UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales

L’actu en liste, le numéro 2 de 2017

 

Carte interactive sur la qualité de l’eau potable

A l’occasion du lancement de sa nouvelle carte interactive sur la qualité de l’eau potable en France…

 
Médicaments contre les maux de l’hiver. Mal de gorge : des spécialités souvent inutiles

Le mal de gorge est la conséquence de l’inflammation et de l’irritation du pharynx en raison…

Colorant E171. Un additif sous surveillance

Des chercheurs viennent de montrer que les rats à qui ils avaient administré le colorant E171 à des doses…

Apple Airpods vs Samsung IconX

La disparition programmée de la prise casque sur les smartphones…

chroniques-2017-v2

 

tesla

L’utilisation d’une station de recharge superchargeur Tesla est désormais payante..

 
Assurance vie. Le palmarès des rendements 2016

Les épargnants risquent de faire la grimace en découvrant la nouvelle rémunération…

Démarchage téléphonique (vidéo). Caméra cachée dans un centre de téléprospection

Que se passe-t-il à l’autre bout de la ligne lorsqu’on est démarchés ? Pour le savoir…

démarchage-téléphonique

Le nombre de consommateurs qui expriment leur ras-le-bol du démarchage téléphonique…

Kusmi Tea à la camomille. L’infusion riche en substances nocives

Nos confrères du magazine allemand Stiftung Warentest révèlent que les sachets d’infusions à la camomille

Assurance emprunteur. La résiliation annuelle devrait finalement s’imposer

C’est en février que les emprunteurs sauront si l’amendement parlementaire autorisant la résiliation annuelle…

café

Les lecteurs de Que choisir semblent vouer un véritable amour au café : en seulement une semaine…

Risque de coupures d’électricité. Le vrai coupable jamais nommé !

« Si chaque Français baisse de 1 degré la température de sa pièce de vie, c’est la production de 2 réacteurs économisée ! »…

Crowdfunding immobilier

Le groupe Terlat, qui s’était financé à plusieurs reprises sur les plateformes de crowdfunding Wiseed et Anaxago…

Comptes inactifs et assurances vie en déshérence. Lancement du site officiel

Appelé Ciclade, ce nouveau service géré par la Caisse des dépôts permet de rechercher gratuitement…

oeufs de poule

Après Monoprix, Aldi et Carrefour, Intermarché vient d’annoncer son intention d’arrêter..

Lecteurs Blu-ray UHD HDR

Quelques lecteurs Blu-ray UHD (ultra haute définition) ont fait leur apparition sur le marché…

Ampoules LED. Une nouvelle étude confirme leur dangerosité

Les études officielles sur la dangerosité des ampoules LED se suivent et se ressemblent…

Nouveaux droits face aux professionnels

Vos nouveaux droits face aux professionnels

28 janvier 2017

Médicaments contre les maux de l’hiver. Mal de gorge : des spécialités souvent inutiles

Médicaments contre les maux de l’hiver. Mal de gorge : des spécialités souvent inutiles

Le mal de gorge est la conséquence de l’inflammation et de l’irritation du pharynx en raison, le plus souvent, d’une attaque virale sans gravité. S’il gêne la déglutition ou les mouvements de la tête, s’il s’accompagne d’une fièvre persistante, il faut consulter. Les médicaments disponibles en vente libre ont la plupart du temps une action locale, désinfectante ou anesthésique, mais n’ont que peu d’impact.

Mal de gorge : des spécialités souvent inutiles

SOMMAIRE
  • 1. Hexaspray (collutoire)
  • 2. Humex mal de gorge (pastilles)
  • 3. Lysopaïne (pastilles)
  • 4. Maxilase (comprimés)
  • 5. Drill (pastilles)
  • 6. Strefen (pastilles)
  • 7. Strepsils (pastilles)
  • 8. Solutricine (pastilles)

HEXASPRAY (COLLUTOIRE)

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Composition : biclotymol

C’est un antiseptique et cette classe de médicament utilisé de façon locale dans le mal de gorge n’a jamais montré d’effet décisif, ni pour calmer la douleur, ni pour accélérer la guérison. Il occasionne rarement des réactions allergiques.

Précautions d’emploi :
Ne pas donner aux moins de 3 ans.

HUMEX MAL DE GORGE (PASTILLES)

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Composition : biclotymol

C’est un antiseptique et cette classe de médicament utilisé de façon locale dans le mal de gorge n’a jamais montré d’effet décisif, ni pour calmer la douleur, ni pour accélérer la guérison. Il occasionne rarement des réactions allergiques.

Précautions d’emploi :
Ne pas donner aux moins de 3 ans.

LYSOPAÏNE (PASTILLES)

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Composition : ambroxol

Difficile de trouver une utilité à cet anesthésique local. La Haute Autorité de santé (HAS) lui a attribué un « service médical rendu » (SMR) insuffisant. Au niveau européen, les instances ont décidé de le maintenir sur le marché, malgré un risque d’effet indésirable rare mais grave : des réactions d’hypersensibilité pouvant se traduire par une fièvre élevée, des anomalies sanguines, la défaillance d’un organe vital et/ou une éruption cutanée (dont celle, gravissime, du syndrome de Stevens Johnson) ont été rapportées.

Précautions d’emploi :
Ne pas donner aux moins de 12 ans.

MAXILASE (COMPRIMÉS)

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Composition : alpha-amylase

Il s’agit d’un anti-inflammatoire dont l’action sur le mal de gorge n’est pas établie. De rares réactions allergiques sont possibles.

DRILL (PASTILLES)

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Composition : chlorhexidine, tétracaïne

Les antiseptiques n’ont pas montré d’efficacité dans le mal de gorge, et les anesthésiques n’apportent qu’un faible soulagement. Ils présentent l’inconvénient d’engourdir la langue et de colorer passagèrement la langue et les dents. Le risque allergique est à prendre en compte pour les personnes sensibles aux anesthésiques locaux. Attention à ne pas consommer trop de pastilles, car les anesthésiques sont assimilés par l’organisme et peuvent, en cas de surdose, induire des troubles cardiaques.

Précautions d’emploi :
Ne pas donner aux moins de 6 ans.

STREFEN (PASTILLES)

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Composition : flurbiprofène

Cet anti-inflammatoire non-stéroïdien (AINS), aussi utilisé comme antalgique, n’a pas fait mieux qu’un placebo lors des études réalisées par le fabricant, d’où un « service médical rendu » (SMR) insuffisant. Autant sucer des bonbons, c’est moins risqué ! Car même sous sa forme inoffensive de pastille, Strefen expose aux effets indésirables classiques des AINS : saignement digestifs, nausées ou réactions allergiques. Attention si, en plus d’avoir la gorge douloureuse, vous avez mal à la tête : évitez de cumuler le flurbiprofène avec un autre AINS, par exemple l’ibuprofène.

Précautions d’emploi :
– Ne pas prendre en cas d’asthme, d’ulcère, d’allergie aux AINS et à l’aspirine, d’insuffisance hépatique, cardiaque ou rénale. Demandez un avis médical en cas de traitement au long cours pour l’hypertension ou par anticoagulants.
– Ne pas donner aux moins de 12 ans, ni aux femmes enceintes de plus de 6 mois.
– Incompatible avec d’autres AINS.

STREPSILS (PASTILLES)

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Composition : amylmétacrésol, alcool dichlorobenzylique, vitamine C, sodium ascorbate

Deux désinfectants, de la vitamine C et du calcium : rien de tout cela ne soulagera le mal de gorge. Ce qui fera du bien, c’est la lubrification de la gorge grâce à la salive, dont la production est stimulée par le fait de faire fondre une pastille dans la bouche. Autant manger un bonbon, mâcher un chewing-gum ou boire quelque chose !

Précautions d’emploi :
Ne pas donner aux moins de 6 ans.

SOLUTRICINE (PASTILLES)

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Composition : tétracaïne

L’action des anesthésiques locaux sur la gorge est minime et momentanée. Attention à ne pas en « boulotter » trop, car ils sont absorbés par l’organisme.

Précautions d’emploi :
– Ne pas prendre en cas d’allergie aux anesthésiques locaux.
– Ne pas donner aux moins de 6 ans.

CONDUITE À TENIR POUR LES MAUX DE GORGE

Le mal de gorge isolé, sans fièvre, disparaît le plus souvent en quelques jours. Les pastilles et collutoires vendus en pharmacie n’ont pas d’effet et coûtent cher. La plupart du temps, sucer des bonbons et boire revient au même : cela suffit à lubrifier la gorge, ce qui entraîne un soulagement temporaire. Quand la douleur est difficile à supporter, l’idéal est de prendre un antidouleur classique, par exemple du paracétamol.

COMMENT NOUS AVONS PROCÉDÉ ?

Nous avons sélectionné 41 spécialités courantes dans le traitement du rhume, de l’état grippal, de la toux et du mal de gorge à partir d’une liste des meilleures ventes d’automédication en novembre 2015. Sous la supervision du PAlain Astier*, pharmacien à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne), nous avons utilisé plusieurs sources fiables et indépendantes pour établir l’efficacité et les risques de chaque principe actif ou combinaison de principes actifs.

* Le professeur Alain Astier déclare n’avoir aucun lien ni conflit d’intérêts concernant les produits traités dans cet article.

Marie-Noëlle Delaby

mndelaby@quechoisir.org

Anne-Sophie Stamane

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28 janvier 2017

Carte interactive sur la qualité de l’eau potable

Carte interactive UFC-Que Choisir sur l’eau du robinet en France : mieux préserver la ressource pour une cons’eau sans modération !

Publié le 26 janvier 2017 par Maya DE OLIVEIRA

A l’occasion du lancement de sa nouvelle carte interactive sur la qualité de l’eau potable en France, l’UFC-Que Choisir publie aujourd’hui une étude montrant que si près de 96 % des consommateurs peuvent boire leur eau en toute confiance, 2,8 millions ont en revanche une eau polluée notamment par les pesticides, les nitrates ou le plomb. Ce constat globalement positif, s’agissant de l’eau distribuée, ne saurait masquer la triste réalité de ressources en eau massivement polluées nécessitant de coûteuses campagnes de dépollution. Si la consommation de l’eau du robinet doit être encouragée, les Pouvoirs Publics doivent urgemment renforcer la politique de l’eau.

Sur la base des résultats officiels du Ministère de la Santé, l’UFC-Que Choisir a passé au peigne fin les réseaux de distribution des 36.600 communes de France, pour la totalité des 50 critères réglementaires. Le résultat global se révèle très satisfaisant, puisque l’eau distribuée à 95,6% des consommateurs français respecte haut la main la totalité des limites réglementaires(1) et ce tout au long de l’année. Encore trop de consommateurs cependant sont desservis par une eau polluée. Revue des principales pollutions :

  • L’agriculture toujours première cause de pollutions : Les pollutions agricoles occupent les deux premières places de ce triste palmarès, avec tout d’abord les pesticides qui constituent de loin la première cause de non-conformité (5% des réseaux de distribution dans 2271 communes). Ils contaminent l’eau desservie à près de 2 millions de consommateurs principalement ruraux, dans les régions d’agriculture intensive. Mais ils affectent également les réseaux de certaines villes : Tremblay en France (2 des 3 réseaux de distribution), Sens (3 des 4 réseaux de distribution), Lens, Tarbes, Auch …  Viennent ensuite les nitrates (0,8% des réseaux contaminés dans 370 communes) qui polluent l’eau de près de 200.000 consommateurs, notamment dans le Loiret, la Seine et Marne, l’Yonne, l’Aube, la Marne, le Pas de Calais et la Somme.
  • Des bactéries en zone de montagne : les contaminations bactériennes dues aux défauts de surveillance ou à la vétusté des installations, constituent la 3e pollution la plus fréquente (0,7% des réseaux dans 253 communes) et concernent de l’ordre de 200.000 consommateurs. Si aucune ville n’est touchée, ces contaminations sont en revanche plus particulièrement rencontrées dans les petites communes rurales de montagne : Pyrénées, Massif Central et Alpes.
  • Alerte sur les composants toxiques des canalisations : Sur l’ensemble de la France, 3 % des analyses réalisées dans les logements font apparaitre la présence de plomb, de cuivre, de nickel ou de chlorure de vinyle, relargués par des canalisations vétustes ou corrodées. Dans le cas du plomb, ces logements sont plus particulièrement situés dans les centres anciens : Nice, Toulon, Dijon, Avignon, Créteil, La Rochelle, Albi, St Brieuc … Mais ces pollutions restent les plus mal mesurées car du fait d’un très faible nombre de prélèvements (15 en moyenne par ville pour les communes citées, sur la période de deux ans et demi), ces analyses isolées ne permettent pas de connaître l’exposition réelle des consommateurs.
  • Gare à la bonne qualité en trompe l’œil : Bien qu’à l’échelle de la population française ces différentes pollutions soient limitées, elles restent cependant d’autant moins acceptables que l’alerte est donnée depuis longtemps et que les bons remèdes ne sont toujours pas appliqués. Si l’eau de 97% des consommateurs échappe aux pesticides par exemple, ce n’est pas parce que l’agriculture aurait amendé ses pratiques, mais parce que l’eau subit de coûteux traitements de dépollution. Or 87% de cette dépollution est financée par les consommateurs contre seulement 6% par les agriculteurs(2) , en application de l’inadmissible principe du ‘’pollué-payeur’’ ! Quant aux canalisations, si beaucoup de réseaux de distribution échappent à la sanction d’une non-conformité en plomb ou en chlorure de vinyle, c’est souvent à la faveur d’analyses en trop faible nombre, voire inexistantes.

Consultez notre étude sur le thème « Où peut-on boire de l’eau du robinet en France et comment préserver cette ressource? » (PDF-1518 Ko)

 

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Alors qu’un consommateur sur deux déclare consommer de l’eau en bouteille quotidiennement et que les industriels entendent faire croître ce marché, l’UFC-Que Choisir, forte d’une très bonne qualité de l’eau potable et promotrice d’une consommation responsable, appelle les consommateurs à préférer l’eau du robinet.

Par ailleurs, soucieuse de préserver cette ressource si précieuse, l’Association demande aux Pouvoirs Publics :
–    Une réforme en profondeur de la politique agricole de l’eau, par une véritable mise en œuvre du principe ‘pollueur – payeur’ dans le calcul des redevances de l’eau, au moyen d’une augmentation de la taxation des pesticides et des engrais azotés et par un soutien financier aux agricultures biologiques et intégrées,
–    Un audit national des composants toxiques des canalisations pour estimer le niveau d’exposition des consommateurs et, dans le cas du plomb, une aide aux particuliers pour le remplacement de leurs canalisations.
Chaque consommateur peut accéder librement à la carte interactive et synthétique de la qualité de l’eau qui lui est distribuée.

NOTES

(1) Ensemble des limites de qualité définies dans l’arrêté du 11 janvier 2007 relatif aux limites et références de qualité des eaux brutes et des eaux destinées à la consommation humaine mentionnées aux articles R. 1321-2, R. 1321-3, R. 1321-7 et R. 1321-38 du code de la santé publique – NOR: SANP0720201A.

(2) Les agences de l’eau et la politique de l’eau : une cohérence à retrouver’ – Rapport public annuel 2015 – Cour des Comptes –  février 2015

 

27 janvier 2017

Colorant E171. Un additif sous surveillance

Colorant E171. Un additif sous surveillance

Des chercheurs viennent de montrer que les rats à qui ils avaient administré le colorant E171 à des doses similaires à celles que nous consommons développaient des troubles du système immunitaire et des lésions précancéreuses. Le gouvernement a saisi l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) pour qu’elle se prononce sur l’existence d’un risque chez l’homme.

Un additif sous surveillanceTrès présent dans les chewing-gums et les M&M’s mais aussi dans d’autres confiseries, des laitages aromatisés ou des plats cuisinés, le colorant E171 est prisé de l’industrie agroalimentaire. C’est sa taille en partie nanométrique qui a attiré l’attention des chercheurs. Infiniment petites, les nanoparticules ont des propriétés particulières, dont celle de pouvoir pénétrer à travers les barrières physiologiques de l’organisme, et leur comportement imprévisible justifie une vigilance accrue.

Pour la première fois, des scientifiques ont utilisé cet additif tel qu’introduit dans les produits alimentaires – ils l’ont acheté chez un fabricant d’ingrédients – et aux doses moyennes ingérées par les consommateurs. Deux types d’exposition ont été testés : pendant une semaine en administration quotidienne unique et pendant cent jours de façon fractionnée dans l’eau de boisson.

Première constatation : le E171 pénètre la paroi de l’intestin et passe bel et bien dans le sang puisqu’on en retrouve trace dans le foie des rongeurs. Deuxième découverte : au bout de sept jours, on constate des phénomènes qui signent un abaissement des défenses immunitaires. Et enfin, des lésions précancéreuses se forment chez 40 % des animaux et de telles lésions induites volontairement voient leur développement accéléré par l’additif. « On ne peut pas extrapoler sur cette seule base et conclure que le dioxyde de titane est cancérogène pour l’homme, précise Fabrice Pierre, directeur de recherche à l’unité Toxalim de l’Inra (Institut national de recherche agronomique), un des responsables de l’étude. Mais cela justifie clairement qu’une étude de carcinogenèse selon les lignes directrices en vigueur soit désormais menée, avec une attention particulière portée aux effets sur l’immunité. »

Devant ces conclusions inquiétantes, les ministres de l’Économie, de la Santé et de l’Agriculture ont saisi l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) afin de déterminer si le colorant E171 présente un risque pour les consommateurs. Les conclusions sont censées être rendues d’ici deux mois mais on voit mal comment l’Anses pourrait se prononcer sur cette question dans un laps de temps si court.

En attendant, on peut toujours traquer le E171 sur les étiquettes, d’autant que la plupart des produits qui en contiennent sont des confiseries qu’on peut aisément éviter de consommer. Le dioxyde de titane sous forme nanométrique est également utilisé dans d’autres produits de consommation courante, notamment les cosmétiques où il peut jouer le rôle d’opacifiant et surtout de filtre solaire. Il est alors indiqué dans la liste d’ingrédients sous le nom de titanium dioxide. Son passage dans le sang après application sur la peau n’est pas exclu.

Fabienne Maleysson

fmaleysson@quechoisir.org

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26 janvier 2017

Apple Airpods vs Samsung IconX

Apple Airpods vs Samsung IconX

Le match des écouteurs en 5 points

La disparition programmée de la prise casque sur les smartphones (déjà entérinée sur l’iPhone 7) pousse les géants à s’affronter sur un autre terrain : celui des écouteurs sans fil. Samsung a lancé ses IconX en juin dernier dans l’indifférence générale, alors qu’Apple, qui a présenté ses Airpods plus tard a, comme à son habitude, créé le buzz. L’accueil du public ne reflète pas le niveau de prouesse technologique de ces deux modèles. Les écouteurs d’Apple sont bardés de capteurs, mais ceux de Samsung le sont plus encore. Usages, compatibilité, prix… Nous avons passé plusieurs jours avec les Airpods, puis avec les IconX, pour déceler les principales différences. Voici, en 5 points, ce qui les distingue et les rapproche.

 

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CONFORT

Les Airpods d’Apple et les IconX de Samsung sont des produits haut de gamme. Les constructeurs ont soigné les finitions et les matériaux sont de qualité. Apple a repris le design de ses écouteurs habituels, la version sans fil étant si légère (4 grammes chacun) qu’elle tient bien dans les oreilles. Le plastique lisse peut toutefois glisser facilement de l’oreille. Ce n’est pas le cas chez Samsung, qui a équipé ses écouteurs d’embouts en silicone (il s’agit d’écouteurs intra-auriculaires) et ajouté un stabilisateur qui épouse la conque de l’oreille. Pour s’adapter à toutes les morphologies, la firme coréenne livre trois tailles d’embouts dans la boîte. Une fois en place, les écouteurs (6 grammes chacun) ne bougent plus. Tant mieux, parce que chez Samsung, impossible de ne racheter qu’un écouteur, ou le boîtier seul, en cas de perte. C’est possible chez Apple, mais il faudra débourser 75 € pièce.

UN BOÎTIER MALIN

Apple et Samsung ont eu la bonne idée de livrer leurs écouteurs avec un boîtier qui fait office de batterie. Les écouteurs se rechargent dès qu’ils sont rangés ; quant au boîtier lui-même, il se recharge sur secteur. C’est pratique et, sans juger l’autonomie (non mesurée en laboratoire), largement suffisant pour profiter des écouteurs en respectant les pauses conseillées par les spécialistes de l’audition (toutes les demi-heures).

LUXE VS SPORT

Samsung a présenté les IconX comme un accessoire dédié au sport. C’est ce qui justifie les embouts en silicone pour assurer un bon maintien. Ils intègrent aussi une puce GPS et un cardiofréquencemètre pour mesurer les différents paramètres sportifs (distance, parcours, calories brûlées, etc.). Ce n’est pas le cas des Airpods. Les IconX sont par ailleurs équipés d’un espace de 4 Go qui permet de stocker de la musique. Autrement dit, le smartphone reste à la maison lors des sorties de course à pied. Lors d’une nouvelle activité, le sportif peut déclencher l’enregistrement directement depuis les écouteurs. Samsung promet qu’ils résisteront à la sueur et aux éclaboussures.

Rien de tout ça chez Apple, qui ne dit pas un mot sur l’étanchéité des Airpods et ne les destine pas particulièrement aux sportifs. Fidèle à lui-même, Apple se projette mieux dans l’univers du luxe. Le son des Airpods provient forcément de l’iPhone, sans lui ils sont inutilisables. Les écouteurs embarquent moins de capteurs (pas de GPS ni de cardiofréquencemètre), mais les Airpods n’en sont pas moins bardés d’électronique. Une nouvelle puce (W1) est au cœur d’un système composé de capteurs infrarouges qui détectent la présence des Airpods dans les oreilles, d’accéléromètres et de micros censés réduire le bruit ambiant.

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Des écouteurs très différents pour Apple et Samsung

COMMANDES

Airpods et IconX sont capables de gérer les appels. Pour répondre, il suffit, sur l’un comme sur l’autre, de tapoter deux fois sur l’un des écouteurs. Le « double-tap » est le seul geste que comprennent les Airpods ; quand il ne s’agit pas de décrocher, cette même commande permet de déclencher l’assistant vocal Siri. C’est à lui qu’il faudra demander à haute voix de monter ou de baisser le son, ou bien de passer au titre suivant. Ce n’est pas très pratique, et cela suppose d’être connecté à Internet (pas de connexion, pas de Siri !). Forcément, dans les transports, sortir son smartphone s’avère beaucoup plus discret… Ce choix radical constitue le plus gros défaut des Airpods, de loin.

En face, Samsung fait figure de génie avec la judicieuse surface tactile qu’il a intégrée à chacune des oreillettes. Tapoter une fois met la musique sur pause. Deux fois passe à la chanson suivante. Trois fois ? À la chanson précédente. Glisser vers le haut ou le bas permet d’ajuster le volume. Le système est bien pensé et les commandes précises. Un vrai plaisir.

 

PRIX ET COMPATIBILITÉ

Chez Apple et chez Samsung, les écouteurs sans fil complètent un écosystème déjà composé de smartphones et de montres connectées. Les deux géants espèrent évidemment que le consommateur achètera les écouteurs de la même marque, les Airpods pour agrémenter l’utilisation de son iPhone 7 et de son Apple Watch Series 2, les IconX avec un Galaxy S7 et une Gear S2 (ou même une Gear S3 !). Les écouteurs d’Apple coûtent 179 €, ceux de Samsung 199 € (ce qui porte le budget de l’équipement total à 1 365 € chez Apple et à 1 200 € chez Samsung…). Il est toutefois possible d’utiliser les Airpods sur un smartphone Samsung (et sur n’importe quel smartphone Android), de même que les IconX sont compatibles avec les iPhone. Mais dans les deux cas, toutes les fonctions ne sont alors pas disponibles. L’assistant vocal Siri étant propre à Apple, il est inutilisable sur un smartphone Android, il faudra donc sortir le smartphone de sa poche pour piloter la musique. Les pavés tactiles des IconX restent au contraire disponibles avec un iPhone (pour changer de titre ou régler le son), mais pas les fonctions liées au sport (puisque celles-ci sont synchronisées avec une application Samsung dédiée, S-Health, installée sur le smartphone).

 

NOTRE AVIS

Airpods et IconX constituent une suite logique à côté des smartphones et des montres connectées dans les environnements conçus par Apple et Samsung. En tout cas, après plusieurs jours d’utilisation, le retour aux écouteurs filaires est difficile tant la liberté de mouvement offert par le sans-fil est appréciable. Même si les Airpods s’intègrent mieux dans l’univers Apple et les IconX dans l’univers Samsung, rien n’empêche de choisir le modèle qui convient le mieux à son usage.

À noter : Les Airpods fonctionnent avec les iPhone, iPad et iPod sous iOS10 et les Apple Watch sous WatchOS3. Les Samsung IconX exigent quant à eux Android 4.4 minimum.

D’AUTRES CONSTRUCTEURS SUR LES RANGS

Samsung et Apple ne sont pas les seuls à s’intéresser au créneau porteur des oreillettes sans fil. Jabra a présenté en septembre un modèle dédié au sport vendu 250 €. Le Jabra Elite Sport est étanche (IP67), intègre un cardiofréquencemètre et un coach vocal, et s’accompagne d’une application mobile (iOS et Android) qui permet d’en gérer tous les paramètres. Onkyo avait ouvert la voie dès 2015 avec les W800BT, mais la commercialisation est limitée aux États-Unis. Plusieurs acteurs plus modestes, comme Bragi ou Kanoa, sont aussi sur les rangs. Une chose est sûre : ces écouteurs d’un nouveau genre se généraliseront rapidement.

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Les écouteurs Jabra Elite Sport, Onkyo W800BT et Kanoa

Camille Gruhier

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26 janvier 2017

Voitures électriques Tesla. La recharge devient payante

Voitures électriques Tesla. La recharge devient payante

L’utilisation d’une station de recharge superchargeur Tesla est désormais payante pour tout modèle immatriculé après le 15 janvier. La marque justifie cette contribution afin de pouvoir développer le réseau de superchargeurs sur le territoire.

La recharge devient payante

Les propriétaires de Tesla, Model X, Model S et bientôt de Model 3, commandées après le 15 janvier 2017, doivent désormais payer la recharge sur les bornes de la marque, les superchargeurs. Toutefois, le constructeur livre ses voitures avec un « crédit » annuel de 400 kWh (de quoi parcourir environ 1 600 km) qui sera attribué tous les ans, à la date anniversaire de la voiture. Une fois ce forfait dépassé, la charge sera facturée 20 centimes d’euro par kWh. Tesla indique qu’à ce tarif, un trajet de Paris à Rome (environ 1 420 km) coûtera 60 €.

Le constructeur justifie l’instauration du paiement par le besoin de financer l’installation de nouveaux surperchargeurs afin de densifier son réseau. Ce dernier se compose, en France, de 330 bornes réparties sur 46 sites. À noter que pour les anciens propriétaires de Tesla ayant un modèle immatriculé avant le 15 janvier 2017, la recharge demeure gratuite. Anciens et nouveaux propriétaires peuvent bien évidemment recharger leur Tesla chez eux ou sur leur lieu de travail.

26 janvier 2017

Assurance vie. Le palmarès des rendements 2016

Assurance vie. Le palmarès des rendements 2016

Les épargnants risquent de faire la grimace en découvrant la nouvelle rémunération de leurs fonds en euros. Incités par le gouverneur de la Banque de France à « la modération dans la fixation des taux de rendement », les assureurs ont répondu présents à l’appel en répercutant plus fortement que par le passé le coût de la baisse inédite des taux obligataires.

Le palmarès des rendements 2016Dès la mi-décembre, ouvrant le bal des rendements 2016, Mutavie (groupe Macif) a donné le ton en annonçant une performance de 1,20 %, nette de tout frais, pour Livret Vie, son plus gros fonds en euros (14,2 milliards d’euros sous gestion). « Dans une conjoncture de taux extrêmement bas qui peut mettre en péril la garantie du capital, nous assumons pleinement cette baisse », affirme Philippe-Michel Labrosse. Pour le directeur du pôle Finance Épargne du groupe Macif, le constat est clair : « s’il veut éviter la perte de son pouvoir d’achat, l’épargnant doit diversifier ses placements, c’est la fin du modèle de l’assurance vie 100 % euros ».

CHUTE LIBRE ET DISPERSION

Partagée par ses pairs, cette position s’est traduite par un repli sévère des rendements servis l’an dernier (voir tableau). Comme toujours, les disparités restent cependant marquées entre d’un côté, les offres standards des grands réseaux bancaires et d’assurance qui s’annoncent sous la barre des 2 % et de l’autre, celles vendues sur Internet ou encore promues par des acteurs mutualistes peu connus du grand public (la MIF, le Conservateur, la Carac, Monceau Assurance, la Macsf, etc.) qui maintiennent des rendements proches des 2,5 %. À noter, les contrats associatifs creusent également toujours l’écart avec le gros du marché comme en témoignent les résultats affichés par le Gaipare et l’Asac Fapes (respectivement 2,9 % et 2,8 % pour leurs offres gérées en partenariat avec Allianz). Ou encore ceux du fonds paquebot de l’Afer (47,5 milliards d’euros d’encours) qui, piloté en partenariat avec Aviva, est parvenu à servir un taux de 2,65 %. De même, quelques contrats patrimoniaux atypiques dits « europierre » (car fortement investis en immobiliers) ou « euroactifs » (davantage exposés en actions) se distinguent par des performances encore proches de 3 % ou plus.

RENDEMENT ENCORE CONCURRENTIEL

Comme le rappelle l’expert indépendant Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du site Good Value for Money, « les premiers à dévoiler leurs résultats étant souvent les meilleurs », il va falloir attendre encore quelques semaines avant d’avoir une idée plus précise du cru 2016. Mais les tendances sont déjà suffisamment nettes pour tabler « sur un rendement moyen proche de 1,8 % ». Évidemment cette rémunération n’a rien de mirobolant. D’autant qu’après prélèvements sociaux de 15,5 %, elle tombe à 1,5 %. Pourtant, rapporté à une inflation 2016 toujours atone, un livret A rémunéré 0,75 % et un PEL à 1 %, ce rendement reste concurrentiel pour un placement dont le capital est garanti à tout moment et le rendement annuel définitivement acquis (effet cliquet). À titre de comparaison, en 2012, les fonds en euros rapportaient seulement 0,9 % nets d’inflation !

TAUX SOUS TENSION

Qu’en sera-t-il demain ? Majoritairement placés en obligations d’État et d’entreprises, les fonds en euros sont appelés à être durablement impactés par la baisse historique des taux longs que connaît la France depuis quatre ans. Déjà au plus bas en 2015, le taux de l’OAT (obligation assimilable du Trésor) 10 ans, qui constitue l’indice de référence du secteur, a dévissé à 0,1 % l’été dernier, du jamais vu ! Combiné à une Bourse en dents de scie (seul le rebond de décembre a permis au Cac 40 de finir l’année 2016 dans le vert à + 4,8 %), ces taux obligataires au plancher réduisent la marge de manœuvre financière dont disposent les assureurs pour générer de la performance. Au fur et à mesure que leurs portefeuilles se renouvellent sous le double effet de l’encaissement des primes nouvelles et des sorties, il se dilue : la part d’obligations plus rentables qui a longtemps permis de freiner la perte de rentabilité des fonds en euros se réduit. « Les fonds en euros devraient continuer de perdre de 30 à 40 centimes par an à l’horizon 2020 », anticipe Cyrille Chartier-Kastler.

RÉSISTANCE ?

Pourront-ils dans ce cas résister à une forte remontée des taux et de l’inflation ? « Non », affirment en chœur les assureurs qui en profitent pour pousser leurs clients vers des supports en unités de compte (UC, placées en actions, immobilier, etc.), potentiellement plus performants mais aussi plus risqués (les primes versées ne sont plus garanties, elles suivent à la hausse comme à la baisse les marchés où elles sont investies). Nombre d’entre eux vont même jusqu’à bonifier le taux des fonds euros des contrats multisupports les plus chargés en UC. On frôle la vente forcée ! Pourtant, jouer les Cassandre dans les contextes agités du moment est bien périlleux. Certes, c’est incontestable si la courbe des taux remonte brutalement, les fonds en euros seront pénalisés. En revanche si elle se redresse progressivement, les assureurs pourront adapter la gestion de leur portefeuille au fil de l’eau. Et ils seront d’autant plus en mesure de préserver la rémunération des actifs constitutifs de leurs fonds en euros qu’ils n’ont eu de cesse ces dernières années de mettre en réserve des provisions financières. Or, il faudra bien les redistribuer un jour aux assurés !

TAUX DE RENDEMENTS 2016 DE 20 CONTRATS D’ASSURANCE VIE

LE PALMARÈS DES RENDEMENTS DEPUIS 2012

Que Choisir fait depuis quelques années le point sur les rendements de l’assurance vie. Ils sont consultables pour :

Laurence Delain-D

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24 janvier 2017

Démarchage téléphonique (vidéo). Caméra cachée dans un centre de téléprospection

Démarchage téléphonique (vidéo). Caméra cachée dans un centre de téléprospection

Caméra cachée dans un centre de téléprospection

Que se passe-t-il à l’autre bout de la ligne lorsqu’on est démarchés?? Pour le savoir, nous nous sommes infiltrés incognito dans l’équipe de téléprospection d’une société spécialisée dans la rénovation de l’habitat.

 

LUNDI 5?DÉCEMBRE

11 h : « Ce n’est pas un travail facile »

Il aura suffi d’un CV amélioré et d’une lettre de motivation pour que le responsable du recrutement de la société nous appelle et nous fixe un rendez-vous deux jours plus tard au cœur d’une zone commerciale de la région parisienne. La responsable télémarketing nous accueille dans ce qui a dû servir un jour de showroom et nous amène au premier étage où une dizaine de jeunes téléprospectrices sont déjà au travail. Céline (1) entre dans le vif du sujet : « Votre travail consistera à appeler des gens pour les convaincre de fixer un rendez-vous avec l’un de nos commerciaux. Pour cela, vous vous appuierez sur ce script, dit-elle en tendant une feuille. Vous leur direz que nous nous implantons dans leur ville et qu’ils ont été sélectionnés pour participer à un tirage au sort pour gagner des fenêtres ou des volets. » Puis elle enchaîne sur les horaires (10 h 30-13 h/17 h 30-20 h du lundi au vendredi) et les conditions salariales (1 047 €/mois + primes en fonction du nombre de ventes générées). Notre manque d’expérience ? « Ce n’est pas un problème. Ce qu’il faut avant tout, c’est une bonne élocution et de l’envie, car ce n’est pas un travail facile. »

11 h 30 : « J’ai la rage »

La présentation terminée, Céline nous fait écouter des conversations en cours, notamment celles de Samia. « C’est une chance pour vous d’être appelée aujourd’hui, insiste celle-ci auprès d’une femme dubitative. Nous ne vous recontacterons pas une deuxième fois. » Après une longue réflexion, la dame accepte de participer au jeu. Mais la satisfaction de Samia est de courte durée. « Elle met deux minutes à se décider et, au final, elle me dit qu’elle est locataire, souffle-t-elle après avoir raccroché. J’ai la rage. »

 

MERCREDI 7 DÉCEMBRE

10 h 30 : « On risque de grossir »

À la demande de Céline, nous revenons deux jours plus tard. À notre arrivée, l’équipe est en train de se faire remonter les bretelles. « Vous devez écouter les personnes, lance Céline. Si elles vous disent que changer leurs fenêtres n’est pas dans leurs projets immédiats, c’est que c’est dans leurs projets. Dites-leur qu’il s’agit juste d’une information, insistez sur le fait que l’on vient de province, que la société existe depuis vingt ans, qu’on est fabricant-installateur français. Tout cela contribue à les rassurer. Mais encore faut-il y croire. Dites-vous que si la personne dit oui, c’est pour vous et pas pour le produit.?» Avant d’ajouter : « Je vous rappelle que chacune d’entre vous qui générera cinq ventes touchera une prime de 400 € et que celles qui n’auront pas décroché de rendez-vous de la journée apporteront le petit-déjeuner demain. » « On risque de grossir », craint l’une de ses adjointes.

11 h 30 : « Le tirage au sort ? Un projet lointain »

Il est temps de passer nos premiers appels. Pendant que le système compose automatiquement un numéro, le nom et l’adresse de l’interlocuteur s’affichent. À chaque fois qu’une personne répond, nous déroulons notre argumentaire. À la fin de la communication, il faut qualifier l’appel selon la nomenclature suivante : « locataire », « refus » ou « répondeur ». Si les locataires et les personnes ayant décliné l’offre ne seront pas rappelés de sitôt, les numéros ayant hérité de la qualification « répondeur » seront automatiquement recomposés dans les jours suivants. Or, la responsable nous demande de classer aussi dans cette catégorie les prospects mécontents. « Comme cela, nous les rappellerons. Avec un peu de chance, ils seront dans de meilleures dispositions », nous explique l’adjointe de Céline. Avant de nous en dire plus sur le fameux tirage au sort : « Oh, c’est un projet lointain. Le but, c’est surtout de capter l’attention. »

12 h 30 : « Vous n’avez pas une voix de retraité »

Beaucoup de personnes sur répondeurs, une flopée de refus plus ou moins polis, quelques erreurs de numéro… après plus d’une heure passée au téléphone et une trentaine d’appels infructueux, le bilan n’est guère reluisant. Jusqu’à ce qu’un certain Paul nous dise que oui, vraiment, il aimerait bien gagner des volets. Comme convenu, nous passons la main à une collègue plus expérimentée pour qu’elle « valide l’inscription » et tente de caler un rendez-vous avec un commercial. « Puisque vous êtes intéressé par des volets, j’imagine que vous avez un projet de rénovation », lance-t-elle à Paul avant de lui faire miroiter des gains d’argent (« vous savez que vous pouvez bénéficier d’un crédit d’impôt de 30 % ») et de multiplier les compliments gratuits (« vous n’avez vraiment pas une voix de retraité »). Pourtant, après avoir raccroché, l’experte se montre sceptique. « Il a déjà fait faire deux devis pour ses volets. Comme nous sommes plus chers que les concurrents, je crains que cela ne soit pas très bon pour la suite. » À 13 h, Céline nous propose un contrat. Nous déclinons l’offre.

NOTES

(1) Les prénoms ont été changés.
24 janvier 2017

Démarchage (infographie). Le démarchage téléphonique et vous

Démarchage (infographie). Le démarchage téléphonique et vous

Le démarchage téléphonique et vous

Le nombre de consommateurs qui expriment leur ras-le-bol du démarchage téléphonique n’a jamais atteint de tels sommets. Il suffit de voir le succès de la dernière enquête de l’UFC-Que Choisir pour s’en convaincre. Avec près de 12 000 réponses, jamais un questionnaire n’avait autant mobilisé nos internautes. Et rarement un sujet aura tant fait l’unanimité contre lui.

 

LE DÉMARCHAGE

Le problème principal vient de la quantité astronomique d’appels reçus : 4 en moyenne par semaine. Plus souvent présents à leur domicile et cibles privilégiées de certaines démarcheurs, les plus de 65 ans sont, avec 4,4 appels par semaine en moyenne, un peu plus touchés que le reste de la population. Qui plus est, le téléphone sonne principalement à des moments de la journée où les gens sont occupés, soit à l’heure du déjeuner et entre 17 et 20 heures. Dans la quasi-totalité des cas (96 %), les répondants ne sont pas clients des entreprises qui les démarchent.

VOTRE PERCEPTION DU DÉMARCHAGE

Les répondants sont nombreux à déplorer le ton agressif de certains téléopérateurs, leur obstination à les rappeler malgré leur refus et le fait que beaucoup cachent leurs réelles intentions derrière un faux sondage ou une pseudo-loterie, comme le prouve notre caméra cachée dans un centre de téléprospection. Pas étonnant, dans ces conditions, que tous les répondants sans exception trouvent le démarchage « agaçant » et que 91 % le jugent même « très agaçant ». Face à ces sollicitations, 62 % disent décliner poliment la proposition, 35 % raccrochent avant même que leur interlocuteur n’ait commencé à parler, voire ne décrochent pas. Ils ne sont que 2 % à écouter l’argumentaire du vendeur jusqu’au bout. Au final, seuls 8 % des répondants disent avoir déjà donné suite à une proposition faite par téléphone (rendez-vous, achat, souscription d’un abonnement ou autre).

BLOCTEL

La plupart des répondants connaissent la liste anti-démarchage Bloctel et la majorité de ceux qui s’y sont inscrits ont trouvé la procédure simple. En ce qui concerne l’efficacité du dispositif, en revanche, le bilan est plus mitigé. Si 60 % des inscrits à Bloctel ayant répondu à notre enquête disent avoir constaté une baisse du nombre d’appels depuis leur inscription, c’est le plus souvent dans une proportion négligeable. Ils sont seulement 18 % à trouver que les appels ont « beaucoup baissé ». Quant aux 40 % restants, ils n’ont pas vu de changement. 5 % ont même constaté une hausse du nombre d’appels depuis leur inscription. L’autre point noir concerne les réclamations : 29 % des personnes ayant signalé à Bloctel des numéros les ayant démarchés ont trouvé la procédure compliquée. Ils sont aussi nombreux à déplorer le fait de ne pas avoir été tenus au courant des suites données à leur plainte.

Grégory Caret

Observatoire de la consommation

gregorycaret

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24 janvier 2017

Kusmi Tea à la camomille. L’infusion riche en substances nocives

Kusmi Tea à la camomille. L’infusion riche en substances nocives

Nos confrères du magazine allemand Stiftung Warentest révèlent que les sachets d’infusions à la camomille de la marque française Kusmi Tea contiennent de fortes doses d’alcaloïdes potentiellement cancérogènes. Une contamination due à la présence fortuite d’herbes sauvages dans les infusions. La marque a rapidement réagi en retirant la tisane du marché, en Allemagne comme en France.

L’infusion riche en substances nocives380 fois la dose journalière acceptable pour un adulte ! La dose de contaminants retrouvés dans les sachets de camomille Kusmi Tea (1) analysés par Stiftung Warentest a de quoi faire frémir. Mardi 17 janvier, le magazine allemand de défense des consommateurs annonçait sur son site Internet avoir découvert dans des sachets de tisane à la camomille de la marque de thé haut de gamme Kusmi Tea des taux anormalement élevés d’alcaloïdes pyrrolizidiniques (PA). Des composés susceptibles de provoquer des intoxications hépatiques et dont les propriétés mutagènes et cancérogènes ont été mises en évidence par des études chez l’animal. Bien qu’il n’existe pas de réglementation limitant la présence de ces composés toxiques, les autorités sanitaires allemandes (Bfr) recommandent de ne pas dépasser une exposition journalière de 0,42 µg/j pour un adulte de 60 kg (ou 0,11 µg/j pour un enfant de 16 kg). Un chiffre en adéquation avec les recommandations de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa).

Si la camomille ne contient pas naturellement d’alcaloïdes pyrrolizidiniques, les résidus d’herbes sauvages récoltées avec la fleur de camomille (bourrache, marguerite…) peuvent contaminer les infusions en l’absence de tri.

Dans le cas présent, les analyses ont détecté la présence de 21 alcaloïdes pyrrolizidiniques (PA) sur les 28 recherchés par le laboratoire dans les sachets mousseline, avec une teneur totale de 161 µg de contaminants par sachet (soit 73,2 mg/kg). Ces alcaloïdes pouvant se dissoudre totalement dans la tisane, une seule infusion peut donc apporter au consommateur environ 380 fois la dose limite conseillée en PA !

Contactée par nos confrères,  la firme allemande d’Orientis – la société française qui possède la marque Kusmi – a dans un premier temps nié tout problème en arguant qu’un consommateur devrait « consommer plus de 1,6 kg d’infusion à la camomille, soit environ 730 tasses par jour, pour subir un effet secondaire ». Un raisonnement jugé incompréhensible par Jochen Wettach, responsable des essais comparatifs au sein du magazine allemand, qui estime « qu’il s’agit probablement d’une confusion de la part d’Orientis entre des données de l’Efsa portant sur les taux d’alcaloïdes susceptibles de provoquer une intoxication aiguë (immédiate) et les doses sans effet observable, beaucoup plus basses ».

Malgré ce démenti, la marque française procédait dès le lendemain au retrait des boîtes de Kusmi Tea Camomille actuellement sur le marché européen et sur son site Internet et annonçait saisir immédiatement l’Efsa afin qu’elle précise les normes à respecter.

NOTES

(1) Kusmi Tea Camomille – 20 sachets mousseline, 44 g – Date d’expiration: 10/2019.
Numéro de lot du carton d’emballage LOT: 161031.
Numéro de lot du sachet : KUS163121.

Marie-Noëlle Delaby

mndelaby@quecho

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24 janvier 2017

Assurance emprunteur. La résiliation annuelle devrait finalement s’imposer

Assurance emprunteur. La résiliation annuelle devrait finalement s’imposer

C’est en février que les emprunteurs sauront si l’amendement parlementaire autorisant la résiliation annuelle de l’assurance emprunteur, adopté mardi 17 janvier, est définitif. Et si le marché s’ouvre enfin à la concurrence.

La résiliation annuelle devrait finalement s’imposer

Sénateurs et députés sont revenus à la charge après la censure par le Conseil constitutionnel de la disposition de la loi Sapin 2 autorisant la résiliation annuelle de l’assurance emprunteur. Mardi 17 janvier, ils ont en effet adopté en commission mixte paritaire l’article 4 bis du projet de loi de ratification de plusieurs ordonnances sur la consommation qui introduit cette mesure.

De façon très nette (l’amendement introduit a été adopté à l’unanimité), les élus ont décidé de lever toutes les ambiguïtés : non seulement tous les contrats à venir pourront faire l’objet d’une résiliation de l’assurance emprunteur chaque année (mesure applicable dès la publication de la loi), mais aussi, à partir du 1er janvier 2018, tout le stock des anciens prêts immobiliers encore en cours de remboursement !

Le député socialiste Martial Bourquin, à l’origine du dépôt d’amendement, estime que la mesure permettra de redonner entre 500 et 700 € de pouvoir d’achat aux ménages chaque année, sur des prêts d’une durée allant jusqu’à 25 ans. Les personnes qui viennent de souscrire un prêt immobilier ou celles dont la situation de santé s’est améliorée depuis la signature de leur prêt sont les premières concernées.

L’Assemblée nationale de son côté, le Sénat du sien, doivent maintenant entériner la décision. La procédure, principalement formelle, ne devrait pas poser trop de difficulté…

Dernier écueil possible : le texte pourrait être à nouveau déféré devant le Conseil constitutionnel par un groupe de parlementaires. Mais cette hypothèse n’est pas aujourd’hui la plus probable, l’amendement ayant été voté à l’unanimité. En outre, l’argument retenu lors de la loi Sapin 2 par le Conseil constitutionnel (mesure étrangère au reste du projet de loi soumis au vote) serait plus difficile à faire jouer cette fois.

Élisa Oudin

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21 janvier 2017

Café (infographie). Vous, le café et les cafetières

Café (infographie). Vous, le café et les cafetières

Les lecteurs de Que choisir semblent vouer un véritable amour au café : en seulement une semaine, plus de 8 000 personnes ont répondu à notre questionnaire. Rituel important de la journée, le « caoua » est en pleine évolution : les bonnes vieilles cafetières à filtre laissent progressivement la place aux machines à dosettes et capsules.

LA CONSOMMATION DE CAFÉ

Près de la moitié des répondants boit 3 cafés ou plus par jour et 12 % déclarent même en boire plus de 5. Attention, les médecins recommandent de ne pas dépasser cinq à six tasses par jour (soit 500 mg de caféine en moyenne). Nos répondants privilégient les cafés courts (expresso, ristretto), qui remportent 38 % des suffrages. Le café long n’a toutefois pas dit son dernier mot : à cette catégorie spécifique (13 % des réponses) s’ajoutent les 24 % des cafés « filtre classique », dont on peut supposer qu’ils sont servis dans une grande tasse ou un bol. Cette double culture du café se retrouve d’ailleurs dans l’équipement des ménages : beaucoup de Français possèdent deux machines, permettant de satisfaire leur envie de café long – en général le matin – et de cafés courts tout au long de la journée.

LES CAFETIÈRES À CAPSULES OU DOSETTES

Possédées par 52 % de nos lecteurs, les cafetières à capsules ou dosettes sont clairement entrées dans les habitudes : 80 % sont utilisées quotidiennement ou presque. Nespresso est le système à capsules le plus utilisé (par plus de 55 % de nos répondants), devant l’outsider Senseo. Les deux leaders se retrouvent logiquement en tête pour l’achat des capsules et dosettes, mais à un degré moindre : 43 % des achats sont des Nespresso, 10 % des Senseo. Cette différence s’explique par l’importance des capsules et dosettes de marques concurrentes, achetées par près de la moitié (47 %) de nos répondants. Ce choix est principalement dicté par le prix (67,9 % des répondants citent ce critère), loin devant la facilité d’approvisionnement (36,1 %) et le goût (34,7 %).

LES PROBLÈMES DUS AUX CAPSULES COMPATIBLES

Les difficultés liées à l’utilisation de capsules compatibles n’ont pas cessé : 20 % de nos lecteurs indiquent y avoir fait face. Dans près de la moitié des cas, le problème concerne l’interaction entre la machine et la capsule. Première plainte : la difficulté à insérer ou retirer les capsules compatibles. De nombreux répondants rapportent aussi que certaines capsules leur paraissent plus résistantes que les originales, ce qui oblige la machine à forcer et pourrait engendrer un vieillissement prématuré.

LES CAFETIÈRES À FILTRE

Les traditionnelles cafetières à filtre sont encore les plus répandues : 58 % des sondés en possèdent une. Le parc installé est âgé (machines de 8 ans d’âge en moyenne – deux fois plus que pour les cafetières à capsules ou dosettes) et peu onéreux (près de 60 % valaient moins de 50 € lors de l’achat). On assiste à un déclin de ce type de machine avec un taux d’équipement en chute de plus de 11 points entre 2010 et 2015 : elles sont passées de 73,8 % à 62,7 % selon Nielsen. Signe que ces cafetières sont de plus en plus utilisées en appoint, seulement 57 % de leurs possesseurs l’utilisent chaque jour ou presque, et 30 % ne l’utilisent que rarement ou jamais.

LES AUTRES TYPES DE CAFETIÈRES

Il s’agit de machines à expresso avec broyeur, de cafetières à piston, de cafetières à l’italienne… Là aussi, les machines accusent un âge élevé (8 ans en moyenne). Le parc se distingue par son prix : un tiers des machines coûte plus de 200 € et seulement 54 % moins de 100 €. Leur fréquence d’utilisation se rapproche de celle des cafetières à filtre : 58 % des sondés l’utilisent tous les jours ou presque, et un tiers rarement ou jamais.

ENTRETIEN ET PANNES DE LA CAFETIÈRE

Près d’un tiers des répondants a subi une panne de cafetière au cours des 5 dernières années. Les cafetières à dosettes subissent plus de pannes mais sont aussi plus fréquemment utilisées, et plus récentes. Pour prévenir certaines pannes, l’écrasante majorité des répondants (96 %) n’ignore pas que les cafetières doivent être régulièrement détartrées, mais seulement 55 % le font plusieurs fois par an. 12 % ne le font jamais.

LE RENOUVELLEMENT DE LA CAFETIÈRE

63 % de nos répondants ne souhaitent pas dépenser plus de 100 € pour leur prochaine cafetière. Près d’un quart ne souhaite même pas dépenser plus de 50 €, contre 17 % qui seraient prêts à dépenser plus de 200 €. Le prix est d’ailleurs le 3e critère de choix le plus important pour une cafetière. Les consommateurs sont, en outre, attentifs à la solidité de la cafetière et à la qualité du café.

Romain Grégoire

Observatoire de la consommation

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21 janvier 2017

Arnaques : Bulletins Info-alerte – Janvier 2017

Bulletins Info-alerte – Janvier 2017

Les arnaques identifiées en janvier 2017…

GLORYA s’associe

FRANCE LOISIRS veut rassurer

JUSTIN BRIDOU ne donne pas un sou

SIMPLY FORTE déçoit

Arrêtez de croire votre banquier

Les bons voeux d’Alex MICHEL

L’appel à l’aide d’un faux ami

La déclaration officielle de VITRINE MAGIQUE

Toujours CDISCOUNT

Démarchage à domicile pour ENGIE

Mauvaise note pour ORCHESTA

Attention aux faux laboratoires belges

AFIBEL vous presse

CDISCOUNT abuse

PATRIWINE manque de liquide

Vrais calendriers mais faux éboueurs

 

 

 

 

20 janvier 2017

Risque de coupures d’électricité. Le vrai coupable jamais nommé !

Risque de coupures d’électricité. Le vrai coupable jamais nommé !

« Si chaque Français baisse de 1 degré la température de sa pièce de vie, c’est la production de 2 réacteurs économisée ! », assure la campagne publicitaire du ministère de l’Environnement et de l’Ademe (Agence de l’environnement) en cette période de grand froid. Non, trois fois non, c’est de la pure désinformation.

Le vrai coupable jamais nommé !Baisser la température de 1 degré chez soi ne fait pas économiser d’électricité du tout quand on se chauffe au gaz, au fioul ou au bois. Or une forte majorité de ménages se chauffe à ces énergies-là. Ils ne sont donc nullement concernés par ce message d’information. Pour être informative et ne pas induire en erreur, cette campagne publique aurait dû préciser « si chaque Français se chauffant à l’électricité », ce qui ramène les résidences principales concernées à seulement 30 % du parc !

Mais cette manipulation ne doit rien au hasard. La France est le seul pays européen qui risque à ce point de manquer d’électricité en hiver, et c’est pour une seule et unique raison, le chauffage électrique. Car c’est lui et lui seul qui occasionne les pics de consommation exceptionnels dès qu’il fait froid. Nos voisins européens qui n’ont jamais eu à promouvoir le chauffage électrique pour consommer la production de leur parc nucléaire ne connaissent pas ces pics hivernaux.

Durant la dernière grande vague de froid de février 2012, le chauffage électrique avait pompé à lui seul 40 % de la consommation totale d’électricité et provoqué des pics de consommation spectaculaires. « Le maximum historique est passé de 75 000 MW dans les années 2000 à plus de 100 000 MW en février, soulignait alors RTE, le réseau de transport d’électricité. Chaque hiver sera de plus en plus difficile en cas de vague de froid de cette ampleur. » Prémonitoire !

De fait, pour chaque degré en moins, le chauffage électrique augmente la puissance appelée de 2 400 MW, l’équivalent de deux réacteurs. C’est 4,5 fois plus qu’en Allemagne et en Espagne, 6 fois plus qu’en Italie.

Alors plutôt que cacher cette vérité aux Français et plutôt que faire payer tous les consommateurs, les pouvoirs publics seraient bien inspirés de regarder la réalité en face. Le chauffage électrique est une impasse pour notre réseau électrique, notre approvisionnement en électricité et son coût. Plutôt que continuer à le soutenir en vantant les mérites des radiateurs « intelligents » et en refusant d’imposer une étiquette énergie aux radiateurs électriques sous prétexte qu’ils seraient trop mal classés en F ou G, il vaudrait mieux aider les ménages concernés à réduire drastiquement leurs besoins de chauffage et à changer d’énergie. Qu’on soit équipé d’un vieux convecteur grille-pain ou d’un radiateur électrique ultra-moderne ne change en effet pas grand-chose en plein hiver. Quand il fait froid, ils fonctionnent tous à pleine puissance !

Élisabeth Chesnais

echesnais@quechoisir.org

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20 janvier 2017

Crowdfunding immobilier. Premier défaut de paiement de grande ampleur

Crowdfunding immobilier. Premier défaut de paiement de grande ampleur

Le groupe Terlat, qui s’était financé à plusieurs reprises sur les plateformes de crowdfunding Wiseed et Anaxago pour des programmes immobiliers, a été placé en redressement judiciaire début janvier.

Premier défaut de paiement de grande ampleurAprès le redressement d’une société qui avait emprunté à des particuliers via une plateforme de crowdfunding pour commercialiser des cigarettes électroniques en grande surface, c’est au tour du financement participatif d’un programme immobilier d’être mis en cause. À l’automne 2016, le promoteur Terlat, actif dans le Sud-Est de la France, a commencé à négocier avec la plateforme de crowdfunding Wiseed car des levées de fonds lancées en juillet 2015 ne se passaient pas comme prévu. Elles concernaient un programme de 84 logements à ossature bois dans le sud d’Avignon, « Les Jardins de Clarisse », et un autre programme de 35 logements à Salon-de-Provence, « Le Passage ».

Terlat avait levé 997 000 € très facilement, auprès de quelque 260 investisseurs particuliers. Le rendement annoncé était attractif : 10 % en 14 à 18 mois seulement. Les programmes proposés en vente en l’état futur d’acquisition (Vefa) étaient déjà commercialisés à plus de 50 %. Terlat n’a malheureusement pas tenu ses engagements. Confronté dès l’été 2016 à des retards dans les remboursements, Wiseed a accepté un compromis en novembre, accordant quelques mois de délai au promoteur. Peine perdue. La mise en redressement judiciaire a été prononcée le 6 janvier. Selon Souleymane-Jean Galadima, directeur général de Wiseed immobilier, les programmes d’Avignon et de Salon-de-Provence ne sont pas des échecs commerciaux. Les déboires de Terlat (dont la raison sociale est SAS Retome) viennent de sa branche industrielle. Basée à Miramas (13), spécialisée dans les panneaux pour maison à ossature bois, elle aurait consommé une part excessive des liquidités du groupe.

Terlat a quatre autres programmes en cours représentant 200 lots, également financés par crowdfunding, par l’intermédiaire d’Anaxago, une autre plateforme de financement participatif, pour un total de 1,7 million d’euros répartis entre 250 investisseurs. Selon Anaxago, la commercialisation de ces quatre programmes est également bien avancée.

PERTES POSSIBLES POUR LES PARTICULIERS INVESTISSEURS

La période qui s’ouvre maintenant est incertaine. Dans les programmes immobiliers, une banque apporte ce qu’on appelle une garantie financière d’achèvement (GFA) ou garantie extrinsèque, qui permettrait, au besoin, de boucler les chantiers. La plateforme Anaxago estime que, pour les projets qu’elle a financés, il ne sera pas nécessaire d’activer la GFA.

Les questions juridiques vont venir au premier plan. Il s’agit de savoir, pour commencer, quelle est la forme prise par les investissements en crowdfunding : s’agit-il d’argent versé en compte courant ou investi dans des parts sociales ? Et dans ce dernier cas, des parts sociales de quelle structure ? SAS Retome (la raison sociale de Terlat) est en redressement, mais chacun de ses programmes correspond en fait à une société civile de construction vente (SCCV).

Selon le conseil en gestion de patrimoine indépendant Alexandre de Froissard, qui avait alerté ses clients cet automne, même si Terlat se redresse, on ne peut pas exclure des pertes en capital pour les souscripteurs particuliers. Ce ne sera pas une perte totale, car Terlat avait déjà remboursé la moitié des sommes levées par crowdfunding. L’opération laissera certainement un goût amer, mais le scénario catastrophe n’est pas encore écrit.

Erwan Seznec

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20 janvier 2017

Comptes inactifs et assurances vie en déshérence. Lancement du site officiel

Comptes inactifs et assurances vie en déshérence. Lancement du site officiel

Appelé Ciclade, ce nouveau service géré par la Caisse des dépôts permet de rechercher gratuitement des avoirs oubliés. Principalement des comptes bancaires inactifs et des contrats d’assurance vie en déshérence.

Lancement du site officielVotée en 2014 et entrée en vigueur le 1er janvier 2016, la loi Eckert sur les comptes inactifs impose aux banques de reverser à la Caisse des dépôts, émanation de l’État, les sommes présentes sur des comptes n’ayant connu aucun mouvement depuis dix ans.

Un an après cette réforme, la Caisse des dépôts lance un moteur de recherche appelé Ciclade, qui permet de retrouver un compte en banque oublié ou un produit d’épargne perdu de vue depuis des années. La recherche est gratuite (si vous êtes sollicité pour une recherche payante, c’est une tentative d’arnaque) et extrêmement simple. Il suffit d’indiquer le nom et la date de naissance de la personne concernée pour savoir si elle possède ou pas des sommes déposées à son nom. Il n’est même pas nécessaire de produire un justificatif d’identité. C’est lors de l’étape suivante, au stade de la procédure de restitution, que la Caisse des dépôts réclamera extrait d’acte de naissance ou tout autre acte de notoriété. La demande peut s’inscrire dans le cadre d’une succession, dans le cas fréquent où les héritiers recherchent les comptes du légataire.

Sont concernés, les comptes courants, les assurances vie, les livrets d’épargne et les comptes épargne-logement, ainsi que les comptes épargne entreprise.

QUATRE MILLIARDS D’EUROS À RÉCUPÉRER

Au total, Christian Eckert, député qui a donné son nom au texte, évoquait plusieurs milliards d’euros d’argent dormant. La Cour des comptes parlait de quatre milliards dans un rapport de 2013. Parents décédés ayant souscrit une assurance vie au nom de leurs enfants, expatriés ayant quitté la France pendant des années, plan d’épargne salariale ouvert chez un ancien employeur, les cas d’oublis sont nombreux.

Depuis 2001, les banques doivent écrire à leurs clients chaque année pour leur donner le détail des comptes à leur nom, mais elles ont simplement l’obligation d’écrire à la dernière adresse connue. Si elle n’est plus valable, ce qui est souvent le cas concernant des comptes oubliés, le courrier revient. Les banques n’ont aucune raison de se précipiter pour trouver les titulaires. Un compte courant dormant leur rapporte chaque année 120 € ou 130 € de frais de tenue de compte, et parfois bien davantage dans le cas d’une assurance vie. C’est d’ailleurs un élément à prendre en compte dans les restitutions. Si vous aviez laissé 5 000 € sur votre compte chèque dans votre ancienne banque il y a dix ans, attendez-vous à en récupérer moins de 4 000.

Erwan Seznec

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20 janvier 2017

Œufs de poules en cage. Des distributeurs disent stop

Œufs de poules en cage. Des distributeurs disent stop

Après Monoprix, Aldi et Carrefour, Intermarché vient d’annoncer son intention d’arrêter de distribuer des œufs de poules élevées en cage. Avec des engagements à plus ou moins long terme selon les enseignes.

Des distributeurs disent stopInstauré il y a plus de dix ans, le marquage des œufs a sensibilisé les consommateurs aux conditions d’élevages des poules pondeuses. Bel exemple de transparence sur les modes de production, il a en effet permis de diminuer sensiblement le nombre de poules élevées en cage (code 3) au profit des autres modes de production : au sol (code 2), plein air (code 1) ou bio (code 0). En grandes et moyennes surfaces, les achats d’œufs non code 3 ont ainsi progressé de 30 % en cinq ans, avec une accélération depuis 2013.

Face à des clients de plus en plus attentifs au bien-être animal, les grandes enseignes ont décidé d’adapter leur offre. Après Carrefour fin décembre et Aldi Nord en août 2016, les enseignes Intermarché et Netto du groupe Les Mousquetaires annonçaient le 9 janvier leur intention d’arrêter de distribuer des œufs issus de poules élevées en cage.

Un désengagement progressif qui commencera par leur marque distributeur (Moisson) dès 2020. La mesure sera ensuite étendue à l’ensemble de leurs fournisseurs d’ici 2025 afin que « les éleveurs [aient] le temps nécessaire pour s’adapter aux nouvelles exigences et développer des méthodes d’élevage alternatives à la cage aménagée », précise le groupe.

De leur côté, Carrefour et Aldi ont également annoncé ces derniers mois des arrêts « progressifs ». Seul Monoprix a retiré les œufs de cage sans délai en avril dernier.

Cette mise au banc des œufs de code 3 n’est pas sans conséquence pour les élevages intensifs qui peinent à trouver des débouchés. C’est pourquoi l’interprofession de l’œuf veut organiser un plan de filière afin de passer de 69 % d’œufs en cage en 2015 à 50 % en 2022. Soit l’équivalent de 9 millions de poules qui changeraient de mode d’élevage.

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20 janvier 2017

Lecteurs Blu-ray UHD HDR. Faut-il investir ?

Lecteurs Blu-ray UHD HDR. Faut-il investir ?

Quelques lecteurs Blu-ray UHD (ultra haute définition) ont fait leur apparition sur le marché. Plutôt chers, nous avons testé deux références (Panasonic DMP-UB900 et Samsung UBD-K8500) pour savoir si cela valait le coup de s’équiper.

Faut-il investir ?L’UHD, pour ultra haute définition, offrant quatre fois plus de pixels que la haute définition (la HD), est apparue il y a maintenant quelques années. La résolution est ainsi passée de 1920 x 1080 pour les écrans dits « Full HD » à 3840 x 2160 pour ceux en UHD. Si cette dernière a, dans un premier temps, été uniquement installée sur les modèles haut de gamme, elle s’est très vite généralisée dès le milieu de gamme, d’ailleurs plus de la moitié des téléviseurs de notre test disposent d’un écran ultra haute définition. Les fabricants quant à eux ne se contentent plus de l’UHD : ils sont déjà passés à l’UHD HDR, de l’ultra haute définition couplée à de meilleurs rendus colorimétriques et nuances de gris grâce à une quantification plus élevée. Peu de voix se sont néanmoins élevées pour signaler que les contenus UHD HDR étaient pratiquement inexistants.

Dans le même temps, de moins en moins de consommateurs utilisent les lecteurs Blu-ray pour regarder des films en HD, leur préférant les services de streaming tels que Netflix. Cela n’a pourtant pas empêché plusieurs industriels de lancer des lecteurs Blu-ray UHD HDR. Même si, et de façon assez scandaleuse, les premiers titres lancés n’étaient en fait que des films HD « upscalés » (autrement dit, ramenés artificiellement à une résolution UHD par interpolation). Certes, quelques titres réellement UHD sont maintenant disponibles. Nous avons dès lors saisi l’occasion et acheté deux modèles de lecteurs Blu-ray UHD HDR (Panasonic DMP-UB900 vendu 800 € et Samsung UBD-K8500 proposé aux alentours de 400 €) pour les tester. Notre mission ? Évaluer l’apport réel ou supposé qu’ils pouvaient procurer aux téléspectateurs.

Lecteurs Blu-ray UHD-HDR

Les lecteurs Blu-ray HUD HDR de Panasonic et Samsung.

NOS RÉSULTATS GLOBAUX

Les résultats de ce test ne nous apprennent rien de véritablement surprenant. Ils offrent néanmoins un éclairage intéressant sur ce que peuvent apporter l’UHD et le HDR.

Des sources qui ne sont pas au niveau

Bien qu’ayant déjà eu connaissance de ce problème, nous avons été désagréablement surpris de constater que certaines sources, vendues avec la mention Blu-ray UHD, n’étaient en fait que des films en résolution Full HD (1080 x 1920, donc) artificiellement « upscalés » afin de proposer une résolution UHD (2160 x 3840). Dans ces conditions, autant utiliser un simple lecteur Blu-ray : c’est le téléviseur qui se chargera alors d’assurer lui-même l’« upscaling ». Et le résultat sera identique. La pratique est assez contestable et elle avait été rapidement dénoncée sur des forums par des consommateurs dépités qui, après avoir attendu des mois l’arrivée tant annoncée de ces lecteurs de nouvelle génération et avoir dépensé plusieurs centaines d’euros, ne voyaient aucune différence de qualité d’image par rapport à leur ancien lecteur Blu-ray.

L’UHD améliore l’image… si l’on est assez près de l’écran

Autre constat, que nous avions déjà relevé : il existe bien une différence perceptible entre une image UHD (on parle ici de la résolution native et non d’une image « upscalée ») et la même image en Full HD. Une différence que même un œil profane n’aura pas trop de mal à observer, à la condition que le téléspectateur ne soit pas situé trop loin de l’écran. Si l’on prend un peu de recul, il devient en effet vite impossible de différencier l’image UHD issue d’un lecteur Blu-ray UHD d’une image en Full HD diffusée par un lecteur Blu-ray basique.

Détail d’une scène en UHD HDR (à gauche) et en Full HD (à droite).

Le HDR peut faire la différence

Rappelons que le HDR, pour High Dynamic Range, est une technique qui permet de quantifier la colorimétrie ainsi que la luminosité sur un plus grand nombre de niveaux (bit). La conséquence, c’est davantage de nuances dans l’image (couleurs et luminosité). Pour en bénéficier, encore faut-il que le film ait été tourné en HDR (The Revenant a été le premier à l’être). Il faut ensuite que le lecteur et le téléviseur soient tous les deux compatibles avec ce format.

Nos essais montrent une claire amélioration de l’image. La restitution des niveaux de luminosité est meilleure et la palette de couleur plus étendue. L’image HDR semble en outre présenter un meilleur rendu des détails, et une résolution plus élevée. D’une façon plus générale, nos panélistes ont noté que cette image HDR donnait l’impression d’être plus naturelle. Mais elle a souvent été jugée plus sombre et la notation des panélistes ne traduit pas forcément les avantages mentionnés ci-dessus.

Au bout du compte, on peut affirmer que le HDR apporte une réelle amélioration avec plus de nuances dans les niveaux de luminosité et dans les couleurs, mais que cette image ne sera pas forcément beaucoup plus appréciée. C’est ainsi que sur deux des trois téléviseurs utilisés pour tester l’image (les références LG et Samsung), la note obtenue avec une image UHD HDR n’est pas meilleure que celle obtenue avec une image Full HD SDR.

 

NOS CONCLUSIONS

  • La résolution UHD. Elle est effectivement meilleure que celle offerte par une image Full HD « upscalée », mais la différence n’est perceptible que si l’on est assez proche de l’écran.
  • Le HDR. Cette nouvelle technologie, qui nécessite un lecteur Blu-ray UHD HDR, un support HDR et un téléviseur compatible HDR, apporte bien une meilleure restitution des nuances de luminosité et de couleur, mais aussi une image jugée plus sombre pas toujours appréciée de nos panélistes (experts). Une différence existe bien, mais elle n’est pas toujours perçue comme une amélioration.
  • Les supports Blu-ray UHD HDR. Encore peu nombreux, ils n’offrent pas toujours une résolution native UHD.
  • La différence entre deux lecteurs Blu-ray UHD HDR. Comme nous nous y attendions, les deux appareils testés offrent, à quelques détails près (ergonomie, temps d’accès…), des performances tout à fait comparables en termes de qualité d’image et de restitution sonore.

 

En résumé, les lecteurs Blu-ray UHD HDR sont des appareils encore très chers qui ne présentent pas une « plus-value » évidente nous permettant d’en recommander l’achat. Ajoutons que même si la majorité des téléviseurs du milieu jusqu’au plus haut de gamme offrent déjà une dalle UHD, cette caractéristique ne doit pas être un critère de choix. Il en va de même pour le HDR.

LES DEUX LECTEURS BLU-RAY DU TEST SE VALENT-ILS ?

Que ce soit au niveau du rendu de l’image ou de celui du son, il est difficile de distinguer les deux appareils Panasonic et Samsung. La capacité à lire les différents formats de fichier audio ou vidéo est toutefois moins bonne sur le Panasonic que sur le Samsung. Mais la télécommande du Samsung, avec beaucoup plus de boutons, est plus compliquée à utiliser, en dépit de ses raccourcis intéressants. À l’arrivée, les quelques différences constatées entre les deux appareils ne nous permettent pas de conseiller l’un plus que l’autre, à l’exception du prix notablement plus élevé pour le Panasonic.

LE PROTOCOLE DE NOTRE TEST

Notre essai en laboratoire portait sur deux modèles de lecteurs Blu-ray UHD HDR : le Panasonic DMP-UB900 et le Samsung UBD-K8500. Notre objectif était de :

  • comparer la qualité d’image des lecteurs Blu-ray UHD HDR avec celle d’un lecteur Blu-ray HD (ce qui nous permettait également de savoir s’il y avait une quelconque différence entre la même image en UHD et en HD après que cette dernière a été « upscalée ») ;
  • noter la qualité audio délivrée ;
  • vérifier la compatibilité de ces appareils avec différents formats de fichiers audio ;
  • évaluer les habituels critères tels que la consommation, les temps d’accès, la facilité d’utilisation…

Pour la réalisation de ce test, nous avons utilisé un téléviseur (le Samsung UE55JS80) pour la partie UHD et trois téléviseurs pour la partie UHD HDR (le LG 55UH7709, le Sony KD-55XD9305 et le Samsung UE55KU 6079). De plus, plusieurs films ont été retenus, dont l’un a été enregistré sous deux formats, en UHD (résolution native) et en HD.

Arnaud De Blauwe

adeblauwe@quechoisir.org

François Palemon

Rédacteur technique

fpalemon@quechoisir.org

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20 janvier 2017

Ampoules LED. Une nouvelle étude confirme leur dangerosité

Ampoules LED. Une nouvelle étude confirme leur dangerosité

Les études officielles sur la dangerosité des ampoules LED se suivent et se ressemblent. Pour la deuxième fois en 2 ans, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) met en garde contre les rayons émis par ces ampoules qui ont remplacé les modèles à incandescence.

Une nouvelle étude confirme leur dangerositéIl y a d’abord eu la première alerte lancée en 2010 par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) sur les risques des LED pour les yeux, suivie d’un test de Que Choisir sur leur dangerosité qui nous a conduits à une conclusion claire : fuyez les spots LED. Puis, en 2015, une étude de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) effectuée sur les rats a mis en évidence « un stress oxydant responsable de la destruction des cellules de la rétine ».

L’Inserm vient de publier une nouvelle étude, cette fois encore menée sur les rats. Elle prouve que l’éclairage LED est mauvais pour la rétine des rats. « Il est probable que les observations faites chez le rat ne sont pas transposables telles quelles chez l’homme, notent les chercheurs, nos cellules possèdent des mécanismes de réparation qui permettent sans doute de corriger en partie les lésions induites par les LED. » Mais ils ajoutent que « nous avons un capital lumière, comme notre peau possède un capital soleil. On peut se demander si nos ampoules domestiques ne favorisent pas son épuisement précoce, et ainsi l’évolution vers la dégénérescence maculaire liée à l’âge(DMLA). » On attend maintenant un nouveau rapport de l’Anses sur la question, prévu pour l’automne prochain.

Pour l’instant, Que Choisir déconseille toujours aussi vivement les spots LED. Contrairement aux ampoules LED de forme classique, ils envoient la lumière de façon directive sans la répartir. Compte tenu de leur forte proportion en lumière bleue, c’est mauvais pour la vue.

Élisabeth Chesnais

echesnais@quechoisir.org

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20 janvier 2017

Vos nouveaux droits face aux professionnels

Vos nouveaux droits face aux professionnels

L’UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales arme les consommateurs pour mieux défendre leurs droits au quotidien.

Qui n’a pas été victime d’un professionnel ne respectant pas ses engagements ? Que faire si la prestation a été mal réalisée ? Comment obtenir une réduction du prix ? Comment se prémunir d’éventuels abus ?

L’UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales vous propose d’être un consommateur averti grâce à ce nouveau guide. La réforme du code civil, entrée en vigueur le 1er octobre 2016, vous est présentée de façon synthétique et visuelle.

Connaître ses droits, c’est mieux se défendre !

Si vous avez besoin d’un conseil personnalisé, nos bénévoles sont là pour vous aider.

Sommaire :

  •  Les obligations

Etre informé

Etre de bonne foi

  • Vos recours

Refuser de payer

Forcer l’exécution

Réduire le prix

Annuler le contrat

Obtenir une indemnité

  • Les démarches

La mise en demeure

L’impossible exécution

Téléchargez notre guide : « Vos nouveaux droits face aux professionnels » : UFCQuechoisir_GuideVosNouveauxDroitsFaceAuxProfessionnels_1216

Votre association locale de l’UFC-Que Choisir vous aide à résoudre vos litiges. Découvrez-en plus sur notre fonctionnement et les modalités d’adhésion en consultant notre site : http://pyreneesorientales.ufcquechoisir.fr/

Vous pouvez également nous rencontrer au 45 avenue Marcelin Albert à Perpignan, nous téléphoner au 09 83 87 07 07 ou nous adresser un message via la messagerie électronique : contact@pyreneesorientales.ufcquechoisir.fr

PS : horaires d’ouverture

 

17 janvier 2017

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1er janvier 2017. Tout ce qui change

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13 janvier 2017

Carte grise. Les tarifs du cheval fiscal pour 2017

Carte grise. Les tarifs du cheval fiscal pour 2017

Les tarifs du cheval fiscal évoluent. Étonnamment, cette taxe établie en fonction des régions ne respecte pas totalement le nouveau découpage des 13 régions. Et rares sont les diminutions de tarif !

Les tarifs du cheval fiscal pour 2017Au regard des nouveaux tarifs du cheval fiscal, il est étonnant de voir que ces derniers n’ont pas été harmonisés avec le découpage des 13 nouvelles régions. Ainsi, le Grand-Est comporte encore trois tarifs pour les anciennes régions Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine. Idem pour les Hauts-de-France dont les tarifs pour le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie diffèrent.

Les regroupements régionaux qui ont eu lieu ne font d’ailleurs pas que des chanceux. Si les habitants de la région Auvergne peuvent se réjouir d’une diminution de 2 € du tarif du cheval fiscal qui est désormais de 43 € (il s’aligne ainsi sur le taux pratiqué en Rhône-Alpes), ceux de Franche-Comté déchantent. En se regroupant avec la Bourgogne, cette ancienne région voit son tarif du cheval fiscal passer de 36 à 51 €, soit une augmentation de 41 % ! Il augmente également de 17 % en Centre-Val de Loire puisqu’il est désormais fixé à 49,80 € (au lieu de 42,45 €).

À noter que le tarif des cartes grises est réduit de moitié pour les véhicules de plus de dix ans mais qu’une taxe sur les véhicules les plus polluants peut également être appliquée.

Enfin, une taxe de gestion de 4 € est appliquée, ainsi que des frais de port de 2,76 € (tarifs fixés par un arrêté du 31 août 2015) quand la carte grise est envoyée par courrier. De même, pour l’immatriculation d’un utilitaire, il faut également s’acquitter en plus d’une taxe de formation professionnelle dans les transports (taxe Y2) dont le prix dépend du PTAC du véhicule. Le tarif du certificat d’immatriculation reste particulier dans certains cas, comme par exemple celui d’un deux-roues de plus de 125 cm3 qui est diminué de moitié et celui d’un deux-roues de moins de 50 cm3est gratuit. Certaines régions accordent une réduction, partielle ou totale, pour l’immatriculation d’un véhicule propre.

VALEUR DE LA TAXE RÉGIONALE D’UN CV (CHEVAL FISCAL)*

Tableau de la valeur de la taxe régionale d'un CV (cheval fiscal)

LES TARIFS DES ANNÉES PRÉCÉDENTES

Pour comparer l’évolution des tarifs de la carte grise, vous pouvez consulter nos articles de 2013 et 2015.

13 janvier 2017

Vignette Crit’air. Attention aux arnaques sur Internet

Vignette Crit’air. Attention aux arnaques sur Internet

Des petits malins tentent de profiter de la nouvelle obligation d’arborer les certificats qualité de l’air Crit’air sur les véhicules pour vendre des vignettes au prix fort.

Attention aux arnaques sur InternetÀ partir du 15 janvier, arborer un certificat qualité de l’air sur son véhicule sera obligatoire pour rouler dans Paris intramuros. Cette pastille à coller sur son véhicule peut être achetée sur le site gouvernemental Certificat-air.gouv.fr au prix de 4,18 € l’unité. À l’approche de la date fatidique, la demande explose. Des petits malins tentent de profiter de cet engouement pour détourner les internautes de la plateforme officielle et les attirer vers leurs propres sites où les mêmes vignettes sont vendues plus cher. La pastille Crit’air est par exemple facturée 10 € sur le site Cartegrise-paris.com, 14,10 € sur Vignette-critair.fr et même 19,85 € sur Crit-air.fr (frais de port compris). Ces sites, qui se présentent comme des « intermédiaires », n’apportent rien de plus. Ils sont à éviter absolument, comme tous les autres sites faisant payer pour obtenir des documents administratifs.

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La vignette est vendue 19,85 € sur Crit-air.fr

Passez aussi votre chemin si vous atterrissez sur le site Info-vignette-pollution.fr. Il n’est là que pour vous inciter à composer le 118 818, un service de renseignements qui propose de répondre à toutes les questions relatives à la vignette pollution et à bien d’autres sujets. Chaque appel à ce numéro est facturé 2,99 € puis 2,99 € la minute. Une petite fortune alors que tous les renseignements utiles sont disponibles gratuitement sur le site officiel. De manière plus générale, tous les numéros en 118 sont à éviter.

 

Que ce soit pour obtenir des informations ou acheter une vignette, il n’y a qu’un site à retenir : Certificat-air.gouv.fr. Une fois reçue, la pastille (verte pour les véhicules électriques ou numérotée de 1 à 5 en fonction du degré de pollution du véhicule) est à coller en évidence. Selon les cas, elle vous autorisera ou vous empêchera de circuler dans certaines zones urbaines, notamment lors des prochains épisodes de pollution. Lancés à Paris et à Grenoble, les certificats qualité de l’air sont amenés à se généraliser dans d’autres grandes villes.

NUMÉRO SURTAXÉ SUR LE SITE OFFICIEL !

Bien qu’étant un passage obligé pour les automobilistes, la plateforme officielle Certificat-air.gouv.fr n’est pas exempte de tout reproche. En cause : le numéro commençant par 0 820 à composer pour contacter le service client. Facturé 0,40 € l’appel plus le prix de la communication, il s’agit d’un numéro surtaxé et, à ce titre, ne peut pas être utilisé pour suivre une commande ou déposer une réclamation (articles L. 113-5 et L. 224-38 du code de la consommation). Or, le 0 820 147 700 est justement réservé aux personnes souhaitant « connaître l’état d’avancement » de leur demande. À la place, le gouvernement aurait dû avoir recours à un numéro commençant par 0 80 ou 09, ou bien un numéro à quatre chiffres débutant par 30 ou 31. Difficile de penser que l’État a été pris par surprise : cette interdiction est en vigueur depuis le 1er juin 2008.

13 janvier 2017

Indépendance des médecins. Les étudiants en médecine peu protégés de l’influence des laboratoires

Indépendance des médecins. Les étudiants en médecine peu protégés de l’influence des laboratoires

Sur le modèle d’un palmarès similaire réalisé aux États-Unis, des membres de l’association pour une formation et une information médicale indépendante (Formindep) ont classé les facultés de médecine françaises en fonction de leur action pour préserver les étudiants des laboratoires. Les résultats sont consternants.

Les étudiants en médecine peu protégés de l’influence des laboratoiresSur les 37 facultés de médecine en France, neuf à peine annoncent avoir amorcé un semblant d’action pour préserver leurs étudiants de l’influence commerciale des laboratoires pharmaceutiques. Encore faut-il tempérer : elles se sont contentées d’introduire dans leurs programmes d’enseignement un cours sur les conflits d’intérêt qu’entraînent les relations avec l’industrie pharmaceutique. Deux seulement, celles de Lyon Est et d’Angers, sont allées un tout petit peu plus loin, mais ne mettent en pratique qu’une ambition très modeste. La première se passe notamment de tout financement privé.

Ce constat affligeant est tiré d’une enquête minutieuse menée par des membres de l’association pour une formation et une information médicale indépendante (Formindep), soutenue par l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF), et publiée lundi dans la revue Internet PlosOne. Sur le modèle d’un palmarès réalisé depuis 2007 aux États-Unis, ils ont voulu classer les facultés de médecine françaises en fonction de leur action pour éviter que les industriels n’approchent de trop près, trop tôt, les futurs médecins. Leur travail s’est arrêté au seuil des Centres hospitaliers universitaires (CHU), où les futurs médecins poursuivent leur formation à partir de l’internat : les laboratoires y sont toutefois très présents aussi, nourrissant régulièrement les internes, organisant des réunions d’informations, fournissant des fascicules, etc.

Concrètement, les auteurs ont d’abord cherché sur le site Internet de chaque faculté de médecine la trace d’une politique vis-à-vis des laboratoires pharmaceutiques, avant d’envoyer aux doyens un questionnaire par lettre recommandée. 13 critères étaient retenus, par exemple l’interdiction des cadeaux, le refus du financement privé par l’industrie, la possibilité pour les firmes d’organiser des événements au sein de la faculté, la transparence des liens d’intérêt des enseignants, l’autorisation ou non pour les profs de rencontrer les représentants commerciaux, etc.

UN CLASSEMENT QUI SERA MIS À JOUR L’ANNÉE PROCHAINE

Seules 3 facultés ont daigné répondre, et pas toujours favorablement, les autres ayant tout simplement ignoré le questionnaire. Les auteurs n’ont pourtant pas ménagé leurs efforts pour obtenir une réponse : ils ont relancé à cinq reprises les doyens qui ne réagissaient pas à leurs sollicitations, leur laissant plusieurs occasions de rebondir. Difficile donc de déterminer précisément leur attitude vis-à-vis des laboratoires, les informations ayant été finalement glanées par contacts personnels, mais leur silence laisse deviner tout le désintérêt porté à la problématique des conflits d’intérêt.

Mais l’espoir est permis : aux États-Unis, la première édition du classement des facultés de médecine par l’association des étudiants en médecine avait également montré une très faible mobilisation contre les liens d’intérêt. Depuis, les choses ont évolué : les deux tiers des écoles affichent désormais un score élevé. En 2013, une étude a établi que les médecins sortant des cursus les plus vertueux avaient de meilleures pratiques de prescription. Espérons qu’un tel mouvement pourra être amorcé en France. Réponse l’année prochaine, puisque le classement sera mis à jour.

Anne-Sophie Stamane

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13 janvier 2017

Soldes. Des règles spécifiques

Soldes. Des règles spécifiques

S’ils sont autorisés à vendre à perte durant les périodes de soldes, les commerçants n’en sont pas moins soumis à une réglementation spécifique. Quelques précisions pour profiter au mieux des soldes, en ligne ou en boutique.

Des règles spécifiquesLes périodes des soldes sont devenues un moment incontournable pour faire des achats tout en réalisant des économies, parfois substantielles. Mais même pendant les soldes, la réglementation s’applique.

PÉRIODE DES SOLDES

Les soldes d’hiver (du mercredi 11 janvier au mardi 21 février), comme celles d’été (du mercredi 28 juin au mardi 8 août), commencent à la même date et durent 6 semaines sur tout le territoire, hormis quelques exceptions liées à des particularités locales.

Depuis 2015, les commerçants ne peuvent plus pratiquer de soldes complémentaires, quand ils le souhaitent, pendant deux fois une semaine ou une fois deux semaines au cours de l’année (soldes flottants).

En dehors des soldes saisonniers, le mot « solde » ne peut pas être utilisé. Les commerçants peuvent en revanche procéder à des promotions, déstockages ou autres liquidations.

ARTICLES SOLDÉS

Les soldes ne peuvent porter que sur des articles déjà proposés à la vente et payés par le commerçant depuis au moins 30 jours. Outre le prix réduit affiché, le prix de référence avant les soldes doit être indiqué. Si vous procédez à des repérages avant les soldes, vous pouvez vous-même vérifier que le rabais porte bien sur le prix initial et non pas sur un prix artificiellement gonflé.

La réduction peut être faite par escompte à la caisse, cette modalité doit alors faire l’objet d’une publicité et l’avantage annoncé s’entend par rapport au prix de référence (- 30 % sur les étiquettes jaunes, – 50 % sur les vertes, etc.). Un commerçant peut ne solder qu’une partie de ses produits, mais il doit l’indiquer clairement (par exemple avec un  panneau « Nouvelle collection non soldée »). Il lui est en tout cas interdit d’acheter des produits pour les vendre exclusivement pendant la période des soldes ou de se réapprovisionner.

GARANTIE PENDANT LES SOLDES

Que l’article soit soldé ou non, les règles en matière de garantie sont les mêmes : le commerçant est tenu d’échanger ou de rembourser un article en cas de vice caché (défaut de fabrication…). Tout article soldé est également couvert par la garantie légale de conformité (la puissance du four n’est pas celle promise, le téléviseur ne capte pas les chaînes de la TNT…) : le vendeur doit entièrement répondre des défauts de conformité existant lors de la remise du produit et qui sont présumés exister à ce moment-là s’ils apparaissent dans un délai de 2 ans (et non plus de six mois depuis le 18 mars 2016).

Mais si l’article ne convient pas ou plus (problème de taille, de choix de la couleur), le commerçant n’est pas obligé de l’échanger ou de le rembourser. Il peut accepter de le faire à titre commercial uniquement (sauf publicité contraire comme par exemple un panneau « Échange ou remboursement possible même pendant les soldes »). Il est donc fortement conseillé d’essayer les articles (même si parfois trouver une cabine disponible dans certains magasins relève de l’exploit) avant l’achat.

LES SOLDES EN LIGNE

La réglementation des soldes sur Internet est exactement la même que celle pratiquée en magasin. La principale différence tient au fait qu’il s’agit de vente à distance, les clients disposent donc d’un délai de rétractation de 14 jours à partir du jour de réception de l’article. Le client pourra ainsi échanger son article ou être remboursé, sans pénalité et sans avoir à justifier sa décision.

LES SOLDES EN QUESTION

Pour plus d’informations sur les soldes, vous pouvez consulter les questions-réponses réalisées par le service juridique de l’UFC-Que Choisir.

Franck Attia

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13 janvier 2017

Crème antirides. Le gratuit peut coûter cher

Crème antirides. Le gratuit peut coûter cher

Méfiez-vous des offres alléchantes vous proposant de bénéficier gratuitement de produits cosmétiques. Le simple fait de donner vos coordonnées bancaires peut déclencher une série de prélèvements très coûteux.

Le gratuit peut coûter cherIl y a des offres gratuites dont il faut se méfier. Jacqueline est bien placée pour le savoir. Il y a quelque temps, cette Picarde de 74 ans a vu son attention attirée par une offre Internet lui proposant d’essayer gratuitement deux crèmes pour le visage, Age-Defying Serum de la marque Mastique et Renewal Cream de chez Leuxia, des produits censés, selon la publicité, rendre le « regard jeune et éternel » en limitant « l’apparition des rides et des ridules profondes » et en « illuminant la couleur de la peau autour des yeux ». Ces crèmes étaient même recommandées par plusieurs personnalités connues, dont la présentatrice Sophie Davant. Si les deux pots de crème étaient gratuits, Jacqueline devait s’acquitter de 5,91 € au titre des frais de préparation et d’expédition, ce qu’elle a fait par carte bancaire. Et comme prévu, les produits lui ont été livrés dans les jours qui suivaient.

Mais à la réception de son colis, Jacqueline découvre que l’offre d’essai qu’elle pensait 100 % gratuite ne l’est en fait que pendant 14 jours et qu’au-delà, 99,86 € lui seront prélevés, puis, chaque mois, 97,96 € en échange de l’envoi d’un nouveau pot. Si ces précisions figurent bien sur les sites de Mastique et de Leuxia, Jacqueline ne les avait pas vues. Rien d’étonnant à cela : ces informations pourtant essentielles sont inscrites en bas de page au cœur d’un texte rédigé en caractères minuscules de couleur gris clair sur fond blanc (voir la capture d’écran ci-dessous).

La crème gratuite est ensuite facturée 99,86 €.

Certes, comme le site le précise dans ses conditions générales, le bénéficiaire peut annuler l’offre et ne rien payer à condition de réagir dans les 14 jours suivant la réception de sa commande et de renvoyer le produit après avoir au préalable appelé le service client pour récupérer un numéro de retour, ce que Jacqueline a réussi à faire non sans mal. « Après plusieurs appels infructueux, je suis tombée sur un téléconseiller parlant très mal le français qui a cherché à me convaincre que l’offre était très intéressante, puis qui m’a proposé de ne payer que 49 €. J’ai refusé et lorsque je lui ai à nouveau demandé de me fournir le numéro de retour, il a alors raccroché. » Finalement, Jacqueline parvient à récupérer le fameux numéro et à résilier son abonnement. Elle croise désormais les doigts pour qu’aucun prélèvement ne soit effectué sur son compte. Dans le cas contraire, elle pourra toutefois en obtenir le remboursement sur simple demande auprès de sa banque. Elle aurait aussi pu faire opposition au paiement.

Depuis la mise en place de la procédure Sepa, ce genre d’abus est fréquent. Alors avant de profiter d’offres alléchantes concernant des crèmes antirides ou tout autre produit, mieux vaut faire preuve de la plus grande vigilance. De son côté, Sophie Davant a contesté avoir jamais accepté que son nom soit utilisé par ces sociétés.

Le compte Twitter de l’émission « C’est au programme » dénonce l’utilisation de l’image de Sophie Davant pour des marques de produits cosmétiques.

13 janvier 2017

Tarifs bancaires 2017. Pourquoi tant de hausses !

Tarifs bancaires 2017. Pourquoi tant de hausses !

La consultation des grilles établies par les banques pour 2017 montre que les tarifs sont en forte progression. Frais de tenue de compte et cartes de paiement internationales à débit immédiat sont les plus touchés.

Pourquoi tant de hausses !

Le compte courant gratuit est devenu une espèce en voie de disparition en 2017 ! Recherche de marge oblige, les banques ont quasi toutes généralisé cette nouveauté qui consiste à facturer des frais de tenue de compte. Ces frais sont basés uniquement sur le fait que le client dispose d’un compte, sans services supplémentaires. Seuls 18 établissements font de la résistance et ont laissé le compte courant gratuit : les banques en ligne, le Crédit coopératif et quelques Caisses du Crédit agricole. Pour les autres, les frais de tenue de compte frôlent désormais les 20 € par an, soit une hausse moyenne autour de 13 %, selon plusieurs experts.

Ce n’est pas la seule mauvaise surprise de l’actualisation des tarifs bancaires au 1er janvier 2017. Rappelons à ce propos que si la majorité des banques font évoluer leur grille tarifaire en janvier, certaines n’y procèdent qu’au courant de l’année : mars par exemple pour la Société générale ou juillet pour le Crédit mutuel Arkéa et certaines Banques populaires. Si l’on en croit les chiffres publiés par le courtier Meilleurebanque.com, dans leur ensemble, les frais bancaires ont encore augmenté de plus de 1,5 % entre janvier 2016 et janvier 2017, un taux supérieur à celui de l’inflation. Cette progression succède à des années de hausse. Les tarifs bancaires ont par exemple crû de 4,2 % sur les deux dernières années (pour une inflation inférieure à 1 % par an).

Les hausses les plus importantes concernent, outre les frais de tenue de compte, les cartes de paiement internationales à débit immédiat (+ 3 % en moyenne) et les retraits dans les distributeurs d’autres banques (+ 4,5 %). Le prix des cartes de paiement international à débit différé baisse, lui, légèrement (- 1,12 %). Ces deux premiers postes sont les plus inflationnistes depuis de nombreuses années. Ainsi, selon le dernier rapport de l’Observatoire des tarifs bancaires, entre 2009 et 2016, la plus forte augmentation tarifaire concerne les retraits hors réseau : + 26 %. Précisons que les banques exonèrent souvent de ces frais les clients qui ont souscrit un « package bancaire ». Sur la même période, c’est le prix des cartes internationales à débit immédiat qui a le plus progressé (+ 12,58 %), suivi des virements Sepa (au sein de la zone européenne) réalisés en agence (+ 7,89 %)… Sur ce dernier point, on a désormais le plus grand intérêt à réaliser ces opérations sur Internet. Le prix des virements en ligne a en effet fondu : ils sont aujourd’hui quasiment gratuits dans toutes les banques.

SI VOUS REFUSEZ LES HAUSSES…

De nombreux clients de banques nous alertent. Suite à l’augmentation des tarifs bancaires, ils ont contacté leur banque pour signifier leur refus des hausses et des nouveaux frais mis en place depuis le 1er janvier. Réponse des banques : le refus des nouveaux tarifs aboutit à la clôture du compte.

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Grâce à son comparateur de tarifs bancaires, Que Choisir vous aide à comparer et trouver la banque la moins chère près de chez vous et adaptée à vos besoins personnels.

Élisa Oudin

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13 janvier 2017

Intervention des pompiers. Des délais très élastiques

Intervention des pompiers. Des délais très élastiques

Le rapport que la Direction générale de la sécurité civile vient de publier sur l’activité des sapeurs-pompiers en 2016 révèle des délais d’intervention particulièrement longs dans certains départements.

Des délais très élastiquesL’an dernier, les pompiers ont effectué près de 4,5 millions d’interventions, soit une toutes les 7 secondes. Dans 71 % des cas, elles étaient justifiées par un secours à victime, les incendies ne représentant que 7 % de l’activité. Le délai moyen d’intervention entre la prise d’appel et l’arrivée des tous premiers soldats du feu se situant à 13 minutes et 13 secondes. Une donnée qui cache de grandes disparités selon les départements.

En les découvrant dans le rapport annuel de la Sécurité civile, Jean-François Schmauch, officier de sapeur-pompiers à la retraite et expert judiciaire reconnu sur la question, n’en revient pas. « Certains de ces délais moyens sont deux à trois fois supérieurs à ceux mesurés dans la plupart des pays comparables aux nôtres », témoigne-t-il à Que Choisir.

Par exemple, pendant qu’à Paris et sa proche banlieue les pompiers sont sur place en moins de 10 minutes, que dans le Rhône il leur faut une douzaine de minutes pour arriver, que dans le Bas-Rhin les délais sont de 13 minutes (incendie) et près de 12 minutes (secours à personnes ou accident de la route), les temps d’intervention explosent dans certains départements. L’Eure-et-Loir affiche ainsi plus de 27 minutes pour un accident de la route ou un secours à personne tandis qu’en Haute-Garonne, le premier engin n’est opérationnel sur un feu qu’au bout de 24 longues minutes ; de 20 minutes dans la Marne.

« En cas d’urgence vitale, chaque minute de gagnée diminue sensiblement le risque de séquelles et augmente les chances de survie, rappelle Jean-François Schmauch. Mais contrairement à de nombreux autres pays, la France n’édicte pas de normes nationales et contraignantes. Le financement des services d’incendie est à la charge des départements. Et il revient à chacun d’eux de fixer, dans un plan approuvé par le préfet, les délais à respecter selon le motif de la sortie. Or, dans une période de réduction des budgets, on a le sentiment qu’il peut s’agir de « délais de complaisance » calculés pour pouvoir coller à la réalité locale (effectifs et matériels disponibles, par exemple). »

En 2016, près de 4 français sur 100 ont été secourus et transportés par les pompiers vers des établissements de soins.

DÉLAIS PAR DÉPARTEMENT : OÙ LES TROUVER ?

Comme chaque année, la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises diffuse un rapport sur « Les statistiques des services d’incendie et de secours ». L’édition 2016 est disponible et téléchargeable sur le site du ministère de l’Intérieur : www.interieur.gouv.fr/Publications/Statistiques/Securite-civile. Les tableaux qui recensent tous les délais d’intervention, département par département, sont publiés en pages 70 et 71.

Arnaud De Blauwe

adeblauwe@quechoisir.org

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13 janvier 2017

Bonus-malus écologique. Un cru 2017 plus complexe

Bonus-malus écologique. Un cru 2017 plus complexe

L’attribution des bonus et malus écologiques a évolué depuis le 1er janvier 2017. Ils deviennent plus complexes et une catégorie a été supprimée. Autres nouveautés : le diesel est totalement exclu du bonus et les deux-roues électriques sont désormais éligibles.

Un cru 2017 plus complexe Au-delà de la complexité d’attribution du malus et de ses 66 possibilités (voir ci-dessous), la principale nouveauté du barème 2017 est d’exclure totalement les motorisations diesel du bonus. Pas la peine donc d’opter pour une des rares hybrides diesel encore commercialisées (DS5 Hybrid4, Mercedes S300h, Peugeot 508 RXH Hybrid4 ou Volvo V60 D6 Twin Engine), vous ne bénéficierez pas de l’aide de 1 000 € attribuée aux hybrides.

La catégorie des véhicules hybrides émettant de 61 à 110 g de CO2/km est également supprimée. À l’inverse, un nouveau bonus est intégré. Il concerne les véhicules à 2 ou 3 roues et les quadricycles électriques d’une puissance moteur supérieure ou égale à 3 kW. Pour être éligibles, ces engins ne devront néanmoins pas utiliser de batterie au plomb. Le montant de l’aide pourra atteindre 1 000 € selon les caractéristiques du véhicule.

DES AIDES CONSERVÉES

Bonne nouvelle, la prime de conversion est maintenue en 2017. Elle s’adresse aussi bien aux particuliers qu’aux personnes morales (entreprises, collectivités, administrations de l’État…) pour l’achat ou la location de plus de 2 ans d’une voiture particulière ou d’une camionnette. Le cumul avec le bonus « normal » est même possible dès lors qu’un véhicule diesel (voiture ou camionnette) immatriculé avant le 1er janvier 2006 est mis au rebut et qu’une voiture électrique ou hybride rechargeable est achetée. Au total, le montant de l’aide sera de 10 000 € pour l’achat ou la location d’un véhicule neuf émettant jusqu’à 20 g de CO2/km (voiture électrique). Elle correspond au bonus écologique existant (6 000 €) augmenté de la prime à la conversion (4 000 €). Elle sera ensuite de 3 500 € (1 000 + 2 500 €) pour l’achat ou la location d’un véhicule neuf émettant de 21 à 60 g de CO2/km (voiture hybride rechargeable).

Il existe par ailleurs deux autres aides destinées aux ménages non imposables qui achèteraient une voiture particulière : une aide de 1 000 € en cas d’achat d’une voiture essence neuve ou d’occasion émettant moins de 110 g de CO2/km et respectant la norme Euro 6 ou un véhicule électrique d’occasion ; une aide de 500 € pour l’achat d’une voiture particulière essence neuve ou d’occasion émettant moins de 110 g de CO2/km et respectant la norme Euro 5. Autre obligation pour en bénéficier : le véhicule acheté ne doit pas être revendu dans les 6 mois suivant son acquisition ni avoir parcouru moins de 6 000 km.

Enfin, petite astuce pour ceux qui ont commandé un véhicule avant le 1er janvier 2017 et qui devra être facturé avant le 1er avril 2017 : ils peuvent bénéficier du barème 2016, dans le cas où celui-ci est plus avantageux.

BONUS 2017

MALUS 2017

13 janvier 2017

Ceta, Tafta. Et les consommateurs dans tout ça ?

Le Ceta, le traité Europe-Canada, suscite des craintes légitimes, tout comme le Tafta, l’autre accord en préparation avec les États-Unis. Le point sur la situation et la place du consommateur dans les négociations.

Et les consommateurs dans tout ça ?

Il devait être signé jeudi 27 octobre par le Conseil de l’Union européenne. Il ne l’a finalement pas été. Depuis que le gouvernement et le parlement de la Wallonie, soutenus par la région de Bruxelles-Capitale, se sont opposés à cette ratification, l’accord de libre-échange négocié entre l’Union européenne et le Canada, le Ceta (1), est menacé.

Si ce coup de théâtre désespère la plupart des gouvernements européens et le camp canadien, il en réjouit au contraire plus d’un, élus de tous bords, responsables associatifs ou simples citoyens qui ont multiplié, ces derniers temps, les manifestations anti-traités transatlantiques. Car si le Ceta suscite des inquiétudes, que dire de l’accord que l’Union européenne est en train de négocier avec les États-Unis, le TTIP, aussi connu sous le nom de Tafta (2) ?

Ces deux traités partagent de nombreux points communs. Si leur objectif est de libéraliser les échanges commerciaux, leur ambition va bien au-delà des conventions commerciales internationales classiques. Alors que ces dernières se focalisaient sur la réduction des droits de douane, ces deux nouveaux textes s’attaquent aux « barrières non tarifaires ». En clair, les réglementations contraignantes qui encadrent la circulation des produits. Les investisseurs n’y voient qu’entraves à leur business, mais elles contribuent souvent à la protection des consommateurs. Pour ces derniers, les effets positifs de ces traités restent hypothétiques et jusqu’ici non démontrés (3) alors que les risques de nivellement par le bas de leurs droits, eux, sont bien réels. Favoriser les échanges sans détricoter les législations protectrices pour les citoyens, c’est l’exercice délicat auquel doivent se livrer les négociateurs.

Or ceux-ci sont des hauts fonctionnaires de la Commission et le contrôle démocratique sur les négociations qu’ils mènent est incroyablement léger. Pour le Ceta, le Conseil de l’Union européenne (où sont représentés tous les États membres) a donné mandat à la Commission pour négocier le traité en avril 2009. Le document, qui énumère de manière plutôt vague les grands principes à respecter, a été tenu secret jusqu’en décembre 2015 ! Encore aujourd’hui, seule une partie a été rendue publique. À noter que les mots « consommateurs » ou « citoyens » n’y figurent même pas.

UN ACCORD DÉCEVANT POUR LES CONSOMMATEURS

Le même processus s’est répété pour le TTIP avec un mandat donné à la Commission en juin 2013 et rendu public en octobre 2014. Les négociations menées sur la base de ces mandats se sont déroulées dans le plus grand secret pour le Ceta ; idem pour celles en cours sur le TTIP. Si la Commission, pressée par les citoyens et les parlements nationaux, a finalement accepté de publier les positions qu’elle défend (!), les Américains refusent la transparence sur les leurs et même les gouvernements européens n’ont qu’un accès restreint aux textes découlant des discussions.

Le contenu du Ceta, lui, est désormais bouclé et public. Tout un chacun peut donc enfin consulter les 1 600 pages de l’accord… Certains aspects sont rassurants eu égard aux rumeurs infondées qui ont circulé, facilitées par l’opacité qui a entouré la négociation. Ainsi, les appellations d’origine sont protégées, pour la plupart au Canada, et en totalité en Europe : on ne pourra vous vendre un cantal ou un champagne produit outre-Atlantique. Le bœuf aux hormones et le porc dopé à la ractopamine (antibiotique utilisé comme promoteur de croissance) seront également bannis dans les rayons européens (4). De même, l’échange d’informations entre les deux continents sur la sécurité des produits est encouragé.

Mais globalement, la balance ne penche pas en faveur des consommateurs, comme le souligne le Bureau européen des unions de consommateurs (Beuc), dont l’UFC-Que Choisir est membre fondateur, dans un communiqué publié en mai dernier : « Le BEUC est favorable aux traités de libre-échange pourvu qu’ils soient bien conçus et que les consommateurs en bénéficient », rappelle l’association avant d’énumérer ses griefs. Selon elle, l’accord aurait notamment dû graver dans le marbre le principe de précaution, préciser les droits des clients européens achetant un bien au Canada, renforcer la protection des données personnelles, établir une liste restrictive des services accessibles à la libre concurrence ou encore permettre de réduire les prix des télécommunications entre les deux rives de l’Atlantique.

LES ENTREPRISES POURRAIENT DICTER LEUR LOI

Au-delà de ces attentes déçues, le mode de règlement des différends investisseurs-État reste la pierre d’achoppement essentielle. Le Ceta prévoit en effet qu’une entreprise puisse poursuivre un État devant un tribunal spécial si elle estime qu’une loi ou un règlement lèse ses intérêts. Le risque est grand de voir le business dicter sa loi à des États supposés souverains. Et ce d’autant que des conflits d’intérêts sont à craindre avec des « magistrats » recrutés parmi les spécialistes du droit international de l’investissement et nommés pour quelques années seulement, après quoi ils pourront retourner officier en tant qu’avocats d’affaires, par exemple. La possibilité de légiférer librement dans chaque pays pour protéger la santé, l’environnement ou encadrer la qualité des produits pourrait s’en trouver gravement entravée, comme l’a déjà relevé l’UFC-Que Choisir.

La signature du Ceta en l’état est ainsi perçue comme le cheval de Troie pour les négociations en cours sur le TTIP, qui prévoit un mécanisme similaire. En outre, le volet sur la coopération réglementaire (rapprochement des législations) de ce traité Europe-États Unis reste un sujet de préoccupations central, tant l’approche réglementaire entre les deux continents est bien souvent opposée. Produits alimentaires, médicaments, cosmétiques, protection des données personnelles, autant de domaines dans lesquels l’entrée en vigueur de ce texte laisserait craindre un nivellement par le bas. Des craintes qui pourraient cependant être apaisées au cas où le projet d’accord capoterait, ce que laisse entrevoir l’enlisement des négociations.

Alors que les citoyens européens sont demandeurs de davantage de démocratie, ces deux traités opèrent un mouvement inverse aussi bien dans les modalités de leurs discussions que sur le fond. Dans ce contexte, l’UFC-Que Choisir a organisé une conférence-débat le 28 novembre à l’Assemblée nationale.

MISE À JOUR : CETA, C’EST SIGNÉ

Le Ceta a finalement été signé le 30 octobre à Bruxelles, avec quelques jours de retard sur la date prévue. Les Wallons ont accepté la signature de l’accord sous réserve notamment que la Belgique s’engage à saisir la Cour de justice de l’Union européenne pour qu’elle se prononce sur la compatibilité du tribunal d’arbitrage prévu par le traité avec le droit européen.

Le traité doit désormais être ratifié par le Parlement européen. La majorité des parlementaires y est favorable, à tel point qu’une résolution demandant simplement que la Cour de justice de l’Union européenne se prononce sur la compatibilité du traité avec le droit communautaire a été rejetée. Les députés européens devraient donner leur feu vert le 2 février. Théoriquement, le traité doit être ensuite ratifié par chacun des vingt-huit parlements nationaux. Mais, du fait d’une bizarrerie juridique propre à l’Union, un traité peut entrer en vigueur provisoirement avant même  que son processus de ratification ne soit bouclé ! C’est ce qui devrait se passer dès le mois de février. Ce qui ne ferait que confirmer le mépris avec lequel sont traités les citoyens et leurs élus depuis le début des négociations.

NOTES

(1) Ceta : Comprehensive Economic and Trade Agreement, accord économique et commercial global.
(2) TTIP : Transatlantic Trade Investment Partnership, partenariat transatlantique de commerce et d’investissement. Tafta : Trans-Atlantic Free Trade Agreement, accord de libre-échange transatlantique.
(3) La concurrence élargie était censée permettre une baisse des prix, mais une étude d’impact du Ceta prévoit au contraire une augmentation de 0,3 % parallèle à une hausse globale des revenus des foyers de 0,2 % à 0,4 % seulement.
(4) Mais la perspective même de favoriser les échanges avec le Canada est-elle conforme aux souhaits de consommateurs de plus en plus attachés aux circuits courts ?

 

Fabienne Maleysson

fmaleysson@quechoisir.org

Karine De Crescenzo

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13 janvier 2017

Assurance vie. Questions-réponses sur l’impossibilité de retirer son argent

Assurance vie. Questions-réponses sur l’impossibilité de retirer son argent

L’assurance vie, placement préféré des français, est visée par différentes dispositions contenues dans la loi Sapin 2 récemment adoptée. Une mesure laisse particulièrement perplexe, celle qui empêcherait les particuliers de retirer temporairement de l’argent de leur assurance vie. Décryptage et explications.

Questions-réponses sur l’impossibilité de retirer son argent

SOMMAIRE
  • 1. Quels sont les contrats d’assurance vie concernés ?
  • 2. Quelles mesures concernant les particuliers pourraient être prises ?
  • 3. Quelles mesures concernant les assureurs ?
  • 4. À quels moments ces différentes mesures pourraient-elles être mises en œuvre ?
  • 5. Concrètement, qui serait décisionnaire ?
  • 6. Combien de temps pourraient durer les restrictions prévues ?
  • 7. Faut-il modifier son contrat dès à présent ?

Parmi les changements prévus par la loi relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique, dite « loi Sapin 2 », l’article 49 a suscité de vifs débats, voire une incompréhension certaine de la part des professionnels comme des particuliers détenteurs d’un contrat d’assurance vie. Pourquoi ? Tout simplement parce que cet article prévoit un certain nombre de « mesures conservatoires » et notamment la possibilité d’empêcher provisoirement les particuliers d’accéder à leur épargne « afin de prévenir des risques représentant une menace grave et caractérisée pour la situation financière […] ou pour la stabilité du système financier ». Déstabilisantes, pour ne pas dire inquiétantes, ces dispositions méritent d’être détaillées.

 

QUELS SONT LES CONTRATS D’ASSURANCE VIE CONCERNÉS ?

Tous les contrats d’assurance vie, quelle que soit la compagnie auprès de laquelle vous les avez souscrit, quelle que soit leur date de souscription et quelles que soient leurs caractéristiques intrinsèques : contrat en euros uniquement ou multisupports. Mais ce n’est peut-être pas tout… En effet, l’article 49 est suffisamment vague, donc large a priori, pour ne pas exclure formellement les contrats d’épargne retraite individuels comme le PERP, le Madelin ou encore le contrat Préfon Retraite. En revanche, les contrats dits de prévoyance qui visent à couvrir un risque – celui de décès ou de l’invalidité –  ne sont pas concernés.

 

QUELLES MESURES CONCERNANT LES PARTICULIERS POURRAIENT ÊTRE PRISES ?

La principale, celle qui a fait couler beaucoup d’encre, c’est évidemment la possibilité de « restreindre temporairement la libre disposition de tout ou partie des actifs ». En clair, vous ne seriez plus libre de retirer votre épargne, même de façon partielle, quel que soit le motif de ce retrait : réaliser un achat immobilier, financer l’acquisition d’une entreprise ou encore soutenir votre pouvoir d’achat au jour le jour… Lors des débats parlementaires, plusieurs amendements demandant de laisser un certain montant « non bloquable » ont été déposés… sans succès! L’Afer, première association d’épargnants en France, a par exemple mis la barre à hauteur de 70 000 €, somme qui équivaut à l’indemnisation prévue (par assuré, pour l’ensemble des contrats détenus chez le même assureur) par le Fonds de garantie des assurances de personnes en cas de faillite d’un assureur. Mais rien n’y a fait. Pour autant, nul ne peut dire aujourd’hui si cette proposition sera ou non retenue dans le cadre de décrets d’application ultérieurs.

Parmi les autres mesures envisagées par ce texte, il y a trois points :

  • la limitation temporaire du paiement des valeurs de rachat (en tant que bénéficiaire d’un contrat, vous ne pourriez pas en percevoir les capitaux dans le mois qui suit le dépôt d’un dossier comportant toutes les pièces justificatives nécessaires) ;
  • la limitation ou le fait de retarder la faculté d’exercer des arbitrages (passage des unités de compte vers le fonds euros ou vice-versa) ou de percevoir une avance (sorte de crédit octroyé par l’assureur sur votre épargne, amené à être remboursé relativement rapidement) ;
  • la limitation temporaire des primes ou des versements (les sommes que vous souhaiteriez placer seraient soit plafonnées soit suspendues temporairement).

 

QUELLES MESURES CONCERNANT LES ASSUREURS ?

Celle de les contraindre à « moduler les règles de constitution et de reprise de la provision pour participation aux bénéfices ». En clair, cela signifie qu’en cas de crise grave, les assureurs seraient obligés de réduire les rendements de leurs fonds euros, le surplus non versé devant alors être mis en réserve pour plus tard… Un point source de nombreuses interrogations pour Cyrille Chartier-Castler, fondateur du site indépendant Goodvalueformoney.fr, qui souligne « combien les compagnies d’assurances sont inégales en termes d’actif général et combien cette disposition est difficile à mettre en œuvre car la loi n’indique nullement ce que l’on peut ou non raisonnablement considérer comme un taux trop élevé ».

 

À QUELS MOMENTS CES DIFFÉRENTES MESURES POURRAIENT-ELLES ÊTRE MISES EN ŒUVRE ?

Le texte est relativement vague sur ce point puisqu’il n’indique pour tout élément déclencheur que « des risques représentant une menace grave ». En off, les institutionnels interrogés ne « voient pas à ce stade quel type de circonstances exceptionnelles pourraient susciter une telle décision ». Nul doute qu’elles seraient de toute façon cataclysmiques pour le système financier actuel.

 

CONCRÈTEMENT, QUI SERAIT DÉCISIONNAIRE ?

Le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), instance présidée par le ministre des Finances du moment, sur proposition du gouverneur de la Banque de  France. Jusqu’au vote de la loi Sapin 2, il faut savoir que l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), qui est en principe une instance administrative indépendante, pouvait déjà restreindre les retraits, mais de façon ciblée, assureur par assureur. En transférant ce rôle au HCSF, certains assureurs considèrent que la loi politise désormais le débat… Une chose est sûre : contrairement à l’ACPR, le HCSF a désormais toute latitude pour intervenir de façon transverse et générale sur tout le secteur de l’assurance. Un « détail » qui n’en est peut-être pas un… Ainsi, Stéphane Dedeyan, directeur général délégué de Generali France et président de la commission plénière des assurances de personnes à la Fédération française de l’assurance (FFA) souligne que cette disposition a par exemple été saluée par certaines agences de notation, qui y ont vu notamment « un renforcement de la solidité du marché français de l’assurance »

 

COMBIEN DE TEMPS POURRAIENT DURER LES RESTRICTIONS PRÉVUES ?

Au maximum 3 mois, cette période pouvant être renouvelée « si les conditions ayant justifié la mise en place de ces mesures n’ont pas disparu ». Pas de quoi se réjouir trop vite pour autant car si chaque nouveau « blocage » exige bien une délibération du HCSF, le texte de loi n’indique toutefois aucun délai minimum entre deux périodes de blocage.

 

FAUT-IL MODIFIER SON CONTRAT DÈS À PRÉSENT ?

Non ! L’assurance vie est un produit d’épargne de long terme qui conserve pour le moment encore tous ses atouts, notamment fiscaux. De fait, pas question de réagir de façon primesautière et de désinvestir votre épargne au profit d’autres placements, d’autant que les modalités de l’article 49 pourraient ne jamais voir le jour, soit faute de textes d’application, soit faute de crise systémique grave !

En outre, ce dispositif n’est pas vraiment une nouveauté puisque l’article L612-33 du code monétaire et financier, légèrement modifié par la loi Sapin 2, prévoyait déjà ce type de mesures.

Roselyne Poznanski

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13 janvier 2017

Vitamine D Uvestérol D. Ce qu’il faut faire

Vitamine D Uvestérol D. Ce qu’il faut faire

L’Uvestérol D vient d’être retiré de la vente suite au décès d’un nourrisson en décembre dernier. Le mode d’administration en pipette de cette vitamine D étant en cause, les familles qui l’utilisent doivent demander à leur médecin de leur prescrire une forme plus sûre.

Ce qu’il faut faireLa décision a enfin été prise : Uvestérol D, un médicament à base de vitamine D donné aux bébés dès leur naissance, vient d’être suspendu. En raison de son mode d’administration par pipette, il est soupçonné d’avoir entraîné la mort d’un nourrisson de 10 jours en décembre dernier.Concrètement, la délivrance d’Uvestérol D en pharmacie ne sera plus assurée. Un numéro vert, le 0800 636 636, a été mis en place pour informer les familles. Celles habituées à utiliser Uvestérol D qui disposent d’un flacon entamé doivent stopper le traitement, et demander à leur médecin une autre forme de vitamine D. Pas de panique, il existe d’autres marques sur le marché, notamment ZymaD et ZymaDuo (avec du fluor en plus). Elles sont disponibles sans ordonnance, mais il existe plusieurs présentations, et la posologie pour les bébés étant particulière, un conseil médical est indispensable avant de les donner.

Ces deux spécialités contiennent aussi de la vitamine D, mais elles sont moins dangereuses qu’Uvestérol D, car elles se présentent sous forme de gouttes, à déposer quotidiennement sous la langue du bébé. Aucun incident n’a été signalé avec ce mode d’administration. À l’inverse, la pipette qui sert à donner Uvestérol D a entraîné des fausses routes et des malaises vagaux. Notamment parce que, faute d’explications, elle a été mal utilisée, sur un enfant allongé par exemple. Les parents ne savaient pas forcément non plus que le médicament pouvait être mélangé à un fond de lait dans un biberon pour faciliter l’administration.

Résultat, les centres de pharmacovigilance avaient recueilli plusieurs signalements et alertes. La revue médicale indépendante Prescrire évoquait régulièrement le problème depuis plusieurs années, notant que les adaptations demandées par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et consenties par le laboratoire n’avaient pas apporté la preuve de la moindre amélioration. Les professionnels de santé, des maternités entre autres, gagneraient, décidément, à lire les recommandations de Prescrire !

La suspension d’Uvestérol D est donc logique, elle aurait même dû intervenir il y a longtemps. Comme pour le Mediator (benfluorex), il aura fallu un drame pour faire réagir les autorités de santé.

Anne-Sophie Stamane

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13 janvier 2017