 2000 à environ 140 tonnes aujourd’hui.

 

LIDL SE FOURNIT CHEZ LE LEADER DU MARCHÉ MONDIAL

Pour sa part, Lidl s’est approvisionné auprès du fournisseur italien Agroittica, leader mondial du secteur qui produit à lui seul 25 tonnes de caviar par an, soit plus que tous les acteurs français du caviar réunis. Un groupe spécialisé dans l’œuf d’esturgeon blanc de l’espèce Acipenser transmontanus dont la maturité sexuelle est de seulement 7 ans, contre 14 ans pour l’esturgeon sauvage.

Selon Michel Biero, directeur des achats de Lidl France interrogé par BFM, il s’agit « d’une démarche de démocratisation des produits de luxe. Nous voulons que tout le monde y ait accès, pas seulement une élite parisienne. »

Si l’opération ne manque pas de panache, le produit, hélas, ne peut pas en dire autant. Ce mercredi matin, Que Choisir s’est rendu dans un magasin Lidl pour acheter trois boîtes du caviar vendu sous la marque Deluxe. À la dégustation, le produit s’est révélé décevant. Sur les trois boîtes achetées, deux produits présentent un aspect peu engageant : les œufs s’avèrent laiteux et manquent de brillance. L’odeur, peu prononcée, est légèrement cartonnée et pâtit de l’absence de notes iodées et poissonneuses. Enfin, en bouche, la texture est pâteuse et les grains manquent de fermeté et de croquant. Quant au goût peu aromatique et court en bouche, il manque cruellement de finesse. Seul le troisième lot présente des œufs plus fermes et un goût plus franc. Mais il manque également de finesse et l’on est loin du « goût frais, fruité et crémeux » décrit par l’emballage.

L’or noir de Lidl ne brille donc pas par sa qualité. À ce prix, qui n’est tout de même pas négligeable, mieux vaut s’orienter vers des œufs de saumon, un beau produit pour les gourmets avertis.

caviar lidl

Dans la petite boîte de 15 grammes, des œufs à l’aspect laiteux manquant de brillance.

Marie-Noëlle Delaby

mndelaby@quechoisir.org

Éric Bonneff

Directeur Essais comparatifs

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13 décembre 2016

L’actu en liste, le numéro 19 de 2016

 

92359 Euros d'économie d'énergies pour les habitants des Pyrénées-Orientales

Au lendemain de la clôture de la campagne « Energie moins chère ensemble », et alors que les tarifs réglementés du gaz ont augmenté de 2,6% HT ce 1er décembre, l’UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales se félicite que plus de 627 consommateurs pyrénaliens…

 

Rénovation énergétique. Performance zéro des professionnels !

Un an après la Loi de Transition énergétique, et alors que le secteur de la rénovation énergétique est un…

Jouets connectés. Alerte sur la sécurité et les données personnelles !

A l’approche de Noël et face à la multiplication des offres de jouets connectés pour enfants dans les rayons

energies-moins-cheres-ensemble

Au lendemain de la clôture de la campagne « Energie moins chère ensemble », et alors que les tarifs réglementés du gaz…

internet-qualite

L’annonce hier soir par l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP)…

Antibiorésistance. Le Conseil de l'Union Européenne doit agir !

A l’occasion de la Semaine mondiale 2016 pour un bon usage des antibiotiques, l’UFC-Que Choisir s’associe à…

Téléviseurs. Les dix commandements de l’acheteur averti

Les ventes de téléviseurs se sont bien tenues cette année. Si les circonstances (Euro de foot, passage à la TNT-HD…)…

Apple iPhone. Méfiez-vous des faux chargeurs

Apple iPhone. Méfiez-vous des faux chargeurs

chroniques-2016

 

 

 

 

 

homeopathie-efficacite

La Federal Trade Commission, l’organe gouvernemental chargé de la protection des consommateurs aux…

 
Dépassements d’honoraires. Le plafonnement se fait sentir

Depuis le 1er janvier 2016, les complémentaires santé ne peuvent plus prendre en charge la totalité…

retard-sncf

Les conditions de dédommagement de la SNCF en cas de retard ont évolué. Désormais,…

Migration des emballages dans les aliments. Des distributeurs prennent les devants

Alors que le gouvernement tarde à prendre position, des acteurs majeurs de la distribution se sont engagés à…

Placement dans les œuvres d’art. Lourdes sanctions contre Marble Art Invest

Sept personnes ont été reconnues coupables d’escroquerie en bande organisée dans l’affaire des œuvres d’art falsifiées…

pasticides-abeilles

Reconnus toxiques pour les abeilles, les insecticides agricoles d’enrobage des semences de la famille des néonicotinoïdes

croisiere-eau

Ils ont raté leur vol et n’ont par conséquent pas pu embarquer à bord du bateau sur lequel ils devaient effectuer une…

Arnaque au colis en attente. Elle débarque par e-mail

Après les avis de passage dans les boîtes aux lettres, les messages par téléphone et les SMS, les arnaques au colis…

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L’engouement pour les cosmétiques bio incite trop de fabricants à présenter comme naturels des produits qui ne le méritent pas…

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Avec sa première offre de téléphonie mobile, Cdiscount cherche à séduire les amateurs de forfaits pas chers. Mais si…

Effacement électrique diffus. Le gouvernement s’obstine aux dépens des consommateurs

Effacer momentanément la consommation des ménages chauffés à l’électricité, c’est le jackpot pour quelques opérateurs privés

iPhone 6S et iPhone 6 Plus. Apple sonne le rappel

Depuis plusieurs mois, de nombreux consommateurs se plaignent de leur iPhone 6 ou 6 Plus, dont l’écran tactile est devenu

Garantie des produits (infographie). Vous et les extensions de garantie

« Souhaitez-vous garantir votre produit ? » Cette question est un incontournable de l’acte d’achat en magasin.

Carte Motion Code de la Société générale. Ce sera 12 € par an !

Carte Motion Code de la Société générale. Ce sera 12 € par an !

7 décembre 2016

92359 Euros d’économie d’énergies pour les habitants des Pyrénées-Orientales (avec l’article de l’indépendant du 12 décembre)

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Perpignan, le 7 décembre 2016

Energie moins chère ensemble :

92359 euros de pouvoir d’achat d’économisés par les pyrénaliens

Au lendemain de la clôture de la campagne « Energie moins chère ensemble », et alors que les tarifs réglementés du gaz ont augmenté de 2,6% HT ce 1er décembre, l’UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales se félicite que plus de 627 consommateurs pyrénaliens aient exprimé le souhait de souscrire à l’offre personnalisée qui leur a été adressée, ce qui représente une économie de pas moins de 92359 euros pour la collectivité des souscripteurs.

39% des inscrits ont accepté l’offre personnalisée « énergie moins chère ensemble »

Sur les 1627 inscrits à la campagne « énergie chère ensemble »,627 ont exprimé le souhait de souscrire à l’offre personnalisée qui leur a été faite, soit un taux de conversion de 39%, très supérieur au taux habituellement constaté par nos homologues européens pour de telles campagnes.

Ce succès quantitatif est aussi qualitatif, tant le montant des économies individuelles et collectives est significatif, sachant qu’il est doublé d’une sécurité juridique.

92359 euros d’économies

Les enchères inversées très disputées entre les fournisseurs participants ont permis de faire émerger des offres lauréates très attractives : respectivement -23% (HT) et -17% (HT) d’économies sur le tarif réglementé du KWH de l’électricité et du gaz de septembre 2016. Ces rabais historiques ont abouti à une économie individuelle moyenne par souscripteur de 156 euros pour l’électricité, 55 euros pour le gaz seul et 154 euros pour les deux énergies. En agrégeant toutes les économies individuelles opérées, c’est très exactement 92359 euros de pouvoir d’achat gagné par et pour les consommateurs des Pyrénées-Orientales.

Et une sécurité juridique renforcée

Au-delà du gain en pouvoir d’achat, cette campagne permet de purger des milliers de contrats de toute clause abusive et d’offrir en outre une sécurité juridique aux souscripteurs. En effet, non seulement le contrat imposé par l’UFC-Que Choisir aux fournisseurs est sûr, mais en outre la Fédération accompagne les souscripteurs en cas d’éventuelles réclamations durant la première année du contrat.

L’UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales se félicite donc du succès de cette opération au service des consommateurs et note par ailleurs avec satisfaction que, plus largement, cette campagne a permis d’éveiller les esprits quant à la possibilité, la simplicité et l’intérêt de faire jouer la concurrence tant sur le marché du gaz que de l’électricité.

92359 Euros d'économie d'énergies pour les habitants des Pyrénées-Orientales (avec l'article de l'indépendant du 12 décembre)

7 décembre 2016

Rénovation énergétique. Performance zéro des professionnels !

Rénovation énergétique. Performance zéro des professionnels !

Un an après la Loi de Transition énergétique, et alors que le secteur de la rénovation énergétique est un poste important de litiges pour les consommateurs, l’UFC-Que Choisir a de nouveau mené une enquête de terrain pour vérifier la qualification et la fiabilité des professionnels du secteur. Au vu des résultats désastreux, l’UFC-Que Choisir alerte les consommateurs sur les piètres performances des artisans de la rénovation et exige des pouvoirs publics un renforcement significatif du cadre législatif et réglementaire. 

Performance zéro des professionnels !Face à l’ampleur du parc ancien et énergivore à rénover, à la croissance du budget énergie des logements (+21% entre 2009 et 2014(1)), à l’enquête accablante de 2014 auprès de professionnels RGE, et à la recrudescence des litiges liés à la rénovation énergétique traités par ses associations locales, l’UFC-Que Choisir a décidé de mener une nouvelle enquête de terrain en septembre 2016. L’association a collecté des devis pour 10 maisons mal isolées, auprès de professionnels labélisés « RGE », largement promus par les pouvoirs publics et devenus maintenant incontournables si le consommateur souhaite bénéficier de subventions(2) . Cette nouvelle enquête, comme la précédente, révèle des défaillances de fond en comble.

Une visite de courtoisie plutôt qu’une évaluation minutieuse du bâti

Alors qu’un diagnostic d’ensemble du logement est indispensable pour établir des recommandations de travaux fiables, seulement 8% des artisans ont fait un examen consciencieux du bâti (enveloppe du logement, ventilation et production de chaleur). Malgré une formation sur la thermique du bâti(3), 1 seul artisan sur les 11 testés avec une mention « RGE spécialisé » a fait une évaluation d’ensemble. Plus inquiétant, sur les 26 professionnels RGE bénéficiant des mentions spécifiques à la rénovation globale(4), seuls 2 ont conduit une évaluation globale du bien. Les auditeurs (professionnels de l’efficacité énergétique) ne font guère mieux puisque seuls 2 sur les 5 testés ont analysé scrupuleusement les trois critères. De tels diagnostics partiels aboutissent inévitablement à des prescriptions de travaux inadaptés.

Préconisations de travaux : du grand n’importe quoi

Au vu de l’ancienneté et de l’état énergétique des maisons, aucun des artisans testés (1 sur 23 dans l’enquête 2014), quelle que soit sa mention RGE, n’apporte de solution de rénovation globale cohérente et performante, c’est-à-dire touchant à la fois à l’isolation et à la production de chaleur. Résultat, la baisse moyenne estimée de la consommation d’énergie suite aux travaux préconisés n’est que de 27%, loin de l’objectif fixé par la loi (- 75% sur l’ensemble du bâti résidentiel d’ici 2050). Même les rapports d’auditeurs, pourtant payants (entre 900 € et 1140 €), n’adoptent pas une approche globale satisfaisante. Un auditeur est même parvenu à promettre des économies supérieures à la facture énergie actuelle du propriétaire de la maison !

Un marché de la rénovation plombé par des prix excessifs et des aides souvent oubliées

Peu à même de proposer des solutions cohérentes, les professionnels ont en outre la main lourde sur la facture. Les prix des prestations proposées sont jusqu’à 2,8 fois supérieurs (pour un enduit) aux prix constatés sur le marché par des artisans efficaces. Et les consommateurs ne pourront pas compter sur leurs conseils pour alléger la douloureuse grâce aux aides publiques : si 80% des professionnels testés abordent le crédit d’impôt transition énergétique, rares sont ceux qui évoquent les autres aides (26% pour les certificats d’économies d’énergie et 23% pour les aides locales). Plus rares encore sont ceux qui les intègrent dans le calcul du devis (2 professionnels), pour proposer un coût net.

Pratiques commerciales : zéro pointé à l’écrit comme à l’oral

Un seul devis récolté est conforme aux obligations légales en la matière. 94 % des devis sont imprécis sur le libellé des travaux, et dans 71 % des cas, le nom de la compagnie d’assurance n’est pas indiqué. Ce n’est guère mieux à l’oral où, pour pousser à la vente, 65% des professionnels testés font miroiter des réductions de facture allant jusqu’à 50%… en se gardant bien de les notifier sur le devis pour éviter tout engagement. Les auditeurs sortent également le parapluie en annonçant que les gains présents dans leur rapport ne sont donnés qu’à titre « indicatif ».

Une absence de responsabilité qui aboutit à une recrudescence de litiges

L’absence de responsabilité des professionnels du secteur est une source importante de litiges. Rien que pour le photovoltaïque, nos associations locales ont traité plus de 2500 dossiers depuis 2010. Des consommateurs se sont en effet retrouvés à payer un crédit affecté aux travaux, sans que l’installation ne fonctionne. La loi Transition énergétique pour la croissance verte, loin de leur venir en aide, aggrave la situation en limitant les engagements de performance à une simple obligation de moyens, non engageante. L’absence de responsabilité du prêteur sur la solvabilité et la fiabilité des professionnels est tout aussi inadmissible.

Décidée à assainir des pratiques préjudiciables aux consommateurs et à l’environnement, l’UFC-Que Choisir :
• alerte à nouveau les consommateurs et leur conseille de réfléchir à deux fois avant de suivre les recommandations des professionnels du secteur ;
• et exige des pouvoirs publics :
– Une totale remise à plat de la qualification RGE, avec un renforcement de la formation et des contrôles des professionnels qualifiés.
– De promouvoir une nouvelle filière d’experts indépendants capables de coordonner les travaux et d’accompagner les consommateurs tout au long de leur démarche de rénovation énergétique.
– D’instaurer une obligation de résultat, que les consommateurs pourront invoquer dès lors que les allégations de performance énergétique faites par les professionnels n’auraient pas été atteintes.
– Une responsabilisation du préteur dans le cadre d’un crédit affecté afin que ce dernier vérifie la réalisation de la prestation prévue mais aussi la solvabilité et les capacités du professionnel partenaire.

 

Consultez notre étude sur le thème « Rénovation énergétique : des artisans du bâtiment qui n’ont toujours pas fait leur transition génétique pour répondre à la transition énergétique » (PDF 2 252Ko) 

NOTES

(1) http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/indicateurs-indices/f/2486/0/part-budget-menagesconsacre-lenergie.html
(2) L’association a fait intervenir 37 artisans « RGE » et 5 auditeurs indépendants « RGE », avant de faire analyser les devis et rapports d’audits par un cabinet d’expert indépendant.
(3) Obligatoire pour obtenir la qualification « RGE »
(4) RGE offre globale, RGE Eco-artisan et RGE Pros de la performance

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7 décembre 2016

Jouets connectés. Alerte sur la sécurité et les données personnelles !

Jouets connectés. Alerte sur la sécurité et les données personnelles !

A l’approche de Noël et face à la multiplication des offres de jouets connectés pour enfants dans les rayons de magasins ou sur Internet, l’UFC-Que Choisir dénonce aujourd’hui, sur la base d’une analyse technique, des lacunes quant à la sécurité et la protection des données personnelles des enfants utilisateurs de la poupée connectée ‘Mon amie Cayla’ et du robot connecté ‘i-Que’ disponibles chez de nombreux vendeurs en France. Sur la base de ces inquiétants constats, l’association saisit la CNIL et la DGCCRF.

Alerte sur la sécurité et les données personnelles !L’étude technique commanditée par notre homologue norvégien, Forbrukerradet, souligne que Cayla et i-Que, en apparence inoffensifs, ne garantissent pas le respect de la vie privée et de la sécurité des données personnelles de vos enfants.

  • Faille de sécurité du Bluetooth intégré

Ces jouets disposent d’un microphone intégré qui se connecte par Bluetooth à une application mobile, préalablement téléchargée par l’utilisateur sur son smartphone ou sa tablette. Le jouet peut alors comprendre ce que lui dit l’enfant et y répondre. Mais, les sociétés fabricantes, ont fait le choix d’implanter dans Cayla et i-Que, une technologie Bluetooth sujette à des risques de failles de sécurité élevées.

En effet, si les sociétés ont fait le choix d’une connexion simple et rapide, aucun code d’accès ou procédure d’association entre ces jouets et les téléphones/tablettes n’est exigé avant la connexion au jouet, ce qui garantirait pourtant que seul le propriétaire puisse s’y connecter. Résultat : un tiers situé à 20 mètres du jouet peut s’y connecter par Bluetooth et entendre ce que dit votre enfant à sa poupée ou à son robot, sans même que vous en soyez averti. La connexion peut même se faire à travers une fenêtre ou un mur en béton et le nom du Bluetooth, « Cayla » et « i-Que », permet très simplement d’identifier les poupées. Plus grave encore… Un tiers peut prendre le contrôle des jouets, et, en plus d’entendre votre enfant, communiquer avec lui à travers la voix du jouet.

  • Conditions contractuelles et utilisation des données personnelles

La protection des données personnelles des utilisateurs français est prévue par la loi Informatique et Libertés mais semble avoir été oubliée par les sociétés fabricantes.

Les conditions contractuelles les autorisent, sans consentement express, à collecter les données vocales enregistrées par Cayla et i-Que, et ce, pour des raisons étrangères au stricte fonctionnement du service. Ces données peuvent ensuite être transmises, notamment à des fins commerciales, à des tiers non identifiés. Les données sont aussi transférées hors de l’Union européenne, sans le consentement des parents: « aux Etats-Unis, ou vers les autres territoires concernés où les lois sur la protection de la vie privée ne sont peut-être pas aussi complètes que celles du pays où vous résidez et/ou dont vous êtes ressortissant»!

  • Matraquage publicitaire ciblé

Les sociétés fabricantes n’hésitent pas à faire de la publicité ciblée à destination de vos enfants. Les conditions contractuelles supposent que le simple fait de visualiser une publicité ciblée, constitue de votre part, un accord express à recevoir de telles publicités ciblées. L’étude a ainsi révélé que Cayla et i-Que prononcent régulièrement des phrases préprogrammées, faisant la promotion de certains produits – notamment des produits Disney ou des références aux dessins animés de Nickelodeon.

Loin d’être des cas isolés, Cayla et i-Que reflètent un problème général de sécurité et de données personnelles des jouets connectés. En effet, l’étude commanditée par nos homologues norvégiens souligne que la poupée Hello Barbie (pas encore commercialisée en France) est sujette aux mêmes griefs.

Au vu de ces éléments inquiétants, l’UFC-Que Choisir:

  • appelle les parents à réfléchir à deux fois avant d’acheter la poupée Cayla et le robot i-Que ; rappelle qu’en cas de vente à distance, ils bénéficient d’un délai de rétractation de 14 jours. Pour ceux déjà équipés et qui souhaitent le conserver, l’association les invite à n’utiliser le jouet connecté qu’en leur présence, ou à défaut de l’éteindre.
  • saisit d’une part la CNIL pour qu’elle diligente sans délai un contrôle du respect de la protection des données personnelles des utilisateurs de la poupée Cayla et du robot i-Que, et d’autre part, la DGCCRF afin que ses services enquêtent sur le niveau de sécurité des jouets connectés et sanctionnent tout manquement aux dispositions légales et réglementaires.

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7 décembre 2016

Energie moins chère ensemble. 15,6 millions d’euros de pouvoir d’achat économisés

Energie moins chère ensemble. 15,6 millions d’euros de pouvoir d’achat économisés

Au lendemain de la clôture de la campagne « Energie moins chère ensemble », et alors que les tarifs réglementés du gaz augmentent de 2,6% HT ce 1er décembre, l’UFC-Que Choisir se félicite que plus de 106 000 consommateurs aient exprimé le souhait de souscrire à l’offre personnalisée qui leur a été adressée, ce qui représente une économie de pas moins de 15,6 millions d’euros pour la collectivité des souscripteurs.

15,6 millions d'euros de pouvoir d'achat économisés

40% des inscrits ont accepté l’offre personnalisée «énergie moins chère ensemble »

Sur les 271 282 inscrits à la campagne «énergie chère ensemble », 106 784  ont exprimé le souhait de souscrire à l’offre personnalisée qui leur a été faite, soit un taux de conversion de 39,2%, très supérieur au taux habituellement constaté par nos homologues européens pour de telles campagnes. Ce succès quantitatif est aussi qualitatif, tant le montant des économies individuelles et collectives est significatif, sachant qu’il est doublé d’une sécurité juridique.

15 millions d’euros d’économies…

Les enchères inversées très disputées entre les fournisseurs participants ont permis de faire émerger des offres lauréates très attractives : respectivement -23% (HT) et -17% (HT)d’économies sur le tarif règlementé du KWH de l’électricité et du gaz de septembre 2016. Ces rabais historiques ont abouti à une économie individuelle moyenne par souscripteur de 227 euros pour l’électricité, 117 euros pour le gaz seul et 190 euros pour les deux énergies. En agrégeant toutes les économies individuelles opérées, c’est très exactement 15 672 361 euros de pouvoir d’achat gagné par et pour les consommateurs.

Et une sécurité juridique renforcée

Au-delà du gain en pouvoir d’achat, cette campagne permet de purger 150 000 contrats (100 000 contrats électricité, 50 000 contrats gaz) de toute clause abusive et d’offrir en outre une sécurité juridique aux souscripteurs. En effet, non seulement le contrat imposé par l’UFC-Que Choisir aux fournisseurs est sûr, mais en outre la Fédération accompagne les souscripteurs en cas d’éventuelles réclamations durant la première année du contrat.

L’UFC-Que Choisir se félicite donc du succès de cette opération au service des  consommateurs et note par ailleurs avec satisfaction que, plus largement, cette campagne a permis d’éveiller les esprits quant à la possibilité, la simplicité et l’intérêt de faire jouer la concurrence tant sur le marché du gaz que de l’électricité.

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7 décembre 2016

Qualité de l’Internet. L’ARCEP revoit sa copie mais peut mieux faire

Qualité de l’Internet. L’ARCEP revoit sa copie mais peut mieux faire

L’annonce hier soir par l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) de la suppression à venir de son actuel outil de la mesure de la qualité de l’Internet fixe ne peut que réjouir l’UFC-Que Choisir qui prend acte de la volonté de l’Autorité d’améliorer la pertinence de ses travaux. L’association ne peut que lui demander de faire de même en matière de mesure de la qualité de l’Internet mobile.

L'ARCEP revoit sa copie mais peut mieux faire Mesure de la qualité de l’Internet fixe : Une modification salutaire de l’ARCEP

Le protocole de mesure de la qualité de l’Internet fixe retenu par l’ARCEP a été critiqué depuis l’origine par l’UFC-Que Choisir comme biaisé. L’association a ainsi toujours jugé inacceptable que les fournisseurs d’accès à internet (FAI) connaissent à l’avance quels services étaient testés, quand, et surtout où. Ce protocole leur laissait ainsi la possibilité d’« optimiser » les réseaux sur les lieux des mesures, avec le risque d’aboutir à des mesures non représentatives de la réalité. Dans un contexte de développement des réseaux à très haut débit, les consommateurs ont plus que jamais besoin de disposer d’informations réellement fiables sur les différentes qualités de services proposées par les FAI.

Mesure de la qualité de l’Internet mobile : aucun « malentendu », l’ARCEP prive près de 50 % des  consommateurs d’indicateurs sur la qualité de service

Suite à la publication par l’ARCEP du cahier des charges de la mesure de la qualité de l’Internet mobile, l’UFC-Que Choisir a dénoncé les choix opérés par l’Autorité, notamment la suppression du profil dédié à la 2G et à la 3G(1). L’ARCEP a réagi à cette alerte en évoquant un « malentendu » entre elle et notre association(2). Or il n’existe aucun malentendu. La présence du seul profil 2G/3G/4G aboutit bien, dans les faits, à priver les consommateurs d’informations dédiées spécifiquement à la qualité de la 2G et de la 3G. Comme cette année, l’ensemble des données collectées par l’ARCEP l’année prochaine intégrera des mesures en 4G (même en zones rurales(3)) et les indicateurs présentés ne représenteront en aucun cas la qualité de la 3G.

C’est ainsi près de la moitié des consommateurs, qui n’utilisent pas la 4G, qui seront privés des analyses de l’ARCEP sur la qualité de service à laquelle ils peuvent prétendre. L’UFC-Que Choisir regrette ce choix, et s’étonne que l’ARCEP, autorité administrative, participe à une forme d’obsolescence organisée en n’intégrant pas à son champ d’analyse les nombreux consommateurs qui, faute de terminaux 4G ou de couverture 4G, n’utilisent pas cette technologie.

Une réallocation des ressources par l’ARCEP en décalage avec les attentes des consommateurs

Outre la suppression prématurée du profil 2G/3G par l’ARCEP, l’UFC-Que Choisir juge que la réallocation des ressources financières n’est pas satisfaisante. Si les études dans les trains du quotidien (TER, RER) sont effectivement opportunes, l’analyse étendue à l’ensemble des lignes de TGV et des autoroutes ainsi qu’à des axes secondaires est quant à elle bien moins justifiée. L’UFC-Que Choisir plaide pour une réallocation des ressources permettant une cartographie davantage affinée de la qualité des services mobiles sur le territoire.

Au vu de ces éléments, l’UFC-Que Choisir, soucieuse de permettre à tous les consommateurs de disposer d’informations pertinentes et fiables sur la qualité des services de l’Internet fixe et mobile, pour qu’ils puissent intégrer la qualité comme paramètre de choix d’une offre, et refusant que les publications de l’ARCEP soient des occasions manquées de réaliser cet objectif, lui demande :

– A nouveau la mise en place d’un Observatoire de la qualité de l’Internet fixe totalement indépendant des fournisseurs d’accès à Internet ;
– Une modification de son protocole de mesure de la qualité de l’Internet mobile pour permettre l’élaboration d’indicateurs géographiques vraiment pertinents répondant aux attentes des consommateurs avec, si les usages n’évoluent pas, une réinsertion du profil 2G/3G.

[1] https://www.quechoisir.org/actualite-telephonie-mobile-l-arcep-ne-s-interesse-plus-a-la-3g-n23117/

[2] http://www.leparisien.fr/high-tech/l-arcep-etend-son-etude-sur-la-qualite-des-reseaux-mobiles-14-11-2016-6328278.php

[3] Une référence à l’enquête 2016 de l’ARCEP met en effet en évidence des différences de résultats entre les profils 2G/3G et 2G/3G/4G dans toutes les zones, ce qui démontre qu’il est faux de dire qu’en zone rurale toutes les mesures prises le sont uniquement en 2G et en 3G.

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7 décembre 2016

Antibiorésistance. Le Conseil de l’Union Européenne doit agir !

Antibiorésistance. Le Conseil de l’Union Européenne doit agir !

A l’occasion de la Semaine mondiale 2016 pour un bon usage des antibiotiques, l’UFC-Que Choisir s’associe à l’action de Consumers International en demandant au Conseil de l’Union Européenne d’entériner les propositions du Parlement Européen pour mieux encadrer l’utilisation des antibiotiques dans les élevages.

Le Conseil de l'Union Européenne doit agir !L’efficacité des antibiotiques est désormais menacée alors que les bactéries pathogènes deviennent toujours plus résistantes. Ce phénomène d’antibiorésistance aux traitements cause chaque année 25 000 décès en Europe. A l’origine de ce problème se trouvent bien-sûr les prescriptions trop fréquentes d’antibiotiques en médecine humaine, mais aussi dans les élevages qui à eux seuls sont responsables de 63 % des consommations d’antibiotiques en France. En effet, les résistances chez les bactéries pathogènes se développent d’autant plus que les mauvaises pratiques d’élevage sont légion :

Des antibiotiques trop automatiques : une utilisation prudente des antibiotiques voudrait qu’ils ne soient donnés que lorsque des signes de maladie sont effectivement constatés et seulement aux animaux malades. Mais dans la pratique, les antibiotiques sont trop souvent administrés de manière préventive et dans 91,6 % des cas sous la forme de traitements groupés (1),  c’est-à-dire aussi bien aux animaux malades qu’aux animaux sains.

Les antibiotiques de dernier recours menacés : il est vital de préserver l’efficacité des antibiotiques les plus récents, tels que les céphalosporines de dernières générations et les fluoroquinolones, notamment en les réservant à la médecine humaine, car ils constituent l’ultime recours lorsque les autres molécules se révèlent inefficaces sur les germes les plus résistants. Pourtant depuis 1999 l’utilisation des fluroquinolones a augmenté de plus de 50 % et celle des céphalosporines de dernière génération a quasiment doublé (2)  dans les élevages français !

Des contaminations généralisées : Ce sont ces mauvaises pratiques qui contribuent à la diffusion dans l’environnement de bactéries résistantes, tout au long de la chaîne alimentaire. Ainsi, en mars 2014, l’UFC-Que Choisir avait publié un test sur la viande fraîche de volaille révélant que 61 % des échantillons contaminés par E. Coli étaient porteurs de germes résistants à un ou plusieurs antibiotiques !

Au vu de ses éléments et alors que les Parlementaires Européens se sont prononcés pour un renforcement de la réglementation sur les antibiotiques dans les élevages, l’UFC-Que Choisir presse les Etats membres réunis au sein du Conseil de l’Union Européenne :

. d’entériner les mesures votées par le Parlement Européen visant à interdire l’usage préventif des antibiotiques, et à réserver les antibiotiques critiques à la médecine humaine ;
. de supprimer toute incitation financière à la prescription d’antibiotiques pour les vétérinaires, afin d’aboutir à une réforme pleinement ambitieuse.

[1] Rapport ‘Sales of veterinary antimicrobial agents in 29 European countries in 2014’ – Agence Européenne des Médicaments – octobre 2016

[2] Rapport ‘Suivi des ventes de médicaments vétérinaires contenant des antibiotiques en 2015’– Agence Nationale de Sécurité Sanitaire, Alimentation, Environnement, Travail – Octobre 2016

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7 décembre 2016

Téléviseurs. Les dix commandements de l’acheteur averti

Téléviseurs. Les dix commandements de l’acheteur averti

Les ventes de téléviseurs se sont bien tenues cette année. Si les circonstances (Euro de foot, passage à la TNT-HD…) ont eu une influence certaine sur ces bons résultats, les innovations techniques régulièrement apportées par les industriels ont également beaucoup compté. Rappel des fondamentaux à avoir en tête pour un choix éclairé pour ceux qui vont offrir ou s’offrir un téléviseur pour Noël.

Les dix commandements de l’acheteur averti2016 devrait être un bon cru pour les fabricants de téléviseurs. « On va atteindre les 6,5 millions de pièces vendues », indique Guillaume Rault, directeur de la division TV/audio-vidéo/box de Samsung. De bons résultats dopés par des événements marquants, dont le passage à la TNT-HD et l’Euro de foot, notamment. Pour le premier de ces deux rendez-vous, les foyers ont plutôt privilégié les écrans de petite taille. Pour le second, ce furent surtout les téléviseurs de grande taille. Et tous ces appareils continuent d’évoluer. En 2017, industriels et distributeurs devraient mettre l’accent sur la télé connectée, la Smart TV, qui se développe. Elle permet notamment de pouvoir surfer sur le Web, se connecter directement à diverses applications, d’accéder à des services exclusifs proposés par le fabricant… Face à toutes ces fonctions, les consommateurs peuvent avoir la tête qui tourne. Alors, il est bon de leur rappeler quelques fondamentaux, pour un achat serein et raisonné !

 

LES PRIX TU COMPARERAS

Comme le montrent les résultats de notre test comparatif de téléviseurs régulièrement mis à jour, la qualité ne rime pas avec prix les plus élevés. Si dans les magasins, le prix d’un même modèle est souvent proche, il en va différemment sur Internet. De bonnes affaires peuvent être possibles, surtout si la référence est en fin de vie.

 

LA DISTANCE OPTIMALE TU CONNAÎTRAS

Elle change sensiblement selon la taille de l’écran. De fait, la superficie de la pièce dans laquelle il sera installé est déterminante. La distance optimale est ainsi de 2,2 à 2,5 fois la diagonale de l’écran pour les téléviseurs de 102 à 140 cm (40 à 55 pouces).

 

PAR L’UHD TU NE SERAS PAS IMPRESSIONNÉ

Surtout dans les grandes dimensions, l’ultra haute définition (UHD), également appelée 4K, se généralise. Les fabricants vantent une définition quatre fois supérieure à la HD, la haute définition (8,3 mégapixels contre 2,07). Mais en réalité, les images tournées dans ce mode demeurent rares. La conséquence ? Le téléviseur UHD est contraint d’extrapoler des sources diffusées en HD ou en mode standard, ce qui peut se traduire par une… dégradation de la qualité de l’image restituée. L’UHD est encore loin d’être une réalité concrète. Mais voilà que les industriels lancent déjà des écrans « super UHD » (sous l’appellation S-UHD, chez Samsung, par exemple) ! Du rêve à prix élevé.

 

LA 3D OU L’ÉCRAN INCURVÉ, TU OUBLIERAS

Elle avait été lancée en grande pompe et devait être la télévision du futur. Las, la télévision en relief, ou 3D, a été un flop retentissant, faute de contenus. Cette fonction disparaît d’un nombre croissant de téléviseurs. Quant à l’écran incurvé, il s’agit surtout d’une astuce marketing pour animer le marché. L’effet enveloppant de l’image promis par les fabricants étant à peine perceptible selon nos experts !

 

LA CONNECTIQUE TU EXAMINERAS

Elle mérite que l’on y prête attention. Trois prises HDMI (de 2 à 4 selon les modèles) seront confortables. Il convient en outre d’opter pour des téléviseurs dotés de deux ports USB (on y branche un disque dur, un appareil photo…). La prise casque se fait plus rare. Elle a pourtant son importance : les personnes malentendantes qui veulent écouter la télé avec un casque devront d’ailleurs s’assurer qu’il existe un réglage indépendant du volume.

 

LA SMART TV TU DÉCOUVRIRAS

Les téléspectateurs commencent à se familiariser avec elle. Le portail du fabricant permet de naviguer sur Internet, d’accéder à de la VOD (vidéo à la demande) ou de charger des applications. Des services qui peuvent faire double emploi avec ceux accessibles depuis la box de son opérateur TV/Internet.

 

SUR LE SERVICE APRÈS-VENTE, TU TE RENSEIGNERAS

Une panne de télé peut virer au cauchemar. Réparation hors de prix, refus de garantie, fabricant et distributeur qui se renvoient la balle, délais excessifs… les critiques sont nombreuses. Particulièrement visé, le SAV (service après-vente) de Samsung. À prendre en compte au moment de choisir.

 

LE DISCOURS DES VENDEURS, TU ÉCOUTERAS D’UNE OREILLE DISTRAITE

La technologie des téléviseurs évolue régulièrement, ils sont de plus en plus équipés. À l’arrivée, les vendeurs sont tentés d’en faire trop en surévaluant certaines fonctions… de même que les besoins de l’acheteur. Ils oublient que pour la majorité de leurs clients, un téléviseur sert d’abord à regarder la télévision !

 

L’IMAGE DU TÉLÉVISEUR TU RÉGLERAS

Le téléviseur est livré avec un réglage usine qui n’est pas forcément le plus optimal. Par conséquent, une fois chez soi, il ne faut pas hésiter à se rendre dans le menu et à modifier le contraste, la luminosité ou les couleurs afin d’obtenir la plus belle image ; celle qui sied le plus à vos yeux.

 

LE TÉLÉVISEUR TU NE LAISSERAS PAS EN VEILLE

Bien sûr, la consommation des téléviseurs en fonctionnement a bien baissé ces dernières années. Elle est de plus très faible en veille. Mais si l’on additionne tous les appareils qui restent dans cette position, cela finit par faire beaucoup d’énergie inutilement gaspillée. Reste que les téléviseurs ne sont pas systématiquement dotés d’un bouton marche-arrêt.

Arnaud De Blauwe

adeblauwe@quechoisir.org

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7 décembre 2016

Apple iPhone. Méfiez-vous des faux chargeurs

Apple iPhone. Méfiez-vous des faux chargeurs

Une étude américaine révèle que 99 % des chargeurs d’iPhone de contrefaçon sont dangereux. Nos conseils pour les repérer.

Méfiez-vous des faux chargeursLes conclusions des ingénieurs de l’UL font froid dans le dos. Récemment, cette entreprise de sécurité américaine s’est procuré 400 chargeurs d’iPhone de contrefaçon dans 8 pays différents (Canada, États-Unis, Chine, Thaïlande, etc., mais pas en France) pour tester leur sécurité. Résultat : 397 d’entre eux, soit 99 %, ont échoué. « Une partie de notre équipement de test a été endommagé rien qu’en activant l’alimentation électrique, peut-on lire dans l’étude. 22 échantillons ont été endommagés dès leur mise sous tension ou pendant le test de courant de fuite, 12 d’entre eux présentent des risques d’électrocution. » Gardant en tête qu’UL est une entreprise privée, américaine (comme Apple), qui de surcroît certifie les produits sur différents marchés avant leur commercialisation, ces résultats restent préoccupants. Ils permettent notamment de comprendre pourquoi certains chargeurs sont vendus 5 € sur Internet quand il faut débourser 50 € chez Apple (25 € pour le câble USB, 25 € pour l’adaptateur secteur). Derrière leur apparente simplicité, les chargeurs sont en effet des accessoires de haute technicité. Transformer du haut voltage (100 à 240 V) en un voltage assez bas pour recharger un smartphone n’est pas une opération anodine. Les matériaux utilisés et l’isolation des composants internes sont essentiels. Or, les fabricants de chargeurs à bas coût ne s’en soucient guère.

FUYEZ LES CHARGEURS ROSES, BLEUS, JAUNES !

Quelques signes permettent de repérer ces chargeurs de mauvaise qualité. Évitez d’abord les chargeurs de couleur. Apple ne produit ni ne certifie aucun chargeur rose, bleu ou jaune pour ses iPhone. Inspectez le texte imprimé sur le chargeur. Les fautes de frappe (« Abble » au lieu d’« Apple »…) et les mentions fantasques (« Designed by iProtect in china model » au lieu de l’habituel « Designed by Apple in California ») sont des signes qui ne trompent pas. Le packaging en est un autre. Évitez les chargeurs vendus sous blister ou dans des sachets plastiques. Les chargeurs certifiés Apple sont généralement présentés dans de jolies petites boîtes en carton. Et surtout, attention au prix ! Un chargeur mérite un petit investissement. Mais rien ne vous empêche d’opter pour un modèle fabriqué par un accessoiriste connu, ou dont le service client est facilement joignable (Belkin, Mophie ou Energizer par exemple). Eux proposent des chargeurs à 20 ou 25 €, un budget plus raisonnable que celui exigé par Apple. Car en vendant le sien 50 €, Apple charge les smartphones mais aussi, sans doute un peu… la mule.

Qualité des matériaux et mentions écrites permettent de reconnaître des chargeurs de contrefaçon.

Camille Gruhier

cgruhier

6 décembre 2016

Homéopathie. Efficacité remise en cause aux États-Unis

Homéopathie. Efficacité remise en cause aux États-Unis

La Federal Trade Commission, l’organe gouvernemental chargé de la protection des consommateurs aux États-Unis, va imposer aux fabricants de mentionner que leurs produits homéopathiques n’ont pas d’efficacité prouvée.

Efficacité remise en cause aux États-Unis

« Il n’y a pas de preuve scientifique que ce produit marche ». « Les allégations à propos de ce produit reposent seulement sur les théories de l’homéopathie du XVIIIe siècle, rejetées par la plupart des experts de la médecine moderne ». Voilà les deux avertissements que la Federal Trade Commission (FTC) exige de voir soit en magasin, soit sur les emballages des spécialités homéopathiques, selon un communiqué mis en ligne le 15 novembre 2016.

Cette décision porte un coup sévère à l’homéopathie aux États-Unis, soumise à un régime dérogatoire mais sur la sellette depuis quelques années. Jusqu’à présent, la FTC et la Food and Drug Administration (FDA) ont laissé les préparations homéopathiques se prévaloir de la qualité de médicament, sans exiger les études coûteuses attestant de leurs effets positifs et cernant leurs éventuels effets indésirables.

À l’avenir, les allégations laissant entendre que tel ou tel produit homéopathique soigne l’insomnie ou les états grippaux ne seront pas interdites (seule la FDA a le pouvoir de le faire), mais la FTC exige qu’elles s’accompagnent de mentions appelant à ne pas les prendre au sérieux. Au motif que « les allégations d’effets thérapeutiques n’ont pas la base raisonnable exigée par les lois de la FTC et sont par conséquent probablement trompeuses ».

 

700 MILLIONS D’EUROS ANNUELS REMBOURSÉS PAR L’ASSURANCE MALADIE EN FRANCE

En France, patrie du leader mondial du secteur (Boiron avec notamment l’Oscillococcinum), l’assurance maladie continue à prendre en charge l’homéopathie sur ordonnance, à hauteur de 30 %. Beaucoup de mutuelles assument le reste à charge. L’homéopathie pèserait 0,4 % des dépenses de santé remboursées par la Sécurité sociale, ce qui représente tout de même plus de 700 millions d’euros par an.

« La commission de la transparence de la Haute Autorité de santé a proposé plusieurs fois aux gouvernements successifs de dérembourser intégralement l’homéopathie », relève l’économiste de la santé Jean de Kervasdoué. « Elle n’a jamais été entendue. Une pensée machiavélique d’énarques est que la prescription de produits homéopathiques se substitue à celles d’autres médicaments plus chers. C’est une idée qui ne repose sur aucune évaluation sérieuse, à ma connaissance ».

Contacté, le laboratoire Boiron fait valoir que la FDA ne s’est pas encore prononcée et que la FTC n’a pas fixé de date d’entrée en vigueur pour les nouvelles règles d’affichage. Les discussions se poursuivraient avec l’American Association of Homeopathic Pharmacists. Ces discussions ont démarré il y a plus d’un an. Manifestement, les preuves d’efficacité avancées par les fabricants de produits homéopathiques n’ont pas convaincu les autorités américaines. Concernant une divergence présumée avec la FDA, la FTC précise sa position dans le document qu’elle a mis en ligne (p. 23). Sa décision « n’entre pas en conflit avec les prérogatives de régulateur de la FDA », car elle laisse les fabricants libres de recommander leur spécialité pour des soins quelconques, même sans preuve médicale. Ils doivent juste mentionner clairement les limites de l’homéopathie. Et sans délai, car la FTC ne promulgue pas une nouvelle règle. Elle fait un rappel à l’ordre.

ATTENTION AUX PRODUITS HOMÉOPATHIQUES POUR NOURRISSON VENDUS EN LIGNE

La FDA enquête sur un lien éventuel entre des décès de nourrissons (une dizaine, à ce jour) et l’emploi d’anneaux à mordiller, de gels homéopathiques contre les douleurs dentaires et de gouttes pour les oreilles. Il y a eu une première alerte en 2010, puis une seconde en septembre 2016, concernant des produits de marque Hyland’s et des marques de distributeurs de la chaîne de magasins CVS. Les produits en question contiendraient de la belladone, une plante toxique. Le dossier est énigmatique. En 2010, la FDA avait fait analyser des gels dentaires homéopathiques. Sans surprise, s’agissant de produits homéopathiques, ils ne contenaient plus de belladone en quantité détectable. Reste l’hypothèse d’un autre composant toxique, ou d’un lot mal préparé. Hyland’s a démenti tout risque, mais a suspendu provisoirement la distribution des produits incriminés aux États-Unis. Concernant CVS, le retrait a été lancé le 24 novembre par Raritan, sous-traitant de la marque Homeolab.

Attention, certains sites de vente en ligne proposent aux consommateurs français les produits homéopathiques pour enfants des marques incriminées. C’est le cas de biovea.com, formesante.com et de labosante.com, entre autres. Ils sont en droit de le faire, puisque les autorités sanitaires françaises n’ont prononcé aucune suspension. Dans le doute, néanmoins, il ne faut surtout pas acheter ces produits. Leur revendication d’efficacité, comme celle de tous les produits homéopathiques, ne repose sur aucune base solide. Il n’y a aucune raison de tolérer un risque, même extrêmement faible.

Erwan Seznec

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6 décembre 2016

TGV et Intercités. Tous les retards de plus de 30 minutes désormais indemnisés

TGV et Intercités. Tous les retards de plus de 30 minutes désormais indemnisés

Les conditions de dédommagement de la SNCF en cas de retard ont évolué. Désormais, tous les retards de plus de 30 minutes sont concernés, quelle que soit leur cause. Auparavant, seuls les retards imputables à la compagnie ferroviaire étaient pris en charge.

Tous les retards de plus de 30 minutes désormais indemnisés

Feuilles mortes, sangliers sur les voies, actes de malveillance… Depuis le 1er décembre, ces aléas donnent enfin le droit à un dédommagement pour les voyageurs de la SNCF, s’ils occasionnent un retard de plus de 30 minutes.

C’est une évolution bienvenue. Jusqu’à présent, seuls étaient indemnisés les retards imputables à la compagnie ferroviaire. Désormais, tous les motifs sont concernés. Une évolution loin d’être anodine : selon les calculs de la SNCF, cette avancée pourrait servir « à 50 % de voyageurs en plus ». Les incidents météorologiques et les actes de malveillance, qui étaient auparavant exclus, représentent à eux seuls un tiers des retards.

Désormais, en TGV et en Intercités, tout retard entre 30 minutes et 1 h donne le droit à un remboursement en bons d’achat (valables 1 an) de 25 % du prix du billet. Entre 1 h et 2 h, le remboursement est toujours de 25 %, mais peut être accordé en bons d’achat ou par virement bancaire. Entre 2 h et 3 h, l’indemnité se monte à 50 %. Elle passe à 75 % au-delà de 3 h.

Pour les trains Ouigo ou iDTGV, l’indemnité est de 25 % du prix du billet à partir de 1 h de retard et de 50 % au-delà de 2 h.

En indemnisant tous les retards, la SNCF se met enfin en règle vis-à-vis de Bruxelles. Une réglementation européenne de 2009 prévoit en effet un dédommagement pour tout type de motif. Chaque pays membre avait le droit de demander des délais jusqu’en 2019, ce que la France avait fait jusqu’en 2014. La compagnie française va toutefois plus loin, en proposant une indemnisation à partir de 30 minutes, alors que le texte européen ne l’impose qu’à partir d’une heure de retard. En outre, celui-ci la plafonne à 50 % à partir de 3 h de retard, alors que la SNCF monte à 75 %.

En outre, il est désormais plus simple d’obtenir ce dédommagement. L’usager peut faire sa demande en ligne, sur le site g30.sncf.com. Le bon d’achat, reçu « en 48 h » selon la SNCF, est utilisable « sur tous les canaux » (et non plus seulement en agence physique) et en plusieurs fois.

Si vous le souhaitez, vous pouvez faire votre demande par courrier en téléchargeant préalablement le formulaire présent sur le site de la SNCF. En cas d’impossibilité d’utiliser Internet, vous pouvez récupérer ce formulaire directement en gare.

6 décembre 2016

Dépassements d’honoraires. Le plafonnement se fait sentir

Dépassements d’honoraires. Le plafonnement se fait sentir

Depuis le 1er janvier 2016, les complémentaires santé ne peuvent plus prendre en charge la totalité des dépassements pratiqués par certains médecins. Les assurés commencent à en subir les conséquences.

Le plafonnement se fait sentirNotre enquête, parue en octobre, faisait déjà état des interrogations de patients sur le recul de la prise en charge des dépassements d’honoraires par leurs mutuelles. Elles sont confirmées par Mercer, entreprise de courtage en assurance et prestataire pour les complémentaires santé. « Depuis début 2016, nous avons reçu une vague d’appels sur nos plateaux », a souligné lors d’une conférence de presse Vincent Harel, directeur adjoint santé et prévoyance chez Mercer. Les assurés se plaignent de n’avoir pas été remboursés de leurs frais de santé aussi bien qu’ils l’étaient par le passé. L’explication est à chercher du côté d’une nouvelle réglementation imposée par le gouvernement, qui empêche depuis le 1er janvier 2016 les complémentaires santé de couvrir complètement les dépassements d’honoraires des médecins de secteur 2 qui n’ont pas adhéré au dispositif de modération des dépassements d’honoraires de l’assurance maladie, le contrat d’accès aux soins (CAS). Petit à petit, tous les contrats vont devoir respecter ce critère, la fin de la transition étant fixée au 1er janvier 2018.

L’objectif de départ, louable, était d’inciter les médecins pratiquant de forts dépassements, notamment dans les grandes villes, à tempérer leurs exigences tarifaires. Mais pour y parvenir, le gouvernement a choisi de jouer sur les patients, espérant qu’une baisse de leurs remboursements complémentaires les orienteraient, par la force des choses, vers des médecins moins chers, ou conduirait les médecins trop chers à baisser leurs honoraires.

Pour le moment, ce mécanisme ne fonctionne pas vraiment. Du côté des médecins, seulement 27 % de ceux enregistrés en secteur 2 ont consenti à signer un CAS. Et parmi eux, les chirurgiens sont particulièrement réticents : à peine 15 % sont adhérents au CAS. Ce qui conduit des patients opérés par exemple en orthopédie ou pour une reconstruction du sein après un cancer à payer d’importantes sommes de leur poche.

Les assurés, eux, auraient un peu modifié leurs comportements : une petite partie d’entre eux ont choisi un médecin moins cher – sans toutefois qu’on puisse savoir si c’est bien pour des raisons d’argent qu’ils l’ont fait. La marge de manœuvre des patients est ténue, car l’offre de soins s’amenuisant et les déserts médicaux s’étendant, ils n’ont pas toujours la possibilité de changer de praticien, même si celui-ci pratique des tarifs élevés.

Anne-Sophie Stamane

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6 décembre 2016

Migration des emballages dans les aliments. Des distributeurs prennent les devants

Migration des emballages dans les aliments. Des distributeurs prennent les devants

Alors que le gouvernement tarde à prendre position, des acteurs majeurs de la distribution se sont engagés à ne plus utiliser d’emballages contenant des encres minérales potentiellement toxiques pour leurs produits alimentaires de marques distributeurs.

Des distributeurs prennent les devants

L’affaire avait fait couler beaucoup d’encre en avril 2016. Contaminées par des encres minérales présentes dans leur emballage, des lentilles corail de la marque Auchan avaient été pointées du doigt par l’association Foodwatch avant d’être ôtées des rayons par le distributeur. Un retrait qui ramenait dans le débat public la question des huiles minérales d’hydrocarbures aromatiques (MOAH). Des substances que l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (Efsa) estime « potentiellement cancérogènes et mutagènes ». Et également soupçonnées d’être des perturbateurs endocriniens.

Dès 2011, l’UFC-Que Choisir alertait sur la dangerosité de ces substances surtout présentes dans les encres des emballages à base de papier recyclé et susceptibles de contaminer les aliments. Aujourd’hui, si le gouvernement et Bruxelles tardent à prendre des mesures pour interdire l’utilisation de ces encres alimentaires, les distributeurs ont décidé de prendre les devants, conscients que ces huiles entachaient leur image. En effet, les paquets de lentilles Auchan sont loin d’être les seuls produits concernés, tous les produits secs (riz, pâtes, couscous, corn flakes, cacao en poudre…) qui présentent une surface de contact importante avec l’emballage et une durée de conservation longue étant particulièrement exposés.

 

DES CHANGEMENTS ATTENDUS POUR 2017-2018

Premier distributeur à avoir pris position sur le sujet, Leclerc annonçait début novembre via le blog de son président Michel Edouard Leclerc travailler en collaboration avec l’association Foodwatch à l’élaboration d’un nouveau cahier des charges pour Scamark, l’emballeur de ses marques propres (Marque Repère, Nos régions ont du talent, BioVillage et €co+). Les emballages à risque devront être modifiés d’ici le 1er semestre 2017. Plusieurs solutions technologiques sont envisageables : utiliser des barrières fonctionnelles dans les emballages carton, remplacer le carton recyclé par du carton vierge ou utiliser des encres à faible taux de migration. Le distributeur s’engage également à ne plus commercialiser de produits de marques nationales présentant un risque à compter de la campagne de négociation commerciale 2017-2018 qui court habituellement d’octobre à février de l’année suivante.

Tout comme Leclerc, les distributeurs Carrefour, Lidl, Intermarché, Système U et Casino se sont également engagés à prendre des mesures contre la migration des huiles minérales d’hydrocarbures aromatiques dans leurs emballages de marques distributeurs. Sans s’engager pour l’heure concernant les autres marques disponibles dans leurs rayons.

Du côté des fabricants, quelques-uns ont franchi le pas, comme la firme Mars Petcare & Food, qui produit notamment le riz Uncle Ben’s. Mais c’est loin d’être le cas de l’ensemble de la filière. Seul un engagement clair du gouvernement et de Bruxelles via l’édification de normes réglementaires permettrait d’effacer une bonne fois pour toutes ces encres de l’ensemble de nos aliments. Lors de nos analyses en 2011, nous en avions retrouvé aussi bien dans de la semoule de couscous, des pâtes alimentaires, du riz ou de la chapelure.

Marie-Noëlle Delaby

mndelaby@quechoisir.org

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6 décembre 2016

Placement dans les œuvres d’art. Lourdes sanctions contre Marble Art Invest

Placement dans les œuvres d’art. Lourdes sanctions contre Marble Art Invest

Sept personnes ont été reconnues coupables d’escroquerie en bande organisée dans l’affaire des œuvres d’art falsifiées de la société Marble Art Invest. Les prévenus ont interjeté appel.

Lourdes sanctions contre Marble Art InvestJusqu’à 400 000 € ! C’est le montant record investi par un particulier dans les placements basés sur des tableaux d’art de la société Marble Art Invest. D’autres avaient investi 80 000 €, 50 000 €, 10 000 €… toute l’épargne d’une vie pour certains ! Les sept personnes reconnues coupables ont été condamnées à des peines de prison (pour six d’entre elles) et au remboursement de 74 victimes identifiées par le tribunal. Ces dernières auraient subi un préjudice estimé à plus de 2,5 millions d’euros. Au total, 360 personnes auraient été spoliées par les escrocs pour un montant d’environ 15 millions d’euros.

Loin de gagner le taux de rendement de 16 % promis, les investisseurs ont enregistré des pertes importantes (parfois la moitié du capital de départ). Mais l’argent n’a pas été perdu pour tout le monde. En effet, le « bon plan » était en réalité une vaste escroquerie. Le placement consistait en l’achat et la revente authentifiée d’œuvres d’art. Or les tableaux étaient en fait réalisés à bas prix par des artistes novices, généralement en Roumanie. Les fameux rendements alléchants étaient servis aux premiers investisseurs via une partie des apports des derniers épargnants, selon le fameux principe de la pyramide de Ponzi. Le reste filait directement dans le portefeuille des escrocs.

 

PEINES DE PRISON

Le tribunal a sanctionné sept comparses, notamment un huissier de justice dont la présence au moment des ventes permettait de « rassurer » les clients. Celui-ci a été condamné à 1 an de prison avec sursis et une interdiction d’exercer pendant deux ans. « Il est très rare qu’un huissier de justice soit impliqué et condamné dans un dossier au pénal. Cela démontre la gravité des faits », pointe notamment Me Hélène Féron-Poloni, avocate des épargnants.

Le cerveau de l’affaire, Mickael Seghier, fondateur de la soi-disant société multinationale Marble Art Invest, a, lui, écopé d’une peine de 3 ans de prison, dont 18 mois fermes, assortie d’une interdiction d’exercer une profession liée à la finance et au commerce pendant 10 ans pour « escroquerie en bande organisée et blanchiment aggravé ». Sa société commercialisait les fameux placements consistant à acheter et vendre des tableaux d’art moderne. L’Autorité des marchés financiers avait pour sa part déjà condamné en 2014 les trois principaux fautifs à des amendes allant de 250 000 € à 1 million d’euros.

Élisa Oudin

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6 décembre 2016

Pesticides. L ’Europe au secours des abeilles ?

Pesticides. L ’Europe au secours des abeilles ?

Reconnus toxiques pour les abeilles, les insecticides agricoles d’enrobage des semences de la famille des néonicotinoïdes sont sur la sellette depuis longtemps. Deux nouveaux avis accablants de l’Autorité européenne de sécurité des aliments viennent de sortir, ils concernent le  traitement des céréales d’hiver.

L’Europe au secours des abeilles ? Un coup de tonnerre pour l’agriculture intensive et les fabricants de phytosanitaires, titrait Que Choisir en 2013 à propos du rapport de l’Efsa, l’Autorité européenne de sécurité des aliments, qui reconnaissait enfin la toxicité des insecticides d’enrobage des semences sur les abeilles, après 15 ans de polémiques et d’expertises.

La Commission de Bruxelles n’avait alors plus le choix, elle a dû se résoudre à imposer un moratoire européen sur les pesticides les plus utilisés, la chlothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame, pour toutes les cultures qui attirent les abeilles.

Actuellement en cours de révision, ce moratoire devrait en bonne logique se transformer en interdiction totale. L’Efsa vient en effet de récidiver courant novembre, avec deux nouveaux avis défavorables qui portent cette fois sur le traitement des céréales d’hiver par l’imidaclopride et la chlothianidine, des usages qui ne sont pas concernés par le moratoire. L’Agence européenne confirme les risques élevés pour les bourdons et les abeilles.

Alors qu’en France la loi sur la biodiversité a prévu l’interdiction de toute cette famille d’insecticides des cultures en 2018, même si des dérogations sont prévues jusqu’en 2020, ces nouveaux avis de l’Efsa apportent une nouvelle preuve de leur toxicité. On n’attend plus qu’une interdiction totale à l’échelle européenne…

Élisabeth Chesnais

echesnais@quechoisir.

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6 décembre 2016

Indemnisation voyage. Vol raté, croisière annulée

Indemnisation voyage. Vol raté, croisière annulée

Ils ont raté leur vol et n’ont par conséquent pas pu embarquer à bord du bateau sur lequel ils devaient effectuer une croisière de 10 jours. En pareil cas, ces passagers malheureux n’ont pas à être remboursés. La cour d’appel de Paris l’a récemment rappelé.

Vol raté, croisière annulée

Ils attendaient ce moment depuis longtemps… Un couple avait réservé une croisière plongée de 10 jours. Pour se rendre au port d’embarquement, les deux passagers doivent prendre l’avion. Ils achètent leur billet de leur côté auprès de la compagnie Iberia.

Pour rallier, depuis Paris-Orly, San José (Costa Rica), ils doivent faire une escale à Madrid. Mais en raison de fortes chutes de neige, le premier vol décolle avec deux heures de retard. Lorsque le couple se pose en Espagne, trop tard : l’avion qu’il devait prendre s’est envolé. Ils atteindront San José avec 24 heures de retard, après le départ de la croisière.

Les deux voyageurs malheureux demandent à la compagnie aérienne de les rembourser du prix de leurs vacances ratées. Elle refuse. La justice est saisie. En première instance, Iberia est condamnée à verser 5 573 € de dommages-intérêts au couple. Le transporteur conteste le jugement et fait appel.

Dans un arrêt daté du 8 septembre 2016, la cour d’appel de Paris va revenir sur cette décision. Certes, elle condamne Iberia à verser aux deux passagers la somme forfaitaire de 600 € prévue, au titre du refus d’embarquement, par le règlement européen 261/2004. Les juges reprochent en effet à la compagnie de ne pas avoir mis en œuvre tous les moyens nécessaires pour permettre au couple de prendre le second vol.

En revanche, la cour d’appel de Paris estime qu’Iberia n’a pas à l’indemniser pour la croisière manquée. Le retard du premier vol n’était pas prévisible. De plus, la compagnie n’avait pas connaissance, au moment de la commande des billets, de l’existence de cette croisière, achetée auprès d’un autre prestataire. Par conséquent, la responsabilité de la compagnie aérienne ne peut pas être engagée.

Arnaud De Blauwe

adeblauwe@quech

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6 décembre 2016

Arnaque au colis en attente. Elle débarque par e-mail

Arnaque au colis en attente. Elle débarque par e-mail

Après les avis de passage dans les boîtes aux lettres, les messages par téléphone et les SMS, les arnaques au colis en attente passent désormais de plus en plus souvent par e-mail. Apprenez à repérer ces escroqueries qui n’ont d’autre but que de vous faire appeler un numéro surtaxé.

Elle débarque par e-mail

Année après année, le coup du colis en attente s’impose comme l’une des arnaques aux numéros surtaxés les plus répandues. Nous en avions déjà parlé il y a 4 ans. À l’époque, les victimes étaient hameçonnées par le biais d’un avis de passage déposé dans la boîte aux lettres. Censé émaner d’un transporteur du nom de Chronodex, il demandait au destinataire d’appeler un numéro surtaxé pour que le livreur se présente à nouveau au domicile.

Depuis, la technique n’a cessé d’évoluer. Certaines victimes ont été contactées par le biais de messages laissés sur leur répondeur ou par des SMS reçus sur leur smartphone. Mais aujourd’hui, c’est par e-mail que ces arnaques transitent en majorité. Si le mode de communication change, le principe, lui, reste globalement le même. Censé émaner d’un transporteur connu (Chronopost et Colissimo sont les noms les plus fréquemment utilisés), le message invite le destinataire à composer un numéro surtaxé commençant par 0892 ou 0899 afin de récupérer son colis. Dans la plupart des cas, la victime qui appelle tombera sur un répondeur qui lui demandera de patienter ou de rappeler. Parfois, elle sera invitée à récupérer un code qu’elle devra envoyer par mail à une fausse adresse figurant dans le message. Une fois récupéré par l’escroc, ce code sera utilisé pour accéder à des contenus en ligne (jeux, loteries, etc.). Bien entendu, aucun colis n’arrivera. En revanche, le coût des communications, lui, apparaîtra bien sur la facture de téléphone de la personne qui a appelé. À raison de 0,80 € la minute ou 3 € l’appel, les montants peuvent vite grimper.

Méfiance donc si vous recevez un e-mail vous indiquant qu’un colis vous attend. Il s’agit très certainement d’une arnaque. Vous pouvez la signaler à l’Association française du multimédia mobile (AFMM) à l’adresse suivante : deontologie@afmm.fr, accompagnée du message incriminé. Si vous avez le moindre doute, appelez le transporteur en cherchant son numéro dans l’annuaire ou bien consultez son site Internet. Dans le cas où vous avez déjà appelé le numéro surtaxé, tout n’est pas perdu. Rendez-vous sur le site Internet Infosva.org et entrez le numéro en 08 que vous avez composé. Vous verrez apparaître le nom de l’éditeur ou d’un prestataire technique. C’est à lui qu’il faut adresser sa demande de remboursement. Même si aucune loi ne les y oblige, la plupart acceptent, dans la plupart des cas, de rendre les sommes versées de bonne foi.

6 décembre 2016

Produits cosmétiques naturels. Attention au greenwashing

Produits cosmétiques naturels. Attention au greenwashing

L’engouement pour les cosmétiques bio incite trop de fabricants à présenter comme naturels des produits qui ne le méritent pas. Couleur des emballages, végétaux représentés, nom des produits, slogans ne recouvrant aucune réalité, tout est bon pour suggérer la naturalité de façon suffisamment floue pour ne pas tomber sous le coup de la publicité mensongère.

Attention au greenwashing

Jamais le greenwashing, pratique visant à donner à un produit une image écologique via le marketing, n’a aussi bien porté son nom. Si l’on s’arrête un instant devant le rayon beauté d’un supermarché pour avoir une vue d’ensemble, on a l’impression d’être entré par mégarde dans un magasin de jardinage. Idem dans les publicités : couleur verte et adjectif « pur » à toutes les pages. Mettre en avant la présence de plantes dans ses produits a toujours été une technique marketing répandue dans le secteur cosmétique. Mais la méfiance croissante des consommateurs vis-à-vis des substances indésirables potentiellement présentes dans leurs produits d’hygiène et de beauté ne fait que renforcer cette tendance. À côté des cosmétiques bio dûment labellisés, on voit fleurir des produits qui n’ont de vert que l’apparence.

 

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Un contenant vert ne garantit pas que le contenu l’est aussi !

Ainsi, pour ne prendre que quelques exemples, certains produits ont des compositions tout à fait banales, voire peu recommandables, et surtout pas bio. Exemple extrême qui flirte avec la publicité mensongère, la marque Organix (Ogx), soit la traduction anglaise de « bio » et dont le slogan est « la beauté pure et simple », cache une cohorte d’ingrédients polluants et/ou nocifs. D’autres marques, comme Bioderma ou Biotherm peuvent prêter à confusion. Comme elles ont été lancées bien avant la mode verte, on ne peut leur en tenir rigueur. N’empêche, ce n’est pas un hasard si Bioderma en rajoute une couche en réutilisant le préfixe « bio » dans le nom de ses produits ou en appelant un actif « écodéfensine », évoquant l’écologie. D’autres marques, comme Nuxe ou Yves Rocher, proposent différentes gammes, des bio et des conventionnelles, et même s’il n’y a pas volonté de tromper, la confusion est possible. C’est encore plus compliqué chez Lovéa où se côtoient une gamme sans signe particulier, une appelée « Lovéa nature » dont les formules mêlent ingrédients d’origine naturelle en forte proportion et composés pas toujours au-dessus de tout soupçon, et des produits labellisés bio. Enfin, certaines marques comme Lush, l’Occitane, Body Shop, Nectar of Nature (Carrefour) et même Yves Rocher utilisent des ingrédients nocifs et/ou polluants en contradiction avec leur image ou leur nom.

Loin de clarifier les choses, la norme qui vise à encadrer l’utilisation du terme « naturel » pourrait au contraire ajouter à la confusion. Le groupe de travail qui en dessine les contours est en grande majorité composé d’industriels de la cosmétique conventionnelle et on s’oriente vers un texte très peu contraignant. Qui ne ferait que donner au greenwashing un vernis de respectabilité.

Fabienne Maleysson

fmaleysson@que

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6 décembre 2016

Téléphonie. Que vaut l’offre de Cdiscount mobile ?

Téléphonie. Que vaut l’offre de Cdiscount mobile ?

Avec sa première offre de téléphonie mobile, Cdiscount cherche à séduire les amateurs de forfaits pas chers. Mais si la formule a des atouts, elle présente aussi quelques lacunes, au premier rang desquelles des tarifs hors forfait élevés. Sans parler de la mauvaise réputation du cybermarchand.

Que vaut l’offre de Cdiscount mobile ?Après avoir rencontré le succès dans la vente en ligne, Cdiscount se lance dans la téléphonie mobile avec un forfait à seulement 2 €. Avec cette offre, Cdiscount ne cache pas son intention de marcher sur les plates-bandes de Free mobile. Il faut dire qu’avec 200 minutes de communication, 200 SMS et MMS et 200 Mo d’Internet par mois, l’offre a plutôt de l’allure. Elle peut notamment séduire les utilisateurs de smartphone qui veulent, de temps en temps, surfer sur Internet, consulter leurs e-mails ou voir ce qui se passe sur les réseaux sociaux, mais qui sont prêts à se connecter à du Wi-Fi gratuit dès qu’ils en ont l’occasion. Cdiscount n’oublie pas les gros consommateurs avec une option appels/SMS/MMS illimités et une autre option 5 Go d’Internet, chacune facturée 7 € par mois, soit un tarif attractif de 16 € par mois pour une offre complète.

Pour réussir son pari, Cdiscount compte bien profiter de ses millions de clients, tous susceptibles d’être intéressés par ce nouveau « bon plan » et dont beaucoup passent par Cdiscount pour acheter leur téléphone (le marchand assure vendre près d’un terminal sur deux). Cdiscount s’appuie aussi sur un partenaire : Euro Information Telecom (EI Telecom), un opérateur qui gère déjà les offres de NRJ Mobile, d’Auchan Telecom ainsi que celles de la société de crédit Cofidis et des banques CIC et Crédit mutuel. EI Télécom présente aussi la particularité d’avoir signé des accords avec les trois principaux opérateurs de réseaux. Résultat : selon les cas, un client Cdiscount mobile passera soit par le réseau Orange, soit par le réseau SFR, soit par celui de Bouygues Telecom. Le choix sera effectué par EI Telecom, au moment de la souscription, sans que le client puisse savoir à l’avance par quel réseau passeront ses communications. « Le réseau sera attribué de manière à ce que chaque client bénéficie de la meilleure couverture possible », assure-t-on chez CDiscount. On l’espère. Néanmoins, rien ne dit que d’autres critères (d’ordre financier, par exemple) ne pourraient pas être pris en compte. Qui plus est, ne pas pouvoir choisir son réseau pourrait gêner ceux qui ont l’habitude de se déplacer dans un endroit couvert par un opérateur bien précis ou qui cherchent à diversifier les réseaux au sein du foyer de manière à être certain de capter n’importe où.

 

LE POINT NOIR DU HORS FORFAIT

Une offre attractive, des doutes sur le réseau, mais aussi quelques inquiétudes, notamment sur les dépassements. Car le forfait Cdiscount n’est pas bloqué et, contrairement à celui de Free mobile, le hors forfait y est cher : 30 centimes par appel et 10 centimes par SMS (voir ci-dessous). Mieux vaut donc prendre ses précautions car les factures pourraient vite atteindre des sommets.

Enfin, le dernier point d’interrogation concerne la qualité de service. Car le cybermarchand jouit d’une réputation particulièrement mauvaise à l’UFC-Que Choisir, où il est connu pour être un gros pourvoyeur de litiges. Outre les problèmes liés à des bons d’achat ou à des fausses promotions, Cdiscount.com est aussi régulièrement critiqué pour ses retards de livraison, son service client peu performant et son service après-vente inefficace. Le marchand est d’ailleurs arrivé en dernière position de notre palmarès des cybermarchands. Pas vraiment de quoi rassurer ceux qui pourraient être tentés par son offre de téléphonie mobile.

CDISCOUNT MOBILE VS FREE MOBILE : LE MATCH

Parce qu’elles visent les mêmes consommateurs, nous avons comparé dans le détail les offres à 2 € de Cdiscount mobile et de Free mobile. Avec chacune des points forts (en vert) mais aussi quelques lacunes.

tableau cdiscount mobile
6 décembre 2016

Effacement électrique diffus. Le gouvernement s’obstine aux dépens des consommateurs

Effacement électrique diffus. Le gouvernement s’obstine aux dépens des consommateurs

Effacer momentanément la consommation des ménages chauffés à l’électricité, c’est le jackpot pour quelques opérateurs privés mais un coût prohibitif pour les consommateurs, avait dénoncé l’UFC-Que Choisir. L’Autorité de la concurrence conteste à son tour le dispositif.

Le gouvernement s’obstine aux dépens des consommateursL’effacement électrique diffus, c’est la martingale imaginée par le gestionnaire de réseau ERDF, les opérateurs privés et le gouvernement pour éviter le « black-out » hivernal très redouté quand tous les radiateurs électriques se déclenchent en même temps les soirs de grand froid, provoquant des pics de consommation électrique que nos moyens de production ne suffisent pas à satisfaire.

Concrètement, les ménages volontaires sont équipés d’un boîtier gratuit. En échange, l’opérateur privé qui le leur a fourni coupe momentanément à distance l’alimentation des radiateurs et du chauffe-eau pour soulager le réseau électrique. Cette démarche évite la mise en route des moyens de production les plus onéreux ou l’importation d’électricité au prix fort.

Sur le principe il n’y a rien à redire, mais dans les faits c’est un scandale financier à la charge de tous les consommateurs. C’est en effet la CSPE, la taxe sur la contribution au service public de l’électricité payée sur toutes les factures d’électricité, qui rémunère l’opérateur privé. Tous les 1 000 kWh effacés, nous lui versons collectivement 16 €. Un jackpot pour lui, d’autant qu’il valorise les kWh effacés sur le marché au prix fort, mais  un prélèvement scandaleux sur les usagers qui n’y gagnent rien, y compris quand le boîtier efface une partie de leur consommation. Car si cet effacement évite de surcharger le réseau aux moments les plus critiques, il s’agit seulement d’un report de consommation pour les ménages en tout-électrique.

Face à cette injustice, l’UFC-Que Choisir avait engagé un recours devant le Conseil d’État pour qu’il annule l’arrêté de janvier 2015 relatif à « ce dispositif scandaleux qui alourdit injustement la facture de l’ensemble des consommateurs et s’avère injuste, inefficace, voire contre-productif. »L’association a obtenu gain de cause en mars 2016. Un arrêt du Conseil d’État a annulé l’arrêté. Mais le gouvernement persiste dans ce soutien au privé financé par les usagers. Il a élaboré un nouveau projet et l’a soumis à l’Autorité de la concurrence qui vient de rendre son avis, et il est sévère. Ce projet introduit un régime dérogatoire qui est « dans les faits, une subvention des opérateurs d’effacement par les fournisseurs d’électricité et in fine, par les consommateurs d’électricité », juge l’Autorité de la concurrence.

Ce mauvais feuilleton qui pénalise les usagers n’est sans doute pas terminé. Si le gouvernement s’obstine, l’UFC-Que Choisir n’aura pas d’autre choix que d’attaquer le nouvel arrêté.

Élisabeth Chesnais

echesnais@quechoisir.org

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6 décembre 2016

Extensions de garantie (vidéo). Caméra cachée en magasin

Extensions de garantie (vidéo). Caméra cachée en magasin

Caméra cachée en magasin

Les vendeurs d’électroménager et d’appareils électroniques insistent-ils vraiment pour placer une extension de garantie au moment de l’achat ? Que valent leurs discours, peut-on vraiment leur faire confiance ? Pour le savoir, nous nous sommes rendus en caméra cachée dans plusieurs grandes surfaces spécialisées (Boulanger, But, Darty, Fnac) de la région parisienne. Les arguments que nous avons entendus sont loin de nous avoir convaincus.

 

 

TOUT SUR LES GARANTIES DES PRODUITS

6 décembre 2016

iPhone 6S et iPhone 6 Plus. Apple sonne le rappel

iPhone 6S et iPhone 6 Plus. Apple sonne le rappel

Depuis plusieurs mois, de nombreux consommateurs se plaignent de leur iPhone 6 ou 6 Plus, dont l’écran tactile est devenu inutilisable sans aucune raison apparente. Apple réagit enfin, mais partiellement : le fabricant ne reconnaît le défaut que sur les iPhone 6 Plus, et réclame 167,10 € pour le réparer ! Parallèlement, la marque à la pomme rappelle les iPhone 6S pour un problème de batterie défaillante.

Apple sonne le rappelBonne nouvelle pour les nombreux consommateurs qui se plaignent depuis des mois des défaillances de l’écran de leur iPhone 6 Plus : Apple a enfin réagi officiellement. Le fabricant a en effet mis en ligne un page dédiée aux « problèmes de clignotement de l’écran ou de problèmes liés au multi-touch [l’utilisation à plusieurs doigts de l’écran tactile, ndlr] » (1). Les utilisateurs concernés sont invités à se rendre dans une boutique Apple Store ou chez un réparateur agréé afin de procéder à la réparation. Mais mauvaise nouvelle : cette réparation sera facturée 167,10 € ! Apple et iFixit, le réparateur américain qui avait révélé ce défaut au mois d’août 2016, ont en effet des versions très différentes sur son origine. Selon iFixit, deux puces soudées sur la carte mère (le cerveau du smartphone), dont la fonction est d’interpréter les mouvements des doigts de l’utilisateur sur l’écran, finissent par se déconnecter. Il s’agirait donc d’un problème de conception. Apple estime pour sa part que le problème apparaît après que le smartphone a « subi plusieurs chutes sur une surface dure, suivies ultérieurement d’autres contraintes ». L’utilisateur serait donc fautif, d’où une facturation de la réparation. Les nombreux témoignages reçus à l’UFC-Que Choisir décrivent pourtant une apparition du problème sans aucune raison apparente. Par ailleurs, certains décrivent exactement le même problème sur un iPhone 6 (et non sur un iPhone 6 Plus), qu’Apple ne mentionne pas sur sa page.

Autre iPhone, autre défaut : Apple a également lancé un programme de réparation qui concerne cette fois l’iPhone 6S (2). Sur les modèles fabriqués entre septembre et octobre 2015, un problème de batterie provoquerait l’extinction brutale du smartphone. Rassurez-vous, « ce n’est pas un problème de sécurité », précise Apple, qui ne souhaite pas être assimilé à Samsung et aux déboires de son Galaxy Note 7. Les utilisateurs concernés sont là aussi invités à se rendre dans une boutique Apple Store ou chez un réparateur agréé. Mais cette fois, la réparation est gratuite. Ouf !

NOTES

(1) http://www.apple.com/fr/support/iphone6plus-multitouch/
(2) https://www.apple.com/fr/support/iphone6s-unexpectedshutdown/

Camille Gruhier

cgruhier

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6 décembre 2016

Garantie des produits (infographie). Vous et les extensions de garantie

Garantie des produits (infographie). Vous et les extensions de garantie

Vous et les extensions de garantie

 « Souhaitez-vous garantir votre produit ? » Cette question est un incontournable de l’acte d’achat en magasin. Plus de 80 % de nos lecteurs l’ont entendue lors de leur dernière acquisition d’un appareil électronique ou électroménager. Et plus d’un tiers s’est laissé tenter par ces contrats. 2 160 abonnés à notre newsletter nous ont fait part de leur expérience : prix de l’extension, arguments des vendeurs, produits le plus souvent concernés… Décryptage des résultats de cette consultation.

LE TAUX DE SOUSCRIPTION

La part des achats assortis d’une souscription d’extension de garantie est en chute libre. De 61 % en 2010, elle est passée à 50 % en 2013 puis 35 % en 2016. Elle varie en fonction de l’âge des acheteurs (30 % des 18-39 ans ont souscrit une extension, contre 40 % des plus de 65 ans), mais surtout en fonction des produits. Outre les lave-linge (44 % d’achats assortis d’une extension) et les téléviseurs (41 %), les plaques de cuisson (45 %) et les fours (42 %) sont les achats les plus souvent couverts. C’est plus rare pour les aspirateurs (20 %) ou les imprimantes (16 %). On observe logiquement que le taux de souscription augmente avec la valeur du produit, mais aussi pour les achats en électroménager.

 

LA DURÉE DE L’EXTENSION DE GARANTIE

La majorité (62 %) des extensions de garantie souscrites par nos lecteurs durent 3 ans, en plus de la garantie initiale. Seuls 15 % des répondants ont opté pour une durée plus longue, et autant pour une durée de 2 ans. 3 % indiquent ne pas connaître la durée de cette extension. Ces garanties prolongent la garantie légale de conformité, qui permet la réparation ou le remplacement d’un appareil tombé en panne dans les 2 ans suivant sa livraison ou son achat. Attention, certains fabricants proposent une garantie plus longue que la garantie légale : 3 ans, 5 ans, voire plus. Dans ce cas, les extensions de garantie risquent de faire double emploi. Que Choisir a observé que certains revendeurs n’hésitaient pas à passer sous silence les garanties plus longues proposées par les fabricants, pour vendre leurs extensions au prix fort. Une pratique déjà constatée lors de notre enquête mystère réalisée chez les distributeurs il y a quelques mois.

 

LE PLAIDOYER DES VENDEURS

83 % de nos lecteurs se sont vu conseiller l’achat d’une extension de garantie par leur vendeur. Leurs arguments sont de plusieurs sortes comme le prouve notre caméra cachée réalisée dans plusieurs magasins. Le plus fréquemment (29 % des achats), ils insistent sur les modalités de l’extension : l’échange à neuf ou le remboursement du produit en panne, le dépannage plus rapide en cas de panne, etc. Ils sont aussi nombreux (21 %) à tenter d’inquiéter l’acheteur, en expliquant que l’appareil est fragile, souvent en panne, et que les pannes surviennent fréquemment à la fin de la durée légale de garantie. Autre argument souvent utilisé : le coût du produit, qui nécessiterait de se couvrir. Preuve du pouvoir de persuasion des vendeurs, la souscription se fait presque deux fois plus souvent en magasin (42 % des achats) que sur Internet (22 %).

 

LE PRIX DE L’EXTENSION DE GARANTIE

La souscription à une extension de garantie est loin d’être anodine pour le portefeuille du consommateur. Nos lecteurs ont déboursé, en sus, l’équivalent de 14 à 24 % du prix du produit sur ces contrats. Proportionnellement, l’extension de garantie pour un aspirateur est la plus chère (69 €, soit 24 % du prix moyen d’achat, qui se situe à 260 €). Pour certains produits onéreux, comme les téléviseurs, les ordinateurs ou les lave-vaisselle, les prix s’envolent et dépassent la centaine d’euros (18 à 19 % du prix du produit). Notons que 13 % des consommateurs ayant répondu à notre enquête ne connaissent pas le prix de l’extension de garantie qu’ils ont souscrite. Ce défaut d’information peut provenir des remises souvent consenties par les vendeurs, pour qui il est plus intéressant de vendre l’extension que le produit lui-même. « Le vendeur m’a imposé l’extension contre une remise équivalente sur le lave-vaisselle acheté le même jour » ; « Elle ne revient qu’à 10 € avec la remise de l’ordinateur », « L’extension est gratuite grâce à une remise sur le prix de vente ». Ces témoignages de nos lecteurs montrent une chose : si vous voulez vous laisser tenter, négociez !

Grégory Caret

Observatoire de la consommation

gcaret@quechoisir.org

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6 décembre 2016

Carte Motion Code de la Société générale. Ce sera 12 € par an !

Carte Motion Code de la Société générale. Ce sera 12 € par an !

 La tentation pour les établissements bancaires de transférer sur leurs clients les coûts de sécurisation des paiements sur Internet est permanente. La commercialisation par la Société générale de la nouvelle carte « Motion Code » conçue par la société Oberthur, en est une démonstration supplémentaire.

Ce sera 12 € par an ! La Société générale se félicite d’être la première banque à proposer à ses clients particuliers une carte nouvelle génération dotée d’un cryptogramme visuel dynamique. Autrement dit, d’un petit écran alimenté par une mini-batterie qui va afficher un nouveau code toutes les heures. Ce code doit remplacer les trois chiffres statiques du cryptogramme imprimés au dos de la carte. Selon Oberthur Technologie, société française spécialisée dans la production de cartes à puce, « la solution est rassurante pour le client, puisqu’en cas de piratage des données de la carte bancaire, les 3 chiffres du cryptogramme deviennent rapidement obsolètes, empêchant les fraudeurs de réutiliser les données sur les sites de e-commerce. » Il est vrai que sans ces trois chiffres généralement réclamés au moment d’un achat en ligne, il devient impossible d’effectuer des paiements. À noter tout de même que la carte fonctionne avec la technologie NFC (permettant le paiement sans contact). Elle émet des ondes pour échanger avec le terminal qui fournit les codes temporaires. Or, cette technique elle-même n’est pas infaillible, même si pour l’instant, il est plus compliqué de pirater des données transitant via NFC que les trois chiffres du cryptogramme au dos de la carte.

OBLIGATION RÉGLEMENTAIRE DES ÉTABLISSEMENTS FINANCIERS

Reste un autre problème : pourquoi une cotisation annuelle de 12 € pour acquérir sa carte (en plus de la cotisation de la carte Visa ou Premier) ? Certes, la mise en place de la technologie entraîne des coûts. Mais elle doit permettre de réduire les fraudes, qui coûtent très cher aux banques… Et sur ce point, la réglementation est claire : la sécurisation des paiements est une obligation qui incombe aux banques. Ce n’est pas une option que l’on vend à ceux qui le souhaitent… Ainsi l’article L. 133-15 du code monétaire et financier dispose : « Le prestataire de services de paiement qui délivre une carte de paiement à un consommateur doit s’assurer que les dispositifs de sécurité personnalisés de cette carte ne sont pas accessibles à d’autres personnes que celui-ci. Le prestataire supporte le risque lié […] à tout dispositif de sécurité personnalisé de celle-ci ». Notons que la volonté des banques de faire supporter au consommateur la sécurisation des paiements en ligne n’est pas nouvelle. Ainsi, les e-cartes bleues virtuelles avec code unique proposées gratuitement par certains établissements, sont payantes chez d’autres. C’est notamment le cas à la Société générale qui facture ce service 10 € par an !

DES ALTERNATIVES GRATUITES

Il existe aujourd’hui d’autres alternatives non payantes pour sécuriser ses paiements sur Internet. C’est le cas notamment de Paypal ou Google Wallet, anciennement Google Checkout, qui sont totalement gratuits. On peut également citer l’équivalent français de Paypal proposé par de plus en plus de banques : Paylib. Ce dernier n’est cependant pas encore utilisé par tous les commerçants, à la différence de Paypal, très généralisé.

Élisa Oudin

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6 décembre 2016