UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales

États généraux de l’alimentation. Quelles avancées pour les consommateurs ?

États généraux de l’alimentation. Quelles avancées pour les consommateurs ?

Les États généraux de l’alimentation (EGA) se sont clôturés le 21 décembre. Que retenir de cette grande concertation qui, durant cinq mois, au travers de 14 ateliers, a vu agriculteurs, industriels, distributeurs – et, dans une bien moindre mesure, le monde associatif dont l’UFC-Que Choisir – se mettre autour de la table pour discuter de l’alimentation de demain ?

États généraux de l’alimentation Quelles avancées pour les consommateurs ?Agriculteurs, industriels de l’agroalimentaire, distributeurs, pouvoirs publics, associations… Tous se sont réunis, à l’appel d’Emmanuel Macron, dans le cadre des États généraux de l’alimentation qui se sont achevés jeudi 21 décembre. Cinq mois de travail pour tenter d’ébaucher les futurs axes de la politique agricole et alimentaire hexagonale. Un grand chantier qui laisse nombre de projets en friche.

LES CONSOMMATEURS, SIMPLES SPECTATEURS DES RÉFORMES

En effet, la grande majorité des conclusions des ateliers ne feront pas l’objet d’une traduction législative. « 10 à 15 % de ce matériel donnera lieu à des lois », indiquait le 21 décembre Sophie Delaporte, directrice de cabinet du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, en amont de la clôture des États généraux. Prévue d’ici la fin du premier semestre 2018, la future loi concernera avant tout les rapports entre producteurs et grande distribution, laissant le consommateur à la marge.

Parmi les principales mesures du gouvernement : l’obligation de contrats formalisés entre grande distribution, industriels et producteurs afin d’inverser la formation du prix qui partira du coût de production. Désormais, ces contrats devront notamment faire référence au prix de revient agricole défini par les organisations de producteurs, afin de mieux rémunérer les producteurs. Si l’on ne peut que saluer cette initiative, d’autres mesures sont plus contestables.

SEUIL DE REVENTE À PERTE : UNE MESURE PLUS QUE DISCUTABLE

Pour soutenir les producteurs et « faire la guerre à la guerre des prix » que se livrent la grande distribution et ses fournisseurs, le gouvernement va imposer, à titre d’expérimentation pour deux ans, deux mesures phares. La première, un encadrement des promotions dans les grandes surfaces qui ne pourront plus être supérieures à 34 % du prix normal et à 25 % du volume annuel vendu.

La seconde, un seuil de revente à perte de 10 % sur les denrées alimentaires. En clair, les distributeurs seront obligés de revendre au minimum tout produit alimentaire au prix où ils l’ont acheté majoré de 10 %. Une mesure très contestable car si l’effet d’annonce est retentissant, il serait naïf de croire que, spontanément, la grande distribution va répercuter les marges supplémentaires sur les industriels et, par ruissellement, sur les agriculteurs. À ce sujet, voir notre analyse du seuil de la revente à perte.

DES PLANS DE FILIÈRE À FICELER

« Ces lois serviront d’ossature à l’avenir agroalimentaire de la France qui prendra toute sa chair via les plans de filières. » Initialement prévus pour mi-décembre, ces plans de transformation par secteurs, soit une trentaine (sucre, lapin, œuf, céréales ou encore génétique animale ou semences…), viennent d’être remis au gouvernement et doivent encore être étudiés par ce dernier. « À eux [les secteurs] d’intégrer les recommandations des ateliers dans les plans qu’ils vont dessiner », résume la représentante du ministère alors que certaines familles, comme la filière viticole, renâclent à rendre leur copie et que la plupart n’ont pas encore entamé de discussion avec la société civile et notamment le monde associatif. « Des rencontres sont planifiées pour janvier », précise le ministère.

PUBLICITÉ : PAS D’AVANCÉES DANS LA LOI

On regrettera le peu de prise en compte des conclusions de l’atelier 9, dont le thème était : « Faciliter l’adoption par tous d’une alimentation favorable à la santé ». Un axe de réflexion riche, qui avait notamment permis d’ébaucher des recommandations sur la limitation de la publicité visant les enfants. Le sujet a suscité de vifs débats, reconnaît Sophie Delaporte : « il est vrai que la charte du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) sur la publicité date d’il y a 10 ans et doit évoluer pour prendre en compte l’exposition des consommateurs et notamment des plus jeunes aux publicités à travers les nouveaux médias et Internet ». Mais les annonceurs et producteurs ont défendu leur bout de gras, agitant le chiffon rouge de possibles pertes économiques en cas de suppression des publicités pour le soda et les friandises. Au final, recul gouvernemental, pas d’article de loi sur ce sujet et chantier à poursuivre pendant le premier semestre 2018.

OÙ EST PASSÉ LE BIO ?

« Accompagner la transformation des modèles de production afin de répondre davantage aux attentes et aux besoins des consommateurs ». C’était l’un des grands objectifs. Au final, le bio a été peu retenu dans les conclusions de ces États généraux. Il fera donc l’objet d’un plan d’action « bio-économie » à part, dont les grandes lignes devraient être dessinées d’ici fin février 2018. Il devrait notamment définir et encadrer un objectif de 8 % de terres converties en bio en 2020 (contre moins de 5,8 % actuellement).

LA LUTTE CONTRE LE GASPILLAGE S’ÉLARGIT

Côté points positifs, on relèvera tout de même une volonté d’étendre la loi sur le gaspillage alimentaire qui oblige actuellement les grandes surfaces de plus de 400 m2 à passer des accords avec des associations pour le don des denrées consommables à la restauration collective et à l’industrie agroalimentaire. « Reste à définir un seuil qui ne sera non pas une surface minimale, comme pour les magasins, mais probablement un nombre de repas servis pour les cantines et reste à définir pour les industriels », précisait le 21 décembre Stéphanie Delaporte.

Enfin, concernant la restauration collective, il devrait également être inscrit dans la loi l’obligation de proposer un minimum de produits locaux, bio ou d’autres signes de qualité (Label rouge, pêche durable…). Mais la loi ne contiendra pas de seuil minimal, bien que le chiffre de 50 % ait circulé. « Ces 50 % seront bien respectés et inscrits dans le décret issu de la loi », promet la secrétaire d’État sans que son découpage entre les différentes sous-catégories soit, pour l’heure, connu.

Souhaitons que le gouvernement sache respecter ces quelques engagements pris à travers des États généraux peu généreux pour le consommateur. L’UFC-Que Choisir et les membres de la plateforme citoyenne pour une transition agricole et alimentaire, vont œuvrer activement en ce sens.

LA POLITIQUE DE L’EAU CRUELLEMENT OUBLIÉE

Alors que l’eau est le fondement de notre alimentation et de l’agriculture, comment ne pas s’indigner que cette thématique, incluse de haute lutte dans les conclusions des débats, n’ait pas été reprise dans les livrables de l’atelier. Faut-il rappeler que l’agriculture intensive, responsable de 70 % des pollutions en pesticides et de 75 % des pollutions en nitrates, ne paie que la plus faible partie de la réparation de ces dommages environnementaux (7 % de la redevance « pollutions » des agences de l’eau), le reste étant très majoritairement financé par les consommateurs, en violation flagrante du principe de pollueur-payeur ? Pourtant, aucune des propositions formulées n’a été retenue pour inverser cette politique qui, non seulement pénalise les consommateurs mais, en outre, n’incite aucunement l’agriculture intensive à modifier ses pratiques.

Marie-Noëlle Delaby

Contacter l’auteur(e)

22 décembre 2017

Immobilier. Attention à la société Diffusion Numérique

Immobilier. Attention à la société Diffusion Numérique

Diffusion Numérique démarche par téléphone des particuliers qui ont mis un bien en vente sur Internet et leur fait croire qu’elle a des acheteurs. Tarif de la mise en relation, qui n’aboutit jamais : 999 €. À fuir.

Immobilier Attention à la société Diffusion NumériqueRepérer des particuliers qui vendent un bien immobilier, les appeler, leur faire croire que des acheteurs potentiels sont à portée de main et leur extorquer une commission exorbitante pour une « mise en relation » qui n’aboutit jamais. À quelques variantes près, l’entourloupe resurgit régulièrement, les lenteurs de l’administration des fraudes permettant à des entrepreneurs peu scrupuleux de prospérer pendant des mois (voire des années, dans le cas de la société Entreparticuliers.com).

Cet automne, c’est Diffusion Numérique qui apparaît sur les forums de Que Choisir. Il ne faut donner suite à ses propositions sous aucun prétexte. Ses tarifs sont ahurissants : 999 € pour un soi-disant contact d’acheteur !

Tout ou presque semble factice, dans cette société. Son adresse prestigieuse, avenue Kléber, dans le XVIe arrondissement de Paris, est une simple domiciliation. Diffusion Numérique a été créée il y a deux ans seulement, affiche zéro salarié et un capital social de 2 000 €, ce qui est très peu. C’est manifestement une coquille vide, qui renvoie sur Internet vers le site Internet Cessions.immo, sur lequel les mentions légales obligatoires sont introuvables. Cessions.immo laisse croire qu’il a une diffusion internationale, avec des pages en onze langues. En dehors des fautes grossières (en anglais et en italien, au moins) ce qui frappe surtout est l’absence totale de fichiers d’acheteurs, quel que soit le pays !

UN DIRIGEANT BIEN CONNU DES SERVICES JURIDIQUES DE L’UFC-QUE CHOISIR

Le créateur de la société, indique le registre du commerce et des sociétés, est un certain Patrick Rapp, domicilié à Berg-sur-Moselle (57). Il a déjà à son actif au moins deux sociétés éphémères dans l’immobilier, Homes-click et Lilads. Les témoignages qui les concernent, encore disponibles sur Internet, sont à peu près identiques aux mésaventures racontées par les clients de Diffusion Numérique. Patrick Rapp a également créé ces dernières années une société de droit suisse, Home Consult Group Sarl, et une société de droit luxembourgeois, Fast Brevets Booster SA, avec à chaque fois la même associée, Nathalie Barraud, elle aussi domiciliée en Moselle. Bref, tout indique qu’il s’agit d’un duo d’entrepreneurs qui prospecte un marché sans aucun souci de la satisfaction du client, avant de changer de nom ou de secteur, quand les mécontents deviennent trop nombreux. L’UFC-Que Choisir a d’ailleurs déposé plainte pour pratique commerciale trompeuse et tromperie le 24 juin 2016 contre Patrick Rapp et ses sociétés Services directs et Diffusion numérique (éditrices des sites Internet Homes-click et Home-ads).

Si jamais vous avez des raisons de vous plaindre de Diffusion Numérique, il convient de demander un remboursement immédiat des sommes versées et de contacter en parallèle la direction départementale de la protection des populations de Moselle (1), sans vous arrêter à la domiciliation parisienne. Vous pouvez également envoyer un mail au service national des enquêtes de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (2).

Contacté, Patrick Rapp nie en bloc toute malversation ou pratique commerciale trompeuse mais sans donner de détails sur le fonctionnement de Diffusion Numérique. Comment cette société sans salariés procède-t-elle pour trouver des acheteurs potentiels de biens immobiliers ? Mystère !

 

(1) DDPP57 : 4 rue des Remparts, BP 40443, 57008 Metz Cedex 1. Tél. : 03 87 39 75 00. E-mail : ddpp@moselle.gouv.fr
(2) DGCCRF : sne@dgccrf.finances.gouv.fr. Tél. : 01 44 97 31 10.

Erwan Seznec

22 décembre 2017

Affaire Aristophil. Premières enchères dans un contexte très difficile

Affaire Aristophil. Premières enchères dans un contexte très difficile

Avec la vente aux enchères qui débute ce 20 décembre chez Drouot, l’affaire Aristophil entre dans une dernière ligne droite interminable. 300 ventes sont prévues, étalées sur des années ! Fin novembre à Nancy, les manuscrits de la société en difficulté Artecosa, comparable à Aristophil, se sont très mal vendus aux enchères.

Affaire Aristophil Premières enchères dans un contexte très difficilePlacée en liquidation judiciaire et officiellement disparue le 5 août 2015, la société Aristophil, spécialisée dans les ventes de manuscrit en indivision, a lésé quelque 18 000 épargnants, pour un préjudice total dépassant les 800 millions d’euros. Il reste de son parcours, qui aura duré moins de dix ans, une collection hétéroclite de 135 000 manuscrits et lettres autographes de Napoléon, Einstein, Saint-Exupéry, Flaubert, etc., plus des dessins, qu’il s’agit maintenant de vendre. Les liquidateurs ont confié au commissaire-priseur Claude Aguttes le soin d’organiser des enchères.

Elles démarrent ce mercredi 20 décembre à 14 h 30, à l’hôtel des ventes de Drouot (75). Le catalogue de 190 lots est disponible en ligne (1). Les pièces maîtresses seront le rouleau manuscrit des 120 journées de Sodome ou l’école du libertinage, rédigé dans son cachot de la Bastille par le Marquis de Sade (mise à prix probable à 4 millions d’euros), quatre manuscrits d’André Breton, dont Le manifeste du surréalisme (4,5 millions), le manuscrit d’un roman de Balzac peu connu (Ursule Mirouët, 800 000 €) et le manuscrit des souvenirs d’une rescapée du Titanic, Helen Churchill Candee (300 000 €). Pour 200 € à 400 €, vous pouvez aussi repartir avec un autographe du président américain Théodore Roosevelt (1858-1919) ou un petit chien dessiné par le cinéaste Federico Fellini (1920-1993). Fourchette basse du total des prix catalogue, 12 millions d’euros.

ÉCOULER UN STOCK ÉNORME SUR UN MARCHÉ ÉTROIT

Les particuliers, qui sont propriétaires en indivision des œuvres d’Aristophil, ne récupèreront pas l’intégralité de leurs placements, sans même parler de plus-values. Les experts s’accordent à dire que la société Aristophil a survendu les manuscrits. Par ailleurs, son fondateur et dirigeant, Gérard Lhéritier, mis en examen pour escroquerie, était lui-même un très médiocre acheteur ! Il annonçait longtemps à l’avance son intention ferme d’acquérir telle ou telle œuvre, contribuant à faire flamber les prix.

Quelle fraction du prix payé par les investisseurs vaut le fonds Aristophil ? Un tiers ? Un dixième ? La vente du 20 décembre donnera une première indication. Elle s’annonce délicate. Depuis deux ans, les experts et les libraires spécialisés, peu nombreux, ont eu le temps d’inventorier les pièces qui les intéressaient et de bâtir des tactiques pour acheter à bon prix. La maison Aguttes doit écouler un stock énorme sur un marché étroit, et étaler dans le temps les manuscrits les plus prestigieux. Elle prévoit pratiquement une vente par semaine pendant six ans, soit 300 au total. Pendant ce temps, il faut assurer le stockage et la surveillance des œuvres, ce qui va coûter des millions d’euros.

Un précédent très récent n’incite pas à l’optimisme. Il s’agit de la dispersion des collections de lettres, autographes et photos de la société Artecosa. Créée par deux anciens d’Aristophil, Luc Mazet et Philippe Fontana, Artecosa fonctionnait à peu près sur le même modèle. Elle était en grande difficulté depuis l’éclatement de la bulle des manuscrits, à l’automne 2015. Le 27 novembre 2017 à Nancy, à l’hôtel des ventes Anticthermal, une première vente a eu lieu. Les documents écoulés sont partis à 10 % ou 20 % du prix que les investisseurs particuliers les avaient payés !

 

(1) Sur http://www.drouot.com/static/drouot_evenement_detail.html?idActu=59256

Erwan Seznec

22 décembre 2017

Données personnelles. WhatsApp mis en demeure

Données personnelles. WhatsApp mis en demeure

La Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) reproche à l’application de messagerie WhatsApp de transmettre les données de ses utilisateurs à Facebook, sa maison mère, sans aucune base légale. Elle lui donne un mois pour se conformer à la loi française.

Données personnelles WhatsApp mis en demeureLa Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) ne laissera pas les « GAFAM » (les géants du Net, symbolisés par le quintet Google-Amazon-Facebook-Apple-Microsoft) faire n’importe quoi avec les données personnelles des utilisateurs français. Elle le prouve une nouvelle fois en mettant en demeure WhatsApp de se conformer à la loi en matière de collecte de données. D’après la Cnil, l’application de messagerie transmet les données de ses utilisateurs à Facebook, sa maison mère depuis 2014, sans aucune base légale.

WhatsApp partage avec Facebook le numéro de téléphone de ses 10 millions d’utilisateurs français ainsi que des informations relatives à leurs habitudes d’utilisation de l’application. D’après WhatsApp, ces informations sont collectées à des fins de sécurité (ce à quoi la Cnil ne trouve rien à redire), mais également pour des besoins de « business intelligence ». Concrètement, il s’agit d’analyser les comportements des utilisateurs, ce qui fait tiquer la Commission.

 

CÉDER SES DONNÉES… OU DÉSINSTALLER L’APPLI

Selon la loi Informatique et libertés, Whatsapp devrait recueillir le consentement de ses utilisateurs avant de partager leurs données personnelles avec sa société mère Facebook. Le consentement n’est valable que si l’utilisateur est clairement informé des finalités pour lesquelles ses données sont partagées et traitées. De plus, l’utilisateur doit pouvoir retirer ce consentement à tout moment. Or, WhatsApp fait peu de cas de ces obligations : d’abord l’entreprise n’indique pas explicitement à l’utilisateur que ses données sont partagées avec Facebook pour analyser son comportement ; ensuite l’utilisateur ne peut retirer son consentement qu’en désinstallant l’application.

La Cnil déplore également un manque de coopération avec les autorités françaises. « Les services de la Cnil ont demandé à plusieurs reprises à la société WhatsApp de leur communiquer un échantillon des données des utilisateurs français transmises à Facebook. La société a indiqué ne pas être en mesure de fournir ces informations dans la mesure où, étant installée aux États-Unis, elle s’estime uniquement soumise à la législation de ce pays », explique-t-elle dans son communiqué. Or la Cnil considère que toute entreprise ayant une activité et des bureaux en France doit se conformer à la loi française. L’UFC-Que Choisir partage bien sûr ce point de vue, ce qui a été notifié à Facebook dans le cadre de son assignation devant le TGI de Paris en 2014 (dont l’issue est imminente).

RACHAT DE WHATSAPP : FACEBOOK AVAIT MENTI

Pour rappel, au printemps 2017, la Commission européenne a sanctionné Facebook pour des abus concernant les données personnelles. Le réseau social a écopé d’une amende de 110 millions d’euros pour avoir menti au cours de la procédure de rachat de WhatsApp en 2014. Facebook avait alors affirmé qu’il ne serait pas en mesure d’associer les comptes utilisateurs des deux services. Or, en août 2016, WhatsApp a mis à jour sa politique de confidentialité et y a intégré la possibilité d’associer les numéros de téléphone des utilisateurs de WhatsApp aux profils d’utilisateurs de Facebook.

22 décembre 2017

Produits cosmétiques. Une utilisation réelle très supérieure à celle estimée

Produits cosmétiques. Une utilisation réelle très supérieure à celle estimée

Jusqu’à présent, les connaissances sur nos consommations de produits cosmétiques étaient si parcellaires qu’il était difficile de bien évaluer les risques. Une étude récente permet de franchir un grand pas et montre que les quantités utilisées sont parfois bien supérieures à ce que pensaient les experts.

Produits cosmétiques Une utilisation réelle très supérieure à celle estimée

Seize chaque jour ! Cela paraît démesuré et pourtant c’est le nombre moyen de produits cosmétiques que les femmes utilisent, selon une étude récemment finalisée par le Laboratoire d’évaluation du risque chimique pour le consommateur (Lercco) de l’université de Brest. Les chercheurs ont planché pendant trois ans et demi pour tenter de mieux cerner la consommation de cosmétiques des Français. Un travail indispensable pour garantir la sécurité sanitaire des produits. Explication : les fabricants introduisent parfois dans leurs formules des composés susceptibles d’effets délétères. Ces effets dépendent généralement de la dose (1). Lorsque les autorités sanitaires ont à évaluer le risque engendré par ces composés, elles doivent donc savoir en quelle quantité les produits sont employés. En croisant le danger intrinsèque de l’ingrédient avec l’exposition des consommateurs à cet ingrédient, elles peuvent évaluer le risque. Et autoriser la substance sans limite ou fixer une quantité maximale dans telle et telle famille de cosmétiques, voire l’interdire. On comprend l’intérêt de bien cerner la consommation des produits « dans la vraie vie ». Or, de façon très surprenante, jusqu’à présent, elles se contentaient d’informations extrêmement vagues.

 

LES UTILISATEURS ONT LA MAIN LOURDE

« Les données dataient des années 2000 et il y avait des lacunes énormes : seule une dizaine de produits étaient concernés ; on ne connaissait rien de l’exposition des enfants ; hommes et femmes n’étaient pas séparés, etc. », explique Alain-Claude Roudot, directeur du Lercco. Des lacunes comblées grâce à une enquête par téléphone et Internet auprès de plus de 20 000 personnes, et des rencontres avec un millier d’autres pour les mettre en conditions d’utilisation et évaluer les quantités mises en œuvre. « Nous avons eu des surprises, raconte le chercheur. Seize produits en moyenne quotidienne par femme, nous n’aurions jamais imaginé cela. Ni que les femmes enceintes, loin de pratiquer la modération, en consomment encore plus puisqu’elles rajoutent une crème antivergetures. Cinq cosmétiques en moyenne chez les enfants, c’est aussi beaucoup. Les lingettes, notamment, sont employées à tort et à travers, y compris pour essuyer la bouche ou les mains. Il vaudrait mieux se contenter d’un produit lavant et éviter le maquillage, adopté très tôt. »

Autres découvertes que seules des rencontres en vis-à-vis ont permis, celles portant sur les quantités. « Les fabricants de dentifrices conseillent de mettre sur la brosse l’équivalent d’un petit pois, poursuit Alain-Claude Roudot. En réalité, les personnes interrogées lors de cette étude recouvrent toute la brosse. L’exposition réelle se révèle bien supérieure à celle prise en compte jusqu’ici. Quant aux crèmes solaires, on en utilise beaucoup moins que ce qui est préconisé chez les adultes, donc le facteur de protection ne correspond pas à la réalité, et beaucoup plus chez les enfants, sauf dans le cas des sprays où les quantités sont inférieures pour tout le monde. »

Au final, les enfants sont trente fois plus exposés aux composés des dentifrices que ce qui est estimé jusqu’à maintenant, et cinq fois plus à ceux des lingettes. Les femmes, huit fois plus à ceux des crèmes visage, pour prendre quelques exemples. Les autorités sanitaires pourront désormais se servir de ce rapport pour mieux évaluer les risques, notamment ceux dus à l’exposition cumulée à certains composés via différents cosmétiques. Nous le consulterons également dans le cadre de nos enquêtes et essais comparatifs.

Lire aussi

Maquillages, produits solaires, soins du corps, du visage, déodorants et parfums… retrouvez les listes de produits concernés et les substances à éviter dans notre dossier sur les ingrédients indésirables dans les produits cosmétiques.

(1) Même si les perturbateurs endocriniens échappent en partie à ce principe avec des effets possibles à dose infime, et pas toujours linéaires.

Fabienne Maleysson

Contacter l’auteur(e)

19 décembre 2017

Achats sur Internet pour Noël. Nos conseils pour commander en toute sérénité

Achats sur Internet pour Noël. Nos conseils pour commander en toute sérénité

Entre des e-commerçants débordés et la date butoir du 24 décembre pour recevoir ses colis, la fin de l’année est une période délicate pour faire ses achats en ligne. Voici nos conseils pour ne pas se retrouver les mains vides à Noël.

Achats sur Internet pour Noël Nos conseils pour commander en toute sérénité

NE PAS ATTENDRE LA DERNIÈRE MINUTE

Si de nombreux cybermarchands vont chercher à engranger les commandes jusqu’au dernier moment, mieux vaut se garder une marge de sécurité et passer ses commandes le plus tôt possible. Méfiez-vous aussi des promesses de livraison sous 24 ou 48 heures, qui ont peu de chances d’être tenues en cette période de l’année.

COMPARER LES PRIX… ET LE RESTE

Ne vous laissez pas aveugler par les rabais trop alléchants et les offres promotionnelles trompeuses. Prenez le temps de comparer en tenant compte non seulement du prix mais aussi de la disponibilité du produit, du délai de livraison, de l’accessibilité du service client, des conditions de la garantie, etc.

LIRE ATTENTIVEMENT LE DESCRIPTIF

Ne vous contentez pas de regarder les photos. Lisez le descriptif afin de vous assurer qu’il s’agit du bon produit, qu’il est vendu neuf (certains vendeurs proposent des articles d’occasion ou reconditionnés) avec tous les accessoires. Méfiez-vous des prix abusivement bas, qui peuvent être synonymes de contrefaçon ou indiquer que le produit était initialement destiné à un autre pays (dans ce cas, il pourrait ne pas fonctionner correctement).

PRÉFÉRER UN MARCHAND BASÉ EN FRANCE

Même si le site sur lequel vous êtes a son siège social en France, il se peut que le vendeur, lui, soit basé à l’étranger. C’est le cas notamment sur les places de marché (market places). Préférez les commerçants domiciliés en France et les produits stockés dans l’Union européenne. Dans le cas contraire, vous pourriez avoir des droits de douane et de la TVA à payer à la livraison. Surtout, en cas de litige, vos recours auront plus de chance d’aboutir.

SE FAIRE UNE IDÉE DE LA RÉPUTATION DU VENDEUR

La législation oblige chaque marchand à indiquer au moins une adresse postale, un mail et un numéro de téléphone. N’hésitez pas, avant de commander, à taper le nom du vendeur sur les moteurs de recherche, dans les forums de discussion dont ceux de Que Choisir consacrés aux marques et sur les sites d’avis de consommateurs.

VÉRIFIER LE PANIER

Avant de procéder au paiement, relisez bien le détail de la commande. En effet, des marchands n’hésitent pas à y ajouter des frais « de préparation » ou facturent en plus l’éco-participation ou la taxe sur la copie privée, alors que celles-ci doivent être incluses dans le prix affiché. Enfin, sachez que la loi interdit aux commerçants en ligne d’insérer d’office dans le panier un accessoire ou une extension de garantie.

S’ASSURER QUE LE PAIEMENT EST SÉCURISÉ

Au moment de payer, vérifiez qu’un cadenas fermé apparaît en bas de l’écran et que l’adresse URL débute par « https » et non « http ». Un marchand est en droit de vous demander, après le paiement, des justificatifs complémentaires tels que la photocopie de votre carte d’identité, un relevé d’identité bancaire ou une quittance d’électricité. En revanche, refusez toute transmission d’une copie de votre carte bancaire. Surtout, n’utilisez jamais de système de transfert de fonds, tel Western Union, pour réaliser vos paiements en ligne. La plupart des banques proposent des systèmes de « carte virtuelle » qui permettent de payer sur Internet sans avoir à transmettre son numéro de carte bancaire. Ces solutions peuvent être utiles si vous avez des craintes sur le sérieux du site.

19 décembre 2017

Surbooking, vol retardé ou annulé. Quel bilan pour Indemnit’Air ?

Surbooking, vol retardé ou annulé. Quel bilan pour Indemnit’Air ?

Le service Indemnit’Air, lancé par l’UFC-Que Choisir il y a trois ans, vient en aide aux victimes de retard, annulation ou surbooking de vols aériens. Une majorité de dossiers pris en charge aboutissent à une indemnisation. Mais d’autres, faute de réponse amiable de la part de la compagnie aérienne, sont soumis à une procédure judiciaire nécessitant un délai de traitement plus important, d’où le mécontentement de certains utilisateurs.

Surbooking, vol retardé ou annulé Quel bilan pour Indemnit’Air ?

Fin 2014, l’UFC-Que Choisir mettait en place Indemnit’Air. Face à la résistance de nombreuses compagnies aériennes pour régler les litiges, ce service en ligne vise à obtenir le règlement de ce qui est un droit, à savoir l’indemnisation des passagers victimes de surbooking, de retard ou d’annulation de vols au sein de la zone Europe. L’UFC-Que Choisir agit ainsi en tant que mandataire au nom et pour le compte du passager et effectue les démarches nécessaires auprès des entreprises de transport aérien afin de fluidifier le processus. Processus souvent long et fastidieux avant que l’usager ne reçoive une réponse de la part de la compagnie, quand il en reçoit une…

Depuis sa création, Indemnit’Air a permis la prise en charge de 22 769 passagers. Le montant des dédommagements déjà versés s’élève à 2 643 854 €, soit 86 % des 3 076 374 € d’indemnisation réclamés par l’UFC-Que Choisir et dus par les compagnies aériennes. Bilan positif donc, mais certains dossiers, souffrant d’un long temps de traitement, suscitent la colère des internautes qui ont fait appel à ce service, comme le prouvent des messages postés sur notre forum.

Environ 80 % des litiges débouchent sur un accord amiable. Cette issue permet un délai de traitement assez rapide (trois mois en moyenne). En revanche, si aucune solution amiable n’est trouvée, une procédure judiciaire est entamée. Le mandataire indique alors au consommateur qu’il doit se rapprocher d’un avocat spécialisé dans les transports. Dans ce cas, Indemnit’Air prend en charge les honoraires. Le temps d’attente pour obtenir la date d’audience et, par là même, la décision de justice, peut atteindre plusieurs mois : les poursuites judiciaires engagées auprès du tribunal d’instance nécessitent entre 6 et 24 mois avant d’être finalisées. Mais ni le mandataire ni les victimes n’ont de pouvoir sur ce délai imposé par la juridiction qui, par ailleurs, ne réduit pas les chances de réussite, et n’ont pas d’autre choix que de patienter.

La commission de 25 % de l’indemnité perçue en cas d’issue favorable, que ce soit via un accord amiable ou une procédure judiciaire, attise également les passions. Pourtant, ce pourcentage, réclamé par toute société d’aide à l’indemnisation des passagers de vols, n’est pas le plus élevé du marché, certains dépassant les 30 %. Une telle commission, due seulement en cas de succès et payée sur l’indemnité effectivement versée, recouvre les moyens mis en œuvre pour faire aboutir le dossier (vérification de l’éligibilité de la demande, suivi, relances, contentieux, paiement de l’avocat, recouvrement). L’UFC-Que Choisir, consciente que sa communication auprès des consommateurs subissant l’attente du règlement de leur litige est perfectible, travaille à l’améliorer.

LES CONDITIONS D’INDEMNISATION POUR LES PASSAGERS AÉRIENS

En cas de retard d’un vol qui transite par l’Union européenne, vous pouvez prétendre à une indemnisation dès lors que votre avion atterrit avec trois heures de retard ou plus. En cas de vols successifs, le retard du dernier vol compte, et l’indicateur horaire retenu est l’heure d’ouverture des portes de l’avion après l’atterrissage. Le montant du remboursement dépend de la longueur du trajet : 250 € jusqu’à 1 500 km, 400 € de 1 500 à 3 500 km et pour les vols intracommunautaires quelle que soit la distance (Guadeloupe, Martinique, etc.), 600 € pour plus de 3 500 km. Ce montant forfaitaire prévu par le règlement européen s’applique également en cas d’annulation de vol. Attention, un cas de force majeur imprévisible (météo ou grève du contrôle aérien, par exemple) peut dispenser la compagnie d’indemnisation.

Si la compagnie vous a refusé l’embarquement pour cause de surbooking, le même barème s’applique, à la condition que ce refus ne soit pas lié à un retard de votre part ou à des raisons de sécurité.

 

Marie Bourdellès

19 décembre 2017

Étanchéité des fours à micro-ondes (vidéo). Le test du téléphone portable sert-il vraiment à quelque chose ?

Étanchéité des fours à micro-ondes (vidéo). Le test du téléphone portable sert-il vraiment à quelque chose ?

Peut-on tester l’étanchéité d’un four à micro-ondes avec un téléphone portable ? Si l’on en croit les nombreux articles et vidéos publiés sur Internet, il suffit de placer un smartphone dans un four puis de l’appeler pour vérifier l’étanchéité du micro-ondes. Si le téléphone sonne, cela veut dire que les ondes peuvent entrer et donc que le four est dangereux car non étanche. Info ou intox ? Réponse dans notre vidéo.

Étanchéité des fours à micro-ondes (vidéo) Le test du téléphone portable sert-il vraiment à quelque chose ?

 Lire aussi

19 décembre 2017

Crash tests auto. Le score des modèles anciens dégringole

Crash tests auto. Le score des modèles anciens dégringole

L’Euro NCAP, dont l’UFC-Que Choisir est partenaire, vient de dévoiler les 15 derniers résultats de crash tests réalisés selon le protocole 2017. Parmi les voitures testées, certaines avaient déjà passé les crash tests selon d’anciens protocoles. Et presque toutes perdent de 1 à 2 étoiles. La Fiat Punto affiche même 0 étoile en 2017 contre 5 en 2005, soulignant l’obsolescence de certaines voitures en termes de sécurité.

Crash tests auto Le score des modèles anciens dégringole

Au regard du succès de certains de leurs modèles, les constructeurs décident de plus en plus de prolonger leur durée de vie en apportant de petits changements en cours de route afin de stimuler les ventes tout en bénéficiant de coûts de production et de développement moindres. C’est ce que l’on appelle le « facelift », ou encore la phase 2 voire la phase 3. Pour permettre aux consommateurs de comparer la sécurité de ces anciens modèles à celle des nouveaux, l’Euro NCAP les a de nouveau testés.

En dehors de la Toyota Yaris, qui conserve ses 5 étoiles obtenues en 2011, ces voitures ont vu leur score total perdre de 1 à 2 étoiles. La Fiat Punto fait exception car, testée en 2005, elle n’avait pas de score total, la note mise en avant étant celle de la protection des occupants adultes. Elle obtenait alors 5 étoiles. Et en 2017, elle n’en gagne aucune ! La Punto n’est pas pour autant une voiture dangereuse et elle remplit les conditions obligatoires de mise en circulation, telles que la présence de série de l’ESP, d’un témoin de ceinture non bouclée pour le conducteur et d’un système de surveillance de la pression des pneus. Mais elle est démunie de tout équipement d’assistance à la conduite avancé dont ses rivales comme les nouvelles PoloFiesta et Ibiza sont équipées. Et son score de 0 % en aide à la sécurité interdit la moindre étoile au score final de la Punto. Mais d’autres modèles non retestés par l’Euro NCAP sont probablement dans le même cas. Enfin, notons que la Toyota Aygo gagne 4 étoiles quand elle est dotée de tous les équipements de sécurité disponibles en option (Safety Pack), contre 3 avec l’équipement standard.

Résultats des anciens modèles retestés en décembre 2017

Consultez les vidéos crash tests :

 

Résultats des nouveaux modèles testés en décembre 2017

Les Hyundai Kona, Kia Stinger, BMW Série 6 (4génération) et le Jaguar F-Pace décrochent les 5 étoiles, tandis que 3 étoiles sont décernées au MG ZS, au Dacia Duster 2 et au Kia Stonic, qui gagne 5 étoiles seulement quand il est doté de tous les équipements de sécurité disponibles en option (Safety Pack). À noter que les résultats dynamiques du Kia Stonic sont repris de ceux du Kia Rio en raison de la similitude de la structure des modèles.

Consultez les vidéos crash tests :

Lars Ly

Rédacteur technique

19 décembre 2017

Dépakine. Sanofi condamné en appel

Dépakine. Sanofi condamné en appel

La cour d’appel d’Orléans a condamné les laboratoires pharmaceutiques Sanofi à indemniser une victime de la Dépakine (valproate de sodium). Elle est née handicapée à cause du traitement contre l’épilepsie que sa mère a continué à prendre pendant sa grossesse. La Cour reproche à Sanofi de n’avoir pas fait clairement figurer les risques de malformations sur la notice.

Dépakine Sanofi condamné en appel

C’est sans doute une victoire provisoire, Sanofi ayant annoncé son intention de se pourvoir en cassation. Mais c’est une victoire quand même : la famille d’une jeune fille atteinte de malformations en raison de son exposition in utero au valproate de sodium (Dépakine, Dépakote, Dépamide, Micropakine et génériques) a obtenu de la cour d’appel d’Orléans la condamnation des laboratoires Sanofi, et une indemnisation conséquente. Au total, la victime, ses parents, sa sœur et l’assurance maladie se partageront plus de 3 millions d’euros.

La mère de la victime, atteinte d’épilepsie depuis l’adolescence, avait, au cours de sa grossesse en 2002, continué à prendre son traitement, Dépakine Chrono 500 mg. Le bébé était né en novembre atteint de malformations des membres supérieurs et des yeux. Après avoir cherché une origine génétique, les parents ont pris conscience qu’elles pouvaient avoir été provoquées par le traitement contre l’épilepsie. La cour d’appel, comme les juges du tribunal de grande instance (TGI) de Tours en première instance, s’est appuyée sur le rapport des experts et les données de la littérature scientifique pour établir que le valproate de sodium était bien la cause du handicap de l’enfant. Elle a, en outre, estimé que les laboratoires Sanofi, pourtant au fait des risques de malformations graves à cette époque, ne les avaient pas suffisamment détaillés dans la notice mise à la disposition de la mère. Seul le conseil d’avertir le médecin en cas de grossesse ou de désir de grossesse y figurait alors. Les futurs parents n’étaient donc pas clairement informés des enjeux pour la santé de l’enfant à naître.

L’association Apesac, qui assiste les familles victimes du valproate de sodium dans leurs démarches judiciaires, s’est félicitée de voir enfin reconnue la responsabilité de Sanofi. L’Apesac a lancé une action de groupe contre la firme.

Anne-Sophie Stamane

asstamane

19 décembre 2017

Laits infantiles contaminés à la salmonelle. Les réponses à vos questions

Laits infantiles contaminés à la salmonelle. Les réponses à vos questions

C’est une affaire de lait qui fait tache d’huile. En 10 jours, pas moins de 26 jeunes enfants nourris au lait infantile ont contracté la salmonellose. Après une première alerte le 2 décembre, concernant 12 lots de laits infantiles produits par le site Lactalis de Craon, en Mayenne, ce sont finalement plus de 620 lots issus de cette même usine que le gouvernement rappelle en raison d’un risque de contamination par les salmonelles. L’usine, fermée depuis le 10 décembre par arrêté préfectoral, doit subir une décontamination renforcée avant d’espérer rouvrir. Quels sont les symptômes d’une salmonellose, que faire si vous possédez un lait potentiellement contaminé… ? Que Choisir fait le point.

Laits infantiles contaminés à la salmonelle Les réponses à vos questions

 SOMMAIRE

Mise à jour du 18 décembre 2017
Saisie par des consommateurs inquiets, l’UFC-Que Choisir va déposer plainte pour tromperie auprès du procureur de la République de Paris à l’encontre de la société Lactalis afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances entourant la contamination de laits infantiles à la salmonelle et l’absence de détection de cette contamination.

D’OÙ PROVIENT LA CONTAMINATION ?

Le site industriel du groupe LNS à Craon, en Mayenne, propriété du leader mondial des produits laitiers Lactalis, est pointé du doigt par les autorités. Suite à la survenue d’un nombre inhabituel d’infections à la salmonelle chez des nourrissons, les services de contrôles sanitaires français ont identifié et confirmé le lien de ces contaminations avec la consommation de produits de nutrition infantile issus de ses chaînes de production. Selon le porte-parole de Lactalis, Michel Nallet, la contamination serait survenue sur l’une des deux tours de séchage de l’usine de Craon dans la période du 1er au 6 mai. « Mais il est trop tôt pour avoir la preuve exacte de cette hypothèse. En application du principe de précaution, les autorités ont décidé d’arrêter toutes les commercialisations et de faire un rappel global des produits sur la tour numéro 1. Nous avons décidé d’arrêter nos deux tours, même celle qui n’est pas incriminée, et toutes nos installations de conditionnement. Nous allons procéder à des contrôles complémentaires et à un nettoyage complet renforcé afin de nous assurer que le site de Craon, lors de sa remise en route, puisse fabriquer normalement des produits pour les bébés. »

De son côté, le directeur général de la Santé, Benoît Vallet, a indiqué à l’AFP qu’en août et en novembre, des « prélèvements internes au site de Craon » s’étaient avérés « positifs aux salmonelles ». Lactalis précise que ces prélèvements ont été effectués non pas sur les laits mais sur du petit matériel de nettoyage et les carrelages et assure n’avoir eu connaissance de cette information que la semaine dernière.

Le professeur Christophe Dupont, pédiatre et chef du service d’explorations digestives de l’hôpital Necker à Paris, rappelle que « la salmonelle est une bactérie présente partout dans l’environnement. La difficulté est de se prémunir efficacement d’une contamination à la source car il suffit par exemple que le lait d’une traite soit infecté pour contaminer des milliers de lots différents, d’énormes quantités de laits différents étant mélangées au cours de leur transformation ». On notera que des laits végétaux, à base de riz, ont également été contaminés au sein de l’usine.

QUELS LAITS INFANTILES SONT CONCERNÉS ?

Plus de 620 lots potentiellement contaminés, dont une quarantaine pour la France, ont été retirés du marché. Il s’agit de laits vendus sous les marques Picot, Celia, Milumel ou Carrefour. Figurent également sur la liste des produits destinés à l’Algérie, au Royaume-Uni, au Liban ou encore à la Chine.

Le retrait concerne une large gamme de laits premier âge (0 à 6 mois), deuxième âge (6 à 12 mois) et de croissance (1 à 3 ans) avec ou sans lactose, à base de protéines de riz ou sans huile de palme. Certains sont disponibles uniquement en pharmacie, d’autres en grande surface.

La liste des lots concernés est disponible sur le site du ministère de la Santé. 5 lots supplémentaires, vendu en pharmacie, sont signalés par l’ordre national des pharmaciens (en jaune fluo dans la liste ci-jointe).

QUELS SONT LES SYMPTÔMES ?

L’infection à la salmonelle est une intoxication alimentaire qui touche particulièrement les personnes fragiles : jeunes enfants, personnes âgées ou malades. Les symptômes se déclarent rapidement et les enfants touchés présentent une diarrhée typique avec des selles molles mais pas liquides contenant des traces de sang, accompagnée d’une fièvre. Face à ces symptômes, les médecins demandent généralement une coproculture (analyse des selles) pour confirmer le diagnostic. Les symptômes sont alors traités avec des antibiotiques. Selon une déclaration de la direction générale de la Santé, les enfants contaminés jusqu’à présent « vont bien ». Mais si cette infection bactérienne se soigne bien grâce aux antibiotiques, elle n’en est pas moins préoccupante chez les nouveau-nés, à qui sont justement destinés les laits premier âge (de 0 à 6 mois), nous confirme un pédiatre.

Il conviendra toutefois de ne pas confondre ce tableau bien distinct de celui de la gastroentérite qui atteint actuellement son pic saisonnier dans de nombreuses régions. Dans tous les cas, si votre enfant présente des symptômes de toxi-infection alimentaire (diarrhée éventuellement accompagnée de fièvre), contactez un médecin dans les meilleurs délais. En attendant, un soluté de réhydratation, disponible en pharmacie, pourra être donné à l’enfant pour éviter une déshydratation en cas de pertes liquidiennes importantes (selles nombreuses).

QUE FAIRE LORSQU’ON EST EN POSSESSION DE PRODUITS POTENTIELLEMENT CONTAMINÉS ?

En premier lieu, vérifiez si votre lait en poudre appartient bien à l’un des lots incriminés dont la liste est disponible sur le site du ministère de la Santé (1). Si c’est le cas, le ministère demande aux parents de ne pas utiliser les produits concernés, essentiellement vendus sous les marques Milumel et Picot, mais aussi Carrefour. Carrefour a, de son côté, décidé « par mesure de précaution »d’élargir son rappel à tous les produits infantiles fabriqués sous son nom à Craon, et pas seulement aux seuls lots concernés par la mesure de Bercy.

Des alternatives à ces laits infantiles, recommandées par des pédiatres, sont disponibles sur le site du ministère de la Santé. S’il est vraiment impossible pour les parents de trouver l’un des laits de substitution, la Société française de pédiatrie leur propose de préparer un biberon avec le lait qu’ils possèdent, puis de faire bouillir le lait pendant 2 minutes dans une casserole, le laisser refroidir et le donner à leur bébé en attendant de trouver une alternative.

Enfin, les consommateurs qui souhaiteraient s’adresser, voire se retourner contre leur fournisseur de lait en poudre, doivent conserver les boîtes (à part), les ordonnances et les factures d’achat, si possible détaillées, avec numéro de lot, selon les conseils des collectifs de parents (voir encadré).

OÙ PEUT-ON SE RENSEIGNER ?

Vous pouvez demander conseil à votre pharmacien, les officinaux ayant été mobilisés pour répondre aux questions des parents et les orienter vers des laits de substitution, selon un communiqué de l’Ordre national des pharmaciens.

Les autorités ont mis en place un numéro vert ouvert de 8 h à 20 h, 7 jours sur 7 (0800 636 636). Lactalis a également mis en place un numéro vert (0800 120 120) et le service client de Carrefour est joignable au 0969 397 000 (appel non surtaxé). Attention, ces numéros ne mettent pas en relation avec des professionnels de santé.

En cas de symptômes de toxi-infection alimentaire (diarrhée éventuellement accompagnée de fièvre), contactez un médecin dans les meilleurs délais.

Une plainte sera déposée lundi contre Lactalis par un parent

Contacté par nos soins, Quentin Guillemain déclare qu’il portera plainte lundi 18 décembre auprès du tribunal de Paris contre Lactalis et son pharmacien pour les motifs de « non-assistance à personne en danger » et « mise en danger de la vie d’autrui ». Ce père d’une petite fille de deux mois, consommatrice du lait Pepti junior de Picot, dont des lots sont concernés par le retrait, ne cache pas sa colère. Contre Lactalis bien sûr, à l’origine de la contamination, mais aussi contre son pharmacien qui, bien qu’ayant ses coordonnées via les ordonnances de lait de sa fille, ne l’a pas contacté dans les jours qui ont suivi les premiers retraits pour le mettre en garde. « Nous estimons qu’il a failli à son devoir d’information », s’insurge le père de famille, qui a également mis en place une adresse mail (victimeslactalis@gmail.com) pour « fédérer les parents concernés et donner un cadre juridique à leurs éventuelles plaintes, afin qu’elles soient recevables et, dans la mesure du possible, rattachées entre elles ». Il regrette également le manque d’engagement de l’État, « qui a mis des mois à réagir, laissant Lactalis gérer la crise » et qui, selon lui, « peine à donner des consignes claires aux parents, les numéros d’assistance ne mettant pas en contact les appelants avec des professionnels de santé ».

Marie-Noëlle Delaby

Contacter l’auteur(e)

19 décembre 2017

Smartphones. Géolocalisation plus précise avec Galileo

Smartphones. Géolocalisation plus précise avec Galileo

Galileo commence à trouver sa place dans notre quotidien. Le système européen de géolocalisation par satellite, qui doit rendre l’Europe indépendante du système américain GPS (Global Positionning System), est partiellement opérationnel depuis un an. Aujourd’hui, plusieurs smartphones sont compatibles. Et bonne nouvelle : nos tests en laboratoire montrent qu’ils offrent une localisation plus rapide et précise que les modèles qui se contentent du GPS.

Smartphones Géolocalisation plus précise avec Galileo

Près de 20 ans après ses premiers balbutiements, Galileo entre, discrètement, dans notre quotidien. Le système européen de positionnement par satellite, qui compte aujourd’hui 18 satellites sur les 24 prévus à terme (2020), est opérationnel depuis décembre 2016. Et sans faire de bruit, il s’est déjà installé dans nos smartphones. Samsung Galaxy S8, S8+, Note 8, LG V30, Huawei Mate 10 Pro, P10, P10 Plus, Sony Xperia XZ Premium, Apple iPhone 8 et 8 Plus… Au total, une trentaine de modèles intègrent une puce multisystème compatible avec Galileo en plus des habituels GPS (américain), Glonass (russe) et Beidou (chinois). Il s’agit encore de smartphones assez haut de gamme, mais les modèles plus modestes seront concernés dans un avenir proche. De Qualcomm à Mediatek en passant par Intel et Broadcom, les fournisseurs de composants pour smartphone intègrent tous Galileo dans leurs jeux de composants actuels (les fameux « SoC », pour « System on a Chip »).

 

LOCALISATION 4 FOIS PLUS RAPIDE

Faut-il s’en réjouir ? Oui ! Nos tests de smartphones permettent de constater que les modèles compatibles avec Galileo sont plus précis que ceux qui se contentent du GPS, de Glonass ou de Beidou. Ils obtiennent en moyenne 14,2/20 contre 11,9/20 sur ce critère. Le temps nécessaire à la première localisation est également plus court. En moyenne, il faut 16 secondes aux smartphones intégrant Galileo pour une première localisation contre 46 secondes avec le système GPS ! Et encore, ce résultat est plombé par le smartphone OnePlus 5 (qui intègre Galileo), dont le score de 76 secondes nuit à la moyenne (celle-ci s’établit à 10,8 secondes si on exclut ce smartphone du calcul).

Plus globalement, la localisation s’améliore avec le nombre de constellations que le smartphone est capable de recevoir. C’est logique : les quatre systèmes de positionnement par satellites sont interopérables et donc complémentaires les uns des autres. Ceci explique aussi les meilleurs résultats obtenus par les smartphones Galileo. Le système européen est en effet deux à trois fois plus précis que le système GPS (la précision est de 5 mètres contre 10-15 mètres). Autre conséquence : les smartphones intégrant Galileo devraient être moins gênés par les obstacles. Le système est en effet plus efficace pour les localisations en zones denses (villes) ou en forêt. Encore un bon point pour le système européen.

19 décembre 2017

L’actu en liste, le N° 19 de 2017

 

 

États généraux de l’alimentation. Quelles avancées pour les consommateurs ?

Les États généraux de l’alimentation (EGA) se sont clôturés le 21 décembre. Que retenir de cette grande concertation…

 Immobilier. Attention à la société Diffusion Numérique
 

Avec la vente aux enchères qui débute ce 20 décembre chez Drouot, l’affaire Aristophil entre…

 Données personnelles. WhatsApp mis en demeure

La Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) reproche à …

 Produits cosmétiques. Une utilisation réelle très supérieure à celle estimée

Produits cosmétiques. Une utilisation réelle très supérieure à celle estimée

Jusqu’à présent, les connaissances sur nos consommations de produits cosmétiques étaient si parcellaires qu’il était difficile…

 Surbooking, vol retardé ou annulé. Quel bilan pour Indemnit’Air ?
 Achats sur Internet pour Noël. Nos conseils pour commander en toute sérénité

Entre des e-commerçants débordés et la date butoir du 24 décembre pour recevoir ses colis, la fin de l’année est…

 Étanchéité des fours à micro-ondes (vidéo). Le test du téléphone portable sert-il vraiment à quelque chose ?

Peut-on tester l’étanchéité d’un four à micro-ondes avec un téléphone portable ? Si l’on en croit les nombreux articles et…

 Crash tests auto. Le score des modèles anciens dégringole

L’Euro NCAP, dont l’UFC-Que Choisir est partenaire, vient de dévoiler les 15 derniers résultats de crash tests…

Dépakine. Sanofi condamné en appel

La cour d’appel d’Orléans a condamné les laboratoires pharmaceutiques Sanofi à indemniser une victime de…

Laits infantiles contaminés à la salmonelle. Les réponses à vos questions

C’est une affaire de lait qui fait tache d’huile. En 10 jours, pas moins de 26 jeunes enfants nourris au lait infantile ont contracté…

 

 

 

 

 Smartphones. Géolocalisation plus précise avec Galileo

 Smartphones. Géolocalisation plus précise avec Galileo

Galileo commence à trouver sa place dans notre quotidien. Le système européen de géolocalisation par…

 Publicité pour les médicaments. Double avertissement
 Enceintes intelligentes. La Cnil publie un guide des bonnes pratiques

Lancer de la musique, ajouter un agenda à son calendrier, consulter la météo, chercher une recette de…

 Répartiteurs de frais de chauffage. Même l’Ademe a des doutes sur leur efficacité

Dans un appel d’offres lancé cet automne, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie…

 Carte grise. Une pagaille qui pourrait coûter cher aux particuliers

Depuis début novembre, la demande de carte grise se fait exclusivement en ligne. Mais le site Internet…

Logos de consommateurs (infographie). Quel impact sur les comportements ?

 L’étude menée par l’Observatoire de la consommation de l’UFC-Que Choisir révèle que les distinctions…

Bébé Confort AxissFix Air. Prise en main du premier siège auto avec airbags

Bébé Confort vient de commercialiser le premier siège auto équipé d’airbags. L’AxissFix Air prétend…

 Jouets connectés. Trop faciles à détourner

La peluche Teddy Toy-Fi a le regard tendre et la panse douce, mais méfiance : l’ourson pourrait bien se…

Encadrement des loyers. L’annulation du tribunal administratif sème l’incertitude

Après Lille, le tribunal administratif de Paris a annulé, le 28 novembre 2017, les trois arrêtés (de 2015…

 Tarif réglementé d’EDF. Vos questions sur les conditions générales de vente

EDF envoie en ce moment l’évolution des conditions générales de vente du tarif bleu à tous ses clients…

 Casques audio. Les meilleurs casques audio de 2017

Depuis quelques années, le casque audio s’inscrit en tête de liste des cadeaux de Noël. En boutique, le…

Affaire Maranatha. L’étrange association de défense des épargnants

Créée en novembre, l’Adefima pose question. Cette association d’aide aux épargnants susceptibles d’être…

Électricité. Nouvelle vague de factures rétroactives

La nouvelle vague de factures rétroactives d’électricité qui déferle dans vos boîtes aux lettres passe…

Baumes à lèvres. La drôle d’idée de Crayola

Baumes à lèvres. La drôle d’idée de Crayola

Le spécialiste du coloriage ne trouve rien de mieux à faire que de commercialiser un baume à lèvres…

Voitures électriques (vidéo). Des autonomies réelles très inférieures à celles annoncées

L’autonomie des voitures électriques déclarée par les fabricants est largement surévaluée. C’est la…

Placement financier. La distribution bio est-elle un bon placement ?

Il est possible d’investir dans les magasins de la chaîne Bio c’ Bon par l’intermédiaire de la société Marne…

Accident dans un magasin. Les clients pourraient être mieux protégés

Accident dans un magasin. Les clients pourraient être mieux protégés

12 décembre 2017

L’actu en liste, le N° 18 de 2017

« Guide Noël 2017 » : Passez des fêtes l’esprit tranquille avec l’UFC Que Choisir des Pyrénées-Orientales.

A la veille des fêtes, l’UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales offre aux consommateurs un « guide…

 
Smartphones. Les meilleurs smartphones de 2017

Smartphones. Les meilleurs smartphones de 2017

Apple, Samsung, LG, HTC, Wiko… L’année 2017 a été riche en nouveaux smartphones…


"Vrai cadeau vraiment gratuit" de Nocibé. On nous prend vraiment pour de vraies buses

Conçue pour attirer les clients dans ses magasins à l’approche de Noël, et accessoirement pour leur…

Fonds structurés dans les assurances vie. La justice fait un pas en arrière au détriment des épargnants

Fonds structurés dans les assurances vie. La justice fait un pas en arrière au détriment des épargnants

La Cour de cassation n’a pas suivi la Cour d’appel de Paris dans l’affaire des fonds Optimiz Presto 2 de…

Perturbateurs endocriniens dans les biocides. Passage en douce européen

Perturbateurs endocriniens dans les biocides. Passage en douce européen

Alors que tous les projecteurs sont braqués sur les critères de définition des perturbateurs endocriniens…

 
Énergie moins chère ensemble. Total Spring mauvais joueur

Total Spring fait pression sur les clients acquis par Lampiris dans le cadre de l’opération UFC…

 
Prix des jouets (automne 2017). À quel moment acheter les jouets de Noël ?

Depuis maintenant plusieurs années, Que Choisir suit le prix d’un panier de 34 jouets au jour le jour…

Loot boxes payantes dans les jeux vidéo. Une clarification s’impose

Loot boxes payantes dans les jeux vidéo. Une clarification s’impose

Des jeux vidéo ont mis en place une mécanique d’achat de « loot boxes » (caisses de butin) au contenu…

 Isolation. Gare à l’arnaque au ministère

Isolation. Gare à l’arnaque au ministère

Attention, si vous recevez un courrier à en-tête de la République française envoyé par le ministère de…

 

Etats Généraux de l’Alimentation. Mobilisation générale pour la protection de la ressource aquatique

 Etats Généraux de l’Alimentation. Mobilisation générale pour la protection de la ressource aquatique

Préservation de la ressource aquatique. L’UFC-Que Choisir lance un S. Eau S. !

Dans le cadre des Etats Généraux de l’Alimentation consacrés notamment à la transition écologique de…

Tablettes tactiles pour seniors (vidéo). Les principaux problèmes rencontrés lors de notre test

Tablettes tactiles pour seniors (vidéo). Les principaux problèmes rencontrés lors de notre test

À l’ère du tout-numérique, reconnecter nos aînés grâce à des tablettes tactiles pensées pour eux est une…

 SNCF. Une vente de Noël indigeste
 Achat de voiture (infographie). Le délai de livraison peut être long

L’achat d’une nouvelle voiture en concession est un moment qui peut se révéler aussi réjouissant…

Test de l’iPhone X (vidéo). Du verre trop fragile

Test de l’iPhone X (vidéo). Du verre trop fragile

L’iPhone X inaugure une nouvelle génération d’iPhone, équipée d’un grand écran OLED au lieu du LCD…

12 décembre 2017

Publicité pour les médicaments. Double avertissement

Publicité pour les médicaments. Double avertissement

En ce qui concerne la prudence avec les médicaments, deux avertissements valent mieux qu’un. À partir de janvier 2018, les nouvelles publicités télévisées devront mentionner que le médicament expose à des risques. Cet avertissement devra être indiqué non seulement à l’écrit mais aussi à l’oral, comme le demandait l’UFC-Que Choisir.

Publicité pour les médicaments Double avertissement

Dès 2018, un nouveau message de prudence devra être diffusé dans les publicités télévisées pour les médicaments (1), et ce plutôt deux fois qu’une : à la fois à l’écrit et à l’oral. Jusqu’ici, ces publicités faisaient défiler, parfois très très vite, un bandeau écrit et des recommandations orales, qui pouvaient être différentes, enchaînant un grand nombre de mentions. À tel point que les consommateurs pouvaient finir par les ignorer. Pour renforcer la perception des messages de prudence, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a lancé, cet été, une réflexion sur le sujet. Au terme de celle-ci, il a été décidé d’adopter un message d’avertissement général et simple, formulé de la façon suivante : « Tout médicament peut exposer à des risques, parlez-en à votre pharmacien ». L’UFC-Que Choisir, consultée sur le sujet, a demandé que cette mention soit portée à la fois à l’audio et à l’écrit, compte tenu de l’importance sanitaire du message. Cette proposition a été retenue. De plus, des indications spécifiques à certains médicaments seront conservées. Elles avertiront, le cas échéant, d’une contre-indication (interdiction) pour les femmes enceintes ou allaitantes. Également, les risques cardiovasculaires et neurologiques inhérents aux vasoconstricteurs seront mentionnés.

PROMOUVOIR N’EST PAS INFORMER

Ces dispositions entreront en vigueur, pour les nouvelles publicités, au 1er janvier 2018. Un tel encadrement des publicités auprès du grand public est souhaitable, afin de limiter le risque qu’elles induisent en erreur. Ce n’est toutefois qu’un pis-aller. En effet, la réclame n’a pas pour vocation d’informer de manière objective. En ce qui concerne la publicité pour les médicaments, c’est sa suppression pure et simple qui serait la mesure la plus efficace de réduction des risques de mésusage. Un consommateur qui y est soumis ne peut pas être un consommateur averti.

NOTES

(1) En France, cette publicité directe auprès du grand public n’est autorisée que pour les médicaments non soumis à prescription médicale et non remboursables, à condition d’une autorisation préalable à sa diffusion de la part des autorités de santé.

Perrine Vennetier

12 décembre 2017

Enceintes intelligentes. La Cnil publie un guide des bonnes pratiques

Enceintes intelligentes. La Cnil publie un guide des bonnes pratiques

Lancer de la musique, ajouter un agenda à son calendrier, consulter la météo, chercher une recette de cuisine, constituer une liste de courses… Voilà quelques-unes des possibilités offertes par les enceintes « intelligentes », dont l’avenir au sein de nos foyers, si l’on en croit les prévisions de vente, est assuré. Seulement voilà, pour assister les utilisateurs au quotidien, ces appareils enregistrent en permanence des bouts de conversation et stockent des informations dans le Cloud. La Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) met les utilisateurs en garde sur la protection des données personnelles en publiant un guide de bonnes pratiques.

Enceintes intelligentes La Cnil publie un guide des bonnes pratiques

Amazon Echo, Google Home, Apple HomePod… Les géants du Net se sont lancés à la conquête de nos intérieurs. Avec leurs enceintes intelligentes, déjà disponibles en France ou commercialisées en 2018, tous trois poursuivent des objectifs finaux différents. Amazon rêve de faciliter nos achats en ligne pour booster (encore un peu plus) ses ventes, Google poursuit sa stratégie de conquête sans relâche de nos données pour peaufiner le ciblage publicitaire et Apple élargit le périmètre de son écosystème pour maintenir ses clients dans son giron. Mais pour y parvenir, Amazon, Google et Apple appliquent une même méthode : écouter ce qui se passe chez nous pour répondre le plus pertinemment possible à des commandes vocales liées à différents  services.

Au quotidien, ces enceintes offrent de nouveaux usages intéressants par certains aspects, pour un tarif relativement abordable (entre 150 et 350 € selon les modèles). Dites « ok Google » (sur la Google Home) ou « hey Alexa » (Amazon Echo) pour réveiller l’enceinte, formuler une demande, elle l’exécutera. Vous pouvez ainsi lancer la musique, changer de chanson ou demander une précision sur votre recette pendant que vous avez les mains dans la pâte. Pratique, tout du moins quand la commande vocale fonctionne. Notre prise en main de la Google Home a révélé que souvent, l’enceinte ne comprend pas les requêtes (à ce jour, les enceintes sont plus efficace en anglais, c’est pourquoi le lancement des modèles d’Amazon et d’Apple a été retardé en France).

visu-enceintes-intelligentes
Les enceintes Amazon Echo, Google Home et Apple HomePod.

DES REQUÊTES STOCKÉES DANS LE CLOUD

L’intrusion de ces assistants intelligents dans notre sphère intime soulève de nombreuses inquiétudes sur le respect de notre vie privée et de nos données personnelles. Rappelons-en le principe : l’utilisateur formule une requête (l’enceinte l’écoute donc en permanence), qui est envoyée dans le Cloud (ces enceintes sont connectées à Internet via votre réseau Wi-Fi domestique) et stockée sur les serveurs d’Amazon, de Google, d’Apple. L’appareil conserve donc potentiellement un historique des requêtes audio et les données associées à la recherche, comme la date, l’heure, l’identifiant du compte de l’utilisateur. La Cnil s’en inquiète. Elle a donc publié un guide des bonnes pratiques à l’intention des utilisateurs1. Le gendarme de la vie privée conseille d’abord d’encadrer les interactions avec les enfants (rester dans la pièce, éteindre le dispositif en cas d’absence). Les enceintes intelligentes sont des points d’accès à Internet sans contrôle parental. La Cnil préconise ensuite de couper le micro quand on n’utilise pas l’enceinte, et d’avertir ses invités de l’enregistrement potentiel des conversations. Elle rappelle enfin qu’il faut être vigilant sur le fait que les propos tenus face à l’appareil peuvent enrichir votre profil publicitaire.

DES CONSEILS DE BONNE CONSCIENCE

Ces conseils ont le mérite d’alerter les utilisateurs sur le fait que le fonctionnement même des enceintes intelligentes crée des failles dans la protection de la vie privée. Mais par définition, installer ce type d’enceinte chez soi revient à l’accepter. Pour être utiles au quotidien, ces appareils doivent être allumés en permanence, micros activés, sans quoi ils perdent leur fonction d’assistant vocal disponible à tout moment ! À chacun de juger du rapport bénéfices/risques sachant qu’au final, il y a des chances pour qu’au quotidien, ces enceintes intelligentes servent surtout à écouter de la musique. Aucun besoin, dans ce cas, d’une connexion à Internet. Pourquoi ne pas se contenter alors d’une enceinte Bluetooth ou d’une enceinte sans fil ?

NOTES

(1) https://www.cnil.fr/fr/enceintes-intelligentes-des-assistants-vocaux-connectes-votre-vie-privee
12 décembre 2017

Répartiteurs de frais de chauffage. Même l’Ademe a des doutes sur leur efficacité

Répartiteurs de frais de chauffage. Même l’Ademe a des doutes sur leur efficacité

Dans un appel d’offres lancé cet automne, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) confirme involontairement que le précédent gouvernement a généralisé l’individualisation des frais de chauffage sans avoir la preuve de son efficacité. Un aveu décapant !

Répartiteurs de frais de chauffage Même l’Ademe a des doutes sur leur efficacité

L’Ademe n’a sans doute pas cherché à nuire à son ex-ministre de tutelle Ségolène Royal, mais à lire l’appel d’offres que l’Agence a lancé pour « une étude sur l’individualisation des frais de chauffage dans les logements collectifs », c’est tout comme. Elle l’aurait voulu que ce n’aurait pas pu être pire !

En page 9 de ce document, on lit en effet que « certaines questions, et notamment la rentabilité économique basée sur les économies d’énergie induites par ce dispositif, restent à ce jour peu approfondies ».

L’Agence enfonce le clou en affirmant que l’étude de 2007, confiée au Costic (expert en équipement technique du bâtiment) par l’Ademe et le Syndicat de la mesure, « constitue à ce jour la seule source reconnue permettant d’annoncer un niveau d’économie de l’ordre de 15 % », en précisant que cette étude sur les répartiteurs de frais de chauffage n’a porté que « sur 5 sites, soit 270 logements ».

L’Ademe reconnaît ainsi que le précédent gouvernement a imposé l’individualisation des frais de chauffage sur la base d’une étude effectuée sur 5 immeubles, de surcroît financée par les industriels de la mesure, ces sociétés qui s’assurent de très belles rentes avec les contrats de pose et de relevé des répartiteurs de frais de chauffage qu’elles facturent aux copropriétés.

Et l’aberration ne s’arrête pas là. À l’époque, l’Association des responsables de copropriété (ARC) avait contesté cette étude, prouvant qu’elle n’est même pas fiable.

UNE DÉMONSTRATION LIMPIDE

Reprenons la démonstration de l’ARC : sur ces 5 immeubles, 2 ont été exclus du résultat officiel car ils avaient enregistré des consommations supérieures après la pose ! Après une baisse sur les 6 premiers mois, un 3e enregistre un retour aux consommations antérieures, et un 4e présente des consommations par DJU (degré jour unifié) incohérentes avec celles d’avant la pose. Un seul immeuble peut donc être retenu, concluait l’ARC après examen détaillé de l’étude.

Mais, aujourd’hui encore, cette dernière constitue la « seule source reconnue » par l’Ademe dans son appel d’offres. Si l’opération ne coûtait pas si cher aux copropriétés, on pourrait en rire…

En février dernier, le bureau d’études Enertech a pourtant réalisé une étude technique objective sur le comptage individualisé des frais de chauffage. Spécialiste de la performance énergétique du Bâtiment, il a démontré que les répartiteurs peuvent aussi bien surestimer la consommation de 80 % que la sous-estimer de plus de 20 %.

Reste à savoir si l’actuel ministre de la Transition énergétique et solidaire va reconnaître l’erreur du précédent gouvernement ou marcher dans ses pas. On devrait avoir la réponse avec la réforme à venir sur la copropriété.

Élisabeth Chesnais

Contacter l’auteur(e)

12 décembre 2017

Carte grise. Une pagaille qui pourrait coûter cher aux particuliers

Carte grise. Une pagaille qui pourrait coûter cher aux particuliers

Depuis début novembre, la demande de carte grise se fait exclusivement en ligne. Mais le site Internet mis en place par le gouvernement rencontre des problèmes importants et des dossiers accusent un grand retard. Avec un risque pour les particuliers de payer plus cher la taxe écologique à partir de janvier 2018.

Carte grise Une pagaille qui pourrait coûter cher aux particuliers

Le but avoué du gouvernement de dématérialiser les démarches administratives rencontre ses premiers aléas. En effet, depuis début novembre, la demande de carte grise pour immatriculer un véhicule ou en modifier la carte grise doit se faire exclusivement sur le site de l’Agence nationale des titres sécurisés (1). Malheureusement, tout ne se déroule pas comme espéré et de nombreux propriétaires rencontrent des soucis pour immatriculer leur voiture. Parmi les témoignages que nous avons reçus, Laurent regrette qu’à la fin de la transaction, au moment de la validation finale, le message suivant s’affiche : « Une erreur technique est survenue lors de votre démarche. Veuillez réessayer ultérieurement. » De son côté, Fabrice, qui a aussi eu de grosses difficultés pour se connecter, a tenté de passer par la case téléphone : « 50 minutes d’attente ; appel coupé ; encore 65 minutes d’attente ; appel coupé de nouveau… Bilan : 2 heures perdues et 7 € de facturation sans avoir parlé à quelqu’un ! » Un autre utilisateur témoigne : « J’ai fait de multiples essais pour arriver à chaque fois au même résultat. Je suis donc totalement bloqué. »

DES ENJEUX FINANCIERS

De leur côté, les professionnels de l’automobile sont aussi touchés et depuis le 23 novembre, 22 000 immatriculations – au bas mot – de véhicules neufs de marques étrangères importées sont en attente. Ces véhicules ne peuvent recevoir leur certificat provisoire (les WW) et ne peuvent donc être livrés aux clients. Cette grande pagaille est due à un bug du système informatique ainsi qu’à un manque de moyens et parfois même de formation du personnel, indique le Conseil national des professions de l’automobile (CNPA). Ce dernier, avec la Chambre syndicale internationale de l’automobile et du motocycle (CSIAM) ainsi que le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA), ont été reçus mardi 5 décembre au ministère de l’Intérieur. Il leur a été confirmé que le problème informatique était résolu et que le centre d’instruction d’Amiens se voyait confier la tâche de traiter en priorité ces immatriculations en attente. Un point sera fait d’ici 15 jours. Toutefois, cela pourrait poser des problèmes à certains acheteurs n’ayant pu immatriculer leur véhicule en 2017, qui seront donc soumis au nouveau barème de bonus-malus applicable dès janvier 2018. Les clients pourraient alors avoir à débourser plusieurs dizaines ou centaines d’euros supplémentaires. Il reste toutefois une solution pour éviter cette situation : passer par d’autres sites qui proposent d’effectuer les démarches administratives. Mais ceux-ci étant payants, il faudra donc faire le calcul pour savoir si le jeu en vaut la chandelle.

BUG CORRIGÉ MAIS PERMIS DE CONDUIRE IMPACTÉS

Depuis le mercredi 6 décembre, le bug informatique a été corrigé et l’instruction des dossiers de carte grise peut désormais se dérouler normalement. Reste maintenant à rattraper le retard accumulé. Toutefois, le dossier de cartes grises n’est pas le seul problème : de nombreux dossiers d’inscription au permis de conduire sont aussi bloqués depuis 1 mois à cause de ces mêmes bugs informatiques. L’impact sur les particuliers devrait être mineur, sauf pour sauf ceux qui souhaitent s’inscrire en candidat libre. En revanche, les professionnels accusent le coup, car ils ne peuvent pas inscrire de nouveaux élèves. Comme pour les demandes de carte grise, il faut passer beaucoup de temps sur le site pour se voir afficher à la fin un message d’erreur. Le CNPA a rencontré le ministère sur ce sujet hier, vendredi 8 décembre.

APPEL À TÉMOIGNAGES

Si vous avez, depuis le 6 novembre 2017, essayé d’immatriculer un véhicule ou tenté de remplir le dossier d’inscription au permis de conduire sur le site Internet de l’Agence nationale des titres sécurisés, votre témoignage nous intéresse.

NOTES

(1) www.ants.gouv.fr.
12 décembre 2017

Logos de consommateurs (infographie). Quel impact sur les comportements ?

Logos de consommateurs (infographie). Quel impact sur les comportements ?

 L’étude menée par l’Observatoire de la consommation de l’UFC-Que Choisir révèle que les distinctions commerciales (Saveur de l’année, Approuvé par les familles, Meilleur produit bio…) mises en avant par les fabricants et les distributeurs ont un impact limité sur le comportement d’achat des consommateurs.

Logos de consommateurs (infographie) Quel impact sur les comportements ?

 Élu produit de l’année, Reconnu saveur de l’année, Meilleure chaîne de magasins, Service client de l’année… certains professionnels sont prêts à dépenser beaucoup d’argent pour afficher ces logos sur leurs produits ou à l’entrée de leurs magasins, sûrs qu’ils les aideront à gagner la confiance des consommateurs. Pour mieux cerner les effets réels de ces distinctions, nous avons demandé à nos lecteurs si celles-ci avaient une influence sur leur comportement d’achat. 2 206 d’entre eux ont répondu à notre questionnaire diffusé par le biais de notre newsletter du 19 octobre 2017.

LA PLUPART DES LOGOS INCONNUS AU BATAILLON

À la question « Connaissez-vous, de nom ou de visu, les logos suivants ? », seuls 2 logos sur les 8 ont obtenu une note supérieure à la moyenne. Il s’agit d’Élu produit de l’année et de Saveur de l’année, tous deux reconnus par 80 % des répondants. Ce résultat élevé n’est pas véritablement une surprise dans la mesure où ces logos existent depuis longtemps (1987 pour le premier, 1997 pour le second), qu’ils sont visibles sur de nombreux produits vendus en grandes surfaces généralistes et que les professionnels n’hésitent pas à les mettre en avant dans leurs publicités. Avec un taux de reconnaissance de 46 %, le logo Meilleure chaîne de magasins arrive en troisième position. Le fait que Lidl, qui vient de le décrocher pour la quatrième année consécutive, s’appuie beaucoup dessus dans sa communication, n’est pas étranger à cette situation. Élu service client de l’année s’en tire convenablement. Les autres logos sont quasiment inconnus du grand public.

UNE INCITATION À L’ACHAT LIMITÉE

Contrairement aux labels officiels (AB, AOP, Label rouge, etc.), ces distinctions ne sont encadrées par aucun texte ni contrôlées par une quelconque instance officielle. Il s’agit d’outils marketing dont l’unique dessein est d’attirer l’œil des consommateurs. Au final, cette stratégie ne fonctionne que sur une petite partie d’entre eux. 23 % des personnes ayant répondu à notre enquête estiment que le logo Reconnu saveur de l’année a un impact sur leur comportement. Avec les logos Élu service client de l’année, Meilleure chaîne de magasins et Élu produit de l’année, ce taux passe sous la barre des 20 %. Seul le logo Meilleur produit bio de l’année semble avoir un réel impact sur le comportement d’achat. Près de la moitié de ceux qui disent le connaître (49 % exactement) estiment qu’il peut les inciter à se tourner vers un produit plutôt qu’un autre. Difficile de savoir si ces consommateurs font davantage confiance au mode de sélection utilisé (les produits désignés ont tous été soumis à l’appréciation de 100 consommateurs) ou à la mention « bio ». Les résultats des autres logos ne sont pas présentés faute de retours suffisants.

ÉLU PRODUIT DE L’ANNÉE SE VOIT PLUS BEAU QU’IL NE L’EST

Pour inciter les fabricants à postuler à l’élection du Produit de l’année, la société gestionnaire Product of the Year (POY) n’hésite pas à mettre en avant plusieurs études. Selon la première, réalisée par l’institut Ipsos en juillet 2014, son logo constituerait « une caution, une garantie, une référence » pour 67 % des Français. Nous avons posé la question à nos lecteurs. Résultat : ils ne sont que 20 % à penser la même chose. Une deuxième étude d’octobre 2014 établie par l’institut Nielsen conclut que la présence du logo sur un emballage inciterait 76 % des consommateurs à acheter le produit. Si l’on en croit les personnes que nous avons interrogées, ce taux n’est que de 19 %. Certes, les résultats de notre questionnaire ne peuvent pas être directement comparés avec ceux des études d’Ipsos et de Nielsen. La méthodologie et le public visé ne sont pas les mêmes. Il n’en reste pas moins que les écarts obtenus sont impressionnants. De là à penser que le logo Élu produit de l’année se voit plus beau qu’il ne l’est, il n’y a qu’un pas.

Sandrine Girollet

Observatoire de la consommation

11 décembre 2017

Bébé Confort AxissFix Air. Prise en main du premier siège auto avec airbags

Bébé Confort AxissFix Air. Prise en main du premier siège auto avec airbags

Bébé Confort vient de commercialiser le premier siège auto équipé d’airbags. L’AxissFix Air prétend ainsi limiter les risques de blessures au niveau de la tête et surtout du cou en cas de choc frontal quand l’enfant est installé face à la route. En attendant les résultats de nos tests en laboratoire, nous avons réalisé une prise en main de ce siège auto innovant.

Bébé Confort AxissFix Air Prise en main du premier siège auto avec airbags

 La nouvelle norme i-Size des sièges auto préconise la position dos à la route jusqu’à 15 mois, contre seulement 10 mois (ou 9 kg) selon l’ancienne norme R44-04 toujours en vigueur, car les vertèbres cervicales des enfants sont fragiles et supportent mal la tension provoquée par le mouvement de la tête vers l’avant en cas de choc frontal. Mais même à 15 mois, elles restent le point sensible en cas d’accident. Pour cette raison, Bébé Confort a développé un système de retenue muni d’airbags. Ceux-ci, logés dans les bretelles du harnais, se déploient en cas de choc. Ils forment une sorte de bouclier qui retient la tête de l’enfant et limite son déplacement vers l’avant en cas de choc frontal, ce qui a pour effet de ménager les vertèbres cervicales et de protéger la tête.
visu1-bebe-confort-axissfix-air
L’AxissFix Air avec les airbags déployés. À droite, lors d’un crash test (photos Bébé Confort).

L’AxissFix Air est un siège i-Size correspondant à peu près au groupe 1 défini par l’ancien règlement R44-04. Rotatif, ce siège auto peut être installé dos ou face à la route, avec une position intermédiaire orientée vers la portière pour faciliter l’installation de l’enfant. Il est universel, mais seulement avec les voitures homologuées i-Size, et celles-ci sont encore rares. Dans la majorité des cas, il conviendra de vérifier la compatibilité avec la voiture, qui doit notamment être équipée d’attaches Isofix. Bébé Confort en fournit la liste sur son site Internet.

 

COMMODITÉ D’EMPLOI

À l’exception des airbags, l’AxissFix Air est identique à l’AxissFix. Il n’est donc pas léger (un peu plus de 12 kg) mais son installation dans la voiture est relativement simple et peu pénible. Ce siège est spécifiquement Isofix : on ne peut pas l’installer avec la ceinture de sécurité. Le 3point d’ancrage est une sangle anti-rotation (dite aussi « top-tether ») qui se fixe derrière la banquette.

Afin d’installer et d’utiliser le siège correctement, il est indispensable de lire d’abord le mode d’emploi. Complet et bien illustré, celui-ci ne mesure que 12 x 12 cm et il faut avoir de bons yeux pour le lire. Le fait qu’il soit en 8 langues rend également sa lecture un peu compliquée.

visu2-bebe-confort-axissfix-air
Mode d’emploi complet mais difficile à lire.

Une fois le manuel bien assimilé, la première étape consiste à ancrer les deux attaches Isofix. Cette opération peut être facilitée par l’emploi de guides en plastique vendus séparément mais l’on peut s’en passer (voir photos ci-dessous).

visu3-bebe-confort-axissfix-air
Une des deux attaches Isofix, avant et après son verrouillage.

Il faut ensuite pousser le siège contre le dossier de la banquette, ce qui a pour effet de le stabiliser. L’étape suivante est l’accrochage de la sangle anti-rotation. Celle-ci s’attache au véhicule derrière la banquette (ou le siège avant) de la voiture. Dans notre Renault Scénic, le point d’ancrage se situe au niveau du plancher du coffre. Grandement facilitée par le système rotatif du siège auto, l’installation de l’enfant ne pose pas de problème particulier.

visu4-bebe-confort-axissfix-air
Pour faciliter l’installation de l’enfant, le siège peut s’orienter vers la portière. Selon l’âge de l’enfant, on l’orientera ensuite dos ou face à la route.

Les risques de mauvaise utilisation sont minimes, mais il faut tout de même rester vigilant et ne pas oublier d’utiliser la sangle anti-rotation, bien serrer le harnais quand l’enfant est installé, bien verrouiller les deux bretelles du harnais au niveau du thorax et ne pas installer l’enfant face à la route avant 15 mois (et 76 cm minimum). Bon point, un sélecteur de position placé à l’avant de la base sert de détrompeur et le siège ne peut pas être orienté dans la position qui ne correspond pas à celle sélectionnée. Bien entendu, il est interdit d’installer le siège à l’avant de la voiture si elle est équipée d’un airbag frontal passager qui n’est pas désactivé.

visu5-bebe-confort-axissfix-air
Sélecteur de positon dos ou face à la route.

Question confort, rien à redire. Les mousses sont épaisses et confortables, et la coque peut être inclinée selon 4 positions. En cas de nécessité, la housse se démonte assez facilement et se lave en machine à 30 °C. Nos mesures de substances indésirables en laboratoire diront s’il vaut mieux faire un lavage avant la première utilisation.

À noter qu’il est interdit de retirer les adhésifs de protection accessibles sous la housse. Ils protègent en effet les éléments du système de gonflage des airbags.

 

SÉCURITÉ

Déjà testé selon notre protocole complet, l’AxissFix sans airbags avait montré un bon niveau de protection : la tension dans le cou du mannequin installé face à la route était restée raisonnable. Nous pouvons donc espérer un niveau de protection encore meilleur avec l’AxissFix Air.

visu6-bebe-confort-axissfix-air
Extrait d’une vidéo de crash test frontal réalisé par Bébé Confort.

Le déclenchement de l’airbag est commandé par les attaches Isofix, capables de détecter qu’un accident se produit. 15 ms seulement sont nécessaires pour déclencher le gonflage, qui est terminé 50 ms après le début du choc. Commence alors l’amortissement en même temps que l’airbag se dégonfle. Tout se passe en seulement 1/10e de seconde.

Mais quid de la dangerosité des airbags ? Ce système a en effet la réputation d’être violent, bruyant et éventuellement de causer des brûlures. A priori, l’AxissFix Air ne devrait pas poser de souci. En effet, le système de gonflage est situé derrière le dossier du siège et il utilise de l’air froid.

 

L’AXISSFIX AIR EN RÉSUMÉ

Sous réserve de validation par nos essais en laboratoire, en particulier avec les crash tests, l’AxissFix Air devrait obtenir un bon score et assurer un bon, voire très bon, niveau de protection. Avec un prix conseillé de 649 €, il n’est pas à la portée de tous. D’autant que son utilisation est limitée aux enfants de taille comprise entre 61 et 105 cm (utilisation pendant environ 4 ans). Mais si la protection est réellement à la hauteur des promesses, le choix mérite réflexion car la tranche d’âge concernée est aussi la plus exposée en cas d’accident.

GARANTIE À VIE

Depuis janvier 2016, Bébé Confort a mis en place une garantie à vie, gratuite, de ses sièges auto. Il suffit de s’enregistrer en ligne dans les 3 mois suivant l’achat pour en bénéficier. Elle couvre tous les défauts de matériau et de fabrication dans des conditions normales d’utilisation pour le premier client utilisateur. Mais selon la notice, la durée de vie de la batterie présente dans le siège auto est de 10 ans et il ne faut plus utiliser le siège auto passé cette période. La garantie « à vie » est donc valable, en pratique, 10 ans. La marque propose également le remplacement gratuit du siège auto en cas d’accident.

LES CARACTÉRISTIQUES PRINCIPALES DE L’AXISSFIX AIR

tableau-bebe-confort-axissfix-air

Lars Ly

Rédacteur technique

11 décembre 2017

Jouets connectés. Trop faciles à détourner

Jouets connectés. Trop faciles à détourner

La peluche Teddy Toy-Fi a le regard tendre et la panse douce, mais méfiance : l’ourson pourrait bien se révéler être une taupe ! Ce doudou connecté, compatible avec le Bluetooth et le Wi-Fi, présente en effet d’importantes failles de sécurité informatique, comme l’a révélé « Stiftung Warentest », l’équivalent allemand de « Que Choisir ». Au total, l’institut de tests a mis à l’épreuve la sécurité des connexions et de la transmission des données de 7 jouets connectés, et a abouti à la même conclusion pour chacun d’entre eux. Aucun de ces robots, peluches ou poupées n’offre un niveau de sécurité acceptable.

Jouets connectés Trop faciles à détourner

Mise à jour du 6 décembre 2017

Alertée en décembre 2016 par l’UFC-Que Choisir, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a mené ses propres investigations et constaté que la société Genesis Industries Limited, qui commercialise les jouets connectés Mon amie Cayla et iQue, ne respecte pas la loi Informatique et libertés. L’objectif de la collecte des données n’est pas assez précis ; ces données sont transférées aux États-Unis sans information des utilisateurs et la connexion Bluetooth des jouets n’est pas assez sécurisée. La Cnil a donc mis en demeure la société de se conformer à la loi Informatique et libertés dans un délai de deux mois.

Les jouets connectés inquiètent plus qu’ils n’amusent. Équipés de connexions Bluetooth et Wi-Fi, ces robots et peluches interagissent avec les enfants. À chacun sa vocation : l’ours en peluche Teddy Toy-Fi transmet les messages vocaux enregistrés par les parents depuis leur smartphone, via une application dédiée ; le robot i-Que raconte des blagues, propose des quizz et des jeux interactifs ; le dinosaure Cognitoys répond aux questions et fait travailler le vocabulaire… Tous se connectent à Internet pour puiser les réponses aux questions et retransmettre les messages stockés sur des serveurs distants. Seulement voilà, certains jouets connectés sont de vraies passoires. Trois des 7 modèles testés n’exigent ni mot de passe, ni code PIN pour une connexion Bluetooth. N’importe qui peut donc y accéder très facilement, même à travers les murs. Un voisin mal intentionné pourrait envoyer un message au robot i-Que et écouter les réponses de l’enfant. « Cette faille de sécurité est extrêmement critique, explique “Stiftung Warentest”. Toute personne qui possède un smartphone peut contrôler le robot, l’utiliser comme mouchard, adresser des questions, des invitations, voire des menaces à l’enfant ! » De même, n’importe qui peut envoyer des messages à l’ourson Toy-Fi. Quant au chien connecté Wowwee Chip, un tiers pourrait également en prendre le contrôle et diriger ses mouvements (mais pas communiquer avec l’enfant).

DES DONNÉES DANS LA NATURE…

« Stiftung Warentest » a par ailleurs constaté des problèmes de sécurisation des transmissions de données. Quatre des jouets testés sont concernés. Plus précisément, ce sont les applications qui servent à piloter ces jouets qui posent problème. Ces applis, disponibles sur l’App Store et le Google Playstore, collectent des données sur les utilisateurs (e-mail, âge des enfants, etc.) et sur les smartphones (identification, opérateur mobile). Certaines enregistrent également les paroles des enfants, des fichiers audio stockés sur des serveurs. Hello Barbie, la poupée connectée de Mattel, les met même à disposition des parents sur Internet (au cas où ils tiendraient à écouter leurs enfants à distance). Heureusement, aucune des applications testées n’envoie de données sans cryptage. Mais aucune n’exige non plus de mot de passe complexe (comprenant des caractères minuscules, majuscules, des caractères spéciaux, des chiffres). Dès lors, les découvrir est un jeu d’enfant pour des pirates un brin expérimentés. Nos collègues allemands ont aussi constaté, sur différentes applications, l’envoi d’informations à Google ou à des tiers à des fins publicitaires ainsi que le recours à des traceurs capables, a priori, de reconstituer les déplacements des parents.

… ET DU PIRATAGE DANS L’AIR

Ces négligences révèlent l’insouciance des fabricants de jouets connectés qui pourrait, au final, coûter cher aux parents. Certaines applications proposent du contenu payant et sont donc susceptibles de stocker un numéro de carte de paiement. « Si les serveurs du fabricant sont mal sécurisés, des pirates peuvent accéder facilement aux comptes utilisateurs et, pourquoi pas, faire des achats sur le compte des parents », alerte « Stiftung Warentest ». Preuve que les jouets connectés intéressent les pirates : Spiral Toys, qui commercialise les peluches Cloudpets, en a déjà été la cible au début de l’année. Fin 2016, la poupée Mon amie Cayla a aussi été mise en cause : n’importe qui pouvait parler à travers la poupée et écouter les personnes autour d’elle via une simple connexion Bluetooth depuis un smartphone. En 2015, les serveurs de l’entreprise VTech avaient déjà été piratés. Ces problèmes de sécurité informatique sont inquiétants. C’est pourquoi, fin 2016, l’UFC-Que Choisir a saisi la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) et la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) afin qu’elles enquêtent sur la protection des données personnelles des utilisateurs de jouets connectés.

visu-jouets-connectes
Toy-Fi Teddy, i-Que Intelligent Robot, Wowwee Chip, Chaton Cloudpets, Cognitoys Dino, Fisher-Price Smart Toy Bear et Mattel Hello Barbie.

Camille Gruhier

cgruhier

11 décembre 2017

Encadrement des loyers. L’annulation du tribunal administratif sème l’incertitude

Encadrement des loyers. L’annulation du tribunal administratif sème l’incertitude

Après Lille, le tribunal administratif de Paris a annulé, le 28 novembre 2017, les trois arrêtés (de 2015, 2016 et 2017) du préfet d’Île-de-France mettant en œuvre l’encadrement des loyers dans la capitale. Pas simple pour les locataires d’y voir clair.

Encadrement des loyers L’annulation du tribunal administratif sème l’incertitude

Avis de turbulence dans le ciel des locataires parisiens. Un mois après l’annulation par le tribunal administratif de Lille de l’encadrement dans la ville nordiste, le tribunal administratif de Paris reprend les mêmes motifs de censure : « ce dispositif d’encadrement des loyers ne pouvait être mis en œuvre dans la seule commune de Paris, mais aurait dû l’être dans les 412 communes de la région d’Île-de-France comprises dans la « zone d’urbanisation continue » de l’agglomération parisienne ».

Les trois décrets du préfet d’Île-de-France fixaient les plafonds des loyers à ne pas dépasser, en fonction de la zone géographique et du type de logement. Dans le jugement du tribunal administratif, ce n’est pas le principe de plafonnement qui est mis en cause, mais le périmètre d’application. Il n’empêche, la décision jette dans la capitale le même trouble qu’à Lille : les propriétaires peuvent-ils dès aujourd’hui contester les plafonds des loyers ? Et qu’advient-il des baux souscrits sous le régime de l’encadrement à Lille et à Paris ?

PAS DE REMISE EN CAUSE DES BAUX ANCIENS

Suite à la décision du tribunal administratif de Paris, le gouvernement a déclaré son intention de faire appel. Le dispositif bénéficierait alors d’un sursis de quelques mois, le temps que le Conseil d’État se prononce. L’appel est suspensif… Reste qu’au jour où nous publions cet article, l’appel n’a pas encore été déposé. On peut cependant estimer que, même si cet appel n’était pas déposé, les baux signés après l’entrée en vigueur de l’encadrement (c’est-à-dire après le 1er août 2015 à Paris et après le 1er février 2017 à Lille) ne seront vraisemblablement pas remis en cause. Alain Cohen-Boulakia, l’avocat de l’UNPI (Union nationale de la propriété immobilière), le syndicat de professionnels à l’origine des recours contre les arrêtés, a en effet déclaré aux Échos, le lendemain de la décision du tribunal administratif de Paris, que « cela ne changeait rien pour les locataires en place ».

BAUX À VENIR, LE GRAND FLOU

Quid de tous les baux en cours de renouvellement aujourd’hui ? Selon la Confédération nationale du logement (CNL), des locataires parisiens reçoivent déjà des demandes d’augmentation de plusieurs dizaines d’euros ne tenant pas compte des plafonds, au moment du renouvellement du bail. L’appel de l’État contre les annulations du tribunal administratif serait suspensif et obligerait les propriétaires parisiens à continuer de respecter l’encadrement des loyers. Voilà pour le principe. Mais, en réalité, il n’est pas certain que, même dans ce cas, le mouvement de hausse soit freiné. « Il n’existe toujours pas vraiment de sanctions contre les propriétaires qui ne respectent pas les plafonds. Très peu de locataires ont osé, jusqu’ici, contester leur bail devant la commission. Et ce n’est pas vraiment le nouveau signal donné par le tribunal administratif qui va encourager les locataires, que l’État fasse appel ou non », souligne Eddie Jacquemart, de la CNL.

Tout va donc dépendre, dans les mois à venir, de la volonté réelle de l’État de faire appliquer l’encadrement des loyers. Il pourrait adopter un décret étendant le dispositif d’encadrement à l’ensemble des agglomérations parisiennes et lilloises. Le plafonnement en sortirait renforcé. Mais rien n’indique que cela soit le souci du gouvernement. Le candidat Macron à la présidentielle s’était même opposé au principe d’extension de l’encadrement à d’autres communes. « Plus globalement, il faudrait effectuer un bilan du dispositif. Cela permettrait de constater qu’en pratique, le processus de réclamation ne fonctionne pas. Le seul moyen d’arriver à un plafonnement effectif serait de mettre sur pied une procédure de médiation lors de la signature du contrat dans laquelle les associations de locataires pourraient intervenir », insiste Eddie Jacquemart.

Autant de points sur lesquels les syndicats de professionnels sont fermement opposés. L’Unis (Union des syndicats de l’immobilier) a même déjà fait savoir que « si d’autres arrêtés venaient à être pris, l’Unis les attaquerait à nouveau sur le fond, à savoir sur les critères d’encadrement, qui n’ont pas été examinés par le juge administratif ». Pour l’instant, le gouvernement gagne du temps. Mais il devra bien se prononcer à un moment.

 

Élisa Oudin

11 décembre 2017

Tarif réglementé d’EDF. Vos questions sur les conditions générales de vente

Tarif réglementé d’EDF. Vos questions sur les conditions générales de vente

EDF envoie en ce moment l’évolution des conditions générales de vente du tarif bleu à tous ses clients. Un courrier qui suscite questions et parfois inquiétude chez bien des usagers.

Tarif réglementé d’EDF Vos questions sur les conditions générales de vente

La surprise est d’autant plus grande pour les 84 % de ménages encore clients d’EDF au tarif réglementé qu’ils n’avaient jamais reçu de conditions générales de vente (CGV) de la part de l’opérateur historique. Ils sont pourtant au tarif bleu depuis toujours.

Ce qui choque beaucoup d’entre vous, c’est la formule finale. Elle est d’ailleurs imprimée en caractères gras pour attirer l’attention : « Vous disposez d’un délai de 3 mois, à compter de la réception des présentes conditions générales de vente, pour résilier, sans pénalité, votre contrat de fourniture d’électricité », indique EDF.

En réalité, il n’y a aucune raison de s’inquiéter. Une fois que vous avez reçu ce courrier, il suffit de le ranger avec vos factures et de l’oublier, rien ne changera, il ne se passe strictement rien à l’issue des 3 mois.

Pour qu’il y ait résiliation de votre contrat, il faudrait que vous répondiez officiellement à EDF que vous n’acceptez pas l’évolution de ses conditions générales de vente. Vous n’avez aucun intérêt à faire cette démarche, et pour deux raisons.

La première, c’est que l’évolution de ces conditions générales de vente (CGV) concerne Enedis (anciennement ERDF), le gestionnaire de réseau qui est en situation de monopole sur la quasi-totalité du territoire. Tous les fournisseurs d’électricité ayant affaire à Enedis, leurs CGV sont très semblables à celles d’EDF. Ainsi le fait de passer chez un fournisseur d’électricité concurrent d’EDF n’a aucun impact sur la pose ou non du compteur Linky. Ce programme est du seul ressort d’Enedis, il ne concerne pas les fournisseurs d’électricité, leur compétence commence après compteur.

La seconde raison, c’est qu’il n’y a jamais besoin de résilier son contrat chez un fournisseur de gaz ou d’électricité. L’usager est libre de changer quand il veut et gratuitement, de plus le nouveau fournisseur s’occupe de tout. La résiliation de l’ancien contrat se fait toujours automatiquement, les usagers n’ont pas à s’en charger.

Sur son site Internet également, EDF a mis à jour ses conditions générales de vente

Élisabeth Chesnais

Contacter l’auteur(e)

11 décembre 2017

Casques audio. Les meilleurs casques audio de 2017

Casques audio. Les meilleurs casques audio de 2017

Depuis quelques années, le casque audio s’inscrit en tête de liste des cadeaux de Noël. En boutique, le nombre de modèles disponibles donne le vertige et la fourchette de prix, de 15 à plusieurs centaines d’euros, laisse perplexe. Nos tests en laboratoire prouvent qu’il n’est pas nécessaire de se ruiner pour trouver un bon casque. Mais les prix moyens augmentent avec les options disponibles (connexion Bluetooth et réduction de bruit). Notre sélection des meilleurs modèles de 2017.

Casques audio Les meilleurs casques audio de 2017

 CASQUE AUDIO FILAIRE : UN TRÈS BON MODÈLE POUR 60 €

Entre les spécialistes du son (Bose, Pioneer, Sennheiser), les marques d’électronique (Sony) et les acteurs moins célèbres (Beats, Monster), voire carrément inconnus (Jedel, Langely, Soundlab…), l’offre disponible chez les distributeurs est pléthorique. Nous ne pouvons pas tester tous les casques en laboratoire (entre l’achat des casques et le test labo en lui-même, le budget serait intenable !), nous nous concentrons donc sur les modèles les plus envisageables dans le cadre d’un achat réfléchi. Nous délaissons volontairement les casques qui ne présentent pas un risque financier trop important (il y a de toute façon peu à attendre d’un casque à 10 ou 20 €…). Notre test de casques audio, mis à jour régulièrement, montre que les meilleurs modèles exigent un bon budget, mais révèle aussi de bonnes affaires.

Ainsi, le Sennheiser Momentum 2 (250 €) et le Bower&Wilkins P7 (350 €), deux casques à l’esthétique très soignée, ont décroché d’excellents résultats. Mais le Sennheiser HD 4.30i fait presque aussi bien, pour 60 € ! À l’inverse, avec son modèle AHGC20EM à 280 €, Denon, pourtant réputé dans l’univers du son, nous a déçus.

Pour rappel, les casques ne sont pas toujours compatibles avec tous les systèmes d’exploitation de smartphones : les fabricants proposent en général une version iOS (iPhone) et une version Android(Samsung). Tous nos conseils pour choisir le bon casque sont à lire dans notre guide d’achat.

Le Sennheiser Momentum 2 et le Bower&Wilkins P7

CASQUE BLUETOOTH : ENTRE 150 ET 200 €

La connexion au smartphone sans aucun fil offre une liberté de mouvement très agréable. Mais ce confort a un prix : un bon casque Bluetooth coûte entre 150 et 200 €. Le Bose Soundlink II (200 €) allie légèreté (200 g), bonne autonomie (une connexion sans fil requiert une batterie) et bonne qualité sonore. Il est d’ailleurs nettement meilleur que le Bose SoundLink. Sony fait bien aussi avec le MDR-XB950 N1 (180 €).

Le Bose Soundlink II et le Sony MDR-XB950 N1

 

CASQUE À RÉDUCTEUR DE BRUIT : 300 €

La réduction active de bruit est une option luxueuse, mais très appréciable notamment pour les voyages en train ou en avion. Son principe est simple : le bruit ambiant est capté par un microphone à l’extérieur du casque puis un processeur l’analyse et l’élimine en appliquant un signal exactement opposé (ou en opposition de phase). Ainsi, les deux signaux sonores s’annulent et créent une ambiance feutrée très agréable. En tout cas quand la technologie est au point, ce qui n’est pas le cas sur tous les modèles. Bose illustre sa maîtrise sur le QuietComfort 25 (280 €) et sur le QuietComfort 35 (plus récent et sans fil, non testé). Sony obtient de bons résultats également sur le MDR-XB950 N1. Sennheiser (PXC 480, 300 €) et Denon (AHGC20EM, 280 €) se sont montrés un peu moins convaincants.

Le Bose QuietComfort 25 et le Sennheiser PXC 480

 

ÉCOUTEURS POUR LE SPORT : 80 €

Les fabricants proposent de nombreux modèles adaptés à la pratique sportive. Il s’agit pour la plupart d’écouteurs intra-auriculaires qui résistent à la sueur. Dans cette catégorie, plusieurs marques connues se sont démarquées par leurs mauvais résultats. JVC, Sennheiser, Philips, Sony et Samsung vendent des modèles qui ne décrochent que  (leurs notes vont de 8,2/20 à 11,7/20 pour des modèles vendus entre 25 et 175 €). Bose prend encore la tête du classement pour le confort inégalé de ses embouts en silicone et la qualité sonore de ses modèles filaires (Soundsport in-ear, 85 €) ou sans fil (Soundsport Wireless, 150 €). Monster, qui propose un casque pour le sport (et non des écouteurs) à 200 € (iSport Freedom) s’est avéré être une bonne surprise pour son confort malgré quelques fuites audio désagréables pour les voisins. Le Beats PowerBeats 3 Wireless, un peu moins cher (150 €) s’est également distingué pour sa stabilité et sa qualité sonore. Ces deux modèles offrent une connexion sans fil, particulièrement agréable quand on court ou qu’on travaille ses muscles !

Le Bose Soundsport in-ear et le Monster iSport Freedom

Camille Gruhier

cgruhier

11 décembre 2017

Affaire Maranatha. L’étrange association de défense des épargnants

Affaire Maranatha. L’étrange association de défense des épargnants

Créée en novembre, l’Adefima pose question. Cette association d’aide aux épargnants susceptibles d’être floués par le redressement judiciaire du groupe hôtelier Maranatha n’est pas totalement indépendante des conseils en gestion de patrimoine ayant vendu les placements hasardeux. Plus préoccupant encore, elle maintient sa confiance au dirigeant du groupe hôtelier, Olivier Carvin.

Affaire Maranatha L’étrange association de défense des épargnants

Devenu en quelques années seulement le cinquième groupe hôtelier français, Maranatha a financé une grande partie de ses acquisitions en collectant l’épargne de quelque 6 000 investisseurs particuliers et en faisant appel à des fonds d’investissement à qui il proposait de prendre des parts d’une soixantaine d’hôtels de standing, en France et à l’étranger.

Son ascension ultra-rapide a pris fin en septembre dernier. Le groupe dirigé par l’expert-comptable marseillais Olivier Carvin a été placé en redressement judiciaire dans une confusion préoccupante. Comme le relevait l’Autorité des marchés financiers (AMF) dans un courrier du 3 août, Maranatha est un écheveau incroyablement complexe de 101 sociétés, dont les commissaires aux comptes ont refusé de certifier les comptes pour 2015 et 2016 !

« Une des raisons du refus de certification est que Maranatha refusait d’inscrire à son bilan des engagements de rachat pris envers des institutionnels », commente l’avocat Philip Pechayre, du cabinet Goethe Avocats, représentant des particuliers floués. En résumé, pour lever des fonds, Maranatha a promis par écrit à des financiers de leur racheter leur part, avec une plus-value, quand ils le demanderaient. Le fond koweitien Cale Street, notamment, lui a prêté 275 millions d’euros pour acheter les hôtels du Roy, avec une promesse de 6 % de rendement sur deux ans.

Tout récemment, le 24 novembre 2017, Cale Street a obtenu en référé, du tribunal de commerce de Paris, de se faire payer les sommes qui lui revenaient. Comme le soulignaient eux-mêmes les avocats de Maranatha, cette décision, qui est exécutoire, aura « des conséquences catastrophiques pour le groupe », ainsi que pour les petits investisseurs. Il n’y aura peut-être pas d’argent pour rembourser tout le monde et le riche fond koweitien entend bien se servir en premier, comme les contrats signés par Olivier Carvin le lui permettent. Nul ne sait si la valeur actuelle des hôtels en question, achetés 362 millions d’euros en 2015, soit avant les attentats, sera suffisante pour laisser quelque chose aux investisseurs privés qui ont investi 100 millions d’euros pour compléter le prix, une fois que Cale Street aura été payé.

Plus grave encore, un mail dont Que Choisir a eu copie atteste qu’Olivier Carvin continuait à lever discrètement des fonds par l’intermédiaire de conseils en patrimoine en juin 2017, soi-disant pour prendre des parts dans l’hôtel Christiana, à Val d’Isère. Problème, à cette date, Maranatha devait près de dix millions d’euros à la station voisine de l’Alpe d’Huez, pour deux hôtels achetés mais jamais payés ! À ce stade, commente Philip Pechayre, « il revient à M. Carvin de nous rassurer en prouvant qu’il n’était pas dans un schéma de Ponzi », qui consiste à rémunérer les premiers investisseurs avec l’argent des suivants.

JUSQU’AU 4 DÉCEMBRE POUR DÉCLARER SA CRÉANCE

C’est dans ce contexte particulièrement troublé qu’apparaît l’Association de défense des investisseurs de Maranatha (Adefima). Ses statuts ont été déposés le 9 novembre à la préfecture de Marseille. Elle est représentée par Me Bertrand Haut de Sigy, du cabinet SBKG, qui a travaillé en 2014 au montage juridique de Bearing, la structure centrale du groupe Maranatha ! Me Haut de Sigy affirme que l’Adefima est totalement indépendante d’Olivier Carvin. Néanmoins, il considère que ce dernier a encore sa place dans l’avenir du groupe, « qu’il connaît mieux que personne ». L’Adefima, par ailleurs, accepte comme membres associés, avec un représentant au bureau, les conseils en gestion de patrimoine qui ont vendu les produits de placement Maranatha !

Dans ce dossier particulièrement complexe, il est préférable de se renseigner au plus vite auprès d’un avocat ou d’une structure totalement indépendante.

Erwan Seznec

11 décembre 2017

Électricité. Nouvelle vague de factures rétroactives

Électricité. Nouvelle vague de factures rétroactives

La nouvelle vague de factures rétroactives d’électricité qui déferle dans vos boîtes aux lettres passe toujours aussi mal. Pourtant, encore une fois, c’est légal et il faut payer. Explications.

Électricité Nouvelle vague de factures rétroactives

 Mise à jour du 1er décembre

La nouvelle salve d’envois d’EDF portant sur des régularisations de factures rétroactives suscite beaucoup de questions. Elle concerne exactement les mêmes périodes que celles évoquées dans notre actualité ci-dessous du 5 octobre dernier lors de la première vague de courriers.

C’était devenu une habitude. Quand un gouvernement estimait que la hausse du tarif réglementé de l’électricité allait amputer le pouvoir d’achat des ménages et le rendre impopulaire, il la refusait ou la modérait. Ce fut le cas en 2012 avec une augmentation de +2 % alors que la Commission de régulation de l’énergie (CRE), l’autorité en charge de la fixation des tarifs, préconisait +7 %. Ce fut encore le cas en 2014 quand la hausse fut d’abord reportée puis limitée à 2,5 % alors que la CRE demandait +5 %.

Tout aurait pu très bien se passer, si ce n’est que les fournisseurs alternatifs d’énergie se fichent éperdument du pouvoir d’achat des ménages et attaquent à chaque fois ces décisions devant le Conseil d’État. Jugeant en droit, la haute juridiction leur donne systématiquement raison. Le gouvernement est alors contraint de publier un arrêté de hausse rétroactive du tarif réglementé d’EDF pour la période en cause.

Les derniers arrêtés de hausse rétroactive ont été publiés au Journal officiel le 2 octobre 2016. Ils portent sur la période du 1er août 2014 au 31 octobre 2014 pour l’un, sur celle du 1er novembre 2014 au 31 juillet 2015 pour l’autre. Les factures rétroactives qui font tant réagir actuellement concernent ces 17 mois, elles sont appelées « régularisations ». Le surcoût porte à la fois sur la consommation et sur l’abonnement.

À noter

Ces hausses rétroactives sont dues si vous étiez au tarif réglementé d’EDF sur ces périodes, même si vous l’avez quitté depuis. Elles sont également dues si vous étiez en offre à prix indexé sur le tarif réglementé chez un fournisseur alternatif au moment.

Le délai de prescription de 2 ans ne peut pas être invoqué pour éviter de payer. Il commence en effet à courir à partir de la publication de l’arrêté de hausse rétroactive.

Lire aussi

Les précédentes factures rétroactives de GDF Suez en 2014 et 2015, d’EDF en 2015 et en 2016.

 

courrier-edf-regularisation
Exemple d’un courrier de « régularisation » envoyé fin septembre par EDF.

Élisabeth Chesnais

Contacter l’auteur(e)

11 décembre 2017

Baumes à lèvres. La drôle d’idée de Crayola

Baumes à lèvres. La drôle d’idée de Crayola

Le spécialiste du coloriage ne trouve rien de mieux à faire que de commercialiser un baume à lèvres bourré d’ingrédients indésirables ressemblant à s’y méprendre à un crayon Crayola.
Baumes à lèvres La drôle d’idée de Crayola
Il est au crayon pastel ce que le Canada Dry est à l’alcool. Il en a la couleur, la forme, bref, toutes les apparences, mais il ne sert pas à colorier. C’est un baume à lèvres que Crayola a cru bon de mettre sur le marché cet hiver. Or, ces cosmétiques ne sont pas à prendre à la légère. Comme nous l’avons montré dans notre test baumes à lèvres, nombre d’entre eux contiennent des huiles minérales et des hydrocarbures de synthèse indésirables dans ces produits. Appliqués sur des muqueuses, portes d’entrée de l’organisme plus perméables que la peau, ils peuvent en outre être ingérés, même si c’est en quantité infime. Les fabricants devraient donc redoubler de prudence dans leur formulation. S’agissant en l’occurrence d’un produit destiné aux enfants à partir de 3 ans, la sécurité sanitaire est un impératif encore plus crucial. On aurait pu espérer que Crayola ou son sous-traitant concocte une formule au-dessus de tout soupçon. Or, que nous apprend la liste des ingrédients ? Que ce baume contient non seulement une huile chimique et trois hydrocarbures de synthèse mais aussi six allergènes ! C’est clair et net, s’il avait été inclus dans notre test, nous l’aurions affublé de la mention « ne pas acheter ». À côté de ça, allez expliquer à vos enfants qu’il ne faut pas mettre les crayons à la bouche quand celui-ci est précisément prévu pour ça.
visu-baume-a-levres-crayola
Baume à lèvres Crayola pour enfants

Nous avons fait part de nos interrogations au chef de produit. Le vide de la réponse est sidéral. Nous vous épargnons les considérations sur l’approvisionnement éthique, le souci de sécurité et la confiance accordée par les parents à cette marque, qui n’apportent aucune information. Si, tout de même une : que l’idée selon laquelle un cosmétique est un produit anodin, et que n’importe qui peut en commercialiser, est encore trop largement répandue.

Fabienne Maleysson

Contacter l’auteur(e)

11 décembre 2017

Voitures électriques (vidéo). Des autonomies réelles très inférieures à celles annoncées

Voitures électriques (vidéo). Des autonomies réelles très inférieures à celles annoncées

L’autonomie des voitures électriques déclarée par les fabricants est largement surévaluée. C’est la conclusion de notre test réalisé en conditions réelles, bien loin de celui pratiqué en laboratoire par les constructeurs.

Voitures électriques (vidéo) Des autonomies réelles très inférieures à celles annoncées

En octobre dernier, nous avions réalisé des mesures d’autonomie sur certaines voitures électriques. Ces tests, effectués sur des bancs d’essai selon un protocole que nous avions défini, avaient déjà révélé des différences notables entre nos mesures et les autonomies annoncées par les constructeurs. Nous avons voulu approfondir encore notre démarche en réalisant des mesures sur routes avec la voiture chargée (voir protocole). Les véhicules se trouvent ainsi dans les mêmes conditions d’utilisation que celles de Monsieur Tout le Monde, avec les problèmes de trafic, des montées et des descentes, des feux rouges et, surtout, les autres conducteurs et les conditions météorologiques qui influent considérablement sur la conduite. Exit donc le confort du test réalisé bien au chaud dans un laboratoire selon des conditions qui ne reflètent pas la réalité de la route. Le résultat, visible dans notre vidéo, est sans appel et nos mesures d’autonomie diffèrent encore plus de celles annoncées par les constructeurs. Elles mettent en évidence ce que nous dénoncions déjà pour la consommation des voitures à moteur thermique : la norme d’homologation des véhicules n’est pas adaptée. Pire, elle risque même d’induire le consommateur en erreur. Cette norme n’a donc d’autres fonctions que de permettre la comparaison entre différents modèles mais certainement pas de donner une idée précise de l’autonomie ou de la consommation des moteurs.

 

UN NOUVEAU PROTOCOLE ENCORE TROP INDULGENT

Consciente de l’obsolescence du protocole NEDC (qui datait de 1973 !) pour l’homologation d’un véhicule, l’Union européenne impose depuis septembre 2017 une nouvelle procédure, le protocole WLTP (1), pour toute commercialisation de nouveaux moteurs (essence, diesel ou électrique). Mais, pour l’instant, aucun véhicule n’a réalisé ce récent cycle de mesures. Plus sévère, ce protocole impactera effectivement la consommation de carburant (donc des différentes émissions) des moteurs thermiques et réduira la valeur de l’autonomie annoncée pour les voitures électriques. Malheureusement, le consommateur ne pourra alors plus comparer un ancien véhicule avec un nouveau car les méthodes de mesure ne sont pas identiques. Et même si les nouvelles valeurs devraient être plus proches de la réalité, il subsistera encore quelques différences.

 

IMPOSER DES MESURES EN CONDITIONS RÉELLES

Tant qu’il s’agira de mesures en laboratoire, les valeurs d’autonomie et de consommation seront invariablement inférieures à la réalité. En effet, les constructeurs trouveront probablement toujours des solutions techniques pour rendre leurs moteurs très efficients pour ce test. Il est donc primordial d’intégrer, si l’on veut que les annonces des constructeurs soient plus réalistes, une mesure dite en conditions réelles (RDE, pour Real Driving Emissions). Il ne restera alors qu’un facteur déterminant pour influer sur la consommation ou l’autonomie : la façon de conduire. Entre deux automobilistes, elles peuvent en effet varier de plus de 30 % pour le même véhicule. Une conduite responsable, non agressive sur la pédale d’accélérateur et anticipative, permettra de gagner plusieurs dizaines de kilomètres. Et cela est vrai pour toutes les voitures, qu’elles soient à moteur thermique ou électrique.

 

RÉSULTATS

Nos tests en conditions prouvent bien que les autonomies mesurées sont nettement inférieures aux valeurs annoncées par les constructeurs et n’atteignent pas 60 % de celles-ci. Ainsi, nous obtenons 144 km d’autonomie avec la Nissan Leaf contre 250 km annoncés ; 232 km contre 400 km annoncés pour la Renault Zoé et 304 km contre 520 km annoncés pour l’Opel Ampera-e.

PROTOCOLE DE NOTRE TEST

Avec nos homologues suisses et belges, nous avons mesuré sur route en conditions réelles d’utilisation les autonomies de 3 voitures électriques proposées à prix abordable : la Nissan Leaf(à partir de 31 900 €), la Renault Zoé (à partir de 23 700 €) et l’Opel Ampera-e, attendue en France pour mi-2018, qui sera vendue dans les 33 600 €. Pour notre test, la climatisation était réglée sur 22 °C et la voiture était chargée avec un adulte (un conducteur de 75 kg) et l’équivalent de deux enfants (2 x 30 kg) avec, en plus, 20 kg de bagages dans le coffre. La température extérieure était d’environ 10 °C.

Les batteries ont été chargées au maximum puis les voitures sont parties sur la route. Elles ont roulé en convoi et nous leur avons fait parcourir 3 fois de suite un trajet comprenant un cycle urbain de 8,4 km, un cycle interurbain de 22 km puis 11 km d’autoroute, soit une distance totale de 124 km.

NOTES

(1) Worldwide Harmonized Light Duty Test Procedures, que l’on pourrait traduire par « procédure de test mondiale harmonisée pour véhicules légers ».

Lars Ly

Rédacteur technique

11 décembre 2017

Placement financier. La distribution bio est-elle un bon placement ?

Placement financier. La distribution bio est-elle un bon placement ?

Il est possible d’investir dans les magasins de la chaîne Bio c’ Bon par l’intermédiaire de la société Marne et Finance. La notoriété du produit financier va croissant, en même temps que le nombre de magasins franchisés aux couleurs de l’enseigne augmente. Attention néanmoins, ce placement est réservé à des investisseurs avertis.

Placement financier La distribution bio est-elle un bon placement ?

Créé en 2008, Bio c’ Bon, réseau de distribution spécialisé en alimentation issue de l’agriculture biologique, comptait déjà quelque 115 magasins à la mi-2017. Le créneau est porteur. Le chiffre d’affaires du bio en grandes et moyennes surfaces est passé de 3,5 milliards à 5,5 milliards d’euros entre 2013 et 2016.

Parallèlement, la société Marne et Finance propose depuis quelques années à des particuliers d’investir dans les fonds de commerce de Bio c’ Bon pour financer le développement particulièrement rapide de l’enseigne. Les deux entités, Bio c’ Bon et Marne et Finance, sont distinctes, mais elles ont le même dirigeant, Thierry Chouraqui (le fondateur de Bio c’ Bon étant Thierry Brissaud). Ce cas de figure est atypique. Il est assez rare qu’une société qui propose un investissement gère elle-même l’entreprise où les fonds sont investis. Sur ce point précis, le site de Marne et Finance gagnerait à être plus explicite. Il évoque une « sélection » de produits par Marne et Finance, sans dire que, dans le cas Bio c’ Bon, les dirigeants se sont sélectionnés eux-mêmes !

Les produits de placement de Bio c’ Bon se nomment Bio Holding et BCBB. Leur notoriété sur les forums et les sites dédiés au placement est assez importante. Et pour cause, un document de juillet 2013 émanant de Marne et Finance suggère comme argument de vente un « rendement annuel garanti de 7 % pendant 5 ans avec un bonus pouvant le porter à 9,5 % ». Ce document « non contractuel » a été rédigé à l’attention des conseils en investissements financiers qui souhaiteraient proposer BCBB à leurs clients. Les perspectives évoquées sont évidemment intéressantes, alors que les rendements des produits conventionnels plafonnent à des niveaux très inférieurs (l’assurance vie devrait rapporter en moyenne 1,5 % en 2017).

L’Anacofi, Association nationale des conseils financiers, a tenté d’en savoir davantage. Les réponses écrites apportées par Marne et Finance courant 2017, disponibles sur le site de l’Anacofi, sont à lire impérativement avant d’investir. Elles mettent en avant, en effet, plusieurs points importants. Tout d’abord, ni BCBB ni Bio Holding ne sont des organismes de placement collectif en valeur mobilière (OPCVM), encadrés et visés par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Ce ne sont pas davantage ce qu’on appelle des fonds d’investissement alternatifs (FIA), autre catégorie également régulée par l’AMF. Marne et Finance précise un point important. Les conseils en investissement financiers (CIF) qui distribuent ses produits sont rémunérés comme « apporteurs d’affaires » et non comme intermédiaires assurant « la fourniture d’un service d’investissement ». Faut-il en déduire que les obligations de conseil qui bordent le métier d’intermédiaire en produit financier ne s’appliquent pas ? Probablement.

PERTE EN CAPITAL : UN RISQUE BIEN RÉEL

D’autres points méritent d’être éclaircis. Comme nous l’a précisé Thierry Chouraqui, « Marne et Finance ne fait pas de publicité » et les CIF partenaires ne peuvent pas prospecter pour placer Bio Holding ou BCBB au premier client venu. Ils doivent réaliser « un diagnostic de la situation patrimoniale de ce dernier et formaliser leur proposition dans un courrier », qui explicite les avantages et les risques du placement. Parmi ces risques, figure la perte en capital, bien réelle dans le cas des deux produits !

Une question de bon sens se pose actuellement pour n’importe quel placement proposé à des particuliers évoquant 5 % de rentabilité ou davantage : pourquoi ne pas emprunter auprès d’une banque, en profitant des taux historiquement bas ? Dans le cas de Bio c’ Bon, la réponse est simple. L’argent des investisseurs particuliers est converti en part de capital, dans des fonds de commerce. Techniquement, il s’agit de ce qu’on appelle des « fonds propres ». Or, c’est l’existence de fonds propres conséquents qui permet à une société d’emprunter auprès des banques. Schématiquement, chaque euro de fonds propres permet d’emprunter deux, trois, voire quatre euros auprès d’un établissement financier. La contrepartie inévitable est que les fonds propres sont sollicités pour rembourser les banques, si jamais les affaires vont mal. Pour le moment, celles de Bio c’ Bon semblent se porter à merveille. Néanmoins, elles sont exposées à tous les aléas de la distribution, secteur hautement concurrentiel où les revers sont rapides et parfois brutaux. Il s’agit peut-être d’un placement rémunérateur, mais en aucun cas d’un placement d’une sécurité à toute épreuve.

Erwan Seznec

11 décembre 2017

Accident dans un magasin. Les clients pourraient être mieux protégés

Accident dans un magasin. Les clients pourraient être mieux protégés

S’il est prouvé que le supermarché Leclerc a violé son obligation de sécurité générale de résultat, l’enseigne devra indemniser le client qui est tombé dans son magasin. L’application par la haute juridiction de l’article L. 221-1 du code de la consommation pour rendre cette décision constitue une nouveauté. Mais l’apport de la preuve d’une telle violation incombe cependant toujours au consommateur. Explications.

Accident dans un magasin Les clients pourraient être mieux protégés

En 2010, monsieur X. a fait une chute sur un tapis antidérapant dans un magasin Leclerc et s’était blessé. Il a alors assigné le supermarché en justice, rapport d’expertise judiciaire à l’appui. Il était notamment précisé que le tapis n’était pas fixé au sol, lui-même glissant. Le tribunal ainsi que la cour d’appel de Poitiers ont jugé que l’enseigne n’était pas responsable et ont débouté la victime de sa demande.

Le client a ensuite saisi la Cour de cassation. Selon elle, la cour d’appel a affirmé « péremptoirement que l’article L. 221-1 du code de la consommation n’instaurait aucun régime de responsabilité autonome », permettant au client de demander des dommages et intérêts en cas d’accident. La haute juridiction précise alors que cet article L. 221-1, qui dispose que « les produits et les services doivent, dans des conditions normales d’utilisation ou dans d’autres conditions raisonnablement prévisibles par le professionnel, présenter la sécurité à laquelle on peut légitimement s’attendre et ne pas porter atteinte à la santé des personnes », a été ici faussement interprété, puisqu’il impose à une grande surface une « obligation générale de sécurité de résultat » vis-à-vis de ses acheteurs. Pour un lieu de vente, cette obligation concerne non seulement les produits vendus mais aussi le bâtiment de commercialisation. L’affaire est depuis renvoyée à la cour d’appel de Bordeaux.

FONDEMENT JURIDIQUE INÉDIT

L’application de cet article, issu du code de la consommation et non pas du code civil généralement utilisé dans ce genre de litige, est inédite. Ainsi, le recours à un tel fondement juridique apporte un moyen de droit supplémentaire pour les clients. Mais cela ne transforme pas en profondeur le droit des consommateurs et ne signifie pas que chaque personne qui tombe dans un supermarché sera désormais indemnisée. La victime doit tout de même prouver que le magasin n’a pas respecté son  obligation de sécurité générale. Dans cette affaire, difficile de mesurer pour l’instant la portée de ce revirement sans savoir si la cour d’appel de Bordeaux s’accordera avec la décision de la Cour de cassation.

Marie Bourdellès

11 décembre 2017