UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales

Petits Perp. Sorties anticipées facilitées

Petits Perp. Sorties anticipées facilitées

Censé contrer la baisse des revenus une fois à la retraite, le Perp (Plan d’épargne retraite populaire) n’a pas su s’imposer. Les bancassureurs ont en revanche très bien su l’imposer à leurs clients qui n’en avaient pas forcément besoin ! Conscients des blocages existants et des petits Perp en souffrance, le législateur a fait un pas : leur épargne peut désormais être récupérée sans attendre. Mode d’emploi.

Sorties anticipées facilitées

Le Plan d’épargne retraite populaire a été lancé il y a une petite quinzaine d’années pour juguler la baisse de pouvoir d’achat au moment de la retraite. Son principe est très simple : en contrepartie d’un effort d’épargne sur le long terme, le souscripteur bénéficie, une fois à la retraite, d’un complément de revenus ou rente viagère. Par rapport à l’assurance vie, produit d’épargne de long terme également, les contraintes du Perp sont multiples et fortes. Entre autres, et c’est ce qui explique pour partie le manque d’appétence pour ce produit financier, l’épargne est bloquée jusqu’au départ en retraite (sauf situations exceptionnelles et graves prévues par la loi) et la rente est fiscalisée comme les pensions versées par les régimes de retraite obligatoire. Pour gommer ces aspérités et inciter un maximum de particuliers à souscrire, le législateur a assorti les versements d’une carotte fiscale : les cotisations sont déductibles du revenu imposable, mais ce mécanisme ne profite pas à tout le monde de la même façon… Seuls les contribuables dont le taux marginal d’imposition (TMI) est d’au moins 30 % ont en fait intérêt à souscrire : avec un versement de 1 000 €, ils économisent en effet 300 € d’impôt sur le revenu. Pour les personnes non imposables en revanche (pas moins de 13,9 millions de foyers fiscaux sur un total de 37,4 millions en 2015, soit 37,2 %, hors foyers bénéficiant d’une restitution d’impôt, selon la Direction générale des finances publiques) ou pour les personnes dont le TMI est de 14 %, l’économie d’impôt est dans le meilleur des cas marginale, dans le pire des cas, égale à zéro !

2 000 € PAS PLUS : C’EST LA LIMITE DES PETITS PERP EN SOMMEIL

De ce fait, un certain nombre d’épargnants qui avaient pourtant ouvert un Perp s’en sont détournés. Résultat : sans qu’il soit possible d’obtenir le moindre chiffre officiel, de nombreux petits Perp végèteraient en attendant que l’heure de la retraite vienne.

Conscient de ce phénomène, le législateur vient d’élargir le spectre des sorties anticipées puisque les Perp dont la valeur de rachat est inférieure ou égale à 2 000 € peuvent désormais être débloqués, sans frais ni pénalités (1). Mais pour pouvoir récupérer l’argent en compte, encore faut-il respecter deux conditions. La première impose d’avoir mis en sommeil son Perp depuis au moins 4 ans si le contrat n’a pas prévu de versements réguliers, ou d’avoir ouvert son Perp depuis au moins 4 ans avant la demande de rachat. En clair, si vous n’êtes pas satisfait(e) de votre Perp (faible rendement du fonds en euros, frais élevés…), stoppez tous les versements même minimes, de façon à faire courir ce délai de 4 ans. Seconde condition, plus subtile : votre revenu fiscal (celui précédant l’année du rachat, soit celui de 2016 si le rachat a lieu en 2017) doit être inférieur aux plafonds prévus pour le dégrèvement de la taxe d’habitation des résidences principales situées en métropole. Par exemple, pour un rachat effectué cette année, ils ne doivent donc pas avoir dépassé 25 156 € si vous comptiez en 2016 une part fiscale (personne seule) ou 35 659 € si vous en comptiez deux (couple avec 2 enfants par exemple).

NOTES

(1) Article 116 de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016, reporté à l’article L. 144-2 du code des assurances.

Roselyne Poznansk

28 février 2017

Google. Les annonces commerciales encore plus discrètes

Google. Les annonces commerciales encore plus discrètes

Les annonces payantes sont, depuis quelques jours, encore moins visibles sur Google. Le moteur de recherche vient à nouveau de modifier sa page de résultats, où la mention de l’annonce n’est plus surlignée en vert, mais simplement encadrée d’un filet vert sur fond blanc. Cette astuce graphique, de l’ordre du détail, change l’apparence générale de la page.

Les annonces commerciales encore plus discrètes

Quelques mois après avoir supprimé le fond jaune qui distinguait les annonces payantes des résultats naturels dans son moteur de recherche, Google noie encore un peu plus le poisson. Les internautes les plus attentifs auront sans doute noté un changement de l’aspect de l’affichage, plus épuré, plus neutre. La modification tient pourtant du détail. Dans la dernière version de sa page de résultats, les annonces publicitaires, toujours positionnées en haut de page comme s’il s’agissait des résultats les plus pertinents, étaient précédées d’un petit bloc rectangulaire vert surlignant le mot « Annonce », en blanc. Désormais, le bloc est simplement matérialisé par un filet vert sur fond blanc, ce qui le rend encore moins visible. L’exemple ci-dessous est, à cet égard, assez éloquent.

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À gauche les résultats de recherche « ancienne version » et à droite ceux que Google généralise en ce moment.

ADWORDS, HAUTEMENT STRATÉGIQUE

Une récente étude de l’Ofcom (1), régulateur britannique des télécoms, montre que la moitié des internautes ne font pas clairement la différence entre les liens naturels et les liens publicitaires sur Google. Cette nouvelle présentation n’améliorera pas la situation… Mais c’est précisément ce que recherche le géant du Web. Rappelons que les revenus de l’entreprise proviennent quasi exclusivement de la vente d’espaces publicitaires : cette activité représente 87 % de son chiffre d’affaires (plus de 22 milliards de dollars au 4e trimestre 2016). Le programme « AdWords », qui ordonne les résultats sur les pages du moteur de recherche, représente à lui seul 80,2 % des revenus de Google. C’est dire s’il est stratégique.

NOTES

(1) Ofcom, Adults’ media use and attitudes, Report 2016 (avril 2016).

Camille Gruhier

cgruhier

28 février 2017

Molécules toxiques dans les cosmétiques. Pourquoi nous ne publions pas de liste positive

Molécules toxiques dans les cosmétiques. Pourquoi nous ne publions pas de liste positive

Notre dossier sur les ingrédients indésirables dans les cosmétiques a suscité de nombreuses réactions chez les consommateurs. Beaucoup nous signalent des références contenant une ou plusieurs de ces substances et en profitent pour réclamer une « liste blanche ». Voici pourquoi nous ne pouvons les satisfaire.

« L’idéal serait désormais d’avoir une liste de produits ne contenant pas ces substances toxiques. » La demande revient fréquemment dans les interventions des internautes quand ils nous signalent des produits contenant des substances indésirables. Malheureusement, il nous est impossible d’y répondre favorablement.

D’une part, parce qu’il existe plusieurs dizaines de milliers de références de cosmétiques. Sur ce total, beaucoup sont formulés sans substances indésirables (1). Nous n’avons matériellement pas la possibilité de les recenser tous et nous n’avons aucune raison d’en citer certains et pas d’autres. Professionnels et consommateurs pourraient, à raison, nous le reprocher.

D’autre part, parce qu’il ne suffit pas d’afficher une liste d’ingrédients irréprochables, encore faut-il que l’efficacité soit au rendez-vous ! On attend d’une crème hydratante qu’elle hydrate, d’un déodorant qu’il supprime les mauvaises odeurs, d’une crème solaire qu’elle empêche les coups de soleil, etc. Nous ne pouvons conseiller des produits sans avoir vérifié qu’ils remplissaient bien leur office. Là encore, impossible de tester des milliers de références. En revanche, nous publions régulièrement des essais comparatifs où l’efficacité des produits est mesurée en laboratoire et, la plupart du temps, sur un panel d’utilisateurs. Leur innocuité, elle, est appréciée en se basant sur les ingrédients présents et sur l’évaluation de la tolérance par les utilisateurs. Nos tests de cosmétiques les plus récents ont porté sur les crèmes hydratantes, les crèmes solaires pour enfants, les vernis à ongles, les dentifrices blanchissants, les protections périodiques et aussi sur les déodorants, les BB crèmes, les crèmes solaires, les crèmes antirides. Nous sommes en train de travailler sur d’autres essais comparatifs qui seront publiés d’ici à la fin de l’année.

C’est précisément parce que nous ne pouvons pas publier de liste blanche que nous vous proposons une carte à conserver sur vous lorsque vous faites vos courses. Ainsi, vous pouvez choisir en connaissance de cause parmi les milliers de produits sans ingrédients nocifs.

 

(1) À l’exception des 26 allergènes à déclaration obligatoire dont il est difficile de se passer (liste disponible à la fin de ce document).

Fabienne Maleysson

28 février 2017

Tarifs SNCF au kilomètre (2017). De belles différences selon le trajet

Tarifs SNCF au kilomètre (2017). De belles différences selon le trajet

Pour fixer ses tarifs, la SNCF tient compte d’un certain nombre de paramètres : état de la concurrence sur la liaison considérée, taux de remplissage du train, date et horaire du voyage… De fait, la distance parcourue n’est plus le seul critère pris en compte. La SNCF a en effet abandonné depuis longtemps la tarification au kilomètre. La calculer sur diverses « liaisons tests » est toutefois instructif. Nous avons ainsi passé au crible les prix de 80 trajets directs en TGV.

De belles différences selon le trajet

SOMMAIRE
  • 1. Durée du trajet
  • 2. Trajets de moins de 1 h
  • 3. Trajets de 1 à 2 h
  • 4. Trajets de 2 à 3 h
  • 5. Trajets de 3 à 4 h
  • 6. Trajets de plus de 4 h

DURÉE DU TRAJET

Un coût inversement proportionnel à la durée

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Sur l’ensemble des 80 liaisons TGV analysées, le prix moyen est de 0,17 €. En 2015, lors de notre précédente enquête, il était de 0,16 € ! Tout comme à cette époque, ce prix moyen décroît en même temps que le temps de trajet augmente. Logique au demeurant : il y a des coûts fixes quand on fait circuler un train (personnel, péage pour emprunter le réseau…). Et ils pèsent proportionnellement plus lourd sur les courtes distances que sur les longues. Que l’on parte de Paris vers la province ou que l’on effectue un trajet de province à province, le prix au kilomètre est le même : 0,17 €, donc !

 

TRAJETS DE MOINS DE 1 H

De beaux écarts

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Il faut à peine plus d’une demi-heure pour rallier Lille à Bruxelles. Mais dans notre étude, c’est l’une des liaisons les plus chères : 0,43 €/km. Si l’on se reporte à notre relevé de 2015, l’augmentation relevée n’est pas négligeable. Il en coûtait alors 0,27 €. En moyenne, pour les trajets de moins d’une heure, le coût est de 0,21 € (0,20 € en 2015). Dans cette « tranche horaire », ce sont les passagers du Paris-Lille qui dépensent le moins pour leur trajet : 0,13 €/km.

 

TRAJETS DE 1 À 2 H

La liaison la plus chère se niche ici !

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0,49 €, c’est le prix au kilomètre le plus élevé de notre étude. Il revient à la liaison Lille-Londres. La redevance versée par la compagnie Eurostar à Eurotunnel pour emprunter le tunnel sous la Manche en est probablement la cause. À un tel tarif, on est en tout cas loin de la moyenne constatée pour les trajets compris entre une et deux heures. La palme de la liaison la plus intéressante pour les clients de la SNCF revient à Le Mans-Rennes avec un prix au kilomètre de 0,10 €, soit une baisse de deux centimes par rapport à notre relevé de 2015. La ligne à grande vitesse entre les deux villes sera mise en service à l’été 2017. Cela aura-t-il un impact sur les tarifs appliqués à cet axe ? On va bientôt le savoir !

 

TRAJETS DE 2 À 3 H

Dans la même lignée que la tranche précédente

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Les coûts moyens constatés pour un voyage TGV d’une durée de deux à trois heures sont très proches de ceux en vigueur dans la tranche précédente. Et là encore, c’est un trajet vers Londres qui se fait remarquer. Au départ de Paris, il est facturé au passager 0,44 €/km. Une échappée en solitaire puisque la deuxième liaison la plus chère de cette catégorie, Bordeaux-Toulouse, est à 0,25 €/km. Comme pour les voyages de une à deux heure, le coût moyen au kilomètre est à 0,18 €. Et le plus bas est de 0,10 €, une distinction qui revient au parcours Dijon-Lyon.

 

TRAJETS DE 3 À 4 H

L’heure de la rupture pour le coût moyen

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Il faut que le voyage dure au moins trois heures pour qu’il y ait un vrai décrochage ! Le prix moyen tombe en effet à 0,14 € avec une fourchette entre le coût le plus élevé et le coût le plus bas qui n’est pas très large : de 0,18 €/km (Paris-La Rochelle et Paris-Chambéry) à 0,07 €/km (Le Mans-Brest). Il est vrai qu’au-delà de trois heures de voyage, le train a plus de mal à séduire la clientèle, cette dernière pouvant préférer prendre l’avion. Sur Paris-Marseille (meilleur temps de parcours en train : 3 h), par exemple, la SNCF est en concurrence frontale avec plusieurs compagnies aériennes, notamment low-cost (1 h de vol). À noter que c’est dans cette tranche trois-quatre heures que l’on trouve les coûts kilométriques les plus faibles de notre enquête : respectivement 0,07 et 0,08 € pour Le Mans-Brest et Le Mans-Quimper.

 

TRAJETS DE PLUS DE 4 H

Ça baisse encore !

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La dégringolade continue. Un « tarif moyen » de 0,12 € au kilomètre et des écarts resserrés entre le coût maxi et le coût mini : 7 centimes de différence seulement entre Lyon-Nice (0,16 €/km) et Lyon-Toulouse (0,09 €) pour une durée de voyage assez proche (4 h 33 et 4 h 06). Passer cinq heures et quarante-quatre minutes dans le train, trajet le plus long de notre enquête (Paris-Nice), revient à 0,10 € du kilomètre. Le même montant que celui facturé aux voyageurs qui vont du Mans à Rennes. Mais, dans ce cas, le voyage ne dure qu’une heure et vingt minutes.

 

LA SATISFACTION DES USAGERS

Plus de 10 000 de nos lecteurs ont répondu à notre questionnaire de satisfaction concernant la SNCF. Tarifs, ponctualité, qualité des gares et des trains… consultez les résultats de la satisfaction SNCF.

 

LE PROTOCOLE DE NOTRE ENQUÊTE

Pour calculer nos prix au kilomètre, nous avons relevé les tarifs sur 80 liaisons TGV à partir d’un même ordinateur, dans la matinée du 30 janvier 2017. Nous souhaitions effectuer un aller simple au tarif adulte le vendredi 10 mars 2017 sur le premier train disponible à partir de 17 heures. Nous recherchions un billet TGV loisir en 2e classe. Les prix obtenus ont été divisés par le nombre de kilomètres séparant la ville d’origine de celle de destination. Seuls des trajets directs au départ de Paris (32 liaisons) ou de la province (48) ont été étudiés. Nous avons repris les mêmes liaisons que celles de notre précédente enquête, en 2015, afin de pouvoir effectuer des comparaisons.

Arnaud De Blauwe

adeblauwe@quechoisir.org

Isabelle Bourcier

Observatoire de la consommation

ibourcier@quechoisir.org

28 février 2017

Vélo électrique. 200 € de bonus à l’achat

Vélo électrique. 200 € de bonus à l’achat

À l’échelon local, de nombreuses municipalités ont mis en place une subvention à l’achat d’un vélo électrique. Désormais, un bonus écologique national de 200 € peut être demandé. Mais elle n’est pas cumulable avec les dispositifs locaux. Des conditions précises sont à respecter.

200 € de bonus à l’achatDepuis dimanche 19 février, il est possible de bénéficier d’une subvention de 20 %, dans la limite de 200 €, pour l’achat d’un vélo électrique, ou « vélo à assistance électrique (VAE) », à condition qu’il n’intègre pas une batterie au plomb. Mais celles-ci se font rares, la plupart des modèles sont équipés de batteries plus récentes. Les « speedbike », dont la puissance est trop importante, n’entrent pas dans le cadre de ce décret, leur propriétaire ne peut prétendre à la subvention. Et même si le texte précise que le bonus concerne « l’acquisition ou la location de véhicules à moteur à deux ou trois roues et de quadricycles à moteur électriques d’une puissance maximale nette du moteur inférieure à 3 kW », les trottinettes électriques, gyropodes ou hoverboards ne seront pas éligibles à l’aide.

Pour obtenir les 200 €, plusieurs contraintes. D’abord, l’achat doit être compris entre le 19 février 2017 et le 31 janvier 2018. Il faudra aussi ne pas avoir bénéficié d’une subvention locale. De nombreuses municipalités ont en effet mis en place leur propre dispositif, souvent plus intéressant comme à Paris depuis 2009. Si on compte en bénéficier, il faudra renoncer à faire jouer la subvention nationale. Ensuite, un formulaire sera à remplir, mis en ligne à partir du 1er mars prochain sur le site : www.asp-public.fr/bonus-velo. Parmi les critères à respecter, la production d’une facture au nom du demandeur, et surtout, l’engagement de ne pas revendre le vélo électrique dans l’année suivant son achat.

Anne-Sophie Stamane

asstamane

28 février 2017

La semaine du Roussillon nous rend visite

Philippe BECKER, de la semaine du Roussillon, est venu dans nos locaux le 16 février 2017.

Ci-dessous, son article.

article-semaine du roussillon

22 février 2017

Neuroleptiques. Des prescriptions préoccupantes

Neuroleptiques. Des prescriptions préoccupantes

Médicaments aux effets puissants, les neuroleptiques sont de plus en plus prescrits. S’ils rendent de grands services dans certains troubles psychiatriques, leur prescription qui se banalise, parfois sans autorisation, est problématique. Si vous prenez un de ces médicaments et souhaitez cerner leur intérêt et leurs risques, nous recommandons une brochure intitulée « Prendre un médicament neuroleptique ».

Des prescriptions préoccupantesUne « banalisation préoccupante », un « problème de santé publique ». C’est en ces termes que les chercheurs de l’Inserm/Université de Bordeaux (1) jugent la prescription actuelle, et de plus en plus importante, de neuroleptiques, connus aussi sous le nom d’antipsychotiques. Ils s’appellent Abilify (aripiprazole), Leponex (clozapine), Risperdal (risperidone), Solian (amisulpride), Zyprexa (olanzapine), etc. Initialement réservés aux pathologies psychiatriques les plus graves (schizophrénie, paranoïa), ces médicaments sont de plus en plus prescrits, dans leur champ d’autorisation mais aussi en dehors – hors autorisation de mise sur le marché (AMM). C’est le cas  par exemple chez des enfants atteints d’autisme. À telle enseigne que l’Agence du médicament (ANSM) s’est fendue d’une « Mise en garde sur l’utilisation hors AMM de l’aripiprazole » en mars 2016. Envoyé aux professionnels de santé, le document rappelle que ni la sécurité ni l’efficacité de cette molécule n’est établie dans les troubles autistiques chez les moins de 18 ans. Chez les adultes également, ces médicaments sont abusivement prescrits pour des troubles anxieux, des troubles de l’humeur. Ils sont également administrés sans raison chez des personnes atteintes de démences. Ces prises sont d’autant plus injustifiées que ces neuroleptiques entraînent des effets indésirables importants (2) : prise de poids, diabète, accroissement des accidents cardiovasculaires.

 

« PRENDRE UN MÉDICAMENT NEUROLEPTIQUE »

Leur mésusage ne doit pas occulter leur intérêt. Quand ils sont justifiés, les neuroleptiques sont très utiles. « Ils ont changé radicalement le traitement des troubles psychotiques », souligne en préambule la plaquette d’information écrite par le Psycom (organisme public d’information en santé mentale) et par l’association Prescrire (qui édite la revue du même nom), disponible en téléchargement ci-dessous. Ce document écrit dans un langage compréhensible, très pratique, est destiné aux patients, à leurs proches et constitue aussi un outil pour les soignants. Il explique bien que les différents neuroleptiques existants sont d’efficacité comparable mais que leur profil d’effets indésirables est différent. Ce sont donc surtout ces derniers qui guident le choix d’un traitement. Ces effets secondaires sont détaillés, expliqués et assortis de conseils pour en limiter l’impact. Le document rappelle l’une des règles de base pour les minimiser : prendre « la dose minimum efficace ».

LA BROCHURE DU PSYCOM ET DE PRESCRIRE

Vous pouvez télécharger la brochure sur les médicaments psychotropes ici :

 

NOTES

Perrine Vennetier

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21 février 2017

Bouteilles de lait. Boycottez le PET opaque !

Bouteilles de lait. Boycottez le PET opaque !

À l’ère du tri sélectif et du recyclage, c’est un retour en arrière qu’on croyait impossible. Pourtant, le lait se vend de plus en plus en bouteilles en plastique opaque non recyclables. Toute la filière du tri est perturbée.

Boycottez le PET opaque !Plus de vingt ans que le tri sélectif des bouteilles en plastique est entré dans les mœurs et que leur recyclage nous est présenté comme un grand geste pour la planète, on croyait l’affaire pliée. Mais voilà que surgissent des bouteilles de lait non recyclables qui finissent en décharge ou en incinération, au prix fort pour les collectivités locales et leurs administrés. Le coupable s’appelle le PET opaque, un plastique jusque-là cantonné aux bouteilles jaunes ou vertes d’huile, qui représentent si peu de tonnages à recycler qu’il ne posait pas problème. Or les distributeurs de lait commencent à en raffoler pour des raisons purement économiques : il leur coûte moins cher.

Depuis qu’il a fait son entrée dans les rayons lait, les tonnages envoyés en recyclage explosent et ça ne passe plus. À l’inverse de tous les autres plastiques utilisés pour les bouteilles, le PET transparent pour l’eau et les sodas, le PEHD pour le lait, ce PET opaque n’est pas recyclable et, en prime, il perturbe le recyclage des autres types de bouteilles ! Dans les centres de tri et chez les recycleurs, on n’en peut plus. Il faut éjecter les bouteilles en PET opaque du circuit de tri ou de recyclage, l’opération est compliquée et cela coûte cher.

 

BEAUCOUP DE COMPLAISANCE

Bien que ce PET opaque devienne une catastrophe pour toute la filière du tri, Éco-Emballages n’y trouve rien à redire. L’éco-organisme, qui a pour mission d’augmenter le taux de recyclage des emballages, fait en l’occurrence l’inverse. Son cahier des charges prévoit un malus pour les emballages perturbateurs du tri mais il ne l’applique pas au PET opaque. Et les cotisations pour ce plastique, plus léger, sont moindres que celles du PEHD recyclable ! Il laisse également les bouteilles en PET opaque non recyclable afficher qu’elles le sont, sans même que le ministère de l’Écologie et l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), qui contrôlent la filière, interviennent. Il aura fallu les actions lancées par Zero Waste France pour que la ministre rappelle Éco-Emballages à ses obligations, seulement début février.

En attendant une hypothétique interdiction du PET opaque, Que Choisir appelle au boycott des bouteilles de lait non recyclables.

RECONNAÎTRE LE PET OPAQUE

Les distributeurs de lait qui font des économies avec le PET opaque ne reviendront pas au PEHD sans la pression des consommateurs. Heureusement, il est facile d’identifier le PET opaque en rayon pour l’éviter.

Si la bouteille de lait attire plus votre œil qu’une autre, elle est en PET opaque. Il est en effet plus lisse, plus fin et plus brillant que le PEHD.

En cas de doute, retournez la bouteille :

  • Si vous voyez le chiffre 2 (dans un triangle ou pas) ou la mention HDPE ou PEHD, pas de souci, c’est du PEHD recyclable.
  • S’il n’y a rien, si vous voyez le chiffre 1 ou si l’étiquette de la bouteille vante ses « 15 % de plastique en moins », c’est du PET opaque non recyclable.

 

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Toutes les bouteilles en PET opaque se disent recyclables, ce qui est faux.

La plupart des grandes marques de lait, Candia et Lactel en tête, utilisent encore des bouteilles en PEHD. En revanche, plusieurs marques de la grande distribution sont passées, partiellement ou en totalité, au PET opaque.

C’est le cas de Carrefour, Casino, Intermarché, Monoprix, U. Certaines enseignes de la grande distribution osent même vendre leur lait bio, en principe meilleur pour l’environnement, dans des bouteilles non recyclables en PET opaque. Un comble !

Élisabeth Chesnais

echesnais@quechoisir.org

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21 février 2017

Cancer du sein. Ce que l’on sait du Docétaxel

Cancer du sein. Ce que l’on sait du Docétaxel

Mercredi 15 février, Le Figaro révélait la mort de 5 patientes traitées par l’anticancéreux Docétaxel, un générique du Taxotère fabriqué par le laboratoire Accord. Une série de décès qui, selon le quotidien, aurait donné lieu à un signalement à l’Agence nationale du médicament (ANSM) dès août dernier. Dans un communiqué à l’attention des professionnels de santé, l’agence reconnaît qu’une enquête de pharmacovigilance a été ouverte en septembre dernier et rappelle qu’une alternative médicamenteuse au Docétaxel existe dans certains cas. Décryptage en trois points.

Ce que l’on sait du Docétaxel

À QUAND REMONTE L’ALERTE ET QUELLE EN EST LA CAUSE ?

Signalés à l’Agence nationale du médicament (ANSM) par l’institut Gustave Roussy de Villejuif, les trois premiers décès sont survenus en août 2016, suivis de 2 autres cas fatals en novembre 2016 et en février 2017. Deux décès datant de juin 2016 et février 2017 ont également été signalés par l’institut Curie (Paris). Enfin, Le Figaro mentionne « au moins 7 décès » en faisant état de deux autres décès de patientes à Rennes, non confirmés pour l’heure par l’ANSM. Selon l’Agence du médicament, les causes des décès sont des « chocs septiques sur entérocolites ». Des inflammations graves des muqueuses intestinales survenues sur « terrain neutropénique », c’est-à-dire un fort déficit en globule blanc – un effet indésirable grave et connu de certains anticancéreux – qui rend les patientes plus vulnérables aux infections. Des complications graves conjointes à la prise de Docétaxel avaient déjà été signalées dans d’autres indications que le cancer du sein, chez des patients de mauvais pronostic. Mais dans le cas présent, les patientes avaient la particularité de présenter de bons pronostics. Tous ces cas sont survenus lors de traitement en monothérapie ou en association par le générique Docétaxel du laboratoire indien Accord, un générique très largement employé dans le cadre de chimiothérapies contre le cancer du sein, ce qui pourrait expliquer que toutes les patientes décédées aient reçu le même médicament selon l’ANSM.

 

QU’EST-CE QUE LE DOCÉTAXEL ?

Le Docétaxel est une molécule anticancéreuse présente dans le médicament de référence Taxotère, mis sur le marché dans les années 90. Son générique, qui porte le nom de la molécule, est produit par le laboratoire indien Accord (Intas Pharmaceuticals). Il a été mis sur le marché en 2010. Ce médicament à usage hospitalier est utilisé dans le traitement du cancer du sein, mais aussi dans celui du cancer du poumon « non à petites cellules », le cancer de la prostate, le cancer gastrique, ou encore le cancer des voies aérodigestives supérieures. Dans le cadre du cancer du sein, celui-ci est principalement donné en complément d’un traitement chirurgical de la tumeur afin de réduire les risques de survenue de métastases.

 

QUELLE EST LA RÉPONSE DES AUTORITÉS DE SANTÉ ?

Pour l’heure, la suspension du générique d’Accord n’est « pas à l’ordre du jour », selon l’ANSM. Une enquête de pharmacovigilance a toutefois été ouverte en septembre dernier suite aux premiers signalements. Ses résultats devraient être présentés par l’agence de contrôle le 28 mars 2017. Tout en précisant qu’« aucune recommandation n’est formulée à date » en l’absence « d’éléments permettant d’évaluer le rapport bénéfice-risque dans le cadre du traitement du cancer du sein »,  l’ANSM indique toutefois qu’un autre médicament anticancéreux, le Paclitaxel, peut constituer une alternative au Docétaxel dans le cancer du sein. Selon nos informations, par mesure de précaution, à l’institut Gustave Roussy le Docétaxel a été remplacé par le Paclitaxel dans les traitements du cancer du sein et par le médicament non générique (dit princeps) dans les autres indications. L’institut Curie a mis en place des mesures similaires.

Marie-Noëlle Delaby

mndelaby@quechoisir.

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21 février 2017

Pollution de l’air. Bruxelles accuse la France

Pollution de l’air. Bruxelles accuse la France

Après les pics de pollution de l’air par les particules fines, la France est accusée par l’Europe de ne pas lutter suffisamment contre le dioxyde d’azote, un polluant lui aussi très nocif pour la santé et essentiellement émis par les véhicules diesel.

Bruxelles accuse la FranceLa Commission européenne vient d’adresser un dernier coup de semonce à la France, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni avant de saisir la Cour de justice européenne. Elle les accuse de dépasser trop souvent les limites fixées depuis 2010 en matière de pollution de l’air par le dioxyde d’azote. Si ce polluant est moins médiatisé que les particules fines, il constitue, lui aussi, une grave menace pour la santé.

Inutile de chercher des causes multiples à cette pollution par le dioxyde d’azote, « la plupart des émissions proviennent de la circulation routière », précise Bruxelles qui rappelle que « 400 000 citoyens meurent prématurément chaque année dans l’Union européenne à cause de la mauvaise qualité de l’air ». Rien qu’en France, 48 000 décès prématurés seraient dus chaque année à la pollution de l’air extérieur par les seules particules fines, d’après Santé publique France.

Si l’Allemagne est le pays le plus fautif avec 28 zones de qualité de l’air en infraction sur les teneurs de l’air en dioxyde d’azote, la France arrive en deuxième position avec 19 zones urbaines concernées, dont Lyon, Marseille et Paris.

Pour lutter contre ce phénomène, Bruxelles préconise une réduction du trafic routier, le passage aux voitures électriques, l’adaptation du comportement des conducteurs, mais avant tout « une réduction des émissions des véhicules à moteur Diesel ». Ils sont en effet responsables à 80 % des émissions de dioxyde d’azote dues à la circulation.

Le dispositif de vignettes Crit’Air, appelé à se généraliser, pourrait permettre d’échapper à une condamnation européenne, à condition toutefois que les préfets imposent des mesures de restriction de circulation aux véhicules les plus polluants.

Élisabeth Chesnais

echesnais@quechoisir.org

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21 février 2017

Ingrédients indésirables dans les cosmétiques. Les 10 produits à modifier d’urgence

Ingrédients indésirables dans les cosmétiques. Les 10 produits à modifier d’urgence

Les 10 produits à modifier d’urgence

Près de 400 produits figurent désormais dans notre base de données des cosmétiques contenant un ou plusieurs ingrédients indésirables. Parmi eux, certains sont particulièrement problématiques : ceux qui sont destinés aux populations les plus fragiles et ceux qui cumulent les molécules nocives.

 

Bébés, enfants, adolescents, femmes enceintes, autant d’utilisateurs dont les fabricants de cosmétiques devraient prendre particulièrement soin. Même si reformuler un produit est un exercice délicat, rendre plus sûrs les cosmétiques destinés aux plus fragiles devrait être une priorité. Or, non seulement certains fabricants laissent sur le marché des références pour bébés ou enfants contenant de la MIT, au risque de déclencher de douloureuses allergies, mais d’autres (ou les mêmes) n’hésitent pas à maintenir des perturbateurs endocriniens dans des cosmétiques destinés aux groupes de populations les plus sensibles à ces ingrédients nocifs. Quelques exemples : Activilong propose un Spray magique junior ultralissant pour cheveux qui cumule trois perturbateurs endocriniens (ethylhexyl methoxycinnamate, cyclopentasiloxane et BHT). Les formules magiques « sans paraben » et « à l’amande douce bio » que porte l’emballage ne doivent pas faire illusion. Deux crèmes largement utilisées chez les bébés attirent aussi l’attention : la cold cream d’Avène contient un perturbateur endocrinien et du phenoxyethanol que l’Agence nationale de sécurité du médicament juge toxique pour les plus petits ; la crème Dexeryl renferme du propylparaben (voir encadré). Quant à la crème Prévention vergetures d’Elancyl, elle contient du cyclopentasiloxane que les femmes enceintes devraient éviter.

 

QUATRE PERTURBATEURS ENDOCRINIENS DANS UN PRODUIT !

Autre cas de figure, les « cumulards », ces références qui contiennent quatre à cinq ingrédients indésirables. Le plus stupéfiant ? Le gel purifiant Eau précieuse, a priori particulièrement adapté aux adolescents, contient pas moins de trois perturbateurs endocriniens et un allergène majeur, la MIT. Idem pour le gel douche nourrissant sans savon de Klorane. Aussie propose une petite variante à ce cumul ébouriffant : son soin intensif Miracle douceur soyeuse cumule deux allergènes (MIT et MCIT) et deux parabens. Le mal nommé Protectyl d’Yves Rocher, spray solaire potentiellement utilisé par toute la famille, contient quatre perturbateurs endocriniens, un record. Quant aux lingettes intimes de Carrefour, elles en renferment trois associés à un irritant particulièrement malvenu en l’occurrence : le sodium lauryl sulfate.
Enfin, le dernier de ce « top 10 » n’est pas un produit mais une catégorie : les colorations capillaires cumulent fréquemment MIT, MCIT et p-phenylenediamine. Un cocktail d’allergènes majeurs explosif. Mais légal : MIT et MCIT ne sont interdits que dans les cosmétiques non rincés. Or, les colorations font partie des produits rincés… même si leur temps de pose leur laisse largement le temps de faire des dégâts.

DEXERYL : LA RÉPONSE DU LABORATOIRE

Interrogé sur la présence d’un perturbateur endocrinien dans son produit fréquemment utilisé en automédication par les parents de jeunes enfants, le laboratoire Pierre Fabre argue qu’il ne s’agit pas d’un cosmétique mais d’un médicament dont la balance bénéfice/risque a été jugée favorable par les autorités de santé. « Dexeryl crème est indiqué dans le traitement d’appoint des états de sécheresse cutanée de certaines dermatoses telles que dermatite atopique, états ichtyosiques, psoriasis et dans le traitement d’appoint des brûlures superficielles de faibles étendues. En dehors de ces indications médicales autorisées, l’utilisation du médicament n’est pas recommandée, puisque le laboratoire, n’ayant pas fait d’études cliniques, ne peut garantir ni l’efficacité ni la sécurité du médicament. » Avis donc aux parents qui l’utilisent pour soulager la sécheresse cutanée ou les irritations du siège chez leur bébé : même le laboratoire le dit, ce produit n’est pas fait pour ça !

 

DES NOUVELLES DU « TOP 7 » MILLÉSIME 2016

En mars 2016, nous avions dressé un premier palmarès des produits douteux. Depuis, leurs fabricants se sont rarement amendés. Seule la marque Corine de Farme a supprimé les ingrédients indésirables de sa crème pour le change. Leclerc, s’il respecte la loi, devrait avoir retiré des rayons son lait de toilette sans rinçage contenant de la MIT. Pour le reste, Rogé Cavaillès s’obstine à vendre des produits destinés à la zone intime qui contiennent un perturbateur endocrinien bien connu, le triclosan, Caudalie n’a pas changé la formule de son fluide antirides et Fess’nett a laissé sur le marché ses lingettes désormais destinées au postérieur des adultes ! Celles de Poupina n’ont pas changé de formule et contiennent toujours du propylparaben. Physelia a également maintenu deux allergènes majeurs, MIT et MCIT, dans son gel « protecteur » pour la toilette intime ainsi que dans deux autres gels similaires (« apaisant » et « quotidien »).

 

TOUT SUR LES INGRÉDIENTS INDÉSIRABLES DANS LES COSMÉTIQUES

Fabienne Maleysson

fmaleysson@quechoisir.org

Gaëlle Landry

Rédactrice technique

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21 février 2017

Arnaques : Bulletins Info-alerte – Février 2017

Bulletins Info-alerte – Février 2017

Appel à témoignage

Les arnaques identifiées en Février 2017…

DORYLAX PRO UN CLIENT TEMOIGNE

SELECTION READER’S DIGEST VEUT FAIRE CULPABILISER

SURTAXATION ARGUMENTEE

SUPERBE MAISON A LOUER TROP BEAU POUR ETRE VRAI

ANGELINA et les forces célestes

LA REDOUTE modère sans modération

Le marketing de MAYLIS PROMOVENT

Décodage d’une opération promotionnelle AFIBEL :
Grand prix final de 12 x 500 €

16 février 2017

L’actu en liste, le numéro 3 de 2017

Auto-écoles. Des taux de réussite officiellement fictifs !

Alors que les taux officiels de réussite aux examens théorique et pratique du permis de conduire…

 
Étiquetage nutritionnel. Un intérêt informatif qui n'est plus à prouver !

Plus d’un an après l’adoption de son principe dans la Loi de Santé publique…

Smartphones. Changer de clavier est-il risqué ?

Pour améliorer la saisie de texte sur un smartphone, de nombreux éditeurs proposent des claviers alternatifs…

Vaccins. Le Conseil d’État demande un simple vaccin DT-Polio

Actuellement, trois vaccinations sont obligatoires pour les nourrissons (Diphtérie-Tétanos-Poliomyélite)…

chroniques-2017-v2

MIT. Un allergène majeur enfin encadré

Responsable d’une véritable épidémie d’allergies, la méthylisothiazolinone (MIT)…

 
Billets d’avion en ligne. Des « pratiques trompeuses » épinglées

Prix qui grimpent au dernier moment, frais supplémentaires masqués…

Netflix, Canal+, Deezer. Les contenus accessibles partout en Europe

Le marché unique du numérique prend forme. Un an après le début des discussions…

Cour des comptes. Critiques sur l’indemnisation des accidents médicaux et sur les déchets ménagers

Parmi les nombreux points abordés par la Cour des comptes dans son rapport annuel…

Voiture en hiver. Préparer sa voiture pour le froid

L’hiver finissant peut encore réserver de gros coups de froid, et les stations de ski restent ouvertes…

Répartiteurs de frais de chauffage. Des copropriétaires perplexes

Soumis à la pression de leur syndic ou surpris par le contenu du site administratif Service-public.fr…

Rénovation énergétique. Une nouvelle enquête accablante

Après l’enquête de Que Choisir qui a dressé un constat désastreux du marché de la rénovation…

phishing (hameçonnage)

Dans un arrêt récent, la Cour de cassation précise qu’un établissement bancaire ne peut pas affirmer…

Sécurité auto. Les crash tests ont 20 ans

Lors de leur parution dans Que Choisir en mars 1997, les premiers résultats Euro NCAP…

colorante171-médicaments

Omniprésent dans les médicaments, le colorant E171 (dioxyde de titane), soupçonné de provoquer…

fructofresh

Le 27 janvier, Le Monde révélait que l’entreprise polonaise Fructofresh était soupçonnée…

itgvmax

L’offre TGV Max qui permet aux 16-27 ans de multiplier les voyages dans les trains à réservation…

mobilité-bancaire

Avec la loi Macron, le gouvernement souhaite favoriser la mobilité bancaire…

Carte de la qualité de l’eau. Une clarification s’impose !

Carte de la qualité de l’eau. Une clarification s’impose !

16 février 2017

Étiquetage nutritionnel. Un intérêt informatif qui n’est plus à prouver !

Étiquetage nutritionnel. Un intérêt informatif qui n’est plus à prouver !

Plus d’un an après l’adoption de son principe dans la Loi de Santé publique, le modèle officiel d’étiquetage nutritionnel simplifié se fait toujours cruellement attendre. Déterminée à obtenir rapidement cette avancée informative cruciale, et refusant que l’avis de l’ANSES rendu ce jour soit instrumentalisé, l’UFC-Que Choisir presse le Ministère de la Santé publique d’accélérer le calendrier.

Un intérêt informatif qui n'est plus à prouver !En effet, l’avis de l’ANSES rendu ce jour, à la demande du gouvernement sur la seule pertinence « au regard des enjeux de santé publique », souligne qu’il existe « un niveau de preuve insuffisant pour démontrer leur pertinence au regard des enjeux de santé publique ». Loin d’être une découverte, cet avis ne fait que confirmer que s’agissant d’affections de longue durée et aux origines multiples, il n’existe évidemment aucune étude disponible sur les effets potentiels de ces étiquetages. A l’exception du tout récent dispositif australien,  aucun des systèmes analysés n’a déjà été mis en œuvre. Plus généralement, l’Agence rappelle que la seule information nutritionnelle ne saurait à elle seule résoudre les maladies liées à l’alimentation, ce que l’UFC-Que Choisir souligne également depuis plus de 10 ans.

Compte tenu du périmètre de la saisine, l’ANSES ne se prononce bien évidemment pas sur l’efficacité des modèles d’étiquetages en termes d’information des consommateurs. Pourtant, c’est bien l’objet premier du futur étiquetage officiel français d’aider les consommateurs au quotidien à identifier simplement et rapidement l’intérêt nutritionnel des produits. Or sur ce point, les études démontrant la pertinence des dispositifs de couleur sont légion. Les études de l’INRA (1), l’avis du Haut Conseil de la Santé Publique, ou encore le test de l’UFC-Que Choisir (2) , ont ainsi démontré qu’en un clin d’œil ces étiquetages permettent d’apprécier la qualité nutritionnelle d’un aliment, de le situer par rapport à ses concurrents ou encore de déjouer les techniques du marketing usant d’arguments faussement nutritionnels. L’ANSES elle-même avait déjà validé scientifiquement en 2015 et 2016, les classements des aliments opérés par les deux modèles coloriels, qui se révèlent conformes aux recommandations nutritionnelles du PNNS. Plus de 250 000 consommateurs ont d’ailleurs réclamé l’étiquetage nutritionnel 5C via une pétition en ligne.

Alors que les propositions isolées se multiplient, tel le nouveau modèle de Leclerc, risquant d’augmenter encore la cacophonie nutritionnelle, il est urgent que le gouvernement se positionne rapidement sur le modèle officiel retenu. Déterminée à concrétiser l’avancée que constitue un étiquetage nutritionnel compréhensible basé sur un code de couleurs, et ce avant la fin de la mandature, l’UFC-Que Choisir demande au Ministère de la Santé de définir en urgence le modèle officiel français.

 

NOTES

(1) Etude sur l’influence de divers systèmes d’étiquetage nutritionnel sur la composition du panier d’achat alimentaire –  Ruffieux, Muller – INRA 2011
(2) ‘Etiquetage nutritionnel simplifié, un antidote simple et efficace contre le marketing alimentaire’ – UFC-Que Choisir février 2015
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15 février 2017

Auto-écoles. Des taux de réussite officiellement fictifs !

Auto-écoles. Des taux de réussite officiellement fictifs !

Alors que les taux officiels de réussite aux examens théorique et pratique du permis de conduire sont enfin disponibles pour l’année 2015, l’UFC-Que Choisir rend publique aujourd’hui son analyse des écarts existants entre le discours des auto-écoles constaté par ses enquêteurs et la réalité des chiffres. Au regard des dérapages des auto-écoles, l’UFC-Que Choisir réaffirme l’urgence d’imposer aux auto-écoles d’afficher les taux de réussite. Par ailleurs, l’association met dès à présent à jour sa carte interactive – librement accessible – des taux de réussite aux examens du permis de conduire par auto-école.

Des taux de réussite officiellement fictifs !Des taux de réussite déconnectés du réel dans 63 à 69 % des cas
Après avoir obtenu le mois dernier du ministère de l’Intérieur les données officielles des taux de réussite aux examens du permis de conduire par auto-écoles pour 2015, l’UFC-Que Choisir a comparé ces taux à ceux issus de son enquête de terrain réalisée l’année dernière(1). Le résultat est sans appel : les dérapages sont légion. Concernant l’examen du code, les auto-écoles ont fourni des résultats s’écartant de plus de 5 points du taux réel dans 63 % des cas. Pire, pour l’examen de la conduite, ce sont 69 % des auto-écoles qui ont indiqué à nos enquêteurs des informations erronées. Près de 18 % des auto-écoles ont carrément avancé des taux s’éloignant de plus de 20 points de la réalité.

Des consommateurs sciemment mystifiés
Il est frappant de constater que plus les taux réels de succès aux examens sont faibles, plus les auto-écoles ont tendance à fournir aux consommateurs des données biaisées. En effet, si 36 % des établissements enquêtés communiquent des chiffres inexacts lorsque leur taux de réussite réel à l’examen de la conduite dépasse 80 %, ce chiffre grimpe vertigineusement à 89 % lorsque le taux réel est inférieur à 50 % (avec plus de 20 points d’écart avec la réalité pour plus de la moitié d’entre elles). On constate également que pour les décalages entre les taux annoncés et les taux réels les plus importants, 94 % des auto-écoles surestiment auprès des consommateurs les taux de réussite des candidats qu’elles présentent à l’examen !

L’opacité des taux de réussite, un frein à une amélioration de la qualité et à une concurrence assainie
Les taux de réussite – particulièrement à l’examen pratique – sont susceptibles de constituer une traduction chiffrée de la qualité de l’enseignement prodigué. Dès lors, et en l’absence d’une communication obligatoire aux candidats des taux réels, cette généralisation des mauvaises pratiques nuit aux auto-écoles vertueuses d’une part, et aux consommateurs d’autre part. Ceux-ci peinent en effet à choisir en toute transparence leur établissements de formation. Qui plus est, en abreuvant les consommateurs de taux de réussite aux examens surévalués, les auto-écoles incitent les apprentis conducteurs à sous-estimer la difficulté à obtenir le permis de conduire.

Soucieuse de préserver les consommateurs des effets néfastes d’une surestimation par les auto-écoles de leurs  taux de réussite aux examens du permis et de leur permettre en toute connaissance de cause de choisir les professionnels qui les formeront, l’UFC-Que Choisir :

–    Saisit la DGCCRF pour l’informer des résultats de son analyse comparative et lui demander de procéder à des enquêtes sur le terrain pour sanctionner les auto-écoles défaillantes ;

–    Demande à nouveau la mise en place d’une information écrite obligatoire par les auto-écoles de leurs taux de réussite aux examens du permis de conduire.

Par ailleurs, l’UFC-Que Choisir met à la disposition des consommateurs en libre accès sa carte interactive des taux de réussite aux examens théorique et pratique selon les auto-écoles, sur la base des données pour l’année 2015.

Consultez notre étude sur le thème « 170208_Etude mise à jour Auto-Ecoles » (PDF 2464Ko)

NOTES

(1) Enquête réalisée en juin 2016 par 115 associations locales de l’UFC-Que Choisir auprès de 1374 auto-écoles
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15 février 2017

Smartphones. Changer de clavier est-il risqué ?

Smartphones. Changer de clavier est-il risqué ?

Pour améliorer la saisie de texte sur un smartphone, de nombreux éditeurs proposent des claviers alternatifs destinés à remplacer celui qui est installé par défaut dans l’appareil. Fleksy, Gboard, Minuum, Swiftkey ou encore Swype promettent ainsi plus de confort grâce à des fonctions enrichies. Mais l’utilisateur doit consentir à donner accès à l’intégralité des données saisies, y compris les numéros de carte bancaire ou les mots de passe. Les sociétés éditrices se veulent rassurantes, mais ce libre accès total ouvre nécessairement une brèche dans la protection des données personnelles.

Changer de clavier est-il risqué ?

SMS, e-mails, notes, messages sur les réseaux sociaux… La saisie de texte a pris une place prépondérante dans l’utilisation quotidienne du smartphone. Le confort du clavier virtuel installé par défaut dans l’appareil est d’ailleurs systématiquement évalué dans le cadre de nos tests de smartphones en laboratoire. Leur ergonomie est généralement bien pensée, mais il est possible de saisir du texte plus rapidement, ou de manière plus ludique, avec les claviers alternatifs à télécharger dans l’App Store et le Google Playstore, sous forme d’applications. Précisons tout de suite que tous les claviers disponibles dans ces boutiques d’applications ne sont pas intéressants : la plupart des claviers gratuits sont des supports à publicité qui se limitent à changer la couleur ou la forme des touches. Mais certains apportent une réelle valeur ajoutée, parce qu’ils sont finement personnalisables (place occupée à l’écran en mode portrait ou en mode paysage, taille des caractères, etc.), gèrent plusieurs langues simultanément, ou bien grâce à des modes de saisie innovants. La plupart d’entre eux proposent une version d’évaluation gratuite avant de devenir payante (entre 1 et 4 €).

 

LA SAISIE PRÉDICTIVE…

Avec Swype, il suffit par exemple de faire glisser son doigt d’une lettre à l’autre pour composer les mots. La technologie est d’une efficacité redoutable. Minuum, de son côté, intègre un mode « mini » qui réduit le clavier à une bande horizontale en bas de l’écran, plusieurs lettres tombent sous le doigt mais, comme par magie, le mot affiché est bien celui que vous aviez en tête. Gboard, le clavier de Google (disponible sous Android et iOS, comme les autres applications citées), intègre le célèbre moteur de recherche ; il est possible de faire une recherche directement depuis le clavier pour l’intégrer à une note ou la partager. Fleksy se targue d’être le « plus rapide au monde », grâce notamment à une gestuelle propre (glisser le doigt une fois à gauche pour effacer un mot, etc.). Citons enfin Swiftkey, sans doute l’un des plus élaborés des claviers alternatifs, qui a basé sa notoriété sur la prédiction intelligente. Le clavier devine le mot que vous allez saisir pour vous éviter de le taper entièrement. C’est en fait le lot de tous ces claviers : la saisie prédictive et la correction automatique constituent le nerf de la guerre de la saisie sur smartphone. Swiftkey, Swype et les autres reposent sur des algorithmes de prédiction automatique, eux-mêmes construits sur des « modèles de langage » qui établissent en quelque sorte la probabilité que vous employiez tel mot dans tel contexte. Diablement performants, ils rendent ces claviers très efficaces une fois qu’on y est habitué.

 

… CONTRE L’ACCÈS À VOS DONNÉES

Mais ceci suppose de passer outre les messages assez inquiétants qui s’affichent sur l’écran du smartphone lors du processus d’installation. Les claviers virtuels s’installent comme n’importe quelle autre application, il suffit de les télécharger dans la boutique. Sous iOS, l’utilisateur découvrira alors cette mise en garde : « ces claviers ont accès à l’intégralité des données saisies, notamment à vos numéros de carte bancaire, à vos adresses postales ainsi qu’à d’autres données personnelles confidentielles ». Pire, si vous leur donnez un « Accès complet » dans les réglages de votre iPhone, « les développeurs peuvent recueillir vos données et les transmettre à leurs serveurs » (notez qu’en réalité, les développeurs peuvent envoyer des données à leurs serveurs même sans l’accès complet…). Un message similaire met en garde les utilisateurs d’Android, qui auront déjà pu lire, avant même le téléchargement, que le nouveau clavier peut accéder à leurs contacts, au réseau, voire à leurs SMS, à leurs photos, à leur position géographique ou au micro du smartphone.

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Les messages d’Android et d’iOS lors du téléchargement ou de l’installation des claviers alternatifs sont alarmants.

LE DOUTE S’INSTALLE

Conscients que ces alertes peuvent décourager les utilisateurs, les développeurs tentent de les contrecarrer avec des messages rassurants. Dans leurs rubriques d’aide, ou dans leur politique de confidentialité, ils se justifient (malheureusement en anglais, le plus souvent). Swiftkey assure par exemple qu’il « ne transmet pas tout ce que vous tapez, comme le message d’Apple peut vous conduire à le penser ». « Ce message est là pour s’assurer que vous êtes conscients de ce qui est techniquement possible avant de décider de faire confiance, ou pas, à un clavier tiers », explique le développeur. Minuum admet pour sa part qu’il reçoit des données et les utilise pour ses opérations commerciales, mais assure qu’il s’agit de statistiques d’utilisation anonymes qui lui permettent d’améliorer son clavier. Dès lors, qui croire ? Pas sûr qu’il soit plus facile de faire confiance à Apple et à Google (Android) plutôt qu’à Swiftkey ou Swype (qui appartiennent respectivement à Microsoft et Nuance Communications).

 

ÉVITEZ LES SERVICES CLOUD

Les faits sont plutôt rassurants. D’abord, malgré les avertissements, les claviers ne s’immiscent pas tout de suite  dans les méandres de vos données. Par défaut, ils n’y ont pas accès : c’est à l’utilisateur d’activer les différents paramètres. Dans Android (6.0 et ultérieurs), il est possible de déterminer, pour chaque application, le type de données auxquelles elle peut accéder (Paramètres > Applications > Gestionnaire d’applications). Dans iOS, l’« Accès complet » est, par défaut, désactivé. D’ailleurs, Swype explique qu’il peut très bien s’en passer. « Cet accès complet n’est nécessaire que pour télécharger de nouvelles langues ou acheter des thèmes » pour personnaliser l’apparence du clavier. Des quelques claviers que nous avons pris en main, seul Swiftkey exige l’accès total (difficile de comprendre pourquoi, d’ailleurs).

Ensuite, tous fonctionnent sans accès à Internet. La prédiction n’est pas moins efficace en mode avion, ce qui exclut une transmission de données, du moins en temps réel. En fait, la principale source de flux entre votre smartphone et les serveurs des développeurs provient des services connectés qu’ils proposent souvent en option. À mesure que vous les utilisez, les claviers apprennent en effet à connaître votre style et vos abréviations personnelles. Pour vous permettre de retrouver ce dictionnaire personnalisé sur tous vos appareils, ou si vous changez de téléphone, ils proposent donc de le sauvegarder à distance (Swiftkey Cloud, My Fleksy Cloud, etc.). Sans doute vaut-il mieux les éviter, d’autant qu’il est permis de douter de la sécurisation des échanges. En 2015, nos homologues italiens Altroconsumo avaient mis à jour les manquements du clavier AI.Type. Ce dernier envoyait sur son serveur de nombreuses données (e-mail, applications installées sur le téléphone de l’utilisateur), ce sans aucun cryptage.

Quant à vos données sensibles, difficile d’affirmer qu’elles sont en sécurité avec ces claviers alternatifs. Mais y sont-elles vraiment plus exposées que sur les claviers installés par défaut ?

Camille Gruhier

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15 février 2017

MIT. Un allergène majeur enfin encadré

MIT. Un allergène majeur enfin encadré

Responsable d’une véritable épidémie d’allergies, la méthylisothiazolinone (MIT), un conservateur largement utilisé par les fabricants de cosmétiques, est désormais interdit dans les produits non rincés à partir du 12 février. La Commission européenne réagit ainsi tardivement aux alertes, y compris celles venant de ses propres experts. Le délai pour l’écoulement des stocks est achevé mais certains industriels en auront profité jusqu’à la dernière minute.Un allergène majeur enfin encadré

Rarement un ingrédient largement présent dans des produits de grande consommation aura fait l’objet d’autant d’alertes de la part du corps médical. La méthylisothiazolinone (MIT) et sa proche parente, la méthylchloroisothiazolinone (MCIT), se sont généralisées dans les produits cosmétiques depuis une quinzaine d’années. Les industriels se sont mis à utiliser ces conservateurs notamment en remplacement des parabens dont certains sont perturbateurs endocriniens. Très vite, les dermatologues et allergologues constatent que de nombreux utilisateurs sont allergiques à ces composés. À maintes reprises et partout dans le monde, ils alertent sur la dangerosité de ces conservateurs. De l’élection de la MIT comme « allergène de l’année 2013 » par une association d’allergologues américains aux communiqués publiés par les sociétés savantes françaises, les signaux d’alarmes clignotent en tous sens. Même les experts mandatés par la Commission européenne confirment : en mars 2014, le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (CSSC), juge qu’il n’existe aucune concentration de MIT sûre dans les produits non rincés, les plus à risque. Pourtant, le législateur européen tergiverse, au mépris de la santé des consommateurs. Ce n’est que depuis aujourd’hui que son interdiction dans les produits sans rinçage prend réellement effet.

 

ENCORE DE NOMBREUX PRODUITS EN JANVIER

Au moins, au vu de toutes ces alertes, les industriels se sont-ils empressés de supprimer ces ingrédients de leurs produits, comme le leur recommandait en 2013 l’association qui les représente au niveau européen ? Certains, sans doute. Mais nous avons encore pu acheter en janvier pléthore de références en contenant, dont des lingettes fraîcheur Corine de Farme « hypoallergéniques », du lait pour bébés Byphasse ou un gel « apaisant » après piqûres Apaisyl. Pire, le mélange MIT-MCIT, encore plus nocif que la MIT seule, figurait sur la liste d’ingrédients d’un produit pour bébés de marque Biolane à base d’éosine « recommandé pour les rougeurs des fesses chez le nourrisson ». Or ce mélange est interdit dans les produits non rincés depuis avril 2016.

 

Côté produits rincés, toujours autorisés, nous avons retrouvé de la MIT,  entre autres, dans un gel lavant pour bébés Saforelle, un soin intime pour petites filles dès 4 ans (!) de la même marque, le gel douche pour enfant Petit junior de Klorane, un gel nettoyant « douceur »  Topicrem, ou la pâte d’argile verte Lovea. Des fabricants qui seraient bien avisés de se passer de ce composé. En effet, la Commission européenne prévoit d’abaisser considérablement la concentration autorisée de MIT dans les produits rincés. Trois ans après l’avis du CSSC qui le recommande.

LES EFFETS DE LA MIT

L’allergie à la MIT se manifeste par un eczéma qui se caractérise par des rougeurs, gonflements, parfois suintements et par des démangeaisons intolérables. Il survient un à deux jours après le contact avec l’ingrédient. La localisation dépend bien sûr de l’endroit du corps où a été utilisé le produit mais des cas d’eczéma sévère généralisé, conduisant à l’hospitalisation, ont été constatés. À noter que la MIT est également présente dans d’autres secteurs : les détergents (liquide vaisselle, lessive) peuvent en contenir mais aussi les peintures à l’eau. Dans ce cas, elle peut provoquer des réactions consécutives à l’exposition par voie aérienne (eczéma, problèmes respiratoires). Comme dans les cosmétiques, la présence de MIT doit théoriquement être indiquée sur l’emballage.

TOUT SUR LES INGRÉDIENTS INDÉSIRABLES DANS LES COSMÉTIQUES

Fabienne Maleysson

fmaleysson@quechoisir.or

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15 février 2017

Vaccins. Le Conseil d’État demande un simple vaccin DT-Polio

Vaccins. Le Conseil d’État demande un simple vaccin DT-Polio

Actuellement, trois vaccinations sont obligatoires pour les nourrissons (Diphtérie-Tétanos-Poliomyélite). Mais aucun vaccin correspondant à ces seules vaccinations (DT-Polio) n’est disponible sur le marché français. Le Conseil d’État demande au ministère de la Santé de mettre fin à cette situation.

Le Conseil d’État demande un simple vaccin DT-Polio

Depuis plusieurs années, la situation en France confine à l’absurde. Trois vaccinations sont obligatoires chez les enfants de moins de 18 mois : contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite. Mais aucun vaccin correspondant à ces trois maladies, et à elles seules (DT-Polio), n’est commercialisé. Résultat, pour se conformer aux obligations vaccinales, les familles doivent avoir recours à des vaccins plus « larges », comportant des vaccinations contre des maladies supplémentaires : la coqueluche, les infections dues à certains Heamophilus influenzae ou l’hépatite B. Pour faire cesser cet état de fait, le Conseil d’État « enjoint au ministre de la Santé de prendre des mesures pour rendre disponible un vaccin correspondant aux seules obligations de vaccination ».

 

ÉLOGE DE LA SIMPLICITÉ

Cette décision semble de bon sens. Il était en effet anormal que les familles se voient imposer des vaccinations supplémentaires, qu’elles ne souhaitent pas forcément mais sont obligées de faire en même temps que les vaccinations obligatoires. Or aucun acte médical ne devrait être pratiqué sans que le consentement libre et éclairé du patient n’ait été recueilli. Sans compter que ces vaccins élargis sont plus chers que le DT-Polio simple. Ainsi l’un des vaccins les plus faciles à se procurer actuellement, l’InfanrixHexa – « hexa » pour « hexavalent » car il contient 6 vaccins – coûte 40 €. En comparaison, le Revaxis qui ne contient que DT-Polio mais est réservé aux rappels chez les adultes, est facturé 10 €. Multipliez le surcoût par le nombre de rappels. Les laboratoires n’ont donc pas beaucoup d’intérêt à revenir à des vaccins avec moins de valences. Le laboratoire GSK (qui produit les vaccins Infanrix) indique que de toute façon, « remettre un vaccin DTP sur le marché, serait un processus très long […], il faudrait compter une dizaine d’années ».

 

EN PRATIQUE

Comment le ministère de la Santé va-t-il donc mettre en œuvre l’injonction du Conseil d’État ? Un tour de passe-passe serait d’élargir l’obligation vaccinale : si la vaccination contre non plus 3 mais 6 maladies devient obligatoire, le décalage entre loi et pratique disparaît. Mais cette décision reviendrait à imposer la conséquence (vaccinations multiples) plutôt que de modifier la cause du hiatus.

Pour mettre sur le marché un simple vaccin DTP, le Conseil d’État rappelle que le ministre dispose de plusieurs pouvoirs. Il peut « sanctionner les entreprises et laboratoires qui ne respectent pas leur obligation d’élaborer et de mettre en œuvre un plan de gestion des pénuries des vaccins ». Autre piste : « saisir l’Agence nationale de la santé publique » qui  a le pouvoir d’importer et de distribuer des médicaments en cas de pénurie. Ailleurs en effet, on trouve bien des vaccins simples. Durant ces dernières années, un subterfuge pour les familles françaises désireuses de s’en tenir aux strictes vaccinations obligatoires consistait à avoir recours à un « kit » composé d’un vaccin « Diphtérie-Tétanos » produit par Sanofi-Pasteur et importé du Canada auquel on adjoignait un vaccin « Polio » (Imovax). Ce bricolage était en théorie réservé aux enfants pour qui le vaccin contre la coqueluche était contre-indiqué. Il prouve néanmoins que produire des vaccins contre les seules Diphtérie-Tétanos n’est pas chose impossible.

Perrine Vennet

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15 février 2017

Billets d’avion en ligne. Des « pratiques trompeuses » épinglées

Billets d’avion en ligne. Des « pratiques trompeuses » épinglées

Prix qui grimpent au dernier moment, frais supplémentaires masqués… L’affichage des prix des billets d’avion chez certaines agences de voyage en ligne et compagnies aériennes est parfois trompeur, relève la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Elle épingle notamment les sites Govoyages.fr, Travelgenio.fr et Travel2be.fr.

Des « pratiques trompeuses » épingléesDepuis des années (notre enquête de 2006), les professionnels de l’aérien ont pris l’habitude de vendre sur Internet des billets qui, au final, coûtent plus cher au passager que le prix affiché au départ. La pratique avait, entre autres, été condamnée en janvier 2015 par la Cour de justice des communautés européennes (CJCE), puis en février de la même année par la DGCCRF, qui avait engagé des poursuites contre plusieurs comparateurs de vols.

Une nouvelle enquête au long cours, menée sur l’année 2016 par la DGCCRF, montre que ces avertissements n’ont pas fait cesser ces pratiques. Ses conclusions, publiées le 31 janvier dernier, mettent en évidence « en particulier une pratique fréquente de mise en avant de prix réduits qui sont, en réalité, inaccessibles à la plupart des consommateurs. Ces prix sont en effet réservés aux seuls utilisateurs de certaines cartes de paiement, très peu répandues et inadaptées à ce type d’achat ».

Pour la DGCCRF, ces prix « parfois inférieurs de plus de 50 % au prix réel supporté par la quasi-totalité des clients » trompent le consommateur et faussent les résultats des comparateurs et donc la concurrence. « Dans certains cas, les pratiques consistaient à augmenter automatiquement le prix à payer au moment même du paiement, pendant que le numéro de carte de paiement est renseigné par le consommateur et sans que celui-ci n’en soit alerté ». Régulièrement, des lecteurs de Que Choisir nous font part de telles mésaventures.

Les autres infractions identifiées par la DGCCRF concernent « notamment des annonces de prix n’incluant pas tous les frais, et des informations trompeuses sur les droits auxquels les consommateurs peuvent prétendre en matière de remboursement des taxes d’aéroport ».

 

UNE VINGTAINE DE SITES CONCERNÉS

Ces pratiques ont été repérées dans une vingtaine de sites d’agences en ligne et de compagnies aériennes, indique la DGCCRF. Si certains ont d’ores et déjà modifié leurs pratiques (et ne sont donc pas mentionnés), deux sociétés sont nommément épinglées. Travelgenio SL, qui exploite les sites Travelgenio.fr et Travel2be.fr, se voit demander de « cesser les pratiques commerciales trompeuses » relatives à « l’affichage tarifaire des billets d’avion, à l’information du consommateur sur le remboursement des taxes en cas d’absence d’embarquement par le passager, aux présentations des prestations optionnelles, à l’omission du poids du bagage inclus ».

De plus, une amende de 15 000 € a été prononcée par la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) de Paris à l’encontre du site Govoyages.fr (groupe Odigeo). Il est accusé de ne pas avoir modifié l’affichage tarifaire des billets d’avions aux différentes étapes de la commande, malgré une injonction datant du 23 octobre 2015.

Go Voyages a indiqué dans un communiqué avoir « choisi de former un recours à l’encontre de cette décision devant le tribunal administratif de Paris ». La société assure que la DGCCRF avait « rendu il y a deux ans un avis favorable concernant [son] affichage actuel, l’estimant conforme aux règles françaises ».

Le site Go Voyages, observe-t-on, indique dès la page de résultats le prix qui sera payé avec une carte Master Card Débit (tarif mis en avant et sélectionné par défaut) et le prix payé avec une carte bancaire classique. Cette information est beaucoup moins visible sur le site Opodo (appartenant également au groupe Odigeo), où elle apparaît en petits caractères (voir captures d’écran ci-dessous).

Chez Travelgenio, le tarif affiché sur la page de résultats est accompagné d’une précision concernant les cartes partenaires, mais sans affichage du prix réel du billet, qui n’apparaîtra qu’au moment de valider la commande. À l’inverse, chez leur concurrent Bravofly, le moyen de paiement est demandé dès le formulaire de recherche de vol, et le prix affiché en fonction. Une clarté bienvenue.

Le meilleur moyen d’éviter les déconvenues est évidemment d’être vigilant – par exemple en effectuant des captures d’écran au moment de la réservation – et de lire attentivement les conditions générales de vente affichées sur le site. Face aux nombreuses difficultés rencontrées par les internautes sur les comparateurs de vols, la solution est aussi de passer directement par les sites des compagnies aériennes en évitant au maximum les intermédiaires… Même si l’enquête de la DGCCRF montre que les consommateurs n’y sont pas non plus à l’abri de telles pratiques.

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Deux sites d’un même groupe (Go Voyages et Opodo) mais deux façons d’indiquer une même information.

15 février 2017

Netflix, Canal+, Deezer. Les contenus accessibles partout en Europe

Netflix, Canal+, Deezer. Les contenus accessibles partout en Europe

Le marché unique du numérique prend forme. Un an après le début des discussions, les instances européennes ont trouvé un accord pour que les consommateurs profitent de leurs abonnements à Netflix, Deezer, Canal+ ou tout autre service en ligne lors de leurs voyages dans l’Union européenne. Il entrera en vigueur dès janvier 2018.

Les contenus accessibles partout en Europe

Bonne nouvelle pour les abonnés à des services en ligne comme Deezer, Spotify, myTF1, Netflix, BeIN Sports ou encore Canal+ : dès janvier 2018, ils pourront profiter, sans surcoût, de tous leurs contenus depuis tous les pays membres de l’Union européenne (UE). Le Parlement européen, les États membres et la Commission européenne sont en effet parvenus à un accord, première mesure concrète de la modernisation des règles de l’UE, entamée en décembre 2015. Les services gratuits, comme la TV à la demande Pluzz (France Télévisions) ou Arte Replay, seront quant à eux libres de rendre leurs contenus accessibles ou pas. Mais ce « roaming » (itinérance) des contenus numériques sera obligatoire dès que le consommateur paye. L’Europe s’adapte ainsi aux nouveaux usages, puisque selon la Commission, 64 % des européens utilisent désormais Internet pour jouer à des jeux vidéo, regarder des films, des séries ou écouter de la musique.

PORTABILITÉ TEMPORAIRE

Néanmoins, il ne sera pas possible de s’abonner à OCS (service vidéo d’Orange) ou Canal+ en France si vous résidez en Allemagne ou au Danemark : la portabilité des contenus numériques sera proposée aux abonnés en « séjour temporaire », en vacances ou en voyage d’affaires. Pour définir cette notion, les négociateurs se sont inspirés du texte signant la disparition des frais d’itinérance mobile, prévue pour le 15 juin 2017. Plutôt que d’imposer une limite de 90 jours de gratuité par an, comme envisagé initialement, ils ont chargé les fournisseurs de contrôler eux-mêmes la domiciliation de leurs abonnés. « Netflix, MyTF1 ou Spotify vérifieront le pays de résidence de l’abonné par des moyens tels que le contrôle des détails de facturation, de l’existence d’un contrat téléphonique ou Internet, ou de l’adresse IP », explique la Commission. La liste des critères de vérification sera probablement plus vaste. Si le règlement définitif reprend les propositions du Parlement, les fournisseurs pourront en effet demander à leurs abonnés une pièce d’identité, des coordonnées bancaires, un numéro de carte de crédit, la preuve du paiement de leur redevance audiovisuelle ou une facture de service public attestant de leur adresse. Pour chaque vérification, ils devront toutefois se limiter à deux critères dans cette liste. Et si l’abonné vit ailleurs, l’abonnement sera tout simplement suspendu.

Camille Gruhier

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15 février 2017

Cour des comptes. Critiques sur l’indemnisation des accidents médicaux et sur les déchets ménagers

Cour des comptes. Critiques sur l’indemnisation des accidents médicaux et sur les déchets ménagers

Parmi les nombreux points abordés par la Cour des comptes dans son rapport annuel, deux sont caractéristiques d’une gestion inefficace de l’argent public et de dysfonctionnements préoccupants : l’indemnisation des accidents médicaux et la politique de déchets ménagers en Île-de-France.

Critiques sur l’indemnisation des accidents médicaux et sur les déchets ménagers

DISPOSITIF D’INDEMNISATION DES ACCIDENTS MÉDICAUX

Gestion plus que défaillante

L’information avait déjà filtré en décembre dernier, elle est confirmée : la Cour des comptes estime que le dispositif amiable d’indemnisation des accidents médicaux, qui inclut le Mediator, dessert les victimes. Dans son rapport annuel, elle pointe les dysfonctionnements du système mis en place en 2002 suite à la loi Kouchner sur les droits des patients. Particulièrement innovant, il donnait la possibilité aux victimes d’accidents médicaux de monter un dossier, même sans faute du professionnel de santé, et de le voir expertisé, en quelques mois, à l’échelon régional, par les commissions de conciliation et d’indemnisation (CCI). Celles-ci rendent alors un avis qui, s’il est favorable, ouvre la voie à une indemnisation : soit par l’assureur du professionnel de santé ou du laboratoire quand il y a faute, soit par l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (Oniam) quand il s’agit d’un aléa thérapeutique.

Problème : à la faveur d’une décision du Conseil d’État l’autorisant à modifier les avis manifestement erronés, l’Oniam s’est mis, selon la Cour des comptes, à revoir tous les avis rendus au niveau des CCI, en modifiant souvent le sens, au détriment des victimes. Le tout sans transparence, ni respect de la procédure contradictoire. « L’établissement intervient ainsi comme un assureur qui s’attacherait à limiter sa charge de sinistre », note la Cour des comptes. Au final, la voie amiable aboutit peu, ce qui encourage les victimes à privilégier d’autres recours.

 

DÉCHETS MÉNAGERS

L’Île-de-France trop accro à l’incinération

Le rapport annuel de la Cour des comptes rappelle avec justesse qu’on ne peut pas faire n’importe quoi en matière de déchets. La réglementation fixe en effet la hiérarchie des modes de traitement et elle est claire, d’abord la prévention, puis le réemploi, ensuite le recyclage. L’incinération avec valorisation énergétique ne vient qu’après, juste avant la décharge. Or souligne la Cour, « la région reste loin de ces objectifs avec un recours encore essentiel à l’incinération (62 %) et à la mise en décharge des déchets (9 %) ».

Cette gestion défaillante est en plus très onéreuse. Bien qu’il soit en baisse, le coût « est plus élevé en Île-de-France, 72 € HT par habitant, qu’au niveau national, 63 € HT par habitant, et cela pour plusieurs raisons : le flux des ordures ménagères résiduelles (1) est plus important qu’ailleurs ; l’organisation de la collecte est plus coûteuse ; le recours à l’incinération est plus important ».

Et ce sont surtout les contribuables locaux qui mettent la main à la poche. Le rapport note que 95 % des communes financent la gestion des déchets ménagers grâce à la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Or cet impôt local n’a strictement rien à voir avec la production ou la gestion des déchets. La redevance qui incite à réduire sa production de déchets, à trier, à donner pour réemploi et à composter plutôt qu’à jeter à la poubelle est quasiment inexistante en Île-de-France, alors qu’elle a largement démontré son efficacité. Pas étonnant du coup que le taux de recyclage soit très faible, 28 % en moyenne, 17,4 % à Paris… pour une exigence de recyclage fixée à 45 %. Un taux d’autant plus médiocre que, selon l’Ordif (Observatoire régional des déchets d’Île-de-France), 57 % des ordures ménagères résiduelles collectées en Île-de-France sont recyclables, et même 75 % à Paris !

« Les performances atteintes ont stagné et sont très éloignées des objectifs fixés », conclut la Cour qui appelle à « de multiples adaptations de fond » et notamment à une profonde réorganisation des syndicats mixtes de traitement des déchets, une augmentation de la contribution financière des producteurs de déchets mis sur le marché, un développement de la tarification incitative et du tri sélectif. En termes de résultats, on reste aux antipodes des stratégies zéro déchet et des circuits de l’économie circulaire qui font pourtant florès dans les discours…

NOTES

(1) Déchets non triés.

Anne-Sophie Stamane

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Élisabeth Chesnais

echesnais@quechoisir.or

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15 février 2017

Voiture en hiver. Préparer sa voiture pour le froid

Voiture en hiver. Préparer sa voiture pour le froid

L’hiver finissant peut encore réserver de gros coups de froid, et les stations de ski restent ouvertes. Pour éviter les déconvenues, il est primordial d’équiper correctement sa voiture pour affronter basses températures, neige et verglas.

Préparer sa voiture pour le froid

SOMMAIRE
  • 1. Les pneus hiver
  • 2. Les pneus cloutés
  • 3. Les chaînes ou les chaussettes
  • 4. Préparez la mécanique
  • 5. Conservez une bonne visibilité
  • 6. Pensez aux accessoires
  • 7. Pour démarrer le matin

Une route verglacée est deux fois plus glissante qu’une route enneigée. Elle est également quatre fois plus glissante qu’une route mouillée ou recouverte de neige fondue, et huit fois plus glissante qu’une route sèche. Et il y a fort à parier que chaque automobiliste rencontrera au moins une de ces situations lors de ses déplacements hivernaux. Pour prendre le moins de risques possible et faire face à la diminution de l’adhérence de la chaussée, il est nécessaire de choisir un équipement approprié. En outre, l’accès à certains tronçons (cols, stations de ski…) peut être réglementé par un panneau spécifique imposant un équipement spécial (chaînes et/ou pneus neige). Sans lui, pas d’accès aux pistes. Un entretien rigoureux de la voiture est également indispensable pour affronter les conditions météo difficiles.

 

LES PNEUS HIVER

Le montage de pneus – injustement appelés – « neige » n’est pas réglementé : on peut les utiliser toute l’année. Il est toutefois recommandé d’employer des pneus hiver lorsque la température est inférieure à 7 °C. Donc pas forcément quand il neige, mais dès qu’il fait froid. Le pneu hiver est différent des pneus traditionnels « été » en ce qu’il possède de nombreuses lamelles sur sa bande de roulement et un mélange de gomme spécifique. Cette matière résiste mieux aux basses températures et conserve ses propriétés de souplesse et d’adhérence. De leur côté, les lamelles agissent comme de véritables couteaux pour sectionner le film d’eau qui se forme sur la route au passage du pneu. L’adhérence est ainsi préservée. Le pneu hiver permet donc de freiner sur une distance plus courte et de conserver la maniabilité et la motricité du véhicule. Mais ces pneus ne vous dispensent pas forcément de monter des chaînes si cela est imposé par un panneau. Ainsi, si la mention « pneus neige admis » n’est pas précisée, il faudra utiliser des chaînes en plus des pneus hiver.

Conseil : pour une sécurité optimale, mieux vaut monter quatre pneus hiver. En effet, une voiture dont les roues motrices sont à l’avant (la plupart des modèles) étant équipée de pneus hiver uniquement à l’avant est déséquilibrée de l’arrière. Elle risque alors de partir en tête-à-queue. À l’inverse, une propulsion (roues motrices à l’arrière) avec des pneus hiver montés seulement à l’arrière est déséquilibrée de l’avant : elle risque de partir tout droit dans les virages. Si, en plus, les pneus hiver ne sont pas montés sur l’essieu avant, vous perdez l’efficacité de la direction.

 

LES PNEUS CLOUTÉS

De plus en plus rares en France, ces dispositifs peuvent être utilisés du samedi précédent le 11 novembre au dernier dimanche de mars (à moins qu’un arrêté préfectoral ne modifie cette période). Leur utilisation impose une limitation de vitesse de 90 km/h et la mise en place d’un macaron spécifique à l’arrière du véhicule. Peu confortables et bruyants sur route sèche, les pneus à clous demeurent toutefois un équipement très performant pour circuler sur des routes très enneigées et même verglacées.

 

LES CHAÎNES OU LES CHAUSSETTES

Les chaînes peuvent être obligatoires pour monter un col enneigé. La vitesse est alors limitée à 50 km/h. Il est donc primordial de vous assurer de leur présence dans votre coffre avant de prendre la route des stations. Au moment du départ, il faut prévoir de placer le jeu de façon facilement accessible, sans avoir à vider le contenu du coffre pour attraper la boîte. Pour le choix, il existe quatre grandes familles de chaînes :

  • les modèles à « échelles » (les moins chères, mais aussi les moins efficaces : à éviter) ;
  • celles en Y (abordables, elles offrent une meilleure tenue en virage et au freinage) ;
  • celles à croisillons (très accrocheuses et moins bruyantes) ;
  • celles à croisillons renforcés (les plus chères mais les plus résistantes).

Un modèle à tension automatique, qui évite un arrêt après quelques mètres pour retendre les chaînes, facilitera la mise en œuvre.

De leur côté, les « chaussettes » présentent l’avantage du confort de roulage, notamment si la route comporte des parties sans neige. Attention toutefois à ne pas trop rouler avec ce type d’équipement sur route sèche, car il se dégrade alors très rapidement.

Le conseil : avant de partir, il est conseillé de monter au moins une fois les chaînes ou les « chaussettes » sur les roues. Un double avantage à cela : après une année passée dans le garage, c’est le moment de contrôler leur état. Ensuite, ce montage, réalisé au chaud, sans stress ni précipitation, permettra de se familiariser à nouveau avec leur manipulation… et d’éviter une poussée d’adrénaline s’il faut les monter d’urgence sur le bord de la route !

 

PRÉPAREZ LA MÉCANIQUE

Faites contrôler le circuit de refroidissement et son liquide, qui doit être remplacé tous les 2 ans. Vérifiez le niveau des autres liquides, les courroies et canalisations… Les freins doivent être en parfait état pour éviter une embardée lors d’un freinage fort sur route glissante. La batterie perd de sa puissance par temps froid. Si elle a plus de 5 ans, faites-la vérifier.

 

CONSERVEZ UNE BONNE VISIBILITÉ

Si le caoutchouc des balais d’essuie-glace est fissuré, remplacez-les. Prévoyez du liquide lave-glace antigel en quantité car, en hiver, le pare-brise est vite sali. Nettoyez phares et feux arrière. Une fine couche de saleté peut réduire de moitié leur portée et déforme le faisceau. Pour un éclairage optimal, une ampoule doit être remplacée tous les 2 ans.

 

PENSEZ AUX ACCESSOIRES

Des vaporisateurs spéciaux débloquent une serrure gelée. Pour éviter de gratter le pare-brise le matin, frottez-le, intérieur et extérieur, avec du papier journal, et protégez-le par un carton ou une bâche en plastique. Relevez les essuie-glaces pour éviter qu’ils ne soient pris par le givre et s’endommagent à leur mise en service. Ou encore intercalez un bouchon de liège entre le pare-brise et le bras des essuie-glaces (pas sur les caoutchoucs, ils ne le supporteraient pas). Et n’oubliez pas chiffons, gants, grattoir, bombe de dégivrant, câbles de démarrage, barre de remorquage.

 

POUR DÉMARRER LE MATIN

1. Débrayez, pour désolidariser la boîte de vitesses du moteur, qui tournera plus facilement.
2. Avec un diesel, tournez la clé de contact pour mettre le préchauffage en service mais sans actionner le démarreur. Une fois le témoin éteint, recommencez.
3. Actionnez le démarreur sans insister. Si le moteur ne démarre pas, ce tour de clé aura déjà « réveillé » la batterie.
4. Actionnez de nouveau le démarreur 5 secondes maximum. Plutôt par petits coups répétés, pour ménager la batterie.

15 février 2017

Répartiteurs de frais de chauffage. Des copropriétaires perplexes

Répartiteurs de frais de chauffage. Des copropriétaires perplexes

Soumis à la pression de leur syndic ou surpris par le contenu du site administratif Service-public.fr, des copropriétaires se demandent si la réglementation a évolué depuis nos articles commentant la sortie du décret du 30 mai 2016 sur l’individualisation des frais de chauffage. Quelques éclaircissements s’imposent.

Des copropriétaires perplexesLe 2 juin dernier, Que Choisir titrait « Le décret limite les dégâts », expliquant que les répartiteurs de frais de chaleur étaient exclus du décret, seuls les compteurs d’énergie thermique répondant à cette nouvelle réglementation sur l’individualisation des frais de chauffage sont concernés. Julien Allix, le responsable du pôle énergie de l’ARC, l’Association des responsables de copropriété, précisait en effet que nombre d’immeubles ne relevaient du décret, ces compteurs ne pouvant être installés qu’avec des réseaux de distribution de chauffage horizontaux, « assez peu répandus en copropriété ». C’était le début d’un feuilleton. Quelques jours plus tard, nous dénoncions en effet l’interprétation qu’en faisaient les industriels de la mesure et le site administratif Service-public.fr, puis le grand cafouillage gouvernemental qui a suivi avec des lectures opposées.

Depuis, le site Service-public.fr n’a plus varié, il insiste sur l’obligation d’installer des répartiteurs de frais de chauffage. De leur côté, les industriels de la mesure qui comptent sur l’immense pactole des répartiteurs de frais de chauffage insistent auprès des syndics. Quant à l’Union sociale pour l’habitat (USH) qui fédère les offices HLM, elle estime après analyse impossible « d’affirmer que les répartiteurs de frais de chauffage ne représentent pas une possibilité d’exécution de l’obligation d’individualiser les frais de chauffage. »

Bref, quand on est copropriétaire il y a de quoi être déboussolé. Pour autant, le décret du 30 mai 2016 n’a pas été modifié, et la position de Que Choisir et de l’Association des responsables de copropriété n’a pas changé.

En réalité, le décret du 30 mai 2016 ne pouvant pas être invoqué pour soutenir les répartiteurs de frais de chauffage, leurs partisans se réfèrent à deux autres textes, une directive de 2012 et un décret de 2001, qui l’un comme l’autre les imposeraient.

  • L’argument de la directive de 2012

Comme toutes les directives, celle qui est invoquée n’est pas applicable en l’état, elle est transposée en droit national. Or notre réglementation nationale est basée sur le décret du 30 mai dernier. Il parle bien de la « détermination individuelle de la quantité de chaleur consommée », pas de déduction ou d’extrapolation.

  • L’argument du décret de 2001

Il porte sur le contrôle des instruments de mesure. L’USH estime que les répartiteurs de frais de chauffage en font partie, l’ARC qu’ils en sont exclus. Ce texte ne les citant pas nommément, tout est question d’interprétation.

Pour résumer, rien n’a changé depuis le décret du 30 mai 2016. L’ARC et Que Choisir le jugent explicite dans sa formulation, d’autant plus qu’il supprime la référence du décret précédent aux appareils fournissant « une grandeur représentative de la quantité de chaleur fournie ». D’autres l’interprètent de façon divergente en se référant à la directive européenne.

Élisabeth Chesnais

echesnais@quechoisir.org

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15 février 2017

Rénovation énergétique. Une nouvelle enquête accablante

Rénovation énergétique. Une nouvelle enquête accablante

Après l’enquête de Que Choisir qui a dressé un constat désastreux du marché de la rénovation énergétique assuré par les professionnels RGE (Reconnu garant de l’environnement), celle de la Répression des fraudes (DGCCRF) enfonce le clou.

Une nouvelle enquête accablante

Il y a deux mois, l’enquête de Que Choisir dénonçait l’impossibilité pour les ménages de faire des travaux d’économie d’énergie efficaces. En cause, les professionnels RGE (Reconnu garant de l’environnement) qui pour la plupart présentent des devis non conformes, proposent des travaux incohérents et pratiquent des prix très excessifs.

Fin janvier, la DGCCRF (Répression des fraudes) a enfoncé le clou avec sa propre enquête, et le résultat est le même : dévastateur pour les artisans et les entreprises RGE. Sur les 360 entreprises contrôlées, 57 % ont été épinglées. « Les contrôles ont permis d’identifier un large éventail de pratiques commerciales qui font l’objet de sanctions », souligne le rapport qui, « compte tenu des enjeux financiers et de la gravité des pratiques mises en œuvre par certains professionnels du secteur, sans déconseiller de tels investissements, recommande une grande vigilance, surtout en cas de démarchage. » La Répression des fraudes pointe surtout les professionnels qui démarchent de façon agressive avec des « devis incompréhensibles, des crédits camouflés, des labels de qualité mensongers, des pressions pour conclure la vente sans délai, des travaux bâclés. » Si les enquêteurs constatent que certains trompent les consommateurs en se prétendant RGE alors qu’ils ne le sont pas, ils notent aussi que « la détention réelle du label RGE ne garantit pas en elle-même l’absence de pratiques commerciales trompeuses. » La DGCCRF assure qu’il ne faut pas généraliser puisqu’elle a surtout ciblé des entreprises déjà signalées, mais elle souligne néanmoins le chiffre élevé de pratiques frauduleuses sur le marché de la rénovation énergétique, comparé à d’autres secteurs.

À l’inverse de ces contrôles ciblés effectués par les services de la Répression des fraudes, l’enquête de Que Choisir a porté exclusivement sur des professionnels RGE dûment référencés qui ne font pas de démarchage mais se déplacent à la demande des clients soucieux de faire des économies d’énergie… Pour autant, nos analyses des devis et des prix pour 10 maisons individuelles ne sont pas plus de nature à inciter les particuliers à se lancer dans les travaux d’économie d’énergie !

ESPACE INFO ÉNERGIE

Avant de faire appel à un professionnel RGE, Que Choisir recommande de prendre rendez-vous avec l’Espace Info Énergie le plus proche de son domicile. C’est l’assurance de recevoir gratuitement des conseils objectifs et désintéressés sur les travaux d’économie d’énergie les plus adaptés à son logement. Dans le meilleur des cas, il peut même y avoir un soutien efficace à une rénovation de qualité.

Élisabeth Chesnais

echesnais@quechoisir.org

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7 février 2017

Phishing. La preuve de la négligence doit être apportée par la banque

Phishing. La preuve de la négligence doit être apportée par la banque

Dans un arrêt récent, la Cour de cassation précise qu’un établissement bancaire ne peut pas affirmer qu’une victime de phishing (hameçonnage) a fait preuve de négligence sans le prouver. Faute d’éléments concrets, elle est tenue de rembourser la victime.

La preuve de la négligence doit être apportée par la banque

En août 2013, Franck, un habitant du département du Nord, découvre sur son compte trois débits pour un montant total de 838 €. Lorsqu’il se tourne vers sa banque, le Crédit mutuel de Wattignies, pour en demander le remboursement, celle-ci refuse au motif que Franck aurait transmis ses données bancaires à un inconnu suite à la réception d’un e-mail qu’il pensait provenir du Crédit mutuel. C’est ce qu’on appelle le phishing (hameçonnage).

Mais dans un arrêt du 18 janvier dernier, la Cour de cassation ne l’a pas entendu de cette oreille. Certes, le code monétaire et financier dispose que la banque n’a pas à rembourser des prélèvements dès lors que le client a fait preuve de « négligence ». Or, dans ce cas précis, rien ne prouve que Franck a été négligent. « La banque se borne à évoquer l’hypothèse du phishing […] mais n’en apporte aucunement la démonstration », précisent les magistrats. Les doutes sont d’autant plus permis qu’au moment des faits, Franck était en vacances dans le Var alors que les opérations contestées se sont produites en région parisienne. Autre fait troublant : l’adresse mail de Franck a été remplacée par une autre adresse, inconnue. De toute évidence, l’escroc s’est servi de cette adresse mail pour recevoir de la banque les codes de confirmation nécessaires pour procéder aux prélèvements. En envoyant ces codes à une personne qui n’était pas le titulaire du compte, les magistrats estiment que la banque a aussi commis une « faute contractuelle ».

Cet arrêt est intéressant dans la mesure où, pour la première fois, il précise qu’un établissement bancaire ne peut se contenter d’affirmer que les victimes de phishing ont été négligentes. Encore doit-il le prouver. Et le fait d’affirmer qu’il ne peut en être autrement compte tenu des systèmes de sécurité mis en place ne suffit pas à le démontrer. Le même jour, la Cour de cassation a rendu un arrêt similaire dans une affaire où l’UFC-Que Choisir était intervenue pour appuyer les prétentions d’un couple de consommateurs qui s’était également heurté au refus de remboursement du Crédit Mutuel.

Grâce à cet arrêt, de nombreuses victimes de phishing devraient à l’avenir pouvoir obtenir plus facilement un remboursement de la part de leur banque. Pour autant, le meilleur moyen, c’est encore la prévention. Jamais une banque ni aucun autre professionnel ou administration (Orange, EDF, Fisc, CAF ou autre) n’enverrait un mail pour demander des coordonnées bancaires. Alors à chaque fois que vous recevez un e-mail de ce genre, demandez-vous d’où il vient et, en cas de doute, contactez directement le soi-disant expéditeur avant de transmettre des informations personnelles.

7 février 2017

Sécurité auto. Les crash tests ont 20 ans (vidéos)

Sécurité auto. Les crash tests ont 20 ans

Lors de leur parution dans Que Choisir en mars 1997, les premiers résultats Euro NCAP de crash tests furent sévèrement critiqués par les grands noms de l’industrie automobile. Aujourd’hui, ces essais sont reconnus par tous et sont devenus LA référence en termes de sécurité automobile. Retour sur vingt années de mannequins malmenés et de tôle froissée.

Les crash tests ont 20 ansMars 1997 : c’est le choc pour les constructeurs automobiles. La publication de la première série de crash tests portant sur 8 voitures citadines montre que la sécurité des occupants en cas d’accident  est inacceptable. Elle met aussi en évidence l’insuffisance de la réglementation en matière de protection. Les constructeurs critiquent alors vivement le protocole Euro NCAP, jugé trop sévère. Certains affirment même qu’il est impossible qu’aucune voiture ne puisse jamais atteindre le score maximal, qui était alors symbolisé par 4 étoiles jaunes.

Dans le numéro de mars 1997, Que Choisir publiait les premiers résultats de crash tests.

LES CONSTRUCTEURS RÉAGISSENT

Après ce premier coup de massue, les essais toujours plus médiatisés conduisent les constructeurs à améliorer la sécurité passive de leurs véhicules. Cinq mois après les premiers crash tests, Volvo obtient 4 étoiles avec la S40.

Au fil des ans, le protocole de test Euro NCAP s’est enrichi de nouvelles épreuves tout en devenant plus sévère. Pourtant, en 2017, très rares sont les modèles qui obtiennent moins de 4 étoiles sur 5, et majoritaires sont ceux qui gagnent les 5.

BILAN 20 ANS PLUS TARD

Le succès de l’Euro NCAP, dont l’UFC-Que Choisir est membre depuis le début, a été immédiat. En 20 ans, environ 630 modèles ont été évalués, ce qui représente 1 800 véhicules crashés, y compris des minibus et des voitures sans permis. L’Euro NCAP a contribué à sauver plus de 78 000 vies (1) et permis à des millions de consommateurs de choisir leur véhicule en connaissant le niveau de protection. Aujourd’hui, 9 modèles sur 10 vendus en Europe font l’objet d’un score Euro NCAP et les constructeurs rivalisent dans la course à la protection, devenue un critère majeur dans le choix d’une voiture.

CRASH TEST DE LA FORD FIESTA EN 1997 ET 2012

Gagnante du premier crash test du test de 1997 avec 3 étoiles sur 4, ex æquo avec la Volkswagen Polo, la Ford Fiesta affichait pourtant un mannequin de conducteur bien abîmé et l’état de la voiture après le choc frontal se passait de commentaires.

Choc frontal de la Ford Fiesta 1997 (à gauche) et 2012 (à droite).

En 1997, l’habitacle de la Fiesta s’est sérieusement déformé lors de l’impact, provoquant un risque d’écrasement du conducteur. En 2012, la cellule reste quasiment intacte, l’énergie du choc étant absorbée par la partie avant de la voiture.

Quelques chiffres pour illustrer les progrès réalisés depuis 1997 sur la Ford Fiesta

LES VIDÉOS DE LA TOUTE PREMIÈRE SÉRIE DE CRASH TESTS

Rover 100 

Ford Fiesta

Opel Corsa

Nissan Micra

Volkswagen Polo

 

LES ÉVOLUTIONS LES PLUS IMPORTANTES DU PROTOCOLE DE CRASH TEST

1997. Crash test frontal et latéral contre une barrière déformable, note de la protection des occupants adultes (conducteur et passager, sur 5 étoiles), note de la protection des piétons (sur 4 étoiles).

1999. Introduction du crash latéral contre un poteau pour les voitures équipées d’un airbag de tête.

2003. Introduction de la protection des enfants installés dans un siège auto et notée sur 5 étoiles.

2009. Refonte importante de la présentation des résultats. Le nombre d’étoiles sur 5 représente désormais la sécurité globale du véhicule, et il est précédé de l’année du test. La protection des adultes, des enfants et des piétons est désormais exprimée en pourcentage. Une note portant sur les systèmes d’aide à la sécurité fait également son apparition. Enfin, le coup du lapin est pris en compte dans le calcul du score en protection des adultes.

2015. Introduction du crash frontal contre un mur en béton non déformable.

2016. Introduction du « double score » : l’un pour le véhicule muni de l’équipement de base, l’autre pour la version munie de tous les équipements et packs sécurité disponibles.

NOTES

 (1) Estimation du nombre de vies sauvées entre 1998 et 2015 selon le rapport ETSC 2016 : http://etsc.eu/10th-annual-road-safety-performance-index-pin-report/

Lars Ly

Rédacteur technique

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7 février 2017

Colorant E171. Les médicaments aussi !

Omniprésent dans les médicaments, le colorant E171 (dioxyde de titane), soupçonné de provoquer des troubles du système immunitaire et des lésions précancéreuses de l’intestin, ne concerne pas uniquement les amateurs de confiseries. L’UFC-Que Choisir saisit les pouvoirs publics pour que le risque représenté par la présence de cet additif potentiellement nocif dans un très grand nombre de médicaments soit évalué.Les médicaments aussi !

Les produits alimentaires ne sont pas les seuls à pouvoir contenir du E171 ou dioxyde de titane (TiO2), et de loin. Bien davantage que dans vos placards de cuisine, c’est dans votre armoire à pharmacie qu’il se cache. Faites le test en consultant les notices de vos comprimés, gélules et autres sachets, ce colorant est omniprésent ! Les chiffres obtenus en consultant la base de données recensant les médicaments mis sur le marché en France sont vertigineux : plus de 4 000 médicaments contiennent le colorant E171.

Quelques exemples (1) parmi les plus consommés : Doliprane, Dafalgan, Efferalgan et les génériques de paracétamol, Advil et les génériques d’ibuprofène, Spasfon, Augmentin et génériques d’amoxicilline, Tahor et Crestor (statines), médicaments à base de metformine (antidiabétiques), d’omeprazole (contre les ulcères et le reflux gastro-œsophagien), de losartan (antihypertenseurs). Bref, l’additif se niche partout, qu’il s’agisse de spécialités prises en automédication par tout un chacun ou de traitements quotidiens pour malades chroniques. Sans compter les compléments alimentaires : une recherche sur un site de parapharmacie remonte 650 résultats qui concernent la plupart des grandes marques (Arkopharma, Forte Pharma, Omega Pharma, Juvamine, Oenobiol, Naturactive, Solgar, Pileje, etc.) et des secteurs (minceur, fatigue, stress, ménopause, confort articulaire, etc.).

Dans la liste des ingrédients du Dafalgan, le colorant E171.

LES NANOPARTICULES EN CAUSE

La récente étude de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) qui évoque la toxicité du TiO2 utilisé dans les produits alimentaires l’attribue au fait qu’il se présente en partie sous forme de nanoparticules, des particules infiniment petites aux propriétés et aux potentialités toxiques bien différentes de celles de plus grande taille. C’est là le cœur du problème. Le dioxyde de titane utilisé dans les médicaments est-il lui aussi en partie nanoparticulaire ? Apparemment, oui. « Nous avons commandé la poudre donnée aux rats chez un fournisseur d’additifs pour l’industrie alimentaire, précise Éric Houdeau, directeur de recherche à l’Inra, qui a piloté cette étude. Je ne peux pas être affirmatif mais tout laisse à penser que c’est le même type de poudre qui est utilisée par les laboratoires pharmaceutiques. » La réglementation européenne précise d’ailleurs que les colorants autorisés dans les médicaments doivent obéir aux mêmes spécifications que ceux employés par l’industrie agroalimentaire et, sur les notices, le dioxyde de titane emprunte son nom de code à l’additif E171. A priori, il s’agit donc de la même chose.

Un des leaders du marché des ingrédients à destination de la pharmacie, Colorcon, a déjà tenté de répondre aux précédentes mises en cause du dioxyde de titane en assurant que ce colorant n’est jamais nanoparticulaire car à cette petite taille, le TiO2 ne possèderait pas de propriétés colorantes et opacifiantes. Un plaidoyer pro domo peu convaincant : en avril 2013, la firme annonçait que l’Association internationale des fabricants de colorants avait entrepris une vaste étude pour démontrer que le dioxyde de titane commercialisé par ses membres ne contenait pas de « nanos ». Les conclusions se font toujours attendre… Et dans la poudre utilisée par les chercheurs de l’Inra, bel et bien destinée à colorer des produits, il y avait 45 % de nanoparticules.

 

DANGEROSITÉ À CONFIRMER

Si risque il y a, il concerne donc aussi l’absorption via les médicaments. Ce n’est néanmoins pas une raison suffisante pour stopper un traitement utile et efficace (2). La quantité de dioxyde de titane absorbée par ce biais est probablement limitée car il ne s’agit que de l’excipient de comprimés, gélules ou sachets qui eux-mêmes ne pèsent pas bien lourd. Par ailleurs, si l’étude menée par l’Inra alourdit les soupçons, elle ne constitue pas à ce stade une preuve de dangerosité chez l’homme.

C’est l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) qui doit désormais évaluer cette toxicité. Vaste question car les recherches en la matière sont extraordinairement complexes, longues et coûteuses. Les ministères de la Santé, de l’Économie et de l’Agriculture ont annoncé le 20 janvier qu’ils saisissaient l’Agence mais deux semaines plus tard, cette dernière n’avait toujours pas reçu de courrier officiel précisant les contours de cette saisine. L’UFC-Que Choisir demande donc aux pouvoirs publics que la présence de dioxyde de titane dans les médicaments soit prise en compte par l’Anses dans son évaluation.

Si le moindre doute subsistait sur l’innocuité de ce composé, il faudrait songer à une interdiction, non seulement dans les aliments mais aussi dans les médicaments. Le rôle du dioxyde de titane n’est qu’esthétique et même si l’apparence d’un médicament facilite l’observance et participe de l’effet placebo qui contribue réellement à l’efficacité d’un traitement, les laboratoires doivent pouvoir trouver des alternatives totalement sûres.

NOTES

(1) La présence de dioxyde de titane peut dépendre des formes et dosages des médicaments en question.
(2) Ce qui est rarement le cas des compléments alimentaires, voir notre enquête.

Fabienne Maleysson

fmaleysson@quechoisir.org

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7 février 2017

Salades de fruits Fructofresh. Interdites en France

Salades de fruits Fructofresh. Interdites en France

Le 27 janvier, Le Monde révélait que l’entreprise polonaise Fructofresh était soupçonnée d’ajouter un additif alimentaire interdit à ses salades de fruits frais, conduisant le tribunal de commerce de Créteil à interdire leur commercialisation dans l’attente d’un jugement.

Interdites en FranceL’entreprise polonaise de salades et jus de fruits boit le bouillon. Non seulement accusée d’exploiter dans son usine une main-d’œuvre composée d’émigrés nord-coréens, Fructofresh – dont la France est le principal marché – est également soupçonnée d’ajouter un additif alimentaire interdit dans ses salades de fruits. Soit un conservateur de synthèse nommé dicarbonate de diméthyle (E242), aussi connu sous le nom commercial de Velcorin, dont l’usage à des fins stérilisantes et conservatrices n’est autorisé que dans certaines boissons (boissons aromatisées sans alcool, vins). En effet, il se décompose en méthanol en présence d’eau, une molécule naturellement présente dans le corps humain mais qui, à hautes doses, est toxique, expliquant la réglementation stricte qui encadre son usage.

Cet ajout illicite expliquerait la longévité exceptionnelle des salades de fruits préparées de Fructofresh (« Nous garantissons la DLC de 14 jours sans ajout de conservateurs », peut-on lire sur leur site) qui aurait éveillé les soupçons d’un concurrent, l’entreprise française Delifruits à l’origine de l’action judiciaire intentée contre Fructofresh auprès du tribunal de commerce de Créteil (Val-de-Marne), selon Le Monde.

Des soupçons qui ont conduit, dès le 1er février, le juge des référés du tribunal de commerce de Créteil à interdire à Pomona, le distributeur français de Fructofresh, de commercialiser en France les salades de fruits de l’industriel polonais, dans l’attente d’un jugement.

L’entreprise polonaise, qui vante sur son site être « en conformité depuis 2004 avec les normes BRC et IFS (niveau supérieur) » et produire « une salade idéale pour les écoles et les hôpitaux », fournit principalement la restauration collective et l’hôtellerie.

Marie-Noëlle Delaby

mndelaby@quechoisir.org

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7 février 2017

TGV Max. Tour de passe-passe de la SNCF ?

TGV Max. Tour de passe-passe de la SNCF ?

L’offre TGV Max qui permet aux 16-27 ans de multiplier les voyages dans les trains à réservation sonne le glas d’une offre comparable, iDTGV Max, lancée il y a deux ans. Levée de bouclier chez ceux qui l’avaient souscrite !

Tour de passe-passe de la SNCF ?Le 25 janvier dernier, la SNCF présentait à la presse son offre TGV Max réservée aux 16-27 ans. Moyennant un abonnement mensuel de 79 €, le souscripteur peut faire autant de voyages qu’il veut avec le TGV et les Intercités à réservation obligatoire.

Évidemment, son utilisation est liée au respect de plusieurs conditions. Par exemple, on ne peut réserver qu’un seul départ quotidien d’une même ville. De plus, le quota de places réservées aux abonnés TGV Max est probablement limité dans les trains qui circulent en période de pointe.

Cette dernière « trouvaille marketing » de la SNCF vise à faire venir les jeunes dans les trains, à l’heure où nombre d’entre eux lui préfèrent l’autocar ou le covoiturage, moins chers.

Très vite après le lancement de TGV Max, l’entreprise ferroviaire adressait un communiqué victorieux aux journalistes : « TGV Max 10 000 abonnés le premier jour, un vrai succès ! ». Mais, en coulisse, la SNCF en a profité pour reprendre d’une main ce qu’elle avait donné d’une autre. Elle a discrètement acté la disparition de l’offre iDTGV Max. Une offre qui avait également été présentée avec tambours et trompettes il y a deux ans et qui devait révolutionner – comme la SNCF a l’habitude de le proclamer à chaque fois qu’elle lance un nouveau tarif ! – la manière de prendre le train.

Les dizaines de milliers d’abonnés bénéficiaires de l’offre iDTGV Max ont en effet appris par mail qu’elle serait supprimée le 27 avril prochain. Avec la carte qui y est attachée (prélèvement de 64,99 €/mois), le passager, appelé par la SNCF « Maxtrotter », peut voyager autant qu’il le veut sur toutes les destinations desservies par iDTGV. Les réservations étant possibles jusqu’à 45 minutes avant le départ.

La fin programmée d’iDTGV Max a déclenché la colère des « Maxtrotters ». Une pétition a été lancée sur le site Change.org afin de faire revenir la SNCF sur sa décision. Elle rencontre déjà un certain succès. Du bout des lèvres, la SNCF se défend en expliquant que cette offre iDTGV Max n’était qu’une « expérience », ce qu’elle n’avait pourtant jamais clairement dit jusqu’à présent. La société nationale a cependant indiqué aux abonnés d’iDTGV Max qu’elle leur offrait les trois derniers mois d’abonnement. Apparemment, une décision insuffisante pour certains. La SNCF a par ailleurs rencontré plusieurs abonnés à iDTGV Max afin « d’imaginer avec eux les solutions alternatives et adaptées à leurs attentes ».

Quant aux titulaires de la Carte jeune (pour les 12-27 ans, elle est vendue 50 € et donne droit pendant un an à une réduction de 30 à 50 %), ils peuvent se la faire rembourser s’ils souhaitent passer à TGV Max, assure la SNCF.

Arnaud De Blauwe

adeblauwe@quechoisir.org

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7 février 2017

Mobilité bancaire (infographie). Mode d’emploi pour changer de banque

Mobilité bancaire (infographie). Mode d’emploi pour changer de banque

Mode d’emploi pour changer de banque

Avec la loi Macron, le gouvernement souhaite favoriser la mobilité bancaire. Cette mesure s’applique à compter du 6 février 2017. Dorénavant, sur simple demande, votre nouvelle banque propose un service gratuit de transfert de compte. Mais vigilance ! Cela ne concerne que votre compte courant.

 

Avec à peine un peu plus de 4 % de Français qui changent de banque chaque année, l’État décide avec la loi Macron de stimuler la concurrence au profit du consommateur et d’imposer à tous les établissements la mise en place d’un service gratuit d’aide à la mobilité bancaire à leurs clients particuliers. Il faut dire que l’augmentation constante des frais bancaires motive certains épargnants à étudier la question. En 2017, les frais de gestion d’un compte bancaire dans une banque traditionnelle française s’élèvent en moyenne à 193,80 € par an ! Une augmentation croissante car elle représente + 2,3 % par rapport à 2016. Mais attention ! La mobilité bancaire se rapporte uniquement au compte courant et non aux produits d’épargne type PEL, livret A, CEL, PEA… ou aux contrats comme l’assurance vie, ni à vos crédits en cours comme le crédit immobilier. Gare alors aux contraintes liées à la multibancarisation qui peut générer également des frais (transferts de compte à compte, tenue de gestion de différents comptes, etc.).

Tout en saluant l’avancée de la loi Macron, l’UFC-Que Choisir qui a milité dès le départ pour la portabilité du numéro de compte, pense que seule une réforme de plus grande ampleur organisant la portabilité du compte bancaire sur un modèle inspiré de celui de la téléphonie mobile fera bouger les lignes. Une position que l’UFC-Que Choisir entend bien défendre auprès de l’Union européenne.

TROUVEZ LA BANQUE LA MOINS CHÈRE PRÈS DE CHEZ VOUS

Grâce à son comparateur de tarifs bancaires (accès gratuit jusqu’au 12 février 2017), Que Choisir vous aide à comparer et trouver la banque la moins chère près de chez vous et adaptée à vos besoins personnels.

Pascale Barlet

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7 février 2017

Carte de la qualité de l’eau. Une clarification s’impose !

Carte de la qualité de l’eau. Une clarification s’impose !

Face aux réactions des agriculteurs, des municipalités, des professionnels de l’eau en bouteille et de l’interrogation de certains consommateurs suite à notre étude sur la qualité de l’eau du robinet et la carte interactive qui l’accompagne, il importe de revenir sur cette étude afin de dissiper tout malentendu et couper court aux idées reçues. La présentation de la carte a d’ailleurs été revue à cette fin.

Une clarification s’impose !

En tant qu’association de consommateurs, l’UFC-Que Choisir a souhaité donner aux consommateurs une information simple et synthétique sur la qualité de l’eau à la sortie du robinet, et non sur la seule qualité du réseau public puisque les canalisations privées peuvent également impacter la qualité de l’eau.

Dans ce cadre, l’étude de l’UFC-Que Choisir ne repose pas sur ses relevés propres mais bien sur les relevés réalisés par les Agences régionales de santé (ARS) entre février 2014 et août 2016 pour les 50 critères réglementaires de conformité, et disponibles sur le site du ministère de la Santé. Il faut savoir que sur 50 critères réglementaires, 45 concernent la qualité intrinsèque de l’eau et 5 ont trait à des pollutions liées aux composants des canalisations migrant dans l’eau – plomb, nickel, cuivre, épichlorhydrine, chlorure de vinyle (PVC). Or, si les relevés officiels concernant les 45 critères de la qualité intrinsèque de l’eau sont nombreux, c’est loin d’être le cas pour les 5 autres.

LE PROBLÈME DES COMPOSANTS TOXIQUES DES CANALISATIONS

Pour ces critères, les relevés sont souvent effectués à la sortie du robinet des consommateurs et sont très peu nombreux. Il n’est donc pas possible de connaître l’ampleur de la population concernée car on ignore si le problème vient du réseau public ou des canalisations privées ni, compte tenu du très faible nombre de relevés, l’ampleur du problème. C’est la raison pour laquelle nous avons, sous la carte de la qualité de l’eau, ajouté une notice « Important : *pour la recherche du plomb, du cuivre, du nickel, du chlorure de vinyle et de l’épichlorhydrine, le prélèvement de l’eau se fait fréquemment au robinet des consommateurs. Par conséquent, leur présence dans une analyse ne signifie en aucun cas que cette pollution affecte l’ensemble du réseau ou de la ville, car elle peut ne concerner par exemple que certains branchements du réseau, certains immeubles ou logements. » Afin de souligner davantage le fait qu’il n’est pas possible de déterminer l’ampleur de la population concernée tout en maintenant l’alerte sur toutes les non-conformités relevées, la présentation de la carte pour les villes concernées a été revue : le pictogramme global sur la ville est coloré en fonction du résultat obtenu sur les 45 critères relatifs à la qualité intrinsèque de l’eau et, s’il existe une non-conformité relevée sur l’un des 5 critères liés aux canalisations, un panneau « attention » a été intégré.

Il importe néanmoins de rappeler que les résultats restent les mêmes et que l’alerte sur les problèmes de conformité demeurent. Pour les habitants des communes concernées qui s’interrogent sur la conduite à tenir, l’UFC-Que Choisir, après avoir rappelé les bons réflexes à adopter s’agissant de l’eau potable (voir encadré), indique que, si le problème ne provient pas du réseau public (suite à la publication de la carte, certaines communes ont indiqué qu’il y avait effectivement des problèmes de chlorure de vinyle ou de plomb sur leur réseau) mais des canalisations privées, il est possible de demander un diagnostic de ses canalisations à un laboratoire agréé par le ministère de la Santé (liste disponible sur le site des DDASS) ou accrédité par le Cofrac pour ce type d’analyse (pour une centaine d’euros). Sont plus particulièrement concernés les habitations et immeubles anciens (construits avant les années 50). En tout état de cause, au vu du faible nombre d’analyses,  l’UFC-Que Choisir ne peut manquer de maintenir son appel à ce qu’un audit soit réalisé sur le sujet afin de quantifier l’exposition des consommateurs au problème de ces composants toxiques, et que des aides, notamment des agences de l’eau, soient allouées pour aider, sous condition de ressources, les propriétaires privés et copropriétaires concernés à renouveler leurs canalisations.

POLLUTION AGRICOLE

Alors que l’étude pointe les pesticides comme le premier polluant, et de loin, l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP), le syndicat des fabricants de produits phytosanitaires, n’a pas manqué de réagir en affirmant d’une manière quelque peu expéditive que la détection de traces infimes de produits phytosanitaires ne serait en aucun cas révélatrice d’un quelconque risque pour les populations. L’UIPP oublie de préciser que c’est en fonction de la nature de la molécule, du niveau de dépassement et de sa durée que l’Agence régionale de santé définira les mesures de gestion. Or, ces mesures de gestion peuvent aller d’une simple dérogation sans restriction de consommation (cas le plus fréquent), à une interdiction de consommation pour les consommateurs fragiles (femmes enceintes, nourrissons), voire une interdiction totale de consommation. Il faut par ailleurs rappeler que les normes actuelles ne tiennent pas compte du fait que certains pesticides pourraient être des perturbateurs endocriniens actifs à des doses extrêmement faibles. Or, les perturbateurs endocriniens sont aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique.

EAU EN BOUTEILLE VS EAU DU ROBINET : LE MATCH N’EST PAS À REJOUER !

Dernier élément, et non des moindres, alors que l’étude entend souligner que l’eau potable est bien plus économique et écologique que l’eau en bouteille, la Chambre syndicale des eaux minérales nous répond que « l’eau minérale naturelle et l’eau du robinet sont des produits différents et ne peuvent donc avoir le même prix ». C’est pourtant bien pour une même utilisation quotidienne que les deux eaux sont en concurrence et c’est de notre devoir, en tant que promoteur d’une consommation responsable, de rappeler que l’on paye l’eau en bouteille 65 fois plus cher en moyenne ! S’agissant de l’impact environnemental de l’eau en bouteille, ce syndicat allègue que « l’eau minérale naturelle est acheminée par des camions toujours plus économes en énergie et des modes de transport alternatifs (train, ferroutage ou fluvial). La bouteille en PET est 100 % recyclable et 60 % d’entre elles sont recyclées ». Or, ce n’est pas parce que le PET utilisé pour la fabrication des bouteilles serait recyclé à 60 % que cela le met à égalité, loin de là, avec l’eau du robinet : la mise en décharge, le tri, le recyclage, la fabrication de nouvelles bouteilles et bien sûr leur transport constituent autant d’étapes à l’origine de gaz à effet de serre.

Si la présentation de notre carte de l’eau a été revue, les résultats et le message principal de cette campagne demeurent les mêmes : la consommation responsable est de boire l’eau potable. Mais pour que tout le monde franchisse le pas, et que toutes les craintes soient dissipées, les pouvoirs publics nationaux ont un rôle à jouer pour préserver en amont la ressource aquatique des pollutions (agricoles, industrielles, etc.), mais aussi pour s’assurer que les consommateurs ne sont pas exposés à des composants toxiques via des canalisations anciennes et corrodées.

EAU POTABLE : LES BONS RÉFLEXES

Laissez couler l’eau quelques instants avant de la boire. Dans le cas où l’odeur est marquée, il suffit de laisser l’eau s’aérer, par exemple dans une carafe ouverte.

Lorsque la concentration en nitrates est comprise entre 50 et 100 mg/l, l’eau ne doit pas être consommée par les femmes enceintes et les nourrissons. Si elle est égale ou supérieure à 100 mg/l, l’eau ne doit être utilisée pour aucun usage alimentaire.
Lorsque l’eau est très alcaline (pH supérieur à 9), il est déconseillé de l’utiliser pour la toilette, car elle peut être irritante pour l’œil ou la peau.

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7 février 2017

Enquête démarchage téléphonique. Une pétition contre le harcèlement !

Enquête démarchage téléphonique. Une pétition contre le harcèlement !

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Alors que le Gouvernement se félicitait récemment des premiers résultats de Bloctel, le service d’opposition au démarchage téléphonique, l’UFC-Que Choisir publie les résultats alarmants d’une enquête(1) sur l’ampleur actuelle du démarchage téléphonique et les limites de Bloctel. L’association demande donc aux pouvoirs publics un renforcement des mesures anti-démarchage téléphonique, et lance une pétition en ligne pour permettre aux consommateurs de signifier l’urgence d’actions ambitieuses.

 

Démarchage téléphonique: signez la pétition

 

Démarchage téléphonique de masse : face à la recrudescence, l’exaspération des Français
L’enquête de l’UFC-Que Choisir souligne qu’en moyenne, chaque foyer est démarché téléphoniquement 4 fois par semaine, 47 % indiquant l’être presque tous les jours. Les premières « victimes » sont les personnes de plus de 65 ans puisque pour elles la moyenne grimpe à 4,4 appels/semaine, particulièrement à l’heure du déjeuner. 75 % déclarent d’ailleurs que les sollicitations sont plus nombreuses qu’il y a 10 ans. Face à une telle pression, pas étonnant que 91 % des sondés jugent ces appels « très agaçants » !

Démarchage : le palmarès des appels rejoint celui des litiges
Les principaux domaines d’activité des démarcheurs cités par les sondés sont les mêmes que ceux des litiges traités par nos associations locales : travaux de la maison (68 %) ; énergies renouvelables (55 %), fournisseurs d’énergie (42 %).

Et face à ces constats, force est de relever que le premier bilan du dispositif bloctel est plus que mitigé.

Bloctel : une efficacité toute relative pour huit inscrits sur dix
Si Bloctel, le service d’opposition au démarchage téléphonique, bénéficie, 8 mois après son lancement, d’une bonne notoriété auprès des consommateurs enquêtés (81 %), l’immense majorité des consommateurs s’y étant inscrit constatent en revanche que le nombre d’appels reçus dans le cadre d’un démarchage n’a pas ou que trop peu baissé (82 %).

Les professionnels trop peu incités à respecter la volonté des consommateurs
Cet échec de bloctel est notamment à mettre en relation avec la faiblesse des sanctions. Ainsi, en décembre 2016, 330 000 réclamations portées à la connaissance de Bloctel n’avaient abouti qu’à 2 sanctions administratives contre des professionnels. Cette déconnexion manifeste entre les réclamations et les sanctions souligne les efforts à conduire pour que les enquêtes menées par la DGCCRF se multiplient, et aboutissent rapidement à des sanctions. Celles-ci doivent par ailleurs être portées à des montants suffisamment élevés pour contraindre les professionnels à la vertu. En effet, la législation actuelle plafonne les sanctions à 75 000 € et n’incite pas les démarcheurs à respecter le choix des consommateurs de ne pas être importunés.

Au vu de ces éléments, et soucieuse d’encadrer plus strictement le démarchage téléphonique, l’UFC-Que Choisir :

–    invite les consommateurs à signer massivement une pétition pour dire STOP au harcèlement ;
–    saisit la DGCCRF et l’ARCEP pour appeler respectivement à une multiplication des contrôles et des sanctions, et à un examen des possibilités techniques empêchant les démarcheurs téléphoniques de s’imposer aux consommateurs ;
–    plus largement, demande aux pouvoir publics nationaux et européens d’avancer vers un plus grand encadrement du démarchage téléphonique, notamment une augmentation significative des sanctions financières en cas de démarchage abusif et la mise en place d’un système d’identification par un indicatif spécifique des appels à des fins de prospections commerciales.

 

NOTES

1 février 2017