UFC-Que Choisir des Pyrénées-Orientales

Santé bien-être

Médicaments Fin de partie pour les gammes ombrelles

Médicaments Fin de partie pour les gammes ombrelles

Médicaments. Fin de partie pour les gammes ombrelles

Médicaments Fin de partie pour les gammes ombrelles

Actifed, Doli-, Humex, Fervex et autres ne pourront plus étendre leur gamme. L’Agence du médicament indique qu’elle n’accepte plus des noms identiques pour des  produits différents. Un bon point pour la sécurité des consommateurs.

Les gammes ombrelles n’étendront plus leur domaine dans les rayons des pharmacies. Dans un document sobrement intitulé « Noms des médicaments – Recommandations à l’attention des demandeurs et titulaires d’autorisations de mise sur le marché et d’enregistrements », l’Agence du médicament (ANSM) avertit les laboratoires pharmaceutiques qu’elle ne les autorisera plus à commercialiser de nouveaux médicaments sous un nom déjà existant.

UN POUR TOUS, TOUS POUR UN

Cette pratique, jusqu’ici courante dans les rayonnages de la vente libre en pharmacie, est appelée « gamme ombrelle ». Elle consiste à décliner à partir d’une même marque – comme Actifed, Doli-, Humex, Fervex, etc. – des noms de produits très différents. Ce sont donc des médicaments qui portent le même nom de famille mais qui ne contiennent pas les mêmes substances actives. Certains sont censés traiter l’allergie quand d’autres sont vendus contre la toux. Certains peuvent être pris par les femmes enceintes ou les personnes âgées mais pas d’autres. Sacrée confusion. C’était bien le but des industriels qui faisaient ainsi profiter à tous leurs produits d’une même notoriété. Et d’une même publicité ! Car dans ces gammes, certains médicaments étaient frappés d’une interdiction. Ainsi Humex Rhume ou Actifed Rhume Jour et Nuit, comme les autres spécialités contenant de la pseudo-éphédrine, n’avaient plus le droit de faire de promotion directe auprès du grand public. On a vu alors fleurir des spots à la télévision ou des affichettes en pharmacie vantant les mérites d’autres produits, comme ActifedSign.

ÉVITER LES CONFUSIONS

Cette confusion, recherchée et réelle, était potentiellement néfaste pour la santé des consommateurs. L’article R. 5121-3 du code de la santé publique indique bien que « le nom de fantaisie d’un médicament doit être choisi de façon à éviter toute confusion avec d’autres médicaments ». Depuis plusieurs années, l’UFC-Que Choisir demandait donc la fin de ces gammes. Si malheureusement les médicaments déjà autorisés resteront sur le marché, l’Agence du médicament refusera toute nouvelle proposition reprenant tout ou partie du nom d’un autre produit. Les ajouts au nom, à connotation promotionnelle, tels que Fort, Plus, Hyper, Vital, Flash, etc. seront également proscrits.

TOUT EST BON DANS MA POTION

Vous souvenez-vous de l’Efferalgan Cappuccino ou, pour les enfants, de la version Vanille-Fraise ? À l’époque de leur lancement, la mise en avant de leur arôme avait interloqué, brouillant les frontières entre spécialité pharmaceutique et produit alimentaire. Dans ses dernières recommandations, l’Agence du médicament (ANSM) n’interdit pas formellement la mention de l’arôme. Elle l’autorise au cas par cas, « notamment en vue d’une meilleure observance du traitement ». Mais elle ajoute une longue liste d’avertissements : cette mention ne doit pas avoir de caractère promotionnel, ne doit pas entraîner de confusion, ne doit pas banaliser la prise, ne doit pas inciter à une consommation inappropriée ou excessive, ne doit pas attirer l’attention des enfants et ne doit pas occulter les mentions importantes comme le nom de la substance active (dénomination commune) ou le dosage. « Dans cette optique, souligne l’Agence, le demandeur ou titulaire ne doit pas mentionner l’arôme dans le nom du médicament, mais le placer de manière discrète sur le conditionnement extérieur sous la seule forme « arôme X » ». À quand un Efferalgan « arôme épinards » ?

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Une boîte d’Efferalgan à l’arôme Vanille-Fraise destinée aux enfants.

 

Perrine Vennetier