UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales

« Guide Noël 2017 » : Passez des fêtes l’esprit tranquille avec l’UFC Que Choisir des Pyrénées-Orientales.

(Pour consulter le guide, cliquez sur l’image en fin d’article)

« Guide Noël 2017 » : Passez des fêtes l’esprit tranquille avec l’UFC Que Choisir des Pyrénées-Orientales.

 

A la veille des fêtes, l’UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales offre aux consommateurs un « guide Noël », outil informatif, permettant de préparer les fêtes de fin d’année, d’éviter et de régler les petits soucis éventuels liés à la période des fêtes.

En effet, comme le constate chaque année notre association locale, les fêtes de fin d’années peuvent occasionner certains désagréments consuméristes (arnaques aux étrennes ou aux dons, vols ou séjours retardés ou annulés, cadeaux endommagés ou difficilement échangeables, etc.)

Décidée à ce que la trêve des confiseurs soit également celle des problèmes consuméristes, l’UFC-Que Choisir a élaboré un petit guide pratique empli de conseils et astuces :

– les dons et étrennes : quelles associations peuvent recevoir des dons ? Peut-on bénéficier de réductions d’impôts ? Comment éviter les arnaques aux faux agents publics ?

– préparer Noël : le choix du sapin et des décorations, de son calendrier de l’avent, se prémunir des arnaques sur les marchés de noël,

– cadeaux de Noël : des conseils sur toutes les questions relatives aux achats, notamment sur les jouets technologiques, acheter ou non sur internet ? Comment être sûr d’être livré pour noël ?

– s’agissant spécifiquement des jouets, pour répondre aux préoccupations de nombreux parents, comment vérifier que l’on offre des jouets répondant à toutes les conditions de sécurité ? Quelles informations vérifier avant d’acheter ? Comment choisir un jouet adapté ?

– l’organisation de son réveillon : toutes les questions pour gérer un incident avec la SNCF ou une compagnie aérienne (retard, annulation, perte de bagages, etc.) mais aussi vos droits en cas de séjour à l’hôtel (prestations décevantes, vol) ou de dîner au restaurant (information sur les prix et la qualité des plats, etc.).

L’UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales invite les consommateurs à consulter gratuitement ce guide sur le site https://pyreneesorientales.ufcquechoisir.fr/ et dans nos permanences jusqu’au 10 janvier 2017.

Bonnes fêtes de fin d’année

Pour consulter le guide, cliquez sur l’mage suivante :

29 novembre 2017

Smartphones. Les meilleurs smartphones de 2017

Smartphones. Les meilleurs smartphones de 2017

Apple, Samsung, LG, HTC, Wiko… L’année 2017 a été riche en nouveaux smartphones. Comme d’habitude, au fur et à mesure des lancements, nous les avons achetés, puis testés en laboratoire. Plusieurs appareils se sont démarqués par des innovations, des photos d’une qualité exceptionnelle, ou tout simplement parce qu’ils offrent un rapport qualité-prix intéressant. Bonne nouvelle, il ne s’agit pas toujours des smartphones les plus chers du marché, même si la corrélation entre le prix et les performances est réelle. Voici notre sélection des smartphones les plus intéressants.

Smartphones Les meilleurs smartphones de 2017

DE BONS SMARTPHONES À MOINS DE 200 €

Dans la masse de nouveaux smartphones lancés chaque année, nombreux sont ceux qui passent totalement inaperçus. Pour la plupart, ce n’est pas un drame. Mais certains sortent du lot, notamment parce qu’ils offrent des performances correctes au regard de leur prix. En 2017, plusieurs smartphones à moins de 200 € nous ont ainsi agréablement surpris. C’est le cas de deux modèles signés Huawei. Ce fabricant chinois, de plus en plus connu (il talonne Apple sur le marché mondial), a lancé au printemps le Y7, un appareil d’entrée de gamme à l’autonomie impressionnante. Quelques semaines plus tard, il lançait le Y6 2017, dont le rapport qualité-prix s’est avéré tout à fait correct. LG s’est également distingué avec le K8 2017, et Lenovo a fait encore mieux avec le Moto G5. Tous ces smartphones ne sont toutefois pas toujours bons dans tous les domaines. Souvent, les matériaux de la coque, la qualité des photos ou du son des haut-parleurs laissent à désirer. La fiche détaillée de chacun de ces modèles est disponible dans notre test de smartphones.

Le Huawei Y7 et le Lenovo Moto G5

 

SAMSUNG GALAXY S8 ET S8+

Les premiers smartphones « borderless »

Présentés en mars, les Samsung Galaxy S8 et Galaxy S8+ ont surpris par leur écran, étalé sur la quasi-totalité de la surface de la face avant. La tendance des écrans « sans bords » (« borderless ») était lancée. D’autres fabricants ont depuis lancé leurs modèles, à l’image d’Apple, avec son iPhone X et son écran « Super Retina », ou de LG, avec le G6 et son écran « Full Vision ».

Le Galaxy S8 s’est distingué avec la surface, mais aussi avec le format de son écran. Un curieux ratio 18,5/9e a en effet remplacé l’habituel 16/9e, allongeant la diagonale d’écran (5,8 pouces) sans nuire à la prise en main. Là aussi, Samsung a amorcé une tendance puisque dans son sillage, Xiaomi a lancé le Mi mix 2 et Wiko le View (modèles pas encore testés).

De 809 € au lancement (909 € pour le Galaxy S8+, plus grand), le prix du Galaxy S8 a chuté à 650 € (750 € pour le S8+). Le budget reste conséquent, mais ces smartphones ont passé sans difficulté nos tests en laboratoire. Ils se positionnent même en tête de classement, et ce malgré une certaine fragilité due aux matériaux utilisés. Autre atout : Galaxy S8 et Galaxy S8+ sont étanches.

Le Samsung Galaxy S8 et l’iPhone X

 

HUAWEI P10, IPHONE 8 PLUS

Le double capteur photo s’installe

HTC lançait un smartphone à double capteur photo dès 2014 (le HTC M8), mais c’est Apple qui a véritablement lancé la tendance avec l’iPhone 7 Plus, en 2016. Entre les deux modèles, la qualité des capteurs a évolué et aujourd’hui, l’intérêt d’en intégrer deux est perceptible. La combinaison d’un grand angle et d’un téléobjectif a ouvert le champ des possibles grâce, aussi, à l’intelligence logicielle des appareils. On peut ainsi faire la mise au point sur un sujet tout en créant un flou progressif en arrière-plan (effet « bokeh ») ou encore retoucher la mise au point une fois la photo capturée. Désormais, le double capteur est adopté sur plusieurs smartphones haut de gamme. Apple l’a renouvelé sur l’iPhone 8 Plus (un modèle de transition sans grand autre intérêt, d’ailleurs) et sur l’iPhone X. Huawei en a presque fait une marque de fabrique : les P10P10 Plus et Mate 9 en sont équipés. Wiko en a équipé le Wim, invitant le double capteur sur un smartphone de moyenne gamme. Et d’autres compléteront la liste en 2018, c’est inévitable.

Le Huawei P10 et l’iPhone 8 Plus

 

HTC U11

Le « squeeze » fait un flop

Après des années fastes durant lesquelles il a été l’un des plus sérieux rivaux d’Apple, HTC mange son pain noir. Le fabricant commercialise des smartphones intéressants mais ne rencontre plus le succès. Cette « malédiction HTC » a encore sévi en 2017. Avec le U11, le fabricant a pourtant tenté de se démarquer de la concurrence avec le « squeeze », une nouvelle manière de piloter son smartphone. En pressant les bords du téléphone, on pouvait activer certaines fonctions (appareil photo ou capture d’écran par exemple). Bien qu’efficace, la technologie n’a pas rencontré son public. Ce smartphone n’en est pas moins un modèle haut de gamme qui affiche de bonnes performances, comme l’a révélé notre test en laboratoire. Parallèlement à ses propres activités, HTC travaille étroitement avec Google depuis des années. Il est le premier à qui Google a confié la fabrication d’un smartphone (le Nexus One, en 2010). En septembre dernier, Google a même carrément racheté le département recherche et développement et les équipes design de HTC. La fin d’un mythe et, qui sait, peut-être d’une malédiction.

Le HTC U11

 

SAMSUNG GALAXY A3, A5, J5, J7

La qualité à prix serré

Champion des smartphones haut de gamme, Samsung ne démérite pas sur les produits plus modestes. Le fabricant a lancé en 2015 les séries A et J qu’il renouvelle depuis chaque année. Les modèles 2017 (A3A5J5 et J7) s’avèrent être de bons smartphones, à l’esthétique soignée qui plus est (ce n’est pas toujours le cas des smartphones d’entrée et moyenne gamme). Ils ne sont pas les plus performants côté photo et vidéo, mais leur prix, compris entre 200 et 300 €, est correct au regard de leurs performances globales. Si l’un de ces modèles vous intéresse, assurez-vous toutefois qu’il s’agit bien du modèle de l’année, et non d’un prédécesseur de 2015 ou de 2016.

Les Samsung Galaxy A3 et J7

 

SONY

Discret mais puissant

Sony fait moins de bruit que ses concurrents Apple ou Samsung et les noms de ses modèles, difficilement mémorisables, ne jouent pas en sa faveur. Les smartphones du fabricant sont pourtant aussi performants qu’ils sont discrets. Pour affronter ses rivaux haut de gamme, Sony a dégainé le XZ Premium (500 €), un smartphone bien équipé, solide et performant. Les Xperia XA1 (300 €) et Xperia XA1 Ultra (400 €), qui se distinguent par leur diagonale d’écran (5 et 6 pouces respectivement) et leur batterie (2 300 et 2 700 mAh), s’avèrent de bons smartphones de gamme moyenne.

Les Sony XZ Premium et Xperia XA1 Ultra

 

LE FAIRPHONE 2 SÉDUIT ORANGE

Le Fairphone 2 n’est pas nouveau, il est sorti en 2015. Mais il s’agit, par définition, d’un smartphone évolutif, puisqu’on peut en changer les différents modules un à un, au besoin. Fairphone a notamment lancé il y a quelques semaines deux nouveaux modules photo (12 Mpx au lieu de 8 Mpx) pour améliorer la qualité des clichés (ce n’était pas du luxe : le Fairphone 2 n’avait pas brillé sur ce critère avec le module d’origine). Et signe que le « smartphone équitable » a du potentiel, il a été référencé pour la première fois par un opérateur mobile, Orange, à la rentrée 2017.

Le Fairphone 2

 

SYSTÈMES D’EXPLOITATION

La fin de Windows Phone

À l’exception des iPhone, qui fonctionnent sous iOS, tous les smartphones mentionnés fonctionnent sous Android. Le système d’exploitation de Google a définitivement conquis le cœur des smartphones (ce qui, au passage, permet au géant du Net de mettre le nez dans nos données personnelles). En 2017, il a fait une victime puisque Microsoft a annoncé qu’il arrêtait les frais avec Windows Phone. Évitez donc désormais les smartphones fonctionnant dans cet environnement mobile. Et si vous avez besoin d’autres conseils, ne passez pas à côté de notre guide d’achat !

LES MEILLEURS SMARTPHONES PAR BUDGET

Moins de 200 €

  • Huawei Y7
  • Huawei Y6 (2017)
  • LG K8 2017
  • Lenovo Moto G5

 

Entre 200 et 400 €

  • Wiko Wim
  • Samsung A3 (2017)
  • Samsung A5 (2017)
  • Samsung J5 (2017)
  • Samsung J7 (2017)
  • Sony Xperia XA1

 

Entre 400 et 600 €

  • LG G6
  • Huawei P10
  • Huawei Mate 9
  • HTC U11
  • Sony Xperia XA1 Ultra
  • Sony XZ Premium
  • Fairphone 2

 

Plus de 600 €

  • Samsung Galaxy S8
  • Samsung Galaxy S8+
  • Apple iPhone X
  • Apple iPhone 8 Plus
  • Huawei P10 Plus

Camille Gruhier

cgruhier

28 novembre 2017

« Vrai cadeau vraiment gratuit » de Nocibé. On nous prend vraiment pour de vraies buses

« Vrai cadeau vraiment gratuit » de Nocibé. On nous prend vraiment pour de vraies buses

Conçue pour attirer les clients dans ses magasins à l’approche de Noël, et accessoirement pour leur fourguer des cartes de fidélité, la dernière publicité de l’enseigne de parfumerie Nocibé a de quoi les faire fuir.

"Vrai cadeau vraiment gratuit" de Nocibé On nous prend vraiment pour de vraies buses

 « Un vrai cadeau vraiment gratuit, sans obligation d’achat, pour vous et vos amies ». Alléchante, la pub diffusée ces derniers jours dans la presse par l’enseigne de cosmétiques Nocibé (voir ci-dessous). Si on nous avait proposé un vrai cadeau mais payant, ou encore un cadeau gratuit mais imaginaire, on aurait hésité, mais là, on s’est laissés tenter par « le vrai cadeau vraiment gratuit ». D’autant qu’il était encore une fois précisé en bas de page : « Nos conseillères vous offriront un vrai produit de maquillage ». Qu’allions-nous pouvoir glisser dans notre sac à main sans dépenser un sou ? Un rouge à lèvres Dior ? Un vernis Chanel ?

À la réflexion, tous ces « vrais » révélaient peut-être le rapport ambigu que semble entretenir cette enseigne avec le concept de vérité. Car en guise de cadeau, on nous a laissé le choix entre un panel d’échantillons. Soit le genre de « vrais cadeaux vraiment gratuits » que, dans toute parfumerie, on offre aux clients à chaque achat. Pour être tout à fait précis, nous aurions aussi pu choisir une lime à ongles en verre, objet que l’enseigne est obligée de brader (2,95 €) tant les commentaires de clientes sur son site sont calamiteux. Et un « carré de soie ». L’emballage opaque ne permettant pas d’en admirer l’imprimé et sa taille évoquant plutôt un mouchoir de poche qu’un foulard, nous avons opté pour un lait corps hydratant (voir ci-dessous) à appliquer sur tout le corps. Avec les 10 ml offerts, nous avons pu nous hydrater une jambe entière. Un cadeau vraiment précieux donc.

La publicité de Nocibé parue dans différents magazines.

UNE CONDITION : AVOIR LA CARTE DE FIDÉLITÉ NOCIBÉ

En réalité, si sa remise n’était effectivement assortie d’aucune obligation d’achat, elle était conditionnée par la possession de la carte de fidélité. Faute de l’avoir, il fallait y souscrire. Or, la pub incitait à venir avec « des amies », et un même coupon pouvait être utilisé par quatre personnes. La perspective pour Nocibé d’acquérir quatre nouvelles clientes fidèles n’est pas négligeable. Côté consommateur, c’est une autre histoire. On rappelle que les possesseurs de cartes de fidélité sont rarement gagnants. En l’occurrence, l’avantage essentiel que met en avant l’enseigne sur son site est une remise de 10 € à partir de 200 € d’achat. Les cartes de fidélité en général poursuivent deux objectifs : d’une part fidéliser le client, d’autre part acquérir des données personnelles qui peuvent se monnayer à prix d’or auprès d’entreprises tierces.

On voit bien aussi que l’idée est d’attirer les consommateurs potentiels dans les magasins pendant cette période précédant Noël, les produits de parfumerie faisant partie des cadeaux fréquemment offerts. Mais les consommateurs étant parfaitement capables de réaliser qu’on les prend pour des imbéciles, l’exercice a toutes les chances d’être contre-productif.

Cadeau Nocibé
Le flacon de 50 ml étant vendu 2,95 € sur le site de Nocibé, l’échantillon offert de 10 ml vaut donc 59 centimes.

28 novembre 2017

Contaminants dans le saumon fumé. Les labels ont encore des progrès à faire

Le saumon fait partie de notre alimentation quotidienne au point d’être aujourd’hui le poisson le plus consommé des Français, devant le cabillaud. Fumé, c’est un incontournable des agapes de fin d’année. Pour offrir le meilleur, il n’est pas rare de s’orienter vers des signes de qualité, comme le bio ou le Label rouge. Mais si le goût et la qualité des tranches sont généralement au rendez-vous, niveau contaminants, les saumons labellisés présentent des taux de métaux lourds et de polluants organiques supérieurs aux saumons conventionnels. Revers de la médaille d’un élevage qui privilégie une alimentation proche du régime naturel de ces poissons prédateurs.

Contaminants dans le saumon fumé Les labels ont encore des progrès à faire

Super prédateurs, les saumons sont parmi les poissons les plus contaminés en polluants organiques (PCB et dioxines) et métaux lourds. Des molécules indésirables qui persistent dans le milieu aquatique et s’accumulent au fil de la chaîne alimentaire. À force de manger plus petits contaminés que lui, le saumon concentre ces contaminants dans ses tissus graisseux et contribue beaucoup à l’exposition journalière des consommateurs.

Or, paradoxe fâcheux, nos dernières analyses de saumons fumés montrent que sur 23 saumons fumés, les quatre qui cumulent les niveaux les plus élevés en dioxines, PCB, arsenic et mercure sont les 3 saumons fumés bio et la référence Label rouge. Certes, les résultats de ces mesures restent bien inférieurs aux limites fixées par la réglementation européenne lorsqu’elles existent (1). Mais ils sont bien plus élevés que les résultats que nous obtenons pour les autres références de notre sélection. On retrouve en effet deux fois plus de mercure et quatre fois plus d’arsenic dans certains échantillons bio que dans les conventionnels et jusqu’à neuf fois plus de PCB et de dioxines. Ces taux de contaminations supérieurs au conventionnel s’avèrent très probablement extrapolables à la plupart des saumons fumés bio et Label rouge présents sur le marché.

L’ALIMENTATION EN CAUSE

Mais pourquoi ces poissons labellisés, pourtant soumis à des cahiers des charges limitant les produits chimiques, sont-ils les plus contaminés ? De manière paradoxale, l’explication la plus probable se trouve justement du côté de ces cahiers des charges et de leur volonté d’offrir un régime alimentaire plus naturel aux saumons labellisés.

Quand, pour des raisons surtout économiques, l’alimentation des poissons d’élevages conventionnels fait la part belle au végétal (céréales, soja, huile de colza), celle des saumons bio et Label rouge est particulièrement riche en ressources d’origine marine (50 % contre 15 à 30 % dans le conventionnel). Un régime plus proche des besoins de ces carnassiers, plus digeste pour le poisson et qui limite même le recours aux antibiotiques. « Les saumons et les truites sont notamment nourris avec des farines et des huiles à base de poissons minotiers. Des espèces non consommées par l’homme, comme certains types de sardines, anchois ou merlans », précise Aurélien Toqueville, de l’Institut technique aviculture (Itavi). Malheureusement, ces poissons bleus, très gras, cumulent les contaminants environnementaux qui se concentrent encore plus dans les farines et les huiles. Au point que les saumons labellisés sont plus contaminés que certains saumons sauvages ! Mais bio ou pas, tous les saumons sont sujets aux contaminations. Le choix d’un bon saumon fumé repose donc également sur d’autres caractéristiques, comme la qualité de sa préparation (fumage, salage) et de sa présentation (parage), des critères pris en compte dans nos tests.

LES INSECTES SONT-ILS L’AVENIR DU SAUMON ?

Les ressources océaniques ne suffisent plus à combler la demande en certaines espèces comme le saumon. Si l’aquaculture répond à cette attente, elle ne résout pas pour autant les problèmes de surpêche, le nourrissage des poissons d’élevage mobilisant un tiers des volumes mondiaux de pêche ! Toutefois, une solution innovante émerge aujourd’hui : l’élevage d’insectes, autorisé depuis le 1er juillet 2017 par l’Europe à des fins d’alimentation en pisciculture. Dans ce domaine, les initiatives françaises fourmillent. Parmi elles, Innovafeed, fondée en 2015, a mis au point une poudre à base de larves destinée à entrer à hauteur de 10 à 50 % dans la composition des farines pour poissons. « Nous nous appuyons sur le principe de biomimétisme, les truites et les saumons mangeant naturellement des insectes dans les cours d’eau », explique Guillaume Gras, un des fondateurs de la start-up, qui vante l’aspect écologique du projet. « Nos insectes sont nourris en revalorisant des biodéchets agricoles comme les pulpes de betteraves des sucreries. » De plus, les larves d’insectes ayant une durée de vie courte, elles seraient peu enclines à fixer les contaminants, ce qui reste à confirmer par des études en bassin. La jeune entreprise a d’ores et déjà signé un accord de principe avec Auchan, qui a annoncé son intention de commercialiser dès le 1er semestre 2018 des poissons d’élevage nourris à la farine d’insectes.

NOTES

(1) Limites établies pour le poisson frais.

Marie-Noëlle Delaby

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Claire Garnier

Rédactrice technique

28 novembre 2017

Fonds structurés dans les assurances vie. La justice fait un pas en arrière au détriment des épargnants

Fonds structurés dans les assurances vie. La justice fait un pas en arrière au détriment des épargnants

La Cour de cassation n’a pas suivi la Cour d’appel de Paris dans l’affaire des fonds Optimiz Presto 2 de Generali Assurance. Elle vient de donner raison à l’assureur qui a distribué des fonds risqués et complexes à un consommateur non averti.

Fonds structurés dans les assurances vie La justice fait un pas en arrière au détriment des épargnants

Nous l’écrivions il y a un peu plus d’un an : la décision de la Cour d’appel de Paris du 21 juin 2016 représentait une grande avancée pour les consommateurs sur le terrain de l’assurance vie. Pour la première fois, la justice reconnaissait qu’un EMTN, Euro Medium Term Notes (un fonds structuré), ne peut être souscrit dans le cadre d’une assurance vie. Ces produits, issus de l’industrie financière, sont très complexes. Il est notamment difficile, voire impossible, pour un épargnant lambda d’évaluer ses probabilités de gains et de pertes. D’autant que les informations fournies au client sont généralement très optimistes, comme c’était le cas pour les fonds Optimiz Presto 2 de la société Generali.

Dans sa décision du 23 novembre 2017 (1), la Cour de cassation n’a pourtant pas tenu compte de ces spécificités. Contrairement à la cour d’appel, elle a estimé que le fonds structuré de type EMTN Optimiz Presto 2 constituait une obligation éligible à l’assurance vie. Car, selon elle, « le remboursement du nominal n’était pas une caractéristique essentielle de l’obligation ». Cette décision est d’autant plus curieuse que l’autorité de tutelle des marchés financiers, l’AMF, a elle-même reconnu plusieurs fois qu’un fonds structuré n’est pas une obligation. Un certain nombre d’experts auprès de l’AMF estiment même qu’il faudrait interdire purement et simplement leur commercialisation au grand public. En plus de leur complexité, ces produits sont aussi extrêmement chargés en frais de gestion, parfois à l’insu des clients, comme Que Choisir le dénonce pour les fonds structurés gérés par Natixis Asset Management, la filiale du groupe BPCE (Banques populaires-Caisses d’épargne).

Il faut dire que le lobby des banquiers et des assureurs a été intense devant la Cour de cassation, avec l’intervention dans le procès de la Fédération des sociétés d’assurance (FSA) et de celle des banques françaises (FBF). Ces dernières ont notamment assuré que les conséquences financières en cas d’arrêt défavorable à l’assureur seraient cataclysmiques : 43 milliards d’euros selon un premier mémoire, 50 milliards selon un second, et finalement 55 milliards dans un troisième temps. L’affaire Optimiz Presto 2 va maintenant faire l’objet d’un nouvel examen par la cour d’appel de renvoi. Ce dossier n’est donc pas clos. La Cour devra notamment se prononcer sur le point de savoir si le produit en question assurait une protection suffisante de l’épargne. Il s’agit en effet d’une condition obligatoire pour qu’un produit financier puisse être commercialisé dans une assurance vie. À ce jour, cette question n’a encore jamais été tranchée.

À l’annonce de la décision de la Cour de cassation, les assureurs ont manifesté leur satisfaction. Mais à plus long terme, ces professionnels ont-ils vraiment intérêt à ce que des pratiques pouvant aboutir à la perte de la moitié du capital placé par un particulier non averti puissent se développer ? Même d’un point de vue purement commercial, ce n’est pas si sûr… Au-delà de cette question, c’est maintenant le gouvernement qui pourrait s’interroger sur toute l’affaire. Depuis 2014, ce dernier demande aux assureurs de promouvoir des placements permettant de drainer l’épargne des particuliers vers l’économie réelle. Au lieu de cela, assureurs et banquiers commercialisent des produits structurés qui leur assurent de très fortes marges. Mais qui ne rapportent pas un euro à l’économie française ! Les 55 milliards placés sur les fonds structurés ne seraient pas de trop pour les entreprises qui ont besoin de financements pour se développer.

NOTES

(1) Arrêt de la Cour de cassation du 23 novembre 2017 (n° 1511 FS).

Élisa Oudin

28 novembre 2017

Perturbateurs endocriniens dans les biocides. Passage en douce européen

Perturbateurs endocriniens dans les biocides. Passage en douce européen

Alors que tous les projecteurs sont braqués sur les critères de définition des perturbateurs endocriniens pour les pesticides, la Commission européenne vient de les adopter sans aucune contestation pour les biocides, qui ne sont que des pesticides employés dans un cadre domestique. Ahurissant !

Perturbateurs endocriniens dans les biocides Passage en douce européen

La polémique fait rage entre la Commission européenne d’une part, les ONG, plusieurs États dont la France, et la majorité des eurodéputés d’autre part, sur la définition des critères définissant un perturbateur endocrinien, en particulier pour les pesticides. Le Parlement européen a d’ailleurs rejeté le projet présenté par la Commission en octobre dernier.

Mais les opposants très actifs en matière de pesticides se sont fait avoir comme des bleus sur les biocides. Il s’agit pourtant des mêmes molécules, elles changent juste de dénomination lorsqu’elles sont utilisées à l’intérieur des logements ! On les trouve dans les bombes insecticides, les prises électriques antimoustiques, les traitements anti-acariens, les colliers ou les poudres antipuces du chien ou du chat…

Or la Commission européenne a appliqué ses critères de définition des perturbateurs endocriniensaux biocides sans qu’il y ait de manifestations ou de batailles homériques au Parlement, au Conseil européen ou par médias interposés. Les ONG en pointe sur ce combat ne se sont pas manifestées. Le règlement a même été publié le 17 novembre au Journal officiel de l’Union européenne sans susciter l’indignation.

Les critères jugés beaucoup trop laxistes pour les pesticides le restent pourtant quand ils deviennent des biocides utilisés dans les logements. « Le niveau de preuve exigé pour qu’un biocide soit classé perturbateur endocrinien est beaucoup trop élevé, il n’est pas protecteur, réagit le Beuc, le Bureau européen des unions de consommateurs dont l’UFC-Que Choisir est membre. Les critères sont à 99 % semblables à ceux qui ont été proposés pour les pesticides. »

Après coup, on a peine à croire que ce règlement ait pu être publié aussi facilement, mais il existe deux catégories de règlements européens. Celui qui concerne la définition des perturbateurs endocriniens pour les biocides relève du « règlement délégué », il est du seul ressort de la Commission de Bruxelles, ne nécessitant ni votes ni débats au Conseil ou au Parlement.

Élisabeth Chesnais

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28 novembre 2017

Énergie moins chère ensemble. Total Spring mauvais joueur

Énergie moins chère ensemble. Total Spring mauvais joueur

Total Spring fait pression sur les clients acquis par Lampiris dans le cadre de l’opération UFC-Que Choisir Énergie moins chère ensemble 2016 pour les retenir lorsqu’ils souscrivent chez les fournisseurs lauréats de l’opération 2017. Pas très élégant !

Énergie moins chère ensemble Total Spring mauvais joueurPour les consommateurs qui n’auraient pas suivi toute l’affaire, précisons que le groupe Total a d’abord racheté Lampiris, le fournisseur qui avait remporté tous les appels d’offres « Gaz moins cher ensemble » de l’UFC- Que Choisir, puis l’an dernier « Électricité et Gaz moins chers ensemble » grâce à des tarifs ultra-compétitifs. Puis cet automne, Total a débaptisé Lampiris pour s’imposer comme fournisseur d’énergie sous le nom de Total Spring. Cette année, les enchères « Énergie moins chère ensemble » ont été remportées par Happ’e d’Engie et Ekwateur pour l’électricité, et par Eni pour le gaz.

Les ex-clients Lampiris de Total Spring qui ont participé à « Énergie moins chère ensemble 2017 » partent donc depuis fin octobre vers les offres négociées par l’UFC-Que Choisir.

Ces départs sont parfaitement logiques, ils étaient prévisibles. Total Spring a pourtant l’air de le prendre mal, au point qu’il exerce des pressions sur ses anciens clients qui viennent de souscrire à une des offres « Énergie moins chère ensemble ».

Vous êtes en effet un certain nombre à nous transférer un drôle de mail qui ressemble fort à une tentative de vente forcée : « Suite à votre demande, ose écrire Total Spring, nous avons procédé à la modification de votre offre électricité verte vers une nouvelle offre électricité verte fixe. Votre contrat a été mis à jour automatiquement et vos nouvelles conditions s’appliquent dès le 09-12-2017 ».

Que Choisir est formel, vous n’avez pas à tenir compte de ce mail. Il témoigne seulement des tentatives de Total Spring pour conserver un maximum de clients. Notre conseil : restez zen si vous avez reçu ce mail. Si vous le souhaitez, vous pouvez répondre que vous n’avez fait aucune demande, mais vous n’avez absolument rien à résilier auprès de Total Spring. C’est le nouveau fournisseur qui s’en occupe à votre place.

Rappelons que les inscriptions à l’opération « Énergie moins chère ensemble 2017 » sont closes. Les consommateurs qui ont oublié de participer peuvent consulter notre comparateur énergie et tous nos avis sur les offres des différents fournisseurs de gaz et d’électricité.

Élisabeth Chesnais

Contacter l’auteur(e)

28 novembre 2017

Prix des jouets (automne 2017). À quel moment acheter les jouets de Noël ?

Prix des jouets (automne 2017). À quel moment acheter les jouets de Noël ?

Depuis maintenant plusieurs années, Que Choisir suit le prix d’un panier de 34 jouets au jour le jour, du 1er septembre jusqu’à fin décembre, sur 12 sites marchands. Il y a des périodes propices à l’achat pour payer au meilleur prix, d’autres à éviter.

Evolution du prix des jouets (2017)

Toutes les grandes marques figurent dans notre panier de 34 jouets. Il est renouvelé tous les ans avec les jouets emblématiques de chaque Noël. Le suivi est effectué sur les grands sites marchands, sur les sites spécialisés en jouets et sur un site de la grande distribution.

Après plusieurs années de suivi, notre conclusion est claire et nette, acheter les jouets au dernier moment est vraiment une très mauvaise idée. Nos courbes le démontrent chaque année, le prix des jouets est élevé en septembre, supérieur à l’indice 100 qui correspond aux prix moyens sur toute la période.

La baisse s’amorce début octobre, et c’est à la sortie des catalogues de jouets, qui intervient en moyenne du 20 au 27 octobre, que les prix se stabilisent au plus bas. Ils restent à ce prix plancher de fin octobre à fin novembre.

Ils remontent dès les premiers jours de décembre sur les sites marchands, retrouvent leur niveau élevé de septembre autour de la mi-décembre, puis le dépassent quelques jours avant Noël. La décrue commence juste après le 25 décembre, une fois que tous les jouets de Noël ont été déposés au pied du sapin…

Il est donc grand temps de faire ses achats sur le Web si on est allergique aux magasins.

Que Choisir conseille de se tourner plutôt vers les magasins dont les catalogues de jouets sont encore valides. C’est la garantie de payer les jouets au prix plancher, mis à part de rares exceptions comme le Lego Boost mes premières constructions, affiché chez Carrefour à 189 €, un tarif très excessif.

Lego Boost mes premières constructions

DES PRIX PLANCHERS TRÈS DIFFÉRENTS SELON LES ENSEIGNES

Joué Club est l’enseigne la mieux placée, elle est la seule à garantir ses prix catalogue jusqu’à Noël. Chez Auchan c’est jusqu’au 12 décembre, chez Carrefour jusqu’au 10, chez Cora et E.Leclerc jusqu’au 9, chez Toys ‘R’Us jusqu’au 6 décembre, ce qui laisse encore le temps de faire ses achats. Chez U il faut s’y prendre au plus tard le 2 décembre, et dans les autres enseignes la fin de la garantie des prix catalogue est imminente. C’est le 25 novembre chez Géant Casino, le 26 chez Maxitoys, le 27 chez King Jouet, et c’est déjà fini à la Grande Récré. Gare à l’inflation une fois que les enseignes ne sont plus bridées par les prix planchers de leur catalogue.

OÙ ACHETER LES JOUETS ?

Que Choisir a comparé les prix de 40 jouets stars de ce Noël 2017 dans 11 enseignes et sur 4 sites marchands. Au total, 530 prix ont été relevés dans les catalogues des magasins spécialisés et des hypermarchés, ou en magasin quand le jouet n’y figure pas, et sur Amazon, Cdiscount, Avenue des jeux et Fnac.com. Résultat, les économies peuvent être substantielles en achetant le jouet là où il est le moins cher.

Élisabeth Chesnais

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Sandrine Girollet

Observatoire de la consommation

28 novembre 2017

Loot boxes payantes dans les jeux vidéo. Une clarification s’impose

Loot boxes payantes dans les jeux vidéo. Une clarification s’impose

Des jeux vidéo ont mis en place une mécanique d’achat de « loot boxes » (caisses de butin) au contenu aléatoire, accordant parfois des avantages importants aux joueurs. Pour protéger les consommateurs les plus vulnérables, l’UFC-Que Choisir demande que ces « loot boxes », dont le contenu est nécessaire pour avancer dans le jeu, soient qualifiées de jeux de hasard et régulées comme telles.

Loot boxes payantes dans les jeux vidéo Une clarification s’impose

 Mise à jour

Quelques jours après l’ouverture d’une enquête par la Commission belge des jeux de hasard, le ministre fédéral de la Justice, Koen Geens, a annoncé son intention de demander l’interdiction des loot boxes au niveau européen, au motif que « mélanger les jeux de hasard et le jeu vidéo, en particulier chez les jeunes joueurs, est dangereux pour la santé mentale de l’enfant ». Le site spécialisé Gamekult rapporte également qu’un membre de la Chambre des représentants d’Hawaï (États-Unis), Chris Lee, a demandé aux consommateurs de faire entendre leur voix pour inciter les législateurs à interdire ces pratiques.

Le jeu Star Wars Battlefront II devait être l’une des plus grandes sorties de l’année. Il aura finalement été à l’origine d’une polémique importante concernant la place des « loot boxes » dans les jeux vidéo. Il s’agit d’objets virtuels, ayant généralement la forme d’un coffre et contenant des éléments aléatoires. Ces éléments peuvent être cosmétiques (tenue différente pour son personnage, etc.) ou essentiels à la progression dans l’aventure (armes plus puissantes, nouveaux véhicules, etc.). Ces caisses peuvent s’ouvrir gratuitement, lors de la progression dans le jeu, ou en payant à l’aide d’une carte bancaire tout ce qu’il y a de plus réelle.

D’abord apparues dans les jeux gratuits pour mobiles (« free to play »), ces loot boxes sont désormais présentes dans les jeux à gros budgets sur ordinateurs et consoles vendus aux alentours de 60 € dans le commerce.

Ainsi, Star Wars Battlefront II, un jeu de tir principalement jouable en ligne, oblige le joueur à améliorer ses personnages, vaisseaux et armes grâce à des loot boxes, déblocables en progressant dans le jeu. Le jeu prévoyait aussi, avant que son éditeur Electronics Arts ne retire temporairement cette option sous la pression des joueurs, que les joueurs puissent les débloquer en payant. Concrètement, l’utilisateur aurait eu le choix entre payer pour rendre plus puissant son personnage ou jouer pendant de très nombreuses heures pour le faire progresser, avec le risque de se retrouver face à des adversaires surpuissants ayant sorti leur carte bancaire.

Ce rétropédalage de l’éditeur, qui n’est que temporaire, n’a pas éteint la polémique. D’autres jeux ont, ces dernières semaines, mis en place des systèmes similaires, comme La Terre du Milieu : L’Ombre de la Guerre, qui rend quasiment obligatoire l’achat de loot boxes pour le terminer, ou le jeu de course Need for Speed Payback.

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Dans le jeu Overwatch, les loot boxes n’apportent pas d’avantage décisif.

 

LES LOOTS BOXES, UN JEU DE HASARD ?

Des voix se sont élevées pour que cette pratique soit soumise à la régulation concernant les jeux de hasard : le contenu des loot boxes étant aléatoire, le joueur ne sait pas au moment de payer s’il recevra un objet intéressant ou non. L’Entertainment Software Rating Board (ESRB), une organisation américaine d’évaluation des jeux vidéo, a rejeté cette idée, comparant ce système à celui des cartes à collectionner. « Bien qu’il y ait un élément de chance dans cette mécanique, le joueur est toujours certain de recevoir un contenu (même s’il reçoit quelque chose dont il ne voulait pas) », a écrit l’organisation autorégulée dans un communiqué.

En Europe, la Pan European Game Information (PEGI) est plus nuancée et renvoie la balle aux autorités nationales de contrôle : « nous ne pouvons pas définir ce que constitue le pari. C’est la responsabilité des commissions nationales des jeux de hasard », estime-t-elle.

Il revient donc à l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) de se positionner clairement sur la question. L’UFC-Que Choisir lui a donc adressé un courrier pour demander que les loot boxes dont le contenu est nécessaire pour avancer dans le jeu soient qualifiées de jeux de hasard et régulées comme telles, avec agrément obligatoire de l’Arjel et interdiction pour les mineurs, même émancipés.

Contrairement à ce qu’avance l’ESRB, l’UFC-Que choisir considère que bien que l’obtention d’un gain soit systématique, la teneur de ce gain est aléatoire, ce qui rapproche ces loot boxes des jeux de hasard et des loteries, au regard de la définition mentionnée dans le code de la sécurité intérieure.

Par cette action, l’UFC-Que Choisir souhaite protéger les consommateurs vulnérables, qui sont des cibles faciles pour les éditeurs de jeux vidéo.

Ce courrier adressé à l’Arjel fait écho à l’ouverture d’une enquête sur ce sujet par la Commission belge des jeux de hasard. Cette dernière estime que les enfants sont susceptibles de succomber à ces achats sous la pression sociale. En France, le sénateur (PS) de Saône-et-Loire, Jérôme Durain, a aussi adressé un courrier à Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au numérique, et à l’Arjel, pour qu’ils se penchent sur le sujet.

D’autres jeux, comme le très populaire Overwatch, permettent l’achat de loot boxes purement cosmétiques. Ces achats non obligatoires pour avancer dans le jeu ne posent pas de problème. Il est néanmoins important pour les parents de veiller aux achats effectués en cours de partie par les joueurs les plus jeunes, pour éviter les mauvaises surprises.

28 novembre 2017

Isolation. Gare à l’arnaque au ministère

Isolation. Gare à l’arnaque au ministère

Attention, si vous recevez un courrier à en-tête de la République française envoyé par le ministère de l’Écologie et de l’Environnement, jetez-le immédiatement. Il vous propose de l’isolation à 1 € mais il sent l’arnaque à plein nez.

Isolation Gare à l’arnaque au ministère

L’en-tête peut à coup sûr faire tomber dans le panneau, elle est d’ailleurs formatée pour. Outre le tampon officiel « Liberté • Égalité • Fraternité – République française » présent sur tous les sites publics, ceux des ministères notamment, l’expéditeur du courrier est en effet le « service d’informations et de relations publiques pour la transition énergétique » du ministère. Tout cela peut paraître plausible et tient la route.

Le discours qui suit sur le programme d’isolation des combles à 1 € est cohérent lui aussi, car ce programme existe bel et bien.

Ce qui interpelle en revanche, c’est le numéro de téléphone à composer, le 01 79 72 57 57. Quand nous l’avons appelé, la gêne était palpable. L’opératrice n’a pas osé soutenir qu’elle faisait partie du ministère, elle s’est embourbée dans un drôle de « bureau d’études de l’isolation » qui ferait « du suivi qualité pour le compte du ministère », mais elle a refusé de le localiser et de nous donner l’adresse. Il a fallu une question insistante pour qu’elle admette que oui, il se trouve bien dans les Hauts-de-Seine (92).

En réalité, ce numéro est celui d’une entreprise on ne peut plus privée, JP Dépanne, un réseau de dépannage d’urgence en plomberie dont Que Choisir conseille évidemment de se méfier, comme de tous les réseaux de dépannage à domicile référencés sur le Web.

Il y a quelques semaines, une autre entreprise privée, le Bureau régional de l’habitat, avait choisi un nom qui fleure bon l’organisme public pour commercialiser des travaux d’économie d’énergie.

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Le courrier aux allures très officielles envoyé par une entreprise privée.

Élisabeth Chesnais

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28 novembre 2017

Etats Généraux de l’Alimentation. Mobilisation générale pour la protection de la ressource aquatique

Etats Généraux de l’Alimentation. Mobilisation générale pour la protection de la ressource aquatique

Alors qu’en moins de trois semaines, plus de 110 000 consommateurs ont déjà signé la pétition de l’UFC-Que Choisir en faveur d’une politique de l’eau plus juste et protectrice de la ressource et que les Etats Généraux de l’Alimentation font l’impasse sur cette thématique fondamentale, Agir pour l’Environnement, Eau et rivières de Bretagne, la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (FNAB), Générations futures, la Ligue pour la Protection des Oiseaux, Nature et Progrès, le Réseau Environnement et Santé, l’UFC-Que Choisir, l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF), WECF France et WWF France s’associent pour demander le lancement d’une réforme structurelle de la politique de l’eau en France.

 

 

 

Etats Généraux de l’Alimentation Mobilisation générale pour la protection de la ressource aquatique

 

 

En effet, à rebours des préoccupations exprimées par les Français, l’agriculture intensive s’obstine dans des pratiques néfastes pour les ressources en eau : la limite en résidus de pesticides définie pour l’eau potable est ainsi dépassée dans les fleuves et les rivières de 53 % du territoire et dans près d’un tiers des nappes phréatiques, exposant 1,9 million de Français à une eau polluée1. L’irrigation accapare en outre 80 % de la consommation nette estivale de l’eau, malgré la raréfaction de la ressource en eau et les restrictions d’eau prononcées cet été dans 84 départements.

•    L’eau, une thématique absente des Etats Généraux de l’Alimentation : Après le premier chantier des Etats Généraux de l’Alimentation (EGA) consacré au revenu agricole, le deuxième chantier, lancé début octobre, a pour objectif de formuler à l’intention du gouvernement, des recommandations pour une alimentation plus saine et plus durable. Mais le thème de la protection de l’eau est, malgré les demandes répétées des associations, cruellement absent des ébauches de recommandations, l’atelier n°11 de ce chantier n’a-t-il pas pour titre « Réussir la transition écologique et solidaire de notre agriculture en promouvant une alimentation durable » ?

•    Ponction sur le budget des agences de l’eau, une première victoire à transformer : Pour des raisons d’économies budgétaires, la version initiale du projet de loi de finances pour 2018 prévoyait un prélèvement de 300 millions d’euros par an sur le budget des agences de l’eau pour des utilisations sans lien avec la protection de la ressource aquatique. Celui-ci était d’autant moins admissible qu’il amputait de manière aveugle toutes les actions des agences de l’eau, aussi bien la coûteuse et inefficace dépollution, que les véritables préventions des pollutions à la source. Mais la mobilisation de tous les acteurs a fait fléchir le gouvernement, qui a amendé le mode de prélèvement, en le faisant porter uniquement sur la trésorerie des agences, c’est-à-dire les reliquats non utilisés. Le nouveau dispositif devrait donc inciter les agences à investir dans des projets de prévention, de protection des ressources en eau, sachant qu’à peine 30 % du budget des agences de l’eau est aujourd’hui alloué à cette priorité.

•    A quand une politique de l’eau responsabilisant les acteurs ? Bien que l’agriculture intensive soit la principale responsable des pollutions de la ressource aquatique, à hauteur de 70 % pour les pesticides et de 75 % pour les nitrates, elle n’est aucunement incitée à amender ses pratiques, puisqu’elle ne paye que 7 % de la redevance pollution des agences de l’eau, le reste étant très majoritairement payé par les consommateurs, en violation flagrante du principe pollueur-payeur. Comment s’en étonner, alors que les Comités de bassin où sont décidées ces répartitions iniques, comptent au maximum une quinzaine de représentants d’ONG sur plus d’une centaine de membres ? Dans ces conditions, il est illusoire d’attendre de l‘agriculture intensive qu’elle évolue vers un modèle plus économe en eau et en produits phytosanitaires.
Alors que s’approche la fin des Etats Généraux, il importe de relayer la demande exprimée par les 110 000 consommateurs qui, en moins d’un mois, ont signé la pétition lancée par l’UFC-Que Choisir en faveur d’une politique de l’eau plus équitable et protectrice de la ressource.  A cet effet, Agir pour l’Environnement, Eau et rivières de Bretagne, la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (FNAB), Générations futures, la Ligue pour la Protection des Oiseaux, Nature et Progrès, le Reseau Environnement et Santé, l’UFC-Que Choisir, l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF), WECF France et WWF France se mobilisent pour réclamer dans le cadre des Etats Généraux de l’Alimentation :

–    une stricte application du principe « préleveur-pollueur-payeur », 

–    la mise en place de véritables mesures de prévention des pollutions agricoles avec des objectifs mesurables, 

–    une incitation forte aide à la reconversion vers des systèmes de production moins consommateurs d’eau et de pesticides, comme l’est l’agriculture biologique,

–    un rééquilibrage de la gouvernance de l’eau pour une plus juste représentation des organisations environnementales et consuméristes.

NOTES

1 Etude UFC-Que Choisir de janvier 2017, réalisée sur la base des analyses officielles réalisées par les Agences Régionales de Santé entre 2014 et 2016.
21 novembre 2017

Préservation de la ressource aquatique L’UFC-Que Choisir lance un S. Eau S. !

Préservation de la ressource aquatique. L’UFC-Que Choisir lance un S. Eau S. !

Dans le cadre des Etats Généraux de l’Alimentation consacrés notamment à la transition écologique de l’agriculture, l’UFC-Que Choisir dresse le bilan catastrophique des conséquences de décennies d’agriculture productiviste sur la ressource aquatique et l’inaction des pouvoirs publics. L’association part en campagne aujourd’hui pour réclamer une réforme en profondeur de la politique de l’eau en France et la stricte application du principe « préleveur-pollueur-payeur », en lançant une pétition à cet effet.

Préservation de la ressource aquatique L’UFC-Que Choisir lance un S. Eau S. !

Alors qu’en 2005 dans le cadre de sa campagne ‘Eau, réconciliation 2015’, l’UFC-Que Choisir dénonçait déjà la progression inquiétante des pollutions des ressources aquatiques et le caractère inéquitable des taxes renchérissant le prix de l’eau potable, force est de constater que le bilan environnemental et économique de la politique de l’eau en France, loin de s’améliorer, est encore plus désastreux :

•    Une eau plus rare et polluée : les pesticides sont désormais massivement présents et dépassent la norme définie pour l’eau potable, dans les cours d’eau de la moitié du territoire français et dans le tiers des nappes phréatiques ! S’agissant des nitrates, la proportion des nappes phréatiques fortement contaminées (plus de 40 mg/l) a augmenté de moitié entre 1996 et le début des années 2010, avec comme conséquence que 43 % des nappes désormais dépassent la valeur guide européenne. Par ailleurs, au-delà du changement climatique, comment ne pas épingler la responsabilité de l’agriculture intensive quant à la pression quantitative sur la ressource. En effet, la carte des restrictions d’eau de cet été (84 départements touchés dont 37 en situation de crise) se confond avec celle de l’irrigation intensive.

 

Surfaces agricoles irriguées                                        Restrictions d’eau par département (été 2017)

 

Source : MAAF-2012- IGN Géo Fla 2010                                 Source : Propluvia août 2017
Agreste / INRA SMART-LERECO
•    Des pratiques agricoles toujours aussi intensives : malgré la multiplication des plans et initiatives volontaires nous promettant une agriculture à la fois intensive et respectueuse de l’environnement, les données fournies par les professionnels eux-mêmes montrent que les quantités d’engrais à l’origine des nitrates n’ont pas baissé en vingt ans et que l’utilisation des pesticides a même augmenté de 18 % en 5 ans. Quant à l’irrigation, elle s’est particulièrement développée dans les zones les plus touchées par les restrictions d’utilisation d’eau : le Sud-Ouest, la Côte Atlantique, le Val de Loire, le Centre, la vallée du Rhône, aggravant encore la pénurie d’eau.

•    Les consommateurs victimes du principe « pollué-payeur » : la réparation de ces dommages environnementaux reste très majoritairement financée par les consommateurs qui, par le biais de leur facture d’eau, payent 88 % de la redevance ‘pollutions’ et 70 % de la redevance ‘prélèvement’, soit 1,9 milliard d’euros par an. Quant à l’agriculture, pourtant responsable à elle seule de 70 % des pollutions en pesticides, de 75 % des pollutions en nitrates et de la moitié des consommations nettes en eau, elle ne paie que la plus faible partie de ces sommes (7 % de la redevance ‘pollutions’ et 4 % de la redevance ‘prélèvement’) en violation flagrante du principe ‘préleveur-pollueur-payeur’ ! Cette politique est non seulement pénalisante pour les consommateurs, mais elle n’incite aucunement l’agriculture intensive à modifier ses pratiques.

•    La politique de l’eau dictée par les intérêts agricoles : compte tenu du faible nombre de sièges accordés aux ONG, les débats des instances régionales et locales censées définir la politique de l’eau en région (Agences de l’eau, Comités de bassin et Commissions Locales de l’Eau) sont trop souvent conduits en fonction des intérêts agricoles. Ceci explique que dans 60 % à 80 % des cas les actions décidées au sein de ces structures privilégient des mesures palliatives telles que la dépollution des eaux contaminées, sans oser s’attaquer à l’origine de ces pollutions.

•    La goutte d’eau de trop, le Projet de Loi de Finance 2018 : l’important budget des agences de l’eau fait saliver l’Etat qui, depuis 2014, réalise chaque année des ponctions présentées comme exceptionnelles. Or, cette pratique risque de se pérenniser et s’aggraver alors que le projet de Loi de finances 2018 prévoit un prélèvement de 300 millions d’euros par an, soit 15 % du budget prévisionnel des agences de l’eau pour des utilisations sans lien direct avec la gestion de l’eau. On est loin du principe fondateur des agences : ‘l’eau paye l’eau’ !

Alors que les exemples étrangers et nationaux montrent qu’il est possible, par une politique de prévention, de limiter les dommages environnementaux pour un coût réduit, l’UFC-Que Choisir se mobilise pour réclamer, notamment dans le cadre des Etats Généraux de l’Alimentation, une réforme urgente de la politique de l’eau et notamment :

–    une rénovation en profondeur de la gouvernance dans les agences de l’eau, à défaut la seule voie possible étant d’exiger une reprise en main de cette politique par l’Etat.

–    une stricte application du principe « préleveur-pollueur-payeur », 

–    la mise en place de véritables mesures de prévention des pollutions agricoles, 

–    une aide à la reconversion vers des cultures moins consommatrices d’eau et de pesticides, 

–    l’arrêt des ponctions de l’Etat sur le budget des agences de l’eau. 
L’UFC-Que Choisir part aujourd’hui en campagne avec son réseau d’Associations Locales pour faire prendre conscience aux consommateurs de l’état calamiteux de la ressource, afin d’amener les pouvoirs publics à une refonte résolue de la politique de l’eau et une réorientation des priorités au sein des agences de l’eau. À cet effet, l’Association appelle les consommateurs à se mobiliser par le biais de sa pétition ‘Ressource aquatique –STOP à la gabegie !’.

NOTES

En complément de cette étude, vous pouvez consulter la carte interactive de l’UFC-Que Choisir sur la qualité de l’eau dans votre commune.

 

21 novembre 2017

L’actu en liste, le N° 17 de 2017

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21 novembre 2017

Tablettes tactiles pour seniors (vidéo). Les principaux problèmes rencontrés lors de notre test

Tablettes tactiles pour seniors (vidéo). Les principaux problèmes rencontrés lors de notre test

À l’ère du tout-numérique, reconnecter nos aînés grâce à des tablettes tactiles pensées pour eux est une belle initiative. Avec leur interface simplifiée, leurs icônes explicites et leurs applications adaptées, elles s’avèrent plus accessibles aux néophytes que les tablettes classiques. Malheureusement, des bugs à répétition et des lacunes d’ergonomie tempèrent notre enthousiasme : trop souvent, les seniors peuvent se perdre en un clic. Florilège de problèmes rencontrés lors de nos tests en laboratoire (vidéo).

Tablettes tactiles pour seniors (vidéo) Les principaux problèmes rencontrés lors de notre test

 

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Camille Gruhier

cgruhier

21 novembre 2017

SNCF. Une vente de Noël indigeste

SNCF. Une vente de Noël indigeste

Depuis l’ouverture des ventes de billets pour la période de Noël, mi-octobre, plusieurs lecteurs nous ont contactés pour dénoncer des tarifs exorbitants et des billets à petits prix introuvables. La SNCF aurait-elle cherché à plumer les usagers désirant passer Noël en famille ? La compagnie se défend, sans convaincre.

SNCF Une vente de Noël indigeste

 « 61 € l’an dernier pour un aller-retour Paris-Strasbourg le 23 décembre, 112 € cette année, en disposant d’une carte week-end, en étant connectée à 6 h 01 ». Céline S. a été l’une des premières à nous contacter, le jour de l’ouverture des ventes de billets pour la période de Noël, afin de dénoncer les tarifs pratiqués par la SNCF. La compagnie avait mené, les jours précédents, une intense campagne promotionnelle pour inciter les voyageurs à se lever tôt pour bénéficier des meilleurs tarifs.

« Ils nous vendent depuis des semaines de soi-disant supers tarifs pour les fêtes, nous font lever à 6 h du mat’ pour en profiter, et au final rien ! Du vent ! C’est une honte », nous écrit Jean de P., de Paris. Et Marie P., vivant à Paris (75) mais dont la famille est à Valence (26), d’enfoncer le clou : « la SNCF a décidé de pratiquer des tarifs volontairement exorbitants en jouant sur le fait que la plupart des Français sont obligés de prendre le train pour espérer rentrer chez eux pour les fêtes de Noël ».

« La SNCF, on le voit une fois de plus, rate rarement une occasion de se rendre impopulaire », a réagi la Fédération des usagers des transports et des services publics, dans un communiqué. Elle a appelé la société à proposer des prix bas à la période de Noël, c’est-à-dire « le 25 décembre, un peu avant, un peu après. Pas du 10 au 22 décembre ».

Sous le feu des critiques, la compagnie a assuré au Figaro qu’il « n’y a absolument pas moins de billets en promotion cette année qu’en 2016, il y a même plus de petits prix ». 33 % de plus, précise-t-elle. Une augmentation obtenue grâce au développement des lignes Ouigo vers Bordeaux, Strasbourg, Rennes et Nantes, qui ont fait passer l’offre de 289 000 à 590 000 billets. Quant aux liaisons TGV, « le chiffre 2017 est le même que 2016 avec la mise en vente de 600 000 billets Prem’s en seconde », promet la compagnie.

LES OFFRES LES MOINS CHÈRES ÉPUISÉES EN À PEINE 12 HEURES

Selon la SNCF, ces billets ont simplement été victimes de leur succès. Sur la journée du 12 octobre, 1,2 million de billets ont été vendus. « Les gens qui se sont réveillés à 6 heures et qui ont réservé ont eu les meilleurs tarifs. Pour ceux qui se sont présentés à 18 heures, les meilleures offres étaient parties », a expliqué fin octobre Guillaume Pépy, président de la SNCF. Une explication qui n’a pas convaincu les internautes, nombreux à avoir dû casser leur tirelire dès le petit matin…

Autre explication avancée par la SNCF : le calendrier. Le vendredi 23 décembre cumule en effet l’inconvénient d’être une veille de week-end (comme en 2016), mais aussi la veille des vacances scolaires (qui débutaient le 17 décembre en 2016). Une concomitance ayant entraîné une ruée vers les billets. Pour preuve, avance la société, il s’est vendu « 34 billets par seconde à l’ouverture de la billetterie ». C’est pourtant moins que le record de 2016 (39 billets par seconde).

S’il faut, avec la SNCF, toujours réserver assez longtemps avant le départ pour obtenir les tarifs les plus intéressants, cette nouvelle polémique montre que la compagnie aurait certainement à gagner à revoir non seulement sa politique tarifaire, qui montre de belles différences selon les trajets, mais aussi la façon dont elle met en vente ses billets à petits prix. Étaler la mise en vente de ses petits prix et mieux communiquer sur leur disponibilité pourrait être une solution pour limiter le nombre de mécontents.

21 novembre 2017

Achat de voiture (infographie). Le délai de livraison peut être long

Achat de voiture (infographie). Le délai de livraison peut être long

L’achat d’une nouvelle voiture en concession est un moment qui peut se révéler aussi réjouissant qu’angoissant en raison du délai de livraison qui varie, selon notre enquête, de 1 à 3 mois d’un constructeur à l’autre. Et en cas de retard, certains concessionnaires omettent de prévenir leurs clients.

 

L’achat d’une voiture n’est pas toujours une sinécure. Après avoir compulsé les catalogues des constructeurs, comparé les différents modèles, défini avec exactitude la version souhaitée, il reste encore à se faire livrer. Et c’est souvent à partir de ce moment que commence la galère.

DÉLAIS DE LIVRAISON : LE GRAND ÉCART

Selon notre enquête (1), il faut attendre en moyenne 51 jours pour recevoir sa nouvelle voiture. Mais dans le détail, tous les clients ne sont pas logés à la même enseigne et il faut compter 94 jours pour recevoir une BMW alors qu’une Suzuki arrivera après seulement 28 jours. Nissan (36 jours), Citroën (31 jours) et Fiat (29 jours) sont parmi les constructeurs qui offrent les délais de livraison les plus courts, les autres mauvais élèves étant Seat (87 jours) et Skoda (83 jours). Notre enquête montre également que selon le type de carrosserie, les délais varient. Par exemple, les coupés demandent un temps d’attente plus long (66 jours en moyenne), tout comme les SUV (56 jours). De même, un modèle électrique ne sera réceptionné qu’après 91 jours d’attente ! Enfin, si vous optez pour une boîte de vitesses automatique, sachez que vous devrez patienter, en moyenne, 18 jours de plus que pour une boîte manuelle.

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RETARDS DE LIVRAISON : DES MAUVAIS ÉLÈVES

Non seulement les constructeurs ne sont pas tous égaux en termes de délais de livraison, mais, en plus, ils ne tiennent pas tous leurs promesses. Le bonnet d’âne revenant à BMW, qui est non seulement celui qui affiche le délai de livraison le plus long (94 jours) mais aussi celui qui est le plus souvent en retard, dans presque 1 cas sur 4 (24 % des commandes). Et le délai supplémentaire peut atteindre, dans le pire des cas, 74 jours. Accusant déjà un délai de livraison à rallonge, les véhicules électriques souffrent également très fréquemment de retards de livraison : presque une fois sur deux (44 % des cas).

Le pire étant que les acheteurs, toutes marques confondues, n’ont pas toujours été avertis des retards. Seulement 61 % d’entre eux ont reçu un coup de fil de leur vendeur et moins de la moitié (48 %) ont eu droit à des explications. Le sentiment d’abandon est alors important et beaucoup s’en plaignent, comme en témoignent ces clients désabusés : « aucun contact pour connaître la cause du retard de livraison, nous avons dû téléphoner nous-mêmes ». Même chose pour cette cliente qui s’indigne : « retard et pas d’appel, j’ai été obligée d’appeler 3 fois pour connaître la date de livraison ». Certains sont consternés par l’attitude de leur vendeur : « après la vente, plus personne ne vous connaît ». « Une fois que la signature est apposée, le client n’est plus intéressant », regrette un autre. « Plus d’un mois de retard sans aucune info de la part du concessionnaire qui n’a même pas pris la peine d’appeler. Aucun dédommagement ». Il ne sera malheureusement pas le seul dans ce cas et seulement 14 % de clients livrés avec du retard ont bénéficié d’un dédommagement.

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NOTES

(1) Un questionnaire de satisfaction a été mis en ligne dans notre newsletter du 21 septembre 2017 et a été accessible du 21 au 28 septembre. 2 700 avis de lecteurs ont été reçus et traités.

Grégory Caret

Observatoire de la consommation

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21 novembre 2017

Test de l’iPhone X (vidéo). Du verre trop fragile

Test de l’iPhone X (vidéo). Du verre trop fragile

L’iPhone X inaugure une nouvelle génération d’iPhone, équipée d’un grand écran OLED au lieu du LCD et d’une coque tout en verre à la place de l’habituel alliage aluminium. Apple a beau dire qu’il s’agit du « verre le plus résistant jamais vu sur un smartphone, à l’avant comme à l’arrière », nous avions des inquiétudes sur la solidité de l’appareil. Nos tests en laboratoire confirment ces doutes : l’iPhone X n’a pas résisté à nos tests de résistance aux chocs. Il s’en tire mieux lors de nos tests de résistance à la pluie, à l’immersion et aux rayures. La preuve en images.

 

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Camille Gruhier

cgruhier

21 novembre 2017

Matelas. Les mousses contaminées sans risques pour la santé

Matelas. Les mousses contaminées sans risques pour la santé

Les professionnels de la literie sont soulagés. L’Agence nationale de sécurité sanitaire, l’Anses, assure que les matelas contenant des mousses contaminées ne présentent pas de risques pour la santé des consommateurs. Mais cela n’enlève rien à leur non-conformité.

Matelas Les mousses contaminées sans risques pour la santé

 Saisie en urgence le 20 octobre dernier par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), qui lui demandait une « évaluation des risques sanitaires pour les consommateurs liés à la présence de dichlorobenzène dans des mousses polyuréthane », l’Anses vient de rendre un avis rassurant. L’utilisation de matelas fabriqués avec des mousses contaminées « ne présente pas de risque attendu pour la santé des consommateurs », y compris sur la base des « scénarios pire-cas » considérés, assure l’Agence. Elle précise toutefois qu’elle s’est fondée sur les résultats d’analyse fournis par BASF, géant de la chimie, et par des industriels de la literie, ne disposant pas d’informations supplémentaires.

La DGCCRF s’est aussitôt saisie de ces conclusions rassurantes pour affirmer qu’il « n’y a pas lieu de maintenir le retrait des mousses et produits finis fabriqués avec la matière première défectueuse ».

Autrement dit les affaires peuvent reprendre comme s’il ne s’était jamais rien passé, les consommateurs peuvent garder leurs matelas aux mousses défectueuses, ou acheter ceux qui reviennent sur le marché après avoir été stockés pour cause d’alerte à la contamination ! Une décision ahurissante. Il est en effet avéré que BASF a produit et commercialisé une matière première contaminée par le dichlorobenzène à des teneurs plus qu’anormales, jusqu’à 500 ppm, alors que son propre niveau de qualité acceptable est de 3 ppm ! Rappelons qu’il s’agit d’une substance classée cancérogène possible, interdite depuis 2008 dans les produits antimites, les insecticides et les répulsifs.

C’est d’ailleurs BASF lui-même qui a alerté ses clients début octobre. L’industriel leur a demandé de ne pas utiliser sa matière première contaminée et a annoncé prendre en charge l’élimination des mousses fabriquées avec.

Que Choisir avait aussitôt alerté les consommateurs en leur conseillant vivement de reporter leur achat de matelas dans l’attente d’une publication de la liste des produits concernés.

NI RETRAIT NI RAPPEL DE MATELAS

On sait maintenant que la DGCCRF ne publiera jamais cette liste, et qu’il n’y a manifestement pas de risques pour la santé. Néanmoins, tous les matelas produits depuis le 25 août sont potentiellement à base de ces mousses. Qu’il s’agisse de modèles en mousse, à ressorts, à mémoire de forme ou autres, ils en contiennent toujours.

La DGCCRF précise d’ailleurs que ces mousses contaminées ne répondent pas aux exigences des labels Certipur et Oeko-tex. Puisque les professionnels et les autorités ont opté pour l’opacité et la non-information des consommateurs, Que Choisir recommande à nouveau de reporter son achat de matelas, tant que l’absence d’emploi de ces mousses ne sera pas garantie.

Élisabeth Chesnais

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21 novembre 2017

Dépannage d’urgence à domicile. De plus en plus d’arnaques

Dépannage d’urgence à domicile. De plus en plus d’arnaques

La dernière enquête de la Répression des fraudes (DGCCRF) prouve que les méthodes commerciales des dépanneurs en serrurerie, plomberie, vitrerie et autres travaux d’urgence sont de plus en plus agressives, et les prix de plus en plus exorbitants.

Dépannage d’urgence à domicile De plus en plus d’arnaquesEntre cartons publicitaires trompeurs déposés dans les boîtes aux lettres, pratiques commerciales agressives et frauduleuses, abus de faiblesse et prix délirants qui peuvent atteindre 6 000 € pour un changement de serrure, les enquêteurs de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) en ont vu de belles. Sur les 624 entreprises contrôlées en 2016, 56 % étaient en infraction.

Dans la majorité des cas, soulignent-ils, le devis n’est remis au client qu’après les travaux alors que le professionnel y appose la mention « devis reçu avant l’exécution des travaux ». De plus, « certains dépanneurs se montrent agressifs et menaçants envers des clients qui contestent le prix, et des abus de faiblesse, des pressions psychologiques ont été observés ». Enfin, des professionnels contrôlés ne sont même pas qualifiés pour exercer leur corps de métier, ils ne sont d’ailleurs pas inscrits au répertoire des métiers.

Plus de 100 procès-verbaux d’infraction pénale ont été dressés, et le dépôt de cartons calibrés pour être confondus avec des documents officiels a donné lieu à 544 400 euros d’amendes.

À Que Choisir, malheureusement, les résultats de cette enquête de la DGCCRF ne surprennent guère. Nous avons beau avertir régulièrement, les témoignages de victimes de serruriers ou de plombiers sans scrupules ne se tarissent pas. Alors répétons-le, conserver les cartons déposés dans les boîtes aux lettres ou appeler la première entreprise de serrurerie ou de plomberie repérée sur Internet revient àse jeter dans la gueule du loup, en l’occurrence la société de dépannage malhonnête. Invariablement, on tombe sur des arnaqueurs, jamais sur de vrais professionnels. Ces derniers n’ont pas les moyens de dépenser des fortunes pour être bien placés sur le Web, ni le temps d’inonder les boîtes aux lettres de cartons publicitaires.

Élisabeth Chesnais

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21 novembre 2017

Phishing assurance maladie. 3 clés pour repérer la tentative d’arnaque

Phishing assurance maladie. 3 clés pour repérer la tentative d’arnaque

L’arnaque connue sous le nom de « phishing », consistant à récupérer vos coordonnées bancaires ou vos données sensibles en vous incitant à cliquer sur un lien contenu dans un e-mail frauduleux aux couleurs d’un organisme officiel (banques, administrations…), est de plus en plus répandue. En apparence, ces e-mails ont tout d’un message authentique : logo de l’organisme, jargon administratif… Cependant, il est possible de repérer et d’éviter simplement les arnaques. Suivez nos conseils pas à pas illustrés avec un faux mail de l’assurance maladie.

Phishing assurance maladie 3 clés pour repérer la tentative d’arnaque

L’heure des bilans de fin d’année et des cadeaux de Noël va bientôt commencer. À point nommé, un message de l’assurance maladie vous informe que vous devriez recevoir un remboursement de 119,74 € ! La somme n’est pas énorme afin de ne pas sentir l’arnaque mais suffisamment importante pour que vous n’ayez pas envie de la laisser filer. Vous l’avez sans doute deviné ? C’est un mail frauduleux qui vise à vous extorquer vos coordonnées personnelles ou bancaires (technique appelée phishing ou hameçonnage). Voici quelques indices pour repérer l’arnaque.

VÉRIFIEZ L’EXPÉDITEUR

Passez votre souris sur l’expéditeur du message. Cela vous permet de voir l’adresse exacte.

En apparence, il s’agit de « Votre assurance maladie » mais quand l’adresse s’affiche en toutes lettres, elle n’a rien d’une adresse officielle et semble même provenir de Nouvelle-Zélande (fin de l’adresse en .nz) ! À ce stade, vous devriez déjà supprimer le mail illico. Mais par curiosité, regardons quand même les autres éléments qui doivent alerter.

SURVOLEZ LE LIEN, NE CLIQUEZ PAS

Le courrier électronique vous demande de cliquer sur un lien Internet pour effectuer les démarches nécessaires au remboursement. C’est tout à fait inhabituel. En effet, l’assurance maladie a déjà toutes vos coordonnées personnelles et bancaires pour effectuer les remboursements. Il n’y a donc aucune raison de vous les redemander ! Ne cliquez donc pas sur le lien mais survolez-le (c’est-à-dire passez votre souris dessus). Cela vous donne un aperçu du site réel vers lequel vous auriez été conduit :

Sur ce second exemple de mail contrefait, on voit qu’il ne s’agit pas de https://www.ameli.fr ou de https://assure.ameli.fr qui sont les vrais espaces sur Internet des assurés de l’assurance maladie mais de https://tkwizza55hadiakhyzankaloni. Avez-vous envie de communiquer  vos précieuses coordonnées à « tkwizza55hadiakhyzankaloni » ? Certainement pas.

PRENEZ LE TEMPS DE RÉFLÉCHIR

Méfiez-vous aussi du caractère urgent de la demande.

visu3-assurance-maladie-phishing

La note indiquant que « vous disposez de 3 jours pour valider votre demande de remboursement » vise à mettre la pression aux internautes pour qu’ils répondent sans prendre le temps de réfléchir.  Un classique dans les arnaques ! Prenez au contraire le temps de vous rappeler que les banques, les organismes sociaux, les centres des impôts, etc., n’envoient jamais ce genre d’e-mails pour demander de saisir des informations personnelles. Même si l’expéditeur et le lien vous semblent valides, ne répondez pas. En aucun cas, vous ne devez communiquer vos données confidentielles (numéro de carte bancaire, mot de passe d’accès à vos comptes, etc.) en réponse à un courrier électronique. En cas de doute, prenez contact avec l’organisme apparemment émetteur du courrier.

Bon à savoir. Ce genre d’arnaque se pratique aussi par téléphone. L’assurance maladie avait émis une alerte en mai dernier.

Perrine Vennetier

21 novembre 2017

Données personnelles. Des devis Darty fuitent sur Internet

Données personnelles. Des devis Darty fuitent sur Internet

Des devis établis au nom de clients de l’enseigne Darty ont été référencés par le moteur de recherche Google et mis à disposition de tous. Un exemple parmi tant d’autres des dérives liées aux données personnelles.

Données personnelles Des devis Darty fuitent sur Internet

Lorsqu’un client lui demande un devis en prévision d’un achat, Darty établit le document en y mentionnant ses nom et prénom, adresse ou encore e-mail. Des données personnelles sensibles qu’il est important de protéger. Or, des devis de plusieurs clients ont été référencés par Google et sont donc devenus facilement accessibles suite à une simple requête dans le moteur de recherche.

Darty le promet : à l’avenir, il protègera mieux les devis au format pdf qu’il stocke dans son système informatique. « Probablement avec un système de mot de passe », comme un porte-parole l’a expliqué à nos confrères de NextInpact. Cette décision fait suite à une fuite de devis sur Internet. Rien de très grave : cette fuite ne concerne que 26 devis (établis à 25 clients différents) sur les dizaines de milliers hébergés sur les serveurs de l’enseigne. Mais elle s’avère être un cas d’école qui illustre la facilité avec laquelle des données personnelles se retrouvent en quelques clics sur Internet. Ces devis mentionnaient en effet des noms, des adresses postales et e-mails ou encore des références de dossiers.

Il est probable que les clients concernés aient eux-mêmes diffusé ces informations sans en avoir vraiment conscience : ils auraient copié-collé les liens menant aux devis sur des forums. « A priori, c’est techniquement la seule façon dont cela a pu se produire », a assuré le revendeur. Le principal risque est alors une tentative de phishing : des pirates pourraient se faire passer pour Darty et demander aux clients des informations supplémentaires, comme un numéro de carte bancaire ou des identifiants pour accéder au compte client.

Un conseil, avant de partager des documents sur Internet, floutez les informations qui vous concernent !

Exemple d’un devis établi par Darty.

 

Camille Gruhier

cgruhier

14 novembre 2017

Pesticides. Une commune pousse-au-crime

Pesticides. Une commune pousse-au-crime

L’interdiction d’utiliser des pesticides s’applique aux collectivités locales depuis le 1er janvier 2017. Mais à Richelieu (37), une petite commune de Touraine, son célèbre maire a trouvé la parade !

Pesticides Une commune pousse-au-crime

 Les communes n’ont plus le droit d’utiliser les pesticides pour entretenir les espaces verts, la voirie, les trottoirs… C’est une belle avancée de la loi sur la transition énergétique votée en 2015 en faveur de la protection de la santé, tant des jardiniers que du grand public. C’est aussi une avancée pour la protection de l’environnement, en particulier pour la ressource en eau. Les pesticides filent en effet très facilement des surfaces imperméables ou bitumées vers les cours d’eau.

Des collectivités locales pionnières ont d’ailleurs appris à se passer des produits phytosanitaires avant même l’interdiction, et elles s’en sortent plutôt bien.

Mais à Richelieu, une petite commune de Touraine, le maire n’a rien trouvé de mieux à faire que d’envoyer un courrier (voir ci-dessous) à ses administrés pour leur rappeler que, contrairement à la commune, eux ont encore le droit d’utiliser des pesticides jusqu’au 1er janvier 2019 !

Et le maire de poursuivre : « Je vous invite à vous saisir de cette opportunité pour que cet entretien des trottoirs soit mené à bien devant chez vous. »

À Que Choisir, on a d’abord cru à un canular. Mais vérification faite auprès de la mairie, non, c’est bien Hervé Novelli, ancien ministre et maire de Richelieu, qui est l’auteur de cette missive qu’on pourrait qualifier de pousse-au-crime sanitaire et environnemental !

Le courrier envoyé par la mairie à ses administrés.

 

Élisabeth Chesnais

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14 novembre 2017

Orange mobile. Des vieux téléphones inutilisables

Orange mobile. Des vieux téléphones inutilisables

Orange a prévenu 66 000 de ses clients mobiles qu’à partir du 15 novembre, ils ne pourront plus utiliser leur vieux téléphone portable de marque Samsung. En cause : une profonde mise à jour du réseau 2G.

Orange mobile Des vieux téléphones inutilisables

Si vous êtes client mobile Orange et que vous possédez un vieux téléphone Samsung, peut-être avez-vous reçu un message de votre opérateur vous informant que vous ne pourrez plus l’utiliser à partir du 15 novembre. De fait, Orange a prévu de procéder dans les mois qui viennent à une profonde mise à jour logicielle de son réseau 2G visant à renforcer sa sécurité. Conséquence de cette opération : 7 anciens modèles de téléphones de marque Samsung ne fonctionneront plus (voir ci-dessous).

Si l’opérateur a communiqué sur la date du 15 novembre, dans la pratique, les premiers clients concernés ne devraient être impactés qu’à partir du 20 novembre. Pour les autres, le basculement se fera au moment de la généralisation de l’opération à l’ensemble du réseau, c’est-à-dire au mois de janvier 2018. Dans tous les cas, plus aucun client possédant l’un de ces téléphones ne pourra émettre ni recevoir aucun appel ni SMS à partir du début du mois de février 2018.

Les 66 000 clients concernés n’ont pas été pris de court. Dès la fin août, Orange leur a envoyé un courrier les informant de ce changement et leur proposant un bon de 30 € à valoir sur l’achat d’un nouveau téléphone dans une boutique Orange (ce qui correspond plus ou moins au prix d’un téléphone 3G d’entrée de gamme). Plus récemment, l’opérateur les a à nouveau informés par le biais de SMS et de messages vocaux.

Alors, pour ne pas se retrouver du jour au lendemain avec un téléphone hors service, le mieux est de se rendre dès maintenant dans sa boutique Orange pour choisir un nouveau modèle et profiter du bon d’achat. La seule manipulation consistera à mettre la carte SIM de l’ancien téléphone dans le nouveau. Quant à ceux qui tiennent absolument à conserver leur vieux Samsung, ils n’ont pas d’autre choix que de changer d’opérateur. Ils peuvent le faire sans avoir à changer de numéro.

Conseils

Les 7 anciens modèles Samsung concernés

  • Samsung GT-E1050
Samsung GT-E1050

 

  •  Samsung GT-E1080
Samsung GT-E1080

 

  • Samsung GT-E1081
Samsung GT-E1081

 

  • Samsung GT-E1085
Samsung GT-E1085

 

  • Samsung GT-E1086
Samsung GT-E1086

 

  • Samsung GT-E1150
Samsung GT-E1150

 

  • Samsung GT-E1170
Samsung GT-E1170
14 novembre 2017

Phishing. En cas de négligence avérée, la banque ne rembourse pas

Phishing. En cas de négligence avérée, la banque ne rembourse pas

La Cour de cassation vient de donner raison au Crédit mutuel de Calais dans une affaire qui oppose l’établissement bancaire à une victime de phishing (ou hameçonnage). L’aveu de cette dernière de l’envoi de ses coordonnées personnelles en réponse à un courrier électronique manifestement frauduleux constitue une preuve de négligence, selon la plus haute juridiction. Cet arrêt ne crée cependant pas de revirement de jurisprudence car il appartient toujours à la banque de prouver la négligence.

Phishing En cas de négligence avérée, la banque ne rembourse pas

L’arnaque au phishing est classique. Madame X. reçoit un courrier électronique censé provenir de SFR, son opérateur téléphonique, indiquant qu’à la suite d’un impayé ou d’un rejet, elle doit fournir ses coordonnées bancaires mais aussi des informations relatives à son compte SFR. Bien mal lui a pris de s’exécuter, puisque derrière l’expéditeur se cachait une personne malveillante qui a utilisé ces données pour effectuer des achats d’un montant de 3 300,28 €. La victime a pourtant fait opposition sur sa carte bancaire dès qu’elle a reçu un SMS de sa banque (le Crédit mutuel de Calais), contenant un code « 3D Secure » pour valider deux paiements sur Internet qu’elle n’avait jamais réalisés. Trop tard. L’escroc, grâce aux éléments préalablement reçus, avait pu mettre en place un renvoi automatique des messages envoyés par la banque.

NÉGLIGENCE GRAVE SOUTENUE PAR LA COUR DE CASSATION

Si la juridiction de proximité de Calais a indiqué qu’il n’y avait pas eu de négligence de la part de la victime, dont les informations ont été détournées à son insu, la Cour de cassation a jugé que cette absence de négligence n’a pas été suffisamment établie. Ainsi, la haute juridiction estime qu’il y a eu négligence grave dans l’hypothèse où madame X. a avoué avoir transmis ses données personnelles suite à un mail ostensiblement frauduleux. Par son arrêt du 25 octobre 2017, elle casse alors le jugement qui avait requis l’indemnisation par la banque. Elle considère que la juridiction de proximité n’a pas pris tous les éléments nécessaires en compte dans sa décision. La plus haute juridiction s’appuie notamment sur l’article 133-16 du code monétaire et financier, qui prévoit que « l’utilisateur de services de paiement prend toute mesure raisonnable pour préserver la sécurité de ses dispositifs de sécurité personnalisés ». Elle précise que le courrier électronique de phishing comportait de nombreux éléments d’alerte (aucun nom de destinataire ni d’expéditeur, un numéro de facture erroné, la mention d’un impayé ou d’un rejet alors que le compte de madame X. était créditeur). L’affaire est alors renvoyée au tribunal d’instance de Dunkerque.

Par cette décision, la Cour de cassation énonce qu’un établissement bancaire n’est pas nécessairement tenu de rembourser une victime d’hameçonnage et donne raison au Crédit mutuel Nord Europe, précédemment condamné pour n’avoir pas respecté, à maintes reprises, l’obligation de rembourser ses clients en cas de fraude. Pour en être exemptée, la banque doit prouver la négligence du client. Dans le cas présent, l’aveu d’envoi de données personnelles mais aussi le caractère grossier du courrier électronique apportent cette preuve, ce pourquoi cet arrêt ne devrait pas créer un revirement de jurisprudence.

NE JAMAIS TRANSMETTRE SES DONNÉES PERSONNELLES PAR COURRIEL

Contre ce type d’arnaque, la vigilance est de mise, de nombreuses enseignes faisant l’objet d’usurpations d’identité, comme le démontre la dernière alerte d’Ikea. Mieux vaut ne jamais répondre à un courrier qui demande de transmettre vos informations personnelles (codes d’accès, coordonnées bancaires…).

En cas de doute, contactez l’organisme officiel censé vous avoir envoyé le courriel pour effectuer une vérification. S’il est trop tard, un portail Web émanant du ministère de l’Intérieur vous permet de signaler une tentative de phishing (Internet-signalement.gouv.fr). Vous pouvez également vous rendre sur la nouvelle plateforme officielle Cybermalveillance.gouv.fr, qui vous aide à savoir comment réagir et qui contacter.

Marie Bourdellès

14 novembre 2017

Purificateurs d’air. L’Anses confirme l’alerte de « Que Choisir »

Purificateurs d’air. L’Anses confirme l’alerte de « Que Choisir »

« Que Choisir » a déjà tiré le signal d’alarme à plusieurs reprises : les purificateurs d’air qui fleurissent en magasins risquent de dégrader la qualité de l’air intérieur des logements plus que de l’améliorer, et les sprays assainissants polluent au lieu d’assainir. L’avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) paru récemment confirme notre analyse.

Purificateurs d’air L’Anses confirme l’alerte de « Que Choisir »

La pollution de l’air inquiète, le nombre d’allergiques augmente, c’est une aubaine pour les fabricants. Les purificateurs d’air en tous genres se multiplient dans les magasins, et ce n’est pas pour le meilleur, alertait « Que Choisir » dès 2013.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) vient à son tour de publier son rapport sur les techniques d’épuration de l’air intérieur, et il confirme la pertinence de nos réserves. L’expertise de l’Agence a concerné les appareils autonomes et les matériaux de construction et décoration qui se prétendent dépolluants et qui sont basés sur les principes de la catalyse ou de la photocatalyse, du plasma, de l’ozonation ou de l’ionisation. Outre les appareils, il s’agit notamment d’enduits, de peintures, de revêtements muraux, de plaques de plâtres, de carrelages, et surtout de sprays.

Le rapport conclut que « les données scientifiques analysées ne permettent pas de démontrer l’efficacité et l’innocuité en conditions réelles d’utilisation de ces dispositifs d’épuration de l’air intérieur ». L’Anses recommande d’informer la population sur les risques potentiels d’une détérioration de la qualité de l’air intérieur, la dégradation incomplète de polluants pouvant entraîner la formation de composés plus nocifs. Autre recommandation, mettre en garde les sujets asthmatiques sur une possible aggravation de leur état avec les appareils pouvant générer de l’ozone ou ceux qui utilisent des huiles essentielles, autrement dit les sprays assainissants épinglés par « Que Choisir ».

L’Anses rappelle que pour réduire la pollution de l’air intérieur, « il convient en priorité de limiter les émissions à la source, d’aérer et de ventiler ». Des conseils que vous pouvez retrouver dans notre dossier consacré à la pollution de l’air intérieur.

Élisabeth Chesnais

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14 novembre 2017

Contraception. Le stérilet protégerait du cancer du col de l’utérus

Contraception. Le stérilet protégerait du cancer du col de l’utérus

En compilant les études sur la question, une équipe de chercheurs vient de mettre en lumière une réduction d’un tiers du risque de cancer du col de l’utérus chez les femmes qui utilisent un dispositif intra-utérin.

Contraception Le stérilet protégerait du cancer du col de l’utérus

Le port de stérilet pourrait-il réduire le risque de cancer du col de l’utérus ? C’est en tout cas ce que conclut une étude que vient de publier la revue médicale Obstetrics & Gynecology. Des chercheurs américains ont analysé toutes les publications parues à ce sujet, ils en ont retenu 16 de bonne qualité et leurs conclusions sont étonnantes : les femmes qui ont eu recours, à un moment dans leur vie, au dispositif intra-utérin ont un tiers de risques en moins de développer un cancer du col de l’utérus. Cette réduction très importante a étonné les chercheurs eux-mêmes. Portant sur environ 12 500 femmes, cette étude peut se prévaloir d’une puissance statistique non négligeable et les facteurs confondants tels que l’âge, le nombre de partenaires sexuels ou la pratique du dépistage ont été pris en compte. En revanche, il n’a pas été possible de déterminer si le type de stérilet (au cuivre ou hormonal), l’âge lors de la première utilisation ou la durée d’usage influençaient le risque.

Reste à savoir quels mécanismes pourraient expliquer ce résultat. L’hypothèse la plus probable est que la pose et le port d’un stérilet entraînent une réponse immunitaire locale qui permettrait à l’organisme de se défendre contre les cellules cancéreuses.

RETOUR EN GRÂCE DU STÉRILET

Longtemps réservé aux femmes ayant déjà eu des enfants, le stérilet peut aujourd’hui être proposé aux nullipares. Il a connu un retour en grâce ces derniers temps du fait de la mise en cause de la pilule contraceptive. Moins onéreux que celle-ci, il est également apprécié pour la tranquillité d’esprit qu’il autorise (pas de risque d’oubli). Les recherches devraient se poursuivre pour étudier plus précisément son effet anti-cancer du col. S’il était confirmé, les femmes auraient une raison supplémentaire de l’adopter.

Cela dit, si le cancer du col de l’utérus est, au niveau mondial, le troisième cancer le plus fréquent chez les femmes, en France il n’arrive qu’en dixième position, aussi bien en incidence qu’en nombre de décès. La meilleure prévention reste le frottis pratiqué tous les 3 ans. Dépisté à temps par ce biais, le cancer est aisément jugulé. Le recours au vaccin contre le papillomavirus, responsable de cette maladie, est en revanche largement controversé.

Fabienne Maleysson

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14 novembre 2017

Compte bancaire. La Société générale condamnée pour clauses abusives

Compte bancaire. La Société générale condamnée pour clauses abusives

L’UFC-Que Choisir a obtenu du tribunal de grande instance de Paris l’annulation d’une quinzaine de clauses abusives contenues dans les conditions générales de vente de la Société générale.

Compte bancaire La Société générale condamnée pour clauses abusives

Par une décision du 7 novembre 2017, le tribunal de grande instance (TGI) de Paris a estimé que 15 articles, inclus dans les conditions générales de vente de la Société générale, sont abusifs en raison du déséquilibre important qu’ils établissent entre la banque et les consommateurs, aux dépens de ces derniers… Ce jugement est d’autant plus important que le secteur des services bancaires en ligne est particulièrement concerné par la présence de dispositions abusives. Or ces services, aujourd’hui en plein développement, nécessitent une vigilance renforcée.

LA SOCIÉTÉ GÉNÉRALE NE PEUT S’EXONÉRER DE SON OBLIGATION DE SÉCURITÉ

La clause la plus manifestement abusive sanctionnée par le tribunal correspond à l’article 2.4 des conditions générales. Ce dernier prévoit que le client est seul responsable « des opérations frauduleuses résultant d’un dysfonctionnement ou d’une faille de sécurité de son accès Internet ou de son équipement informatique ». Une disposition d’autant plus difficile à justifier qu’elle est en totale contradiction avec la loi qui prévoit expressément l’inverse. L’article L.133-19 du code monétaire et financier précise en effet que la banque doit prendre en charge les opérations de paiement non autorisées dès leur signalement par le titulaire du compte bancaire, sauf « si ces pertes résultent d’un agissement frauduleux de sa part ou s’il n’a pas satisfait intentionnellement ou par négligence grave aux obligations mentionnées aux articles L.133-16 et L.133-17 ». La charge de la preuve incombe donc bien à la banque, comme l’a rappelé récemment la Cour de cassation. Elle ne peut s’exonérer de sa responsabilité de sécuriser les opérations que si elle démontre que le consommateur a commis une négligence grave ou des agissements frauduleux. Étant donné que le nombre de fraudes bancaires sur Internet est en pleine explosion, on comprend que cette question de responsabilité soit particulièrement sensible pour les banques !

LE DÉLAI DE CONTESTATION NE PEUT ÊTRE RÉDUIT PAR LA BANQUE

Dans la lignée de la première clause lui permettant de s’exonérer de son obligation de sécurité, la Société générale a aussi tenté de réduire à 4 mois la possibilité pour les consommateurs de contester une opération bancaire. La clause prévoit ainsi que « le client est réputé avoir accepté les opérations réalisées sur le compte à défaut de réclamation dans un délai de 4 mois à compter de la réception du relevé. Passé ce délai, aucune contestation ne pourra être reçue, sauf en cas de constat d’une erreur, d’une omission ou d’une fraude […] » La loi a pourtant posé des délais très précis. En cas de paiement frauduleux par carte bancaire, par exemple, la durée de contestation est de 13 mois. Là encore, la clause contractuelle, annulée par le TGI, est non seulement abusive pour les consommateurs, mais aussi en contradiction avec les textes de loi.

À noter, enfin, parmi les autres clauses sanctionnées, la possibilité pour la Société générale de débiter immédiatement le compte du client, même en cas de différé de paiement.
La décision du tribunal de grande instance de Paris n’étant pas définitive, la Société générale se réserve la possibilité de faire appel.

Élisa Oudin

14 novembre 2017

Étiquetage nutritionnel. La contre-attaque des confiseurs

Étiquetage nutritionnel. La contre-attaque des confiseurs

Alors que le gouvernement vient d’officialiser le choix du Nutriscore comme logo nutritionnel officiel, la fédération des produits de l’épicerie invite ses adhérents à adopter un autre logo, pourtant débouté par le gouvernement, et moins sévère envers les produits gras et sucrés. Un contre-feu qui montre que la guerre des étiquetages n’est pas finie.

Étiquetage nutritionnel La contre-attaque des confiseurs

Il n’y aura pas de trêve des confiseurs entre pro- et anti-Nutriscore. Le 31 octobre, les ministères de la Santé et de l’Agriculture signaient l’arrêté définissant le fameux logo, élaboré d’après les travaux de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), comme le seul étiquetage nutritionnel simplifié français. Mais Alliance 7, la fédération des produits de l’épicerie qui défend les intérêts des professionnels de la confiserie, des céréales du petit déjeuner ou encore des biscuits et gâteaux, ne l’entend pas de cette oreille. Et fait, elle fait même carrément mine de ne pas être au courant. Le syndicat professionnel vient d’envoyer à tous ses adhérents une lettre d’engagement incitant à adopter le contre-système « Nutri-couleurs » développé par Coca-Cola, Nestlé, Mars, Mondelez, Pepsico et Unilever.
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Le logo Nutriscore destiné à rendre compréhensible la qualité nutritionnelle des produits alimentaires.

LOGO AUTO-PROCLAMÉ

Le pictogramme des multinationales de l’agroalimentaire (voir ci-dessous), inspiré du modèle anglais des feux tricolores, ne comprend pas une, mais cinq indications nutritionnelles. Non seulement ce système, analytique et non synthétique, peine à apporter une information claire et directement interprétable par le consommateur, mais contrairement aux systèmes officiels anglais et français, le Nutri-couleurs calcule une valeur nutritionnelle non pas aux 100 g mais à la portion. Libre à chacun donc de choisir la taille de la portion retenue pour faire son calcul… Et celle-ci pourrait être bien légère dans le cas des produits les moins sains. À travers ce contre-feu, Alliance 7 cherche tout bonnement à parasiter l’information nutritionnelle simplifiée. Reste à savoir, alors que l’attente des consommateurs vis-à-vis d’une information nutritionnelle simplifiée est forte, quel camp les fabricants choisiront.

LA LETTRE D’ENGAGEMENT ENVOYÉE PAR ALLIANCE 7 POUR CONTRER NUTRISCORE

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Marie-Noëlle Delaby

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14 novembre 2017

Mediator. L’État indemnisera une victime

Mediator. L’État indemnisera une victime

Trois ans après avoir pointé la responsabilité de l’État pour n’avoir pas retiré du marché le Mediator (benfluorex) dès 1999, le tribunal administratif de Paris vient de fixer le montant qu’il devra verser à l’une des victimes.

Mediator L’État indemnisera une victime

Dans l’affaire du Mediator (benfluorex), les recours peuvent être amiables ou judiciaires. Devant les tribunaux, les avocats ont tenté plusieurs options. Et au final, la justice administrative n’était pas la plus mauvaise. Alors que le procès devant le tribunal correctionnel n’est toujours pas programmé, et que les résultats au tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre (Hauts-de-Seine) sont décevants, le tribunal administratif de Paris a rendu, le 10 octobre dernier, un jugement intéressant dans le cas d’une victime qui a pris du Mediator pendant plusieurs années, et qui en garde des séquelles. Il confirme la responsabilité de l’État déjà établie il y a 3 ans, et surtout, fixe le montant de l’indemnisation qu’il devra verser à 22 885 €. Conformément à une décision du conseil d’État, cette somme représente 30 % du total, les 70 % restant, soit quelque 53 400 €, revenant aux laboratoires Servier, jugés principaux responsables du maintien du médicament sur le marché. Au total, la victime recevra 76 283 € pour le préjudice qu’elle a subi et subit encore à cause du Mediator.

Cinq millions de personnes en France ont pris du Mediator, durant plus de 30 ans de commercialisation. Les laboratoires Servier vantaient auprès des médecins ses qualités dans le diabète, alors même que son efficacité dans cette indication était, au mieux, très faible. Des médecins en prescrivaient pour maigrir car, même si Servier s’en défendait – et s’en défend toujours –, l’appartenance du benfluorex, la molécule du Mediator, à la famille des anorexigènes comme l’Isoméride était bien connue. Or ces coupe-faim ont été retirés du marché en 1997 en raison de leurs effets secondaires graves. Pourquoi et comment le Mediator a-t-il échappé à la purge ? C’est ce que le procès pénal, devant le tribunal correctionnel de Paris, devra éclaircir. Mais l’ordonnance de renvoi met en évidence les efforts des laboratoires Servier pour camoufler la réalité, et l’incompétence de l’autorité du médicament, à l’époque l’Afssaps (1), qui a laissé faire.

NOTES

(1) Qui depuis est devenue l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

Anne-Sophie Stamane

asstamane

14 novembre 2017

Market place Fnac.com. Les escrocs sévissent toujours

Market place Fnac.com. Les escrocs sévissent toujours

Ce week-end encore, des consommateurs qui cherchaient à commander sur la market place de Fnac.com ont été victimes d’escrocs qui sont parvenus à détourner leur paiement. La Fnac ne semble toujours pas avoir pris la mesure de l’ampleur du problème.

Market place Fnac.com Les escrocs sévissent toujoursLa Fnac n’en a pas fini avec le piratage de sa market place (place de marché). Alors que les témoignages commençaient à se faire plus rares sur notre forum, des escrocs ont à nouveau réussi à détourner les paiements de certains clients. Comme il y a quelques semaines, les pirates, qui agissent cette fois sous le nom « btq16 », sont parvenus à s’approprier des comptes de vendeurs puis à supprimer les stocks existants pour les remplacer par d’autres produits avec des prix très attractifs. Lorsqu’un internaute est intéressé par l’une de ces bonnes affaires et qu’il cherche à payer, un message lui demande d’envoyer un courriel. Celui-ci est reçu par l’escroc qui, en retour, envoie une confirmation de commande aux couleurs de la Fnac (voir ci-dessous) et demande au client de virer la somme sur un compte basé à l’étranger (en Allemagne ou en Italie selon les cas). Si l’argent est bien prélevé sur le compte du client, l’article, lui, n’est jamais livré.

« LES ESCROCS ONT MIS EN LIGNE 10 000 PRODUITS ET LA FNAC N’A PAS TIQUÉ ! »

Malgré les promesses de la Fnac, il semble bien que tout n’a pas été fait pour mettre fin à ces piratages en série. La Fnac n’a jamais cru bon, par exemple, d’afficher sur son site le moindre message qui aurait pu mettre en garde les victimes potentielles. « Des messages ont été diffusés sur les comptes des vendeurs et des clients mais les placarder sur le site Internet serait trop anxiogène », se justifie Alain Keravec, le responsable de la market place. Le manque de réactivité de la Fnac a aussi de quoi interroger. Un client ayant failli tomber dans le piège nous a assuré avoir alerté le service clients de la Fnac, sans résultat visible. « Dès que je me suis aperçu que mon compte avait été piraté, j’ai tenté de joindre la Fnac par tous les moyens, explique par ailleurs un vendeur que nous avons joint au téléphone. J’ai passé plusieurs heures à tenter de les convaincre de désactiver mon compte, ce qui n’a été fait que deux jours plus tard. » Quant aux systèmes de contrôle automatiques mis en place par Fnac.com, ils semblent pour le moins légers. « D’ordinaire, j’ai entre 300 et 400 articles en vente. Après avoir pris le contrôle de mon compte, les escrocs ont intégré plus de 10 000 produits d’un coup, avec des remises allant jusqu’à – 40 %, et la Fnac n’a pas tiqué ! » s’étonne un autre vendeur. Les escrocs ont aussi pu modifier à leur guise les codes d’accès aux comptes des vendeurs, le nom de certaines boutiques en ligne et ajouter leur propre adresse mail sans que la Fnac procède à la moindre vérification.

L’origine du piratage aussi reste pour l’heure un mystère. À en croire la Fnac, les vendeurs concernés auraient répondu à un faux courriel leur demandant de fournir l’identifiant et le mot de passe de leur compte vendeur. « Impossible, nous assure l’un des vendeurs piratés. Je suis parfaitement au fait de ce genre d’escroquerie. Jamais je ne donnerais mes identifiants suite à une demande par courriel, et je suis le seul à gérer cela dans l’entreprise.
Le problème ne peut venir que d’une faille dans leur système ou d’un employé malveillant. »

Outre le préjudice financier qu’ont certainement subi des centaines de victimes, des données personnelles pourrait aussi se retrouver dans la nature. Selon certains vendeurs, les pirates auraient en effet eu accès aux noms, prénoms, adresses postales et électroniques, numéros de téléphone et à l’historique de commandes des clients des comptes piratés ainsi qu’aux données bancaires des vendeurs. Et rien, à l’heure actuelle, ne permet d’être certain que les escrocs ne se les sont pas appropriées.

De son côté, le responsable de la market place assure que des mesures techniques ont d’ores et déjà permis de réduire le nombre de piratages et promet dans les jours qui viennent d’autres développements destinés à renforcer la sécurité de la plateforme. En attendant, méfiez-vous si vous comptez faire achats sur le site Fnac.com. Prenez garde aux trop bonnes affaires, fuyez les comptes et les courriels intégrant les lettres « btq » et surtout, ne payez jamais par virement.

14 novembre 2017

Location de voiture. Sixt essaie de protéger sa e-réputation

Location de voiture. Sixt essaie de protéger sa e-réputation

Le loueur de véhicules Sixt a procédé à des demandes répétées de retrait de contenus présents sur le forum de « Que Choisir ». Plutôt que de se focaliser sur la sauvegarde de sa réputation en ligne, cette société gagnerait à mieux protéger ses clients, dont les témoignages pour pratiques abusives se multiplient.

Location de voiture Sixt essaie de protéger sa e-réputation

De nombreux messages postés sur le forum de « Que Choisir » visent le loueur de véhicules Sixt, relatant notamment, à la suite d’une location, des facturations de réparations exorbitantes au retour de la voiture, des problèmes de versement de caution ou encore des frais d’annulation abusifs.

Inquiète pour sa e-réputation et soucieuse de voir des titres tels que « Sixt : à fuir ! » arriver en tête des résultats sur les moteurs de recherche, l’enseigne a alors réagi. Depuis le mois de mars dernier, le cabinet d’avocats représentant Sixt a envoyé à l’UFC-Que Choisir, au titre de l’article 93-3 de la loi n82-652 du 29 juillet 1982 sur la communication audiovisuelle, plusieurs « notifications de contenus diffamatoires » ainsi que des « présomptions de faux avis », allant de la demande de retrait ou d’inaccessibilité à la modération de certains messages. L’entreprise enjoint ainsi l’association d’éradiquer certains propos qu’elle juge diffamatoires (« arnaque », « une honte »…) ou encore certaines phrases dont elle « conteste la véracité ». Près d’une cinquantaine de posts sont visés (au total, à l’heure où nous écrivons ces lignes, 203 sujets concernant Sixt sont ouverts sur le forum de « Que Choisir »). L’UFC-Que Choisir n’a pourtant pas attendu de telles injonctions pour procéder à la modération des contenus présents sur ses forums en ligne. Les termes considérés comme diffamatoires sont supprimés, tout comme les témoignages litigieux dont il est impossible de prouver qu’ils relatent des faits avérés.

Via ces demandes répétées et insistantes, Sixt s’évertue à protéger sa e-réputation en traquant les commentaires lui portant préjudice. Cette société aurait tout intérêt à dépenser une telle énergie à l’amélioration de ses services, ses contrats ne faisant pas toujours preuve de bienveillance à l’égard du consommateur.

Marie Bourdellès

14 novembre 2017

Grande distribution. On cause plus, on flingue…

Grande distribution. On cause plus, on flingue…

Amazon, le géant du Web, a gagné la bataille du non-alimentaire contre les hypers et les supermarchés. Mais ces derniers préparent leur riposte. La guerre ne fait que commencer. Quelles conséquences pour les clients ?

Grande distribution On cause plus, on flingue…

Pourra-t-on encore déposer demain, dans le même chariot, légumes, liquide vaisselle, couches bébé, petit électroménager ? Peu probable… Le modèle de l’hypermarché universel, tel qu’on le connaît, semble voué à s’effacer. Les patrons de la grande distribution paraissent eux-mêmes résignés. « Nous avons perdu la bataille du non-alimentaire », déclarait notamment, en mars dernier, Georges Plassat, P-DG du groupe Carrefour, quelques semaines avant de passer la main à son successeur.

En cause, la méfiance accrue de plus en plus de Français pour la consommation de masse… Et surtout, la déferlante du e-commerce, dominé par Amazon. En une dizaine d’années, le géant américain de la distribution en ligne (26 fois la valeur du groupe Carrefour en Bourse !) s’est imposé comme le leader des ventes en France dans les domaines de l’informatique grand public, du high-tech et du son. Pour autant, le magasin physique ne semble pas mort. Il conserve des atouts, comme le montre notre enquête de terrain (voir encadré). Mais pour survivre, les grandes surfaces vont devoir profondément évoluer.

LA CHASSE AU MAMMOUTH EST OUVERTE

Amazon est devenu, en 2016, le premier distributeur de produits non alimentaires en France. Avec environ 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires (France), la société est passée devant Leroy Merlin. Première victime : l’hyper de plus de 10 000 m2, installé en périphérie des villes, qui propose tout ou presque (de la poissonnerie à la téléphonie mobile, en passant par les accessoires pour auto). Les uns après les autres, les distributeurs actent son décès. Pour le P-DG du groupe Casino, Jean-Charles Naouri, la réduction de la surface commerciale est devenue un impératif. Deux de ses mastodontes, l’hyper de Toulouse (31) et celui d’Angoulême (16) ont déjà été réduits de 20 %. Chez Carrefour, on envisage une baisse du poids des hypers dans le chiffre d’affaires du groupe : il  passerait sous la barre des 50 % à l’horizon 2019, alors qu’il flirtait encore avec les 60 % il y a peu. Les rayons consacrés au non-alimentaire (high-tech, électroménager, livres) sont dans le collimateur. Ils doivent disparaître ou survivre sous forme résiduelle (opérations promotionnelles, par exemple). Le mouvement devrait s’étendre aux supermarchés. Une politique « de renoncement » que déplorent les représentants CGT de la grande distribution. « Les enseignes se séparent de pans entiers d’activité (en abandonnant des surfaces de vente à des enseignes extérieures), sans avoir réellement mené de bataille », regrette Frank Gaulin, délégué national CGT Car­refour hypermarchés. « Pourquoi n’avoir pas travaillé, par exemple, sur le concept de vendeur conseiller, très pointu sur son secteur. Les clients cherchent du conseil et de la fiabilité. On aurait pu jouer cette carte. Or, malgré nos demandes répétées à la direction de Carrefour, les vendeurs n’ont reçu aucune formation », déplore-il.

RAZZIA SUR TOUTE LA SURFACE

Le magasin en dur n’est cependant pas encore enterré… tout au moins pour le rayon frais. Car, avec l’alimentaire, Amazon se heurte à de nouvelles problématiques. Le site a basé sa stratégie sur une politique de prix très agressive. Or, dans l’agro-alimentaire, les prix bas s’obtiennent avec des volumes colossaux… Pas vraiment le modèle d’Amazon, qui propose un choix infini mais sans gros stocks. L’acquisition surprise par Amazon, en septembre 2017, de l’enseigne américaine de magasins bio Whole Foods Market prouve que tout n’est pas si simple. Pourquoi le spécialiste du commerce en ligne prend-il le contrôle d’une chaîne de magasins, fût-elle bio ? Jean-Marc Liduena, ex­pert en stratégie dans le secteur biens de consommation et distribution, associé chez Deloitte, répond : « Pour se développer, l’e-commerce, comme les grandes surfaces, va devoir mettre en place ce qu’on appelle “l’omnicanal”. Chaque distributeur devra proposer aux consommateurs l’ensemble des canaux existants (magasins, vente en ligne, livraison à domicile, drive). E-commerce et grande distribution ne vont pas devenir concurrents mais vont converger. » De fait, l’expérience « en solitaire » de distribution de produits frais aux États-Unis « Amazon Fresh », loin de combler les attentes de la société, s’est plutôt révélée un gouffre financier… Amazon semble tester une nouvelle stratégie : mettre la main sur des entreprises complémentaires pour accéder aux compétences qui lui manquent.

Cela explique sûrement la rumeur de rachat de Carrefour, puis de Monoprix, par Amazon. En attendant, le groupe Carrefour s’est, lui, emparé de Rueducommerce.fr et du site Greenweez.com, n° 1 français du bio sur Internet, tandis que Casino s’est offert un autre « pure-player » de la distribution en ligne, Cdiscount.com ! Parallèlement, Carrefour vient de lancer la livraison « express 1 h chrono », quelques mois après le démarrage de la livraison « Prime Now 1 h » d’Amazon. Les grandes manœuvres ont commencé.

Autre conséquence de ce duel à mort entre poids lourds de la distribution : le débarquement prochain du yield management en grandes surfaces. Autrement dit, du prix fluctuant, comme pour les billets d’avion ! Amazon est capable de faire varier ses prix des millions de fois par semaine, pour les adapter à l’offre et à la demande.

Les grandes chaînes de distribution font plancher leurs prestataires sur des systèmes d’étiquettes numériques intelligentes permettant de copier ce modèle. Guillaume Portier, directeur marketing de SES-Imagotag, l’une de ces sociétés, confie : « Le consommateur est aujourd’hui extrêmement informé des différences de prix des produits en ligne, via les comparateurs. Pour rester dans la course, les hypers et supermarchés doivent intégrer ces dispositifs… et aligner les prix en magasin aux prix en ligne. » Positif pour le consommateur ? « En apparence oui, alerte un expert. Mais les marges dans l’alimentation sont très faibles, autour de 2 %. Comment absorber de nouvelles baisses ? On a déjà vu que la guerre des prix conduit les “traders” de l’industrie agro-alimentaire à rogner dangereusement sur la qualité de la matière première. »

Livraison Carrefour express 1 h chrono
Quelques mois après Amazon, Carrefour vient de lancer la livraison « express 1 h chrono ».

 

SUR LA PISTE DE LA TRAÇABILITÉ

Une autre évolution, peut-être moins radicale, devrait aussi s’imposer via ces nouvelles technologies : le prix différencié. Les procédés d’étiquette interactive servent déjà à synchroniser cette dernière avec le compte fidélité du client. Leclerc, notamment, testerait ce dispositif dans plusieurs magasins. En scannant l’étiquette avec son smartphone, on pourra découvrir sur l’écran un prix « personnalisé » intégrant les promotions ou réductions fidélités correspondant à son profil.

Consciente du succès des « avis consommateurs » auprès des internautes, la grande distribution est aussi prête à décliner le concept. L’idée : mettre à disposition des clients, grâce à des étiquettes interactives ou des bornes équipées d’écran numérique, les avis déposés par les autres clients. Ces informations pourraient s’enrichir de dispositifs de notation. À l’image, par exemple, de l’une des expérimentations menées par la cellule innovation d’Auchan, dans le supermarché de Faches-Thumesnil près de Lille (59). Les clients qui achètent du vin peuvent biper le code-barres de la bouteille, avec l’appli pour smartphone de l’enseigne, et noter le produit de 1 à 5 étoiles. La notation apparaît immédiatement sur l’écran installé dans le rayon vins. Plus largement, les hypermarchés entendent s’appuyer sur leur expérience de la traçabilité alimentaire pour développer une information détaillée sur l’origine et les modes de fabrication des produits. Notre enquête dans 1 541 grandes surfaces (voir ci-dessous) a d’ailleurs montré que la mention de l’origine représente l’un des points forts des hypers. Demain, des ateliers rencontres ou des cours de cuisine en présence des producteurs pourraient se dérouler en magasin pour répondre aux nouvelles exigences de fiabilité des consommateurs. Un point sur lequel Amazon devra faire ses preuves !

HYPERS ET SUPERMARCHÉS

Leurs atouts et leurs handicaps

Alors que les hypers et supermarchés ­représentent toujours 66 % des achats alimentaires en France, le prix n’est plus l’unique exigence des clients. La qualité des produits et services leur importe de plus en plus. Et demain, ce seront sûrement les points forts des hypers qui pourraient faire la différence avec le commerce en ligne. Les bénévoles de l’UFC-Que Choisir ont enquêté anonymement dans 1 541 magasins, du 3 au 17 juin 2017. Conclusion, hypers et supermarchés ont deux grands atouts : fraîcheur et information sur l’origine des produits… Et ils auront intérêt à les renforcer face au commerce en ligne. À l’inverse, deux points faibles risquent de peser dans le match avec l’e-commerce : une offre limitée en bio et de nombreuses ruptures de stocks.

Points forts

L’information sur l’origine des produits

Presque un sans-faute pour les hypers et supermarchés sur la question de l’origine pour les deux catégories d’aliments examinés (fruits et légumes, et steaks hachés). Rares, en effet, ont été les enseignes qui n’ont pas indiqué systématiquement le pays de production des fruits et légumes ou l’origine (« né, élevé, abattu ») des animaux pour les steaks hachés. On note juste le retard significatif de l’enseigne Match pour les deux catégories de produits.

  • Le meilleur : Auchan
  • Le moins bon : Match

Fraîcheur

Les grandes surfaces entendent se distinguer sur les rayons frais, particulièrement des fruits et légumes. Nous nous sommes concentrés sur cette catégorie de produits. L’offre y est dans l’ensemble pléthorique (par exemple, en moyenne huit variétés de pommes en magasin) et dans 96 % des cas, aucun problème de fraîcheur n’a été constaté.

  • Le meilleur : Auchan
  • Le moins bon : Monoprix

 

Points faibles

Les ruptures de stock

43 % des grandes surfaces affichent des ruptures de stock. Un taux relativement élevé qui montre la marge de progression des magasins.

  • Le meilleur : Cora
  • Le moins bon : Hypers Carrefour

La faiblesse de l’offre bio et vrac

Les grandes surfaces montrent leurs limites quand on s’éloigne des produits industriels classiques. L’offre en produits bio et vrac est très inégale d’un magasin à l’autre. Spécialement concernée, la gamme de fruits et légumes bio : dans « cette catégorie », un tiers des magasins visités ne propose aucune pomme et 39 % aucune tomate. Là encore, le réseau Match arrive bon dernier.

  • Le meilleur : Auchan
  • Le moins bon : Match

Chiffre d’affaires France réalisé par les enseignes en 2016 en euros

  • Leclerc : 43 milliards
  • Groupe Carrefour : 40 milliards
  • Groupe Casino : 21 milliards
  • Amazon (1) : 8 milliards
  • Leroy-Merlin : 6 milliards

(1) Selon les estimations du cabinet Morgan Stanley

Élisa Oudin

Grégory Caret

Observatoire de la consommation

gregorycaret

 

 

 

 

 

9 novembre 2017

Le bio. Vaut-il vraiment le coup ? (le dossier + les résultats dans les PO)

En fin d’article, le dossier et les résultats

Le bio. Vaut-il vraiment le coup ?

L’agriculture biologique a le vent en poupe. Pour autant, des questions restent en suspens : santé, environnement, prix. Nos réponses à travers nos enquêtes et nos tests de produits alimentaires bio.

Le bio Vaut-il vraiment le coup ?

Le secteur du bio affiche une santé éclatante ! La filière jouit d’une croissance à deux chiffres depuis des années. Elle a atteint 20 % en 2016 ! Environ 260 000 hectares de terres sont entrés en première année de conversion l’an dernier et seront certifiés d’ici à 2018. Tandis que la part de surfaces agricoles bio, actuellement de 5,8 %, pourrait se hisser à 20 % durant la prochaine décennie. Les experts les plus optimistes tablent sur la possibilité d’arriver à 50 % en 2050 (voir interview). Aujourd’hui, la filière amorce un tournant que souhaite accompagner l’Union Européenne – qui dicte les exigences du label AB – grâce à une nouvelle législation. Cette dernière est censée « renforcer la confiance du consommateur pour permettre au développement du secteur de se poursuivre », selon les vœux du commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan. Mais croître sans faillir à ses missions est un véritable défi et l’Europe peine à jouer son rôle de tuteur.

BRUXELLES ACCOUCHE D’UNE SOURIS

De meilleures conditions d’élevage, plus de production locale : les attentes du consommateur se diversifient face à des promesses parfois ténues mais souvent tenues. La principale motivation des adeptes du bio demeure toutefois ses bienfaits supposés pour la santé. À juste titre. Comme l’indiquent nos résultats, si l’intérêt sanitaire à consommer bio varie selon les familles d’aliments, pour les végétaux cela réduit significativement l’exposition aux résidus de pesticides !

Un bénéfice que Parlement et Conseil européens ambitionnaient de renforcer via une nouvelle réglementation bio, plus exigeante. Hélas, la montagne législative, empêtrée dans des débats houleux, a accouché d’une souris le 29 juin dernier.

La Commission a en effet dû renoncer à sa mesure la plus ambitieuse, le déclassement des produits contaminés. Son objectif : introduire des seuils de résidus de pesticides interdits dans le bio, dont le dépassement entraînerait le déclassement automatique des produits. Un projet notamment soutenu par la Belgique et l’Italie, qui appliquent une politique semblable à l’échelle nationale. Mais il a été abandonné sous la pression d’une majorité d’États, dont la France, qui a invoqué le principe d’obligation de moyens et non de résultats sur lequel repose le bio européen. Autrement dit, le label AB ne certifie pas qu’un produit est dénué de pesticides, mais simplement que le producteur met en œuvre les conditions pour cultiver sans pesticides chimiques. « Pénaliser les agriculteurs bio à l’heure où les contaminations fortuites par les cultures conventionnelles sont encore trop nombreuses serait injuste et cette mesure ne peut voir le jour sans un principe de pollueur-payeur », estime Stéphanie Pageot, présidente de la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab). Elle rappelle toutefois que certains labels bio privés prônent des mesures strictes pour lutter contre ces contaminations fortuites en interdisant les exploitations mixtes, celles qui produisent en bio et en conventionnel.

LES PRIX NE BAISSENT PAS

En attendant que les États se mettent d’accord, le nombre de magasins spécialisés en bio explose et les distributeurs généralistes étoffent leurs gammes. Cette hausse de l’offre devrait infléchir les prix. Pourtant, nos relevés dans 1 518 magasins montrent que la facture pour un même panier de courses est au moins 70 % plus élevée en rayon bio qu’en rayon conventionnel ! Or, le prix reste le premier critère de choix des ménages (48 %) devant l’origine du produit (36 %), selon la récente étude Inca 3 de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). Certes, « produire vert demande plus de main-d’œuvre et d’espace pour une production égale », rappelle Stéphane Bellon, de l’Institut national de la recherche agronomique. Et le bio rémunère souvent mieux les producteurs. Mais cela ne justifie pas une telle cherté et la question des marges des distributeurs se pose. L’Agence bio, plate-forme nationale de promotion du bio, nous promet plus de transparence grâce à un observatoire des marges et des prix. On espère avoir les premiers résultats en 2017, notamment pour le lait et le steak haché. Pour sa part, l’UFC-Que Choisir boucle une étude sur la question. Ses conclusions devraient être dévoilées très prochainement. Nous en reparlerons.

INTERVIEW

Sylvain Doublet, agence Solagro

“ Le pari : 50 % de bio à l’horizon 2050 „

Sylvain Doublet travaille pour Solagro, une agence spécialisée dans la transition énergétique et alimentaire. Il est le coauteur d’Afterres2050. Ce scénario fait le pari d’un modèle basé à 50 % sur une agriculture biologique et à 50 % sur une agriculture intégrée, réduite en pesticides.

Que Choisir : 33 ans pour passer de 6 à 50 % de bio en France, est-ce réaliste ?

Sylvain Doublet : L’objectif ­d’Afterres2050 est d’alimenter le débat autour d’une question : comment nourrir une population plus nombreuse en 2050 compte tenu des limites des rendements agricoles, qui ont déjà atteint leur pic, tout en respectant les objectifs de réduction des pesticides et des émissions de gaz à effet de serre ? Afterres2050 montre, de manière chiffrée, qu’il est possible de nourrir correctement la France et ses voisins avec un modèle agricole plus durable, à condition de jouer sur les bons leviers. Il faut notamment repenser l’utilisation des terres et des productions, soit diviser par deux le cheptel bovin, multiplier par trois le maraîchage et par deux les protéines végétales (céréales et légumineuses). Ou encore, orienter l’export vers les seuls pays qui le nécessitent, comme le Moyen-Orient, et baisser l’exportation des céréales fourragères. En parallèle, revoir notre régime alimentaire est indispensable pour rendre ce scénario crédible.

QC : En 2050, quelle sera la ­composition de notre assiette ?

S. D : C’est ce que l’on surnomme l’assiette « demitarienne ». Elle s’apparente aux régimes méditerranéens. On y divise par deux la part de viandes et de produits laitiers, on diminue le sucre et l’on augmente d’un tiers la part de fruits, légumes, céréales et légumes et fruits secs. Fait notable, pour la première fois depuis des décennies, l’État incite à baisser la consommation de protéines animales au profit des protéines végétales via le plan national nutrition santé (PNNS 4) et, ce, dans l’intérêt de la santé des Français. En outre, une assiette plus végétale est moins chère pour le consommateur qu’une assiette riche en produits animaux. Ce qui relativise quelque peu le surcoût du bio.

 

 

 

 

 

 

Résultats

9 novembre 2017

Service universel postal. Les consommateurs voient rouge !

Service universel postal. Les consommateurs voient rouge !

Suite à la récente validation par l’Arcep des hausses de tarifs des prestations du service universel postal souhaitées par La Poste pour l’année 2018, l’UFC-Que Choisir s’émeut de l’inflation galopante des tarifs des prestations destinées aux consommateurs, et particulièrement de la lettre prioritaire, alors même que sa qualité de service ne cesse de se dégrader. Attachée à l’accessibilité tarifaire du courrier autant qu’à une qualité de service à la hauteur de prix toujours plus chers, l’UFC-Que Choisir demande à l’Etat d’imposer à La Poste des objectifs ambitieux de qualité de service, accompagnés de sanctions s’ils ne sont pas atteints.

Service universel postal Les consommateurs voient rouge !

Les consommateurs durement visés par les hausses de prix

Alors que l’étude1 consacrée au Service universel postal publiée par l’UFC-Que Choisir il y a deux ans pointait du doigt l’opacité des fondements des hausses tarifaires, systématiquement défavorables aux usagers particuliers par rapport aux professionnels, force est de constater, à la lecture du dernier avis de l’ARCEP, que la situation perdure et que les consommateurs sont toujours les principales victimes de ces hausses.

Ainsi, au bénéfice d’une décision de l’Arcep particulièrement opportune2, la Lettre prioritaire (livraison à J+1) verra son tarif augmenter de 11,8 % au 1er janvier 2018 pour la porter à 0,95 €3, ce qui montera à 58,3 % l’inflation du timbre rouge depuis 2012. Si ces hausses ont, sinon pour but, au moins pour effet de détourner les consommateurs de la Lettre prioritaire, le recours par défaut à la Lettre Verte (livraison à J+2) ne protège pas pour autant leur budget. En effet, le tarif de cette prestation croît vertigineusement (+ 40,4 % depuis son lancement en 2011). Au 1er janvier, les consommateurs paieront la Lettre Verte 0,80 €, soit le même prix que la Lettre prioritaire deux ans auparavant !

Qui plus est, les consommateurs voient la facture grimper bien plus que les professionnels, puisqu’au 1er janvier 2018, toutes gammes de courriers confondues, celle des consommateurs aura en moyenne augmenté de 53,4 % depuis 2010, contre 42,3 % pour celle des professionnels. Ceci est d’autant plus choquant que l’explication avancée de ces hausses différenciées par la baisse des volumes ne convainc pas. En effet, si entre 2010 et 2016 une baisse annuelle moyenne des volumes des courriers envoyés par les particuliers de 5,79 % devait justifier une hausse moyenne des tarifs de 5,07 % par an, comment expliquer qu’une baisse des volumes plus importante du courrier envoyé par les entreprises ou de la publicité adressée (respectivement 7,44 % et 6,19 % par an en moyenne), ne donne lieu qu’à des hausses plus faibles, voire anecdotiques, des tarifs (respectivement 4,15 % et 0,96 % annuels) ?

Augmentation des prix rime avec dégradation du service

Si ces hausses tarifaires avaient pour corolaire une augmentation de la qualité de service, la pilule aurait moins de mal à passer pour les usagers. Mais, hélas !, cette qualité se dégrade fortement. En effet, sur 14 indicateurs relatifs à la qualité de l’acheminement du courrier et du colis, 9 sont en baisse en 2016.

Le cas de la Lettre prioritaire est d’ailleurs parfaitement symptomatique de cette désagréable corrélation entre hausse des prix et baisse de la qualité de service. En effet, et alors que l’objectif de qualité de service fixé à La Poste (85 % de courriers livrés à J+1) est déjà très en deçà des objectifs pesant sur ses homologues européens, le résultat du terrain met en évidence qu’il n’est même pas atteint puisqu’il se porte à 84,9 % en 2016, alors qu’ailleurs en Europe la fiabilité du service est bien davantage au rendez-vous (par exemple 93,1 % au Royaume-Uni).

Cette détérioration de la qualité, pour inacceptable qu’elle soit, n’est toutefois pas surprenante. En effet, la bienveillance de l’Etat pour masquer les défaillances de La Poste4, et l’absence de sanctions lorsque les objectifs de qualité de service ne sont pas atteints, n’encouragent pas l’opérateur postal à trouver les ressources en termes d’organisation pour assurer aux consommateurs une fiabilité à la hauteur des hausses tarifaires qui pèsent sur eux. Une telle situation ne peut plus perdurer et l’Etat doit prendre ses responsabilités, alors qu’un nouveau contrat d’entreprise noué avec La Poste pour les années à venir est en préparation.

Au vu de ces éléments, l’UFC-Que Choisir, soucieuse de garantir aux consommateurs des tarifs postaux répondant à des critères parfaitement transparents et une qualité de service conforme à leurs attentes, demande :

–    A l’Etat, dans le cadre du contrat d’entreprise Etat – La Poste en préparation pour la période 2018-2022, d’imposer à La Poste un haut niveau d’exigence de qualité, à la mesure des hausses tarifaires déjà appliquées, et de mettre en place un mécanisme visant à sanctionner l’opérateur postal si les objectifs ne sont pas atteints ;
–    A l’Arcep de davantage tenir compte de l’impact consumériste de ses décisions concernant le service universel postal.

NOTES

2 Décision no 2017-1100 qui modifie les règles s’appliquant à La Poste concernant l’allocation des coûts fixes de distribution. Ces modifications réglementaires, aucunement imposées par quelque texte que ce soit, ont permis à La Poste de demander une hausse moyenne des tarifs du Service universel postal de 5,0 %, alors que les précédentes règles limitaient ces hausses à 1,53 %. On notera la célérité avec laquelle La Poste a tiré profit de la plus grande latitude qui lui a été laissée, puisqu’elle a transmis pour validation son dossier de hausse des prix seulement 8 jours après la publication par l’Arcep de sa décision.
3 Tarif de la première tranche de poids, entre 0 et 20 grammes.
4 Avec des modifications des objectifs de qualité en cours d’année, comme mis en évidence dans notre étude de 2015.
7 novembre 2017

Arnaque. Ikea sonne l’alerte aux faux bons d’achat

Arnaque. Ikea sonne l’alerte aux faux bons d’achat

Le géant du mobilier avertit les particuliers que des messages frauduleux, usurpant son identité, circulent. Sous prétexte de faire gagner un bon d’achat, ils visent à recueillir des données personnelles.

Arnaque Ikea sonne l’alerte aux faux bons d’achat

Ikea, régulièrement victime d’usurpations d’identité, appelle les internautes à la plus grande vigilance. Des messages, envoyés principalement via la messagerie WhatsApp, annonçant l’offre d’un bon d’achat à l’occasion du 75e anniversaire de la marque, invitent les destinataires à se rendre sur un site frauduleux. Cette arnaque sévit également sur les réseaux sociaux : de faux concours ou encore une enquête expérience client permettraient de remporter un gain de 500 €. Aucune de ces promesses n’aboutira jamais. Ce type de procédé, appelé « phishing » (hameçonnage), est destiné à recueillir des données personnelles, principalement des coordonnées bancaires, et à propager l’escroquerie en demandant aux destinataires de partager le concours.

Si vous recevez une de ces offres, il ne faut en aucun cas y répondre. En cas de doute, allez directement sur le site Internet d’Ikea pour vérifier si une telle opération promotionnelle est en cours. Une promesse « trop belle pour être vraie », un message truffé de fautes d’orthographe ou une incitation à rappeler un numéro commençant par « 089 » doivent vous mettre la puce à l’oreille.

S’il est malheureusement trop tard, rendez-vous sur la nouvelle plateforme officielle Cybermalveillance.gouv.fr, créée par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), qui vous délivrera des conseils. Si vous recevez un SMS frauduleux, n’hésitez pas à le signaler au 33700, plateforme de lutte contre les spams vocaux et SMS.

Exemple de message envoyé sur la messagerie WhatsApp (à gauche) et diffusé sur les réseaux sociaux (à droite).

Marie Bourdellès

7 novembre 2017

High-Tech. 2007-2017 : la révolution smartphone

High-Tech. 2007-2017 : la révolution smartphone

Il y a dix ans, l’iPhone débarquait en France. Avec son écran tactile et son interface intuitive, ce premier téléphone signé Apple a changé la face du mobile. Aujourd’hui, un quart de l’humanité possède un smartphone, et les appareils photo numériques, GPS, baladeurs MP3 et caméscopes sont au placard.

High-Tech 2007-2017 : la révolution smartphone

Rappelez-vous : en 2007, le téléphone mobile, « multimédia » depuis peu grâce à la photo et à la musique, se connectait doucement à Internet. Les « téléphones intelligents » d’alors, avec leur écran minuscule, leur clavier impraticable et leur ergonomie inspirée du PC, répondaient mal aux usages. Apple, qui avait déjà bouleversé l’informatique (avec l’Apple II, premier ordinateur grand public, en 1977) et la musique numérique (en 2001, il enterre le baladeur CD avec l’iPod), était donc attendu comme le… iMessie.

En présentant l’iPhone, en juin de la même année, aux États-Unis, la marque à la pomme n’a pas déçu. Cinq mois plus tard, les Français ont découvert ce téléphone sans clavier, au large écran totalement tactile et à l’interface intuitive. Dès janvier 2008, l’appareil s’installait dans le haut du classement des tests de smartphones de Que Choisir, pour ne plus le quitter (sauf en 2010, quand l’iPhone 4 souffrait d’un problème d’antenne). Dix ans et 16 modèles plus tard, l’iPhone 8, lancé en septembre dernier, décroche encore la 5e place (l’iPhone X, commercialisé début novembre, est en cours de test).

 

VICTIMES COLLATÉRALES

Entre-temps, les autres fabricants se sont mis à la page et ont opté définitivement pour l’écran tactile et une interface simple. Google a imposé son système Android et sa boutique d’applications Google Playstore, sur le modèle de l’App Store d’Apple, lancée à l’été 2008. Un quart de l’humanité possède désormais un smartphone. Et, chez nous, les deux tiers des consommateurs l’ont adopté (pour les moins de 60 ans, la proportion grimpe à 4 sur 5). Avec leur smartphone, ils prennent des photos et des vidéos qu’ils publient en un clic sur les réseaux sociaux, écoutent de la musique, des podcasts, regardent la télé en direct, se font guider en voiture, téléchargent des jeux, réservent leurs billets de train, consultent la météo, leurs comptes bancaires et parfois même pilotent le chauffage de leur maison. Ce succès a fait des victimes. Appareils photo (compact, notamment), caméscopes, boîtiers GPS et baladeurs MP3 n’ont plus grâce aux yeux du public. Ils ont pris la direction du placard, près du baladeur CD. Budget, qualité des applications, simplicité des usages… le consommateur semble y trouver son compte.

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Les appareils qui n’ont pas résisté aux smartphones.

BUDGET

La puissance ne coûte pas si cher

En 2017, la fourchette de prix pour un smartphone va de 100 à plus de 1 300 €. D’un côté, des appareils d’entrée de gamme très limités, de l’autre le gratin, puissants et ultraperfectionnés. Entre les deux, le cœur du marché s’est fixé autour de 300 €. Mais à ce tarif, il faudra faire des sacrifices : aucun des smartphones testés par Que Choisir ne décroche plus d’une étoile en photo, et l’autonomie est très variable d’un modèle à l’autre. Les seuls qui affichent de bons résultats sur tous les points (photo, vidéo, musique, performances générales, qualité de l’écran, etc.) sont des appareils assez haut de gamme, vendus 500 ou 600 €. Mais pas sûr que ce budget soit si déraisonnable quand il comprend un téléphone, un appareil photo, un caméscope, un baladeur musical et un GPS !

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Ces dépenses que les smartphones vous épargnent.

PHOTO

Objectifs atteints

En 2006, Nokia fait encore référence dans le domaine de la téléphonie mobile. L’emblématique N95, avec son capteur photo 5 Mpx et ses 2 étoiles lors de nos tests de 2008, n’avait déjà plus rien à envier aux appareils photos compacts. En dix ans, la qualité des photos sur smartphone a fait un bond spectaculaire. Sur certains modèles, les fabricants ont intégré les technologies propres à la photo, comme la stabilisation optique, et le traitement logiciel s’est nettement amélioré. Plusieurs smartphones sont même équipés d’un double objectif, grand-angle et téléobjectif (Huawei P9, iPhone 7 Plus, Samsung Galaxy Note 8…). Près de la moitié des appareils photo testés par Que Choisir obtiennent la moyenne, et 17 % d’entre eux sont même bons sur ce critère. En 2015, nous avions testé l’appareil photo d’une dizaine de smartphones comme s’il s’agissait d’appareils photo compacts. Aucun n’avait démérité. Désormais, 85 % des photos numériques sont prises avec un smartphone, à peine plus de 10 % avec un appareil photo numérique ! Évidemment, les appareils reflex et hybrides restent les seuls capables de produire des clichés de haute qualité.

 

CAMÉSCOPE

Il bat en retraite

Les distributeurs vendent encore quelques caméscopes numériques mais les consommateurs s’en détournent. L’institut d’études GfK, qui compile les tickets de caisse de tous les marchands, a compté 860 000 unités écoulées en 2006, 695 000 en 2011 et… 99 000 en 2016. Les smartphones les ont avantageusement remplacés, d’autant que la qualité des vidéos s’est largement améliorée. Les meilleurs peuvent filmer en ultra haute définition (3 840 x 2 160 pixels) et la haute définition (1 920 x 1 080) s’est banalisée. Si la vidéo est importante pour vous, c’est un minimum. Parallèlement, les action cams (Go Pro et consorts) ont trouvé grâce aux yeux des sportifs. Mais prenons le pari : dans dix ans, on les aura oubliées.

 

TÉLÉVISION

Une poche de résistance

En 2007, la télévision sur mobile semblait futuriste. En 2017, la taille des écrans des smartphones, la qualité globale des réseaux mobiles (malgré de persistantes inégalités territoriales) et la disponibilité des programmes via des applications mobiles (MyTF1, 6Play, etc.) ont levé toutes les barrières techniques. Mais dans les faits, ni la TV ni les vidéos longues (films, séries) ne sont très regardées sur smartphone (10 %, selon le cabinet d’études Deloitte). Ordinateur portable et tablette tactile sont des concurrents plus sérieux pour le téléviseur. Le smartphone, lui, est apprécié pour les vidéos courtes, en lecture automatique le plus souvent, dont un quart des utilisateurs sont fans.

 

NAVIGATION GPS

La route est dégagée

Les fabricants de boîtiers GPS ont senti le vent tourner il y a longtemps. Chahutés par les smartphones sur le plan matériel, les mastodontes du secteur ont aussi dû affronter la concurrence de services de guidage gratuits (Waze, par exemple) et l’émergence de la cartographie libre (Open Street Maps). Le premier d’entre eux, TomTom, vend aujourd’hui 3 millions de boîtiers par an alors qu’il en avait écoulé 14 millions en 2008. Et pour cause : sur iOS comme sur Android, qu’elles soient gratuites ou payantes, la grande majorité des applications de navigation conviennent bien à un usage occasionnel. Mais ces applications gourmandes en ressources exigent des smartphones performants (pour nos derniers tests, nous les avions installées sur iPhone 7 et Samsung Galaxy S7). Si votre smartphone est limité, un boîtier GPS tiendra mieux la route.

 

MUSIQUE

Victoire totale

La musique a vite trouvé sa place dans les smartphones. Et les services de streaming (Deezer, Spotify, Quobuz, Apple Music, Google Music, Youtube), qui représentent désormais plus de la moitié de la musique numérique (Source : Ifpi, 2016), ont renforcé la tendance. Lors de nos tests de smartphones en laboratoire, nous évaluons bien sûr cette fonction, de l’ergonomie à la qualité sonore avec les écouteurs d’origine, puis avec un casque de bonne qualité. Rares sont alors les appareils qui obtiennent moins de 2 étoiles. Les audiophiles exigeants s’offrent parfois un ampli DAC portable (200 € environ) pour améliorer la conversion du signal numérique (dans le smartphone) à l’analogique (dans le casque audio).

 

JEUX VIDÉO

Nintendo et Sony cèdent du terrain

Le smartphone a rebattu les cartes du jeu vidéo nomade. Jusqu’alors, Nintendo et Sony se partageaient le marché avec leurs consoles portables DS et PSP Portable (et leurs dérivés). L’écran tactile des smartphones et le téléchargement instantané de jeux depuis l’App Store et le Google Playstore ont donné des ailes aux éditeurs de jeux spécialisés dans le mobile, comme Gameloft ou Ketchapp (racheté depuis par Ubisoft). Les smartphones, de plus en plus puissants, gèrent désormais des graphismes élaborés. Aujourd’hui, les jeux représentent 51 % des téléchargements d’applications (même si les réseaux sociaux et la météo sont les plus utilisées, selon Médiamétrie). Ces jeux, en majorité gratuits, sont toutefois truffés de publicités… qui contribuent largement au modèle économique des éditeurs. Néanmoins, ils ne concurrencent pas directement les jeux sur PC et sur consoles de salon, qui conservent la faveur des joueurs passionnés.

 

NAVIGATION INTERNET

David abat Goliath

2016 est une année charnière pour la navigation sur Internet : elle a vu, pour la première fois, le smartphone doubler l’ordinateur par le nombre de connexions quotidiennes au Web (24,3 contre 23,8 millions, selon Médiamétrie). Il y a quelques années, l’affichage pouvait laisser à désirer sur petit écran. Mais depuis 2015, la plupart des sites Internet s’adaptent automatiquement à la taille de l’écran. Cela dit, un écran d’ordinateur de 15 ou 17 pouces reste plus confortable pour naviguer.

Camille Gruhier

cgruhier

7 novembre 2017

Vaccin contre l’hépatite B. Une victime définitivement déboutée

Vaccin contre l’hépatite B. Une victime définitivement déboutée

Depuis 8 ans, la famille de Jack X. se battait pour faire reconnaître par la justice la responsabilité d’un vaccin contre l’hépatite B dans la sclérose en plaques qu’il avait déclarée. La Cour de cassation vient de trancher définitivement en défaveur du patient.

Vaccin contre l’hépatite B Une victime définitivement déboutée

Le vaccin contre l’hépatite B a-t-il provoqué la sclérose en plaques (SEP) qu’a déclarée, en août 1999, soit 1 mois après sa dernière injection, Jack X., aujourd’hui décédé ? La Cour de cassation vient de trancher en rejetant le pourvoi de la famille et en confirmant l’arrêt rendu le 7 mars 2014 par la cour d’appel de Paris, qui ne voyait pas de lien suffisant entre la vaccination et la SEP. Ce rejet vient clore définitivement le parcours judiciaire que cet homme et sa famille ont entamé en 2009.

En juin dernier, pourtant, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), saisie d’une question préjudicielle sur ce cas précis, avait rendu un arrêt laissant un espoir de voir le vaccin reconnu comme la cause de son état de santé. Elle avait en effet autorisé les juges nationaux à se passer de preuves scientifiques irréfutables et à se baser sur un faisceau « d’indices graves, précis et concordants » pour statuer sur la causalité, celle-ci pouvant suffire à conclure au défaut du vaccin, et donc à la responsabilité du laboratoire.

Toutefois, si l’arrêt de la CJUE n’a pas suffi dans ce dossier pour renverser la décision initiale du juge de la cour d’appel de Paris, son raisonnement reste valable pour d’autres situations. Il pourra donc être invoqué devant les tribunaux, laissant ainsi l’opportunité aux juges d’assouplir leur interprétation d’un droit européen qui, tel qu’il est écrit et appliqué jusque-là, reste très défavorable aux victimes d’effets indésirables de médicaments ou de vaccins. En clair, le rôle du vaccin contre l’hépatite B dans la SEP n’est toujours pas tranché, ni dans un sens, ni dans l’autre. Faute de preuves scientifiques, les juges pourront bel et bien examiner les circonstances de survenue de la maladie.

8 ANS DE COMBAT

Le dossier Jack X. commence en septembre 2009 par une décision du tribunal de grande instance de Nanterre, qui estime que le vaccin est bien la cause de la SEP et que le laboratoire Sanofi doit être tenu pour responsable de son état de santé. Mais en 2011, la cour d’appel de Versailles infirme le jugement. Elle exonère le laboratoire Sanofi de toute responsabilité, tout en reconnaissant un lien de causalité entre le vaccin et la maladie. La famille de la victime, entre-temps décédée, se pourvoit en cassation. En septembre 2012, la Cour de cassation casse et annule l’arrêt de la cour d’appel de Versailles, renvoyant les parties devant la cour d’appel de Paris. Celle-ci juge en mars 2014 que l’imputabilité du vaccin n’est pas suffisamment étayée. La famille se pourvoit de nouveau en cassation. Cette fois, la Cour renvoie le cas devant la CJUE, demandant si des présomptions graves, précises et concordantes peuvent suffire à prouver le défaut du vaccin. En juin 2017, la CJUE répond favorablement. Pour autant, la Cour de cassation confirme l’arrêt de la cour d’appel de Paris.

Anne-Sophie Stamane

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7 novembre 2017

L’actu en liste, le N° 16 de 2017

 

 

 

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3 novembre 2017

Orange Bank. Une offre bancaire plutôt compétitive

Orange Bank. Une offre bancaire plutôt compétitive

Cumuler les avantages d’une « fintech » (ou néo-banque) et d’une banque classique, telle est l’ambition d’Orange Bank… Promesse en partie tenue avec cette nouvelle banque qui permet de gérer ses comptes depuis son smartphone. Il reste cependant quelques inconnues.

Orange Bank Une offre bancaire plutôt compétitive

Après plusieurs reports, c’est ce jeudi 2 novembre 2017 que la filiale bancaire d’Orange ouvre ses portes. Des portes d’ailleurs en partie « symboliques » car, même s’il est possible de souscrire un compte dans les agences Orange, l’intégralité de la procédure peut aussi s’effectuer à distance. Concrètement, la promesse d’Orange Bank est de proposer à la fois des moyens de paiement gratuits et innovants, à l’instar des néo-banques (la française Nickel, rachetée par BNP Paribas, ou l’allemande N26), mais aussi une large gamme de produits financiers (livrets d’épargne, crédit à la consommation, etc.), de la même façon que les grands réseaux traditionnels. Pour l’instant, on en sait plus sur la première partie de l’offre que sur la seconde…

TOUTE LA PALETTE DES MOYENS DE PAIEMENT

La filiale bancaire de l’opérateur de téléphonie, née l’année dernière de sa fusion avec Groupama Bank, propose dès aujourd’hui à tous les particuliers (clients ou non d’Orange) d’ouvrir un compte bancaire chez elle… sans aucune condition de revenus. Pour séduire les consommateurs, elle promet l’entière gratuité des moyens de paiement : zéro frais d’ouverture de compte et de tenue de compte, pas de frais de paiement mobile, gratuité de la carte bancaire et du chéquier, gratuité des virements et des prélèvements ainsi que des retraits en distributeur en France et au sein de l’Union européenne… En apparence, une tarification encore plus intéressante que celle des néo-banques. La gestion de la carte et du compte coûte en effet 20 € par an chez Nickel, tandis qu’avec N26, il faut débourser 2 € à partir du sixième retrait au distributeur. Attention cependant, des frais de tenue de compte réapparaissent chez Orange Bank pour les clients inactifs (moins de trois opérations par mois). En outre, on ne sait pas aujourd’hui quel sera le niveau des frais (notamment les commissions d’intervention) en cas de découvert ni le montant des commissions de paiement à l’étranger en dehors de la zone européenne. Avis a priori favorable, donc, mais à confirmer…

QUELQUES INNOVATIONS TECHNIQUES

Orange Bank débarque aussi avec quelques nouveautés techniques qui, sans être totalement révolutionnaires, peuvent se révéler pratiques à l’usage. Comme annoncé, bien sûr, toutes les opérations (paiement à distance, retrait à certains distributeurs, virement et prélèvement) seront réalisables gratuitement avec son mobile. Pratique, mais il faudrait en savoir un peu plus sur les mesures de protection mises en place par la banque contre les tentatives de vol ou de piratage. Autre avantage : la suppression des délais entre la réalisation d’une opération (retrait, paiement, virement) et son affichage – le solde sera immédiatement actualisé et consultable en permanence sur l’appli mobile. Une différence appréciable par rapport à certaines banques traditionnelles qui continuent d’appliquer des délais difficiles à justifier ! Autre innovation : en cas de perte de sa carte, il sera possible de la désactiver immédiatement en ligne, mais aussi (c’est une première) de la réactiver soi-même avec son mobile !

MONTÉE EN PUISSANCE PROGRESSIVE POUR L’ÉPARGNE ET LE CRÉDIT

À l’inverse de ses cousines « fintech », Orange Bank dépasse la simple offre des moyens de paiement pour proposer également des produits d’épargne et de crédit. Dès aujourd’hui, les clients pourront ainsi, en plus d’avoir un compte et une carte bancaire, ouvrir un livret rémunéré au taux de 1 % (légèrement supérieur à la moyenne des livrets bancaires). On sait aussi qu’il sera possible de souscrire un crédit à la consommation auprès d’Orange Bank. Ce service sera proposé dans quelques mois, a priori au début de l’année 2018. Si l’on en croit Marc Rennard, le directeur d’Orange, d’autres produits seront encore proposés par la suite. Des annonces devraient être faites à ce sujet dans le courant de l’année prochaine… mais aucune information n’a filtré sur leur nature, ni leurs conditions. Pour cela aussi, il va encore falloir patienter.

Élisa Oudin

3 novembre 2017

Carte grise. La demande se fait désormais en ligne

Carte grise. La demande se fait désormais en ligne

Après une période de test réalisée cet été, la dématérialisation de demande d’un certificat d’immatriculation pour une voiture neuve ou d’occasion s’impose partout en France dès le 1er novembre 2017. Attention : si la démarche est gratuite sur le site Internet officiel, des sites payants pullulent sur Internet pour un service rendu plus que modeste.

Carte grise La demande se fait désormais en ligne

 Fini les longues files d’attente en préfecture pour faire immatriculer une nouvelle voiture ou modifier certaines informations du certificat d’immatriculation. À partir du 1er novembre, cette démarche ne pourra se faire qu’en ligne. Pour ceux qui n’auraient pas d’ordinateur ou de connexion à Internet, le gouvernement informe que des « points numériques » (ordinateurs, imprimantes et scanners) sont mis à disposition dans toutes les préfectures et dans de nombreuses sous-préfectures. Et de préciser que « les coordonnées de ces points numériques sont accessibles sur les sites Internet des préfectures » (sic). De même, des médiateurs, en préfecture ou sous-préfecture, peuvent également accompagner les usagers peu familiers avec l’utilisation d’Internet pour réaliser leur démarche.

ATTENTION AUX SITES PAYANTS

Pour faire vos démarches, rendez-vous sur le site www.ants.gouv.fr (l’Agence nationale des titres sécurisés). Après votre inscription, vous aurez la possibilité d’effectuer de nombreuses démarches en ligne, dont celles concernant la carte grise de votre véhicule. Il est important de se rendre uniquement sur ce site officiel car si d’autres sites proposent d’effectuer les mêmes démarches, ils vous feront payer le prix fort pour soi-disant plus de rapidité et de simplicité. Par exemple, pour effectuer un changement d’adresse sur la carte grise d’un deux-roues de 4 CV (opération gratuite sur le site de l’ANTS, dans la limite de 4 changements), la facture atteint 39,90 € sur le site www.cartegrisefrance.fr (dont 22 € de frais « outils d’assistance en ligne », 14 € de « tâches administratives automatisées » et 3,90 € pour « transmission et acheminement »). La facture est identique sur les sites www.cartegriseminute.fr et sur www.carte-grise.org ; elle passe à 29,90 € sur le site www.cartegrise.com. Or ces sites et bien d’autres apparaissent en premières positions lorsque vous tapez les mots « carte grise » dans les moteurs de recherche. D’où l’intérêt de se rendre directement sur le site officiel.

3 novembre 2017