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Données personnelles. WhatsApp mis en demeure

Données personnelles. WhatsApp mis en demeure

Données personnelles. WhatsApp mis en demeure

La Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) reproche à l’application de messagerie WhatsApp de transmettre les données de ses utilisateurs à Facebook, sa maison mère, sans aucune base légale. Elle lui donne un mois pour se conformer à la loi française.

Données personnelles WhatsApp mis en demeureLa Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) ne laissera pas les « GAFAM » (les géants du Net, symbolisés par le quintet Google-Amazon-Facebook-Apple-Microsoft) faire n’importe quoi avec les données personnelles des utilisateurs français. Elle le prouve une nouvelle fois en mettant en demeure WhatsApp de se conformer à la loi en matière de collecte de données. D’après la Cnil, l’application de messagerie transmet les données de ses utilisateurs à Facebook, sa maison mère depuis 2014, sans aucune base légale.

WhatsApp partage avec Facebook le numéro de téléphone de ses 10 millions d’utilisateurs français ainsi que des informations relatives à leurs habitudes d’utilisation de l’application. D’après WhatsApp, ces informations sont collectées à des fins de sécurité (ce à quoi la Cnil ne trouve rien à redire), mais également pour des besoins de « business intelligence ». Concrètement, il s’agit d’analyser les comportements des utilisateurs, ce qui fait tiquer la Commission.

 

CÉDER SES DONNÉES… OU DÉSINSTALLER L’APPLI

Selon la loi Informatique et libertés, Whatsapp devrait recueillir le consentement de ses utilisateurs avant de partager leurs données personnelles avec sa société mère Facebook. Le consentement n’est valable que si l’utilisateur est clairement informé des finalités pour lesquelles ses données sont partagées et traitées. De plus, l’utilisateur doit pouvoir retirer ce consentement à tout moment. Or, WhatsApp fait peu de cas de ces obligations : d’abord l’entreprise n’indique pas explicitement à l’utilisateur que ses données sont partagées avec Facebook pour analyser son comportement ; ensuite l’utilisateur ne peut retirer son consentement qu’en désinstallant l’application.

La Cnil déplore également un manque de coopération avec les autorités françaises. « Les services de la Cnil ont demandé à plusieurs reprises à la société WhatsApp de leur communiquer un échantillon des données des utilisateurs français transmises à Facebook. La société a indiqué ne pas être en mesure de fournir ces informations dans la mesure où, étant installée aux États-Unis, elle s’estime uniquement soumise à la législation de ce pays », explique-t-elle dans son communiqué. Or la Cnil considère que toute entreprise ayant une activité et des bureaux en France doit se conformer à la loi française. L’UFC-Que Choisir partage bien sûr ce point de vue, ce qui a été notifié à Facebook dans le cadre de son assignation devant le TGI de Paris en 2014 (dont l’issue est imminente).

RACHAT DE WHATSAPP : FACEBOOK AVAIT MENTI

Pour rappel, au printemps 2017, la Commission européenne a sanctionné Facebook pour des abus concernant les données personnelles. Le réseau social a écopé d’une amende de 110 millions d’euros pour avoir menti au cours de la procédure de rachat de WhatsApp en 2014. Facebook avait alors affirmé qu’il ne serait pas en mesure d’associer les comptes utilisateurs des deux services. Or, en août 2016, WhatsApp a mis à jour sa politique de confidentialité et y a intégré la possibilité d’associer les numéros de téléphone des utilisateurs de WhatsApp aux profils d’utilisateurs de Facebook.